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Full text of "Revue de l'Orient chrétien"

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MAY  22  1956  ' 
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PER   BR    140    .R42    V. 23-24 
Revue   de    l'Orient   chr   etien 


448  TABLE    DES    MATIÈRES. 

Pages. 
m.  -LA     UIHÉE     DU     l'ATRIAKCAT     D'ISAAC,     XLl'     PATRIARCHE 
IVALEXANDRIE,  par  M.  Chaîne -'* 

IV.  -  NOTE    SrR     L'EXIL     HE     MARC     D'ÉPHÈSE    A   LEMNDS,    par 

S.  E.  M--  Petit '^* 

V.  -  UNE  11 VMNE  DU  NAGARA  MARYAM,  par  A.  Roman Hr, 

VI  -  LES  CITATIONS  DE  S.  JEAN  CHRYSOSTOME  DANS  LE  FLORI- 
LÈGE DU  COD.  VAT.  GRAEC.  11-1-2,  par  G.  Bardy 42, 

BIBLIOGRAPHIE 

1.  -  SoTTAs  et  DiiiOTON,  Introduction  à  l'étude  des  liiéroglyphes(.4.  Tricoh.    217 
IL  —  .1.  Vajs,  Psalleriumpalaeoslovenumcroatico-glagoliticum(i..l/arit-s).    218 

III.  -  A.   Baumstahk,  Geschichte   der  syriscben  Literatur  (E.  Tlsserant).    219 

IV.  -  Ouvrages  publiés  par  la  Société  royale  des  Sciences  et  des  Lettres    ^ 
d'Upsal,  tomes  XVI,  XYIII,  XIX  (.4 .  Ilumbcrl) -^ -1 

Y  _  C  Wessfly,  Duodecim  prophetarum  minorum  versionis  achmim\cae 
codex  Uainerianus.  -  The  coptic  version  of  tl.e  New  Testament  in  the 
southern  dialect  (E.  Driolon  i _ 

VI.  —  ^V.  E.  Cmm  et  11.  1.  Bell,  Wadi  Sarga.  Coptic  and  greeU  texts 
(E.  Driolon  ) 

VII.  —  K.  Di.vAUD,  Études  d'étymologies  coptes  (E.  Driolon) 1 12 

Vill.  —  S.  B.  Ignace  ÉrauEM  II  Raiimani,  Missale,  Lil)er  ritualis,  office  pour 

la  fête  de  S.  Éphrom  (E.  Tisscranti "^'3 


Le  Directeur-Gérant  : 
R.  Gbaffin. 


Typogiapliie  Kiniiin-Uidot  tt  C"'.  —  Paris. 


REVUE 


DE 


L'ORIENT  CHRÉTIEN 


DIRIGÉK 


Par   R.    GRAFFIN 


TROISIÈ:>IJE     SÉRIE 

Tome  IV  (XXIV) 


24*  volume    —  1924 


! 


LES    ÉCLAIRCISSEMEATS 
DE  SAINT  ATHAMSE  SUR  LES  PSAUMES 

KRAOMK.VTS    DÎNE   TRADICTIOX    E.V   COPTE   SAHIDIQUE. 


AVANT-PROPOS 


LlustoM-e  critique  des  commentaires  de  saint  Athanase  sur 
les  psaumes  est  encore  loin  d'être  faite,  et  surtout   le  texte 
authentique  n'en  est  pas  établi.  D'importants  travaux  ont  pour- 
tant déjà  paru.  Leurs  résultats  ontéte  enregistrés,  critiqués 
précises  et  développés  par  M-  Giovanni  Mercati  (I)  ^      ' 

,.77?,^'"'"""""^'''''  "^"'  '•'"*  P-''"'«°"^   sous  le  nom  de 
saint  Athanase. 

Le  premier  a  été  publié  pour  la  première  fois  dans  l'édition 
bénédictine  de  ses  œuvres,  et  complété  par  Montfaucon  et  par 
le  cardina  Pitra.  Ce  commentaire  est  incorporé  à  de  nom- 
breuses chaînes  grecques,  mais  surtout  à  celle  de  Nicétas 
d  Heraclee  i  xi'^  siècle)  (2). 

Le  cardinal  Antonelli  publia  en  17  16  un  commentaire  diffé- 
ent  auquel  il  appliqua  le  nom  donné  par  saint  Jérùme.  dans 
le  .  Z>e  T  ms  lalustribus  .,  à  l'œuvre  de  saint  .Vthanase  sur  les 
Psaumes  :  De  ntulis  Psalmorum.  Cet  ouvrage  a  été  rendu 
par  haulhaber  et  Mercati  à  son  v.-ritable  auteur,  qui  est  le 
prêtre  Hesychius  de  Jérusalem,  du  r  siècle  (3). 

(-)  s.  -Athasasii  opéra  omnia    Paris     ItiQS    >     i ■• 

XWII   col    =U-  wi         ,,"""'•  *^*"5'  i*'*'.  t-  I.  pars  II,  pp.  Iil04-K'62.  P. G.. 

Analecla  sacra  et  classica,  Paris,  18S6,  t.   1,  pp   .i-H)  ^'"*' 

^™;S-VSy"p;"';v!^^.''t'.   ^Jr^T-n"'''''''  «-''o^oUmUam  in. 
p   •»:.  Theologische  Quartalschrifl,  LXX.XIII,  1901, 


[11 


4  REVUE    DE    l'orient   CHRÉTIEN. 

L'église  slave  attribue  à  saint  Athanase  un  commentaire 
conservé  par  plusieurs  manuscrits  grecs,  et  utilise  surtout 
dans  les   églises  cyrilliennes.  C'est  celui  dont  s'est  occupe 

'te  premier  de  ces  trois  ouvrages  a  seul  le  droit  de  reven- 
diquer une  authenticité  attestée  par  des  références  e   des  cita- 
tions anciennes  et  le  témoignage  des  Chaînes  les  p  us  répan- 
dues  Mais  si  l'on  reconnaît  une  sorte  d'authenticité  globale, 
Tl  reste  difficile  de  se  prononcer  sur  celle  de  chaque  glose  eii 
particulier.  Les  compilateurs  de  chaînes,  et  N.cetasd  Heraclee 
Lins  qu'un  autre  peut-être,  n'étaient  ni  assez  soigneux  ni 
Zez  scrupuleux  pour  que  l'on  puisse  prendre  à  la  lettre  tou    s 
les  attributions  qu'ils  font  de  telle  glose  a  tel  auteur;  ils  le  li- 
ment, ils  bloquent,  expliquent  et  parfois  ajoutent  de  eur  u  u^ 
Une  édition  critique  de  ces  textes  ne  sera  donc  possible  que  le 
jour  où  l'on  disposera  d'un  texte  grec  transmis  par  tradition 
directe.  On  pourra  aussi  utiliser  une  paraphrase  arabe  (-)  et 
une  version  syriaque  conservée  au  British  Muséum  dans  un 
manuscritduvr  siècle  (3).  . 

C'est  afin  de  fournir  une  contribution  à  ce  travail  que  je  ci  ois 
utile  de  faire  connaître  quelques  fragments  de  la  paraphrase 
de  saint  Athanase  sur  les  psaumes,  dans  une  traduction  en 
copte  sahidique. 

Le  fragment  sahidique  Borgia  XVIII,  aujourd'hui  à  la  Bibl 
Vaticane,  Cod.  Copt.  I08'«,  a  été  signalé  plusieurs  fois  depu  s 
que  Zoega  en  donna  le  premier  une  description  sommaire  4), 
le  cardinal  Ciasca  a  publié  le  texte  du  Psautier,  en  aissant  de 
côté  la  paraphrase  (5);  M-  Tisserant  en  a  reproduit  une  page 

(1)  Jag.ï,  Ein  unedierter  Psalmmenkommenlar,  Denkschriften  des  K.  Ak.  d. 
Wiss.  in  Wien,  Phil.-hut.  Klasso,  Bd-bi,  i.  IVdition  béné- 

(2)  Cette  paraphrase  arabe,  déjà  signalée  <!*"« '^P'^'^'/^'J  vo.,  P  G  , 
dictinc  de  saini  Athanase,  est  à  la  Bibliothèque  Ambrosienne.  \o.,  P.G., 
XXVII,  col.  '19-50  et  Mkrcati,  Note...,  p.  174. 

(3)  Wright,  Catalogue...,  p.  405. 

(4)  Zoega,  Catalogus  Codicum  Copt.  etc.,  p.  17/.  nnroiani 
5  CuscA    Sacrorum  BMiorum  fragmenta  copto-saludica Jlusaei  Borymm, 

t.  II,  Rome'  1880,  pp.  xx.xvn;  75-77;  85;  87-90;  'J9-101  ;  148-149. 

m 


KCLAIRCISSEMENTS    DE    SAINT    ATHANASE    SUIl    LES    PSAUMES.        5 

dans  ses  Specinnna  Codicum  Orii-nloliti/n.  pi.  LXX.  M*'  Heblie- 
lynck  (l)  a  bien  vu  qu'il  faut  chercher,  i)Our  compléter  éven- 
tuellement ce  te.xte,  parmi  les  fra;:ments  patroiogiqiies  des 
collections  coptes.  Le  Musée  dauliquités  dos  Pay.s-Bas  a  Leyde 
conserve,  sous  le  numéro  27  du  catalogue  de  Pleyte  et  Boeser  (-2), 
quelques  feuilli'ts  d'un  manuscrit  copte  contenant  une  para- 
phrase des  Psaumes.  M.  le  D"'  Boeser,  aver  une  extrême  obli- 
geance, m'en  a  procuré  d'excellentes  pholoirraphies.  J'y  ai 
reconnu  sans  doute  possible  dix  pages  du  manuscrit  même 
auquel  appartenait  le  fragment  Bori:ia. 

Le  Borgia  .\\  III  comprend  treize  feuillets  de  parchemin 
répartis  en  quatre  groupes.  Le  premier  n'a  qu'un  seul  feuillet, 
paginé  ur-im,  qui  formait  la  fin  d'un  cahier  r;  la  marge 
extérieun-  est  détruite,  et  le  texte  a  souffert  des  restaurations 
autant  que  de  l'injure  du  temps.  Le  deuxième  groupe  comprend 
six  feuillets  consécutifs  paginés  qo-pi;  ce  sont  les  trois  feuilles 
intérieures  d'un  cahier  qui  devait  être  coté  ï..  Le  troisième 
compte  quatre  feuillets  consécutifs  paginés  pnn-piig;  mais 
la  pagination  n'existe  qu'à  la  page  piiB;  ce  sont  les  deux 
feuilles  intérieures  d'un  cahier  i.  Enfin  nous  trouvons  deux 
feuillets  consécutifs,  mais  détachés  l'un  de  l'autre  et  dont  la 
marge  intérieure  a  disparu  avec  quelques  lettres  du  texte;  ils 
sont  paginés  cih-\:ka"  et  appartenaient  à  la  deuxième  moitié 
«l'un  cahier  ia.  Le  fait  que  le  rectu  du  folio  cih-cib  porte  un 
nombre  pair  indique  qu'une  erreur  de  pagination  s'était  glis- 
sée dans  les  pages  précédentes.  Le  fragment  de  Leyde  com- 
prend cinq  feuillets  en  deux  groupes.  Le  premier  est  de  quatre 
feuillets  consécutifs  formant  le  milieu  d'un  quaternion  a,  et 
paginés  iii-q^;  la  pagination  n'est  visible  qu'à  la  page  lu..  Le 
second  n'a  qu'un  feuillet  sans  pagination  apparente. 
Le  parchemin  (3)  de  teinte  jaunâtre  a  été  assez  soigneuse- 

(1)  IIebbelyxck,  Lf»  mtinuicrils  copia  sakidiqvei  du  Monatlère  Blanc,  Louvain, 
1911,  I.  37. 

(2)  Ple^te  et  Boeser,  Manuscrits  copies  du  Mutée  d'Anliquilét  des  Pays-Bas  à 
Leyde,  Leyde,  1897. 

i3)  .Nous  croyons  devoir  donner  une  description  détaillée  de  ces  feuillets,  pour 
aider  à  l'identillcation  d'autres  feuillets  du  même  manuscrit  qui  peuvent  être 

[3] 


6  REVUE    DE    L  ORIENT    CHRETIEN. 

ment  préparé  et  poli.  Les  feuillets  mesurent  265  x  210""°. 
La  réglure  prépai-atoire  a  été  réduite  au  minimum  ;  le  libraire, 
c'est-à-dire  l'ouvrier  qui  préparait  pour  l'écriture  les  cahiers 
de  parchemin,  ayant  ouvert  chaque  feuille,  y  a  pratiqué  au 
poinçon  quatre  trous  dans  la  marge  supérieure  et  autant  dans 
la  marge  inférieure;  il  a  ensuite  réuni  verticalement  ces  trous 
deux  à  deux  par  un  trait  à  la  pointe  sèche,  délimitant  ainsi 
sur  chaque  page  la  surface  à  couvrir  d'écriture,  de  sorte  que 
ces  traits  ont  été  tracés  au  verso  du  premier  feuillet  et  au  recto 
du  second  feuillet  de  chaque  feuille. 

La  distance  entre  ces  deux  traits,  sur  un  même  feuillet,  est 
de  14  centimètres.  Un  troisième  trait  vertical  a  été  parfois  tiré 
H  environ  deux  centimètres  en  deçà  du  premier,  pour  marquer 
le  point  de  départ  de  la  ligne  consacrée  au  texte  des  psaumes; 
mais  ce  troisième  trait  a  été  tracé  indépendamment  du  travail 
préparatoire  et  selon  le  caprice  du  libraire,  tantôt  sur  le  recto, 
tantôt  sur  le  verso. 

Les  initiales  du  commentaire  sont  régulièrement  en  dehors 
du  premier  trait;  les  lettres  finales  de  chaque  ligne  dépassent 
assez  souvent  le  second  trait  vertical.  Le  texte  du  psaume, 
comme  nous  l'avons  vu,  commence  normalement  deux  centi- 
mètres en  deçà  du  premier  trait,  et  chaque  ligne  est  précédée 
d'un  petit  trait  semi-circulaire,  comme  une  sorte  de  grosse 
virgule.  Mais  le  copisle  n'a  pas  toujours  été  fidèle  à  son 
système; -à  certaines  pages,  les  lignes  du  psaume  sont  égales  à 
celles  du  commentaire;  parfois,  le  texte  du  psautier  suit  direc- 
tement et  dans  la  même  ligne  celui  du  commentaire:  d'autres 
fois  c'est  la  paraphrase  qui  est  écrite  en  lignes  courtes  comme 
celles  du  texte  biblique.  Il  y  a  de  25  à  27  lignes  par  page. 

Ce  manuscrit  ne  contient  aucun  ornement;  les  en- têtes  de 
cahiers,  s'il  faut  en  juger  par  la  dernière  page  du  cahier  i-, 
ne  comportaient  rien  en  dehors  de  la  pagination  et  de  la  cote 
du  quaternion.  Les  initiales  sont  peu  développées;  une  seule 
fois,  l'e  initial  est  décoré  de  deux  petits  fleurons  noirs  sépa- 
rés par  la  barre  médiane  prolongée.  La  ponctuation,  assez 


conservés  dans  divorscs  collections,  comme  il  arrive  d'ordinaire  pour  les  manus- 
crits sahidiques. 


ECLAIRCISSEMENTS    DE   SAINT   ATHANASE    SLR    LES    PSAUMES.       7 

capricieusement  distriljuéo,  consiste  en  un  massif  point  noir. 

L'écriture  est  une  uiiciale  oblongue,  du  type  sahidique, 
mais  ti'iulant  vers  les  l'oiines  carrées  des  manuscrits  boliai- 
riques,  sans  plfins  ni  déliés.  C'est  une  écriture  rapide  et  assez 
négligée,  qui  caractérise  un  manuscrit  que  j'appellerais  de 
bibliothèque,  par  opposition  aux  manuscrits  de  chœur,  de 
beaucoup  les  plus  nombreu.x  et  les  plus  soignés. 

La  date  de  ce  manuscrit,  d'après  ses  caractères  paléogra- 
phiques, ne  doit  pas  être  ramenée  plus  bas  que  le  ix"  siècle. 

Il  me  parait  certain  que  le  scribe  travaillait  sous  la  dictée. 
Celte  hypothèse  explique  la  le(;on  fantaisiste  du  ps.  xxxiv,  ver- 
set 7,  comme  il  est  dit  en  son  lieu,  en  note.  Elle  rend  compte 
aussi  de  l'orthographe  capricieuse,  qui  confond  constamment 

0  avec  zo,  n  avec  tni  ou  ecii,  cv  avec  (uiv.  tu  est  écrit  pour 

1  et  réciproquement,  de  sorte  qu'on  a  souvent  quelque  peine  à 
déterminer  la  vraie  lecture  et  à  distinguer  par  exemple  l'ar- 
ticle Ml  ou  III  du  démunstratif  nui  ou  uni  (1). 

Par  un  phénomène  constant  d'iotacisnie,  cii,  i,  parfois  mf'me 
oi,  sont  écrits  l'un  pour  l'autie  ainsi  que  ai  et  u  (iikaicuii 
pour  iiKGcon). 

Le  trait  de  la  demi-voyelle  sur  n,  n,  p  est  presque  toujours 
omis. 

La  langue  de  ces  fragments  présente  des  contaminations 
bohaïriques.  <Jn  trouve  la  forme  iioriio-.A-  pour  unnio-.A. 
L'abréviation  du  mot  Seigneur  est  le  sigle  iio-c,  alors  que  le 
sahidique  a  use  L'emploi  de  l'article  est  aussi  plus  près  de 
l'usage  bohaïrique  :  les  formes  ni.  +.  m  sont  employées 
couramment,  et  sans  avoir  la  valeur  démonstrative  qu'elles  ont 
normalement  dans  le  dialecte  de  la  Haute-Egypte. 

Le  nombre  des  mots  grecs  transcrits  est  considérable;  le  tra- 
ducteur garde  le  mot  grec  alors  même  que  le  sahidique  lui 
fournissait  un  équivalent  exact  et  commun.  Souvent  aussi  un 
mot  d'origine  grecque  déjà  naturalisé  copte  est  employé  pour 
traduire  un  mot  grec  de  même  sens.  Les  mots  grecs  depuis 


(1)  L'orthographe  e.xigée  par  le  sens  est  rétablie  dans  le  texte,  mais  on  trou- 
vera en  note  la  lecture  du  manuscrit. 

[5] 


8  REVUE    DE    l'orient    CHRÉTIEN. 

longtemps  incorporés  à  la  langue  copte  ont  parfois  une  forme 
très  simplifiée  :  àtTsiv  s'écrit  ef.  Les  voyelles  v,  h,  i  sont 
interchangeables.  Le  verbe  grec  perd,  comme  toujours,  la  termi- 
naison infinitive  iv  ou  vai  :  \opvi-G  est  l'équivalent  de  -/îpr,Y£{v; 
KATicTA  de  -/.aOiTTâvon.  Pour  former  un  verbe  tiré  du  substan- 
tif ou  de  l'adjectif  grec,  tantôt  on  se  contente  du  mot  lui-même, 
tantôt  on  le  fait  précéder  du  préfixe  verbal  p.  Le  préfixe 
un-p..  qui  forme  les  noms  abstraits  s'ajoute  aussi  à  des  mots 
grecs,  dans  unTeAA\icToii,  petitesse,  par  exemple. 


Voici  le  contenu  des  six  fragments  de  ce  manuscrit  : 
L  Borgia.  u»-uh.  Psaumes  xv,  11-xvi,  8. 

IL  Borgia.  (|o-pi.  Psaumes  xxviii,  6-11;  xxxii:  xxxiii; 
.xxxiv,  1-3,  7. 

IIL  Borgia.  puo-piiï..  Psaumes  xliv,  13-18;  xlv;  xlvi,  1-7. 

IV.  Leyde.  iir-t|.  Psaumes  cxii,  9;  cxiii,  1-3;  cxiv;  cxvi; 
c.wii,  1-18. 

V.  Leyde.  Psaume  cxviii,  86-95. 

VI.  Borgia.  cih-cka.  Psaume  cxxxiv,  7;  cxxxviii,  l-IO. 

On  voit  au  premier  coup  d'œil  que  notre  manuscrit  ne  con- 
tenait pas  le  commentaire  intégral  du  psautier.  Les  fragments 
II,  IV  et  V,  formés  pourtant  de  feuillets  consécutifs,  omettent  les 
psaumes  xxix-.xxxi,  cxv  et  c.xxxv-cxxxvii  ;  dans  les  psaumes  que 
nous  avons,  tous  les  versets  ne  sont  pas  glosés;  ainsi  la  para- 
phrase du  psaume  cxiii  s'arrête  au  verset  3.  Ces  36  pages  don- 
nent le  texte  et  la  glose  d'environ  140  versets;  sur  ces  bases 
la  paraphrase  complète  du  psautier  aurait  exigé  650  pages, 
c'est-à-dire  pour  le  moins  deux  volumes  de  plus  de  150  feuillets 
chacun.  Le  commentaire  occupait  en  effet  deux  volumes  :  les 
fragments  IV,  V  et  VI  appartenaient  au  second.  Mais  les  lacunes 
constatées  conduisent  à  penser  que  nous  avons  seulement  le 
commentaire  de  noml)reux  psaumes,  choisis  sans  doute  d'après 
une  préoccupation  liturgique. 

Le  texte  biblique  de  ces  fragments  appartient  nettement  au 

[6] 


i 


KCLAIRCISSEMENTS    DE    SAINT    ATHAXASE    SLR    LES    PSAUMES.         9 

type  que  Ralilfs  (1)  désigne  comme  ober  àgijplische,  et  qui  est 
représenté  par  les  papyrus  grecs  du  Britisli  Muséum  (U  dans 
les  LX\  de  Swete),  par  des  fragments  anciens,  d<'  nii-nie  pro- 
venance égyptienne,  et  par  le  psautier  sahidique.  C'est  un  tfxtf 
antérieur  à  la  recension  d'Hésychius,  librement  traité,  mais 
offrant  des  leçons  intéressantes,  qui  ont  parfois  chance  d'être 
primitives. 

Quant  à  l'auteur  du  commentaire,  personne  n'a  encore  cher- 
ché à  l'identifier.  C'était  pourtant  chose  facile  :  au  premier 
coup  de  sonde  on  reconnaît  les  courtes  scolies  atlriliuées  dans 
les  Chaînes  à  saint  .\tlianase.  La  concordance  est  si  constante 
quelle  dispense  de  recourir  aux  considérations  de  critique 
intiTne.  Les  traces  ne  manquent  pas,  cependant,  de  préoccupa- 
tions et  de  sentiments  qui  convii'nni-nt  au  grand  défenseur  de  la 
foi  de  Nicée.  L'exégèse  des  versets  !•(»  et  91  du  psaume  cxviii  se 
retrouve  déjà  dans  VOratio  contra  Gentes,  45  :  ce  qui  est  dit 
de  la  parole  de  Dieu  est  entendu  du  \'erbe  Créateur.  Par  ailleurs, 
'■n  remarquera  les  fréquentes  allusions  à  ceux  qui  combattent  et 
souffrent  persécution  pour  la  vérité.  La  scolie  du  psaume  xxxiv, 
V.  1,  rapproche  de  façon  un  peu  inatteniiue  les  apôtres  et  les 
ascètes.  Ce  détail  suggérera  peut-être  une  conjecture  sur  l'origine 
de  ce  commentaire.  Cette  œuvre  sans  apprêts  n'aura  pas  été 
élaborée  dans  le  silence  des  méditations  érudites;  on  dirait  bien 
plutôt  un  exposé  oral,  familier.  N'aurait-il  pas  été  fait,  comme 
en  Conférences  spirituelles,  et  devant  quelqu'une  de  ces  com- 
munautés monastiques  où  trouvait  asile  le  patriarche  poursuivi? 


Je  rassemble  ici  les  leçons  caractéristiques  ilu  texte  biblique, 
en  marquant  la  divergence  ou  l'accord  entre  le  verset  et  la 
gl.pse. 

.\v,  11.  ovnToii,  -.izr.-t'z-.r,-.  avec  Sah.  et  U,  contre  t£?z- 

(1)  Sepluaginla  Studien  herausgegeben  von  Alfred  Raulps,  2  Heft  :  Der  Text 
des  Sepluaginla  Pailler,  Gottingen,  1907.  Voir  aussi  l'édition  donm-e  par  Rahlfs, 
du  psautier  sahidique  de  Berlin  :  Abhandiungen  dfs.  Hesell.  d.  Wiss.  ;iî  OOllin- 
gen;  Phil.-hisl.  Klasse.  Neue  Folge,  iv,  1.  Berlin,  1901. 


10  REVUE    DE    l'orient   CHRÉTIEN. 

XVI,  5.  AicoB-rn,  y.yi-r,^-'.z3.,  avec  Sali,  et  U,  contre  -/.aTâpTi-au 

\vi.  7.  iiApovop."jmi()e,  ôau^xâaTWjav ,  avec  Sah.  et  U, 
contre  Oj:j;j.ijT(i)cr5v.  —  Mais  en  7%  notre  fragment  se  sépare  de 
U  qui  iijoute  fj5:«t  ;j.£,  et  de  Sali,  qui  donne  :  iia2ii6t  en 
TeKoviKvu  (JiifiTAeRpATov  ovBHi  :  «  libéra  me  in  de.xtera 
tua  ab  impugnantibus  me  »  ;  il  garde  donc  la  leçon  des*,  B  A; 
néanmoins  il  détache  7"  de  7'"  pour  l'unir  à  8"  :  «  a  resisten- 
tibus  ile.xterae  tuae  custodi  me  ut  pupillam  oculi.  » 

xxviii,  7,  8,  9.  Les  participes,  au  féminin,  se  rapportent  à 
vox,  contre  n,  A,  U,  Sah.  qui  les  rapportent  à  Dominus,  et  les 
mettent  au  génitif. 

xxviii,  10.  Avec  U  et  Sah.,  notre  fragment  lit  :  ^-jApn 
iKFC  eme  unKATAKWcuoc  av(o  uqTpoqeuooc  yp.  ntro 
HApppo  ^iA  eiiez  :  «  Dominus  adducet  diluvium  etconsistere 
facit  illud  ;  nam  Dominus  regnabit  in  ;¥ternum.  » 

xxxii,  7.  novACKoc  :  utrim,  avec  .^  A.  U.  contre  Sah. 
qui  a  utres. 

XXXII,  8\  Avec  U  et  Sah.  nous  lisons  ici  : 

iiAp»;  iiA  nui  cTforenrt)  un  ovon  mu  eTO'iMr;  neiiTov  : 
«  universus  (orbis)  pavescat  ab  eo,  cum  omnibus  habitantibus 
in  eo  ». 

xwii,  i:!.  (;MAv,  Tc3  iî£iv,  avec  U  et  Sali.,  contre  eîîev;  mais 
notre  fragment  omet  -rnpov,  omnes,  après  n.-uipe  nnptoue;. 

xxxm,  4".  nTern.viGG,  J'ioJaxTï,  comme  Sah.,  U  et  le 
fragm.  ('gyptien  Brit.  .AIus.  Or.  5405. 

xxxm,  5.  Avec  tous  les  témoins  égyptiens  et  les  grands 
onciaux,  sauf  A,  notre  fragment  donne  (uAnn-oi.vo),  -rapcr.y.'.wv. 

xxxm,  16.  ne(|UAAxe,  auris  ejus,  contre  Sali,  et  tous  les 
autres  témoins,  qui  ont  le  pluriel;  mais  la  confusion  entre 
ii(H|UAAxe  et  ne(|UAAA{;  est  trop  facile  pour  qu'on  s'attaciie 
à  cette  leçon. 

XXXIV,  3".  nufiOAiBo,  avec  Sah.  et  U,  contre  -/.aTaîtîxivTwv. 
—  o''.  cioTiip,  avec  Sah.  et  U,  contre  uwTvipfa. 

XXXIV,  ;7.  Leçon  propre  à  notre  fragment  :  «  posuerunt 
mihi  laqueum  frustra  in  interitum  suum  ».  La  Pistis  Sopliia 
donne  le  même  sens,  plus  accentué  encore. 

[8] 


KCLAlHCrSSEMEXTS    HIC    SAINT    ATHAXASE    SUR    LES    PSALMES.      II 

.\i.iv.  1  I.  f:<:(:r>c(iii.  avec  les  témoins  égyptiens  et  la  leçon 
primitive  des  grands  onciaux,  sauf  A. 

XLix,  IG.  (:«:iiAiiT()'/  ?ii  o'i"r«;MiA  oiipiif-  imi|>|)(>  :  seul 
iiotP.'  fra^'ment  omet  cfiiiAiixdv  en  o-.-oviuxj  ;  Sali,  lit  dor- 
dinaire  :  «  adducentiir  in  gaudio.  adducentur  in  t-xullatione  »  ; 
mais  le  premier  membre  de  phrase  a  dû  toralier  par  suite 
dune  négligence  du  scribe  ou  du  lecteur  qui  lui  dictait  le 
texte. 

xi.iv,  18''.  iMiovTG  est  substitué  à  hak;  cette  dernière  leçon 
est  exigée  par  le  ronimentaire. 

XLv.  3.  Le  texte  suppose  que  la  phrase  est  coupée  après 
ï^r,.  comme  dans  x,  et  que  àv  /.apSia-.;  Oa/.aiir;;  est  rattaché  à 
J"  v/ï;(jav.  Le  commentaire  s'explique  mieux  avec  la  lecture 
ordinaire. 

XLV,  T).  Avec  .Sali.  niiAfiiiooiK;,  portus,  au  lieu  de 
sc;aT,;jiaTa.  impetus.  Cette  leçon  est  un  contresens  de  la  version 
sahidique,  expliqué  en  note  en  son  lieu. 

XLV.  6".  nniiAv  n?Toove  :  liora  matutina.  Cette  leçon, 
coiiiiiiune  à  Sali.,  correspond  aux  leçons  de  B''.  s'-',  A  :  -z  ^pi; 

-pio;,  ou  TS  zpi:  r.^ui'.  r.çu>L 

r»e  son  coté,  le  commentaire  suppose  une  lecture  combinée  : 

T(T>  r.zt'tr.u}  ~p(i)'.. 

XLV.  7\  .Notre  texte  omet  Altissimus,  avec  Sah.  et  les 
grands  onciaux,  sauf  .\  et  s'^-\ 

cxii,  9.  La  glose  suppcse  la  leçon  de  A  :  £Lîpa'.v:;j.Évï;v. 

cxiii.  2.  Le  texte  du  psaume  présente  ici  une  leçon  très 
particulière  :  «  La  Judée  est  devenue  son  sanctuaire;  Israël  a 
dominé  sur  elle.  »  Mais  la  irlose  commente  la  leçon  commune  : 
»  Israël  a  été  le  domaine  de  Dieu.  » 

cxiv,   1.  Le  texte  et   la  glose  témoignent    d'une    leçon    : 

r,';x-r,zx  x'j-.'z'i. 

cxiv.  2.  Texte  et  glose  en  faveur  de  la  leçon  de  n'  '  A  :  èv 
-.l'.z  r;;a.£pai!;  ;jl;'j. 

cxiv,  3".  Texte  et  glose  supposent,  au  lieu  de  vj^zzy.-!,  un 
veriie  signifiant  saisir  :  iy.piTr,î2v(?). 

cxiv,    I.  Au  liiu  de  :  «  .l'ai  invoqué  le  nom  du  Seigneur  », 

notre  texte  donne  :  «  .J'ai  crié  vers  le  Seigneur.  » 


[f»] 


12  REVUE    DE    l'orient    CHRÉTIEN. 

cxiv,  5.  Notre  texte  omet  le  mot  correspondant  à  i>,£ô;j.o)v , 
mais  c'est  sans  doute  un  accident  de  transcription. 

cxiv,    7.    Notre  texte   représente  une  leçon  :  è-îj-pc'I/îv   r, 

cxvii,  1.  Leçon  particulière  :  «  Louez  le  Seigneur  car  il  est 
le  Christ.  »  Elle  parait  bien  attestée  par  le  commentaire. 

cvvii,  3.  Notre  texte  omet  :  'i-<.  x'[x'iz;. 

cxvii,  1.  Avec  A,  notre  texte  introduit  un  verset  :  «  (Jue  tous 
ceux  qui  craignent  le  Seigneur  disent  que  sa  miséricorde  est 
éternelle.  » 

(xvii,  11.  Ce  verset  est  omis,  sans  doute  par  un  accident  de 
transcription  dû  à  l'homoioteleuton. 

cxvH,  16.  Le  texte  et  la  glose  supposent  la  leçon  :  os^ù  Kupiou 
iJ'iwaîv  a'j-.iùç.  Le  texte  ajoute,  avec  N'^-"  A  :  cù'.'x  Kupiou  è-si7;a5v 
3Jvas;.iv. 

c.xviii,  88.  Le  texte  a  la  leçon  de  n,  A  :  Çricriv  ij.s. 

cxvu,  90-91.  Le  texte  et  la  glose  sont  d'accord  en  faveur  de 
la  leçon  de  x  :  kl>s.i).i'Kîi,iaxi  tï;v  -f^v  -/.xï  C'.x[j.évzi  ty;  oixiizii  aou.  En 
outre,  otaij.ïvst  Y)  •/;;j.î'pa  est  omis. 

cxvni,  95.  Avec  A,  notre  texte  commence  le  verset  par  :  «  Les 
pécheurs  m'ont  attendu  pour  me  détruire.  »  Mais,  pour  95''.  il 
offre  une  leçon  très  particulière,  que  la  glose  ignore  :  ti  [xxp-ùpix 
CCI)  où  (7uvï)y.o:v. 

cxxxvni,  1.  DKpoq,  dolus,  avec  Sah.,  n*^^"-  Mais  le  commen- 
taire semble  supposer  la  leçon  plus  commune  Xôyo;  «Sim;. 

cxxxviii,  10.  Notre  texte  coupe  la  phrase  avant  ôor^yoset  : 
T(=K<)viiAu,  y;  oî^ia  aou,  est  sujet  des  deux  verbes  qui  tradui- 
sent cîT;vr;T£t  l't  v.xOé^t'.. 

On  voit  que  le  texte  intercalé  entre  les  gloses  est  un  témoin 
fidèle  du  psautier  sahidique,  sauf  variantes  minimes  et  dis- 
tractions de  copiste  (1).  Mais  le  texte  même  que  le  commenta- 
teui'  avait  sous  les  yeux  était-il  identique  à  l'original  grec  de 
ce  psautier  sahidique"? 

Le  commentaire  conçu  en  termes  trop  généraux  permet 
cependant  de  relever  des  divergences  bien  nettes  à  coté  de 
coïncidences    particulièrement    frappantes.    Ainsi ,    la    leçon 

(1)  A  l'exception  pourtani  de  xvi,  7. 

[10] 


ÉCLAIRCISSEMENTS    DE    SAINT    ATHANASE    SLR    LES    PSAIMES.     13 

i:u)TM|>  de  x.wiv,  o  est  attestée  é^'alement  par  le  texte  et  par 
la  gluse.  En  revanche,  celle-ci  en  xlv,  G,  témoigne  en  faveur 
d'une  leçon  tw  rpisi-w  -£o>l  que  le  texte  ne  connaît  pas.  En 
cxxxvui,  4,  le  commentateur  ne  lisait  sans  doute  pas  siXs;; 
en  XLV,  3-1,  il  coupait  vraisemMablement  son  texte  autrement 
que  le  sahidique. 

A  iiremière  vue,  il  y  aurait  une  divergence  flagrante  en 
xLiv.  11.  Il  semblerait  que  le  glossateur  ait  lu  îtwOsv  au  lieu 
de  'E-tit'.n,  puisque  la  glose  dit  :  «  La  parure  de  l'Église  est 
spirituelle  et  invisible.  »  Mais  l'exégèse  alexandrine  donnait  à 
'Ej£5(.'>v  le  sens  de  v:r,îi;  :  «  Pro  eo  quod  in  Septuaginta  scriptum 
est  £t(j6£v.  in  quibusdam  exemplaribus  invenitur  Esebnn,  quod 
cogitationem  sonat  (IV  »  Une  glose  attribuée  à  Cyrille 
d'Alexandrie  [P. G.,  LXIX,  col.  717)  dit  aussi  :  /.pj--::;,  ir,svt,  i 
t-so'^z:  -f,:  'E/./.'/.r,zix:  v.:  v:jv  /.at  îiâvstav.  Dans  le  De  adoralione 
du  même  Père,  on  lit  :  N:/;Tbv   1=.   lr,-zj  /.li   ■Jz£sy.:j;j.'.ïv  àXTjÔà.; 

■;;0  Baji/.î'ci);  'Erîîwv  :  t;  ci  "EjîSoiv  à'-a)f(£v  àmv  'Eîpaiwv  scovî;  (2). 

Or,  c'est  bien  le  mot  v;r,-::ç  que  saint  Athanase  emploie  dans  sa 
glose,  connue,  sans  doute,  et  reproduite  par  Cyrille.  Un  voit 
que  ce  mot  suppose  la  leçon  "Etîêwv. 

La  glose  se  sépare  encore  du  texte  en  xliv,  18;  cxin,  3 
et  cxviii,  95;  mais  elle  est  d'accord  avec  lui  contre  la  leçon 
du  Vaticanus,  et  en  faveur  des  vieux  textes  égyptiens,  dans 
le  plus  grand  nombre  de  cas. 

On  est  en  droit  de  conclure  que  le  texte  grec  des  Psaumes 
connu  par  Athanase  appartenait  aussi  à  la  famille  des  textes 
égyptiens  antérieurs  aux  recensions  savantes  du  W  siècle,  et 
même  préorigéniens.  Ils  sont  représentés  par  les  versions 
saliidiques,  les  fragments  grecs  d'urigine  égyptienn<'  les  plus 
anciens,  et  les  citations  de  Pères,  à  partir  de  Clément  d'Alexan- 
drie. Le  texte  recensé  par  Hesychius.  on  le  sait,  est  à  la  base  de 
B  et  de  la  version  bohaïrique:  Cyrille  d'Alexandrie  le  lisait. 

Les  divergences  entre  le  texte  supposé  par  le  Commentaire 
et  celui  des  versets,  plus  conforme  au  psautier  sahidique,  sont 


(1)  Hieronymi  ep.  ad  Principiam. 

(2)  S.  Cyrilt  Alex,  opéra.  Ed.  Aibert,  I,  65. 

[11] 


14  REVUE    DE    l'orient    CHRÉTIEN. 

assez  accusées,  cependant.  On  doit  penser  que  le  vieux  psautier 
égyptien  était  déjà  représenté  par  deux  familles  de  textes,  l'une 
sahidique  et  l'autre  alexandrine. 

Resterait  à  se  demander  dans  quelle  mesure  et  avec  quelle 
fidélité  nos  fragments  coptes  reproduisent  rœu\re  originale  de 
saint  Athanase.  La  traduction  latine  que  l'on  [lourra  lire  à  la 
suite  du  texte  a  été  laite  avec  un  littéralisme  barbare,  voulu 
pour  rendre  le  copte  mot  à  mot  et  permettre  la  comparaison 
loyale  avec  le  grec  des  chaînes. 

II  serait  prématuré  de  formuler  une  conclusion  ferme  avant 
d'avoir  étudié  les  textes  arabe  et  syriaque.  Nous  savons  du 
moins  que  le  syriaque  est  notablement  moins  prolixe  que  les 
gloses  attribuées  à  saint  Athanase  par  les  Chaînes  grecques.  Ce 
même  caractère  est  bien  marqué  dans  le  copte. 

Un  grand  nombre  de  scolies  sont  substantiellement  identiques 
dans  le  grec  et  dans  le  copte,  les  deux  tiers  environ.  <;)n  a 
souvent  l'impression  que  le  texte  copte  rend  avec  plus  de  pré- 
cision l'idée  originale. 

Une  proportion  assez  importante  de  scolies  gi-ecques  manque 
dans  le  copte;  en  particulier  les  glanures  recueillies  par 
Montfaucon  dans  la  Nova  Bibliotheca  Patrum  sont  assez  mal 
représentées.  Le  cas  du  psaume  cxiii  est  remarquable.  Seuls 
les  versets  1-3  sont  brièvement  glosés,  en  dehors  de  l'exposé 
préliminaire  du  sens  général.  Les  longs  commentaires  mis  au 
compte  d'Athanase  par  les  Chaînes  pour  la  suite  du  psaume 
manquent  entièrement.  Telle  ou  telle  des  gloses  manquantes 
peut  être  authentique  :  ainsi  celle  du  psaume  xxviii,  verset 
8  :  «  Desertum  dicit  Ecclesiam  gentium,  quae  olim  déserta  et 
destituta  erat  Dei  cognitione.  »  Dans  la  plupart  des  cas,  au 
contraire,  ces  gloses  grecques  s'éloignent  du  thème  habituel 
des  commentaires  athanasiens  et  semblent  s'inspirer  de  préoc- 
cupations différentes.  On  a  vu  que  saint  Jérôme,  dans  le  De 
Vins  inhistribiis,  donne  comme  titre  à  cette  œuvre  exégétique  : 
«  De  titulis  Psalmorum  ».  Cette  désignation  est  justifiée  :  les 
commentaires  de  beaucoup  les  plus  développés  se  rattachent  au 
titre  du  psaume,  pour  exposer  le  thème  allégorique  de  celui-ci  : 
les  gloses  des  versets  —  et  rien  ne  prouve  que  chaque  verset 
ait  jamais  eu  la  sienne  —  sont  d'ordinaire  courtes,  procèdent 


tCLAinCISSEME.NTS    DE    SAINT    ATIIAXASE    StR    LES    PSAUMES,      lô 

par  allusions  et  se  bornent  souvent  à  rappeler  l'idée  initiale. 
Un  se  défiera  donc  «les  gloses  prolixes,  ou  de  celles  qui  intro- 
duisent une  idée  dillërente. 

Toutes  les  irloses  coptes  présentent  bien  les  caractères  géné- 
raux ijue  nous  venons  de  détinir,  y  compris  une  dizaine 
d'entre  elles  que  le  grec  des  Chaînes  ne  connaît  pas  :  on  y 
retrouve  la  brièveté  coutumière,  l'allégorisme  à  outrance,  les 
rapprochements  scripturaires,  et  le  parti  pris  de  voir  partout 
des  prophéties  sur  l'Incarnation  et  la  prédication  évangélique; 
et  en  même  temps  une  simplicité  de  bon  alui.  On  pourrait  donc 
penser  que,  dans  l'ensemble,  le  texte  copte  peut  aider  à  la 
reconstitution  du  commentaire  athanasien  et  fournir  quelques 
repi'res  pour  discerner,  dans  le  fouillis  des  Chaînes,  l'œuvre 
propre  du  grand  docteur.  Si,  en  outre,  il  permettait  d'entre 
voir  le  caractère  du  texte  dans  lequel  Athanase  lisait  les 
Psaumes,  cette  publication  aurait  largement  atteint  son  but. 

J.  Davh). 

Cracovie,  2-1  juin  1924. 


TEXTE 


[Pag.   ux,'.  Ps.  XV,  V.  1-2.] 

.-•ovoroii  iUjT2n   roKo-.iiAn  ;'ia    eiiH2] 

eq'fuAGiH    ?0    RAI   enpAjye    un    no.-  iiocj    trr-  iiA.-ituiU: 

OiieTovAAB  umicA  T  peviojjz  (iKocoM  en  iioovoeiiy 

flTAiiA Ctacm;  • 

mpA;y(;  au  un  iio'.'iioq  ni(;  +iMi  tat  tako  iai  (rro'i— 

NA.YiTc  niioA  ziTU  iieuAduif;  ic  iinvc-  irro(|  rAp  no 

TOVIIAU   niMKjr-   A-.K)   .V(;   O'.IK;    ll(;    IM;i,"IA,\U  qOTOU? 

eBo.v    2ITII     MAI    «■T.vd)    nuoc-    .\(;     MAI     «rniAîyiBe 
OiictouA     DnenoBBio.     nninc     nucdMiA    nru    ii(i- 

(|{;0()-.-   (1). 

<1)  Philip.,  m,  21. 

[13] 


16  REVUE    DE    l'orient    CHRÉTIEN. 

[Ps.  xvij         iti-  iie."j.\ii.\  nAAViA 

eq.-vu)  niieiKwLioG  eiio.v  zu  nenpoconoii  me  niptoue 
nreMoo  Avto  n  kata  nuoTre. 

rUTG   GIOTlÎ    e.TAAIKAIOCVIIH    +eTHK    eriACOHC 

nei^Ase  uez  gbo.v  eu  otiioo-  DnAppHCiA  (1) 

xiGUH  (2)  enA^JAHA  zn  eeiicnorov  au  nKpo(j  (3) 
uepe    uuovTO    rAp    r.ioTU    eni^.vu.v    gtmiuv    «boa   en 
eeucuoTov    nspoq    a.v.va    e^yAqctoïu    enu    eruMV 
eBOA  ?u  ovAAO  eqoTAAB  Avco  eqTCABHTT  e^Axe  en 
eeu^ASke  eTovAAB- 
[Pag.  uu]  epe  uazau  ei   uai   nneKDTo  eBOA.  epe  uabaa 
IIAV     enCOOVTU.     AKAOKlUAÏ.e     DiiAeuT.     AKo-n[nA]- 
^uje  nrev^H. 
[qTcoBJe    novioue    gboa    erpe    niuouoreuuc    iauine 
epoq  nKpiTHc- 

AKUACT  nuenee  esuicrouc  neuT^ 
qAit  nueAU  nue  onvc  mai  uTAqteAU  ueuxq^ 

ïe  nue  TATAupo  xui  nueesuve  (4)  uupioue. 
"  eqApee  rAp  epoq  jyAepAi  euAi  eTUTpeqxe  aaav  n^yAse 
euAf umptoue  ne  e^AqrAKO  aaaa  oqTAxpo  Duoq 
^AepAÏ  eovKovsi  n^Axe. 

exBe  n^yAse    niieKcnoTor   AieApee  eueeioove 
eruA^T. 
e-PBe    ueKoreecAeue  nexAq  aibu)k   eeovu  en   tutau 

BTcruT  Avu)  ereexeios 

AicoBTe  nuATAcrce  en  ueKeioove  xeKAC  uuev- 

KUI    noi    UATAO'Ce- 

nei^Axe    lAp    tcabo    nuou    eTUTpenKAexuu    epou 

UAVAAII.    AAAA    BUUOVTe    MAI    eTTAXpO    nUOU- 

AUOK      Ae      AISI^KAK      eBOA-      Xe      AKCtOTO      BpOl 

(1)   Ms.  :   UAppo/CIA.    -  (2)  Ms.    :    xeiCUH.    —  (3)  Ms.    :   urpoq 

—  (4)  Ms.  :  nueeuve- 

[14] 


ÉCLAIRCISSEMENTS    DE    SAINT   ATHANASE    SLR    LES    PSAUMES.     17 

iiiiovTi;  |>iK»i  niM:KiiAAX(!  «i|)oi.  nrcuiin 
i;iiA,")A.\(;.  iiA|)<)'.-«;|);'iiin|)<:  niMJKiiA  iMrr- 
iio'.vii  nu(3  rec.Miic  cpoK. 

(3T(i    lUVI    lin    AU    KIIACIUTU    (3pOI- 

HBo.v  en  iieT-f-  ezovii  cepoii  TOKcnse  ho-.hau 
?Ape2  epoï  ncvc;  ru»-  ncivKeKe  [obaa.] 

|Pag.   c|o.\  Ps.  xxviii,  V.  (3. 

...^jupr:   11(5   »iiamo(;to.\c»c-  (imu  .\«;  (i\ni   im;.-iaii    un 

TeVAOll    TA.\pU()V    «;A0    IIMO.rc    IIA-i-AA(|- 

TecuH  Oncrc  c-covto^yq  fiov^yA?  ncATc. 
eq+iiAeiii    eriifipHT    Ota  /iHOVxe    (ipuT    niioc)    niH;- 
TOVAAB     (;<|Ati)     niioc:    sc:    (jTeTii.'VAn  iio(>;'j«;    ïi.vn 
ovKtoer   flTtnilApCOKZ  AH   (1) 

recuH  Oncrc  ecKiu  erepHuoc 
iiKiii   ()>i   ;u    noiuA  (2)   ne   xn  canActuru  zu   ua   inu 

KATA    nf;TCH2    A<;.    nr«:p(K|(;l    flO"!    IC    eeOVH    eOlBAHU 

A   rno.MC  THpc  nomn  (3). 

nrrc  hakiu  (iTepHiioc  nKAAnc 

(;;'IAV2pUHn6V6     Ae     KAAMC    ya     reTOVAAB-    "ftiKKAHCIA 

AG  flTO  nevc  Tt;  m  cto'/aab 

recuH  uno-c  eccoBic  niiKio.w. 
nei  eovA  ueii  hgtovaab  im-  nTO(|  iwp  lu;  flTAcjcoBTf! 

nnn  OTOVAAB  GACJXOO'.UÎO';-  (îBOA  KATA  IIOAIC  (-((AU) 
OUOC  HAV  Ati  UA^O  UnTU  nTOTIJ+CiBCO  H  IKieGtHIOC 
THpOV    (4) 

Pag.  p-  —  Av<o  quAcrcuAn  gboa  noiiAni^Hn.  o'.oii    mu 
exzD  neqepnn  sto  oiigijouov 
Gcjuo-r're    g+gkkaucia    ag    uAn,"iHu    gtbg    ag    iiggo 
nuAAV  n;'iopn  un  n;'nui  flATKApiioc  (5) 

^yApG    nO-C    GIUG    nilKATAKA-.CUOC 

equovTG  6UAI  nrAvnicTevG  nuiocr  Ounn^yG  n+jruT 

(l)  Isaïe,  xLiii,  2.  —  ciiMs.  :  QniUA.  —  (3)  Matth.,  xxi,  10.  — (-1)  Matth.,  xxtiii, 

19.  —  (5)  Ms.  :  ATTApnOG. 

[15] 

OltlENT  CHKLTIEN.  2 


18  REVUE    DE    l'orient   CHRÉTIEN. 

sa      KATcVKACVUOG     KATA     BG      IITAqXOOC     XO     A     IIKAZ 

iiove   <:Bo.v    ecove    iincrc   (1)    iiee    iiovuoov   eqojy 

eqeCOBC      flHTOVIH.      iyAVTnTtOliq      «Il      enBARTICUA 
GTOVAAB. 


Avio  nt|Tpet|zuooc.  xe  rurc  iiApppo  ;'ja  eiiee 

[epe  riAi  tiitcoii  etiH  iitatsooc|  se 

ncrc  iiA+o'ou  uneqAAOC 
epe  HAi  TiJTioM  enn  uTAVSooq  se  +(rO(Tou  zn  zujb 
iiiLi  ?iTri  noT+croii  mai  iie\c  (2) 

n(rc  iiAcuo'/  eneq.vAoc  en  oveipHiiH  (3) 
epe   MAI  TiiTioii   enn    iiTA'rsooq    xe  ta  eipHiiH    exe 
Ttoi  Te  fi"  nuoc  iiht6m  (4). 
Ps.    XXXII.  ....    —    ...   —    ....    —    .... 


.\B-     eAAA 

qTCABO  miAi  nTAvnicTe'/e  en  mai  erpevcuov  enev- 

SOeiC-       AVCO       qTCABO       IIUOOV        e-fUMTIJOO'        nT6 

Te(|(rou.  se  nToq  ne  eTKTo  ueu  eBo\  niimoiiHpoc 
AT(o  6qscou)pe  6Bo.\  niiev'l'v\H  (5)  [Pag.  pa] 
eqTAiieo  Ae  mm  eTee.vriic  epoq 

HAïKAioG  re.VHA  eiio-c.  epe  necuov  npenei 
niieTCOTTuiij.  OTtoiie  eBo.v  encre  en  otki- 
BApA-    +AAAeï  epoq   en    ovM-aathpioh   iiiiht 

iTKAn 


(1)  Isaïe,  XLV,  24.  —  (2)  Philip.,  iv,  13.  —  3.  Ms.  :  eipvilH. 

(4)  Le  texte  est  brouillé  par  suite  de  la  ressemblance  de  trois  gloses  com- 
mençant par  les  mêmes  mots.  Dans  le  manuscrit  la  glose  qui  devait  se  rap- 
porter à  ncc  MApppo,  V.  lO""  et  qui  existe  dans  les  chaînes  grecques  est 

tombée;  elle  a  été  remplacée  par  la  glose  suivante  sur  le  v.  il'  :  ■f'O'no'OU  î 
celui-ci,  resté  sans  glose,  a  été  écrit  sans  interruption  avec  II'.  Nous  réta- 
blissons  l'ordre.    Il    faut    rattacher    AVU)     nqTpeqeuooc    à    v.    lO    : 

KATAKATCUOC,  selon  le  texte  du  papyrus  U  et  des  manuscrits  sahidiques. 
—  La  dernière  glose  cite  Jean,  xiv,  29. 

(5)  Au  lieu  de  +TXH,  le  grec  supposerait  botah- 

[16] 


KCLAIRCISSEMEXTS    DE   SAINT   ATtlAXASE   SUR   LES    PSAUMES.     19 
♦  HJÎ'JAAt;     (HIICIOIIA     ,\(;     -|-A\'I'II|>M)II      flIlMT     flKAII     (i'I'IK; 

+0     oecov«;i<:    (1)  «îTn2in<|    un     f  f     ()-lll|)^tul'k     nrn 

++T\H-  opn  ov(niip?toR  ijTt>*."Cii  lo'.c;!   niiKicovcu; 

,\(ii  f;po<|  n()'.-.\<()   nnpi>(:.   'I-avaci  «ipocj   kaacoo 

<;n  o'.-.vo'/.vAi 

♦;(|,\(o?n  tiAi  (■2)xe  A(|,\«i)K  ciio.v  mil  iinouoc  Duidvchc 

,\(;  M.">A.\f;  mure  co'i"i(()ii 
<|ov()tiï  «;iiJ»A  .\«;  «:<|."JA,\o  (iiHiVArrn.Moii 

A-.co  n<j?r>ii'.«-   riipov  ."looii  ^n  o'.-iiiciic 
e;y,"ie     iwp     wicrcrrii     nziua     mu     nTAv;'iioiui     cboa 

2ITO()T(|    zn     rOOU    HTC;    Tfi(|linTII()VTf: 

qun  iiTiiiniiA  un  iieAii 
<|."imK   n(;A   iiAi    nioo  ro."   iiiiii    (:T?eAni(:  tjp<>(|.  a'i-«j 

CT^IliO    IICA    ll(H|ll()ll(>C- 

Pag.  pB      IIKA2  Tiipii  liez  uriiiA  (3)  un(rc.  avco  zO  neq- 

^AXe  iiTA  nnHve  xpo.  a-.(()  iievcrou  Tupov 

;n  riuiiiiA  npiu(| 

A<|Ap\fii   riTAiioii   xa   flTocj    nn   nipG()TAiiio  fixe  rn:i- 

tuoiiT-  A'.-ti)   ou   neAAcj    n^'iopii   xo   iika?   uez  «boa 

zunuA  uiuvc 

ncjuae^iAî  epAT(|   rAp  au  axu  nf;(|iiA.   a-.-h)   iiceuAe- 

."lAZOpATO-.-    AU     n(VI     lieilU'.M:    nillUTI    (4)    eVTAXpHT 

eirn  u(=(|."iA,\6  un  iiovKf;  a'.-uauk;  rupov.  exe  iiai 

UO    UIO'OU    «iX()-.-AAI>    nAOriKOU  (•')) 

nexccoov?  nuuov  ooaaacca  noe  novACKoc 
equovxe    fjiiiiioov     iinxAi|     fixe     eA.vdcCA.     eqctuuz 
Ouoov  ezovii  no<3  novACKon  ?n  iiiKAooAe 
neurA<|Kio  niiovii  ?n  uevAetocop 
«ujctoovî    opo(»v    niiiiiovu.    ii(;:kac|.    iif)n.    ?n    zhua- 
ecucup  (6).  xo.  nuevBfipBHp  ezpai  ncezcuBC  oukaz 
u<\p6  nKA2  xup<(  ep20x«  zuxcj  Ouo-c. 

(I)    Ms.    :    eiinCOVCIC    —  12)    Ms.    :    niIAI.    —  (3)   Ms.  :    ZCl    HUA.    — 
(4)  Ms.  :  eiUIIXCI.  —  (5)  Ms.  :  AOrCIKOU-  —  (6)  Ms.  :   nZ(HlA;U)CUp. 

[17] 


20  REVUE    DE    l'orient   CHRÉTIEN. 

OnepTpe  iiKAe-  nc:xA<|.  ktoc|  e+eoov  niJA<\iuu3iJioN 
Pag.  pr      ucvpe  UA  mu  crtoT  zhtcj.  un  ovoii  uiu  gtoth? 
neiiTO'i"   3:6    nroq    ne    nrAqxooc    Av^yione. 
nroq  ne  uTAqztun  avuj  avcujut 
uApoTCTtoT   nexAq  avco   ncecioTG   eneq^^Ase.  atio 
nceuoTM  eBo.\  ?ri  neqTA^aeoeiia 

ncrc  MAXtoiope  eBOA  On^oxne  nueeeuoc 
qovonz  BBOA  xe  eq,")Axe  onieeenoc  erenn 

quAAoerei    nuue-i'e    nn.vAMC    avco    quAAeexei 
rini^Axne   nuApxioH-  n^oAiie  nroq   cintre 
i^oon  ^A  ene2. 
Aqep  neiniBOTAeve  PAp  fixe  hiovaai  ncrcoB  2D  nTpeq- 
Ttoovn   zo  nueeî'JouuT   nzoov-    uai   rAp   ne   flxAT- 
si^o2cne  epoq.  uai  on  neTUAuovn  oboa  ^a  enee 
Ciueeve  OneqenT  xni  ov;xcou  ^a  ovxiou  (1) 
niAOKUA  nexAq  nTAqueere  epooT  ^a  enez 
(Pag.  pa)     UAiATq      Oneeonoc     encre     ne      nequorre. 
UAAOc;  UTA  ncrc  coTnc|  eovKAnpciuouiA  UAq 
eq^Axe  euAi  nrAvuicTere  ene\c  xe  maiatov  iiAue- 
A  ncrc  c3-co^T  bboa  en  Tue  euAV  n^upe  nnpcoue 
CBOA   en    nequAfJiyccjne    eTCBTCtiT    Aqcrco^yx 
exn  uerovue  Tupov  eci  hkaz 
eq^Axe  erne   xe   n6c^uAn^■^u)ne  6tcbtcot.   epe   Tne 
nopx  UAq  CBOA  née  novHi 

neuTAquAACce      UATAAq      onevem-.     nereiue 
OnerzBHTe  (2)  Tnpor 
nuorre   uATAAq   neTcoovu   nniïBHve   nxe   nipcoue- 
Aqxooc    on    ncri    nencu)p    nniovAAi.    xe   eTBe    ov 
TemuoKueK  ezQ  neoooT  en  neTuenr  (3). 

UUM   OVppO   IJAOTXAI   6TB6  Tet|nOCr  ncrOU-  AVCO 

uuii    oTxcocope    UAUoveu    2Ci    uA^yAi    nxeq- 


(l)Ms.  :  XMI   CiOVOVXCOU   ;4A  OV,\U)U.  —  (2)  Ms.  :  6lieV2BHVe. 

—  (3)  Matth.,  IX,  4. 

[18] 


ÉCLAIRCISSEMEiNTS   DE   SAINT   ATHANASE    SUR    LES   PSAUMES.    21 

>i()U'i-(i-    iiLiii    «vexo    neorn    lio-.'Awi    nqiiA- 
UOV2U     AH    ïfi     iiA:*i4ii    MTeqo'OU-    eiic    riBA.v 
uiurc  o-a),"iT  <;,\n  tioTpzoTe  «2iit(|- 
(Pag.    pc)    (|T(;Ar>c()     mm    nTA'.'iiir.Tir.'o    cniiiovTf;    v.Ttï 
Tp<r.-Kto  Oin-.'etJAiiic  en  aaa.-  (mihm.v  v.\n}i\  ikv.'aa(j 

Ps.  xwiii.      .\r-    iit3+A.\uoc    n.VAA    irrope<|."jiBe    Oneqzo 

rilHMITIXlV      (:ll(».\      nA\IIHiA«\-      (1)     A(|KAAq 
<;B()A  A<|K(C)K 

ZCl  IITpe  AAA  l-Ap  IICOT  «;li<)A  ÏAOH  DneO  OCAOVA.  ACJOÏ 
."JA  ABIU6Aa\'  AVU)  A(|TAUOC|  BTBG  OB  IITAqUI  ."JApoq 
«ITBMtlTC.     AV(()      llf;.\A(|      IIA(|.     X<i     MTA(|AOOVT      Dcri 

iippo.  ycocAo  n  r<;q(:+  flTCHBe  iituaiam- 
(;ii(;iAit    <)V(;T    Mil    nTA<)Aoov    ovex    HH    DTAquocive 

eptXIV-    ll(;,\A(|   l'Ap  A(;   IITf:pnq,"?JIBH   UIKiqZO- 

f;(|.\u>  Oiirl'AAUoc  tiovcBto  QnAAoc  HBppe  eqxcABO 
riu(><|  «:+()•!  n^yu^ye  niiiiATiKoii 

+IIACUOV  eiurc;  îh  ovof;i;'i  mu-  m  ovogi^  (2) 
mu  neqcuiov  zn  ptui 
;«)(;  uaqxi  ucii   niiuoiK  nxo  iipotïCicïc  Aqovcou  bboa 
neHXov  qiyjineuox   iirooxcj   niiiiovxfi  epn  xeqxA- 
iipo  u»32  ncuov  <;riiiA  novnoo-  norciA 
(Pag.  pO     xA'l*v\H  iiAAiTAio  eu  litre 

e^iono  nexAq  tiiAp  On^A  novxAio.  oAVcriiie  norzioB 
niiAiiovq  zn  HA2BHV»:.  riAi  iirKoi  au  mu  aaaa  uAutrc 
ue 

UApn  upupA;M  (;(oxu  ucgovuo(| 

UIAIKAIOC    U«:AAq    UApO'.nUOTU    n(:0()VU()<|    GOBO    UK)';— 

XAi    nxA()''ja)uc;    uAi    HBOA    eriQ    ruiovxo    X6    ^^Aq- 
UOV2U  nufixzoAuic  <:po<| 

xicfi   nuuAi   DncFc  a.mo    nxoxOA'icci   oneqpAu 

(1)  Sic.  —  (-2)  Ms.  :  f;U0V06liy,  les  deux  fois. 

[19] 


22  REVUE    DE    l'orient   CHRÉTIEN. 


eiovGon  AiioK  Alpine  ficA  ncrc  a(|cu)TO  epoi 

ATtO  AqXOVXOI   6BO.\  211    11  AU  AnCTOlAG  THpOT. 

2tjUG    eqpto^iie    au    eacu)    niiiuiiTiiocr    me    luiovTe. 
eqepAï.ov  unneceeno  GTpevtii  OriAï  niiuAq 

f"  Onexiiovoi  epoc|  irreTiipovoem  Avto  iiexiiEO 
nueTSiî^ine    pai    ne    n?HKe,   iiTAqtuiy    gboa. 
A  ri<j-c  ccoTU  epocj  atcd  AqTovsoq   ^n  ue(|- 
BAi'hic  Tupov 
iyApe  riArre.voc  uncrc  KtoTe  eiierpeoTe  e?HTq 
iiqiiA2Uov. 
eBO\  rAp?n  haï  nTAqsiTov-  qrcoT  Dnïnr  finKeceene 
eeoTM  en  Al 

si+ne  nTerneiue  ye  ncrc  eoAcr 
(Pag.  pï.)  e(|iaA:ve   enooiK    nue-   enecHT   gboa   en   Tne- 
noeiK  eToir; 

MAiATq  DnptoLie  ereeAnic  epoq. 
Apieore    eeHxq    uncrc    iieqneTovAAB    se    uu 
crpujî  iaoon  niieTpzoTe  eeurti 

qSI    TAp    nuCOII?    6TIIHT 

A  npuuAu  epeHKB  atuj  av2ko 
eq^Axe  euAAOc  niiioAAi 

ueT^iue  Ae  ncA  ncrc*   nceiJA,'yu)ioT  an  gapa- 

eoil   mu.   AIA'I-AAIIA. 

eq^aAse  guaaoc  nnïeeeiioc 

Aiinrm  iiA^aHpe  nxeTnccoTQ  epoï  iita+cbco 
iiHTii  211  eoxe  uncrc.  iiiu  ne  npcoue  eTore^s 
ntou2  eriie  niiAV  eiieeoov  eTiiAUOTOT 
UATAAcre    II6KAAC    eBCJA    eO    nneoooT    atui 

IJCîKCIIOTOV      CJTCISCO      nO'i'Kpoq      pAKTK     eBOA 

enneeocjv  nreipe   CinneTiiAiiovcj  ^lue  ijca 
+  PHIIH  (1)  iirncoT  MCtUC 
ecjKCd  eepAi   noTCBco  iitc  iiizeeiioc  tai   xe  TecApxH 

(1)  Ms.  :  Tip'i'llll. 

[20] 


ÉCLAIRCISSEMENTS    DE    SAINT   ATIIANASE    SCR    LES    PSAUMES.     23 

nKA'A(|  TzoTi:  niuri:  m  •r."i(>pM(5  ipag.  pHJ  Tuoecur» 
eTUKAlAAA.MA  IICA  IMIKCII IIV-  luaïj'ionTc  lin 
CiCeAZli      IKÎKCIU)  TO'i"      (illDA      ïfl      I1(3K|M>(|       IMCi'.V      IKJ 

CAZtoiDK  <;iw)A  iiMiHJOoo'i-  nKni|>n  riiiii<i-nuvii(>-.-(|. 
(jAii  MAI  AU  iiipo'."  ."iiiin  ii(;a  -fpiiiiii  il)  a-.-(o  ni-|ico'|- 
ijctuc-  tpniiH  ne  ne.vc.  eKeipu  mai  ik-.-vaci  kiiaci-iiio 
nzeuïoov  eiiAMovov 

epe    iiAiiAA   nnoc   ctcovit  «-An    riAïKAioc   a-.(o 
npo  n(;(|iiAAAn  poKU  OMcr.-tioiu: 
6(1+  no'.'iioo-  fiTAio  mm  (iipïtuB  (iminriiAii()'.-(|.  xr^ 
v.pv:  iicrc  irio^T  gaujov  zn  ?toB  mu- 

epi:  ii?o  A(i  mure  cru)^sT  (:.\ii  iioTeipo  nrine- 

ooov  eBJOTt:  nnevpnuGeve  gboa  ïiati  iika? 

r:(|c.novAAïn    «+    n().'(|(OTO    eB<»A    fiiiAcoK    nmzBH'/H 

liOOOV. 

ncrc     iiAZApee     niievKnoc     THpov      niiu     ova 

OTlO^ytl    GBOA    n?HT()V 

equovTO  giiiooii  lire  ■f'l*v\ii  su  kao  [Pag.  po]  ère 
HAÏ  ne  TAïKAiocviiH  ini  TurKpATiA  (2)  nn  TnnTp(;<|- 
iyn.'MKiiovTc  un  niApeiH  Tiipo-i*. 

iiuo'i-   nxoov   nnp(U|Gpii()i>(;   zoirr-   a-.(()   iM;r- 

UOCTG      nilAlKAIOC      IIApilOBG.      Iicrc     I1AC«1)T«Î 

nne-l".-vn  miGcien^AA  a-.co  mi(;'.-«;pnoBe  ncri 

o.'on  mu  (nec.Miu;  t;pt)(|: 
Gcji'JAjxo  Gimo'.-  ii+'l".-\ii  MAI  or(;p(;  riKtiii-T  n;')A  i-tiuz 
DAKAiiponoui   oijoti  un  iikako  (-TeiBOA  un  iiBn-ro 
nATHKOTK.  un  npiuo  ."lA  (iiiG?  un  rivAA  nnoeBG- 


Ps.   XX.XIV. 


AA- 


IIA    .\A.V. 


GqA:u)  QiiAi    ?n    miipocoiioii    nrn    mai    GTKd)    Oïiitii 
«iiicrc    (;p(;     iii.v.iiAiiic    ("i/mi    +    nuuA(|.    iig(|ki(> 

(Il  >Is.  :  TipvilH.  —  C-t]  Ms.  :    TGKpA+IA- 

[21J 


24  REVUE    DE    l'orient    CHRÉTIEN. 

LiuooT    zn    iiexopoc    niiiAiiocTOAOc    en    nevnpo- 

conoii.  qeï  A6  eeoTU  ou  oriinpoconoii  nxe  iiexc- 

G<|:vcc)    niieiJTAV^ujiie    nuoq    z\Ta    miovaai    exBe 

iieqiio'i'  ATto  f;TBe  ovevnoiioiiii  iiii  ovuiitscu  — 

[Pag.  pi]  —  tope  nuipiuLie  eTAKUjiJiï,e  exBe  niioTTe. 

•f-2An    ntrc    un    iiexxi    Quoi    ntroiic   iji^e    un 

ueTuijye  uuuoi 

epe   nei^JAxe  (1)  Tooue   eneiipocoiion    iriui   uiahoc- 

TOAOC    un     UIACKHTHC    GVUIJ'JB    UU    nCATAUAc;     «îVe-f" 

nTBOHOiA  rinuovT<:. 

AUAï're  nov?ouAou  (2)  un  ovevpcL>u.  nrrtoovu 
6BoueiA    epoï    nto2T   novcHB  (3)   nrzoxnov 
unCiToov  eBOA  niieTOAiBc  ouoi 
eq+iiAeiu    eixu    uieonAou    mu    uuivptou    uu    uichb6 
ouiAvuAuic    npoq+uttipi.     uAi     6Tov:xoov     nuuoT 
eBOA  zna  uuovTe  eo-i-BoueiA  (4)  nuiAïKAioc 
AXic  eTA+vxH  xe  AuoK  ne  norctop. 
UAi  nesA(|  ne  fjnf  ouoq  nTQ  ncrc  xe  axic  eïA-l-iWH 
xe   AUOK    ne   noTCiop.    ère   uai   ne   se   +UAiscone 
un  nBouooc  (5) 

xe    (6)  AV2ton    epoi     noro-opo-c   (7)   enatiuxu 
enevTAKo 
eq:sco    Ouai    eoBe    nu    ctou^a    n+BoueiA-    equApA- 

KAAeï  niiuovre  62ovu 

(Pag.  pue.)  Ps.  xLiv.  v.  13. 
•  •  .  Ouka;. 


(1)  Ms.  :  nii^AXe.  —(2)  Ms.  :  euoTeouAou.  — (j)Ms.  :  euorcHB- 
—  (■i)  Ms.  :  6VBOUIOIA.  —  (5)  Ms.  :   n<J)OHOOC. 

(6)  Le  manuscrit  porte  xe  AT^UJUe  H  AVïton...  Cette  leçon  inex- 
plicable provient  certainement  d'une  faute  dans  la  dictée  ;  le  lecteur  aura  pro- 
noncé d'abord  AY^cono,  puis,  se  reprenant,  AV?u>n  ;  et  le  copiste  a 
transcrit  les  deux  mots. 

(")  M.  :  euov(vop(rc. 

[22] 


ÉCLAIRCISSEMENTS    DE    SAINT    ATHANASE    SLR    LES    PSAUMES.     25 

nTA<|,\n  iiAi  «:qTAiaeooi."j  iiiiiku  epctu)-."-  un  mai  iri  ,>n 
iiiLinTiioo-  «:«)-.i(),"n-  ;ll  nf'CKKMiciA  nrr  ikic  un 
iiH  ht;s(k>ii  neinc; 

iu;()()v    Tiipc)    (•T^'jutîpa    Onppo    nticcucdu    nc- 

(VOOA»;    n^UIIAOOV  nilOVB   '"2l  IV.U    nA-.r:IAVAM. 
nKOCUHCIC    IWp     nT«;    +«iKKAHGIA    O-.MOinOII     IM-.    A'.cn 

tiqzMM    eq+UAOïM    a»;    2iTn    iiia.okv.am    niHApnTii 

eîT^'IOBt;    »;ll(;'.'«;pir." 

ctniAA'i  n<;(jiniAp(H;iio(:  (iiippo  zuiAeo'.'  nuoc 
<;p«;  MAI  ne  mnoii  (iiui  nTA'.->cooq  se  cuiiAToprieii 
nuuAi|  ?n  iiuKAOOAO  TouOT  ono'c  onAMp  (3). 
ci+uAoïii  Ao  on  o+(;KKAiu;iA.  znn  tnApeeMoc  kata 
nAi  nTA'.-.\oo(j  xe  Aicr.rufT  a<;  nnApeiciA  nuturu 
novnApo(intH;  (1)  «jcovaab  nno-.'ïAi  no'.'tiir  (5) 
rioxc  (6) 

CHMAt3IH(3    nAK   n  lieT?ITOVlOC 

(Pag.  pn)  cenAnrov  ?n  ovioAnA  «nipin;  nnppo 

T,"(BJHîpn  (7l  TAp  nf^llApOf-nOC  (8)  ni;  f  (il'KpAIIA  (9) 
•|".-\n      O'.n     mu      fntirKpATC:'/»;     (lU)      nilOC     tiBOA     îû 

ripAgic    uni    nnonnpoii    cuniAOTOV    eeovu    ^loov. 
CUAiMtOIH;       A<;       nnCTOVMAmoV        020VII        novo'.- 

«hpocvnn  un  o'.-ovnocj  n;''A  utme 

enuA  nno-.'ùrro  a  ïonmipc  r)(i»n(;  nn  1 1 1). 

AVCO     TtiMAKAOlCTA     ClUOV     nAp\COn     HXCl      UKA? 

THpq 

OIHJIAM     A(JA:0()C     eTBHMTC     Se    ApopnUlB^     OnOVAAOC 

un  nAMHi  nnovïcoT-  «3mma  ri(;.\'A(|  nnovïoTC;  nyiopii 
«m;    ni(;Az    nu    ovn    nyjiipc    nA^yton*;    n»;.   H(;i."inp*; 

% 
(Il  M.  :    ev()-.-(();')T.  —  (-2)  M.  :  cno'/B-   —  (;Ji  I  Thessal.,  iv,  6.  — 
(4)  Ms.  :  6llOVnAp««HOC.  —  (5)  Ms.  :  enovtoT-  —  |6)  II  Cor.,  xi,  2. 

(7)  Ms.  :  T;*HH3pe  ;  la  leçon  Tî'J  Be(3pG  est  exigée  par  le  sens. 

(8)  11  faudrait  ■funTUApOGHOC,  selon  le  grec  et  le  contexte.  —  ^0)  Ms.  : 
erpA+A.  — <I0)  Ms.  :  erpATOve-  —(H)  un,  forme  du  moyen-égjptien. 

[23] 


?6  REVUE    DE    l'orient   CHRÉTIEN. 

AO  116  IIIAnOCTOAOC  eTOTAAB  llfl  II  lîVfOVUeiJOC 
flTC;    -heKKAHCIA.    UAÏ    HTAT^lOne    MAC    fl^HpC    AVB- 

Dcoov   TAp   nApvtoii    eiTu    rio'G    exo     mka?   THpq. 
KATA    oti    nTAtiynnc   xe    biok    nTern+CBio    nuize- 
eiJOG  THpov  (1). 
(Pag.    piiA)   tghoia]  ncGpnueere  Dno'-pAii  eireiioA  mu 

21     qOVOIie      BBOA      X6     2ITn      MAI      flTAVCeAITOV. 

eTB6    iiAi    n.vAoc    iiAegouoAoreï    niiovre    (2) 
^A  eiiee  Avto  ^a  eue? 
ncep  neKLieevG  nGXAq  Avtu  hgg+gbu)   iirGiioiA  mu. 

Ps.  XLv.     ue.  enxcoK  gboa  za  n^upe  riKope  ?a  iiGenn- 

ne+A\UOC    UAAA. 

Gpe  hgH'amjog  gtkh  eepAi  •f'UAGiii  enTco2u  nmeG- 
euoc  Avco  mioTse  gboa  Oiiixaxg  6T2Hn  un  ugv- 
ecorn   GeoTii  eu   niioBe  (3)  eneiAu  ag   nTAqxe  iiai 

ZUiC  6BO\  eiTII  UApABO.VH  AVCO  KAAtOC  AqXOOC  X6 
ne'l'AAUOG  GTBG  II  H  eT?Hn.  G'i'XlU  AG  nilAI  GTB6  116 
QTAVIIAZÏG    6nGXG.    U^OpU    UIAnOCTOAOC    116. 

(Pag.  pub)     n6iiiiovTG   uG    nGiiiiAnmor    atuj    Teiio-ou 
Avtu    uGiiBOHeoc    uG    ?n    ne.M'lMc    utat- 

TA?Oll    OUATG. 
6t)AtO    nilAÏ    GTBG    IIIAItOKUOG    flTAVÏtOOVIl    GXtOII    IIH 
GTïllll    un    un    GTOTOII?    GBOA 

GTBG   UAl   nmUApZOTG  AU   ZO    UTpG    KA?   i3TOpTp 

AV(o  nxG  nrooT  (4)  ucutuue  gboa- 

GTBG  XG  AIIKAAK  UAIl  nBOUBOC  UGSAq  TnilAKATA- 
(|>pUIIGI      ll^yiOpTp       UÏII      6TUA6I      CepAÏ      GACOU-      EO 

TApXU    niiGniA^^yGOGiiy  a   hkaz   Tupq   ^JTOpTp.  Gpe 

(Ij  Matth.,  xxviii,  17. 

(2)  Au  lieu  de  IIIIOVTG,  le  commentaire  suppose  UAK,  avec  le  grec  et 
les  autres  sources  sahidiques.  —(3)  Lire  iiovil,  abîme,  avec  le  grec.  — 
(4)  JIs.   :  UTn TOOV   . 

[24] 


ÉCLAIRCISSEMENTS    DE    SAINT    ATHANASE   SUR   LES    PSAUMES.     27 

MAI  (:t;'M)()ii  ^n  iiiriTATiiAeTn  t<oo-.-ii  nnoo-.'  (-epAi. 

«;,\n    IIM    nTAViri«;l(;VI3    (în(:ITA,"JO()«:l^ 

AO'.Mo.-j  (■r><)\  ?n  n;iir  noA.vAcca  (1)  A'i'ti)  av;h- 

•rC)(>T|>    IKI'I    I-'    IICCIII»)'.- 

ti<j,"iAXH  (îiiiiiovii  (3)  xe  mzHT  nrc:  «ia.\a<;(;a-  nroov 
Ac;  ik;  iiiA'.maiik:  nrc  mamaikiugiioc.  ïjoc  o'/ii 
(r."iiAii()-.A(;    niJAAiiKoiiioii    (u  1 1  iio'.'!  I  -    A."  ro'.iiovi; 

n^CilllOMUIOC     lll     CepAÏ     1:A'((1M      A.\.\A     lir  1 1 1 1  A|>e()TU 
AU     eAOll     nilAI     O'i'IIIIK;-      IlIllOO'.'     A<:     Ht;      IIIIIMM^'IO 

[Pag.  pur]  eT2U  uiAAiudiuiou-  uai  n  rA«|;»iTpTopc»v 
noi  niTA;'H:0(;i."i  zn)c  ovïuJB  fscjo  n;*juua  «poov  tui. 
A  fiToo'i-  x'jToprp  eu  TeKooii  (ij) 
A     T<roii     ii(3XAq     Drui     t3TovTA."jeot;i"j      Duoq     kiu 

nuiAAIU(UUIOU  (6)  HAKABAprOU-    UAI    GTXlCd    DUUUV 
eVOVOUe  GBOA  DntîGUOT   nuiToov. 

OuAnuooue    (7)    nuinppo    uA(;v(t>pAuo    nxiio- 
Aic  (8)  Onoiuiovi  «i 
equovxe    eniuouoc    (9)    xn     iiippo     uai     «ii+ovuoq 
n+eKKAMciA  nmio-,  Tf; 

A  nersocfi  tbbg  nequAfii^cout; 
qovAAB  TAp  ncsAq  nqunTou  Quoq  zn  uerovAAB 

niIOVTC    IIABOIIOIA   npOC    IIIIIIAV    lieTOOVO  (10) 
(MIIIAGIUC:    (:ll(;ilipOCOII(>ll     flTK    +(:KKAU(;IA.    HXn     IIGC- 

îTrovueiioc   uai   «vu  triio'.-   (ui+d'ou  ua'.-  firpir.— 

(1)  Le  sabidique  coupe  ces  versets  comme  ^<  et  rattache  •  in  cor  maris  •  à 
•  sonuerunt  •;  mais  le  texte  glosé  par  Athanase  ijtail  coupé  comme  le  texte 
commun.  

(2)  Ms.  :  UCeV.  —(3)  M.  :  eilfilIlUVIl.  —  (1)  -M.  :  IIZlIIIOAGUOC 
—  (5)  La  leçon  TeKcroiJ  est  particulière  au  psautier  sahidiquc  —  (6)  M.  : 
eillAAIUtUUIOII. 

(7)  La  leçon  flUAnuonilOt  ports,  est  propre  au  sahidique;  elle  provient 
d'une  confusion  entre  6p(ir,|ta-:«,  de  ipiiioj,  s'élancer  et  ôp|i^|ixTx,  de  opiu'u, 
mouiller,  entrer  au  port. 

(8)  Ms.  :   en   TflOMC  —  lO)  .M.  :  GII6IUOUOC. 

(10)  Ce  texte  suppose  la  leçon  ^orflrfss.:...  ■:(f  upb;  spioi.  La  glose  suppose  une 
leçon  combinée  :  ^orfirtati...  tû>  nso<TÛi;t|>  npuii. 

[25] 


28  REVUE    DE    l'orient    CHRÉTIEN. 

o^ycrOCTOu  euui^e  exo  riiTa^eoei^-  ûniiAV 
iieToove  A6  ne  niiiAV  iiïAqTtoovii  eBo.v  zn  ueT- 
iioovr.     ipag.    piia]    ?Ci     nTpeqovcoiiz    gboa    niiH 

GT^OOII  un  IKVpiA  AqXA^eoei^  HAV  AVCO  A(|iiovxe 
IIGABOA    rilKX)/    IIUIITCTUIB    IHLI. 

A  neeBiioc  ^xopip  a  iiuiiTppo  piKe 
A  HeROiioc  ^aToprp  nexAq  h  Avui^e  ovBe  •feKKAHCiA. 

A.VAA   A    HKjpUJO'i'    piKe    AVCO   AVRIOT 

Aqt  nTeqciiH  avcu  a  nKA2  kiu 
+CUH  ne  n^Ase  rmievArreAion 


no"c    nno"ou   nuuAn-  neupeq^onen   epoq   ne 
nnovxe  niAKcuB-  aia+aaua. 
mxpo    uTAq^ytone    nnixAxe    btzhii    qiiovxe    Ouoq 
ncABOA  Cinnovre 

AUHiTfl    AUAT    fiueeBHve    OnnovTe    ue^nnpe 
flTAqAAveiACi  nKA'^eqqi  nunoAVUoc  ^yA  ApHxq 
QnKAZ-  qnAOTtju,"jq  novniTC    nqzopBec-  0V20- 
nAon  un  overpioii  quApoKeov  en  ovkcozt. 
eci+UAeiu    e'fipunu     OTAC^ione    eiTQ     niXA^ieoeiis. 
eqsio   uuoc   se    a  noAeuoc    uiu    uixu    2isQ    nKA2. 
muAein  Ae  nre  hka2  ne  nevKiopq.  née  nxAqKcupq 
QnoAvuoc  mu. 
[Pag.  pne]     cpBe  uxerneiue  se  auok  ne  nnoTTe 

epTU  npcoue  CAp  TBBoq  caboa  npoov^   mu  quAe^- 
O'Ooou  AU  ncoven  nuovre  noe  eTe^4iye 
•fuAxice  en  neeeuoc  •fuAsice  eo  uKAe 
equ),"j  UAV  nuAUAexe  oniTA^eoei^  OTAq^ione  esa 
meeouoc  THpov- 

no-c    nnovTe   'nno-ou    nuuAu    nenpeq^onen 
epu(|  ne  unovxe  uiakoub- 
nTAqovee  nfevxApicTiA  Onueecn  cuat 

Ps.  XLVi.      iir^.  enxcoK  bboa-  ne+AAuoc  2a  n^upe  nnope- 

[261 


ÉCLAIRCISSEMENTS   DE    SAINT  ATIIANASE   SUR    I.ES    PSAUMES.     20 

«;«|,\u)  miiciIa.mioc  ?ri  iiciipocoiioii  ni»;  iiiamoctoacic 
ev+ciuo  nmetioiinc  kxiboti:  ^iin  eiJiizBiivo  hiia- 
novt)'i-  (;.\n  iicvpo  irrA<|."uoii(;  miiAAiiioiiioii 
nooov 

neeeuuc  Tupov  aak  nin-rntrix- 

i-T«-  iiAi  iw.  XV.  A|)ie(()r>  uztuizBirrv:  iiawovov 

f  AO'.'.VAI    nilllOVTO    zn    OVepOOV    IIT«;MI.\ 

riti  (;;ma()-.\ai  ik;  +(t)AM  uxn  iioixp*»  (|<)V«-e(:A?iiR 
ovii  niii;(3()ii(>(:  nA(o  n<)-.-(oAii  «:,\n  miaviiauic  nro 
nAtiAïKiiieiioc 

xe  ncrc  xoce  a-.-co  oveorc;  ne 

(|XOf:(-  imil  RTBR  TG<|6KKAHCIA  OVeOTO  116  6X0  HfH\- 
AAA(;. 

Pag.  piiï.]     ovnocr  iippo  in-;  6.\ri  iika?  -riipq 

IIIA&IUOIJIOII     n6XAq     rinOdHpoil     >lAAllAeT6     Ail     llK(i- 

cori  (1)  ziso  nKAZ- 

AiiHBBio  nii.vAOf:  iiAii  A'.-io  ne6eiJoo  ?A  I16ll<»'r- 

OpHTO 
r,CpA;'J6     GXfl      IIITAK)     flTA     n\0     TAA'.'     IIAV.     ACI^f     IIAV 

o+egovciA  nectiii  (;.\n  iii?<)(|  un  iiiooze.  avu)  Aqrpe 

IIIZ(:OIIO(:    nnOIIHpOII    OBBIO    ZA    ll6V()V6pHT6  (2) 
A(|<;(OTIl    IIAII    «;T(;(JKMip(HI<)lllA 
AV«)  A;y   TG   'f'K.MipOIIOIIIA    lITti   fUJC  6IIIIITI  (3)  TAI   IITA 

ncrc  xooc.  iia(|  xh  nAïf  nuoi  ta+  iiak  nnzuouoc  (4) 

nTeKK.VHpOIIOlllA  (5) 

MAIIAI    niAKlOB    IIOIITA(|IJ6piTC.  AIA+AA. 
(lAHAI     niAK(()B     ik;     Il  I M  p()<J>H  +  MC   iCi)   ZA    IlieeOIIOC     TAÏ 

iiTA(j.\()i)»:    OTBiiHTc    A»;    m()t|     ii6T6pc;     flïeeiioc 
frco^sT  eBOA  eenxq  (7). 
TAI   oii    T«;    TU    nTA<|iM;piTc    n«)i    Mil    nrA(|+    htocj- 

(1)  Ms.  :  IIKAICOn.  —  (2>  Ms-  :  UGIlOVepHTe.  —  (3)  Ms.  :  fil 
eiUHTfil.  —  (4)  Ps.  Il,  V.  8;  Ms.  :  6ll6ll26eilUC-  —  (5)  Ms.  :  IITeKAV- 
poMOUiA-  —  (6)  Sic;  lire  iipo4>n+A-  —  ('>  Genèse,  xux,  10. 

[27] 


30  REVUE    DE   l'orient    CHRÉTIEN. 

•I'/Vii     ïApoc    TAi    OU     nesAq    to    tai    nTAqcoTnc 
AV(()  AquepiTC 

A  iiiioTTe  BioK  eepAi  Zll  ov.votaaï 
t;(|+iiA«;iii    2ITII    haï    eTcriimtoK    fixe    ncrc    eepAi"    ?n 
Qimvn  (1) 

litre  en  ovepoov  ncAMurï, 
equovTe    eiiicuov    nre    iiiAiTe.\oc    nTAVBLOK    oepAi 

nULIAq    se    GUH    nCAAIIII'ï, 

Ps.  cxii,  9. 

Pag.  (jjr)  [Ac^a)]ne  Ae  nuAv  nre  2eii[uHH3e  (2)  n^HpeJ 
en  ov(-;v(J)pocviiH. 
A    Mec[3Hpe     TAp]     ovxAi     eirn     TnicTio     e2ov[ii 

en  exe] 
nTAqïe  RAI  AH  eqntopA-  nuoc  eBO\  nTCViiAriorH(3):ve 
Dneeoviioq  [ouoc]  exuuAV  eacn    uee^Hpe  etoe 

n[TAVTA]AC    6TOOTq    OnTAKO 
Ps.   CXIII.  pir-    AAAHAOTIA.    TGXOpiA 

eqeHUAiie  ?Q  niKeovA  nniTcueu  (4)  on  oveBco  nre 
un  CTiiAovxAi  erpeveiLie  on  e+AiAoïiKn  (5)  nre 
iyopn-  .-ve  ta  iinovre  xe  avcu  xi'=  nxA  niora^Ai 
me  niAAoc  x'Jtone  bboa  eiTD  iniovre. 

20   m  eBo\  nniH.v  en   nunne.  nni  oiakoib   bbo.v 

en    OVAAOC    nBApBApOC-    A   AIOVAAIA  ^'JlUlie    IIAq 

nrBBo  AI1IIIA  epsoeic  epoe-  a  OAAAecA  (6)  ijat 
AencoT  A  niopAAiine  Koxq  enAeoT- 
Oneovoeiy  nexAq  n-PA  iiiha  eppuee  gbo.v  en  tuijt- 
eoeAA  nnipunKHue.  Tore  a  niKAe  nxe  aiotaaia 
^lone  iiA(|  OuAnTBBO.  eqAiiAexe  nxo  ninA  uAVAAq 
(aaaa  [Pag.  iia]  xenjov  nexAq  a  nieuoT  iitup^y  [eBOA 
esn  nnjieeenoe  mpor. 

(1)  Ms.  :  en  niinre.  —  (2)  Ms.  :  eDunn^e.  —  (3)  Ms.  :  cnnA- 

rUJI-H.  —  {4)Ms.  :  neiTCUeU.   —  (5)  Ms.  :  AIAOTKH.   —  (6)eAAACGA 

sans  article,  les  coptes  croyant  lire  l'équivalent  de  xeAAAGCA. 

[28] 


ÉCLAIRCISSEMKNTS    HE    SAINT    ATIIANASE    SIR    LES    PSAUMES.      31 
PS.    CXIV.  [pi-V].    A\.VM.\<)-.IA 

(:(|<:miiaii(-:   en    MAI    niiiAi-(i)ii    nru    mai    (iTiio(i;MC!    ?n 

■IIIOMTIA    (1)     ni(;     ll(:-.AIT«;AIOII-     llll     IIIApO     nTA(|- 
:_'HC)I1(:    IIAV    KATA    IIIIO'.'TC:.    llll    IHiKAOll    (;T()'.MI  A.V  l'itj 

eA  ijfiv?i(:H. 

Alll(;|>(:     MAI     AC    A    HOC    ('.(O-rD    (:M(;'(>|)()0'.'    rillACOIIC 
XV:    A(||>(:KT    ll(:(|IIAA.\(3    (3pOI 

A'.uo  mil  ii(;  n  rA(|ii(:|)iT(|  ncA  non  miovxj;  ?ri  nr;<|?iiT 
Tii|)(|  un  -n:(|()'()ii  'l'iipc  A'.'ii)  A(|(:u)'i'n  npoc)  iA 
HBOKo  Dnuque 

■f"UAUj^  nepAi  f;p«)(|  ?n  iiAeoo'/ 

AVtl)  A^'l  IH!  IKieoOV  flCA  1 1  (:l  Al  (Ol  I .  O I  mviK;i;'i  niA 
T(;C|-|".-\II    KIIIAVIHiVfi  (2) 

A.AIIA?T«;      nilOI       nO'l      flMAAKC;      nilM<»0'.'.       IIKIII" 

Aviioc   nAiiinn   a-.ta^oi.   Aurnie  novo.vH'ic; 
un  OTUOZKC  (3).  Aicoiy  eepai  entre- 
Pag.  [iie^    e(|«)'iMoii?    (-roa    niiu»M-l-i(;    flTA'.'KtoTO    «-pcnj 

KTBI3     T(i<|UnTp(H|,")0,"J(;     IIIIO'/T»;-     IIAI     (3qUO'.\l<; 

nuoov  yo    ohaak»:'   nre    nuov    un    [nKiiiAviioc 

OAuiireJ  un  hioai-Imc  un  [uiuozkc-  aaaa  (jboa  20] 

iiTpeqTtoB2  niurc  [eqsoop  eepAi  oxn]  (4)  Duov 

■riipov.    «;TBf:    MAI    |^ec|,\n)    fliiof;    ?n    n];'U)pn    xv. 

Aiiiopn  MAI  x(i  A(p:ci)Tri  n<n  lurc  «îtocuii  OiiA+eo. 

co   noc    IIR2II    TA-|-v\ii.    AVJti  (5)  ovAiKAioc   ne 

noc  Avco  iiennovTO  ••ja<|iia. 

zn    riTpeqyi  epAi   a»;   epAi  ?n    iiAeoo'.-   An(t)i>ï   niinq- 

(|TAiio  nnon  Oii(3iijA  A«i  nTA<|co."j  «BOA  oa."!  n-;<5(6). 

(MiiiiTi    (7)    «;Tpn(|A"ooc    a(;    <o    iicvc    ne?ii   ta'I'vxm. 

(1)  Ms.  :  TMOAVTIA.  —  ri:  Ms.  :  K'.'ii  A VIICTO.  —  (3)  Il  faut  sans  doute 
lire  uoK^c.  —  (t)  Restitution  d'après  le  grec  des  Clialnes;  on  peut  supposer 
aussi  eqTAA'pir."  OA'n.  —  (5)  La  conjonction  AVU)  permet  de  penser 
que  le  mot  iiaU'I'  =  è/ctiiiuv  doit  être  tombé  par  accident.  —  161  Ms.  : 
enAjynze.  —  (7)  Ms.  :  eieiinrei' 

[29] 


32  REVUE   DE   l'orient   CHRÉTIEN. 

fiTAixe   MAI   Ae  zuicei   eeiue   nesAq  xe   quactoTO 

«iptll    eCOC    HAUT 

ntrc     neT2Ap62     n^yMpeKovi.      aiobbioi    avco 

AqTO'i'a:oi.  

eq:yA:se  eue  nTA-rxnoov  OKecon   (1)  eo   nexc-  2itO 
niiiiiA  eTOVAAB.  ye  m^HpeKovi 

A   TA+TXH    KTOC    eOTDTOM    (2) 

Pag.  [ûï.]  [eq^'JAxe  6iiiu]aiiutoii  e.rzO  nsice  [uai  erov 

iiaxitIot  OBOKe  no-i  iiex  [(3) se]  neqDroH 

se  A  iirrc  p  nnsTiiAiaorq  maii-  Aqweeu  taH-v\h 

eBOA  eo   nuov.  iiabaa  gboa  2D  ripiue-  HAove- 

pHTe  enecAAATe- 

«ui^'JAxe  enecAAATe  nniioBe  haï  eTeqpzore  ZATeqen 

uHnioc  nreqee  eepAi  epoq.  Aqtoxii  Ae  zitO  zeiip- 

iiGioove    (4)   eqAit    nncoT    nroorq    Onuov.    exBe 

haï  a  iieqorepHTH.  ère  haï  ne  to-muoo^ye  OTeq- 

■hvx'H.   eA?epATOT  en  ovspo  kata  riHovre   Avpr.A- 

ll^tOI    nCAAATO    HIU- 

+iiApAiiAq  uiurc  zn  Textup*  niieToii2 
eq^AxeeoieAHii  nrne  xe  xexcopA  nneToiiZTAi  eTepe 
MeTAKtomï.e  kata  niiovTe  ecoc  eAVxpo  en  orun- 
TcioTn   iiActuTQ   efciiH    nenTc  xe  kaacoc    neOeAA 

BTUAIIOVq    AVCO    nniGTOC 

Ps.   CXVl.  (piï.)    AAAHAOVIA 

neeouoc  THpov  cuot  enoc  nAAOc  Tupov  cuor 

epoq   xe  a   neqiiA  TAXpo  eepAi   excoH  atio 

Tiie  Lino-c  ^oon  jyA  eiiee  niiee 

Pag.   [iiï.]    ineeoiioc    (5)    nexAq    iiaa[-    .  •    au    •    -J    (6) 

e+o'iouior      n+uuie     eiuuTi     xe     a     uua     nTe 

nuovTC  xpo  eueuuoBe. 

■  (1)  Ms.  :  UKAIcon-  —  (-2)  Us.  :  evOTOU.  —  (3)  Mot  brouillé  illisible  : 
ueTpTi,  de  +,  combat(î)—  (4)  M.  :  enpueioore.  —  (5)  Ms.  :  uei- 
eeouoc  —  (6)  L'état  du  manuscrit  ne  me  suggère  aucune  restitution  qui 
s'impose;  la  lacune  peut  porter  sur  huit  lettre.s. 

130] 


ÉCLAIRCISSEMENTS    DE   SAINT   ATIIANASE    SLR    LES    l'SAL.MES.     33 
Ps.    CXVII.  pu.-    A  \  Ml  \<)-.IA- 

eqTCABO  nm.VAoc:  nK|>p<:  un  (it.-'iooii  ciio.v  ïfi  iiiio'.-aai 
iiii  inecioiioc  AU  tj^y.-jc;  i-poo'.'  ucoiic  no'.'iioiMiiA 
no'.dif  (ïic  miovT»;  iiAoï-oc  ik;  iiai  n  rA(|;"i(()ii(: 
nptoiic-  A'.'<i)  n(;(;,"nii(;  ncA  'iMuinoiiniA  ikv'.'aa<|  ^n 
nevo6i,"i  iiiic'.WKoriioc  (1 1  (i(|iio'.'A(;  Dcaiiox  nii<)«| 
nBoiioiA     iiiti     npioLie.     uqxMn/uor     inooiii     n.\n 

m,\pC).    AVlt)    nTC:<|AIT(il    nilKOT    nillApiiTII    <;An     MAI 
Tlipd'.-      {"rJUIO-.-CDIie      «3Bt).\      IIIKIC      riAI      flf  A'.ll()-i-T«; 

(=p(><l  Ac  coiit:-  MAI  nTA'i'(:o;vc|  n<ri  mai  jriKcoi-.  luvi 

A<|iyn)MC  (-o'.aik;  riKou;- 

ovtoH?  (:B().\  iiiurn  sa  ovxc  ne-  sa  o.'î'JAeiie? 
ne  ii(;(|iiA-  iiAp»;  iiMi  iiniiiA  a(>o«j  AO  ova- 
l'Atxu;    M(;    A(;    ^y.•ylAr.\l^y^    ii<;    nuqiiA.    iiApu 

IIMI  IIAA|)(()II  l2)  AOOC  A«';  OV;'IA(;IH;?  I U  j 
ll(U|IIA.        IIApt;       O'.'OII        mil        «;Tpe<JT(;        (;2MT(| 

uncvc  AOOC  AO  ovj'iAeuee  no  ncqiiA- 

Pag.    [llH       ni1AlljqAp\(:l      fi+egOUO.VOl'HCIC     (|0'."(;?CA2II(3 

mm  n  rA'.TA?ii<)'.-  nmTA."M;OGi;y  nrc  tmr.-AiM'«3Aioii 

AUO''J    ("ipAI    OnO'G    2(1    O'.'OM'riC-    AtpxoTn    (ipoi 

eovovioiyc  (3)  cboa.  iio'c  ne  nABOHooc  -f-MA- 
peoTi:  AH  A6  epe  pioue  iiApo.-  iiAi.  mrr;  m; 

RABOKOOC  +UAUe2niAT  nilAAAAG.  IIAIM»'.- 
IIA?T«;  KlUrC  l-;?0'i'  f:IIA?T<:  HpdllH;-  IIAIH)'." 
KA'^'I'IIK        «:IIOT.       neO'/       (;KA2TIIK       (;Ap\<OII-       A 

necoiioc  iMpo'.-  K(OTe  epoi  Aiiioopov  en 
iipAii  imoc  A.-K(or(;  (;poi  iioo  DetsiiAB  (1) 
eHoqiio  eovuov.ve  (5j  av<o  avuov?  non 
neniiKcoer  i6)  ?n  ?(;ii;*)oiiTe  (7)  AiBoopov  ^n 
iipAii    uiioc;.   AVTooinrr  erpAee   avio  aiio<; 

ili.  Ms.  :   AKOKIIOC-  —  {2)  Ms.  :  GAApiOU-  —  (3)  Ms.  :  evo'.«l>;H(;. 

—  (4)   Ms.   ;    ïnAll-    —    (5)    Ms.    :    evilOVAe-  —   (6)    Ms.    ;    eOKCoeT. 

—  (7)  .Ms.  :  în^soine. 

&l] 

ORIEMT   CIIRÉTIEX.  3 


34  REVUE    DE    l'orient    CHRÉTIEN. 

frooT.  Tatroii  avu)  iiacuov  ne  ncrc  aq^co 

Pag.  [lie]     ne.  mai  hovxai  (D- 

neiCTIXOC    HTKM     MAtl    V.ZpAl    TAUO     DUOIJ    e?tUB    CIIAV- 

xe  ?ot  ne  eTpe  zenoArlic;  ."icone  nnn  eTnicrcre 
KATA  ne  nTAVXooc)  xe  eK^'JAiit  omokovoi  e  epzDZAA 
ïinoG  cBie  reK-KxH  ezennipACuoc  (2).  avuj  e^^e 
en  H  eTzexzuiX  eroto^y  ezpAi  ovBeKe  (3)  ova  eiuHTi 
noG  iiAi  RTMAenie  ntoAific  eovorcojyc  oboa- 
•rniiAXi  lAp  neennoo-  nBeue  enuA  nzenKovi  nzice. 
rieepoov  oiiTeAMA  un  novsAi  zn  neuAn^tone 

nOAlKAIOC 

2UJC  eAVTAKo  noi  MiXAse  erenn  nn  nii  erepAKOKei 
ncA  MiAAor.  nre  niiovre.  kata  ovoeijy  nAïKAioc 
niiHCA  MAI  ncnc(()Tn  meciiH  nmexHA  Avto  en 
KOUA  AU  einiiTi  MuiAn.v'Jione  nxe  uiaikaioc  ère 
UAi'  ne  MieKKAMciA  (4)  fixe  ne\G 

A     TOVMAU     UnOG    XACTOV    A     TOVHAU     UMOC     p 

ovcron 
Pag.  [7\)  TAi    re  fcun  nre  uTeAiiA  mAc^tune  en  ten- 
KAHCiA  eTpev2()m)Aoi-ei    Oiu)<|     xe   firou    uavaao 
nre   nrrc    re  nxAGnoveu    nneTAKU)niï.e  avu)   m-AC 

MAÏMOV     Ail     UAVAACI     AAAA     eTpeVOVlOII?     eBOA     OU 

evxoce- 

ntiiAnov  AU  AAAA  tiiAcuiie  ^Aiitxio  nuezENve 

Il  11 (VC 

TAi  re  cun  nre  ovoii  mu  eToviiAAituKei  nuov  kata 
oToei>y  eirn  iiiXAse  nTe  teKKAMCiA  e^MAvetonT 
enuov  iiAi  e^yAVTAxpo  iiîht  se  ceuAione  on  AVto 
xe  ceiiAovto2  exn  iieveoov  eTpevovtoiie  eBOA 
niiei2Bnve  otb  no-c  nn  e-rfi   ubbaa  iiav  epoov  en 

llUVIiAA 

(1)  M.  :  eworSAI  ;  on  peut  aussi  lire  eOTXAI,  in  salutem.  —  (2)  Ms.  : 
en  inpAenoc.  —  (3j  Ms.  :  BeKAi-  —{4)  Ms.  :  iieieKK.wciA. 

132] 


ÉCLAIRCISSEMENTS    DE    SAINT   ATIIANASE   SUR   LES   PSAUMES.     35 
in     ()'.'+«;ii(l)    A    IIO-C    "fcBlO     IIAI     A-.<0     rill(:(|  I  ,\AT 

eTO()T(|  r-imo-.-. 
nni;'jA.\(i  taiio  niioii  xu  ova»;  iiiAiciiruoc  e,"iA(|."i<oiifl 

AU     (ilIIKiT.-SO-.M-IT     II     «;ilAIII.VII-     AAAA     GTECi     OVCIHd 
KATA    nTAV,\C)()(J  (1)   AO    ilKTOpr:    I UFC    ll«j    nil(»C|   ^'lAC)- 

+r.Bui   iiA(|.  A-.(o  on   ,\«-   :  n-.tzAii   npoii    uiioa  eirtl 

turc-  ev+ciKo  iiam  a»; 

Ps.  cxviii,  V.  80. 

[eiiToJAii    flTu    iiipiouc    tiio    (;(J^yAAU    (;iiic()(|>o(:    nio 
neieiicz 

zeiiue  (2)  no  iiokdtomi    iiipo-.-.   a-.ikot    ni:u)i 

en     (»'."AIH()-()tl(;     BOIIOIA     «;()()|.      IKVpA      tl'i'KOVI 

A-.T>(»Tr   tU\n.\    i-n    IIKA^    AIIOK    A»;    niM;IK(()   flfMOI 

niK-KflTOAII. 

MAlAllyOI     KATA    I1(;KIIA   A'.((1    +IIA2Apn2    niiriT- 

iinrpc  niMSKTAiipo. 
<;(|r,o()vii  ai;  (;(|iiaai  riniAïKiiA  (3)  ine  iiii  nTAv.-iioriG 
riuo(|  en  muAn+zAii  niti  imovre-  avkj  <|ciiovAAï.e 
eiJAv  c-neovoei^  erriiiAV. 

iio«;  m-K^'JAAti  iimi  «boa  ?n  tik;  ."ja  cime  a-.md 
TeKue  ^JA  ovAUJii  un  <)'.a({)ii-  AKcuncnre 
riiiiKA?    A  .•<()    (|iiiiii    <HU)A    ^^l    iioKTcoiy.    ar 

IIGK^nZAA    TlipOV    IM;- 

^n    riTpe(|iy(t)ne  zn  ovripoKonii  a(|A(()   Aoinoti    niii- 

.VOI'MA     fiTAOCfi.     A(|(;ip<;      rilllHMi'.M;      H 1 1 1  AOl'OC      flTe 

iiMOT  (JTiiHii  nr.oA  zinr.  fujAH)  iiikic  a(i  ?n  rnïovRire 

ll<H|;>i()()ll    nO-i    ii;"IAAr;.    A'.HO    (it|lp(3    nilU(;(;V<;    n+O-lll- 

p;((>B   nrf;   iiiKociion.  HCjAto   niicx:  en  (l'.'foiie  ov.nx 

XG    :    IIICCOIIT    Tlip<|    IHJKeOeAA    IH5. 

nCAr.M.V  IICKIIOIKX:  VIOOII  IIAI  nilGAeTA-  II6IIIA- 
TAKO     ll(;     ?ri      IIAOBBIO.     n'fll  ApiHOB^^J     Ail      ."JA 


(l)  Ms.  :  KATiinTA-.-A()n(|. 

Xei    llll(;IA«;IKI.A- 


-  1:1    .Ms.   :  eniU;.   —  (3)  Ms.  :  fK|IIA- 
[33] 


36  REVUE    DE    l'orient    CHRÉTIEN. 

eiiez    niieKAïKAuuiiA    xn     niAKTAiieoi    noc 
nenTov. 
2fi  nxpfjvei  eeovii  epoi  n6a:A(|  niri  iiiuoKueii  eeoov 
Avto   nroT+ovBHi    ficn    iiiaviiauic    fiTe    haiiaiki- 

IICIIOC     IICIIIATAKO     ne     «BMAAt;   A    lieKIlOUOC    ^COn6 

iiAi  niAA:|)() 

Aiir  nuiK   ntrc  uatovxoi  ag  Ai^iiie  ncA  iieu- 

AIKAHOIIA       A       np6(|pilOBO       2TIU)UIUH        epOl 
eXAKOl 

Ai^iOK   lie    nc=K2ri2A.\    rieAAq    a'/u)   aiiok    ne    neK^npe 

KATA   O'reUOT   AIIOK    [ne]    lieKp6<|^'JÛ^(; 

n Novell  16  eiieuuiiTuuTpe 

Aieiue  eiieKunTuinpe  ne>;A(| 

(Pag.  cm).  Ps.  cxxxiv,  v.  6. 

eqxto  Ae  riiiAi  eneiAit  iiioA.VAecA  ccïKcore  iika?  Tiipq 

cABo.\.     MAI     eTe()eme    niiiKAoo.ve    eepAi    neHTOv 

AqKA  iieBpiio-e  eoveiooT 

ii+ee   ou  oviiAeiii   ne   nre  to-oii   nre  TequOTiiovre 

xe    ;yA(|rpe    iiiiioov    uovxr    un    niKtoer   ?ri    +eq- 

piiQ-e  (1). 

ueiiTA(|ii  nirrnv  eBo.v  en  iievAecotop 
qoTtoii?  eBo.\  nTc|)vciG  niiiTiiv  nAiTAîoc  (2)  enn 
nipioue.  enii  niAïtotop-  epe  iiai  rirrcun  enn  iiia 
lurc  xooq  Ae  neniiA  iiiBe  enuA  ereqovA^q  avio 
KruoTfi  eTe(|cuii  a.vaa  nreoovii  au  xe  irrAqei  tioii 
H  e(|iiA(3i    rton  (3) 

(Ps.  cxxxvni).  p.vn.  enxioK  eBo.v  ne'l'A.viioc    ii.vaa    uaï.a- 
KApiAc  ?ri  iiAtocope  eBO.\ 

nerl'AMioG  (4)   ueii  eveiiie   rnioq   eepAi  exO   nenpo- 

(1)  Ms.  :  lll+eqpilO-6.  —  (>'|  iMs.  :  (;nATTA?0(;.    —  (3)  Joh.,  m,  s.  — 
(4)  Ms.  :  iii-Ia.mkx;. 

[34] 


KCLAIRCISSEMKNTS    DK    SAINT   ATHAXASE   SUR    LES    PSAUMES.     37 

COIIOII     ni«;     Ï.AVApiAC     tif     (••.-."l  ()()  1 1     ^n     f  (;\IIAA(0<;IA 
nOI    ll(;."lll|>(;    nillMA   A'.'tO   (|IIUMA-.-    MOI    I  M;  1 1  |>(>(|>  I ITIIC 

<|(:A^Al    A«;     iiaii     nm-cuoT     nia     imovre    [Pâo"   •^'*'J 
(|i|>()o'.-;'j     k'Apoii     n^iri'(|.     a'.'cii     a'o    nptî    riiiovr»! 

<|I|>(K)'.',"I       IIA'.'AA((       Ail       OIIIIKV       (Il       THp(|       flO'.'COII 

novtoT   {'2).    AAAA    (;(|<|ip()()v"'j    OU    ?A    nova   mova 
ïtooAu   flTi:  Toiio'iiiKiii   lin  iniiiLiocr.-n  o(o  ?n  t(;(|- 

ll|)()IIOIA. 
(|p."MMipG    A(:  (>M    nii:'J(l)K^    ni  (H|()IK()IM>1IIA   llll    MTIO^II 
ntfi    III^UOIIOC    A'.'IO    (|()-.(()He    A(;     OH    (iBOA     llfAIIAI" 

AoriA  nTAt;,"ja)ii<;  niuuop  ïiin  ha  ihaaoc  n  ifi  iihia 

MAI     llipO'.'    (;^■CH^    .\(:    IIA'(OK    (ÏIIOA    nAAA- 

AIIAOO(i     A«:      no'.MIHHi'Jt:     00011      AO      lir|-AAIIOC     eTCZAI 

nfzti  e'.-iiir.'  oepAi  (-ati  nco'.-ofii;-!  n+oïKf)  un  nia 

nO'C       AKAOKIUAÏ.C       OLIOl-       AK  COVtOI  ICT.       OTOK 

AKCOV6II  TA(riM;iiooc  lin    rA(riiiT«oovii 

6(|THTn2HT    A(;    A<|AI     niMHAÏl»;     HIC;     ll(;\C    OTTAA'pHV 
AVtO   DnfiAiVAV    riKOllltOIIIA   ."ICOIIH    IIAt|    ZITO    'fMApA" 

iiouiA   HTO    HIAAOC    (^T^^^)^)^.•    (|f^()    (miii    nTA(|(:c()Hi- 
fiiKJTpn. 

AKOlUf;    (illAIIOKIit^K    TlipO'."    HHOVe 

(Pag.  ck)  e^xe  qcoo-.ii  noi  mio.'Te  niiKiu  niiiiioKU(;K. 
Hïovo  A<i  n(|j;oovH  niiieBHvo  erzn  imHtoiie- 

AKeOT?(]T    nTA?m    lin    TAVIBCO    A'.-CO   AKHA'.'    f-IIA- 

ïioo'.m;. 
o-.;'ii  iieiH  riLioo^e  eqnopA  e[BOA]  no  -fiiovuiBe  (3). 
eqA'io  Onoc  xe  [et|]coovii    niiiiioKueK   rnpov   hh 
[eq  iiAiioKii(':K  lin  hkvihkiii.  (Ujiiovi  u  ao  onizoove 

AC    KIU- 

A'e    un    Kpoq  ?n    HAAAC   OICeHHTG   flTOK    ilKeiU6- 

euoTnA^iono  un  n^cupn 

(llMs.  :  enenJA-  —  (2)  Ms.  :  f-HO'.-<or.  —  3    ,"IO'.'«obo,  autre  forme 
de  ^BCOBe  cordeau,  mesure  de  longueur. 


38  REVUE    DE    l'orient    CHRÉTIEN. 


«viiotr   iie^uB   ne   iu\i    iiaaa   xa    un    O'Oiic    eu    riAAAC 
ovAe  ueTiiov:x  (l)  ovAe  uiirpeqzAA  ovAe  npoq. 

flTOK    QTAKriAACCe    QUOI.    AKKA     flTeKCTIJC    ;I2^CUI 

et|TGABO  Quoii  ye  ,'ytvv\0|>vrn  ii+AuipAiA  irro  niniiA 

UTOVAAB    2ITII     HTAAC)    flcnï-     KATA   T6     flTA    IIIAnOC- 
lOAOC   +    riIllIA    eTOTAAB   ?ITll    HITAAO    flXe    lieVCTIX- 

Avp;'inHp(;  Cin(:KGOovii  uboa  fiiioi 
(Pag.  cka)     AqTAxpo  nt iiAei'Jcrcurou  ah  epoq 
eiiiABU)K  eTtoii  cjBOA  nneKniiA- 

OIIIABLOK   ertOII   BBOA   rin6K2o. 

ov+Liiiio  n(iTeq.\<ii  ûuoq.  xn  ovii  eeiiKe  UHH^e  iizcob 

riLiA'i"  niAv^tone  luvq  gboa  ?itu  iiiioTTe-  mai  exe 

un  crou  OLioq  eeme  epooT.  ceo  rAp  nnocr  erAO-ou 

nesAq  A'/to  cgoviiv  gboa  CTpiTAeoov  n  GipiGiue 

GpOOT.     lin     G+IJAXOV     fAp    TlipOV    CGO    nKOVI     AVIO 
nGAA\iGTOII    GBOA    eiTII     TO-OU    flTG    nilOTTG-    A    nGK" 

coovii  l'Ap  nioT  nrooTi)  nrAuiiTGAAXiGTon. 

GI^AnBtOK    GepAÏ   GTUG    KIlUA'i' 
epG     IIAÏ    TilTUJII    GHH     IITAVXOoq    SG    THG     HG     riAOpO" 
11  OC-    riKA?-. 

GI,"JAnBlOK    GIIGCHT    6AUIITG    KIIIIIIAI 
G(|ripO(|)HIG*i-G    GTB6     TO'IIIBtOK     GnGGliT     GAIIHIG     llTG 
riOG. 

Gi^AHSi   niiATir;   nniiAv   n^topii-   taovioz  ?ii 

Apii:X    nOAAAGCA-    KAÏ    IWp   TGKO-IX    OlIAV    AVlO 
TGKOVIIAII    IIASIU06IT    eiHT    OG^yO^CnT. 

(1)  UGTIIOVX  est  une  forme  bohairique,  pour  le  sali.  UMTIIOVX- 


[36] 


ÉCLAIRCISSEMENTS    DE    SAINT   ATIIANASE   SUR    LES    PSAUMES.     39 


TliADlTTIùN 

[Pag.  -17]   PSALMCS   XV,   V.    11  c. 

...  requies  qiiae  est  in  ile.xiera  tua  in  aeternum 
Significat  ,in  lioo  gaudiuin  et  Celicilateni  quae  contingent 
sanctis  postquamrevixerint  denuo  tempore  resurrectionis, 
gaudium  ot  l'eliiitatem  incorruptibilitatis  quam  accipient  a 
Domino  nostru  Jesu  Cliristo:  ipse  enim  e.st  dexteia  l'atris. 
Et  quod  Veritas  sit  hic  sermo,  nianifestum  est  ex  lioc  quod 
dictum  est  :  Qui  reformabit  corpus  huniilitatis  nostrae  in 
similitudinem  corporis  gloriae  suae. 

PSAL.MLS    XVI.    —    OrATIO    DaVID. 

Dicit  hune  psalrauni  ex  persona  hominis  perfecti  et  secun- 
dum  Deum. 

Domine  exaudi  justitiani  meani  attende  ad  oiationem 
meam . 
Hic  sermo  plenus  e.st  magna  confidentia. 

Audi  precera  meam  in  labiis  non  dolosis. 
Non  audit  enim  Deus  orationem  venieiitem  a  labiis  dolosis, 
sed  illam   exaudit  quae  venit  a  lingua  sancta  et  edocta 
loqui  sermones  sanctos. 
[Pag.    IS]  Judieium  meum  veniat  mihi  in  eonspectu  tuo,  oculi 
mei  videant  aequitatem.  Probasti  cor  meum,  visi- 
tasti  me  nocte. 
Orat  manifeste  ut  Unigcnitus  sit  ei  judex. 

Igne  explorasti  me  nec   invenisti  iniquitateiu  m  nie. 
invocat  justum  judieium  Filii,  in  quo  judicavit. 

Quoniam  non  Inquetur  os  meum  opeia  honiinum. 
Praecavet  enim  usque  adeo,  ne  loquatur  ulluin  \erbum  qund 
sit    humanitatis,  quod  sit  corruptibile,  sed  confortât  se 
usque  ad  pauea  verba. 

Propter  verba  labiorum  tuorum  custodivi  vias  duras. 
Propter  mandata  tua,  inquit,  iniravi  per  portam  angu^tam 
et  arctam. 

Paravi    gressus    meos    in    viis   tuis.    ne  moveantur 


[37] 


40  REVUE    DE    l'orient    CHRÉTIEN". 

Hic  sermo  docet  nos  ne  confidamus  in  nosmelipsos,  sed  in 
Deum  qui  nos  confirmât. 

Ego  autem   clamavi  quoniam  exaudisti   me,   Deus, 
inclina  auiem  tuam  miiii,  audi  veriia  mea.  Admi- 
rentur  misericordiastuas,  quisalvas  sperantes  in  te. 
(Exaudisti)  id  est  exaudies  me. 

Ab  liis  qui  resistunt  dexterae  tuae,  cjistodime  Domine, 
ut  pupiliam  oculi. 

[Pag.  99]  PsALMUs  xxviii,  v.  G. 

...  filii  sunt  apostoli,  quia  cornu  eorum  et  virtus  eorum  fir- 
mata  sunt  in  solo  Deo. 

Vox  Domini  conterens  Hammam  ignis. 
Signiflcat  promissionem  quam  promisit  Deus  sanctis  dicens  : 
Etiamsi  ambulaveritis  in  igné,  non  uremini. 
Vox  Domini  commovens  desertum. 
Commotio  etiam  in  hoc  loco  signiflcat  in  omni  loco  auditum 
iri,  sicut  scriptum   est  :  Ingrediente  Jesu  Jerosolimam, 
urbs  universa  commota  est. 

Dominus  commovebit  desertum  Cades. 
Quum  interpretetur  enim  Cades,  sanctum,   Ecclesia  autem 
Christi  est  illud  sanctum. 

Vox  Domini  praeparans  cervos. 
Hi  cervi  sunt  sancti;  ipse  enim  est  qui  paravit  sanctos  mit- 
tens  eosper  civitates  singulas,  dicens  eis  :  Itedocete  omnes 
gentes. 
(Pag.    100]    Et    revelabit    silvas.    Quisquis   est    in   templo 

ejus,  dicat  gloriam  ejus. 
Vocat  Ecclesiam  silvam,  quia  prius  erat  mater  arborum  in- 
fructuosarum. 

Dominus  adducit  diluvium. 
Diluvium  vocat  eos  qui  crediderunt,  tantam  illam  multitu- 
dinom,  juxta  illud  quod  dietum  est  :  Terra  impleta  est 
cognitione    Dei,  tanquam  aqua  exundante  et  cooperiente 
montes.  Assimilatur  etiam  baptismati  sancto. 

et  consistere   facit.    Quoniam  Dominus    regnabit  in 
aeternum. 

[38] 


ÉCL.\IRCISSEMENTS    DK    SAINT    ATIIANASE    SI  K    LES    l'SAUMES.      II 

jAssimilatur  ci  quod  diclum  est  :  quoniain   ipsi  rurval)ilur 
iiinne  irenu)  (1). 

Dominiis  dabit  virtutem  populo  suo. 
Assiinilalur  ei  quod  dictuin  est  :  Omnia  possum  iii  eo  qui 
me  confortât.  Cliristo. 

Domiiius  benedicet  populo  suo  in  pace. 
Assimilatur  ei  quod  diclum  est  :  Pacem  illam  quae  est  mea, 
do  vobis. 

PSALMUS    X.WII.    —    AO    I»AVHi. 

In  hoc  (psalmo)  docet  eosqui  credidtTunt,  bonedicero  Domi- 
num  suum.  Docet  et  eos  niagnitudinem  virlutis  cjus,  quia 
ipse  est  Salvator  universorum,  ipse  est  Duminus,  et  ipse 
est    qui    amovel    malos    et  disperdit  animas  eorum  (2) 
[pag.  101|,  vivificat  autt-m  eosqui  spi-rant  in  ipso. 
Justi  jubilatr  Domino,  laus  ejus  decet  rectos. 
Confitemini  Dumino  in  citliara,  psallite  ei  in  psalterio 
decoin  ciiordarum. 
Vocat  corpus  psallerium  decem  chordarum  propter  quinque 
sensus  qui  sunt  in  illo,  et  quinque  oiicraliones  animao, 
operatio  singula  pro  singulo  sensu. 

Cantate  ei   canticuni   nnvum:   psallite  ei   pulchre  in 
jubilo. 
Dicit  in  hoc  aboletam  esse  legem  Moysis. 

Quoniam  verbum  Iiomini  rectum. 
Manifestum  est  eum  loqui  de  E\  angelio. 

et  omnia  opéra  ejus  fiunt  in  fide. 
«iportet  enim  credere  oninia  quae  facta  suntab  eo  in  virtute 
divinitatis  suao. 

Diligit  misericordiam  et  judicium. 
Illud  quaerit  ab  eis  qui  sperant  in  eo  et  quaerunt  legem  ejus. 
{Pag.  102]  Omnis  terra  plena  est  misericordia  Domini,  et  in 
verbo  ejus   cooli  firmati  sunt,  et  omnes  virtutes 
èorum  in  spiritu  oris  ejus. 


(Il  Restitué  d'après  le  grec;  voir  la  note  du  texte  copte. 
(2)  Lire  :  consilia  oorum. 

[39] 


42  REVUE    DE    l'orient    CHRETIEN. 

Incipit  ostendere  nobis  ipsum  esse  conditorem  hujus  crea- 
tionis.  Et  quidem  primum  dicit  terram  plenam  esse  mise- 
ricordia  Domini.  Non  enim  consistere  posset  sine  ejus 
misericordia,  neque  consistere  possent  coeli  nisi  liima- 
renlur  in  verbo  ejus,  cum  omnibus  quoque  virtutibus 
eorum,  quae  sunt  potestates  sanctae  rationales. 
Qui  congregat  aquas  quasi  utrim. 
Vocat,  inquit,  aquas  maris,  congregans  eas  sicut  utrim  in 
nubibus. 

Qui  posuit  abysses  in  thesauris  eorum. 
Congregat,  inquit,  abyssos  quasi  in  tliesauris  ne  exundent  et 
operiant  terram. 

Omnis  terra  timeat  Dominum. 
Ne  terra,  inquit,  redeatad  glorificandos  daemones. 
[Pag.  103J  Universa  loca  paveant  ab  eo,  cum  omnibus  habitan- 
tibus  in  eis,  quia  ipse  est  qui  dixit  et  facta  sunt, 
ipse  est  qui  mandavit  et  creata  sunt. 
Paveant  inquit,  et  audiant  verba  ejus,  et  persévèrent  in  evan- 
gelio  ejus  (1). 

Dominus  dissipabit  consilia  gentiura. 
Manifestum  est  eum  loqui  de  gentibus  invisibilibus. 

Amovebit  cogitationes  populorum,  et  amovebit  con- 
silia principum,  consilium  autem  Domini  manet  in 
aeteraum. 
In  iioc  enim  vanas  reddidit  deiiberationes  Judaeorum,  quod 
resurrexit  tertia  die.  Illud  enim  quod  ei   consilio  (Dei) 
assignatum  est,  illud  manet  in  aeternum. 

Cogitationes  cordis  ejus  a  generatione  ingenerationem. 
Décréta  (vel  dogmata),  inquit,  quae  excogitavit  in  aeternum. 
Beata  gens  cujus  Dominus  est  Deus  [pag.  104J,  populus 
quem  Dominus  elegit  in  hereditatem  sibi. 
Dicit  illos  qui  crediderunt  in  Christum  vere  beatos  esse. 

Dominus  respexit  de  coelo  ad  videndosfdios  hominum, 
de  praeparato  habitaculo  suo  respexit  omnes  habi- 
tantes terram. 

(1)  Le  meilleur  équivaloiudn  mot  copte  TA^eOGIiy  est  le  mot  evangelium, 
au  sens  de  message  proclamé. 

[-10] 


ÉCLAIRCISSEMENTS    DK    SAINT    ATHANASE    SUR    LES    l'SALMES.      13 

Mcit  coelum  csso  lialiitaculum  ejus  prao  parât  uni,  nam  coe- 
lum  ei  tanquam  doniiciliura  assignatum  est. 

Qui   plasmavit  corJa  rmurn   solus,  qui  novit  omnia 
oi)t'ra  eoruui. 
lieus    solus  est  qui   noverit  opéra   hominum;  di.xit  etiam 
.ludaeis  Salvator  noster  :  <<  ut  quid  cogitatis  in  malum  in 
cordibus  vestris.  » 

>on  salvabitur  rex  propter  raagnam  virtutem  suam, 
et  non  liberabitur  potens  in  multiiudine  fortitudinis 
suae:oquus  inruiu<ad  salutrm,  et  non  liberabitur  in 
multitudine  Ibrtitudinis  sua<'.   Ecce  oculi  Domini 
respiciunt  super  timentis  se. 
(Pag.   105). 
Docet  eos  qui  crediderunt  in  Deuni,  ne  in  quem  ponant  spem 
suam  nisi  in  euni. 

P.SALMUS    .XXXIII.    —    PSALMUS    D\\\U    CLM    I.M.MITAVIT    F.\CIEM 
SUAM    C0IL\M    ACIIIMELECH,    ET    DIMISIT    EUM    ET    ABIIT. 

Cum  fugeret  enim  David  a  facie  Saul,  venit  ad  .\bimelecli, 
et  declaravit  ei  quam  ob  rem  venisset  ad  eum,  etdixit  ei 
regem  se  misisse  ad  petendum  ensom  Goliath.  Quoniam 
ergo  aliud  erant  quae  dixit,  aliud  quae  cogitavit,  dicitur  : 
cum  niutavit  faciora  suam. 
Dicit  hune  psalmum  ad  eruditionem  populi  novi.  docenseum 
amplecti  spiritualem  religionem. 

Benedicam  Dominum  in  omni  tenipore;  in  umni  teni- 
pore  laus  ejus  in  ore  meo. 
Cum  accepit  panes  proposition is  et  manducavit  ex  eis,  gra- 
tias  egit  Deo  ore  suo  pleno  laudis,  quasi  sacrificii  magni. 
(Pag.  loo;. 

Anima  mea  exaltabitur  in  Domino. 
Etiamsi,  inquit,  dignus  sirn  honore,  eo  quod  inventum  est 
opus  bonum  inter  opéra  mea,  lioc   meum   non  est    sed 
Domini. 

Audiant  mansueti  et  laetentur. 
Justi,  inquit  audiant  et  laetentur  propter  salutem  quae  con- 
tigit  mihi  a  Deo.  quoniam  salvat  sperantes  in  se. 

i'iil 


-11  REVUE    DE    L  ORIENT   CHRETIEN. 

Exaltate  Doaiinum   mecum   et    exaltate    noraen  ejus 
insimul.  Ego  quaesivi  Dominum,  exaudivit  me,  et 
liberavit  me  ex  omnibus  locis  incolatus  mei. 
Cum  non  sulTiciat  ad  dicendas  magnitudines  Dei,  rogat  alios 
quoque  ut  id  faciant  secum. 

Accedite  ad  eum  et  illuininamini,  et  faciès  vestrae 
non  confundentur.  Iste  est  pauper  qui  clamavit, 
Dominus  exaudivit  eum  et  salvavit  eum  in  omnibus 
tribuiationibus  ejus.  Angélus  Domini  circumstat 
tiraentibus  eum  et  liberabit  eos. 
Ex  bis  omnibus  quae  accipit,  allicit  ad  idem  cor  aliorum. 

Gustate  et  videte,  quoniam  suavis  est  Dominus. 
Loquiturde  pane  vero  qui  descendit  de  coelo,  [Pag.  107]  pane 
vivo. 

Beatus  vir  qui  sperat  in  eo.  Timete  Dominum  sancti 
ejus  quoniam  non  est  inopia  timentibus  eum. 
Accipit  enim  vitam  t'uturam. 

Divites  eguerunt  et  esurierunt. 
Loquitur  de  populo  Israël. 

qui  autem  quaerunt  Dominum  non  carebunt  ullo  bono. 
Diapsaima. 
Loquitur  de  populo  gentium. 

Venite  filii    mei   audite    me,   docebo    vos    timorem 

Domini. 
Quis  est  homo  qui  vult  vitam,  qui  amat  videre  dies 
bonos?  Prohibe  linguam  tuam  a  malo  et  labia  tua 
ne  loquantur  dolum  ;  déclina  a  malo  etfac  bonum, 
inquire  pacein,  prosequere  eam. 
Proponit  disciplinam  gentium,  cujus  principium  primum, 
inquit,  est  timor  Domini,  secundum,  non  obtrectari  fra- 
tribus  tuis,  [pag.  108J  tertium.  probibere  labia  tua  a  dolo, 
quartum,  recède  a  malo  et  fac  bonum.  Super  haec  omnia, 
quaere  pacem,   prosequere   eam;   pax   Christus  est.  Hoc 
faciens,  inquit,  invenies  dies  bonos. 

Oculi  Domini  respieiunt  super  justes,  et  auris  ejus 
inclinatur  adprecem  eorum. 
Tribuit  magnum  honorera  his  qui  faciunt  bonum,  scilicet 
quod  Deus  respicit  super  eos  in  omnibus. 

[4-2] 


KCLAIRCISSEMENTS    DE    SAINT    ATIIANASE    SLH    LES    PSAUMES.      15 

\ultus    autem    Domiiii  respicit  super  facienles  mala 
ad  delendain  memoriam  oiTum  de  terra. 
•Sollicitus    est  de  aliolendu   consûminatioiie  uperuin  malo- 
rum. 

Dominus  ciistodiet  omnia  ossa  eorum;  ne  unum  qui- 
dem  conterelur  fx  eis. 
Vires    iiniinae    vocat   ossa  :  |pag.  Iu9|  haec  sunt  justitia, 
continentia,  et  religio  in  Deum,  et  virtutes  omnes. 

Mors  peccatorum  mala,  et  qui  nderunl  justirm  pecca- 

buiit.  Dominus  ciistodiet  animas  servurum  siiurum 

et  non  peccabunt  omnes  qui  sperant  in  eo. 

Loquitur  de  morte  animae,  (de  illo)  quem  excipient  ignis 

aeternus,  et  tenebrae  e.xteriores,  et  vermis  qui  non  quios- 

cit,  et  fletus  aeternus  et  stridor  dentium. 

PSAL.MUS    .X.XXIV.    —    PSALMUS    DAVID. 

Iiicit  liunc  (psalmum]  in  persona  ejusqui  confidit  in  Domino, 
cum  potentiae  invisibiles  pugnant  in  eum.  Applicabat  ea 
choro   apostolorum,  in    eorum  persona.  Convenit    ctiam 
per.sonae  Christi  nairaïUis  ea  quae  acciderunt  sibi  a  Ju- 
daeis,  circa  mortem  suam,  et  ad  (augendam)  patientiam 
et  fortitudinem  'pag.  110]  hominibusqui  pugnant  pro  Dec. 
Judica  Domine  eos  qui  iujuriam  inferunt  mibi,  impu- 
gna  impugnantes  me. 
Hic  sermo    convenit   per.sonae    apostolorum   et  ascotarum 
pugnantium  cum  Satana  et  invocantium  auxilium  Dei. 
.Apprebende  arma  et  scutum,  exsurge  in  adjutorium 
mihi,  elTunde  gladium  et  interclude  a  facie  eorum 
qui  tribulant  me. 
Significat  per  arma,  scutum  et  ensem,  potentias  ultrices, 
immissasa  Dec  in  auxilium  justis. 

Die  animae  meae  :  Salvator  tuus  ego  sum. 
Hoc  est,  inquit,  quod  peto  a  Deo  :  die  animae  meae  :  salvator 
tuus  ego  sum  ;  id  est  cru  tibi  auxiliator. 

Quoniam  absconderuntmihi  laqueum  frustra  in  interi- 
tum  suum. 
Hoc  dicit  de  ilio  qui  est  dignusauxilio;  invocat  Deum  in... 

;i3] 


46  REVUE    DE    l'orient    CHRÉTIEN. 

[Pag.  149]  PsALMUs  XLiv,  V.  1.3. 

...terrae. 
Hoc  dicens  invitât  reges  alios  et  eos  qui  sunt  in  magnitu 
dinibus  ad  adorandum  ecclesiam  Domini  et  illum  qui  est 
inea. 

Omnis  gloria  ad  filiam  régis  Hesebon,  amictam  fim- 
briis  aureis  quae  variegatae  sunt. 
Omatus    enim  Ecclesiae  spiritualis  est  et  invisibilis;  per 
verbum  variegatae  significat  virtutes  quae  diflerunt  ab 
invicem. 

Adducentur  régi  virgines  post  eaui. 
Assimilatur  hoc  ei  quod  dictum  est  :  Rapiemur  cum  eo  in 
nubibus  obviam  Domino  in  aéra.  Significat  etiam  per  vir- 
gines Ecclesiam,  juxta  illud  quod  dictum  est  :  Disposui 
autem  exhibere  vos  virginem  sanctam  uni  viro  Christo. 
Adducentur  tibi  illae  quae  sunt  circa  eam  :  [pag.  1.50] 
adducentur  in  gaudio  ad  templum  régis. 
Socia  enim  virginitatis  est  continentia;  omnes  igitur  animae 
quae    se   continent   ab  omni  opère  malo,  adducentur  et 
ipsae;  iliis  autem  quae  adducentur  cedet  in  laetitiam  et 
gaudium  aeternum. 

Loco  patrum  tuorum  facti  sunt  tibi  filii,  et  constitues 
eos  principes  super  omnem  terram. 
Postquam  dixit  de  ea  :  Obliviscere  populum  tuuin  et  ea  quae 
pertinent  ad  domum  patris  tui,  loco  inquit  patrum  tuo- 
rum   antiquorum,  qui    sunt   (legis)   doctores    filii    erunt 
tibi.  Filii   autem  hi   sunt  apostoli  sancti  et  duces  eccle- 
siae, qui  fuerunt  ejus  filii;  constituti  sunt  enim  principes 
a  Domino  super  omnem  terram,  juxta  quod  dixit  :  Ite, 
docete  omnes  gentes. 
[Pag.  l.jl]  Memores  erunt  nominis  tui  in  generationem  omnem 
et  generationem. 
Manifestum  est  (memoriam  hanc  servari]  in  his  quae  scripse- 
runt. 

Propterea  populi    confitebuntur    Deo   [lege  :  tibi]   in 
saeculum  et  in  saeculum  saeculi. 
Tui   memores  erunt   inquit,  et  docebunt  omnem    genera- 
tionem. 

[41] 


ÉCLAIRCISSEMENTS    DE    SAINT   ATHANASE    SIH    LES    PSAUMES.      17 

PsAi.M.   \L\.  —  In  consommationem,  pko  films  KORE, 

PRO    AUCANIS,    l'SALMUS    DAVID. 

l'salmus  Ilicpropositus.significat  vocationemgentiuni,  expul- 
sionein  hostium  invisibilium,  et  extrusioneni  eurura  in 
peccatum  [Icye  .'aliys-sum".  Cura  veroloquatur  de  lus  quasi 
in  parabolis,  lia  recte  dicit  :  psalmus  de  arcanis.  Ilaec 
vero  dicuntur  de  liis  qui  crediderunt  in  Christum,  quorum 
primi  sunt  apostoli. 

Deu.s  uoster  refugium  nustrum  est  et  virtus  nostra;  et 
[pag.   15'2]  auxiiiator  noster  est  in  iribulationibus 
quae  apprehenderunt  nos  nimis. 
ilaec  dicit  de  persecutionibus  quae  in.surre.xei-unt  in  nos,  de 
liis  quae  invisibiles  et  de  his  quae  visibiies  sunt. 

Propterea  non  timebiraus  dum  turbabitur  terra  et 
amo\ebuntur  montes. 
•Quoniaiii  posuimus  te  auxiliatnrem  nostrum,  inquit,  conteni- 
nemus  oiunem  tribulationem  venicntem  in  nos.  In  princi- 
pio  evangelii  nostri,  omnis  terra  conturbata  est;  qui 
persistebant  in  incredulitateinsurgebaiit  in  eus  qui  credi- 
derant  huic  evangelio. 

Sonuerunt  in  cordibus  maris,  et  turbatae  sunt  aquae 
ejus. 
A'ocat  abvssos  corda  maris;  montes  vero  sunt  potestates 
adversarii.  Cum  igitur  in  eo  essent  daemones  ut  depelleren- 
tur  in  abvssos,  excitaverunt  beila  in  nos.  Istos  vero  non 
timebimus.  Aquae  auteiii  sunt  turbae  quae  erant  |paii'.  153) 
in  (potestate)  daemonum;  bas  tuibavit  evangelium,  cum 
esset  eis  les  nova. 

Montes  turbati  sunt  in  virtute  tua  \li''je  :  ejus?) 
\irtus    inquit,  ejus   qui    praedicabalur    turbavit  daemones 
impuros,  qui  se  extollebant,  simiies  montibus  apparentes. 
Portus  tluminis  laetificabunt  civilatem  Dei  nostri. 
^'ocat  hanc  iegem  [evangelii^  flumen  quod  laetiticat  eccle- 
siam  Dei. 

Altissimus  sanctifiravit  habitationeni  suam. 
Sanctus  est  enim,  inquit,  requiescens  in  sanctis. 
Deus  adjuvabit  eam  hora  matntina. 

■115] 


48  REVUE    DE    I, 'orient    CHRÉTIEN. 

Agnoscemus  liane  personam  (1)  ecclesiae  in  praefectis  ejus: 
hi  nanique  sunt  quos  roborat  utpossint  pugnare  pro  evan- 
gelio.  Ilora  matutina  est  hora  in  qua  surrexit  ex  mortuis 
[pag.  151],  quando  apparuit  eis  quae  erant  cuin  Maria,  evan- 
gelizavit  eis,  et  amovit  ab  eis  omnem  debilitatem. 
Geiites  conturbatae  sunt,  régna  inclinata  sunt. 
Génies  conturbatae  sunt,  inquit,  et  pugiiaverunt  adversus 
ecclesiain,  sed  reges  inclinati  sunt  et  fugerunt. 
Dédit  vocem  suam,  terra  mota  est. 
Vox  est  sernao  Evangelii. 

Donûinus  virtutum    nobiscum,  susceptor    noster  est 
Deus  Jacob.  Diapsalma. 
Victoriam  de  bostibus  invisibilibus  partam  in  Deum  refert. 
Venite,  videte  opéra  Dei,  prodigia  quae  fecit  super 
terrain,  auferens  bella  usque  ad  fines  terrae.  Con- 
teret  arcum  et  confringet  eum,  arma  et  scutum  con- 
teret  igné. 
Significat  pacem  quae  facta  est  ex  evangelio,  dicens  oninia 
bella  cessavisse  super  terram.  Prodigia  autem  terrae  sunt 
cessatio  eorum,  que  modo  finem  imposuit  omni  bello. 
[Pag.  1.55J  Vacate  et  scite  quia  ego  sum  Deus. 
Nisi  enim  honio  se  extricetab  omni  cura,  non  potest  cognos- 
cere  Deum  ut  oportet. 

Exaltabor  in  gentibus,  exaltabor  in  terra. 
Annuntiat  eis  dominationem  evangelii  quae  contigit  super 
omnes  gentes. 

Dominus  Deus  virtutum  nobiscum,  susceptor  noster 
Deus Jacob. 
Addit  gratiaruni  actionein  iteruni. 

PS.\LMUS    XLVI.   —    IN    CONSOMMATIONEM,    PSALMUS 
PRO    FILIIS    KORE. 

Dicit  hune  psalmum  in  persona  Apostolorum  doeentium 
omnes  gentes  ut  exultent  in  operibus  bonis  pro  parla  de 
daemonibus  malis  Victoria. 

(1)   On  a  vu  plus  haut  que  le  commentateur  lisait  dans  son  texte  le  mot 

TTpOTUJTÎOV. 

[46] 


KCLAIRCISSEMENTS   DE   SAINT   ATIIANASE   SUR   LES    PSAIMKS.      19 

Omnes  gentes  plaudite  manibus. 
lil  est  facile  opéra  bona. 

Jubilale  Den  in  clamoro  jubilalionis. 
Hdc  juliilum  est  hyrnnus  victoriae;  jubet  gentes  igitur  liym- 
num  ilicere  super  po(entias  adversurii. 

«Juoniaui  Domiiius  excelsus  et  terriliilis  est. 
Excelsus  est  erp^a  Ecclesiam  suam,  terribilis  in  inimicos  suos. 

|Pag.  lôG]  Magnus  est  rex  super  universam  terrain. 
Daemones,    inquit,    mali    non    praevaiebunl    ittjrum    super 
terra  m. 

Humiliavit  populos  nobis  et  gentes  sub  pedibus  nostris. 
Laotatur  de  honuribus  quos  Christus  tribuit  eis;  dédit  eis 
potestatom  cakandi   serjientes  et   siorpiones,  el   subjecit 
gentes  nialas  sub  pedibus  eorum. 

Elegit  nos  in  liereditafem  suam. 
Kt  quarnani  est  hen.-ditas  Doniini.  nisi  illa  de  qua  Iinminus 
di.xit  :  Postula  a  me  et  dabo  tibi  gentes  hereditatcm  tuam? 
Pulchritudinem  Jacob  quaui  dilexit. 
l'ulchritudo  Jacob    dicitur  propter)  propbetias  ojus  di-  gen- 
tibus,  illa  (pulihritudo)  de  qua  (ougitans)  dixit  :  ipse  est 
quem  gentes  expectant.  Haec  est  quam  dilexit  ille  qui  dédit 
aniuiam   suara   pro  ea;  haec  est.  inquit,  quam  elegit  et 
dilexit  (1). 

Deus  ascendit  in  jubilo. 
Signilicat  per  hoc  ascensionem  Domini  in  coelos. 

Hominus  in  clani^ore  tubae. 
Laudes  angelorum  qui  ascenderunt  cum  eo  vocat  clangorem 
tubae. 

PSAL.MUS   CXII,   V.    0   (-2). 

|Pag.  .j3|...  lacta  est  autem  mater  multorum  filiorum  in  laeti- 
tia;  fiiii  enim  ejus  salvati  sunt  per  lidem  in  Cliristum. 

(1)  La  beauté  ijuc  Liieu  aime  est  appelée  beauté  de  .lacob,  rar  Jacob  Va, 
désignée  dans  sa  prophétie  sur  les  nations  :  la  beauté  que  Dieu  airne,  c'est  celle 
pour  laquelle  il  a  donné  sa  vie,  c'est  le  peuple  des  gentils. 

(•2i  Les  fragments  suivants  appaitiennenl  au  second  voluioe  du  même  ma- 
nuscrit. 

f47] 
oiUENT  r.inii:TrEi\.  i 


50  REVUK    DE    l'orient    CHRÉTIEN. 

Dura  autem  hoc  dixit,  discernit  eam  a  Synagoga,  quoniam 
non  gavisa  est  haec  in  filiis  suis  utpoti^  tradita  perditioni. 

PsALMUs  oxiii.  —  Alléluia  Exodls. 

Significaf  in  hoc  denuo  vocationem  eorura  qui  salvabuntur,  et 
aliquam  ad  eos  docirinam,  scilicet  ut  sciant,  de  testamento 
priori,  illud  etiam  a  Dec  esse  et  salulem  populi  a  Deo  fac- 

tam  esse. 

In  exitu  Israël  de  Aegyplo,  domus  Jacob  de  populo 

barbare 
.ludaeafacta  est  sanctilicatio  ejus,  Israël  dominatus  est 

in  eam. 

Mare  vidit,  fugit,  Jordanis  con versus  est  retrorsum. 

Tempore,  ait,  quo  Isrnel  liberatus  est  a  servitute  Aegyptio- 

rura,  tune  terra  Judaeae  facta  est  ei  locus  sanctilicationis ; 

iraperavit  tantuni  in  populum  Israël:  |pag.  54]  sed  nunc, 

ait,  gratia  extensa  est  ad  omnes  gentes  (I). 

PsALMUs  cxiv.  —  Alléluia. 

Significat  in  hoccertamen  eorum  qui  ambulant  in  instituto 
Evangelii,  et  victoriam  quae  contigit  eis  secundum  Deum,  et 
coronam  quara  accipient  pro  suislaboribus. 

Dilexi  eum  quoniam  Dominus  audivit  clamorem  ora- 

tionis  meae;  quoniam  inclinavit  aurem  suam  mihi. 

Et  quemnam  dilexit,  nisi  Dominum  Deum  ex  toto  cordi>  suo 

et  totis  viribus  suis'?  et  audivit  eum  (Deus)  in  praemium 

amoris  ejus. 

Invocabo  eum  in  diebus  meis. 
Et  quinam  sunt  dies  nisi  hujus  saeculi,  quo  tempore  anima 
eius  in  periculo  versatur? 

Potiti  sunt  me  dolores  raortis,  pericula  inferni  appre- 

iienderunt  me;  inveni  tribulationem  et  alflictionem, 

clamavi  ad  Dominum. 

Manifestas    facit   tribulationes    quae   circumdederunt    eum 

propter  suam  in  Deum  pietatem  ;  [pag.  55]  has  vocat  dolores 

(1)  Les  chaînes  attribuent  à  Atlianase  des  gloses  pour  le  reste  de  ce  psaume; 
mais  la  plupart  paraissent  d'une  autre  veine. 

[48] 


ÉCLAIRCISSEMENTS    [>E   SAINT   ATIIANASE   SL'R    LES   PSAL'.MES.     51 

mortis  et  pericula  infenii  et  tribulationes  et  al'nictioncs  : 
si'd  eo  quod  inviicaverit  Dominum,  l'ortior  evasit  liis  omni- 
bus :  ideo  dixit  in  principio  :  Dih'xi  eum.  quia  audi\  it 
Dominus  vocem  orationis  mea. 

(•  l>i>niine,  libéra  aniiuam  meam:  et  justus  est  Domi- 
nus, et  Deus  iinster  miseivri  solet. 
Cuin  illud  praemisit  :  in  diebus  meis  invocabo,  in  lioc  loco 
docet  nos  quonam  modo  invocet,  et  |non  invocat]  nisi 
dicendo  :  o  Domine  libéra  animam  nicain;  ot  haoc  dixi, 
inquit,  scions  scilicet  eum  mi'  exaudituruin,  utpote  mi.se- 
ricordem  il). 

Dominus  est  qui  custodit  parvulos;  humiliatus  sum  et 
salvavit  me. 
Qui  regenerati  sunt  in  Cliristo  per  spiritum  sanctum,  hos 
dicit  parvulos. 

Anima  mea  conversa  est  in  requiem  (i). 
[Pag.  56]  Locos  quietis  quos  in  pracmium  accipicnt  hi  qui  cer- 
tant(3),  hos  vocatsuam  requiem. 

Quoniaiu  Dominus  benefecit  nobis;  liberavil  animam 

meam  a  morte,  oculos  meos  a  lacryinis,  pedes  meos 

alapsu. 

Lnquitur  de  lapsu  in  peccatum,   quod  timet,  ne   cadat  in 

ipsum  :  defecit  in  lacrymis  implorans  refugiuni  adversus 

mortem.  Ideo  pedes  ejus,  id  est  gi'essus  animae  ejus,  res- 

titerunt   in  Victoria  secundum   Doum;  superavit  lapsum 

quemlibet. 

Placebo  Domino  in  regione  viventium. 
Jérusalem  coelestem    vocal   regionem    viventium,    scilicet 
eorum  qui  certaverunt  secundum  Deum,  utpote  qui  excel- 
lonter  victores  facti,  audient  in  ea  banc  vocem  :  Euge  serve 
bone  et  fidelis. 

(1)  Les  chaînes  grecques  attribuent  à  Athanase,  pour  les  versets  5,  6  et  7, 
outre  ces  gloses  attestées  par  le  copte,  d'autres  gloses  plus  ou  moins  développées, 
dont  l'une,  celle  du  v.  5,  .serait  de  Didyme  l'aveugle. 

(i)  Leçon  spéciale  au  sahidique. 

(3)  Leçon  conforme  au  grec,  mais  douteuse  :  voir  le  texte  copte  et  la  note. 


[49] 


52  REVUE    DE    l'orient    CHRÉTIEN. 

PsALMUS  cxvi.  —  Alléluia. 

Omnes  gentes  laudateDominum,  omnes  populi  laiidate 

eum,  quoniam  confirmata  est  super  nos  misericor- 

dia  ejus,  et  veritas  (pag.   57)   Domini   manet    in 

aetenium, 

Gentes  inquit  non  accèdent  (1)  ad  taie  refugium,  nisi  quia 

misericordia  Doinini  praevaluit  peccatis  nostris. 

PsALMUS  cxvii.  —  Alléluia. 

Docet  populum  novum  qui  constitutus  est  ex  Judaeis  et  gen- 
tibus,  opus  ei  esse  invocando  auxilio  unico,  quod  est  Deus 
Verbum  quod  homo  factum  est;  et  exquirendum  esse 
auxilium  ejus  solum,  in  tempore  persecutionuni  suarum, 
abjiciendo  a  se  auxilium  quodcumque  horainum,  gratias 
referendo  ei  pro  Victoria;  et  invocandum  esse  patrem  virtu- 
tum  in  his  omnibus,  confitendo  Domino,  qui  vocatus  est 
lapis;  quem  reprobaverunt  aeditîcantes,  qui  factus  est  in 
caput  anguli. 

Confitemini  Domino  quoniam  Christus  est  (2),  quo- 
niam in  saeculum  misericordia  ejus.  Dicat  domus 
Israël  quoniam  bonus,  quoniam  in  saeculum  mise- 
ricordia ejus.  Dicat  domus  Aarou  quoniam  in  saecu- 
lum misericordia  ejus.  Dicant  omnes  qui  timent 
Dominum  quoniam  in  saeculum  (pag.  58)  miseri- 
cordia ejus. 
Antequam  exordiatur  confessionem,  invitât  (ad  confitendum) 
eos  qui  vocati  sunt  ad  revelationemEvangelii. 

Invocavi  Dominum  in  tribulatione,  audivit  me  in 
latitudinem.  Dominus  est  adjutor  meus,  non  tiinebo 
quae  homo  faciat  inihi.  Dominus  est  adjutor  meus, 
despiciam  inimicos  meos.  Bonum  est  confidere  in 
Domino,  magis  quam  confidere  in  homine.  Bonum 
estsperare  in  Domino  magis  quam  sperare  in  prin- 

(1)  Leçon  incertaine;  voir  le  texte  copte  et  la  note.   Les  chaînes  ajoutent  ici 
une  longue  glose  sous  le  nom  d'Atlianase.  _ 

(2)  Le<;on  curieuse,  qui  semble  avoir  été  connue  d'Atlianase   lui-même,  car  ■ 
elle  explique  la  glose  initiale  de  ce  psaume.  ■ 

m 


KCLAIRCISSEXIKNTS    DK    SAINT    ATIIANASE   SUR    LES    PSAUMES.     53 

cipilius.  Omiies  gentes  circumdederuiit  me,  et  dopuli 
eas  in  nomine  l>omini.  Circumdederunt  me  siciit 
apos  favum,  exarsorunt  sicut  flainmae  in  spinis,  et 
ilepuii  ras   in  noniint-  Di>miiH.  Iinpuierunl  me  ut 
cadereni,  et  Dominus  dédit  manum.  V'irtus  mea  et 
laudes  raeae  Dominus  (pag.  7)9),  factus  est  mihi  in 
salutem. 
Stichus  noljis  propnsitus  docet  nos  res  duas  :  Necesse  esse 
tribulationes  advenire  liis  qui  credunt,  secundura    illud 
qiiod  dictum  est  :  qui  accesseris  ad  servienduni  Domino, 
prépara   animam    tuam   ad    tentationes  (1).    Et  oportere 
ut  vexati    ni  in    invocent   mercedem    quamlibet,  praeter 
Dominum    qui    doduret    tribuiationem    in  latitudinem  : 
accipiemas  enini  magna  praemia  pro  parvis  lal3oriljus("2). 
Clamor  jubilationis  et  salutisin  liabitaculis  justorum. 
Utpote  dispersis  inimicis  invisibilibus  et  his  qui  persequun- 
tur  popuium  Del  juxta  tompus  justum,  post  iioc  audiatur 
vox  jubilationis,  nec  in  aiio  ioco,  nisi  in  habitacuiis  jus- 
torum quae  sunt  ecclesiae  Christi. 

Dextera  Dnmini  evallavit  eos  (3),  dextera  Dnmini  fecit 

virtuti'm. 

Ilaec  est  vox  jubilationis  quae  orta  est  in  Ecclesia  (pag.  60)  ut 

confitearnur  ei,  quia  virtus  Domini  sola  est  quae  salvavit 

decertantes.  non  quod  sahaverit  eos  tantum,  sed  fecit  ut 

clarificentur  exaitati. 

Non  moriar  sed  vivam,  usquedum  narrabo  opéra 
Domini. 
Haec  est  vox  enrum  omnium  qui  persecutionem  patientur  ad 
tempus  ab  inimicis  Ecclesiae,  quum  ad  mortem  accesserint 
et  firmaverint  cor  suum,  quod  vivent  et  pergent  in  die- 
bus  suis,  ad  nianifestanda  opéra  Domini  quae  ocuius  non 
vidit  in  oorum  ocuiis  (4). 

In  disciplina  edocuit  me  Dominus,  et  non  tradidit  me 
morti. 


(1)  Eccli.,  u,  1. 

(2)  Les  chaînes  attribuent  a  Alhan;ise  une  longue  glose  des  versets  li>14. 

(3)  Lei^oa  propre  au  sahidique,  attestée  aussi  par  la  glose. 

(4)  Sic.  —  Cette  glose  et  la  suivante  manquent  aux  chaînes. 

[51] 


54  REVUE    DE    l'orient    CHRÉTIEN. 

Hoc  verbum  docet  nos,  neque  tribulationem  venire  in  vanura 
et  incassuni,  sed  ad  disciplinam,  secundum  illud  quod 
dictum  est  :  Quem  Deus  diligit,  eum  edocere  so]et(l),  et 
adhuc  :  Duni  jiidicainur  a  Domino,  corripimur  (2)... 

PSALMUS    CXVIII.    V.     86. 

...  praecepta  liominum,  vel  loquitur  de  sapientibus  hujus 
saeculi. 

Veritates  sunt  omnia  mandata  tua.  Persecuti  sunt  me 

inique,  adjuva  me. 
Paulominus  deleverunt  me  de  terra,  ego  autem  non 

dereliqui  mandata  tua. 
Vivifica  me  secundum  misericordiam  tuam,  et  cus- 
todiani  testimonia  oris  tui. 
Soit    se    accepturum     remunerationem    eorum  quae   acci- 
derunt   ei    ante  tribunal   Dei,   et   aestuat  videre  tempus 
illud  (3). 

Domine  verbum  tuum  manet  in  coelo  in  aeternum,  et 

Veritas  tua  ageneratione  in  gênera tionem. 
Fundasti  terram  et  permanet  in  tuo  décrète,  quoniam 
omnia  serviunt  tibi  (4). 
Ad  majora  progrediens,  de  caetero  enuntiat  dogmata  subli- 
mia  ;  commémorât  Verbum  Dei  permanens  quasi  diceret  : 
In    principio     erat    Verbum.   Et   commémorât  facturain 
mundi,  dicens  manifeste  :  omnis  creatura  servit  tibi. 

Nisi  lex  tua  meditatio  mea  esset,  periissem  in  humi- 

litate  mea. 
Non  obliviscar  in  aeternum  justificationes  tuas,  quo- 
niam vivilicasti  me  Domine  in  ipsis. 
Venientibusin  me,inquit,  cogitationibus  malis,  etimpugnan- 
tibus  me  potestalibus  adversarii,  periissem,  nisi  quod  lex 
tua  fuit  miiii  virtus. 

(1)  l'rov.,  III,  12. 

(2)  I  Cor,  XI,  32. 

(3)  Les  chaînes  attrilnn'iit  en  outre  à  Athanase  des  gloses  spéciales  aux  ver- 
sets 87,  88,  89,90,  91,  9.'},  9Ô. 

(4)  Le  to.vtc  saliuiique,  avec  ses  coupures  spéciales,  et  l'omission  de  Sioi[iév£i  ri 
7i(i£pa,  est  attesté  par  la  glose. 

[52] 


KCLAIRCISSEMKNTS    DK    SAINT    ATII.V.NASE    SIR    LES    l'SAUMES.     00 

E^'o  suin  tiius.  Domini',  salvaiiie,  quoiliam  exquisivi 

justificationes  tuas. 
IVccatores  expectaverunt  me  ut  pi-rderent  me. 
Ego  sum  tuusservus,  inquit;  et  ego  sum  filius  tuus  per  gra- 
tiara,  ego  sum  cultur  tuus. 

Non  cognoveruiit  testimonia  lua  1 1 1. 
Cognovi  testimonia  tua,  inquit... 

(Pag.   "ils],   PSALMLS    «XXXIV,  V.    (J. 

Hocdicil  quoniam  universam  terrain  e.xterius  cingunt  maria 

e  quiliiis  nuk-s  educit. 

Posuit  fuigura  in  pluviaiu. 
Quasi    symbohmi  potentiae  divinitatis  ejus  est,  quod  mis- 

cet  aquam  cum  igné  in  fulgure. 

Qui  eduxil  ventos  de  thesauris  eorum. 
\'erbo  :  thesauris,  alludit  ad  naturam  ventorum  liominibus 

incomprehensibilem.  Simiie  est  ei  quod  dixit  Iiominus  : 

Spiritus  spirat  ubi  vuit,  audis  vocem  ejus,  sdl  ncscisundc 

veniat  et  que  eat. 

PSALMUS    CXXXVIll.    —    In    CONSOM.MATIONE.M    PSALMLS 

David  Zachakl\e  in  dispersioxe. 

F'salmus  hi  refertur  ad  personam  Zacliariae  dum  adliuc  in 
captivitate  essent  filii  Israël,  et  prophêta  cum  eis  es.set. 
Describit  nobis  niudum  quo  Iteus  (pag.  il^lprovidet  nobis, 
scilicct  quod  Deus  non  providet  tantum  orbi  universo  insi- 
mui,  sed  providet  etiam  singulis,  ita  ut  motus  nostri  el 
i-ogitationes  nostrae  sint  in  ejus  praescientia. 

.Vdmiralur  etiam  prulunditatem  oeconomiae  ejus  et  voca- 
tionom  gentiura;  describit  quoque  ropugnantiam  oui 
obvius  fuit  Dominus  ex  parte  fiiiorum  Israël. 

Propter  haec  omnia  inseribitur  psalmus  :  in  consomma- 
tionem,  David.   Diximus  enim  mult'ities  psalmos  ita  ins- 

(l)  Cette  Icion  inconnue  à  la  glose,  qui  s'explique  ainsi  en  partant  du  texte 
ti  (lafTÛpi»  <7o-j  (y-vf,xa  :  on  a  eu  d'abord  Ta  [ixpTvpia  ao-j  [oOl  a-^ifixs,  par  répé- 
tition de  diphtongue  ou.  Lst  leçon  ainsi  obtenue  aura  paru  inexplicable,  à 
quoi  on  a  remédié  en  transformant  ffu-nixx  en  si-vc^xiv  pour  l'appliquer  non  au 
psalmiste,  mais  à  ses  ennemis. 

m 


5b  REVUE    DE    L  ORIENT    CHRETIEN. 

criptos  spectare  ad  teinpus  oeconomiae  [id  est  incarna- 
tionis]. 

Domine  proKasti  me  et  cognovisti  me;  cognovisti  ses- 
sioaem  meam  et  resuriectioneni  meam. 
Confisus eo  quod  amplexus  estfidem  Christi  finnam,  etnullam 
haliet  coiiimunionem  in  iniquitate  populi  mali,  Illum  qvii 
creavit  iiivocat  in  testem. 

Cognovisti  omnes  cogitationes  meas  de  longe.  , 
|Pag.  •220]  Si   novit  Deus  motum  cogitationum,  eo  magis  et 
novit  opéra  vitae  nostrae. 

Investigasti  viam  meam  et  funiculum  nieum,et  vidisti 
vias  meas. 
Funiculus  (1)  est  mensura  itineris  deterrainata.  Dicit  Deum 
cognoscere  omnes  coiiitationes  quas  cogitabit,  et  motus; 
nam  verbo  vias  motus  significat. 

Quoniam  non  est  dolus  in  lingua  mea.  Ecce  tu  cogno- 
visti futura  et  priora. 
Magna  res  est  pro  David,  quod  non  sit  iniquitas  in  lin- 
gua  ejus,  neque   mendacium,  neque    perjurium,   neque 
dolus. 

Tu  es  qui  formasti  me,  et  posuisti  manum  tuam  super 
me. 
Nos  docet  donum  Spiritûs  sancti  conferri  per  impositionem 
manuum,  sicut  Apostoli  dederuat  Spiritum  sanctum  per 
impositionem  manuum  suarum. 

Mirabilis  facta  est  scientiatua  ex  me  [pag.  221]  ;  con- 

fortata  est  et  impotens  sum  adversus  eam.  Quo  ibo 

a  spiritu  tuo?  Quo  ibo  a  facie  tua? 

Quasi  diceret  alla  esse  mulla  quae  sibi  facta  sunt  a  Deo, 

quae  cognoscendi  non  hal)et  potestatem,  majora  enim  sunt 

mea  potestate,  inquit,  et  multum  abest  quominus  possim 

intelligere  et  scire  ea;  omnia  quae  dixerim  parva  sunt  et 

intima  erga  potentiam  Dei:   sciëntia  enim   tua   praeterit 

imbeciliitatem  meam. 

.Si  ascendero  in  coelum  tu  ibi  es. 


(1)   Le   axoïtoi,   mesure  égyptienne  qui  valait  soixante  stades,  soit  environ 
sept  kilomèlivs,  selon  d'autres  trente  stades. 

[51] 


ECLAIRCISSEMKNTS    [)E    SAINT    ATIIANASK    SUR    LES    PSAUMES.     •)! 

Simile  est  ei  quotl  dictum  est  :  Coelum  est  thionus  meus, 
terra... 

Si  ilescendero  in  iiif'Tniim  tu  niecuiu  es. 
Prophétisât  de  descensu  Domini  ad  inlep's. 

Si  sumpsero  alas  meas  liora  prima  et  habitavero  in 
e.\tremis  maris,  manus  enim  tua  it)i  est.  et  dextera 
tua  deducet  me  et  sustinebit  me. 


m 


LE  COMMENTAIRE 


DE 


DIODORE  DE  TARSE  SUR  LES  PSAUMES 

EXAMEX    SOMMAIRE    ET    CLASSEMENT    PROVISOIRE    DES    ÉLÉMENTS 
DE    LA    TRADITION    MANUSCRITE. 


AVANT-PROPOS 

Nous  avons  expliqué  ailleurs  {Revue  de  Philologie,  Diodore 
à^b  ço)v^;  'Avac7Ta:7';ou,  avril  1911,  pp.  169-173)  comment  des  frag- 
ments d'un  seul  et  même  commentaire,  celui  de  Diodore  in 
Psa/mos,  avaient  pu  nous  parvenir  dans  les  chaînes,  soit  par 
une  tradition  Aisîiôpou,  soit  par  une  tradition  'AvaiTaufou  :  pré- 
cisément par  l'intermédiaire  de  l'ofuvre  composite  d'un  certain 
Anastase  de  Nicée. 

La  solution  a  été  dès  alors  suffisamment  établie  pour  nous 
permettre  de  maintenir  que  le  Commentaire  médian  du  ms. 
Coislin.  gr.  275  nous  a  conservé  le  Commentaire  de  Diodore  de 
Tarse  i)i  Psa/mos,  à  peu  près  intégralement. 

Ce  n'est  pas  à  dire  que  cette  solution  ne  puisse  et  ne  doive 
être  serrée  de  plus  près  ;  mais  il  n'y  aura  moyen  de  la  préciser 
davantage  que  le  jour  où  le  travail  d'édition  se  trouvera  lui- 
même  assez  avancé. 

Or  ce  travail  d'édition  comporte  avant  tout  un  inventaire  et 
un  classement  provisoire  des  manuscrits  où  se  trouve  contenu, 
en  tout  ou  en  partie,  ce  commentaire. 

Énumérer  et  examiner  ces  manuscrits,  indiquer  approxima- 
tivement leur  répartition  :  tel  est  le  double  but  de  la  présente 
étude. 

C'est,  comme  on  le  voit,  un  but  strictement  limité. 


COMMENTAIRE    HE    DIODORE    IiE   TARSE    SLR    LES   PSAUMES.       59 

en  ne  trouvera  dune  ici.  même  en  guise  d'introduction, 
aucune  consiilération  liistoriquo  ou  doctrinale  sur  la  place 
niaitresse  que  r>iodore  occupe  dans  l'histoire  fie  l'Exégèse. 

La  monogiapliie  la  plus  complote  et  la  plus  récente  sur  Dio- 
dore  est,  à  notre  connaissance,  une  étude  d'un  prêtre  russe  : 
Sviachtcli.  Nikolaï  Fetismv,  Iiim/dr  7''Ovs*7.//,  Kiev,  lOl.'i.  L'au- 
teur s'y  est  approprié  une  petite  découverte  qui  n'est  pas  de 
lui  (voir  ici  :  n"  12  et  Recherches  de  science  religieuse,  19K>, 
n"*  1-2,  p.  SO,  n.  3);  mais  il  a  rassemblé  là  à  peu  près  tout 
ce  qui  a  été  dit  ou  écrit  sur  Diodore,  et  ses  références  Iiililio- 
-lapliiques  sont  nombreuses  et  précieuses. 

Tous  les  auteurs  qui,  de  près  ou  de  loin,  ont  écrit  sur  l'École 
d'Aiitioclie,  ont  parlé  de  Diodore.  Un  des  résumés  les  plus 
récents  et  les  plus  commodes  sur  ce  sujet  est  celui  que  .\L  PiaoT 
a  donné  au  début  de  son  ouvrage  sur  l'Œuvre  exegétique  de 
Théodore  de  Mopsueste  (Rome,  Scripta  Pontificii  Instituti 
biblici,  1013,  pp.  1-11). 

Sur  un  des  principes  fondamentaux  de  l'exégèse  antiochienne, 
la  meilleure  étude  est  un  court  article  du  R.  P.  A.  Vacc.\ri  dans 
\Bivevue  Bililira  :  «  La  Qi^pix  nelln  si-uola  esegetica  di  An- 
tiochia  »,  Rorna,  Istituto  biblico,  19-2U,  vol.  I,  pp.  3-36. 

Lorsque  le  Commentaire  de  Diodore  sur  les  Psaumes  aura 
été  édité,  il  sera  sans  doute  alors  possible  de  reprendre  et  de 
préciser  ces  études  historiques  et  doctrinales.  Mais  l'essayer 
avant  cette  date  serait  s'exposer  à  répéter  une  fois  de  plus  le 
peu  qu'on  sait  actuellement  de  Diodore. 

On  ne  trouvera  même  pas  ici  de  généralités  sur  les  chaînes. 
Ce  que  l'on  peut  dire  dune  manière  générale  à  cette  heure 
sur  ces  œuvres  de  compilation,  que  l'on  commence  à  peine  à 
exploiter  méthodiquement,  a  été  brièvement  mais  judicieuse- 
ment exposé  par  -M.  Joseph  Decomnck,  dans  son  bel  Essai  sur  la 
r/iaine  de  ructa/euf/ue,  avec  une  édition  des  Commentaires 
de  Diodore  de  Tarse  qui  s'y  trouvent  contenus  (Paris,  191-2). 
M.  .1.  Deconinck  y  renvoie  aux  travaux,  capitaux  en  la  matière, 
de  H.  Lietzmann  et  de  .M'''  Fai.i.iiabeii. 

Le  but  du  présent  Examen  est  donc  strictement  philo- 
logique. 

Cet  inventaire  forme  un  tuut  par  lui-même,  mais  il  n'est 


60  REVUE    DE    L'OKIENT    CHRÉTIEN. 

pleinement  intelligible  que  lu  et  étudié  dans  la  série  des  tra- 
vaux qu'il  continue,  et  à  condition  d'avoir  présent  à  l'esprit  le 
travail  qu'il  amorce  :  l'édition  du  Commentaire  de  Diodore  de 
Tarse  sur  les  Psaumes. 

En  septembre  lUlo,  une  Coinmunication  à  l'Académie  des 
Inscriptions  et  Belles- Lettres  ((7o?H/)/es  rendus  des  séauees..., 
1910,  pp.  5 12-."'>16  :  Le  Commentaire  sur  les  Psaumes  de  Diodore 
de  Tarse)  signalait  l'existence  de  cet  ouvrage  dans  le  Commen- 
taire médian  du  ms.  Coislin.  gr.  ilTu 

En  1911,  un  article  de  \a.  Revue  de  Philologie  (janvier  1911, 
pp.  .j6-70,  Aurions-nous  le  Commentaire  sur  les  Psaumes  de 
Diodore  de  Tarse?)  e.xposait  avec  plus  de  détails  les  cir- 
constances de  la  découverte,  les  preuves  en  faveur  de  l'attri- 
bution à  Diodore,  les  objections  que  l'on  pouvait  y  faire. 

A  cette  attribution  il  y  avait  alors  deux  difficultés  principales. 

Une  tradition  Atiîwpij  du  ms.  Vaticanus  Reginae  40  (ici 
n"  12),  d'où  sont  tirés  les  extraits  sur  les  Psaumes  .'il  à  74 
qu'on  lit  dans  .Mai  ou  cians  Migne,  ne  coïncidait  pas  avec  le 
texte  du  commentaire  médian  du  ms.  Coislin.  gr.  275.  Une 
note  parue  en  janvier  191 1  dans  les  Recherches  de  science 
religieuse  (janvier-février  1914,  pp.  73-78  :  Un  commentaire  de 
Didyme  puljlié  sous  le  nom  de  Diodore)  démontra  que  cette 
soi-disant  tradition  Ar.;îiop:j  n'est  en  réalité  qu'une  tradition 
AtS'j[j.î'j. 

Le  titre  de  la  ciiaine  contenue  dans  le  ms.  Coislin.  gr.  275  : 

TiriÔEo-t;  y.a't  épjr^jvîîx  toi  ^'aXTr,pi';j  tùv  iy.atbv   -ivTrjxivTJt   'i/aX[J.wv 
à-b    swv-^ç    'Ava7T:z-{:j   \}:r-.pz~:.'ldzz'J  Ntxat'a;.  dans  l'iiypothèse   de 

l'attribution  à  Diodore  du  commentaire  médian  de  ladite  chaîne, 
ne  s'expliquait  pas  tout  d'abord  ni  de  lui-même.  Un  article  paru 
en  avril  1914  dans  la  Revue  de  Philologie  (pp.  169-173  :  Diodore 
à-b  otijvïi;  'AvaaTaibu)  résolut  cette  difficulté  en  déterminant  la 
part  qui  revient  à  .Anastase  dans  la  transmission  de  l'oeuvre  de 
Diodore. 

Avant  même  que  ces  objections  eussent  ('té  entièrement 
résolues,  les  preuves  en  faveur  de  l'attribution  à  Diodore 
avaient  été  jugées  décisives.  (Voir  Paul  M.\rc,  Byzant.  Zeit- 
schrift,  20(  1911  ),  Heft  3-4,  p.  570;  0.  Bardenhewer,  Geschichle 
der  Alikirchlichen  Literatur,  3"  Band,  1912,  pp.  307,  308; 

[m] 


I  OMMEXTAIRE    HE    DIODORE    HE    TARSE    SLR    LES    PSAUMES.       tjl 

Ferd.  Cavallera,  Etudes,  20  avril  101-2,  p.  iiVl;  A.  dAlès, 
Recherches  de  science  reliijieiise,  mai-juin  191  I,  p.  •23S; 
MM.  n.  LiETZ.MANN,  J.  Rendel  Harris,  J.  Lebreton,  a.  Pl'ec» 
m'avaient  fait  savoir  combien  lattribution  à  I>iodore  leur 
paraissait  fondée.) 

La  Communication  de  H'iu  et  larticlf  de  1911  avaient 
pourtant  donné  lieu  à  quelques  méprises  :  ces  méprises  furent 
é'  laircies  dans  une  note  parue  dans  les  Recherches  de  science 
rctii/ieuse  de  mai-juin  1911  (pp.  2  IG-îôl  :  les  rommentaires  de 
Diodore  de  Tarse  et  de  ïiiéodore  de  Mopsueste  sur  les  Psaumes. 
—  Éclaircissements  nécessaires  sur  quelques  méprises). 

Kn  juillet  191S,  au  cours  d'un  coniré  de  convalescence,  j'eus 
'•■  luisir  de  préparer  en  édition  et  traduction  provisoires,  deux 
xtraits  importants  de  ce  Commentaire  :  la  Préface  de  FouvraL^e 
entier  et  le  Prologue  du  Psaume  118  :  ils  ont  paru  dans  les 
Recherches  de  science  religieuse  (1919,  n°'  \-2  :  E.\traits  du 
Commentaire  de  Diodore  de  Tarse  sur  les  Psaumes,  pp.  7'.»- 
lul). 

A  la  tin  de  l'article  que  nous  publiions  en  avril  191 1,  dans  la 
Reçue  de  I'hifo/o<jie,  nous  disions  (p.  17o)  : 

«  L'attribution  de  ce  commentaire  peut  donc  être  tenue 
désormais  pour  certaine.  Nous  aborderons  dans  des  articles 
ultérieurs  l'cnumération  et  l'exameu  des  différents  ti^moins  de 
la  tradition  manuscrite.  » 

C'est  cet  examen  que  nous  donnons  enfin  aujourd'hui. 

Nos  reiherciies  ont  été  loiiiruement  interrompues  par  la 
guerre,  puis  relardées  par  des  études  menées  en  même  temjis 
en  grammaire  compan-e.  Écriture  Sainte  et  Patristique  Orien- 
tale. (Voir  par  exemple  :  Lete.xte  arménien  de  l'Évangile  d'après 
.Matthieu  et  .Marc.  Recherches  de  science  religieuse,  janvier- 
mars  19-,'(.t,  pp.  -iS-.jl;  Le  meilleur  exemplaire  de  la  version 
arménienne  des  Évangiles,  ibid.,  janvier-avril  19-2-2,  pp.  69-72; 
L'n  Commentaire  sur  rÉvanL'ile  de  saint  Jean,  rédigé  en  arabe 
(circa  8Ki)  par  Nonnos  (Nana;  île  Nisibe,  conservé  dans  une 
traduction  arménienne  (circa  856),  Reçue  des  Études  armé- 
niennes, 1. 1,  fasc.  3,  pp.  273-296;  Epikoura^  Aboukara,  ibid., 
t.  I,  fasc.  I  :  pp.  139- Ml;  Le  de  Deo  «l'Eznik  de  Kolb  connu 
siius  le  nom  de  Contre  les  .Seclcs,  Éludes  de  critique  littéraire 


62  'revue  de  l'orient  chrétien. 

et  textuelle,  Revue  des  Études  arméniennes,  t.  IV,  fasc.  2, 
1924  et  t.  V,  fasc.  1,  1925;  et  à  part;  Influence  des  Commen- 
taires patristiques  sur  l'illustration  du  Psautier  byzantin,  en 
préparation;  etc..) 

Avant  de  poursuivre  le  travail  d'édition  du  commentaire  de 
Diodore,  il  nous  a  paru  bon  de  fixer  les  résultats  partiels  aux- 
quels l'enquête  a  déjà  abouti. 

C'est  dire  que  cet  Examen  ne  sera  ni  complet  ni  définitif. 
Tout  provisoire  qu'il  est,  il  apporte  cependant  déjà  la  solution 
de  problèmes  nombreux  et  oriente  dès  aujourd'hui  les  recherches 
ultérieures. 

Depuis  1912,  M.  A.  Fuech,  Membre  de  l'Institut,  Professeur 
à  la  Faculté  des  Lettres  de  l'Université  de  Paris,  a  bien  voulu 
suivre  le  développement  de  ces  travaux. 

A  chacune  des  transformations  que  le  cours  de  nos  recher- 
ches, ou  les  événements,  nous  ont  amené  à  faire  au  projet  pri- 
mitif, c'est  à  sa  sage  direction  que  nous  avons  eu  recours; 
et,  au  moment  de  publier  ces  pages,  sa  haute  approbation  nous 
est  un  granti  encouragement. 

Que  M.  A.  Puech  veuille  bien  agréer  ici  l'expression  de  nos 
1res  vifs  remerciements. 

Note  de  la  Rédactd^n.  —  Cet  article  présenté  comme  Thèse 
complémentaire  devant  la  Faculté  des  Lettres  de  Paris,  le 
17  novembre  1921,  a  valu  à  son  auteur  le  titre  de  Docteur  es 
Lettres,  avec  Meriiion  Très  Honorable  à  l'unanimiti'. 

La  pagination  du  tirage  à  part  est  reproduite  au  bas  des 
pages.  Dans  le  corps  de  cet  article  les  renvois  se  rapportent 
également  à  cette  même  pagination. 

La  thèse  portait  en  tête  la  dédicace  sui\'ante  : 

PIAE    MEM0R1AE 

HENRICI    MARIÉS    SACERDOTIS 

PATUVI    CARISSIMI 

QVEM    ORPHANIS    ADIVTOREM    ET    P.VTREM 

DEUS    ESSE    VOLVIT 


[vl 


CHAPITRE  PRE.MIEI! 

EXAMEN    SOMMAIRE 
DES    ÉLÉMENTS    DE    LA    TIUDITluN   MANUSCIUTE. 

Tous  li^s  manuscrits  qui  seront  (Hudii-s  ou  nientionni's 
c'i-aprt'S,  sauf  le  Paris,  pr.  KiS  n'  66,,  appartiennent  à  des  tra- 
ditions caténales.  Mais  le  type  des  chaînes  auquel  ils  se  rat- 
taciiont  est  très  loin  d'être  uniforme. 

Indépendamment  de  la  catégorie  oii  il  se  trouve  rangf. 
chaque  manuscrit  porte  un  numéro  d'ordre. 

Chacun  de  ces  numéros  comprend  trois  rubriques  : 

A  :  Description  ou  désignation  du  manuscrit  : 

B  :  Indication,  quand  elle  est  possible,  de  Vélêndue  des 
l'Oiiions  ou  du  nombre  des  fragments  du  Commentaire  de 
Diodore,  contenus  dans  ii-  manuscrit.  Un  siul.  le  manu.scrit 
Coislin.  gr.  -JT.j,  contient  ce  Commentaire  en  entier; 

C  :  Une  brève  estimation  de  l'importance  du  manuscrit  au 
point  de  vue  de  l'édition  future  du  Commentaire. 

On  donnera  en  appendice  une  liste  des  fragments  déjà  relevés 
d'une  façon  définitive.  (Voir  p.  107,  .\pp.  I.) 

Dans  les  descriptions  on  a  laisse  en  latin  les  indications 
transcrites  du  Catenannn  Urai-caruni  Catalogus  de  G.  Kar'»  et 
J.  LiKTZMANN  (Vus  dcu  Naclirichtcn  der  K.  Gesellschaft  der 
Wissenschaften  zu  Gottingen.  Philologisch-historisçhe  Klasse, 
\<.>iy2,  Hcft  I,  3,  :>). 

on  a  jugé  utile  de  reproduire  ici  ces  indications  et  non  jias 
seulement  d'y  renvoyer.  Ce  Catalogue  n'est  pas  facilement  acces- 
sible à  tous  les  lecteurs.  On  a  e.xpliciU^  toutes  les  abréviations 
du  Catalogue,  mis  des  majuscules  après  les  points,  mulliplié 
les  renvois  à  la  ligne,  pour  rendre  plus  aisée  la  lecture  de  ces 
renseignements. 

On  a  intercalé  ou  ajouté  quelques  remarques  et  plusieurs 
compléments.  <  in  l'a  fait  en  français  :  ces  additions  ou  rectifica- 
tions so  distingueront  ainsi  plus  facilement. 

[1]  - 


\ 
04  REVUE    UE    l'orient    CHRÉTIEN. 

On  a  présenté  ensemble  les  manuscrits  réunis  dans  un  même 
groupe  par  Karo  et  Lietzmann.  S'appuyant  sur  l'analyse  des 
Prologues,  que  contiennent  presque  toujours  les  chaines,  et 
sur  la  liste  des  extraits  patristiques  pour  deux  psaumes,  le 
•22''  et  le  1 15%  Karo  et  Lietzmann  ont  classé  les  75  chaînes  qu'ils 
ont  vues  pour  les  Psaumes  en  -27  groupes  ou  familles.  Cette 
classification  provisoire,  nullement  définitive,  a  l'avantage  de 
mettre  déjà  un  certain  ordre  dans  une  masse  de  documents 
assez  souvent  disparates.  On  l'a  donc  respectée,  tout  en  faisant, 
comme  les  savants  auteurs  qui  l'ont  établie,  des  réserves 
expresses  sur  les  modifications  que  des  enquêtes  plus  appro- 
fondies poiirront  y  apporter. 

Karo  et  Lietzmann  n'ont  pas  donné  les  noms  des  auteurs  cités 
pour  les  groupes  L\,  X\  111,  .\X,  XXV,  XXVII. 

Nous  avons  pu  cependant,  grâce  à  des  enquêtes  personnelles, 
faire  entrer  ici  en  ligne  de  compte  : 

IX  :  Vaticanus  Reginae  40  :  n"  12; 
XXV  :  Parisinus  143  :  n"  77  ; 

et  aussi,  grâce  aux  indications  fournies  par  les  descriptions  de 
Karo  et  Lietzmann  : 

XVIII   :  Mosquensis  Bibl.  syn.  358  :  n^s  32,  63. 
-X.XVII  :  Parisinus  1G4  :  «  auclores  citantur  »  spécial  :  n»  36; 
<      :  Oxoniensis  Collegii  novi  31  :  n"  10. 

On  nous  reprochera  peut-être  d'avoir  accordé  trop  de  place  à 
tel  ou  tel  manuscrit  peu  important  ou  peut-être  même  inutile. 
Il  nous  est  apparu  qu'il  était  utile  et  même  nécessaire  de  faire 
ce  premier  inventaire  aussi  complet  que  possible.  Sous  cette 
forme,  il  permettra  d'étudier  et  d'apprécier  la  valeur  respective 
des  différents  témoins.  Cette  valeur  exacte  une  fois  reconnue, 
on  pourra  alors,  en  pleine  connaissance  de  cause,  reléguer  au 
dernier  rang,  ou  même  laisser  tomber  tout  à  fait,  telle  ou  telle 
unité  moins  importante  ou  même  négligeable,  qu'il  y  aurait 
danger  présentement  à  écarter  dès  l'abord. 

Nous  avons  mentionné  chaque  manuscrit  autant  de  fois  que 
les  diverses  traditions  qu'il  représente  l'exigeaient.  De  ce  chef 
les  renvois  ont  dû  être  multipliés  et  l'on  n'a  pas  peut-être  évité 
toute  redite. 

[2J 


I 


I 


COMMEXTAinK    UK    DIODORK    DK    TARSE    sVa    LES   PSAUMES.       0.') 

Les  trois  rubriques  :  A.  Description.  —  B.  Fragments 
ou  portions  du  Commentaire  de  Diodore.  —  C.  Impor- 
tance... sont  répétées  à  ciiaquc  nuincro,  luéine  lorsqu'il  ne 
figure  sous  œlte  rui.rique  qu'un  simple  renvoi.  Tout  Lien  con- 
sidéré, nous  avons  préféré  adopter  et  maintenir  rigoureusement 
dun  liout  à  l'autns  puur  chaque  numéro,  un  plan  uniforme. 
Cette  uniformité  nou.s  a  paru  devoir  être,  pour  ceu.\  qui  auront 
à  consulter  ce  répertoire,  ce  qu'il  y  a  de  plus  commode. 

On  trouvera  par  ailleurs  à  l'Appendice  II,  p.  117,  une  liste 
spéciale  de.s  ciiaines  qui  donnent  à  la  fois  du  Diodore  in 
l'salmos,  sous   la    signature   ài-M,p-yj  et    sous   la  signature 

\'j27-:xzizj. 

Enlin,  la  TaMe  générale  des  Manuscrits  passés  en  revue. 
Table  II,  p.  l-i(i,  permettra  de  trouver  tout  de  suite  les  ûiù'c- 
rents  numéros  où  tel  ou  tel  manuscrit  est  étudié. 

%  l.  —  TUADlTluX  AIOAQ'POr. 

La  tradition  portant  expressément  le  nom  ou  le  sigle  de  Dio- 
dore :  A..c-:J,p:,  ou  A..::,  est  partout  de  forme  fragmentaire. 

Nous  examinerons  dai.ord  les  manuscrits  que  nous  avons 
relevés  à  l'aide  des  indications  du  Catalogus  de  Karo  et  Lietz- 
mann.  puis  nous  en  examinerons  un  autre,  que  ce  catalogue  ne 
signale  pas  mais  qui,  du  point  de  vue  de  Diodore,  a  son  impor- 
tance. 

I"  SECTION.  -    MAXUSCHITS  RELEVÉS 
A  LAIDE  DU  CATALOGUS  CATENARUM 
GRAECARCM  DE  KARO  ET  LIETZMAXN. 

I.  -  GROlPK  I  (Karo  et  LiETz.MAN\,  Catalogus,  pp.  21-21). 

1-  —  U.XONIE.VSIS  BoDLEiANUs  .M.S,  Auct.  D.  4,  1  (La  cote 
.yiscellaneus  r,  donnée  par  K.  et  L.  est  celle  du  catalogue  de  la 
B.:.dleienne  de  Henr.  0.  Coxe,  I8r,3  :  la  cote  actuelle  est  celle  que 

nous  donnons.) 

A^  -  Description.  -  Codex  saeculi  I.\,  inembranaceus,  23  X    17  8 

:31 

OHIEST   CHRÉTlDt. 


QQ  REVIE    DR    l'orient    iURÉTIEN. 

r.tpna  te\tum  subsequitur,  34-37  versibus  exarata. 
■»tus  "acerlitteris  uudalibus  exaratu.,  catena  littens  m.nuscuhs. 
Tituli  (litterae  initiales  interdumi  miniati. 
Noniina  auctorum,  quae  textui  inserta  sunt,  atra. 
Litterae  initiales  et  picturae  maxime  viridi  colore  abundant. 
Quaterniones  non  numerantur. 
318  folia  continet. 
Continet  Catenam  in  Psalmos.  et.  foho  301  r.,  Odas. 

B   -  Nombre  de  fragments  signés  Diodore. 

a.'  _  Cataloyas  K.  el  L.  p.  21  :  «  Diodo.iis  ■>  2o,  3-.-?  34. 

1  Q  1  V 

b'I  M.iR  Fauliiaber,  Theologische  Quarlalschrift  de  TUiii- 
versité  de  Tubiague  :  Eine  werlvolle  Oxfovder  Handschrifl, 
1901  P  'M8  «  ..  werden  in  der  Catene  folgende  Autoien 
citiei't  :  ...  Diodur  zu  25  (in  einem  Doppellemma  mil  Theodoret), 
32''    31    131?  .-.»  PP- 222-223. 

G  -'importance  de  ce  manuscrit.  —  Au  point  de  vue 
de  l'édition  du  Commentaire  de  Diodore  sur  les  Psaumes,  étant 
donné  le  tout  petit  nombre  de  fragments  que  ce  manuscrit  nous 
en  a  conservés,  son  importance  est  minime;  d'autant  plus  que 
des  doutes  paraissent  s'attaclier  à  deux  au  moins  de  ces  frag- 

""Trcontraire,  pour  la  classification  des  témoins  partiels 
(cliaines  proprement  dites)  l'ancienneté  de  ce  manuscrit  donnera 
peut-être  à  son  témoignage  une  valeur  toute  spéciale. 

Il  sera  certainement  à  examiner.  Au  cas  où  il  taudrait  dresser 
la  liste  de  son  contenu,  l'article  de  M-  Faulhaber,  cite  plus 
haut,  faciliterait  singulièrement  la  tâche. 

II.  -GROUPE  m  (Kauo  et  LiETZMANN,  CaUilogus,  pp.  25-28). 

2.  _  Parisinus  Bibliotuecae  Nationalis  139.  —  (K.^RO  et 
LiETZMANN,  Catalogus,  pp.  25-28.) 

A.  -  Description.  -  Codex  saeculi  X  inountis  membranaceus, 
35,5  X  26  centimetrorum. 

Catena  margini  inscrijjta  est,  70  versibus  exarata. 

Litterae  initiales  eontextus  sacri  auratae. 

Tituli  singulorum  Psaln.orum  aurati  et  variis  ornamentis  cmcti. 

Lemmatum  signa,  nomina  auctorum  (quae  textui  inserta  sunt)  miniata. 

[4] 


COMMKNTAIRK    OK   DtODORf:    01'.   TARSE   SIK    LES   PSAIMES.       G7 

Initio  pii-turao.  iti-in  siiii;iilas  Odas  pictiirae  praecedunt. 

W.t  folia  continet.  A';i  rènlité  il  cimlieiil  iS'J  folios,  parce  i/iie  la  numéro- 
tiiiian  390-1199  est  reproduite  deux  foin  à  la  suite  dans  la  payination.] 

l'atena  in  Psalmos  1-151  (••.  XXII,  f.  53  r.,  CXV.f.  372 v.)  et  Odas  (inci- 
pit  f.  -120  r.,  explicit  f.  448  v.). 

l'eut  tMre  y  aurait-il  lieu  de  distinguer  plusieurs  mains.  Comparer  par 
'xcmple  folio  ^{10  v.,  et  folio  311  r.  ;  et  ailleurs. 

B.  —  Nombre  de  fragments  signés  Diodore.    —  .M'en 

ti'iiaiil  ;ui.\  iiulicaliuiis  du  ('aluldtjus,  j'ai  ilcpnuilli-  re  inanus- 
ciit  depuis  le  'i  SI,  fol.  288  \ .,  jusqu'au  'l  l.'iii  incl.,  fol.  118  r. 

Du  -l  81-',  fol.  -288  V.,  au  4  89'',  fol.  3lu  r.,  11  fragments  .sont 
attribués  à  Diudore.  Sur  ces  11  frati-nienls.  ;'.!»  se  retruuveiit 
tiwtuellcnient  dans  le  Commentaire  médian  du  ms.  Coislin. 
-r.  il'i.  Les  -l  qui  ne  s'y  retrouvent  pas  appellent  des  considé- 
rations spéciales.  (Voir  la  liste  de  ces  fragments  et  les  remar- 
i|iies  qu'elle  comporte,  plus  loin,  p.  107,  Appendice  I.) 

A  partii-  du  fui.  31((  v.,  'i  S!)  fin  jusqu'au  fui.  .3'.>7  r.  (pre- 
mière série  39i)-.3!)it)  'i  118  fin.  il  n'y  a  plus,  que  j'aie  vu,  de 
Itiodore. 

\  jiartir  du  fnl.  3'.t7  v.,  •}  1 10,  le  Commentaire  catéiial.  cumme 
l'avait  déjà  remarqué  le  ('atalogiis  de  K.  et  L.  est  attribué  par 
les  titres  en  rouge  au  seul  Jean  Chrysustnme. 

C.  —  Importance  de  ce  manuscrit.  —  Ce  manuscrit  est 
de  toute  première  impurtauei-.  lue  monographie  de\ra  lui 
être  consacrée. 

Il  importerait  entre  autres  de  s'assurer  qu'il  ne  contient  pas 
avant  le  •>  81  des  fragments  de  Diodore,  mais  non  signés. 

3.  —   PaUISI.VLS   BlIiLIuTlIECAE   Nationalis    148. 

A.  —  Description.  —  Codex  saeculi  .\VI  cliartaceu.s,  35,5  X  24  cen- 

timetroruMi. 

Catona  textum  subsequitur  311  versibus  exarata. 

Tituli.  littéral'  initiale.s.  nouiiiia  auctorum  (quae  niargini  adscripta  sunt) 
miniata. 

Catona  in  Psalmos  1  ad  70  ex  Parisino  descripta. 

B.  —  Nombre   de  fragments  signés  Diodore.  —  Ce 

manuscrit  ne  d"il  en  contenir  aucun.  Il  est  une  copie  du  Paris, 
gr.  139.  Or  dans  le  Paris,  gr.  139,  sauf  meilleur  examen,  les 
fragments  de  Diodore  vont  «lu  •!/  SI  au  6  89.  Le  Paris,  gr.  1 48 


68  REVUE   DE   l'orient    CHRÉTIEN. 

donnant  une  cliaine  qui  va  de  6  l  k  à  76  ne  doit  en  contenir 
aucun. 

C.  ~  Importance  de  ce  manuscrit.  —  Du  point  de  vue 
de  l'édition  du  Cummentaire  de  Diodore  ce  manuscrit  est  négli- 
geable. Il  ne  présente  qu'un  intérêt  secondaire  pour  l'évolution 
du  type  de  chaîne  auquel  il  se  rattache. 

4.  —  Ven?:tus  Marcianus  17. 

A.  —  Description.  —  Codex  saeculi  X  membranaceus,  39  X  30,  5  cen- 
timetrorum. 

Catena  margini  inscripta  est  66  versibus  exarata. 

Litterae  initiales,  tituli,  lemmatum  numeri,  nomina  auctorum  (quae 
textui  inserta  sunt)  aurata. 

Nomina  auctorum  saepius  desiderantur. 

Quiniones  non  numerantur. 

Initio  2  folia  non  numerata  picturas  praebent. 

430  folia  continet. 

Catena  in  Psalmos  1-150  et,  folio  411  r.,  (in)  Odas. 

In  parte  posteriore  nomina  omnino  desiderantur. 

Cf.  Wattenbach  et  V.  Welsen,  exempla  Codicum  graecorum  mi[nuscu- 
lorumV],  tabula  X. 

B.  —  Nombre  de  fragments  signés  Diodore.  —  Actuel- 
lement, ce  nombre  est  inconnu. 

C.  —  Importance  de  ce  manuscrit.  —  Le  degré  de  parenté 
de  ce  manuscrit  avec  le  Paris,  gr.  139  sera  à  étudier  de  près. 
Cette  parenté  paraît  étroite  (voir  plus  bas,  n°  5,  A.). 

Le  relevé  des  fragments  de  Diodore  qu'il  contient  sera  à 
faire  avec  soin. 

Si  le  Venetus  Marcianus  17  dépend  étroitement  du  Paris, 
gr.  139,  en  ligne  directe  ou  collatérale,  et  .si  les  fragments  de 
Diddorc  qu'il  a  conservés  sont  les  mêmes  que  ceux  qui  se  trou- 
vent dans  le  Paris,  gr.  139,  ce  manuscrit  n'aura  plus,  du  point 
de  vue  du  Commentaire  de  Diodore,  qu'une  importance  secon- 
daire :  celle  d'un  témoin  permettant  d'étudier  l'histoire  et 
l'évolution  d'un  type  de  chaîne. 

5.  —  MoxACENSES  BiiiLioniEOAE  Rehiae  12-13. 

A.  —Description.  — Codices  saeculi XVI  (a.  1550)chartacei,32,5  X  23,5 

centimetrorum. 
Catena  textum  subsequitiir  30  ver.'îibus  exarata. 

[6] 


lOMMENTAIRE    DK    niODORE    I>F.   TARSE   SUR    LES    PSAUMES.       6^ 

Contextus  sacer,  nomina  auctorum  (quae  teïtui  inserta  sunt),  lemma- 
tum  sifrna,  miniati. 

Quaterniones  nunierantnr  et  custod[iaria  folia  (?)  :  les  feuillets  de 
'inrde?]. 

I  r.'.>0,  il  592  folia  continet. 

13  :  Catena  in  Psaimos  1-65. 

i:!  :  Catena  in  Psaimos  66-150  et  Odas. 

12.  folio -lllll"  (SIC)  :  T£Xo;Toâ  t.'^m-zij  Ti;j.oij  :  éyP*?''  '■'"''  "/E'pôî  i\u>\i  ijjLixavaurjXou 
:    j  EjSeveî  Toû  èx   [iov£[i6io:a;   ï-ou;    ànô  ypiiTOÛ  Y^vyiiaetoî  ^a"   ç""v"  xatà  fiîiva 

j).'  x>)  àutiiv  T=  00  juiii  1550. 

13,  folio  592  :  xi'i  6  r.i^tni  toa'  ^o;  èTEXtuôO'  oià  ycipo;  tjioû  ?jxixivour|X  to5 
|ΣUL6a...  Toy  Iz  ixovEu6x7''x;  xitî  (A^^va  vo£jj.6piov  "sUl^tt]  ç6(vovto;  *  *  •  eto'j;  yt).'.0JTu> 

( —  oj  corr[exit  quiSj)  -EvTixooioTtiû  ( —  oO  corr[exit  quis]i  nEviriXoitÇi  ( —  o3 

corr[exit  quis])  [èv  IvETia?  erasum]  ÊV£T(r,a!  =  Venetiae  26  novembris  1550. 

Sequitur  manu  altéra  ejusdem  saeculi  ÈÇtitoO'  /.a\  toûto  xiti  to  Ixjtoj 

dvTiYc'. 

Ex  gemello  Veneti  17,  non  ex  ipso,  descripta  videtur  [haec  catena]. 

Ces  n*  12  et  13  de  la  Bibliothèque  Royale  de  Munich  sont  les 
fleux  manuscrits  que  Cordier,  en  plus  des  cinq  principaux,  a 
utilisés  pour  la  compilation  de  la  Catena  Palnim  de  son  Expo- 
sitio.  (Voir  plus  loin,  Append.  111,  p.  119.) 

Or,  cette  Catena  Patrum  reproduit,  d'après  13  de  .Munich, 
une  erreur  de  renvoi  qui  se  trouve  aussi  dans  le  Paris,  yr.  139. 

En  effet,  Paris,  gr.  139,  fol.  iOi  r.,  renvoie  au  verset  13  du 
•i  83  le  fragment  suivant,  signé  Aisswpîj  :  s  0£:ï,  oT,n[,  twv  cuvâ- 

\).itù't  xaî  s  -ûi'i  r,yi=-:î'p(i)v  rpîYîviov,  èrt'ixsivîv  û-£pa5zuo)v  r,;j.wv  -/.a'' 
ipivT'.sîv  y.xl  -f,^  £j-pîZ£;a;  -.f,z  ^sti'.Xïîa;  r,iJi(ov.  Xpis^bv  yi?  iVTzOSa 
aJTîj  7.a/.£C  Tiv  £•/.  Baîj/.ôiv:;  èravîAQivTa  ^a-'.At'a  tîv  Zîps£a5£'"A. 

11  est  évident  que  ce  fragment  se  rapporte  au  verset  10  : 

t:j.  Et,  de  fait,  le  Commentaire  médian  du  ms.  Coi-slin.  gr.  275 
donne  ce  texte  au  verset  10. 

La  Catena  Patnun  de  VExpositio,  au  contraire,  d'après  le 
Monac.  13,  le  rapporte  pourtant  elle  aussi,  comme  Paris,  gr. 
139,  au  verset  13. 

Or,  selon  Karo  et  Lietzmann  (voir  plus  haut,  description, 
fin)  la  Chaîne  du  Monac.  13  semble  avoir  été  transcrite  d'un 
manuscrit  jumeau  du  Ven.  .Marc.  17. 

Le  VenetusMarc.  17  avait  donc  lui-même  cette  erreur,  et  cette 
concordance  dans  une  erreur  très  particulière  et  précise  con- 


70  REVUE    DE    l'orient    CHRÉTIEN. 

firme  la  parenté,  déjà  reconnue,  du  Yen.  17  avec  Paris,  gr. 
139. 

B.  —  Nombre  de  fragments  signés  Diodore.  —  Des  41 

frap;ments  signés  Diodore  qui  se  trouvent,  du  à  81  au  à  89, 
dans  le  Paris,  gr.  139,  -20  seulement  se  retrouvent  dans  la 
Catena  Patriim  de  YExpositio  de  Cordier.  (Voir  plus  loin, 
p.  107,  Appendice  I.) 

Ces  20  fragments  proviennent-ils  tous  du  seul  xMonac.  13? 
Et,  à  supposer  que  oui,  Cordier  a-t-il  publié  tous  les  fragments 
de  Diodore  que  contenait  ce  manuscrit?  Deux  questions  aux- 
quelles on  ne  saurait  donner  actuellement  de  réponse. 

C.  —  Importance  de  ces  manuscrits.  —  Du  point  de 
vue  de  réditi(Mi  du  cnmineiitaire  de  Diodore  l'importance  de 
ces  deux  manuscriis  est  problématique. 

D'un  point  de  vue  d'intérêt  secondaire  leur  examen  per- 
mettra :  1°)  d'étudier  l'évolution  d'un  type  de  chaîne  (voir  déjà 
à  ce  sujet  les  remarques  de  J.  Deconinck,  Essai  sur  la  Chaîné 
de  l'Octateuque  avec  une  édition  des  Commeniaires  de  Dio- 
dore de  Tarse  qui  s'y  trouvent  contenus,  Paris,  1912;  pp.  27-' 
28);  2°)  d'identifier,  pour  les  exploiter  elles-mêmes  directement, 
les  sources  manuscrites  de  l'ouvrage  de  Cordier  et  de  préparer 
ainsi  ce  qu'on  pourrait  Rappeler  la  «  liquidation  »  de  son  Expo- 
sitio  in  Psalmos.  (Voir  App.  III,  p.  119.) 

6.  —  Atiiemensis  Biiu.iothecae  Nationalis  1.5. 

A.  —  Description.  —  Codex  saeculi  XllI  membranaceus,  26  X  10  <-'en- 
timetrorum. 

Catena  textum  subsequitur  26  versibus  exarata. 
Contextus  sacer  litteris  semiuncialibus  et  >  (miniatis)  insignis. 
Litterae    initiales,  noinina   auctorum    (quae    margini    adscripta    sunt) 
niiniata. 
367  folia  continet. 
Catena  in  Psalmos  3-36,  initie  et  in  fine  mutila. 

B.  —  Nombre  de  fragments  signés  Diodore.  —  Si  la 

dépendance,  en  ligne  directe  ou  collatérale,  de  cet  Athen.  45 
avec  le  Paris,  gr.  139  est  stricte,  et  si  le  Paris,  gr.  139  ne 
contient  réellement  pas  de  fragments  de  Diodore  non  signés 
avant  le  tj;  81,  il  n'y  a  aucune  chance  de  trouver  dans  l'Athen. 
45  des  fragments  de  Diodore. 

[8] 


COMMENTAIRE   DE   DIODORE    DE   TAItSK   SLIt    LES    PSAUMES.       71 

C.  —  Importance  de  ce  manuscrit.  —  Du  point  île  \  ue 
de  l'édition  du  Commentai le  de  Diodure  l'importance  de  ce 
manuscrit  est  très  pnpblcmatique;  reste  l'intiTèt  qu'il  pourrait 
avoir  pour  étudier  l'évolution  d'un  type  do  chaîne. 

7.  —  RnMAM   \.\TI(  AM    1677-1678. 

A.  —  Description.  —  Codices  saeculi  XVI  ciiartacci,  33,5  X  23  cen- 
timetrorum. 

Catena  textuin  subseiiuitur  30  versibus  exarata. 
Contextus  saccr  non  diftert  a  catenae  litteratura. 
Litterae  initiales,  tituli,  lemmatum  signa,  nomina  auctorum  (quae  textui 
inserta  sunt>  miniata. 
Quiniones  numerantur  (folio  primo  incipit  quinio  a'). 
Prior  2J6  folia  continet,  posterior  1-510,  vel  246-757  («ict  folia. 

Folio  1  r.  Jo.  Mdltliai'i  Gi/ierli  epi  Veroii. 

Codex  1678  diversis  manibus  exaratu.s  :  incipit  manus  2  folio  53/271, 
manus  3  folio  419,660  r.,  manus  2  folio  427/r)6H  r.,  manus  3  folio 
4:W/671  r..  manus  2  folio  441  6.S2  r.  usque  ad  finem  pergit. 

Codex  1677  continet  Catenam  in  Psalmos  54,  circa  finciii  (incipit  vîv 

jîSvo;  Tr,/  jiaiiXê'a/...)  —  73. 

Codex  1678,  Catenam  in  Psalmos  74-151  et  Odas. 

B.  —  Nombre  de  fragments  signés  Diodore.  —  Si  la 

dépendance,  en  ligne  directe  ou  collatérale,  de  ces  manuscrits 
avec  le  Paris,  gr.  139,  est  stricte,  et  si  le  Paris,  gr.  139  ne  con- 
tient réellement  pas  de  Diodore  avant  le  (t  81,  seul  le  ms.  Rom. 
\'at.  lt)78  pourra  avoir  pour  nous  quelque  intérêt.  Peut-être 
reproduit-il  tuus  les  fragments  A-.iswpij  doimés  par  le  Paris, 
gr.  139;  peut-être,  comme  vraisemblablement  le  Monac.  13, 
n'en  reproduit-il  que  quelques-uns  :  cela  serait  à  voir. 

C.  —  Importance  de  ces  manuscrits.  —  Pour  l'édition 
du  Commentaire  ces  manuscrits  n'ont  qu'une  importance  très 
problématique;  pour  l'Iiistoire  et  l'évolution  d'un  type  de  chaîne 
ils  pourront  présenter  quelque  intérêt. 

8.  —  Ro.MANi  Vatican]  1G8-2-1683. 

A.  —  Description.  —  Codices  saeculi  XVI  chartaceî,  42  X  27,5  centi- 
metroruin. 

Catena  textum  subsequitur  46  versibus  exarata. 

Contextus  sacri  primus  quisque  versus  miniatus. 

Tituli,  litterae  initiales,  quaternionum  nuineri,  lemmatum  signa, 
nomina  auctorum  (quae  textui  inserta  sunt)  miniata. 

[9] 


iZ  RF.VLE    DE    L  ORIENT    CHRETIEN. 

Quaterniones  numerant\ir  et  custod[iaria  folia  :  les  feuillets  de  garde?] 

Duo  volumina  continet. 

Prius  292  folia  continet,  posterius  261  folia. 

Codicis  1683  folia  dupliciter  numerantur  :  1  =  293,  etc. 

1682  :  Catenam  continet  in  Psalmos  1-68; 

1683  :  Catenam  in  Psalmos  69- 151  et  (idas. 

B.  —  Nombre  de  fragments  signés  Diodore.  —  Ce  que 

nous  avons  dit  en  B  du  n"  7,  à  propos  du  Rom.  Vat.  1678  est  à 
répéter  ici  à  propos  du  Rom.  Vat.  1683. 

C.  —  Importance  de  ces  manuscrits.  —  Ce  que  nous 
avons  dit  en  C  du  n°  7  est  à  répéter  ici. 

9.  —  Mediolaniensis  Ambrosianus  C  164  inf. 

A.  —  Description.  —  Codex  saeculi  XVI  chartaceus,  34  X  23,5  centi- 
metrorum. 

Catena  textum  subsequitur  37  versibus  exarata. 

Contextus  sacer,  lemmatum  signa,  nomina  auctorum  (quae  textiii  in- 
serta  sunt)  miniata. 

,38  qniniones,  non  numerati; 

Foliorum  quoque  numeri  desunt. 

Correcturas  adscripsit  manus  2  (Pinelli  videtur). 

Catenam  continet  in  Psalmos  1-54. 

In  fine  oià  "/.£ipb;  èjirjO  XewvâpSsu  çojpTi'ou. 

B.  —  Nombre  de  fragments  signés  Diodore.  —  Il  n'y  a 

guère  de  cliance  d'en  trouver,  pour  les  mêmes  raisons  qui  ont 
été  données  pour  le  ms.  Athen.  Bib.  Nat.  15;  voir  plus  haut 
n"  6,  B. 

C.  ~  Importance  de  ce  manuscrit.  —  Pour  l'édition  du 
Commentaire  l'importance  de  ce  manuscrit  est  très  proljléma- 
tique;  pour  suivre  l'évolution  d'un  type  de  chaîne,  il  pourra 
présenter  au  contraire  quelque  intérêt. 

10.  —   OXONIENSIS   COLLEGII   NOVI   31. 

Nous  faisons  rentrer  ici  dans  le  groupe  III,  ce  manuscrit 
que  Karo  et  Lietzmann  citent  au  groupe  XXVIl,  parmi  les 
«  codices  varii  »  {Catalogus,  p.  63).  Eux-mêmes  d'ailleurs 
notent  justement  qu'il  appartient  au  groupe  III. 

A. —  Description.  —  Codex  saeculi  XV  chartaceus,  33,6  X  22,5  cent. 
Catena  textum  subsequitur. 

[10] 


COMMENTAIRE    MK    DInOOlU-;    HE    TARSE    SUR    LES    PSAUMES.        l6 

Catena  in  Psalmos  1-1)7,  17. 

Kst  cateiia  III.  vide  p.  2j  ^du  Catalogue]. 

Ps.  32  lacuiia  periit.  Kaulhaber. 

B.  —  Nombre  de  fragments  signés  Diodore.  —  Ce  que 
11' MIS  avons  dit  en  B  ilu  n"  6  esl  à  répéter  ici. 

C.  -  Importance  de  ce  manuscrit.  —  Ce  que  nous  avons 
dit  en  C  du  n  6  est  à  ivpùler  ici. 

III.  —  (iROLPE  V  (K.ARO  et  LiETZMANN,  CatoloQiis,  p.  29). 
11    —  V'i.VDOBONENSIS   BiBLIOTIIECAE  ImPERIALIS  ThEOLOGICUS  8 

(du  Catalogue  A'essel,  1690)  =  10  (du  Catalogue  Lambcc/,-  .- 
T'  édit.  167(1;  -2' éd.  revue  p&r  Koll a r  :  1770).  Voir  n"  68. 

A.  —  Description.  —  Codex  saeculi  X/XI  membranaceus,  34,5  X  28 
iifimetrorum. 

(  atena  margini  inscripta  est. 

Contextus   sacer  25    versibus  litteris   semiuncialibus  exaratus  apici- 

bus  ^  insignis  cum  commentario  anonymi  conjunctu.s. 

Catena  in  margine  adscripta  circa  47  ver.sibus  exarata,  nulla  rations 

iitextus  sacri  habita,  ita  ut,  verbi  gratia,  Psalmi  pte'  textus  folio  203  r., 
1  atena  folio  181  r.  occurrat. 

Saepius  ipsa  catena  cingitur  commentario  Origeni  adscripto,  qui  ad 
ejusdem  paginae  textum  spectat  et  non  numquam  intermittentis  catenae 
spatium  explet. 

Quaternionum  numeri,  nomina  auctorum  quae  margini  adscripta  sunt, 
atra,  .saepe  de.siderantur. 

Catena  in  Psalmos  sine  prologis. 

De  Cordorii  editione  vide  p.  20  [Calalogi  :  Voir  surtout  ci-après,  n"  68 
p.  76  et  Appendice  III,  p.  U'J]. 

Lacuna  perierunt  Ps.  5-37,  9''. 

B.  —  Nombre  de  fragments  signés  Diodore.  —  D'après 
le  Cata/oijus  de  Karo  et  Lietzinann,  2  :  «  Diodonis    19",  52°. 

C.  —  Importance  de  ce  manuscrit.  —  Limportance  de 
ce  manuscrit  est  capitale,  non  pas  tant  à  cause  de  la  chaîne 
marginale  qu'il  contient  qu'à  cause  du  Commentaire  anonyme 
autour  duquel  elle  est  bâtie. 

Une  monographie  devra  lui  être  consacrée. 
Nous  parlerons  plus  en  détail  de  ce  manuscrit  quand  nous 
étudieron.s  la  tradition  anonyme  du  Commentaire  de  Diodore 


71  REVUE  rtE  l'orient  chrétien. 

sur  les  Psaumes.  (Voir  notammeni  plus*  loin,  p.  7G,  n°  68  et 
p.  119,  Append.  III.) 

Dès  à  pivsent  notons  que  ce  Vindob.  8  (10)  est  de  toute  pre- 
mière importance  :  1")  pour  l'édition  du  Commentaire;  2°  comme 
exemple  d'un  type  de  chaîne  assez  rare;  3°)  pour  la  «  liquida- 
tion  »  de  ÏExpositio  iii  Psalmos  de  Cordier  :  sa  Paraphrasis 
Anonijini,  en  majeure  partie  compilée  de  ce  Vindob.  8  (10), 
Contient  des  portions  entières  de  Diodore,  remanié  le  plus 
souvent,  mais  encore  assez  souvent  intact. 

IV.  —  GROUPE  IX  (K.vRo  et  LiETZMANN,  Catalogua,  p.  35). 

12.  —  RoMANUs  Vaticanus  Reginae  40.  (Holmes  and  Parsons 
273.) 

A.      Description.  —Codex  saet'uli  XIV  bombycinus,  '32,  5  ><  16,  5  ceiiti-  : 
iiietmruin. 

Contextus  sacer  cum  Hesychii  cominentario  cingitur  catena  marginali. 

Litterae  initiales,  lemmatiim  miineri  iiiiniati,  iiomiiia.  auctorum  (quae 
textui  in.scrta  sunt)  atra. 

Quaterniones  non  uumerantur, 

Folia  iiltima  re.sai'ta. 

344  folia  continet. 

Catena  in  Psalinos  1-150. 

Initie  -{-  i  TouTO  .    .   .  £tov  y.a.\  \tpov  piSX; 
ov  TÔ  in V  oavirjX  îs&o 

a  eiç  Tov iip'Jopo 

IJ.OV  Tri;  a/.rjTc(o;  i'yE  x.    .    '.  zi):  api 

zac  ^Tt;  tÔ  àjcoaTEpiiar]  y  .    .   .    içopia|j.£woç 

-xpà.  00  :;avTO/.pàT.    .    . 

In  Une  loi.  344  r.  iv  tB>  sïpdvxt  0£;to  ■JiiXTrjpIto  (jléio  .  .  .  tùv  xaTaSaiGiv,  /.tîzxi 
To  u///  auv  aÙTOï;  y.xX  t\  toûtuv  èÇtÎyioiç  [toû  jxazjapîou  7]Ou/iou.  o!  j^poïat  Twv 
/.ccpaXfafdjv]   Jiï/optToua«t    Ta  /.£Î[ij.Ev]a   [jiEXÉTia   TÙiv   ^'«^H-'^^i   "*'  ''"''    ÈÇïjYTiaewv 

TOJTIOV     yjproOîV     OÏ    [IvJ     To";     [ji£]T(onÎ0i;,     lT£6ï)liaV    nXlTUTÉpiOÇ     iTÉptOV     £p[JlïjV£UTÛV 

....  p  » 

oiayoptu[v  £?»1y]   «Îoeiî,   tûv  i5vo|jâTu)v    SriXoujiévcov  aiTÛv  èv    t^  ip'/.^    tï?    xiTaai'a; 

£;t[t  xj]  OnoOc<3£i  IÇrjY'iasojç  aÙTiov,  8ià  '];r)o:a)[v]  S;  xai  tiviov  arjuaSirtov]  StjXouuÉvojv, 

EV  T(|)  xaOÈv  z£i|X£vu)  [iEX£[TÎ'ov]  /.li  Toû  È;r;YTi3a[JLivou  aÙTOj  lpp.[riv£u]ToS.  "va  6nd:e 

jiïv  pojXriOri   Ti;  •^/àXXriv  <}aX|j.bv,   va  EupiozEi  È|  ÉTOÎpLou,  xal  tjjv    toûtou   èv    auv()\|i£l 

■ctOunx'i  £p|ir,v£iav  toS  OeIou  7j[au]/^(ou.  6j:ôt£  8'  eÎjo;  OEXriiEi  -XaTUTÉp[(o;]  ÈpEuviioaî 

Ti  T(T)v  anopou[i.£[v(.iv  vji  Eûploxi]  ToûTo  Èv  TOK  [iETureîoly.  Vide  dc  liac  subscHp- 
tione  Merc.vti  Sturli  e  Te.sti  V,  I4(i. 

[12] 


COMMKXTAIRE    DE    DIODORE    DE   TARSE   SUR    LES    PSAUMES.       75 

B.  -  Nombre  de  fragments  signés  AtîSwpcj.  —  A.  Mai, 
dans  Am-'t  l'atnnn  Itihliothecu,  \I,  -J,  pp.  •J10--2r>S,  a  édité 
13.")  riagiiients  signés  A'.:;(.)p:j,  tirés  de  ce  niaiiusc  rit.  Ils  vont 
du  •>  51  (fol.  1 15  V.)  au  ■>  7  1  (fol.  157  r.). 

Ces  IVagments  ont  dé  reproduits  par  Mk.xe  P.  G., 
t.  X.WIII,  1.-).S7  ss. 

Ce  manuscrit  contient-il  encore  d'autres  fragments  signt-s 
A'.:î(ip:j?  C'est  plus  que  douteux. 

C.  —  Importance  de  ce  manuscrit.  —  Pour  l'iViition  du 
Comnientaiiv  dr  L»iudore  riin|Mirtaiici'  de  ce  manuscrit  est 
apparue  nulle  :  la  soi-disant  tradition  AiîSûpsj  qu'il  contient 
est  en  réalité  une  tradition  Ai;j[j.;j.  (Voir  :  Hi'c/n'rc/ies  de 
science  religieuse,  janvier-février  1U14,  pp.  7.'{-7lS.  Un  Com- 
mentaire (le  Didyme  pulttië  sous  le  nom  de  Diodore.) 

Pour  l'histoire  et  l'évolution  des  chaînes,  au  contraire,  et 
noiamment  pour  illustrer  ce  type  assez  rare  que  nous  avons 
léjà  rencontré  dans  le  Vindol».  8  (lu)  (voir  plus  haut,  n°ll,, 


ce  Rom.  \at.  Reg.  10  méritera  d'être  étudia 


-D 


V.  —  GROlPp;  .\  (Kaiîo  et  LiETz.MANX,  Catalogus,  pp.  35-37). 
13.  —  O.XOXIE.NSIS  BODLEIAXUS  Baroccianus  223. 

A.  -  Description.  —  Code.K  saeculi  .\V  cxeuntis,  cliartaceus  [injfolio. 
Catena  te.xtum  subsequitur  33  versibu.s  exarata. 

I.itterae  initiales,  noinina  auctorum  (quae  textui  inserla  sunlt  ininiata. 

Quatcrnionum  niiineri  :  a'  —  5-'. 

.')3I  folia  continet. 

(atcna  in  l'sahuos  et,  folio  002  v..  Odas  1-12. 

B.  —  Nombre   de   fragments  signés    Diodore.    —  Un 

soûl  :  mais  Karu  et  Lictzmann  n'indiquent  pas  le  fi'lio  où  il  se 
trouve! 

C.  —  Importance  de  ce  manuscrit.  —  Pour  l'édition  du 
Commentaire  de  Diodore  ce  manuscrit  sera  évidemment  d'une 
importance  bien  minime;  pour  l'étude  de  l'évolution  des  chaînes 
il  pourra  avoir  son  intérêt. 

VI.  -  GROUPE  XIV  (Kaic.  et  Lietz.manx,  Catalogus,  pp.  IJ-43). 


/6  REVUE    DE    L  ORIENT    CHRETIEN. 

14.  —  Mediolan'iensis  Ambrosi.\nus  B  106  sur.  Molines  and 
Parsons  113;  Martini-Bassi  127).  Voir  aussi,  n"  42. 

A.  —  Description.  —  Codex  saeculi  X  (anno  967)  membranaceus,  24  X 

18  centimetroriim. 

Catena  margini  inscripta  est,  38  versibus  exarata. 

Tituli,  litterae  initiales,  lemmatuin  numeri,  nomina  auctonim  (qiiae 
textui  inserta  sunt)  miniata. 

Inde  a  folio  212  nomina  saepius  atra,  post  Psalmum  100  déesse  soient. 

In  foliis  primis  nonnulla  a  manu  recenti  suppleta  sunt. 

256  folia  continet. 

^.î-  Hhris  J.  V.  IHnelli. 

Catena  in  Psalnios  et,  folio  241  v.,  Odas;  initie  mutila. 

Cf.  Palaeogr.  Soc.  1,  tab.  52. 

B.  —  Nombre  de  fragments  signés  Diodore.  —  D'après 
le  sens  de  l'astérisque  apposé  au  nom  de  Diodore,  ce  manuscrit 
contient  plus  de  lu  fragments  de  Diodore,  mais  l'endroit  oii  ils 
se  trouvent  dans  la  chaîne  n'est  pas  indiqué,  même  approxi- 
mativement, par  Karo  et  Lietzmann. 

C.  —  Importance  de  ce  manuscrit.  —  Indépendamment 
de  l'intérêt  limité  qu'il  présentera  pour  l'établissement  du 
texte  du  Commentaire  de  Diodore,  ce  manuscrit  a  encore,  avec 
dix-huit  autres  de  même  espèce  (voir  Append.  II,  p.  117),  un 
intérêt  tout  spécial  pour  l'histoire  de  la  tradition  de  ce  Com- 
mentaire. 

-'  En  effet,  non  seulement  il  contient  des  fragments  de  Dio- 
dore, bien  et  dûment  signés  AtoSwpsu,  mais  il  en  contient  aussi 
quelques  autres,  du  même  auteur,  mais  signés  'Ava(jTaat':u,j 
au  moins  2  (au  fol.  126  v.  à  76). 

15.  —  RoMANus  Vaticanus  1747  (Holmes  and  Parsons  271). 
Voir  aussi  n"  43. 

A.  —  Description.  —  Codex  saeculi  X/XI  membranaceus,  21  X  16 

centimctrorum. 

Catena  margini  inscripta  est,  36  versibus  exarata. 

Litterae  initiales,  tituli,  niiniati  vel  aurati;  nomina  auctorum,  quae  textui 
inscripta  sunt,  miniata. 

2  folia  initio  non  numerantur. 

288  folia  continet. 

Catena  sine  prologis  in  Psalnios  et  Odas. 

Folio  2*  r.  initium  Psalmi  1  hebraice  litteris  graecis  e.xpressum  et  graece 

[M] 


rOMMEXTAIRE   DR   DIODORE   DE  TARSE   SUR   LES   PSAUMES.        i  i 

versum.    Item    littfraruiu    hebraicarum    nomina   cliaracteribus   praecis 
conscripta. 

B.  —  Nombre  de  fragments  signés  Diodore.  —  l'rolia- 
blemonten  niriue  iioiuljre  que  il.ins  If  numéro  procrdcnt,  n"  14. 

G.  —  Importance  de  ce  manuscrit.  —  Si,  comme  c'est 
\  riiisemblablement  le  cas,  ce  manuscrit  est  étroitement  appa- 
renté au  précédent,  il  ne  présentera  plus  qu'un  intérêt  secon- 
liairo  :  l'intérêt  d'un  téniuin  pouvant  servir  à  étudier  l'évolu- 
tion d'un  type  de  chaîne. 

vil.  —  GRûLPE  .\vi  (KARuet  LiETZ.MANN,  Cdfulogus,  pp.  17-48). 

16.  —  Florentims  Laurextianus  VI,  3  (Holmes  and  Parsons 
202;.  Voir  aussi  n'  47. 

A.  —  Description.  —  Codex  saeculi  XI  membranaceus,  30  X  24  cen- 
tiinetrorum. 

Catena,  quae  textiim  subsequitur,  c[irciter]  51  versibus  exarata;  prologi 
TO  versibus  exarati. 

Tituli,  iitterae  initiales  miniatae. 

Lemmatum  nuineri,  noinina  auctorum,  quae  margini  adscripta  vel 
textui  inscripta  sunt,  atra. 

263  folia  continet. 

Catena  in  Psalmos  et,  folio  244  v.,  Odas. 

B.  —  Nombre  de  fragments  signés  Diodore.  —  Plus 
de  lu  d'après  le  L'ululngus,  si  le  contenu  de  ce  Fiorentiuus 
coïncide  avec  celui  de  l'Ambrosianus  (ci-après  n"  17)  d'après 
lequel  Karo  et  Lictzraanii  ont  fait  le  relevé  des  auteurs  cités. 

G.  —  Importance  de  ce  manuscrit.  —  L'importance  de 
ce  manuscrit,  p^ur  l'édition  et  l'Iiistoire  de  la  tradition  du 
Commentaire,  sera  la  même  que  celle  du  manuscrit  suivant 
(n"  17'  avec  lequel  il  est  étroitement  apparenté. 

.S'il  y  avait  dépendance  unique  et  en  ligne  directe  de  l'Am- 
brosianus n'  17)  à  ce  Florentinus  (n"  16j,  ce  dernier  prendrait 
naturellement  une  importance  majeure. 

Toujours  est-il  que  Karo  et  Lietzmann  paraissent  s'être  servis 
indifféremment  de  l'un  et  de  l'autre  pour  étalilir  le.s  caracté- 
ristiques de  (fe  groupe  XVI,  que  ces  deu.f  manuscrits  d'ailleurs 
sont  seuls  à  constituer. 


IS  RKVLK    DE    L  ORIENT    CHRETIEN. 

■"    17.  —  Medioi.aniensis  Ambrosianus  C  98  Sup.  (Martini-Bassi 
195).  Voir^aussi  n°  48, 

A.  —  Description.  —  Codex  saeculi  XII  membranaceus,  29  X  24  cen- 
timetrorum. 

Catena,  quae  margini  inscripta  est,  45  versibus  exarata. 

Tituli  soli  miniati. 

.Nomina  nuctornm,  quae  textui  inserta  aut  margini  adscripta  sunt,  atra. 

Lcm[iiiata]  num[erantui'].  Ouat[ernione.s|  |?] 

.'VJ3  i'olia  continet. 

Catena  in  Psalmos  T'-Iôl  et,  folio  S'.tO  v.,  Odas. 

Cf.  G.  Mercati,  Uendiconti  dell'  htituto  Lombardo,  1898, 
pp.  1040  ss.  Niiovi  frammenti  oreci  del  Cominentario  di  Teo- 
doro  Mopsuesteno  ai  salmi. 

B.  —  Nombre  de  fragments  signés  Diodore.  —  Plus  de 
10  (C  a  ta  I  agi/ s);  mais  l'endroit  du  psautier  où  ils  se  trouvent 
n'est  pas  indiqué. 

C.  —  Importance  de  ce  manuscrit.  —  Comme  le  n°  14 
(et  18  autres  manuscrits;  voir  la  liste  Append.  Il,  p.  117)  ce 
manuscrit  contient  à  la  fois  des  fragments  de  Diodore  signés 
At:î(.')pij  (ou  At.ic.),  plus  de  10,  et  des  fragments  du  même 
auteur,  mais  signés  'Avaa-xaiou,  ou  àvacr-,  plus  de  10  aussi, 
«  indc  a  J93  r.,  praeserlim  <Ij  103-11'.)  »,  dit  le  Catalogus. 
Ce  que  j"ai  vérifié  moi-même  sur  d'assez  mauvaises  photo- 
graphies, puur  les  folios  192  v.  —  "2.j2  r.  et  272  v.  —  288  r. 

Ce  manuscrit  a  donc  pour  le  texte  du  Commentaire,  et  sur- 
tout pour  riiistiiirc  de  la  tradition  caténale  et  pseudépigraphe 
dcceCuinmeiitaire,  la  même  importance  que  le  Mediol.  Ambrus. 
B  106  sup.  (voir  n- 14,  C). 

Sur  l'hypothèse  inadmissible  de  G.  Mercati  {Hendiconli 
dell'  Istituki  Lombardo,  1898,  pp.  1010  ss.  Nuovi  frammenti 
greci  del  Cominentario  di  Teodoro  Mopsuesteno  ai  salmi), 
supposant  dans  àvaai  une  corruption  de  àvTi(3xs'a<;),  et  voulant 
voir  dans  ces  fragments  de  Diodore,  signés  àva^T,  des  fragments 
du  Commentaire  de  Théodore  de  Mopsueste  sur  les  P.saumes, 
voir  :  Revue  de  Philologie,  Aurions-nous  le  Commentaire  sur 
les  Psaumes  de  Diodore  de  Tarse?  janvier  1911.  p.  58. 

Mil.       GROUPE  XVII  (Kaho  et  LiETZMANN,  Catalogus,  pp.  48- 

52). 


rOMMENTAinK    DE    DIODORE   DE   TARSE   SUR    LES    PSAfMES.       79 

Karn  et  Lietzmann  ont  divisé  ce  groupe  en  deux  seilions  : 

a)  une  première  section  dont  les  manuscrits,  comme  ieu\  du 
groupe  W  I,  paraissent  bien  apparentés  avec  les  manuscrits 
du  groupe  \\  ; 

/()  une  seconde  section  dont  les  manuscrits  sont  apparentés 
avec  ceux  de  la  section  a). 

On  entrevoit  donc  ici  une  famille  pFus  étendue  qui  intégre- 
rait tous  les  manuscrits  des  groupes  W,  XVI,  XVII.  C'est  un 
exemple  tyi>e  des  cas  où  ces  auteurs  avisés  ont  senti  que  la 
classitiration  provisoire  et  déjà  si  utile  qu'ils  ont  i-tablie, 
appi'llera  nécessaii'cment  des  analyses  plus  minutieuses  qui 
aboutiront  à  un  regroupement  plus  précis. 

Dans  létat  actuel  de  nos  recherches  nous  nous  en  tiendrons 
à  l'ordre  du  Calakxjus. 

a)  Première  Section. 

18.  —  Parisi.nus  BicLioTiiECAE  N.ATioNALis  110.  Voir  n'49. 

A.  —  Description.  —  Codex  saeculi  X  memijranaceus.  35  X  24  cen- 
timctroruin. 

Catcna  inar!;ini  insfripta  est,  T)?  versibus  exarnta. 

MiiTiuirij  non  .uiliiliftnr. 

Lemmatum  numeri.  nomina  auctorum.quac  niargini  adscriptasunt,  atra. 

Quaterniones  non  numerantiir. 

Foliiun  7)  saeculo  XII I  .\l  V  .suppletum  est.  (Ceci  n'est  pas  tout  à  fait  exact  : 
/(■  folio  5  arlwl  n'est  t/ti'xxn  pur  doul)let  ilu  folio  /.  On  peut  encore 
ajouter  :  fol.  130- fol.  l'i  i  parnissnit  être  il'iine  autre  main.  XI  V'  siècle  [.*]. 
Cela  fait  In  valeur  ite  2  cahiers  :  un  teniion  et  un  qualernion.  I)ans  toute 
celte  partie  je  n'ai  trouvé  aucun  nom  d'auteur  indiqué.  Au  reste,  dans 
la  partie  la  plus  ancienne,  il  y  a  aussi  de  longues  sections  où  l'on  ne  lit 
aucun  nom  d'auteur.  Cf.  Montfaico.n,  Catologu.s  Codicuin  Manuscrip- 
toriun  Bibliotliecae  Regiae,  Tomus  It,  Parisiis,  e  typojrrapliia  Regia, 
MDCCXI..  p.  23  :  c  /$  coder  saeculo  deciino  exnratus  videinr.  e.xceptis 
foliis  aliquot  manu  recentiore  vel  adiecti.s  vel  restitutis.  ») 

166  folia  continet. 

Catena  in  Ps.ilmos  1-150  cum  prologo  Theodorcti  £[iol  fi'=v  jipoTwvîXXwv... 

Folio  15<j  [et  non  i:5C  :  erreur  typoirraphique  dans  le  l^atalogus]  :  Psalmus 
151  et  Odae  sine  catena. 

B.  —  Nombre  de  fragments  signés  Diodore.  —  Dans 
Sun  «  Auclore.'i  iiuntiuaii/ur  »,  le  «  Caluloijus  »  a  cette  simple 


80  REVUE   DE    l'orient   CHRÉTIEN. 

mention  «  Diodorus  -i  [fragmenta]  (saepius  Taurinensis 
[n°13]). 

Je  n'ai  pu  me  rendre  compte  sur  quel  manuscrit  Karo  et 
Lietzmann  avaient  fait  leur  relevé.  Mais  en  dépouillant  intégra- 
lement ce  Paris.  110  j'ai  recueilli,  de  fol.  4  v.  'i  1,  v.  6  —  fol. 
lUU  r.  6  88,  V.  30,  16  fragments  sigm-s  AtoSwpî'j.  Sur  ces  16, 
2  ne  se  retrouvent  pas  dans  le  Commentaire  médian  du  Coislin. 
gr.  275  (n°  65).  On  trouvera  ces  fragments  à  leur  place  res- 
pective dans  la  liste  donnée  plus  bas,  p.  107,  Append.  I;  le 
cas  des  deux  fragments  qui  font  difficulté}'  sera  discuté. 

C.  —  Importance  de  ce  manuscrit.  —  Ce  manuscrit  est 
de  ceux  qui  contiennent  à  la  fois  des  fragments  de  Diodore  sous 
la  signature  Aiîjojpîu  et  sous  la  signature  'AvauTan'iu.  (Voir  la 
liste  de  ces  19  manuscrits  à  l'Append.  II,  p.  117.) 

De  ces  derniers  d'ailleurs  il  ne  contient  qu'un  seul  frag- 
ment :  au  fol.  115  r.,  sur  le  ']/  103,  v.  17  :  'Avaa-raaîcu 
Niy.aîaç  :  è-sisr;  à-Awç  —  vsîTTÎav  t£  y.7.1  zh.r,(jiv .  =  Commentaire 
médian  Coislin.  275,  fol.  257  r.  et  257  v.  | 

Ce  manuscrit  sera  donc  important  et  pour  l'édition  du  Com- 
mentaire de  Diodore  et  pour  l'histoire  de  la  tradition  caténale 
et  pseudépigraphe  de  ce  commentaire. 

19.  —  Petkmpolit.\niis  BiiiLioTiiECAE  I.MPERiALis  64;  voir 
n  50. 

A.  —  Description.  —  Codex  saeculi  X  (anno  995)  membranaceus,  25,2 

X20,2  ccntimetrorum.  m 

Catena,  quae  margini  inscripta  est,  c[irciter]  45  versibus  exarata.  ■( 

Initia  Psalmorum  singulorum  litteris  miniatis  et  astericis  îg  miniatis 
indicantur. 

.Ndmina  auctoruiii,  quae  textui  inserta  siint,  atra. 

Quatornionum  nuineri  a  manu  .saeculi  .\1I  ("?;  inscripti. 

222  folia  continet. 

1  r.  Catena  in  Psalmos  1151;  199  v.  Catena  in  Odas  1-12;  220  v. 
Tuitizà  -cf.i  ayiioi:-:'  zaBoXixrjç  IxzXtj' ;  221  r.  3Û[j.6oXov  r'Ioieuç  ÎS'icaenoConstan- 
tinopûlitanuiu;  221  r.  aa  ik  jipor|Yiaaij.Éva  ;  221  v.  tractatus  chronologici; 
folio  222  V.  exempta  sumuntur  rationis  chronologicae  ab  annis  ,£rîT  i= 
99;))  et  ,<rf[3'  =  994)  »  ta-i  -oivuv  là  àj:b  zxiaeto;  x(5a[j.ou  ïir\  .<r9p  .  • 

Ce  mami&cril  Petrop.  Bibl.  Imper.  64  {du  Catalogue  de  Murait)  a  fait 
autrefois  partie  de  la  Bibliotheca  Coisliniana  où  il  portait  le  numéro  J88. 

B.  —  Nombre  de  fragments  signés  Diodore.  —  .Si  ce 


COMMENTAIIIK    DE    DIODORE    DE    TARSE    SUR    LES    PSAUMES.       81 

manuscrit  est  aussi  étroitement  apparenté  au  Paris.  14(i  n  18 
que  les  manuscrits  Paris.  1  II    n°  22   et  Paris.  Ifi3  n"23,  il 
doit   contenir    identiquement  et   numériciuement   les    mêmes 
fragments  de  Diodore  que  lui. 

C.  —  Importance  de  ce  manuscrit.  —  Ce  manuscrit  doit 
probaltlement  c^niiuir  aussi  le  fragment  signo  ".\v27-:xj':j  (voir 
plus  hautn   18,  C  . 

Pour  l'édition  du  Commentaire  de  Diudore  il  faudra  déter- 
miner parmi  les  7  manuscrits  de  cotte  section  a),  celui  dont  la 
valeur  annule  ou  tliminuc  celle  de  tous  les  autres. 

Les  manuscrits  qui  pourront  être  négligés  sans  dommage 
pour  l'établisst'ment  du  texte  de  Diodore  garderont  Jeur  intérêt 
pour  suivre  révolution  d"un  type  do  chaîne. 

20.  —  Ro.MANL'S  Vatra.nls  711. 

A.  —  Description.  —  Codex  saeculi  X  membranaceiis,  28,5  X  19,5 

'  ntiinetrorum. 

Catena  textum  subsequitiir  46  versibus  exarata. 
Conte.xtu.s  sacer  scriptus  est  litteris  semiuncialibus. 
Nomina  auctorum,  qiiac  margini  ad.scripta  sunt,  atra. 
N'otae  liexaplares  in  margine  scripta  sunt. 
Terniones  non  numerantnr. 
16".?  folia  continet. 
Catena  in  Psalmos  cum  prologis  initio  mutila  (incipit  1  v.  olv  r:fo;  toîto 

ÏTt...  '  folio  1*  (chartaceOi  tû  -ita-^iw:-:'  Beoteôettïtw  6i0T:uL>iTti)  t.çi  jrpwv  notariv 
-oi;x***  ::piïf/rj  zf^ii-j'.xi  r.o/.vu;  îXija  r.iuT^i  raXottorlvr,;  te  /.oc";  Tjzla;  /.ai  iiaôt'a;  /.i\ 
xavi  T^;  vaÀiXa'.a;  xa;  ivia;  j-jtbv  zj    Seosiàw  ooOrJTtu  :  ,— 

Prologi  praemittuntur  [cf.  Calalogtis,  p.  49]. 

B.  —  Nombre  de  fragments  signés  Diodore  —  Le 
rapport  de  ce  manusiiit  avec  lo  Paris.  1  M  n'  18,i  restant 
encore  insuffisamment  d'torminé,  il  faut  répéter  ici  ce  qui  a  été 
dit  au  n'  19,  B. 

C.  —  Importeince  de  ce  manuscrit.  —  \  oir  ce  qui  a  été 
dit  au  n"  19,  C. 

21.  —  Ve.netus  Ai'i'ENti.  Cl.\ss.  1  ctiij.  ;!(t:voirn    52. 

A.  —  Description.  —  Codex  saeculi  X,.XI  membranaceus,  25  X  18,5 
cçntimetrorum. 
Catena,  quae  margini  inscripta  est,  50  versibus  exarata. 

:i9] 

"iiiiM    •  uni  iiEv.  6 


82  REVUE    DE    LORIENT    CHRÉTIEN. 

Litterae  initiales  miniatae  ;.nomina  iiuctorum,  quae  textui  inscripta  sunt, 
rarissima,  atra. 
Codex  valde  mutilus. 
St)  folia  continet. 
Catena  in  Psalmos  1-104. 

B.  —   Nombre   de  fragments   signés   Diodore.    —  Le 

rapport  de  ce  manuscrit  avec  le  Paris.  140  (n"  18)  restant  encore 
insuflisamraeiit  déterminé  il  faut  répéter  ici  ce  qui  a  été  dit  au 
n  19,  B. 

C.  —  Importance  de  ce  manuscrit.  —  ^  oir  ce  qui  a  été 
dit  au  n"  19,  C. 

22.  —  Parisinus  Bibliotfiec.ve  Nationalis  141  :  voir  n°  53. 

A.  —  Description.  —  Codex  saeculi  XI  membranaceus,  28  X  22  centi- 
metrorum  [»  ...  Cunstantinopoti  nuper  in  Bibliothecnm  regiam  Hiatus...  » 
MONTFAUCON,  Catal.  Cod.  Man.  Biblioth.  Reg.  Tom.  II,  Parisiis,  MDCCXL, 
p.  23  ,,]. 

Catena,  quae  margini  inscripta  est,  circa  55  versibus  exarata. 

Titiili,  litterae  initiales,  lemmatum  signa,  nomina  auctorum  quae  textui 
inserta  sunt,  niiniata. 

161  folia  continet.  [Entre  le  folio  66  et  le  folio  67  il  y  a  eu  un  feuillet 
arraché,  dont  il  reste  encore  trace.  Le  fol.  66  ?'.  finit  avec  le  v.  2i  du 
t}»  68  :  azoTisôrjTwaav  —  aùy/.a(j.'^fjv,  et  le  fol.  67  r.  commence  le  <{i  70.] 

Prologi  desuut. 

Catena  in  Psalmos.  Folio  148  r.  catena  in  Odas.  Lacuna  in  Oda  10»  post 
.f.  158  V.  Od[as?]  151=™'J  12!^"'']  addidit  manus  recentior. 

B.  —  Nombre  de  fragments  signés  Diodore.  —  Les 

fragments  de  Diodore  que  contient  ce  manuscrit,  sont  numé- 
riquement et  identiquement,  avec  les  deux  mêmes  erreurs 
d'attribution  (voir  plus  loin  Append.  I,  fragm.  43  et  51),  ceux 
du  Paris.  140  (n°  18)  avec  lequel  il  est  étroitement  apparenté. 
Il  n'y  en  a  cependant  que  15,  un  des  16  se  trouvant  sur  le 
feuillet  arraché  (voir  plus  haut,  a.  Description). 

C.  —  Importance  de  ce  manuscrit.  —  Ce  manuscrit 
apparaît  en  si  étroite  dépenelance  avec  le  Paris.  140  (n"  18) 
que,  pour  l'établissement  du  texte  du  Commentaire  de  Diodore, 
il  pourra,  semble-t-il,  être  négligé. 

11  contient  le  même  fragment  signé  Anastase. 

Pour  l'histoire  de  l'évolution  de  la  chaîne  cependant,  même 

[20] 


COMMKNTAIRI-:    HE    DIODORK    DK   TARSE    Sl'R    I.KS    PSAUMES.       83 

si.  à  un  examen  plus  luinutieu.x.  il  se  révèle  n'être  qu'une  copie 
du  Paris.  1  W,  il  gardera  encore  quelque  intérêt. 

23.  —  Parisi.vl'.s  Bibliothecae  Natio.nalis  163;  voir  n'  54. 

A.  —  Description.  —  Codex  saeculi  XI  meinbrannceus,24,.ô  X  l'J  cen- 
timetrorum. 

Catena,  quae  margini  inscripta  est.  48  versibus  exarata. 

Tituli.  litterae  initiales,  miniatae. 

Noinina  auctorum.  quae  textui  inserta  sunt,  atra.  item  lemmatum 
numeri. 

■>'4.S  folia  continet. 

Folio  11  r.  Catena  in  Psalmos  1-lûl.  Kolio  2i7  r.  Catena  in  Odas,  e.\pli- 
lit  folio  248  V. 

Prologi  praemittuntur  [cf.  Cntalogus,  p.  50]. 

B.  —  Nombre  de  fragments  signés  Diodore.  —  Numé- 

riqu''iueiit  et  ideiitiqueuient  ceu.v  du  Paris.  1  lu  (n"  18),  avec 
les  deu.x  mêmes  erreurs  d'attribution  (voir,  plus  bas,  Append.  I 
Irairm.  43  et  ô\  . 

C.  —  Importance  de  ce  manuscrit.  —  La  même  que 
celle  du  Paris.  1  11  (n'22,  C). 

Il  contient  le  même  fragment  signé  Anastase. 

24.  —  RoMANLS  \  ATICANUS  1617;  voir  n  55. 

A.  —  Description.  —  Codex  saeculi  .W  chartaceus,  33  X  22  centi- 
metroruni. 

Catena,  textuni  subsequitur  30  versibus  exarata. 

Contextus  sacer  per  >>  indicatur. 

Tituli.  litterae  initiales,  miniatae. 

Quaterniones  num^erantur]  et  custod[iaria  folia?]  (folio  1  incipit  qua- 
ternio  a'!). 

.Nomina  auctorum  initio  atra  vel  miniacea  in  margine  adscripta  paulo 
post  desiderantur. 

.Manus  ]■■  incipit  folio  1  r.,  inanus  2"  folio  05  r.  (manus  l'"  minio  largius 
utitur  numerosque  Psalmorum  in  summa  pagina  adscribit). 

286  folia  continet. 

Catena  in  Psalmos  1-151  et  Odas  !»■"  et  2"",  initio  et  in  fine  mutila  : 

incipit  ouv  ::pb;  toûto  ot:  ojÔ's  OajaajTov...  explicit  ârso  /.ai  5ià  to3  ||  . 

Prologi  uno  tenore  exarati  expliciunt...  f,  tov  ^. 

B.  —  Nombre  de  fragments  signés  Diodore.  —  .Si   la 

parenté  de  ce  manuscrit  est  étroite  avec  le  Paiis.  14(.»  in°  18) 

;;!i: 


84  REVUE    DE    l'orient    CHRÉTIEN. 

OU  les  manuscrits  précédents  (n°'  19  à  23),  il  doit  aussi  contenir 
les  16  fragments  de  Diodore. 

C.  —  Importance  de  ce  manuscrit.  —  Pour  Fcdition  du 
Commentaire  de  Diodore,  l'importance  de  ce  manuscrit  sera 
probablement  bien  mince. 

Contient-il  le  fragment  signé  Anastase"?  (voir  n'  18,  G). 

Pour  révolution  du  type  de  chaîne,  il  pourra  être  intéressant. 

b)  Seconde  Section. 
Codices  variis  modis  cum  a)  cognati. 

25.  —  Monacensis  BuiLioTHEiAE  REdiAE  •252;  voir  n°  56. 

A.  —  Description.  —  Codex  saeculi  .\I  membranaceus,  22  X  H  een- 
timetrorum. 

Catena,  quae  margiui  inscripta  est,  50-60  versibus  exarafa. 
Lemmata  supra  aurum. 

Nomina  auctorum,  quae  margini  adscripta  sunt  vel  textui  inserta,  atra. 
Quaterniones.  Folia  1-39,  206-221  cbartacea  saeculo  XVI  suppleta. 
221  folia  continet. 

Catena  in  Psalmos  1-151  et  Odas  (in  inembrana  scripta  e.çt  pars  conti- 
nens  Ps.  17,  Q-^-Od.  4). 

B.  —  Nombre  de  fragments  signés  Diodore.  —  \oir 
n"  24,  B. 

C.  —  Importance  de  ce  manuscrit.  —  Voir  n   24,  C. 

26.  —  Veronensis  Bihliothecae  capitulariak  118;  voir  n"  57. 

A.  —  Description.  —  Codex  saeculi  XII  membranaceus,  30  X  51,^ 
centimetrorvmi. 

Catena,  quae  textum  subsequitur  44  versibus  exarata. 
Contextus  sacer  apicibus       miniatis  insignis. 

Litterae  initiales,   nomina    auctorum.   quae    textui   inscripta  sunt  vel 
margini  adscripta,  miniata. 
Nomina  auctorum  saepissime  desiderantur. 
214  folia  continet. 
Catena  in  Psalmos  1-151  et,  folio  202  v.,  Odas. 

B.  —  Nombre  de  fragments  signés  Diodore.  —  Voir 
n  24,  B. 

G.  —  Importance  de  ce  manuscrit.  —  Voir  n"  24,  G. 

[22] 


I 


COMMENTAIRK    DE    DrODORK    DK    TARSE    SUR    LES    PSAUMES.        85 

27.  —  MosQUEXSis  Bihliothecae  syxodalis  111  (:}38  MaUhaei, 
53  Wladirair);  voir  n  58 

A    -   Description.  —  Codex  saeculi  XU'/.KV  bombyciuus,  18,5  X  12,5 

crntinu'troruni. 

i^atena  tfxtuni  siibsequitur. 

Contextus  sacer  caeruleis  initialibus  litterisque  Crassioribus  insignis. 

Initium  catenae  iiiini;itiiin. 

Nomina  auctorum.  quae  margini  adscripta  sunt,  sed  plerumque  desunt, 
atra. 

Quaterniones  numerantur. 

3s3  folia  continet. 

Catena  in  Psalmos  et,  l'87  r.,  Odas  (hic  nomina  plane  omittuntur)  cum 
hymno  lychnico  in  fine  inutilo  (explicit  folio  308  v.  to3to  j:Ep:ji£vovTt  éwi 

Folio  309  novus  codex  incipit. 

Prologi  tcf.  Catalogiis.  in  Addendis,  p.  179  619). 

B.  —  Nombre  de  fragments  signés  Diodore.  —  \'oir 
n  24,  B 

C.  —  Importance  de  ce  manuscrit.  —  \'oir  n'  24,  C. 

28.  —    VlNDOHO.NENSlS     BiHLIOTIIEc'AF.     IMPERIALIS    THEOLOOICUS 

290  (Nesseli  15  (Lambeck);  voir  n"  59. 

A.  —  Description.  —  Codex  saeculi  XIV  bombycinus,  20  X  15  centi- 
metroruin. 

Catena,  quae  textuni  subsequitur,  "J3-30  versibus  exarata. 
Contextus  sacer  non  sisrnatus,  nisi  quod  aliquotiens  vox  s?/  Catenam 
praecedit. 
Litterae  initiales,  nomina  auctorum,  quae  textul  inserta  sunt,  miniata. 
Quaterniones  non  numerantur. 
Codex,  mutilus,  "^79  folia  continet. 
Catena  in  Psalmos  5"-151  et,  folio  260  r.,  Odas  1-11  in  fine  mutila. 

B.  —  Nombre  de  fragments  signés  Diodore.  —  Voir 
n    24,  B 

C.  —  Importance  de  ce  manuscrit.  —  Voir  n"  24,  C. 

29.  —  \  ENETUS  APPEND.  OLASs.  I  fOD.  41;  voir  H"  60. 

A.  —  Description.  —  Code.x  saeculi  XVI  chartaceus,  31  X  22  centi- 
metroruin. 
Catena,  quae  textum  subsequitur,  27  versibus  exarata. 
Contextus  sacer  per  >>  indicatur. 

[23] 


86  REVUE    DE    l'orient    CHRÉTIEN. 

Litterae  initiales,  nomina  auctorum,  quae  margini  adscripta  sunt  vel 
textui  inserta  (rarissime  adscripta)  ininiata. 

Saepius  lacunae  ex  archétype  transscriptae. 

348  folia  continet. 

Folio  "J  r.  Catena  in  Psalmos  1-150. 

Folio  1  r.  et  deinceps  in  imo  margine  singularum  paginarum  Germani 
Constantinopolitani  historia   ecclesiastica   et  mystica  theoria  :  incipit   : 

£zx>.ïia;a  è^Tl  varj;  Oïou  TÉfiEVo;  ityiov...  explicit  folio  257  r. 

Folio  4  V.  infra  hanc  historiam  legitur  liomilia  quaedam  super  odam 
Miriam  usque  ad  folium  314  v.  pertinens. 
Folio  315  r.  Xiyoi  â/.9Éa£co;  j:£pl  lAazapiwv  paradisi  descriptio. 

Folio  317  V.  ôûrijîopîa  àji'o  ISIjx  tou  KXfaihtiaou  di  y^v  pwaafwv  :  incipit  :  àrb 
loï^L  £Spa/(j.àv  lioval  £'jSo[jL(/.ovTa. .. 

folio  321  V.  £15^  ai  -aa'  ir.apy^  y.a'i  r.oX  a't  0;:b  tov  jîasiX'  xwv  pojjiat'wv  oiot/.où- 
ii£vai  Tov  Èv  xojvaTavciv'  no  £~apx'  ^^'  '''°'  ^f'---  usque  ad  folium  348  V.  per- 
gens. 

Prologi  (cf.  Catnloijus.  p.  51.) 

B.  —  Nombre  de  fragments  signés  Diodore.  —  Voir 
n"  24,  B  :  même  remarque. 

C.  —  Importance  de  ce  manuscrit.  —  Même  remarque 
que  celle  faite  pour  n°  24,  C. 

Sur  le  fragment  signé  Anastase  de  Nicée  que  contient  ce 
manuscrit  au  fol.  239  v.  voir  n°  60,  B. 

Ce  manuscrit  aura  peut-être  quelque  intérêt  pour  l'histoire 
de  la  tradition  caténale  et  pseudépigraplie  du  commentaire  de 
Diodore. 

30.  —  Venetus  append.  class.  I  con.   13;  voir  n°61. 

A.  —  Description.  —  Codex  saeculi  Xll,  28,5  X  21  centimetrorum. 
Continet  Paralipomena,  Maccabaeorum  libros,  Job,   Salomonis  Sapien- 

tiam,  Sirach  sine  catena. 

In  imo  margine  singularum  paginarum  ad.scripsitmanus  saeculi  XIV/XV" 
catenam  in  Psalmos  1-39. 

Nomina  rarissime  occurrunt  Athanasii  folio  35  v.  Theod[ori]  folio  68  v.^ 
71  r.,  85  r.,  Cyrilli  284  v. 

B.  —   Nombre   de  fragments   signés  Diodore.   —  Ce 

manuscrit  paraît  apparenté,  pour  la  chaîne  qu'il  contient,  avec 
le  Ven.  App.  I,  11  (n°29)  :  les  fragments  du  psaume  22  sont 
ceux  de  ce  dernier  (voir  Catalogus,  p.  52,  haut). 

A  supposer  que  ce  Ven.  App.  I,  41  reproduise  tous  les  frag- 
ments signés  Aiîïwf  cj  qui  sont  dans  le  Paris.  1 10  (n"  18),  étant 

[24] 


I 


COMMENTAIRE   DE    DIODORE    DE    TARSE    SUR    LES    PSAIMES.       87 

donné  que  lui-même.  Ven.  App.  I.  l:i,  ne  va  que  jusquau 
psaume  39,  il  no  contiendrait  donc  que  ô  fragments  signés 
Diodore  (voir  ici.  pitis  bas,  p.   1(>7,  App.  I  . 

C.  —  Importance  de  ce  manuscrit.  —  Tour  l'édition 
du  Commentaire  de  Diodore,  ce  manuscrit  sera  probablement  à 
ii'irliger. 

i'our  suivre  Tévulution  du  type  d<'  cliainê  auquel  il  appar- 
tient, il  pourra  avoir  quelque  intérêt. 

il  ne  doit  pas  contenir  de  fragments  signés  ' XtTiz-.xT.zj  :  les 
fragments  authentiques  de  Diodore  qui  pourraient  s'y  trouver 
lie  pourraient  s"y  trouver  que  sans  nom. 

31.  —  Tai  liiNE.Nsis  BiBLioTHECAE  REGiAE  B  I  ii  (79  Pasini) 
V  .ir  n"  62. 

A.  —  Description.  —  Codex  saeculi  XI  (anno  1049)  membranaceus, 
:'.l.r)  X  2;J,5  centimetrorum. 

Catena  textum  subsequitiir  25  versibu.s  exarata. 

Contextus  sacer.  litterae  initiales,  tituli,  iiomina  auctorum,  quae,  mar- 
gini  adscripta,  saepe  desunt,  miniata. 
iNotae  hexaplares. 

>■  e'  Toa 

=T/£   Zï    T=Ào;  xaT»  Tov    ir.il  u.f,ïa  îvo...    £y    i-.t:  tû   ç^i"^  i~\  xoivoiav  (lef^Xou 

X 
pas:XÉ(i>;  xa'i  aiTozfâTopoî  iiojiaftuv  To5  |iovo)jii  (mense  aprili  anno  1049). 

Catena  in  P.salmos  1-151  initio  mutila  (incipit  :  ToiaJTr,;  oîv  Tîi;6iaT(£;£<i>;...) 
281  r.  Catena  in  Odas  1-12.  14. 

ilymnus  liicernarius.  lambi  liX-zi^  ËvoOpo;...  $£xsoa;  oiiov. 

l'rolojri  u-f.  Cataloijus.  p.  52 1. 

Pars  inferior  folii  10  recisa,  folium  10  v.  vacuum,  folio  11  r.  incipit 
catena. 

B.  —  Nombre  de  fragments  signés  Diodore.  —  L'«  auc- 
tores  uominantur  «  du  groupe  .\\I1  (Catatogus,  p.  48) signale 
dans  ce  manuscrit  plus  de  4  fragments  signés  l::lwpzj.  mai- 
sans  indiquer  les  folios  ou  les  Psaumes  où  ils  se  trouvent. 

A  supposer  qu'il  soit  étroitement  aj'parenté  au  Paris.  140 
(n"  18  comme  les  Paris.  111  n'  22;  et  163  n  23  ,  il  en  contien- 
drait lui  aussi  ir,   voii-  n"  18,  B  . 

C.  —  Importance  de  ce  manuscrit.  —  L  iuiportanee  de 
ce  manuscrit  dépendra  du  degré  de  parenté  où  il  se  trou\  era 
avec  le  Paris.  14(t  n"  18,  degré  qu'un  examen  plus  détaillé 
permettra  de  reconnaître  avec  précision. 


88  REVUE    DE    l'orient    CHRÉTIEN. 

IX.  —  GROUPE  XMIl  (Karo  et  LiETZMANN,  Catalogus,  pp.  52- 

51). 

32.    —    ?*I0SQUE.\S1S    BlIiLIOTHElAE    SVNODALIS    358    (315    Mat- 

thaei,  47  Wiadimir)  ;  voir  n°  63. 

A.  —  Description.  —  Codex  saecuii  XI  membranaceus,  24, ô  X  20 
centimetroruni. 

Catena  textiim  sub.seqiiitur  33  versibus  exarata. 

Contextus  sacer.  litteris  semiuncialibus  exaratus. 

Tituli,  litterae  initiales  contextus  sacri,  miiiiatae. 

Nomina  auctorum,  quae  textui  inserta  sunt  vel  margini  adscripta,  atra. 

Quaterniones  numerantur  et  ternis  astericis  îjJîKSJ  indicantur. 

Folia  I,  2,  405,  406  chartacea  saecuii  XIV. 

406  folia  continet. 

Catena  in  Psalmos  1-151  initio  mutila  (incipit  :  6  6;  Èayavôjç  f,Ç£i  ô  6;-..) 
et  folio  378  v.  Odas  1-8,  in  fine  mutila  (explicit  :  ...  aior)pCi  sî;  tb  (Arj  àvavEû- 
aac  II  ). 

.\ominum  indicem  non  esscripsi  [Karo  ou  Lietzmann]. 

Au  folio  37  r.  on  lit  la  liste  suivante  [i^oir  Catalogus,  p.  53). 

ooot  £?;  zo  6 eôn V eu(3To V  ï]p[j.Tjv  euaav  «^aX-CTipto  v  ô  Iv  àytotç  TiTJp  tjjiwv 
(Asyaç  Baat'XEtoç.  ô  Iv  oyîoi;  'Iwâvvrjç  ypuaôaTOjjiOç.  6  Iv  àytoi;  rpriyôptoç  6  OsoXÔYOç. 
ô  Èv  i-{io\i  rpiTcôpioî  5  Nûoarjç.  oi  âv  àyioii  'ABavâaioç  xa"!  KupiXXoc  'AXeEavSp'. 
6  £v  ayioi;  MâÇifio;  ô  6ijioXoYiTr;;.  xa^  ouTot  (miniatis  litteris)  Osooûpi'  èittax' 
Kûpou.  'Hauyjou  'IspoaoXûpov.  fetopYtou.  Seêripou.  Qp'.yivouç.  Aii5u[j.o'j.  EiaeSiou. 
"EjSpa.  EùXo-ciou.  ToO  'ESpaiou.  AioSûpou.  4cit3ti>pou.  'Apé6a.  'AnoXivapîou.  'Iouît(- 
vou  siXoTO^ou.  'Iioâvvou.  'Itoëi'ou.  'Avaoraaîou .  'AvTii/^ou.  OsoStôpou  'HpaxXsîaç. 
BÎKTopo;  ;tpEa5uiÉpou.  NixoXâou  npsaSuTÉpou.  'A8piavo3.  ôeoSwpou  'Avxioy'.  AOyoûarou 
'AvTioyefo;.   'Aarepîou.  'Apaeviou.  rpjjYopfou  Six£X(a5. 

B.  —  Nombre   de  fragments  signés  Diodore.  —  Si  l;i 

liste,  qu'on  vient  de  citer,  est  bien  la  liste  de.s  auteurs  dont  la 
chaîne  reproduit  des  extraits,  et  non  un  simple  catalogue  des 
Commentateurs  du  Psautier  les  plus  connus,  ce  manuscrit  doit 
contenir  des  fragments  signés  AuStipou. 

Mais  le  nombre  de  ces  fragments  échappe  actuellement  à 
toute  évaluation. 

C  —  Importance  de  ce  manuscrit.  —  Ce  manuscrit  doit 
contenir  aussi,  dans  la  même  hypothèse,  des  fragments  signés 

AvaTT3tC7t;'J. 

Il  parait  devoir  être  important  et  pour  l'édition  du  Commen- 
taire de  Diodore  et  surtout  pour  l'histoire  de  la  tradition 
caténale  de  ce  Commentaire.  Il  méritera  une  analyse  détaillée. 

[•26J 


^ 


COM.MKNTAIRE    DE    DIODORE    DE   TARSE   SUR    LES   PSAUMES.       80 

X.  —  CROII'E  XXll  (Karo  et  LiKT/.MANX,  Calalogus,  pp.  58- 
:.9). 

33.  —  RijMANis  Vaticanus  732. 

A.  —  Description.  —  Codex  saociili  .\1  (aiino  lOyO)  membranaceus, 
:">3  X  27,  5  centimetrorum. 

Catena,  margini  iiiscripta,  ita  plerumque  exarata,  ut  binaf  columnae 
altéra  contextum  sacrum  altéra  catenam  exhibeant. 
(  ontextus  sacer  19  versibus  exaratus,  catena  38  versibus  exar.-Jta. 
Picturis  ornatus. 

Volumina  2  :  I  folio  1-250;  II  folio  251-441. 
Catena  in  Psalmos. 
Folia  1.2.  indictionum  circulosexhibent,  quorum  ultimus  a  manu  1"  haece 

E 

praebet  :  ètoj;   C'Ti   '.vS'  ly'  /.j/oil'  /.j   ce.  îj  à:;o  zp'  os'  /.3'.  voa'  t.'xt/'  kr-fùCk' 
tr,'  f,;ji£'  s'  /  T.iT/'  àr.p;/.).'  /.i  =  anno  1090. 

B.  —  Nombre  de  fragments  signés  Diodore.  —  Karo 
tt  Lietzmann  n'indiquent  pas  expressément  sur  lequel  des 
deux  manuscrits  de  ce  groupe  WII  ils  ont  établi  leur  «  aurtores 
noiiiinantur  »  {Cata/oijus,  p.  r),S),  mais  «'est  très  vraisembla- 
blement sur  le  Vatic.  75-2;  le  second,  Bodleian.  Canon.  (32,  est 
lacuneux  (voir  n  34,  A  . 

D'après  cet  ■  anctni-cs  nominaatnr  »  il  \  aurait  dans  ce 
manuscrit  3  fragments  signés  Diodore;  ni  li'S  foiins  ni  les 
psaumes  ne  sont  indiqués. 

C.  —  Importance  de  ce  manuscrit  —  l'our  l'édition  du 
Commentaire,  l'impuriance  de  ce  manuscrit  parait  devoir  être 
mince. 

Pour  riiistoire  de  la  tradition  caténale  de  ce  Commentaire, 
il  pourra  présenter  quelque  intérêt. 

34.  —  OXONIEN'SIS  BODLEIANUS  Cano.nicia.nus  62. 

A.  —  Description.  —  Codex  saeculi  .XII  membranaceus,  29,3  X  24  cen- 
timetrorum. 
Catena  textum  subsequitur  31-40  versibus  exarata. 
Tituli.  litterae  initiales,  nomina  auctiruui  miniata. 
Nomina  auctonim  plcrumciue  desiderantur. 
Quaterniones  numerantur  a  manu  recenti. 
Initid  et  fine  mutilus. 

[271 


90  REVUE    DE    l'orient   CHRÉTIEN. 

247  folia  continet. 
Catena  in  Psalmos  et  Odas. 

[Codex  incipit  inutilus  ad  Ps.  6,  v.  10  oJrjaJv  iiou  e'ioTixouas...  explicit  ad 
Odam  S"""  ...  o5v  zaïappoûv. 

Psalmi47,  V.  10-58,  v.  8:  118,  v.  1-6;  134,  v.  \ -1  excidenmi.  Faulhaber.] 

B.  —   Nombre  de   fragments  signés   Diodore.   —   La 

parenté  de  ce  manuscrit  avec  le  précédent  permet  de  conjecturer 
qu'il  doit  lui  aussi  contenir  quelques  fragments  signés  Diodore. 
Leur  nombre,  avant  dépouillement,  reste  impossible  à  déter- 
miner même  approximativement.  D'abord  la  parenté  avec  le 
Vatic.  752  est  actuellement  insuffisamment  définie.  Puis,  même 
à  supposer  qu'elle  soit  étroite,  les  fragments  signés  Diodore 
pouvaient  se  trouver  justement  aux  endroits  qui  manquent 
aujourd'hui  dans  ce  Bodleianus. 

C.  —  Importance  de  ce  manuscrit.  —  Pour  l'édition 
du  Commentaire  de  Diodore,  ce  manuscrit  parait  devoir  être 
négligeable. 

Pour  l'histoire  de  la  tradition  caténale  de  ce  Commentaire, 
il  pourra  avoir  un  intérêt  secondaire. 

XI.  —  GROUPE  XXVIl  :  codices  varii  (Karo  et  Lietzmann, 
Catalogus,  p.  64-66). 

35.  —  Mediolaniexsis  Ambrosianus  M  47  sup. 

A.  — Description.  —  Codex  saeculi  IX/X  membranaceus,  21,  5  X  15,5 
centimetrorum. 

Catena  textum  subsequitur. 

Contextus  saeer  per  >  insignis,  commentarii  initia  per  îjj. 

Tituli,  litterae  initiales,  nomina  auctorum,  quae  margini  adscripta  sunt, 
miniata;  nonnumquam  (a  manu  recentiore  vel  vetusta)  atra. 

In  catena  Odarum  raXjxp'  et  /pui'  a  manu  vetusta  minio  exarata  in  textu 
occurrunt. 

Codex  diversis  manibus  exaratus  :  m  1  fol.  1-8;  m  2  fol.  9-25;  m  3  fol. 
26-29  r.  ;  m  2  fol.  29  v.  30  r.  ;  m  3  fol.  30  v.  :  tali  modo  m  2  et  3  alternatim 
usque  ad  fol.  65  r.  ;  m  4  fol.  65  V.-155  v.;  m  2  fol.  156  r.-180  r.;  m  3 
fol.  180  V.-211  V.;  mi  fol.  212  r.-307  v.  ;  m  1  .saeculi  XIll;  m  2,  3,  4 
saeculi  IX/X. 

307  folia  continet. 

Praescriptus  ;  l'.ode.r  <mliquus  in  suhurbio  Corcyreensi  emptus. 

Catena  in  Psalmos  cuni  prologis  et  folio  286  r.  catena,  quae  margini 
inscripta  est,  in  Odas  1-9,  in  fine  mutila. 

[281 


COMME.NTAIItK    UE    DIODORE    I>E   TARSE   SUR   LES    PSAUMES.       !)I 

Manus  vetust[ior?)  inde  a  Ps.  -1.  •>. 

l'rologi  [voir  Caliilogu.<.  p.  64J. 

Est  cominentarius  Atlianasii  in  Psalmos  intermixtis  aliorum  auetorum 
fragmentis. 

Noinina  apparent  haece  :  Athanasius  62  v.,  70  v.,  'i'M  v.  ;  Basilius  4  r., 
:'.((  r.,  34  r.,  Diod(orus?'  suvt'  \>\>  v. ;  Dioge^nes)  SCmJ  v.;  Gennadius  8  r. ; 

Johannesl  Chrj'sostomus  25ô  r.  ;  260  r.  v.  :  262  v.:  270  r.,  uo  o' tou  xu'  Sis' 
27  r.  :  Mcthodiuss  v.  :  Tlieodorctu^  '  l'fiin-ilire  /ilit.<  df  Id  fragm.]^'  \f.t.'2  v. 

B.  —  Nombre  de  fragments  signés  Diodore.  —  Si  l'on 
sen  tient  aux  indications  fournies  par  le  bref  index  ci-dessus, 
ce  manuscrit  ne  contiendrait  quun  fragment  signé  Diodore  : 
au  fdl.  -2.").  V.  Encore  la  sit^nature  laisse-t-elle  place  à  quelques 
doutes. 

C.  —  Importance  de  ce  manuscrit.  —  Pour  l'édition 
du  Commentaire  de  Diodure  sur  les  Psaumes,  ce  manuscrit  sera 
vraisemblablement  négligeable. 

Pour  l'histoire  de  la  tradition  caténale  de  ce  même  Commen- 
taire, il  ne  paraît  devoir  présenter  qu'un  bien  mince  intérêt. 

11  en  serait  tout  autrement,  croyons-nous,  pour  qui  voudrait 
étudier  les  variétés  de  types  que  présentent  les  chaînes  prises 
dans  leur  ensemble. 

36.  —  Parisinus  Bibliothecae  Nationalis  164. 

A.  —  Description.  —  Codex  saeculi  XI  (1070)  membranaceus,  17,5 
X  13,  5,  centiinetrorum. 

Cateiia  margini  inscripta  est. 

Tituli,  litterae  initiales,  iemmatum  signa,  noniina.quae  margini  adscripta 
sunt.  aurata. 

Folioruni  ordo  restituendus  hic  :  129,  187,  184,  185,  130-183. 

[Folio  1-6  :  voir  Cataloijux.  p.  65]. 

Folio  7  r.  Catena  in  Psalmos  1-151. 

B. — Nombre  de  fragments  signés  Diodore.  —  D'après 

r  "  auctori's  noiiiiiiuiitur  <>  (Catalogus,  p.  (J.">),  ce  manuscrit 
contient  un  seul  fragment  signé  Diodore  :  au  folio  42  r.,  quelques 
lignes  visant  :  -i  34,  v.  3.  (Voir  .appendice  1,  p.  107  et  p.  94). 

C.  —  Importance  de  ce  manuscrit.  —  Pour  l'idition 
du  Commentaire  de  Diudure.  ce  manuscrit  i>résente  un  intér'H 
fort  mince. 

Pour  l'histoire  de  la  tradition  caténale  de  ce  commentaire,  il 
n'en  présente  guère  davantage. 

[29] 


92  REVUE    DE    l'orient    CHRÉTIEN. 

Reste  son  ulilit>'  de  témoin  pour  l'histoire  de  l'évolution  des 
Chaînes  en  général. 

Ile  SECTION.  -  MANUSCRIT  NON  RELEVÉ 
DANS  LE  CATALOGUS. 

On  lit  dans  la  Bibliot/ieca  gnieca  de  Fabricius-Harles 
t.  IX,  p.  277,  — notice  reproduite  dans  Migne,  P.  G.,  t.  XXXIIl, 
col.  1545-1552  :  la  citation  est  à  la  col.  1551)  : 

«  In  Montfauc.  BibL  Coislin.  mss.  catenae,  quibus  fragmenta  Diodori 
Tarsensis  intexta  sunt.  citantur  pag.  41,  42,  187,  244.  245,  247;  in  primi-s 
notandus  est  pag.  137  cod.  LXXX,  qui  complectitur  Tlieodoreti  interpre- 
tationem  in  Psalmo.s,  additis  ad  marginem  scholiis,  excerptis  ex  variis 
Patribus,  etiam  ex  Diodoro  Tarsensi,  quoniani  is  aliquando  appellatur 
haereticiLs.  Hari..  » 

Les  manuscrits  signalés  aux  pp.  41,  42,  187,  245,  247  de  cette 
Bibl.  Coisl.  contiennent  des  fragments  signés  Diodore,  mais 
sur  d'autres  livres  que  celui  des  Psaumes. 

Seul  le  manuscrit  signalé  à  la  p.  241  est  une  chaîne  sur  les 
Psaumes;  mais  il  est  maintenant  à  Pétersbourg  :  c'est  celui 
indiqué  par  Karo  et  Lietzmann  [Catalogus,  p.  49)  Petropol. 
P)ibl.  imp.  04  {=  numéro  du  catalogue  de  Murait).  Voir  plus 
haut  n"  19. 

Nous  allons  étudier  brièvement  le  cod.  LXXX,  signalé  à  la 
page  137  de  la  Bibl.  Coisl. 

37.  —  PARISIiVUS   BiBLIOTH.  N.\TION.   CoiSLINIAXUS  80. 

A.  —  Description  (tirée  de  Montfaucon,  Bihl.  Coisl.,  p.  137). 

Codex  LXXX  oliiu  XLIX  membranaceus,  XI  saeculi  [OinonI  aussi, 
même  date,  35,5  X  25,5  centimetrorumj,  foliorum  435  [Montfaucon  a,  par 
en-eur  :  432]. 

Quatuor  priera  folia  cum  totidem  postremis  partem  continent  vitae 
S.  Gregorii  Agrigentini,  cujus  initium  habetur  in  fine  Codieis  LXXI. 

Caetera  complectuntur  Theodoreti  interpretationem  in  Psalmos  150. 
additis  ad  marginem  Scholiis  interdum  sine  auctoris  nomine,  saepius 
excerptis  ex  variis  Patribus;  scilicet  ex  Asterio  Ariano,  Athanasio  Alexan- 
drino,   Basilio,  CyriUo    A'.exandrino,    Didyrao    (semel  additur,   Monacho 

[fol.  232  V.  AtSifiou  ;j.o],  Diodoro  Tarsensi  (aliquando  additur,  haeretico), 
Eusebio   Nicomedieiisi.   Eusebio    Pamphili,   Georgio,    Gregorio   Nysseno, 

[30] 


commentairf:  dk  modore  ue  tarse  sur  les  psalmes.      9:î 

(ircfiorioTlieolofro,  llesycliio  Presbytère  Hierosolyinitano,  llieronymo  Prcs- 
Ijytero  Hierosoiymit;mo,  Jeanne  Chrysostoino,  Isidoro  Pclusiota,  Maximo 
Monacho,  Theodoreto   (1.  Théodore;  Heracleota,  Theodoreto   ipso  Cypri 
1.  Cyri)  Episcopn,  et  Theodoto  Ancyrano. 
Fuit  olim  hic  liber  sanctae  Enclistrae,  ut  habet  nota  fol.  431. 

Les  litres  et  les  lettres  initiales  sont  rouges  (pourpre)  dans  la  partie 
iMutenant  :  Ps.  I-Ps.  72  :  fol.  r)-207  r.  ;  noirs,  dans  la  "2'  partie  contenant  : 
l's.  7:!-150;  fol.  207  V.-430  v. 

Les  noms  des  auteurs  sont  en  noir,  dans  les  deu.\  parties. 

Les  extraits  sont  surtout  fré(|uents,  et  parfois  assez  longs,  dans  la  pre- 
mière partie;  dans  la  2"  partie,  fol.  236-431  notamment,  il  n'y  a  rien  dans 
les  marges,  sinon  de  petites  gloses  insignifiantes;  aucun  extrait,  sauf 
fol.  282  r.  ;  Jérôme,  Prêtre  de  Jérusalem. 

L'encre  employée  dans  la  2«  partie  parait  différente  de  celle  employé»:' 
dans  la  1". 

Ce  codex,  aujourd'hui  d'une  épaisseur  énorme  :  12  cent.,  avait  peut-être 
été  copié  pour  exister  en  deux  tomes.  • 

Les  extraits  sont  numérotés  lettres  grecques)  ou  manjués  de  signes  de 
renvoi  ;  ces  chiffres  ou  ces  signes  sont  noirs. 

La  liste  des  .\uteurs  relevés  par  .Montfaucon  a  bien  chance  d'être  incom- 
plète, aux  fol.  11  r.,  12  r.  par.  ex.  j'ai  relevé  des  fragments  signés  :  Ori- 
-ène.  nom  qui  ne  figure  pas  dans  sa  liste. 

B.  —  Nombre  de  fragments  signés  Diodore.  —  J'ai 
'lêpouillf  intégralement  ce  manuscrit  pour  y  relever  les  frag- 
ments signés  Diodore.  Il  en  contient  G.  .Sur  ces  G  fragments, 
•J  ne  se  retrouvent  pas  dans  le  conimentaire  médian  du  Coislin. 
27.')  (ici,  n    65). 

On  trouvera  ces  fragments  à  leur  rang  dans  la  liste  de  l'Ap- 
pendice I  irj.  p.  )OTi.  On  discutera  là  le  cas  des  -J  fragments 
qui  font  difficulté. 

C.  —  Importance  de  ce  ndanuscrit.  —  Pour  l'édition  du 
•  'ommentaire  de  Diodore  sur  les  Psaumes,  ce  manuscrit  n'aura 
pa.s  vraisemblaliloment  grand''  importance. 

Il  en  aura  davantage  pour  l'Iiistoire  de  la  tradition  caténale 
de  ce  Commentaire. 

De  plus,  il  est  un  e.xemple  de  ces  chaînes  Itàties  non  plus 
autour  du  seul  te.\ie  des  Psaumes,  mais  autour  dun  Commen- 
taire citant  le  Psautier  verset  par  verset  et  l'expliquant.  De  ee 
type  nous  n'avons  rencontré  jusqu'ici  que  quelques  exemplis 
(voir  n°ll,  12,  65  ;  cf.  Reçue  de  Phihloyie,  t.  X.\.\MII, 
avril  liill.  pp.  171,  172). 

[31] 


94  REVUE    DE    l'orient    CHRÉTIEN. 

Il  faudra  étudier  de  près  ce  manuscrit  et  en  faire  une  analyse 
détaillée  pour  se  rendre  compte  de  la  façon  dont  a  été  établie 
la  chaîne,  des  circonstances  dans  lesquelles  elle  a  été  construite, 
et  à  quel  groupe  de  ceux  déjà  déterminés  par  Lietzmann  elle 
pourrait  se  rattacher. 

Conclusion  au  §  i  :  TRADITION  AIOAQ'POT. 

Des  37  manuscrits  qui  viennent  d'être  lirièvement  étudiés 
et  caractérisés,  j'ai,  pour  y  relever  seulement  les  fragments 
signés  Diodore,  dépouillé 
intégralement  : 

Paris,  gr.  1 10  (n°  18), 
Coislin.  gr.  80  (n»  37), 
et,  à  partir  du  à  81"',  fol.' 288  v.,  jusqu'à  la  fin  du  Psautier  : 
Paris,  gr.  139.  (n°2). 
Le  résultat  de  ce  dépouillement  partiel  est  consigné  à  l'Ap- 
pendice I  (voir,  plus  bas,  p.  107). 

En  somme,  il  y  aurait  à  faire  l'analyse  complète  (Prologues, 
fragments  de  tous  les  auteurs,  et  pas  seulement  de  Diodore,  etc.  ), 
en  premier  lieu,  des  manuscrits  suivants  : 

Parisinus  139 n"   2 

Venetus  Marcianus  17 n°   4 

/  Mediolaniensis  Ambrosianus  B.   10(3  Sup.  (Martini- 

]       Bassi  127) n'  14 

(  Romanus  Vaticanus  17  17 n°  15 

Florentinus  Laurentianus  VI,  3 n"  16 

Mediolaniensis  Ambrosianus  C,  98  Sup.   (Martini- 

Bassi  195) n»  17 

i  Parisinus  140 n°  18 

<  Venetus  append.  class.  I  cod.  41 n°  29 

(  Taurinensis  Biblioth.  regiae  B  I  22  (79  Pasini).  .   .  .  n"  31 
Mosquensis  Bihlioth.  synod.  3.58  (345  Matthaei,  47 

Wladimir) n°  32 

Parisinus  Coislinianus  80 n"  37 

Le  Vindobonensis  8  (10),  voir  plus  haut  n°  11,  devra  faire 

[32] 


l 


COMMENTAIRE    DE    DIODORE    DE   TARSE   SUR    LES    PSALMES.       05 

aussi  l'objet  d'une  analyse  complète;  mais  ce  qui  fait  son  intérêt 
priinipal,  ce  n'est  ]ias  les  "2  fragments  sii^ni's  Dimlore  iiu'ii 
contient  dans  sacliaine  ^voir  plus  haut,  n"  11,  B),  mais  son  Com- 
mentaire anonyme  (^  Diodore  remanié).  Nous  en  reparlerons 
quimil  nous  étudierons  la  tradition  anonyme  (voir  plus  has, 
n"  68). 

S  II.  —  TR.\I)IT10.\  «  AN.\STASE  .. 

Cette  tradition  «  AXAST.\SE  »  revêt  des  formes  diverses  : 
nous  distinguerons  : 

I.  —  La  tradition  :  '\wx7-.x~i:j,  et  dans  celle-ci  : 

a)  la  tradition  'Ava-Txj'jj  l'orme  fragmentaire; 
g)  la   tradition    'AvajTajîîj  forme  eonlinue  mais  par- 
tieUe.  incomplète;  remaniée  ou  adaptée; 

II.  —  La  tradition  izb  iwvf,;  ' X-txz-.xzizj  :  seule  forme 
'  omplète. 

I.  —  TRADITIO.N    AN.VXTXXror. 

a)  TRADITION    AN  MTAirov  forme  fragmentaire. 

Les  manuscrits  signalés  dans  cette  section  ont  été  relevés  à 
laide  des  indications  fournies  par  le  Catalogus  île  Karo  et 
Lietzmann. 

Plusieurs,  contenant  aussi  des  fragments  signés  Diodore,  ont 
déjà  été  étudiés  dans  le  ^,  I. 

On  a  jugé  utile  cependant  de  les  faire  figurer  ici  à  nouveau 
l'our  donner  une  énumération  complète  des  manuscrits  repré- 
sentant cette  tradition  '\i2--.x7izj  îovmQ  fragmentaire. 

Pour  la  de.scription  de  ces  manuscrits  on  renverra  naturelle- 
ment au  numéro  où  elle  a  déjà  été  donnée. 

Ou  ajoutera  ici  les  précisions  ou  observations  qui  concernent 
les  fragments  signés  Anastase. 

a.  — GROUPE  IV  (Karu  et  LiEïZMAN.v,  Catalogus,  pp.  28-29). 

38.  —  Vatioanls  Ottobo.manus  398  (Holmes  and  Parsons 
26^). 

1331 


96  REVUE    DE    l'orient   CHRÉTIEN. 

A.  —  Description.  —  Codex  saeculi  XI  inembranaceiis,  28  X  23,5 
centimetrorum. 

Catena,  quae  margini  inscripta  est,  circiter  50  versibus  exarata. 

lituli,  litterae  initiales  contextus  sacri  miniatae. 

Nomina  auctorum,  quae  margini  adscripta  sunt,  atra. 

Lemmata  niimerantur. 

Notae  hexaplares. 

319  folia  continet. 

Foliis  1-157  catena  in  Psalmos  1-67'*  -.  explicit  :  xb  ypii[i|JLa  àzh  to3  tÎv^;  h  . 

Nomina  exhibet  catalogus  :  Anastasius,  Asterius,  Athanasius,  Basilius, 
Cyrillus,  Didymus,  Eusebius,  Eutliymius.  Georgius,  Gregorius  Nazian- 
zenus,  Gregorius  Nyssenus,  Hesychius,  Hieronymus,  (Johannes)  Chryso- 
stomus,  Maximus,  Methodius,  Nilus  monachus,  Origenes,  Theodoretus, 
Anonymus. 

Quae  sequuntur  t'oliis  158-329  alius  codicis  sunt. 

B.  —  Nombre  de  fragments  signés  Anastase.  —  Le 

nom  d'Anastase  ligure  hien  dans  le  catalogue  des  auteurs  donné 
par  le  manuscrit  (voir  plus  haut  A). 

Mais  Karo  et  Lietzmann,  dans  leur  «  auctores  nominantur  » 
[Catalogus,  p.  28)  ne  le  mentionnent  pas. 

Si  leur  relevé  a  été  complet  et  exact,  ce  manuscrit  ne  contien- 
drait pas  de  fragments  signés  Anastase. 

Leur  relové  peut  être  complet  et  exact. 

Et  on  peut  faire  cette  hypothèse  :  le  catalogue  donné  par  le 
manuscrit  citait  les  noms  des  auteurs  dont  toute  la  chaîne, 
4^-d  150,  présentait  des  extraits.  Or  on  n'a  plus  cette  chaîne 
que  pour  les  à  1-G7'^  (voir  plus  haut,  A).  Les  extraits  signés 
Anastase  se  seraient  trouvés  dans  la  seconde  partie  :  'i  67'''- 
l.W. 

.S'il  en  est  ainsi,  il  y  a  peu  de  chances  de  trouver  dans  ce 
manuscrit  des  fragments  signés  Anastase. 

Une  analyse  détaillée  de  ce  manuscrit  pourrait  seule  nous 
fixer  à  ce  sujet. 

C.  —  Importance  de  ce  manuscrit.  —  Pour  l'édition 
du  Commentaire  de  Diodore  sur  les  Psaumes,  ce  manuscrit 
n'aura  vraisemblaMement  pas  grande  importance. 

il  pourra  en  avoir  pour  l'histoire  de  la  tradition  pseudépi- 
graphe  et  caténale  de  ce  Commentaire. 


[34] 


I  .iMMENTAMlE    DE    DIODOIIK    liK    TARSE    SUR    LES    PSAUMES.        07 

11.  —GROUPE  XIII  (Karo  et  LiETZMANX,  Cnlalogus,  pp.  :î9-ll). 
39.  —  Roman  us  Vaticanus  751. 

A.  —  Description.  —  Codex  saeculi  X  ineuntis,  nieinbranaceus, 
35  X  2''.  •'  centiiiictroruin. 

Catena,  quae  margini  inscripta  est,  -lO-ôO  versibu.<!  exarafci. 

Noniina  auctoruiii  in  iiiarpine  scripta  sunt. 

Minium  non  adliibitum. 

Notae  liexaplares  litteris  uncialibus  in  interiore  margine. 

Psalniorum  versus  numerantnr. 

Lenimata  numeris  et  signis  indicantur. 

'.VJô  folia  continet. 

Initio  foliorum  ordo  turbatus  :  sic  restituendus  :  3.  4.  7.  8.  9.  10.  5.  0. 
■Ji;.  lit.  20.  21.  22.  23.  24.  27.  32.  29.  30.  31.  34.  X,.  3(>.  33.  11.  25.  15.  Itj. 
17.  18.  28.  14.  •  l->.  13.  • 

Catena  in  Psahnos,  et,  folio  357  r.,  catena  in  Oïlas  initio  mutila  :  catena 
textuin  subsequitur.  Contextus  sacer  litteris  uncialibus  exaratus.  Nomina 
auctoruin,  quae  margini  adscripta  sunt,  atra. 

B.  —    Nombre    de    fragments    signés   Anastase.    — 

D'après  l'-  duc/O/cs  nominaatur  >>  yCdlalnijus.  p.:j!0  ce  manus- 
crit contient  au  fol.  .'Wl  v.  un  fragment  signé  Anastase.  En 
contient-il  d'autres?  Nous  ne  saurions  actuellement  le  dire. 

C.  —  Importance  de  ce  manuscrit.  —  Pour  l'édition  du 
Commentaire  de  Inodore  sur  les  l'saumes,  ce  manuserit  n'aura 
pas  vraisemblablement  grande  importance. 

11  pourra  en  avoir  pour  l'histoire  de  la  tradition  pseudépi- 
graphe  et  caténaie  de  ce  Commentaire. 

40.  —  .MosguK.Nsis  Bibijoth.  sy.nodalis  1!)1  (195  Matthaei,  18 
\\  ladimir). 

A.  —  Description.  —  Codex  saeculi  X/Xl  membranaceus,  28,6  X  22 
centimetroniiii. 

Catena,  quae  margini  inscripta  est,  46  versibus  exarata. 

Tituli.  litterae  initiales  miniatae. 

Leiiimatiim  numeri,  quaternionum  numeri,  notae  hexaplares  (in  mar- 
gine interiore),  nomina  auctorum,  quae  margini  adscripta  sunt,  atra. 

273  folia  continet. 

Catena  in  Psalmos  etOdas. 

B.   —  Nombre  de   fragments   signés  Anastase.  —  .Si 

Cl-  manuscrit  est  stricteuienl  apparenté  au  N'alicanus  754 
(n  39  ,  il  ne  duit  pas  contenir  d'autres  fragments  signés  Anas- 
tase que  celui  ou  ceux  que  contient  ce  Vaticanus. 

[3ô] 

ORIENT   ClIRtTIEN.  7 


98  REVUE    DE    l'orient    CHRÉTIEN. 

C.  —  Importance  de  ce  manuscrit.  —  Si  ce  manuscrit 
est  étroitement  apparenté  au  Vaticanus  751  (n°  39),  il  sera 
probablement  uégii£;eable  pour  l'édition  du  Commentaire  de 
Diodore. 

Il  ne  gardera  d'autre  intérêt  que  celui  d'un  témoin  permet- 
tant de  suivre  la  transmission  du  type  de  chaîne  auquel  il 
appartient. 

41.  —  RoMANUs  Vatic.\nus  1685. 

A.  —  Description.  —  Codex  saeculi  XVI  chartaceus  29,3  X  20  centi- 
luetrorum. 

Catena  textum  subsequitur  30  versibus  exarata. 
Contextus  sacer  per  >>  indicatur. 

Litterae   initiales,  nomina    auctorum,    quae    margini    adscripta   sunt, 
miniata. 
260  folia  coiitinet. 
Catena  in  Psalmos  51-151  et  Odas. 

B.  —  Nombre  de  fragments  signés  Anastase.  —  Même 
remarque  que  pour  le  n"  40  (voir  n"  40,  B). 

C.  —  Importance  de  ce  manuscrit.  —  Même  remarque 
que  pour  le  n°  40.  (Voir  n"  40.  C.) 

c.  —  GROUPE  XIV  (Karo  et  LiETZMANN,  Catalogiis,  pp.  12-43). 

42.  —  Mediolaniexsis  A.mbrosianus  B  106  sup.  (Holmes  and 
Parsons  113;  Martini-Bassi  127),  déjà  vu  pour  les  fragments 
.signés  Diodore  au  n"  14. 

A.  —  Description.  —  \  oir  n°  14,  A. 

B.  —  Nombre  de  fragments  signés  Anastase.  —  D'après 
r  «  auctores  nominantur  »  (Catalogi/s,  p.  42)  ce  manuscrit 
contient  au  moins,  au  folio  126  v.,  sur  le  '}  76,  2  fragments 
signés  Anastase. 

C.  —  Importance  de  ce  manuscrit.  —  Voir  n"  14,  G. 


43.  —  RoMANUs  Vaticanus  1747  (Holmes  and  Parsons  271), 
déjà  vu  pour  les  fragments  signés  Diodore  au  n°  15. 

A.  —  Description.  —  Voir  n"  15,  A. 

B.  —  Nombre  de  fragments  signés  Anastase.  —  Les 

fragments  signés  Anastase  doivent  se  trouver  probablement 


[3bJ 


COMMENTAIRE    DE    DIODORE    DE   TARSE   SLR    LES    PSAUMES.       99 

en  même  nombre  que  dans  le  numéro  pn-cédent  :  42,  voir  B 
C.  —  Importance  de  ce  manuscrit.  —  \oir  n"  i5,  C. 

d.  —  GROlPK  XV  (Karo  et  LiETZMANN,  Catatogus,  pp.  13-47). 
44.  —  Pakisims  BiitLiuTiiECAE  Natio.nali.s  1  i(j. 

A.  —  Description.  —  Codex  saeculi  X  membranaceus.  37.5  X  29  cen- 
iiaetrorum. 

Catena.  niargini  inscripta.  64  versibu.-^  exarata. 

Tituli,  litterae  initiales,  ieniinatum  numeri,  nomina  auctorum,  quae 
[textui  inserta  sunt  vel  margini  adscripta,  miniata. 

Quaternionum  numeri  atri. 

259  folia  continet.  Folio  1  r.  prologi  duabus  columAis.  Folio  25  r.  Catena 
in  Psalmos.  Folio  '243  r.  Catena  in  Odas  sine  titulo  vel  distinctione. 
Explicit  folio  258  r. 

Folio  238  V.  (1  col.l  3/6  tî  Xilr.o-t-zx  eÏ;  tt,'  P  ùioiiv  ::p65£yE  6uvÈ  ir\ 
ai6r,aiv  Tiôv  IjTÎa  ...  explicit  folio  259  r.  «puitiïoiiiv&iv  tîj  SaSouyt'a  To3  :;v5. 

B.  —  Nombre    de    fragmients    signés    Anastase.    — 

L"  «  auctnri-s  tiiuniii'.in/ur  »  de  Karo  et  lAei/Aiiânn  (Calalogus, 
p.  13)  porte  :  «  «  Anastasius  *  inde  a  192  v.  »,  c'est-à-dire  que 
ce  manuscrit  contient  plus  de  10  fragments  à  partir  du  foi. 
lîtj  V. 

C.  —  Importance  de  ce  manuscrit  —  Ce  manuscrit 
avec  les  dou.x  suivants  :  l'ari-s.  suppl.  gr.  ll.")7  (ici  n"  45)  et 
Vatic.  1422  (ici  n"  46)  sont  sortis  de  la  même  librairie  :  «  ex 
eadem  omnes  officina  prodierunt  »,  disent  karo  et  Lietzmann 
(Cataloijus,  p.  47).  Tous  les  trois  .sont  du  x°  siècle. 

Il  faudra  déterminer  celui  des  trois  qui  a  été  rédigé  le  pre- 
mier et  a  sen'i  de  modèle  au.\  deux  autres.  Dès  à  présent  il  y  a 
déjà,  croyons-nous,  un  indice  qui  porte  à  croire  que  le  Paris. 
Suppl.  gr.  1  1.j7  est  postérieur  au  Paris.  146.  Car,  au-\  fragments 
2, 9,  10,  relevés  par  Karo  et  Lietzmann  pour  le  •>  1  \o(Catalogus, 
p.  46),  Paris.  Suppl.  gr.  1157  omet  les  noms  d"auteurs  :  'Avar:. 
'Avar:.  BasiXEîsu,  que  Paris  146  cite.  (Voir  plus  bas,  n°45,  A.) 
Cette  omission  s'explique  évidemment  mieu.x  si  Paris.  Suppl. 
gr.  11.07  dépend  de  Paris.  146.  .\  moins  qu'il  ne  dépende  du 
troisième  :  le  Vatic.  1422,  que  Karo  et  Lietzmann  n'ont  pu 
collationner  pour  co  •>  115. 

Quoi  qu'il  en  soit,  celui  des  trois  manuscrits,  d'où  dérivent  les 

[37, 


rOO  REVUE    DE    l'orient    CHRÉTIEN. 

deux  autres,  sera  le  plus  important  des  26  examinés  dans  ce 
§  II,  pour  la  tradition  caténale  et  signée  Anastase  du  Commen- 
taire de  Diodore  sur  les  Psaumes.  Il  faudra  faire  de  ce  manus- 
crit une  analyse  complète. 

De  plus,  outre  les  fragments  du  Commentaire  de  Diodore  sur 
les  Psaumes,  signés  Anastase,  ces  trois  manuscrits  paraissent 
encore  devoir  contenir,  en  assez  grand  nombre,  d'autres  frag- 
ments du  même  Commentaire,  mais  sans  aucun  nom. 

Dans  le  Paris.  146  quelques  noms  sont  indiqués,  mais  beau- 
coup ne  le  sont  pas.  A  chaque  lettre  rouge  initiale  en  effet 
semble  commencer  un  nouvel  extrait,  et  nombre  de  ceux-ci  ne 
portent  aucun  nom. 

Or  un  simple  coup  d'œil  au  folio  191  v.  de  ce  Paris.  146,  nous 
a  fait  découvrir  3  fragments  anonymes  qui  coïncident  avec  le 
commentaire  médian  du  Coislin.  gr.  275  et  sont  donc  à  peu 
près  sûrement  du  Diodore.  Ce  sont  : 

i/  106^2  Paris.  146.  fol.  191  v.  \>.ot.'  :  y;'  tiç  oé  ...  ■^lapavoiAÎav 

=  Coislin.  gr.  275  :  fol.  271  v.;  cité  sous  le 
nom  àvaCTxaŒicj  dans  Mediolaniensis  Ambros. 
C  98  sup.  fol.  227  v. 
tj>  107  argum.  Paris  146.  fol.  191  v.  :  c  v;  'iaA;j.  -/.aî  6  v6  ... 
li:riXi]]j.<xx<.%bq  =  Coislin.  gr.  275,  fol.  271  v., 
272  r.  ;  cité  sous  le  nom  àvotaxaaîcu  dans 
Mediol.  Ambros.  C9S  sup.  fol.  227  v. 

(J/  1072  Paris   146.  fol.   191   v.  goÙAs-rat  îÎ-sîv  ...  èxiçs'pst 

ouv  ciiTioç.  =  Coislin.  gr.  275,  272  r.;  cité 
sous  le  nom  àvaaxaaiou  dans  Mediol.  Ambros. 
C  98  sup.  fol.  227  v. 

Ces  manuscrits  seront  donc  intéressants  et  pour  l'édition  du 
Commentaire  de  Diodore  et  pour  l'iiistoire  de  la  tradition  caté- 
nale pseudépigraphe  ou  anonyme  de  ce  Commentaire. 

45.  —  Parisinus  Bibliotii.  Nation,  suppl.  gr.  1157. 

A.  —  Description.  —  Codex  .saeculi  X  membranaceus,  38,5  X  29,6 
centimetrorum. 

Catena,  quae  marg-ini  inscripta  est,  65  versibus  exarata. 

Tituli,  litterae  initiales,  nomina  auctorum,  quae  margini  adscripta  sunt 
ininiata.  Quaternionum  numeri  atri. 

[38] 


COMMENTAIHE    DE   DIODORE    DE   TARSE   SUR   LES   PSAUMES.     101 

Nomina  minus  accurate  adscribantur  quam  in  Parisino  146. 
Catena  in  Psalmos  Inde  a  •!/  34".  Incipit  mut^ila?]  tov  j^v  /.xi  to~ï:/a  SoioÀo- 
■  oûvtî;  (hoc  scliolion  in  Parisino  14i'i  incipit  YÀûssa  -ou  yu  oi  Uoe';...V 
Folio  138  r.  catena  in  Odas. 

B.  —  Nombre  de  fragments  signés  Anastase.  —  Étant 
donné  la  parenté  de  ce  iuanu.sirit  avec  le  Paris.  140,  les  frag- 
ments signés  Anastase  y  doivent  être  à  peu  près  en  même 
nombre. 

G.  —  Importance  de  ce  manuscrit.  —  \oir  n"  44,  G. 

46.  —  Ru.MANLs  Vaticaxus  14-22. 

A.  —  Description.  —  Codex  saeculi  X  membranaceus,  38,5  X  29,5 
<  'Utimetroruin. 

Catena.  quae  marpini  inscripta  est,  Oô  versibus  exarata. 
Tituli.  litterae  initiales,  nomina  auctorum,  fjuae  margini  adscripta  sunt 
•  I  textui  inserta,  miniata.  Nomina  auctorum  rarius  atra. 
Psalmorum  versus  numerantur. 
Lemmata  numeris  et  signis  indicantur. 
Quaterniones  numerantur. 
259  folia  continet. 
Catena  in  Psalmos  et  Odas. 

B.  —  Nombre  de  fragments  signés  Anastase.  —  Voir 
n  45,  B 

G.  —  Importance  de  ce  manuscrit.  —  Voir  n'  44,  G. 

e.  —  GROUPE  .WKKaro  etLiETZ.M.\\x,  Catalogus,  pp.  17-48). 

47.  —  Florentinus  Laukkntia.nus  \\,  3  (Holmes and  Parsons 
•292),  déjà  vu  (tradition  :  Diodore),  n"  46. 

A.  —  Description  —  \  oir  n"  16,  A. 

B.  —  Nombre  de  fragments  signés  Anastase.  —  Si, 
comme  il  semble,  la  pan-nte  de  ce  manuscrit  avec  li'  suivant, 
n'  48,  est  étroite,  il  doit  contenir  le  même  nombre  que  lui  de 
fraiiinents  signés  Anastase.  «ir  pour  Cf  n"  48  :  Mediol.  Ambr. 
C  98  Sup.  on  lit  dans  «  Vauctores  nominantur  «  de  Karo  et 
Lietzmann  {Catalogus,  p.  47)  :  «  Anastasius  *  inde  a  193  r. 
praeserlim  'i  103-119  »:  donc  plus  de  Ii>  fragments. 

C.  —  Importance  de  ce  manuscrit.  —  \oir  n    16,  C. 

■M: 


, 


102  REVUE    DE    l'orient    CHRÉTIEN. 

48.    —  Mediolan'iensis  Ambrosianus  C  98  Sup.   (Martini- 
Bassi  195)  déjà  vu,  n"  17. 

A.  —  Description.  —  Voir  n°  17,  A. 

B.  —  Nombre  de  fragments  signés  Anastase.  —  Plus 
de  10;  voirn''47,  B. 

C.  —  Importance  de   ce  manuscrit.    —  Voir  n°  17,  C. 

f.  —  GROUPE  XVII  (Karo  et  LiETZMANN,  CataloQus,  pp.  48-52). 

a)  Première  Section. 

49-  —    Parisinus   Bibliothecae    Xationalis  110;  déjà    vu, 
n   18. 

A.  —  Description.  —  Voir  n"  18,  A. 

B.  —   Nombre  de  fragments  signés  Anastase.  —  Ce 

manuscrit  ne  contient  qu'un  seul  fragment  signé  Anastase  : 

au   fol.    115   r.    sur    le  ti    103"  :    'AvaaTacjt'ou  Ntxaiaç  :    i-siOT) 

àiùSix;....  vïSTTÎav  -e  xal  oî-/.ï;atv  =  Commentaire  médian  du  Cois- 
lin,  gr.  27."),  fol.  -257  r.  et  v. 

C.  —  Importance  de  ce  manuscrit.  —  Voir  n'  18,  C. 


50.  —  Petropolitanus  Bibliothecae  Imperialis  61;  déjà 
vu,  n"  19. 

A.  —  Description.  —  Voir  n"  19,  A. 

B.  —  Nombre  de  fragments  signés  Anastase.  —  Si 
ce  manuscrit  est  aussi  étroitement  apparenté  au  Paris.  140 
(n""  18,  49)  que  les  manuscrits  Paris.  141  (n°*  22,  53)  et  Paris. 
163  (n°'  23,  54),  il  doit  contenir  l'unique  fragment  signé  Anas- 
tase que  contient  ce  Paris.  140  (n"'  18,  49);  voirn"  49,  B. 

C.  —  Importance  de  ce  manuscrit.  —  Voir  n°  19,  C. 

51.  —  Homanus  Vaticanus  744;  déjà  vu,  n°  20. 

A.  —  Description.  —  Voir  n°  20,  A. 

B.  —  Nombre  de  fragments  signés  Anastase.  —  Voir 
n"  50,  B.  (1  seul). 

C.  —  Importance  de  ce  manuscrit.  —  Voir  n°  19,  C. 

52.  —  Venetus  append.  class.  1.  cod.  30;  déjà  vu,  n»  21. 
A.  —  Description.  —  Voir  n°  21,  A. 

[40] 


I 


COMMENTAIRE    DE    DIODOItK    DE    TARSE   SUR    LES    PSAUMES.     103 

B.  —  Nombre  de  fragments  signés  Anastase.  —  Voir 
n"  50,  B  (1  seul). 

C.  —  Importance  de  ce  manuscrit.  — Voir  n"  19,  C. 

53.  —  l'ARisiNUS  BiBLioTiiECAE  Nationalis  141  ;  déjà  vu 
n   22. 

A.  —  Description.        Voir  n    22,  A. 

B.  —  Nombre  de  fragments  signés  Anastase.  —  Ce 
manuscrit  contioril.  au  loi.  lu.')  r.,  sur  le  i  lUli'",  le  même 
l'ragmont,  signe  Anastase  de  Nicée,  que  Paris.  1 10  (voir  n-  49, 
B 

C.  —  Importance  de  ce  manuscrit.  —  Voir  n"  22,  C. 

54.  —  Parisinus  Bibliotmkcae  Nationalis  163;  déjà  vu 
n"  23. 

A.  —  Description.  —  Voir  n    23,  A. 

B.  —  Nombre  de   fragments   signés  Anastase.  —  Ce 

manuscrit  eoiitient  au  loi.  lG:i  r.,  .sur  ■;  lUo'",  le  même  frag- 
ment, signé  Anastase  de  Nicée,  que  Paris.  MO  (voir  n'  49,  B), 
C  —  Importance  de  ce  manuscrit.  —  Voir  n°  23,  C. 

55    —  Homanus  Vaticanus  1617;  déjà  vu  n  24. 

A.  Description         Voir  n°  24,  A. 

B.  —  Nombre  de    fragnaents  signés  Anastase.  —  Si 

la  parenté  de  ce  manuscrit  avec  le  i'aris.  1 10  n^^  18,  49  ou 
avec  les  manuscrits  précédents  (19  [et  50i  à  23  :et  54]),  il  doit 
aussi  contenir  V-  fragment  signé  Anastase  de  Nicée,  sur  'i 
103'"    voir  n- 49,  B. 

C.  —  Importance  de  ce  manuscrit.  —  Voirn<24,  C 

b)  Seconde  Section. 

Codices,  variis.  modis  cum  à)  cognati. 

56.  —  MoN.\CENSis  Bibliothecae  Regiae  252;  déjà  vu 
n"  25. 

A.  —  Description.        \oir  n   25,  A. 

B.  —  Nombre  de  fragments  signés  Anastase.  —  Même 
remarque  que  [MMir  le  n"  55;  voir  55,  B. 

C.  —  Importance  de  ce  manuscrit.  —  Voir  n   25,  C. 


1(14  REVUE    DE    L  ORIENT    CHRETIEN. 

57.  —  Veronensis  Bibliothecae  capitulariae  118;  déjà  vu 
n  26. 

A.  Description.  —  Voir  n"  26,  A. 

B.  —  Nombre  de  fragments  signés  Anastase.  —Même 
remarque  que  pour  le  n°  55;  voir  55,  B. 

C.  —  Importance  de  ce  nianuscrit.  —  Voir  n"  24,  C. 

58.  —    MosQUENsis   Bibliothecae   svnùdalis    114  (338  Mat- 
thaei,  33  Wladimir);  déjà  vu  :  n°  27. 

A.  —  Description.  —  Voir  n"  27,  A. 

B.  —  Nombre  de  fragments  signés  Anastase.  —  Même 
remarque  que  pour  le  n°  55;  voir  55,  B. 

C.  —  Importance  de  ce  manuscrit.  —  ^oirn°24,  C. 

59.  —   VixnoiiONENSis  Bibliothecae  Imperialis  theologicus 
299  (Nessel)  15  (Lambeck);  déjà  vu  n°  28. 

A.  —  Description.  —  Voir  n°  28,  A. 

B.  —  Nombre  de  fragments  signés  Anastase.  —  Même 
remarque  que  pour  le  n"  55;  voir  55,  B. 

C.  —  Importance  de  ce  manuscrit.  —  Voir  n"  24,  C.  : 
même  remarque. 

60.  —  Venetus  append.  class.  I   cod.    41  ;   déjà  vu  n°  29. 

A.  —  Description.  —  Voir  n"  29,  A. 

B.  —  Nombre  de    fragments  signés  Anastase.  —  Ce 

manuscrit,  d'après  !"«  auctores  nominantur  »  mis  en  tête  du 
groupe  XVII  par  Karo  et  Lietzmann  (Catalogus,  p.  48),  cite  le 
nom  d' Anastase  de  Nicée  :  «  Anastasius  Nicaeitus  fol.  239.  v. 
Ven.  app.  L  il.  » 

Ce  fragment,  étant  donné  la  place  où  il  se  trouve  dans  le 
manuscrit,  ne  doit  pa.s  être  le  fragment  signé  'Avcza-acrîij  Nty.aîaç, 
-ité  dans  Paris.  140,  fol.  115  r.  sur  le  <]/  103'"  (voir  n°  49,  B). 

C.  —  Importance  de  ce  manuscrit.  —  Voir  n"  29,  C. 

61.  —  Venetus  append.  class.  1  cod.  13;  déjà  vu  n"  30. 

A.  —  Description.  —  \'oir  n°  30,  A. 

B.  —  Nombre  de  fragments  signés  Anastase.  —  Ce 

manuscrit,  étant  donné  ce  qu'en  disent  Karo  et  Lietzmann 

[421 


COMMENTAIRE    DE   DIODORE    DE   TARSE   SUR    LES    PSAUMES.     lO.) 

(V"ii-  n°  30,  A),  ne  doit  pas  contenir   de    fragments   signés 
Anastase.  \i>\v  au-si  n  30,  B. 
C.  —  Importance  de  ce  manuscrit.  —  \  oir  n'  30,  B,  C 

62.  —  Taurinensis  Bibliothecae  Reciae  B  I  22  (79  Pasini), 
déjà  vu  n  31. 

A.  ~  Description.  —  Voir  n"  31,  A. 

B.  —  Nombre  de  fragments  signés  Anastase  —  A  sup- 
poser que  ce  manuscrit  reproduise  num'Tiqucrocnt  et  iden- 
tiquement tou.s  les  fragments  cités  par  Paris.  1  lU  (n"'  18,  49;. 
011  y  trouverait  également  le  fragment  signé  '.\vaï-:a7(;-j  N-.y.x'a;  : 
v.jr  n  49,  B. 

C.  —  Importance  de  ce  manuscrit.  —  Voir  n   31,  C. 

g.  — GKOiPE  XVIII  (IvARuet  LiETZMA.N.x,  Cdlalogus,  pp.  52-.54). 

63.  —  MosQUENsis  Bibliothecae  synodalis  358  (345  Mattliaei. 
47  Wiadiiiiir);  dijà  vu  n"  32. 

A.  —  Description.  —  ^  oir  n   32,  A. 

B.  —  Nombre  de  fragments  signés  Anastase.  —  Si  la 
liste  lies  auteurs  qu'on  lit  au  folio  37  r.  de  ce  manuscrit  (voir 
n"  32,  A)  est  bien  la  liste  des  auteurs  dont  la  cliaine  reproduit 
des  extraits,  et  non  un  simple  catalogue  des  Commentateurs  du 
Psautier  les  plus  connus,  ce  manuscrit  doit  contenir  des  frag- 
ments signés  ' X'ixz- xT.ij. 

Mais  le  nombre  de  ces  fragments  échappe  actuellement  à 
toute  évaluation,  Karo  et  Lietzmann  n'ayant  pas  fait  pour  ce 
manuscrit  d'  «  auctores  Hoi/iinaiilnr  ». 

C.  —  Importance  de  ce  manuscrit.    -  Voir  n  32,  C. 

Conclusion  a  a)  TRADITION  'AN.xsTAsror  forme  fragmentaire. 

Cette  tradition  'Ava--ai{:j.  forme  fragmentaire,  est  donc 
représentée  par  20  manuscrits,  dont  19  contiennent  «  la  fois 
des  fragments  d'un  même  Commentaire  (Diodore,  in  Psalmos) 
signés  les  uns  A'.:î<ip:j,  les  autres  'A'txs-xs'.zj  voir  la  liste  de 
ces  19  manuscrits  à  l'Appendice  II,  p.  117». 


106  REVUE    DE    l'orient   CHRÉTIEN. 

Pour  cette  tradition  'Avaaiaawu,  forme  fragmentaire,  je  n'ai 
pas  fait  comme  pour  la  tradition  AtoSwpou  de  dépouillements 
complets,  même  limités,  sauf  pour  Paris,  gr.  140  (.n"*  18,  49) 
et  les  Paris.  141  (n°'  22,  53)  et  163  (n""  23,  54).  Ces  manuscrits 
d'ailleurs  ne  contiennent  que  le  seul  et  même  fragment  signé 
'Avac7Ta3tGj  Nixafaç  sur  à  103''.  (Voir  n"'  49,  B;  53,  B;  54,  B). 

J'ai  seulement  relevé  dans  le  Paris,  gr.  146  (n-  44),  et,  à 
l'aide  de  photographies  partielles  et  très  médiocres,  dans  le 
Mediolan.  Ambros.  C  98  sup.  (Martini-Bassi  195)  (n°*  17,  48) 
quelques  fragments  qui  coïncident  tous  avec  le  texte  du  com- 
mentaire médian  du  Coislin.  gr.  275-  Mais  ce  travail  a  été  à 
peine  commencé.  La  liste  des  fragments  actuellement  relevés 
serait  si  courte  qu'elle  ne  vaut  pas  la  peine  d'être  publiée  :  il 
faudra  auparavant  la  compléter. 

Plusieurs  des  fragments  signés  'AvacjTaaîou  contenus  dans 
le  Mediolan.  Ambr.  C  98  (n°'  17,  48)  ont  été  relevés  par 
M^'  G.  Mercati  :  Rendkoiiti  delV  Istituto  Lomhardo,  1898, 
pp.  1046  ss.  Nuovi  frammenti  greci  del  Commentario  di  Teo- 
doro  Mopsuestano  ai  salmi.  Voir  ici  n°  17,  G. 

En  somme,  il  y  aurait  à  faire  l'analyse  complète  (Prologues, 
fragments  de  tous  les  auteurs  et  non  pas  seulement  du  soi- 
disant  Anastase  (=  Diodore),  en  premier  lieu,  des  manuscrits 
suivants  : 

T,    AiûSwpou      T.    'AvaTTairio'j 

Romanus  Vaticanus  Ottobonianus  398 n"  38 

1  Mediolaniensis  Ambrosianus  B  106  sup. 

(Martini-Bassi  127) n"  14  .  .  n»  42 

(  Romanus  Vaticanus  1747 n"  15  .  .  n°  43 

Parisinus  146 n"  44 

Parisinus  Suppl.  gr.  1157 n°  45 

Romanus  Vaticanus  1422 n"  46 

Florentinus  Laurentianus  VI.  3 n"  16  .  .  n°  47 

Mediolaniensis  Ambrosianus  C  98.  Sup. 

(Martini-Bassi  195) n°  17-    .  n-  48 

Parisinus  140 n»  18  .  .  n°  49 

Venetus  append.  class.  1  cod.  41 n°  29  .  .  n°  60 

ïaurinensis   Biblioth.    regiae   B   1    22 

(79  Pasini) n"  31  .  .  n"  62 

[44] 


OMMEXTAIRE    DE    DIODORE    DE   TARSE    SUR    LES    PSAUMES.     Itl7 


I 


Mosquensis     Bibliotli.    .synodalis    3."iS 
(340  Mattliaei.  17  Wladimiri n'  32  .  .  n   63 

Étant  donné  que,  pour  la  tradition  Atîîwpou,  ce  travail  d'ana- 
Ivse  et  de  dépouillement  aura  déjà  •■té  lait  pour  S  manuscrits, 
les  plus  représentatifs  des  19  qui  contiennent  à  la  fnis  dfs 
fragments  de  Diodore,  in  Psalmos,  signés,  les  uns  A'.;î(i?;j, 
les  autres  'AvaTTuicj,  il  n'y  aura  que  1  manuscrits  nouveaux 
à  analyser:  ce  sont  : 

Romanus  Vaticanus  Ottobonianus  398    n  38 

l'arisinus  I-IG n  44 

Parisinus  suppl.  gr.  1157 n  45 

Romanus  \  aticanus  1  Vil n  46 

l>e  ces  1  manuscrits,  le  Paris.  14G  apparaît  dès  à  présent 
comme  devant  être,  de  beaucoup,  le  plus  important:  avec, 
peut-être,  le  Romanus  Vaticanus  Wll. 

^  TRADITION  ANASTAsrov  forme  Continue,  mais  partielle, 
incomplète. 

64-  —  Athuls  Mai.nak  Laurae  Sancti  Atiianasii  8  70. 

A.  —  Description.  —  Ce  manuscrit  est  curieux  et  important. 

.le  ne  l'ai  pas  vu  de  mes  yeux,  mais  les  renseignements  assez 
complets  que  jai  réussi  à  rassembler  sur  lui  suffiront  à  mon- 
trer son  importance,  et  pour  l'édition  du  texte  du  Commentaire 
de  Itioilore  sur  les  Psaumes,  et,  plus  encore,  pour  l'histoire  de 
la  transmission  de  ce  Commentaire. 

.M.  Rendel  Harris  est  le  premier  à  avoir  attiré  l'attention  sur 
ce  manuscrit.  .Au  cours  d'une  visite  qu'il  fit  au  .Mont  Athos, 
avant  189-2,  il  avait  été  frappé  du  ton  de  l'ouvrage  qu'il  contient, 
et  il  s'était  demandé  si  ce  n'était  pas  là  le  Commentaire  perdu 
de  Théodore  de  .Mopsueste,  sur  les  Psaumes. 

En  1892,  incité  sans  doute  par  lintérét  que  .M.  Rendel  Harris 
avait  manifesté  devant  ce  manuscrit,  Alexandros  Lauriotès, 
dans  un  article,  signé  du  'j  mai  1892,  et  paru  dans  le  numéro 
de  juillet  1892  de  \"E/:/:>:r,z:x--.:Ar,  '.V/.r/Jî'.a,  pp.  131-135,  donnait 
dudit  manuscrit  cette  courte  description  : 

[•tôi 


108  REvn;  de  l'orient  chrétien. 

SuY^-E''*'  (Sî''^ ''^  •:3J-/o;  Ix  o-J).Xwv  310.  'Ev  tjyTJjiaii  Ttiiprou  [leyako-j,  ytypo:^ 
{J.ÎVOV  r.cpi  Tï|v    IB'  â/.aTovcasTript'îa'    Ësn  OÈ    TrJ;    ap/TJ;    zal   toj    téXouç    ÈXXsmi;, 

TCÔV    ÇÛXXWV    èzTTJÎOVTWV,    Zat  nEpiÉyOVTJl    ÈV    aùt'ô   TÎOE 

1.  —    'EpjJirivEi'a  £Î;  Toù;  'iaXfiouç  àpyotiivi)  àj:ô  TOÛ  17  jiXu.o3. 

2.  —  A!  loBal,  wv  T)  î:pi'JTYi  [1=6'  èp[iTiv£ia;  èv  -t)  Im!):. 

3.  —  TaXfiol  iT)'  SaXôaovoç  w;  èÇr);  [suivent  les  titres  des  dix-huit  psaumes] . 

4.  —  KuptXXoi» 'Apy.s-fjxonou  'AXt^ï'/opsia;  si;Tb 'Aisaa  TÔJv  'AiaaiTuv.  [p.  134. 
col.  1]. 

I!  ajoutait,  immédiatement  après  : 

Tr,v  £0{XTiv£['av  -aÛTr^v  t(ov  •^/aXtj.ujv  av^TCÎypatpov  oûaav  xat  àvs/.ooTOv  arzoSfSsc  o 
r.oô  Ttvo;  /.aipov  ta;  '1.  Movà;  kr.i'jy.nodz'ii  ay-j-Xoç  KaBiTj'riTTi;  ToO  nïvs-iaTr)ij.'oj 
KaLviaôépY^is  "•  Rendet  [s«c  pour  Rende!]  Harris  sic  tov  0:o5upov  MoiousaTii: 
àXX'  èpEÛvr);  Y'''°l-'-^^'i;  H--^'  £':"Taaîa;  ûi:'  Èiioû  ÈYvtiaOrj  ÔTi  èailv  Êp^ov  '.Vva^raaloj 
'Enigx6):ou  Ni/.aiaj,  àx;ictaovTo;  xaii  tô  740-680  [sic]...  Tïiv  iJsav  ijlou  oti  r)  Èv 
XoYu>  Épu-ïivei'a  t<3v  ij/aXiiGiv  laitv  spyov  'Avïsraaîou  l;:iaxôj!ou  Nixctîaç,  Èvia-y^ÛEt  »)  iv 
-(ô  x£iiJ.Év(p  Iv  TCoXXot;  ywpîot;  àj:av:'»;j.évTi  aoToXElsl  I^TÎyrjSiç  ôsoowpjj-rou  Kûppoj 
jxETaYEveaTEpou  to3  ÔEOOwpou  Mo'|ouE3TÎa;  (p.  134,  Col.    1  et  '2). 

Pour  qu'on  put  comparer  ce  manuscrit  de  l'Athos  avec  le 
commentaire  de  la  Bibliothèque  Coislin,  à-b  çwvrjç  'AvaffTaatou 
:r/;Tpî-:AtTîj  Nf/.a'a;  (Coislin.  27.5.  ici  n"  65).  Alexandros  donnait 
du  0  70  quelques  extraits  sur  les  Psaumes  18,  45,  50,  95. 

En  1895  Oscar  von  Gebhardt  a  utilisé  la  troisième  partie  de 
ce  manuscrit  pour  son  édition  des  Psaumes  de  Salomon  :  Dif 
Psal.DU'ii  Salomo's  zurn  ersten  Maie  mit  Benutzung  der  Atlios- 
handsclirilten  und  des  Codex  Casanatensis.  —  Texte  und 
Untersuchuniien  zur  Geschichte  der  altcliristlichen  Literatur. 
herausgegeben  von  Oscar  von  Gebhardt  und  Adolf  von  Har- 
nack.  Dreizehnter  Band.  Leipzig.  J.  C.  Hinrichs'sche  Buch- 
handlung.  1895. 

Dans  l'Introduction,  p.  29,  on  lit  : 

3.  Der  Codex  des  Laura-Klosters  (ttî;  Upà;  aovîi;  iiEYbrri;  Aaûpaçi  auf  dem 
Athos(L)  :  310  Blàtter  in  gr.-4",  aus  dem  XII  Jahrhundert.  Die  am  Anfang 
und  Schluss  defecte  Hs.  enthâlt  nach  der  von  'AXéÇavopo;  Aa^pioitr,;  im 
Jahrg.  1892  der  'ExxXrjatasTixî)  'AXr;6Eia,  p.  134  gegebenen  Beschreibung  : 

suit  l'index  que  nous  avons  reproduit  plus  haut. 
Puis  O.  von  Gebhardt  ajoute  : 

Herr  Alexandros  batte  die  Giite,  mir  durch  Vermittlung  Phil.  Meyer's 
eine  vollstiindige  Collation  der  Psalmen  Salomo's  in  dieser  Hs.  nach 
dem  Hilgenfeld'schen  Texte  zur  Verfiigung  zu  stelien. 

[461 


COMMENTAIHE    DE   DIODORE    HE    TARSE   SIU    LES    PSAUMES.     10î> 

Cette  date  du  \\i'  siècle,  Gebhardt  l'accepte-t-il  de  Alexan- 
dros.  qui  la  donne,  nous  l'avons  vu  plus  haut,  pour  tout 
l'ensemble  du  manuscrit?  ou  bien,  la  section  qui  contenait  les 
Psaumes  de  Salomon  a-t-elle  été  datée  du  xii'  siècle  par  Meyer, 
qui  a  dû  voir  le  manuscrit? 

Quoi  qu'il  en  soit,  pour  les  sections  de  \"îpj.r,'it\x  qu'il  a  vues 
de  ses  yeux,  M.  Kendel  Ilarris.  dans  les  connaissances  paléo- 
-.apliiques  duquel  j'ai  plus  de  confiance  qu'en  celles  d'Alexan- 
Iros  Lauriôtès,  assignait  le  xv""  siècle.  Dans  les  notes  qu'il 
avait  prises  sur  ce  manuscrit,  et  qu'il  a  eu  l'extrême  obli- 
geance de  me  communiquer,  je  lis  : 

(.'od.  Laura  6  70  :  ?  Théodore  Mops.  in.  Psalmos  in  a  ms  of  tlie  XV"' 
iitury  mucti  wornieaten  and  defective  at   the  beginning  :  it  begins  in 
;..e  middie  of  Ps  lï'.  .\  few  marginal  scholia  from  other  writers. 

La  date  du  xv°  siècle  est  peut-être  un  peu  trop  basse,  mais 
celle  du  xii'  est  sûrement  beaucoup  trop  haute,  pour  \'kp'^.r,'/dx 
i\ç  Tsj;  'iaXixîj;  j'entends.  Je  crois  d'ailleurs  qu'il  faut  distinguer 
selon  les  difTérentes  sections  qu'elle  contient.  Voir  p.  .52. 

Dans  l'automne  de  1911.  prolltant  de  l'expédition  organisée 
par  .M.  Heinrich  Jantsch,  de  Dresde,  pour  la  photographie  de 
manuscrits  contenus  dans  les  Bibliothèques  de  l'Orient,  j'ai 
essayé  d'avoir  une  photographie  complète  de  Vïp\xr,-n(x  s!;  tîjç- 
•iaAijLck,  mais  étant  donné  l'état  déplorable  dans  lequel  se 
trouve  ce  manuscrit,  je  n'ai  pu  en  obtenir,  et  sur  des  photogra- 
phies d'ailleurs  très  défectueuses,  que  de  larges  portions.  J'en 
indiquerai  jilus  bas,  d'une  façon  générale,  le  contenu. 

Des  renseignements  que  .M.  H.  Jantsch  a  eu  l'amabilité  de 
me  donner  dans  la  suite  (if  mars  191-2),  il  nssort  qu'àl'au- 
tumne  191 1,  ce  manuscrit  6  7u  se  trouvait  partagé;  les  parties  : 
•J)  Odes;  3)  Psaumes  de  Salomon;  4)  Cyrille,  in  Canticuni, 
avaient  été  détachées  et  mises  on  ne  sait  où.  L'£piAr,vîîa  restait 
seule  et  le  dernier  folio  du  manuscrit  était  le  folio  283. 

Le  manuscrit  était  sans  couverture,  sans  même  une  feuille  de  papier 
pour  le  protégerl  Tous  les  feuillets  sont  si  ruineux,  pourris  parle  suc  de 
l't^ncre,  qui  s'est  étendu  d'une  manière  presque  éiralc  à  travers  toute  la 
masse  fibreuse  [du  papier  :  voir  plus  bas  ,  qu'ils  menacent  de  s'en  aller 
tous  ensemble.  Et.  de  fait,  à  l'intérieur  du  volume  plusieurs  feuillets  se 
sont  détachés.  {Letlre  de  M.  H.  Janlsch.) 

.47] 


110  REVUE    DE    l'orient    CHRÉTIEN. 

En  septembre  1920,  sur  l'aimable  requête  de  M.  G.  Millet, 
Spyridon  Lauriôtès  'loc-pb^  eut  l'obligeance  de  copier  dans  ce 
0  70  quelques  Cragments  de  repère  qui  me  permirent  de 
conclure  que  Vkpi^.ri^iîx  photographiée  en  partie  en  1911  par 
Jantsch  et  contenant  fol.  1-283  formait  bien  la  première  section 
du  Codex  signalé  par  Alexandros  Lauriôtès  en  1892,  codex  dont 
la  troisième  section.  Psaumes  de  Salomon,  avait  été  utilisée 
par  0.  von  Gebhardt  en  1895. 

Quant  aux  sections  2),  3),  4)  Spyridon  Lauriôtès  m'écri- 
vait : 

'Ep[j.riv£taiv  è;  Ta;  t'uoi;  Eupov  è;  toÙç  xwO.  K  29  x«t  tu  76  •  ipar|VEi»v  è;  rb  5a(iii  Twv 
àajiittov  eupov  è;  tovxwo.  to  21'  xai  âç  ti  YXaçupà  ToO  KuptXXou  'A(X<-SKi'jx6iio<i'l^^e- 

ÇavSpet'a;  w  59'  to3  Si  SoXotiùvTo;  Èç  /.(u5.  0  [lecture  incertaine]  51  y.aX  p  29. 

Mais  il  m'est  impossible  de  dire  si  ce  sont  là  les  feuillets 
qui,  en  1892,  faisaient  partie  du  Codex  0  70. 

En  résumé,  sous  sa  forme  actuelle,  on  peut  décrire  ainsi,  de 
loin,  ce  manuscrit  : 

Manuscrit  du  w"  siècle  (?)  ;  papier  [Spyridon  dit  yâpTtvo;,  qu'il  faut 
peut-être  traduire  par  «  bombycimis  »;  grand  in-quarto  :  24  et  28/29 
lignes  à  la  page  dans  les  sections  6-11  (voir  plus  bas).  [Je  n'ai  pas  les 
dimensions  en  centimètres  :  je  les  croirais  proches  de  celles  du  Coislin. 
gr.  275  (n"  65)  grand  in-quarto  lui  aussi  =  29  X  21  ou  du  Paris,  gr.  168 
(n"  66)  in-quarto  :  222  X  175  qui  a  régulièrement  26  lignes  à  la  page.] 

En  très  mauvais  état;  mutilé  au  début  et  à  la  fin  ; 

Fol.  1  r.  :  Incipit  :  xpîjia  ânrJYaYeç.  iitù  Si  èçuXaÇa?  là;  ôSoiç  aou  ô  \i.tx/l/ 
xa-cà  TTiv  èv  xaipw  x.  T.  X.  [copie  Spyridon]  =  Commentaire  du  Ps.  Tliéod. 
d'Héraclée,  Cordier,  E.xp.  in  Ps.  1,  .319,  plus  précisément  =  Athanase, 
P.  G.,  t.  XXVII,  col.  116.  B.  in  J-  17-«. 

Fol.  283.  V.  :  Explicil  :  ...  xal  ol  xauTTij  IpaaratSi'  aÙTrjv  iotSiiiOi  ylvovrat.  = 
Théodoret,  in  Psalmos.  P.  G.,  t.  LXXX,  col.  1993,  in  ■;  149'. 

Donc,  en  gros,  ce  manuscrit,  à  l'état  actuel,  contient  une  âppirivEia  in 
Psalmos  :  '}  17'-"  —  149  inclus  (-(-quelques  folios  (égarés"?);  sur»}'  8f'"  —  9'' 
et  4.  17 '«  et  172!,  voir  plus  bas). 

Mais  cette  Ép[j.riv£;a  est  loin  d'être  uniforme  et  homogène.  En  voici  une 
analyse  succincte,  d'après  les  portions  que  j'ai  pu  en  avoir  : 


|48] 


I 


lOM.MKNÏAIRE    DE    DIODORE    DE   TARSE    SIR    LES    PSAUMES.     111 


D'après 
pliotogra- 

4.  S"'-tH  .     . 

fol.  24  r.  et  v.  lî). 

=  (1)  Comment,  du  l'seudo 
Théod.  lier.  (Cordior). 

phi.-S. 

i-  17"=  et  17" 

.  fol.  25  (î) 

=  (Il  Comment,  «lu  l'seudo 
Tlii^od.  lier.  (Cordieri. 

D'après 

j  coiniiiu- 

1   )  nication 

Spyridon 

D'après 

article 

f.Mex.  L.iu- 

riOtès. 

D'après 
commu- 
nication 
Spyridon. 


I 


•^  17'<'  fol.  I  r.  iiH-.  xoîjia...   •=     Commentaire  du  l'seudo 

Théod.  lier.  (Cordier). 


i,  IS">  -i 


I  D'apré.<i 
2  ,  pliotogni- 
I     pliies. 


fol. 


^  -1130-33  (fl.)  fol     ig  r.  et  V. 


hi22i'  fol.  17 


+  231-»  fol.  18  r. 


Com.  méd.  Coislin.  'i75(= 
Diodore)  -f  Eusèbe  +  Cm. 
Ps.  Théod   II. 


:     Commentaire  du  Pseudo 
Théod.  Hér.  (Cordier). 

En  haut  du  fol.  17  r.,  de 
la  même  main  que  celle  du 
texte,  à  droite,  à  la  suite  du 
titre  ■{«Jjib;  tw  .lot-jeiô,  on  lit 
=  nettement  'Ava'm<i(o-j  iia- 
(ixono-j  Nixaia;,  bien  que  le 
texte  soit  nettement  du 
Théodore! ,  légèrement  re- 
manié. 


3  ' 


•\,  24'-- 

fol.  19  r. 

D'après 
photogra- 

^  24"- 2» 

fol.  -20  r. 

■V  252-26' 

fol.  21  r. 

i{i  -îe^'s' 

fol.  -22  r. 

4,  27«<-28' 

fol.  ïi  r. 

Chaîne  en  colonne,  ou  je 
relève  :  les  noms  de  :  Atha- 
nase,  Didyme,  Cyrille, Théo- 
dore (6co5.)  Eusèbe..;  frag- 
^_  ments  anonymes  =  Théo- 
dore! (en  grand  nombre), 
Didyme  :  1,  Comm.  méd. 
Coislin.  27.0  (=  Diodore) .-  1  ; 
portions  entières  =  Théo- 
dore!. 


\  l) 


D'après 
4  photogra- 
y  -phie». 


^  2910-30"^ 


fol.  26  r.  (?) 


En  grande  partie  Comm 
méd.  Coislin.  -275  (=  Dio- 
dore) attribué  à  'Avaorioios 
ini^ono;  >'t/.aîa?  (3).  Au  dé- 
but du  i|i:iij  cite  Grégoire  de 
Xvsse. 


[49] 


112 


(  D'après 

5   Ipliotogra- 

i    ]ihies. 

/ 


REVUE    DE    L  ORIENT    CHRETIEN 

J/  308-n  fol.  27  r. 

.}'30--i''-31"  fol.  28  r. 


D'après 
photogra- 
phies. 


D'après 
notes  ûe 
M.  Rendel 

Ilarris. 


Chaîne  en  couronne,  où 

je  relève  les  noms  de  Atha- 

l~  nase,  Théodoret,  Eusèbe  (?i, 


Didyme. 


4-  3P-32"'-»- 

fol.  29  r. 

+  32'>''-- 

fol.  30  r. 

^  32l2l'-lti 

fol.  31  r. 

^  33"e-2 

fol.  32  r. 

4-  33?-i2 

fol.  33  r. 

4/33i''-2' 

fol.  34  r. 

4  34"»--:«i» 

fol.  35  r.-oO  r. 

4,  .42i''-44*'' 

fol.  58  V.-63  1-. 

i,  4471-9 

fol.  &4  r. 

■>  44ii''-65"" 

fol.  65  V.-107  r.  (4) 

4/  73"=-  fol.  ? 

■>  76"'-  fol.  •? 


=     Commentaire         médian 
Coislin.  275  (=  Diodore). 


Entre  le  «j-  76,  dont  le  Proloyue  =  encore  Comm.  médian  Coislin.  27i 
(=  Diodore),  et  le  ■}  78  dont  le  Prologue  =  Théodoret,  cesse,  momentané- 
ment dans  B  70  le  Comm.  médian  Coislin.  275  (=  Diodore). 


D'après 

notes  lie 

M.  R. 

Ilarris. 

D'après 
[photogra- 
phies. 

l  D'après 

S  jphotogra- 

(    phiies. 


4/  78" 


4-  791-1 


fol.? 


fol.  I47v.-165v.lis.  111 


Théodoret. 


\        Comm.  méd.  Coislin.  275 
4/ 88'-94i  fol.l65v.lig.l4-180r.[=(=  Diodore)  :  signé  'Avasr. 

)     (5). 


(  D'après 

9  <photogra- 

(     phies. 


^         Théodoret  :   fol.    222   v., 
4- 117-'-118-3      fol.222v.-226r.lig.20Ç=  marge  gauche    en    haut    : 

;     0£o5. 


150] 


fii\iMr\T\iitK  m:  dmiooki:  m,  tausk  suh  I-rs  psalmks.    lirj 


^  Il'apros 

lOailioiotri-a- 

(     pliics. 


/  Ii'apri's 

1  pholO),M"!l- 

V    pliics. 

Il'  r>.       ■ 
1  U  après 

I  foniimi- 

f  iiications 

ISpyriiloii- 


«^  US^.iitpi.      fol.iitir.lig.iiVil'.tr.)         fomm.  nukl.  roislin.  iT.". 

=  (=  Diodort').  au  fol.  tX  r. 


■J/  l:!!'-!:'.:)'"-      loi.  •.'.">i  v. -ijl  v.         ;      1.  .'(i: aucun sigtpd'attrib. 

■)/  IXJi -):«•'=•      fol.  -'5^1  V.--250  r.        \ 
l  i:S"-.--  fol.  •.>6l  V.  et  .!«■-•  r.   j 


Tliéodorct. 


fol.  -iS!  r.  cl  V.  l 

voviai.  ] 


Notes  relatives  à  ce  tableau.  —  1.  Ces  folios  se  trouvent  actuellement 
,':irés  après  le  fol.  23.  Etant  donné  leur  contenu  ils  (levaient  se  trouver, 

•X  les  autres  folios,  désormais  perdus,  avant  le  fol.  1  actuel.  Ce  que 
j'ai  noté  fol.  25  ?)  est  un  lambeau  (=:  i  17"')  laissant  voir  à  l'envers 
une  partie  d'un  autre  folio  (=  ■!/  17'-'),  le  tout  pris  sur  une  seule  et  même 
pbotograpbie. 

2.  Je  crois  bien  que  cette  section  1  contient  une  portion  du  Com- 
mentaire du  Pseudo  Tliéodore  d'Héraclée,  mais,  d'après  une  tradition  jilus 
c<iniplctc  (|uc  celle  qu'on  lit  dans  Cordier  (^  Vindoli.  17  (Ne.sseli  cf. 
Append.  II h.  Ce  qui  me  fait  supposer  ici  une  tradition  plus  complète, 
ce  sont  les  fragments  —  Comm.  méd.  Coislin.  275  (=  Diodore),  +  Eusèbe, 
au  •}  18,  qu'on  lit  dans  H  70  mais  pas  dans  Cordier.  Peut-être  cette  tra 
dition  du  Comm.  du  Ps,  Tliéod.  d'Héraclée  dans  le  H  70  se  rapproche- 
rait-elle de  la  tradition  du  Barberini,  Vaticanus,  etc.  (voir  n"~  69,  70). 

3.  En  B  70  fol.  2t)  r.  (?),"  lignes  24-31,  à  la  fin  du  i  20,  on  lit  ; 

'l'ii;'  ::(");  [un  mot  qui  parait  oûv,  effacé]  ojto;  Ô  'iaXuLOî  tyti  zr^v  s^iiYpaçTjv 
tii  i6  riXoi  \paXfioi  to^ijç  JOv  èyMaiiiouov  tov  oixov  rip  jJaS',  t(  vip  Gt^s^AO^St  T(o 
£')f/.«!v'.3ji<i'>  toj  vïo3  to  Xv^iiH  tÔ»  Ai5  ■  S'.ÉjpriîOt;  tov  axy./.oy  (loi»  /.ai  riepii^'oiiç  |xe 
tisooTJvriV  r,  ÔTt  àvijvi-c;;  |;  ïôo'j  tJ-jV  'ij/T-Jv  ;i.oi>  xi'i  x'i  Xv.r.i;  lîpbî  TaÛTi  'Avil- 
tàî'.Oi  K-(5xono;  Niziii;  yr,it  oj;  o'-i'Sii  ip;aiΣt  TÔi  If/.a'.visuKÔ  àXÀi  tiTi  El^ezii  Xî/Oe)? 
nipi  TOJ  UL»)!»p{o'j  Ai5  noXj  î:po  t'ôv  tioiys*^""""'  toixjti]  y*P  *^?  j:pO'ir|T£(ï5  r)  /ipiî 
rdppioâïv  7:po3Xiitojia  tï  Tipi^S^»*».  •2^'*  tojtu  ^Stj  xai  inoTouat  Tiv;;  Ta;  TiXefouî 
iTiiypay»;  Tôiv  'iiiiiiôv,  or,aî,  oii  àiXXa;  uÈv  é/eiv  Ti;  Èv/oiaç  toùç  '{/aXjjoJ{  âXXa;  ôc 

Or  ces  lignes  résument,  et  souvent  dans  les  mêmes  termes,  ce  qu'on 
lit,  également  à  la  tin  du  i  29  dans  le  Comm.  médian  Coislin.  '275 
fol.  77.  v. 

Sur  la  photographie  de  ce  fol.  20.  r.  (?)  le  bord  du  verso  qui  faisait  face 
à  ce  recto  apparaît;  à  l'extrémité  des  lignes  on  lit  les  mots  suivants  : 

...  Yp»;J»i  /.î/pîiîOai 
[tôi  îyrJjxiT'.  TOJT'i  xi;  Iit'.v  oj/.  àrioiTpo'jii  rrpoaoln'.iv  to  toioîtov  3y^[i]».  Qjoi 
[yip  âXXov  \i-^i\.  tov  Kjpiov  xi;  lX.Xov  tov  8eov,  eî  (iij  noû  ti;  OroXiïoi  rv)j  ir,T(xM 

û;i;i«Tt... 

ORIENT    CIIBËTIEM.  8 


111  REVUE    DE    l'orient    (HKÉTIEN. 

Ce  qui  =  Comm.  méd.  Coislin.  575,  fol.  76  r.  à  l'aide  duquel  j'ai  com- 
plété ce  qui  n'a  pas  été  pris  sur  la  photographie. 

Ces  deux  feuillets  :  celui  qui  fait  face  au  désigné  26  (?)  et  le  désigné 
26  (?)  lui  même,  devaient  faire  partie  d'un  manuscrit  reproduisant,  en 
l'abrégeant,  un  Commentaire  du  type  Coislin.  275.  (Comm.  méd.). 

C'est  un  des  nombreux  exemples  de  ces  adaptations  ultérieures  que 
nous  aurons  l'occasion  de  signaler  (voir  plus  loin,  par  exemple,  a"  75). 

4.  Dans  cette  série  :  fol.  65  V.-107  r.,  il  me  manque,  sûrement  par 
une  distraction  de  l'oijérateur,  la  photographie  des  fol.  66  v.  +  67  r.  et 
71  V.  +  72  r.  :  deux  folios  auront  été  tournés  à  la  fois. 

Le  folio  qui  suit  le  fol.  81  est  collé  depuis  longtemps  contre  ce  dernier, 
car  il  l'était  déjà  au  moment  où  on  a  folioté  le  manuscrit;  les  photogra- 
phies en  effet  donnent  toute  la  suite  des  chilTres  du  foiiotement  81,  82, 
8.'i .  etc.,  sans  brèche;  SI  verso  -|-  le  recto  de  ce  folio  collé  à  81  manquent 
dnn<'  dniis  \:\  photographie 

De  même  le  folio  i|Ui  suivait  le  folio  105  est  resté  collé  contre  ce  der- 
nier :  lli5  ver.so  -i-  le  recto  dudit  folio  collé  à  105,  manquent  dans  la  pho- 
tographie. Ici  je  ne  puis  pas  dire  si  c'est  une  erreur  du  photographe,  qui  a 
tourné  2  folios  à  la  fois,  ou  si  les  folios  étaient  déjà  collés  ensemble  au 
moment  où  on  a  folioté  le  manuscrit  :  les  chilfres  du  foiiotement  en  effet 
n'apparaissent  pas  ici  sur  les  photographies. 

5.  —  Le  Commentaire  de  Théodore  cesse  à  la  ligne  11  du  folio  165  v., 
puis  vient  le  texte  des  versets  4  et  5  du  <]/  88.  A  la  ligne  14  :  àjioàiScoTat 
ToùTo  r.foi;  To  sÎtcïç  commence  le  Commentaire  médian  Coislin.  275  (=  Dio- 
dore)  ;  dans  la  marge,  en  face,  on  lit,  très  nettement  et  de  la  même  main 

que  celle  du  texte,  àvaci. 

Autant  qu'on  peut  en  juger  sur  des  photographies,  et  sur  de  mau- 
vaises photographies,  il  semble  bien  que  l'on  distingue  6  mains  différentes  : 

xv°  siècle?  Peut-être  antérieure... 

plutôt  xv°? 

.XIV?  .W"? 

6  à  11  xv^?,  peut-être  antéi-ieure  :  xiv'?  xiii" 
même?  mais  pas  xn". 

Le  régime  des  lignes  pour  les  sections  6  à  1 1  qui  nous  intéressent 
spécialement  est  : 

jusqu'au  fol.  81  inclus,  24  lignes  à   la  page; 

à  partir  du  fol.  82,  28  lignes  à  la  page  et  parfois  29. 

Ces  sections  6  à  11  contiennent  dans  les  marges  des  extraits,  la  plu 
part  du  temps  anonymes,  analogues  à  ceux  que  contient  le  ms.  Coislin 
275  (n°  65),  mais  infiniment  moins  nombreux  :  ce  sont  plutôt  des  scholies, 
comme  les  désignait  très  justement  M.  Rendel  Barris.  Ces  scholies  sont  en 
écriture  minuscule  le  plus  souvent  pleines  de  signes  d'abréviation.  Des 


Ire 

main 

section 

1 

2<= 

main 

section 

2   ) 

3-^ 

main 

section 

3    i 

4» 

main 

section 

4 

5e 

main 

section 

5 

6» 

main 

sections 

6  à 

foHMENTAlHK    DE   DIODOUK    DE    TAHSE   SUH    LE.S   PSALMES.     llô 

pages  entières  et  de  longues  suites  de  pages  n'ont  pas  une  seule  se  liolie 
Ces  sections  6  à    11   n'ont  certainement  pas  l'aspect  d'une  chaîne  en 
couronne. 

Ces  sclioiifs  mallioureusement  sont  à  peu  près  toutes  illisibles  sur  les 
photographies.  .l'ai  pu  cependant  en  déchiffrer  quelques-unes  et  les  com- 
parer avec  les  extraits  relatifs  aux  mêmes  Psaumes  dans  le  Coislin.  275. 
On  ne  voit  pas  que  l'AthousH  70  les  ait  copiées  dans  un  exemplaire  de  la 
chaine  dont  le  Coislin.  ;'7")  est  un  repré.sentant.  Je  ne  puis  pas  dire  d'ail- 
leurs, actuellement,  d'où  il  les  a  prises.  Elles  sont,  la  plupart  du  temps, 
sans  noms  d'auteur,  ni  signes  de  renvoi. 

I.e  texte  du  Psautier  est  écrit  lui  aussi  en  minuscule  :  il  e.st  indiqué  en 
marge  par  le  signe  <  mis  devant  les  lignes  occupées  par  les  versets. 

Le  titre  du  Psautier  est  à  peine  lui-même  distingué  du  texte  par  quel- 
ques enjolivures  rudimentaires.  Il  est  lui-même  en  minuscule.  Souvent 
il  n'y  a  même  pas  :  '^iXiabî...  etc.,  mais  le  chiffre  du  psaume  est  simple- 
ment mis  dans  la  marge  en  face  de  l'endroit  où  commence  son  lpijir,v£!a. 

.Nous  ne  pouvons  dire  s'il  est  fait  usage  d'encres  de  couleur. 

B.  ^^  Portions  correspondant  au  Commentaire 
médian  du  manuscrit  Coislin.  275        Diodore  . 

En  gros  les  pliotograpliies  et  les  extraits  que  je  possède  de 
ce  manuscrit  l.aiira  H  7(i  nous  donnent  un  ti-.xte  correspondant 
à  Celui  du  C'imnient;iire  médian  du  Coislin.  gr.  273  (=;  Dio- 
dore) pour  47  à  48  psaumes. 

a)  Tradition  'A-zx'ixy.zj  : 

Section  I  :  tradilion  continue,  partielle,  adaptée. 

Section  S  :  tradition  continue,  partielle. 
Il)  Tradition  anonyme  : 

Sections  1  et  3  :  tradilion  fragmentaire. 

Sections  0  et  l(i  :  tradition  continue,  partielle. 

Nous  classons  «  anonyme  »  la  tradition  des  Sections  :  1,3, 
J,  10,  parce  que,  dans  le.s  iihutographies  que  nous  avons  e.\a- 
minéos,  nous  n'avons  pas  relevé  de  noms  ou  de  sigles  d'attri- 
)ulion,  analogues  à  ceu.x  que  nous  avons  relevés  dans  les  sec- 
tions 1  et  8;  mais  un  dépouillement  exhaustif  du  manuscrit  en 
erait  peut  être  découvrir  et,  dans  ce  cas,  une  rectification  serait 
Décessa ire. 

C.  —  Importance  de  ce  manuscrit.  —  Ce  manuscrit 
jera  de  la  première  importanie,  ei  pour  l'i'dition  du  texte  du 
^mmentaire  de  Diodore,  et  pour  l'histoire  de  la  tradition  de  ce 
^mmentaire. 

;53: 


116  nF.viiE  nr.  l'urient  ihrktien. 

Les  remarques  précédentes,  forcément  incomplètes,  donnent 
cependant  déjà  une  idée  de  son  importance,  et  aussi  de  la  com- 
plexité des  problèmes  qu'il  soulève. 

Il  serait  à  souhaiter  qu'on  pùl  en  faire  de  visu  une  anahse 
complète,  pour  relever  notamment  tous  les  noms  ou  sigles 
d'attribution  qu'il  peut  contenir  en  plus  de  ceux  que  j'ai  relevés 
dans  la  photographie  partielle  que  je  possède. 

En  attendant,  une  étude  plus  approfondie  de  ces  photogra- 
phies nous  permettra  probablement  de  préciser  déjà  bien  des 
points. 

Il  faudra  avant  tout  collationner  soigneusement  ce  que  je 
possède  de  ce  manuscrit  avec  les  mss.  Coislin.  275  (n"  65)  et 
Paris,  gr.  168  (n°  66). 

Les  collations  incomplètes  que  nous  en  avons  faites  seulement 
à  cette  heure  ne  nous  autorisent  pas  à  formuler  des  c^onclu- 
sions  définitives.  ^ 

On  verra,  au  classement  provisoire  que  nous  avons  ébauché 
des  principaux  éléments  de  la  tradition  manuscrite  (voir  plus 
loin,  p.  101),  le  peu  que  nous  pouvons  dire  actuellement. 

II.  —  TRADITION  'AnO'  <1>C2NH~S  'A.^iASTASl'Or, 

COU  fi  nue,  seule  complète. 
65.  —  Parisinls  Bibmoth.  Nation.  Coislixiaxus  •2^7^. 

En  attendant  la  monographie  complète  et  détaillée  que  mérite 
ce  manuscrit,  je  donnerai  sur  lui  les  indications  suivantes. 

A.  —  Description.  —  Ce  manuscrit  a  fait  partie,  avant  et 
après  121S,  de  la  Bibliodièque  de  la  Laure  de  Saint-Athanase, 
Mont  Athos.  Cette  origine  a  son  importance,  si  l'on  songe  que 
le  Commentaire  qu'il  contient  est  aussi,  pour  certaines  partiel 
du  moins,  attribué  à  Anastase  par  le  6  70,  manuscrit  de  la 
même  Laure  (voir  n"  64). 

Le  manuscrit  Coislin.  275  a  été  relié  (ou  réparé)  pour  h 
dernière  fois  du  temps  de  Charles  X. 

Précédemment,  quand  Montfaucon  l'avait  fait  relier,  il  avait 
ôté  2  feuillets  au  début  et  2  feuillets  à  la  fin,  qui  servaient 
probablement  de  gardes.  Ces  feuillets  appartenaient  à  un 
manuscrit  contenant  les  épîtres  de  saint  Paul. 


iMMMKMAIlU-,    1)1-:    Klilliulli;     HK    TAIISK    sri!    I.KS    PSArMKS.      117 

l'Iiisieurs  autres  feuillrts  de  ce  manuscrit  di's  Epilies  île 
saint  Paul  se  trouvaient,  également  comme  feuillets  de  garde, 
dans  d'autres  manuscrits  du  fonds  Coislin.  Ce  sont  avec  le  ms. 
Coislin.  j::.,  les  Coislin.  ■,'!>'.»,  -211,  lA,  j7. 

Moiil faucon  les  en  a  retires  et  a  formé  des  1  I  folios  ainsi 
réunis  le  nis.  Cuislin.  lir.  iui. 

Ces  1  I  folins,  réunis  ainsi  à  nouveau  par  Muntfaucon,  fai- 
saient partie  il'un  Codex,  qui  avait  été  défait  en  121N,  époque 
où  le  moine  Macaire  rangea  en  rayons  {/ilideusjla  Bifiliothèquc 
de  la  Laure  de  Saint-Allianase.  Cela  ressort  d'une  note  du 
Manuscrit  Cnjslin.  .77  et  de  ce  qu'on  lit  sur  la  tablette  de  Ijnis 
de  la  reliure  du  ms.  Coislin.  S.  (Voir  jMuNrKALCuN,  llihlivllt. 
Coislin.  pp.  -Jôl-i-j-i;  et  389.) 

("est  donc  en  I'218  que  le  Coislin.  •27.'j  avait  été  relié  .snus  la 
forme  nù  il  était  encore  quand  Montfauion  le  vit  et  en  retira  les 
feuillets  de  garde. 

Il  porte  sur  la  tranclie  inférieure,  tracée  au  fer  rouge  ('/)  lins- 
crii'tiiin  suivante  : 


MoNTKAVCdN  {Bihliotlt.  Coislin.,  p.  389)  le  décrit  ainsi  : 

Codex  CCLXW   oiim    CCV.  meinbranaceus,  .\  vel  XI    saecuii,  folio- 
ruiii  -KX'i. 
Aiiastasii  Metropolitiic  Nicaeni  Coinmentaria  in  Psalinos. 

Fol.  1.  'jr.'iUiz:;  /.ai  îç,u.r^/iix  Tou  'ii).T7,p(o'j  Tûjv  É/.aTOv  KSvirJxovTa  '{ix^puov  ànb 
«wvf,;    Wiii-x'sivj  arirooK'jX^Toj  Ni/.i'ïç.    luit,    fliii  ïp*?'i   Oîôitvtjjtoî    /.aTà  tôv 

ixif.oy  riaûXo/.  zii  ùiçiÀi'jioî.  Praetep  explanatloDe.s  Anastasii,  in  margi- 
oibus  plfrumi|iu'  alia  schulia  liabentiir. 

Fol.  '.W).  C.intic:i  Scripturae  Sacrae  cuin  interpretationibus  Basilii, 
Su.s('l)ii  (ai^saricnsi.s.  (yrilli,  Gregorii  Nysseni.  iiriL.'enis.  Severi  ex  epi- 
itola  ad  Joannom  Tribiinum,  Maxiiiii,  Nicolai  Presbyteri,  Didymi,  Theo- 
loreti,  Gennadii.  .Nicolai  episcopi  Komae.  (Suivent  les  remarques  concer- 
lant  les  femllets  de  tjarde.) 

M.  H.  Omont  {Inventaire  sommaire  des  )naiuisrrits  tjrers 
ie  la  JiihIioUiè'/iK'  Xalionali'  —  '.V  partie  —  .Manuscrits 
In'ecs  de  Coislin,  p.  107)  a  simplement  : 


IIB  ur.vrK  i>[-.  i.'oniRNT  ciirktif.n. 

270.  An;istasii  Nicaeni  metropolitae,  et  alioruiu  P.  P.  commentaria  in 
Psalmos  et  cantica,  fine  mutila. 
XI  s.  Parch.  400.  M\oyeii  format]. 

Ces  descriptions  sommaires  ne  donnent  pas  de  ce  manus- 
crit une  idée  très  exacte. 

En  réalité  le  Coislin.  gr.  275  est  une  rliaine,  mutilée  non 
seulement  à  la  fin,  mais  aussi  au  début.  Lorsque  le  manuscrit 
existait  sous  sa  forme  primitive,  le  folio  1  actuel  n'était  pas  en 

tête. 

Ce  manuscrit  en  effet  comprenait  les  trois  parties  caracté- 
ristiques des  chaînes  sur  les  Psaumes  ;  1)  Prologues;  2)  chaîne 
sur  les  Psaumes;  3)  chaîne  sur  les  Odes  ou  Cantiques. 

Les  parties  2)  et  3)  ont  été  suffisamment  signalées  par  Mont- 
faucon.  Mais  nullement  la  partie  1). 

Or  de  cette  partie  1)  il  reste  pourtant  quelque  chose,  quel- 
ques feuillets  il  est  vrai  seulement.  Ce  sont  les  folios  7-12  qui 
ont  été  insérés  par  erreur,  au  cours  des  reliures  successives 
du  Codex,  entre  les  folios  0  et  13;  le  foi.  13,  heureusement, 
fait  suite  au  fol.  G  et  rien  ne  manque  dans  le  texte. 

Ces  folios  7-12  contiennent  précisénlent  des  morceaux  qu'on 
retrouve  en  général  dans  les  Prologues  aux  chaînes  sur  les 
Psaumes,  comme  par  exemple  la  lettre  d'Athanase  à  Marcellin 
fol.  7,  8,  etc.  (Pour  la  composition  de  ces  Prologues  :  voir 
Ka7{0  et  LiETZM.\NN,  CtUalogus  :  i,  p.  22;  xv,  sous  n°  26, 
p.  Il;  \v[,  prologi  cod.  Laurent.,  p.  18). 

Ces  folios  7-12  faisaient  partie  des  deux  quaternions  et  quart 
qui  manquent  actuellement  au  début  de  ce  manuscrit.  On  verra 
plus  loin  les  détails  techniques  de  cette  constatation. 

La  partie  2),  dans  le  Coislin.  27.'3,  est  une  chaîne  sur  les 
Psaumes  du  type  que  nous  avons  déjà  eu  l'occasion  de  signalai 
(voir  n"^!!,  12,  37).  Dans  le  milieu  des  pages,  sur  la  majeun 
partie  de  chaque  page,  et  non  pas  seulement  sur  un  cadrt 
resserré,  comme  dans  les  chaînes  en  couronne  classiques,  ci 
manuscrit  contient  rîpij.ï;vsîa  (/.  e.  Texte  des  Psaumes,  pai 
versets,  et  après  chaque  verset,  ou  à  peu  près,  un  commen 
taire  =  Diodore)  et  autour  de  cette  ipy.Yjvîîa,  dans  les  marges 
beaucoup  plus  étroites  naturellement  que  dans  les  chaîne; 
susdites,  il  contient,  avec  des  renvois  au  texte  biblique  insén 

[501 


(  iiMMKNTAiiu:  iii;  nioiioiîi-:  i»r.  taiisk  siit  lks  psaI'mks.   119 

dans  le  Cumiiieiitaire,  des  l'ragments  d'autres  comniciitateiirs, 
presque  toujours  sans  noms  d'auteurs  (Voir  plus  bas  p.  5i>,  les 
dimensions  exactes). 

Le  texte  saoïv  est  écrit  en  semi-onciale. 

Cette  ciiaiiie  occupe  les  folios  l-;5tj()  v.  lig.  2. 

Du  fol.  :{6()  V.  lig-.  2-106  V.  :  £pj;.Yivi(a  kôv  (oîwv  :  chaîne 
en  (uto)ine  sliuplf  sur  les  Odes  :  aucun  extrait  ou  sciiolie 
dans  les  marges.  Vuir  les  nnms  des  auteurs  cités  par  Mont- 
faucon,  plus  liaut,  p.  .'i.'j. 

Fin  mutilét'  :  E.cplicit  :  slu  milieu  d'un  extrait  d'Eusèbe  sur 
Ode  Vil,  19  (Swete),  qui  est  ici  la  \H"...  r.zz\i-;v.  l-.<.  xxî  -a'.siojv 

Voici  d'ailleurs  en  quel  ordre  ces  Odes  se  présentent  dans  le 
manusrrit  : 


fol. 

.1(10  V. 

■<>>,  A'    =    Ode  I  (Swete  :  C 

».  T.  t.  m 

fol. 

:i6.')  r. 

.    ir    =     . 

II 

loi. 

376  r. 

.    r    =     . 

111 

fol. 

:578  r. 

.    A     = 

\1 

fol. 

384  r. 

.     E'    =      . 

IVi' 

fol. 

393  r. 

.     F'    =      . 

V 

fol. 

3%  V. 

.    Z'    =      . 

l.\ 

fol. 

399  r. 

(1)  (H'I  =       . 

X,  52-56 

fol. 

399  V. 

(i)  (e-)  =     . 

X.  57-90 

fol. 

401  r. 

(2)    (!■)  =      . 

XI 

fol. 

40V>  V. 

(3)  (l.\')  =      . 

XIII 

fol. 

404  r. 

(4)  (IB-)  =      . 

VII,  10-19 

-  1. 

Titre  seulement  :  ûiivo; 

TWV   àYtWV    r'    TTCEl 

3(i>v. 

Notes 

2.  —  'Oôr,  ri);  BiO'Toxou. 

3.  —  [IsoîEu/r,  Ziyxpio'j 

4.    nS03£'J/7)    'Eïf/t'oU 


Il  ne  manque  donc,  du  Recueil  ordinaire  des  Odes,  que  : 
(d'après  éd.  Swete)  IN'"  :  Cantique  d'Isaïe,  VIII  :  Prière  de 
Jklanassé,  \I1  :  Prière  de  Siméon,  et  \\\  :  Hymne  de  l'aurore. 

Ces  Odes  devaient  se  trouver,  avec  leur  chaîne,  dans  les 
folios  qui  manquent  actuellement.  Et  il  est  vraisemblable 
qu'elles  ne  remplissaient  pas  plus  que  les  G  folios  qui  man- 
quent aujourd'hui  pour  parfaire  le  dernier  quaternion  (voir 
plus  loin,  p.  01). 

Le  texte  sacré  e5t  écrit  en  semi-onciales  et,  de  plus,  dans  la 

[57] 


120  REVUK    DK    L'uHIKNT    (IIKKTIKN. 

1'"  Ode,  distini^ué  en  marge  par  le  signe      >,  mis  devant 
chaque  ligne  occupée  par  la  citation  de  l'Écriture. 

II  n'est   lait   usai;e  dans  ce   manuscrit  d'aucune  encre  de 
couleur. 

Matière  :  parchemin;  pas  de  première  qualité  :  petits  trous,  dé- 
fauts, etc.;  par  exemple  :  folios  20'J;  231;  239;  254,  etc.;  parchemin 
épais  et  trous  :  fol.  291,  299;  sutures  :  fol.  271  ;  etc. 

Mesure  des  /fuille/s  :  0.290  X  0,215;  cadre  écrit  médian  :  0,185,0,190 
X  0,140,  0,130;  mari/es  :  supérieure  :  4  à  5cm.;  inférieure  :  5  à  0  cm.; 
latéi'ale  extérieure  :  5  à  0  cm.;  latérale  intérieure  :  2  cm.  —  Telles  sont 
les  dimensions,  eu  moyenne. 

Réghtre  :  à  la  pointe  mousse  :  Sens  hori:onUil  :  dans  toute  la  largeur  de 
la  feuille  double,  ouverte  :  en  haut  :  à  un  peu  moins  de  2  cm.  des  raies 
destinées  au  texte  :  3  raies:  pour  le  texte  médian  :  35  raies;  au-dessous,  à 
un  peu  plus  de  2  cm.  de  la  dernière  raie  destinée  au  texte  :  4  raies,  — 
Sens  vertical  :  dans  toute  la  hauteur  du  feuillet  :  marge  intérieure  limitée 
par  2  raies  ;  dans  la  marge  extérieure  est  ménagée  une  mince  colonne- 
limitée  de  chaque  côté  par  3  raies. 

Lif/nes  écrites  :  Partie  1)  ;  Prologues  (reste  :  fol.  7-12j  30  à  :!!  lignes 
écrites  par  jiage;  Partie  2)  :  chaîne  :  Texte  du  Psautier  et  Commentaire 
l'accompagnant  :  ordinairement  :  entre  28  et  35  :  par  ex.  28  lignes  au 
fol.  255  V.;  29,30,  31  lignes,  ailleurs;  suit  exactement  la  réglure,  écriture 
sous  la  rectrice  :  circa  fol.  240  :  c'est  à  partir  de  folio  237  que  le  scribe 
se  remet  à  écrire  avec  plus  de  soin;  exceptionnellement  il  dépasse  35  : 
par  ex.  fol.  191  v.  :  39  lignes  ;  fol.  192  r.  :  4(1  lignes;  fol.  192  v.  :  44  lignes. 
—  Marges  ;  (juand  elles  sont  pleinement  remplies  :  50  lignes  à  peu  près  : 
par  ex.  fol.  5  r.  :  53  lignes  ;  fol.  GO  r.  :  50.  —  Partie  3),  chaîne  sur  les  odes  : 
31  à  32  lignes  par  page  :  rien  dans  les  marges. 

Nombre  de  feuillets  :  actuellement  400;  primitivement  :  424  au  moins 
(voir  plus  loin,  p.  01). 

iXombre  de  qiiaternions  :  la  signature  est  au  début  de  chaque  cahier 
(([uaternion,  la  plupart  du  temi)s)  en  haut,  à  droite,  dans  le  coin,  FA\e. 
n'est  pas  répétée  à  la  fin  des  cahiers. 

Dans  le  coin,  en  bas,  à  gauche  existe  une  numérotation  par  caliiers, 
postérieure  (de  quelle  époque  exactement?),  en  chiffres  arabes,  au  crayon. 
Pour  la  portion  contenue  entre  fol.  1-30,  du  fait  des  détériorations  subies 
par  le  manuscrit,  elle  ne  coïncide  pas  du  tout  avec  l'ancien  partage  en 
cahiers. 

On  se  rendra  compte  du  détail  par  la  table  et  les  figures  suivantes  : 


:b8l 


lOMMKNTAIllK    l>K    IHODiUlK    HK    TAIISE    SIU    LKS    l'SAl'MKS.      121 


Nunivrotalion        Numéros  des  folios  signature.  Nature  du  caliier  dans 

au  crayon.       contenus  dans  le  caliier.  l'aiiencement  primitif 


1    .    .       fol.   1-4  V. 


fui.  :•  pt  0 


fol.  7  10  +  fol.   11. 
en  talon 


Voir  figure  (2)  ci-des.sous. 


fol.  12  (talon)  +. 

'""'•  '^■■■'" [■  S  .  .   ■  .    Quateinion. 

)   Cûuji^e  mai»   li»ibliv 

V  -^  fol.  21  (talon>.     A 


fol.  22-27. 
fol.  28  'talon  1 


Quaternion. 


2(fo 
contre 

>  8 


\ 

'  fui.  203r..  5  .    .  T   .  .    •      Quaternion. 

Il    >  •.    Il    II    lai    unkim    iiisin    suit   Hbu   nnMun   |)hjsm 


fi  fil  ^w^  f.i  ^a^ 

KiiT.  1.  —  Oispo.sitian  actuelle  en  cahier.s  des  folio.s  l-:it>. 
1.  T)  et  (■>)  a  été  collé,  dans  une  des  reliures  du  ms..  contre  r2  ou 

3(?). 


l<P>ii 


;  :  ;cyt  ; 


it    >t.it   UK9K   nuiiu  unuu  uwnti    ««iin   nuitx 


^^^^ 


^^^^^ 


Fig.  2. 

—  Dispos 

7  .    . 

.    .      fol. 

S 

.     .       fol. 

'•  .    . 

.    .      fol. 

10   .    . 

.    .     fol. 

11  .  . 

.    .     fol. 

12   .    . 

.     .      fol. 

13  .    . 

.    .     fol. 

14  .    . 

.    .      fol. 

ition  primitive  en  cahiers  des  folios  (1  à  XIII    •    l-3f>. 
37-11 (X) Quaternion. 

Quaternion. 

Quaternion. 

Quaternion. 


....  (S) 

^■>-:>-~' 1  .  •  .  .  . 

Tv!  (10 6 

OI-lW t 

'"»y-7tj '.a Quaternion 

77-S4 1^ Quaternion 

Bô-92 i( Quaternion 

9:i-l<W '.0 Quaternion 


m: 


l-2i 


liKVUE    DF,    I.  ORIENT    rllHKTlE.V. 


10 
17 

18 
1'.» 
20 


fol.  101-108 i£ Quaternion. 

fol.  lO'.l-lie iç Quaternion. 

fol.  117-124 (iÇ) Quaternion. 

traces. 

fol.  125-132 iT) Quaternion. 

fol.  133-140 lO Quaternion. 

fol.  141-148 X Quaternion. 


Le  fil  qui  coud  ce  cahier  x  apparaît  entre  fol.  143  et  144.  Le  milieu 
(lu  cahier  est  pourtant  entre  144  et  143.  Le  feuillet  double  {=  fol.  144  -}- 
145)  a  été  fiché  et  collé  sans  doute,  bien  à  sa  place  d'ailleurs,  entre  les 


deux  fol 

21  . 

22  . 

23  . 

24  . 

25  . 

20  . 

27  . 

28  . 

20  . 

30  . 

31  . 

32  . 

33  . 

34  . 

35  . 
30  . 

37  . 

38  . 

3'.t  . 

40  . 

41  . 

42  . 

43  . 

44  . 

45  . 


du  feuillet  double  =  fol.  143  +  140. 

fol.  149-150 (/.a) Quaternion. 

mangue  ;  oubliée  ? 

fol.  157  104 xp Quaternion. 

fol.  105-172 /.y Quateinion. 

fol.  17.3-182 '/.S) Quinion. 

rngnve. 

fol.  183-192 (xE) Quinion. 

conpiîe  ou  altCTée. 

fol.  103-204 xç Senion. 

fol.  205-212 yX Quaternion. 

fol.  213-220 (xn) Quaternion. 

^rullér 

fol.  221-228 xO Quaternion. 

fol.  220-230 X Quaternion. 

fol.  237  244 Xa Quaternion. 

fol.  24.J-252 Xp Quaternion. 

fol.  253-260 ÀY Quaternion. 

fol.  201-268 (XJ) Quaternion. 

ropnc'o  ou  rongt^e  (souris?). 

fol.  200-270 (Xe) Quaternion. 

rongée  par  souris. 

fol.  277-284 Xç Quaternion. 

un  pou  arrachée 
mais  visible. 

.    .   .    .  XÇ Quaternion. 

.    .    .     (Xr)) Quaternion. 

roui^ée  |iar  souris. 

.    .    .    .  XO Quaternion. 


fol.  285-292 
fol.  203-300 


fol 


301 -.303  . 
300-310  . 


w  ■  ■ 

ronnée,  mais  traces. 

il.  317  324 iJLa    .    . 


fol.  325-332 


fol.  .•i33-310  . 
fol.  341-348  . 

fol.  310-;!50  . 


.   .  Quaternion. 

.    .  Quaternion. 

.    .  Quaternion. 

.    .  Quaternion. 

,    .   .     (jjiô) Quaternion. 

rtiufîiîe,  mais  traces. 

.   .     ([ie) Quaternion. 

ron"ée,  mais  traces. 


rongi'e  par  souris. 

•    •    ■    l^T    •    ■ 


[60] 


COMMENTAIRE   DE    DIOftORE    DE   TARSE   St'R    LES    PSAIMES.     1-23 


4<i  ....     fol.  :{r>7-304 (it-) Quaternion. 

rof  née  ;  rongée  ? 

(  fol.  :î65  (en  talon)  -|- 
47  .    .    .     \ 

fol.   :îG0-a71 f  i'j-X) Utiat.Tiiinn. 

|iar  iouri«. 


fol.  372  (en  talon)  + 


48  .   .   . 


(  fc.l.  :t7:i-.TS(i 


/  (i"i) 

\  ritiiiti'f  par  tuuri^. 


Quatornion. 


fif^  fi'^  -"'î 


(t^cff 


yj    jT*,-.^      j^V-f,"'  ,-VV,* 


(p-j 


Fi.ï.  3.  —  Disposition  actuelle.        Fig.  4.  —  Disposition  primitive. 


49  ...    .  fol.  381-388  .  . 

M  ....  fol.  389-3W  .  . 

.')1   .    .    .    .fol.  397-404  .  . 

ri2  .  .  .  .  fol.  4a:>.4W  .  . 

En  résumé  : 


l*(9) Quaternion. 

0      r'oiij[<'-. 

V Quaternion. 

VI Quaternion. 

V.5  .    .     2  folios  collés,  en  talon. 


[(a)  à  xy  inclus]  —  [1  quaternion  1/2  (=  12  folios)],  donc  : 

(23x8)— 12  = • 172  folios. 

(x5)  +  >e)  :  2  quinions  :  2  X  10  = 20  . 

vç  .  I  senion      :  = 12  • 

/.ï-va  :  2.'»  quaternions  :2r)  X  8= 200  • 

'}  :  2  folios  .séparés  i  faisant  partie  probablement  d'un  quaternion).    2  » 

40(7  . 

Il  manque  sûrement  12  folios  au  début.  6  au  moins  à  la  fin,  donc  en 
tout  18;  le  manuscrit  avait  au  moins  424  folios,  soit  :  49  quaternions: 
2  quinions;  1  senion. 

B.  -  Que  contient  ce  manuscrit,  du  Commentaire  de 
Diodore  de  Tarse  sur  les  Psaumes?  Ce  manuscrit  est 
le  seul  à  coiitfiiir  lo  Coiumtntaire  de  Uioilore  ilc  Tarse  sur  les 
Psaumes,  en  son  entier. 

Nnus  avons  ailleurs  esquissé  les  preuves  en  faveur  de  celte 
attribulion.  Elle  a  i-té  admise.  (,Voir  .\varil-propos,  p.  m,  où 
un  inMivera  les  références.) 

Nous  nous  réservons  d'exposer  ces  preuves  dans  toute  leur 


(ii; 


1-21  REVUK    1)K    1,'uRIKNT    CIIHKTIKN. 

ampleur  et  a\ec  toute  leur  force  dans  la  monographie  que 
nous  serons  amenés  à  donner  de  ce  Coislin.  275. 

Le  texte  est  en  général  correct,  avec  peu  de  fautes  d'ortho- 
graphe ou  de  confusions,  mais  il  n'est  pas  sans  défauts. 

11  contient  des  interpolations,  par  exemple  au  'l  G7,  surtout 
dans  la  seconde  partie,  par  exemple  d*  118,  prologue,  etc.  (voir 
Revue  de  PhUologie,  janvier  1911,  p.  6G  bas). 

Il  omet  aussi  fréquemment  des  memlires  de  phrase  par 
liuiiioioteleulon.  Le  texte  du  ms.  Paris.  lG8(n°66)  est  certaine- 
ment dans  l'ensemble  beaucouji  moins  correct  que  celui  du 
Coislin.  -r^K  ('(>pendanl  il  n'a  i>as  ces  onûssions  et  j'ai  pu  grâce 
à  lui  relever  dans  le  Coislin.  ilh,  pour  moins  de  l'JO  folios, 
plus  de  TiU  omissions  par  /loiiKiinfe/i'ii/oii. 

C.  —  Importance  de  ce  manuscrit.  —  Ce  manuscrit  est 
évidemment  d'une  imjiortance  capitale.  L'identité  du  Commen- 
taire médian  du  Coislin.  275  avec  leCommentaire  de  Diodore  une 
fois  reconnue  et  établie,  ce  Conunentaire  médian  sert  de  pierre  de 
tiiuciie  pour  distinguer  l'or  diodorien  de  l'alliage  où  il  se  trouve 
mêlé  dans  une  foule  de  chaînes  et  llorilèges  de  toutes  sortes. 

.l'ai  ti'anscrit  intégralement  le  contenu  des  folios  1-3G0,  pages 
et  marges,  et  collationné  cette  copie  sur  le  manuscrit. 

J'ai  aussi,  pour  de  très  larges  portions,  collationné  ce  Coislin. 
275,  avec  le  Paris.  1G8  (n''66),  et,  pour  quelques  psaumes, 
avec  le  ms.  Athous  Laurae  <-)  70  (n"64). 

Ces  collalidus  ont  été  suffisantes  pour  me  faire  voir  qu'ils 
ne  dépendent  pas  directement  les  uns  des  autres,  ("est  là  une 
garantie  précieuse  pour  r('dition  :  ces  trois  ti'moins  <listincts, 
pour  les  parties  qu'ils  uni  en  comnmn,  se  contrôleront  mutuelle- 
ment, .l'exposerai  au  cliapiire  II,  p.  100  (Classement  pro- 
visoire), comment  j'entrevois  actuellement  leurs  relations  res- 
pectives avec  la  tradition  directe  signée,  désormais  perdue, 
du  (îommentaire  de  Diodore.  Mais  il  va  sans  dire  que  ces 
hypothèses,  fondées  pourtant,  restent  jusqu'à  présent  des 
hypoliiéses  et  ne  sont  pas  des  conclusions  définitives. 

Avant  de  pouvoir  préciser  les  rapports  de  ces  trois  manus- 
crits (Coislin.  275,  n'GS;  Athos  Laura  0  70,  n°  64;  Paris.  IGS, 
n"66)  (pii  sont  de  beaucoup  les  plus  importants,  il  faudra 
faire  de  chacun  d'eux  une  analyse  complète. 


coM.MENTAirii:  iiK  niniMiiiK  i)i;  TARSK  <r(i  i.i:s  r's\iMi:>     I2Ô 

Au  Poislin.  H'),  l'ii  pnitiruli.  r.  il  fainlrait  consarrer  tniitc 
une  monngrapliic.  Celte  muiingrapliio  comprendrail  driix 
parties  : 

1"  partie  :  La  chaîne  en  elle  même. 

1.  —  Ktude  des  Prolngiics  :  leur  contenu,  morceau  par  morceau;  leur 
iletiré  (l'apparentement  avec  les  Proloj-'ues  des  autres  types  de  chaînes 
déjà  reconnus. 

•,'.  —  Ktude  de  la  cliaim-  en  couronne  ,<<u  plutôt  :  mart/inale)  sur  le  Psau- 
tier :  A.  —  Tout  d'abord  le  lexle  même  des  i'sauines  :  J'ai  relevé  plu- 
sieurs indices  d'où  il  res.sort  ipie  le  texte  des  Psaumes  tel  f|V)'il  est  cité 
dans  le  Coislin.  27")  est  identique  au  texte  des  Psaumes  tel  (ju'il  figurait 
dans  les  exemplaires  de  Uiodore  d'où  les  chaînes  faisaient  leurs  extraits. 
Pans  trois  frairments  de  la  chaîne  du  Paris.  I  10  (voir  .\p|)end.  I  :  in  i  !•!', 
37'-',  47'")  des  variantes  signalées  comme  propres,  entre  autres,  à  Dio- 
dore,  se  retrouvent  exactement  dans  le  texte  du  Psautier  tel  qu'il  est  cité 
dans  le  Coislin.  ■27").  C'est  une  preuve  qui  .s'ajoute  à  bien  d'autres  pour 
confirmer  l'attribution  de  ce  commentaire  à  Diodore.  Le  texte  même  des 
Psaumes  devra  donc  faire  l'objet  d'une  collation  spéciale,  li.  —  Le  texte 
du  Commentaire  médian  :  Il  faudrait  aussi  faire  un  relevé  complet  des 
l'Xtraits  ou  gloses  qui  ont  pris  place  dans  le  texte  du  commentaire  médian  ; 
déterminer  avec  précision  leur  caractère  d'interpolations,  expliquer  leur 
intrusion  dans  le  texte,  avec  ou  sans  dommage  pour  ce  texte.  A  ce  travail 
aiderait  considérablement  une  collation  complète  du  Coislin.  27."),  avec  le 
Paris'.  lOSctLauraH  70.  d'abord,  i)uis  aussi  avec  toutes  les  ihaines  anonymes 
qui  contiennent  du  Diodore  in  Psalmos,  assez  largement  :  par  exemple 
le  Vindobon.  8  (n"'  11,68)  =  la  Paraphrasis  de  VE.rposilio  in  Ps.de 
Cordier.  ('.  —  Les  extraits  marginaux  anoni/mes  :  J'ai  déjà  transcrit 
tous  les  extraits  marginaux.  J'ai  évalué  à  NO  colonnes  ou  70  pages 
pleines,  format  Migne,  le  contenu  global  de  ces  extraits,  l'n  cinquième 
(soit  la  valeur  de  11  à  \'>  jjages  ])leinesi  est  déjà  identifié  :  c'est  du  Théo- 
dorct  in  P.ialmos.  Il  fau<lrait  achever  ce  travail  d'identification.  Il  ne  serait 
pas,  je  crois,  bien  difBcile.  En  prenant  à  la  suite  les  Commentateurs  les- 
plus  utilises  par  les  chainistes,  c'est-à-dire  :  Hésychius,  .\thanase,  Eusébe, 
etc.,  on  arriverait,  je  crois,  à  les  identifier  à  peu  près  tous;  il  ne  resterait 
qu'un  petit  résidu  anonyme,  qu'on  finirait  peut-être  aussi  par  réduire. 

3.  —  Étude  de  la  chaîne  en  culonne  simple,  sur  les  Odes. 

Il"  partie.  —  L'auteur  de  la  chaîne. 

L'Anastasc,  nommé  dans  le  titre,  est-il  l'auteur  de  toute  la  diaine  (Pro- 
logues; Psautier;  Odes)/  ou  seulement  de  la  chaîne  sur  le  Psautier?  — 
En  quoi  a  consisté  son  travail?  Auteurs  qu'il  a  utilisés  pour  les  extraits 
marginaux  :  directement,  ou  indirectement  :  par  l'intermédiaire  d'une  ou 
plusieurs  chaînes  ou  recueils  antérieurs.  Sa  manière  de  compiler  :  extraits 
mot  à  mot;  résumés,  par  élaguement  du  te.xte  de  l'auteur  utilisé,  ()ar 

condensation  de  la  pensée,  etc.  Explication  précise  du  terme  ir.o  z >;;. 

But  que  se  proposait  Anastase.  Date  de  .son  travail.  Personnage  d'Anastase. 


l'-'O  REVUE    DE    l/OHlENT    CIIUÉTIEN. 

Ces  dernières  questions  sont  évidemment  les  premières  que 
se  poseront  imnjédiatement  les  personnes  qui  voudront  bien 
s'intéresser  à  ces  problèmes.  Mais  il  est  difficile  de  satisfaire 
sur  l'heure  et  pleinement  leur  bienveillante  curiosité.  Nous 
avons  déjà  dit  comment  on  pouvait,  d'une  façon  générale,  y 
répondre  [Revue  de  Philologie,  avril  1011  :  Diodore  à-b  swvrjç 
'ANAïTA^lIIV)!',  p.  17i-173).  Nous  croyons  toujours  que  cette 
réponse  est  la  bonne,  mais  nous  avouons  qu'elle  n'entre  pas 
assez  dans  le  détail  des  circonstances.  On  ne  pourra  essayer 
de  la  pivciser  que  lorsque  tous  les  travaux  d'analyse  dont  nous 
ébauchons  le  programme  auront  été  amenés  à  un  certain  degré 
d'achèvement.  On  pourra  peut-être  alors  se  rendre  compte 
des  l'apports  exacts  où  cette  chaîne  :  Coislin.  275,  est  avec  les 
autres  chaînes  déjà  connues.  Et  peut-être  la  part  qu'a  prise 
Anastase  à  sa  confection  pourra-t-elle  être,  elle  aussi,  plus 
exactement  déterminée. 

Ce  nom  même  d'Anastase  soulève  des  difficultés.  Nous  devrons 
certainement  plus  tard,  après  beaucoup  d'autres  (voir  lievue 
de  l'/tilologie,  t.  XXXV,  janvier  1911,  p.  57),  essayer  d'identifier 
le  personnage  désigné  parce  nom.  Lorsque  les  recherches  dont 
nous  trarons  ici  le  plan  auront  été  exécutées,  il  sera  prolia- 
blement  plus  facile  de  déterminer  avec  certitude  à  quel  Anas- 
tase nous  avons  alTaire. 

Qu'il  nous  suffise  pour  le  moment  de  faire  la  remarque 
suivante. 

L'Index  Auctorum  du  Catalogus  de  Karo  et  Lietzmann 
distingue  quatre  Anastase. 

Nous  n'avons  pas  à  nous  préoccuper  ici,  pour  le  moment 
du  moins,  A'Anastasius  discipitlus  Maximi  :  les  références 
qui  le  concernent  dans  Y  Index  n'ont  pas  trait  aux  Psaumes. 

Le  renvoi  à  la  page  53,  pour  Anaslasias  Antioclienus  doit 
être  une  erreur,  car  d'après  la  citation  même  de  la  chaîne  de 
Moscou  qui  se  trouve  dans  le  Catalogus  à  la  page  53,  c'est 
d'Anastasius  et  d'Antio(;hus  qu'il  s'agit. 

Ce  deuxième  Anastase  s'identifie  avec  le  troisième  :  Anas- 
lasiiis  fres/ig/er,  qui  s'identifie  lui-même  avec  le  quatrième  : 
AïKistasius  Aicaenus.  Car  il  semble  bien  qu'il  y  ait  identité, 
du  moins  pour  ce  qui  regarde  les  Psaumes,  entre  Anastasius 

[64] 


I 


I  OMMENTAIIIK    HK    IMOtinUK.    HK    T\RSE    Sl'U    LES    l'SAL'MES.     127 

f'rt'slujter  et  Anaslasius  Nicaema^.  En  etlol,  les  fra'rments 
;iUriliuôs  à  Anaslasius  Pres/ii/ter  par  les  manuscrits  Mi-diol. 
Ambros.  C  HS  Sup.  (Martini-Massi  1!^))  e1  Paris,  pr.  1  Ki,  coïn- 
cident  lextuellenii-nt    avec  le   Commentaire   médian  du   ms. 

Coislin.    irr.    275,     intitule... i:::    iwvi;;    '.V/xz-.oizizj    •^r,-.^zrSlS-.z.> 

Nty.aiaç,  et  dont  le  titre  adiï  être  interprété  dans  la  suite  comme 
s'il  y  avait  eu  simplement  :  '\i7iz-xziz\i  |Ar,Tpî7::>,{-:;j  Xi-z-ab; 
voir  lii'i'ite  de  Philologie,  avril  101 1,  pp.  172-17.T. 

Nous  pouvons  donc,  en  gros,  retenir  jusqu'à  nouvel  ordre 
l'unicité  de  l'Ana.stase  qui  nous  occupe. 

Toutes  les  vraisemblances  sont  pour  que  cet  Anastase  .soit 
l'archevêque  de  Nicée,  Patriarche  Anastasius  111,  qui  vivait 
vers  l'an  700  (\'oir  B.vuhemiewer  :  Palrolufjie,  11)10  :  p.  lt>2, 
■193).  C'est  à  cette  époque  à  peu  près  que  vivait  aussi  un  certain 
Pierre  de  Laodicée  (B.vrde.nii.,  ibidem)  qui  est  à  peu  près  sûre- 
ment l'auteur  du  Commentaire  pseudépigraphe  de  Théodore 
d'Héraclée  'voir  plus  loin,  n°' 69-73).  Ce  Commentaire,  on  le 
sait,  est  um-  véritable  chaîne  en  colonne  snnple,  sans  noms 
d'auteurs.  Ces  deu.x  lompilations  telles  qu'on  les  possède,  celle 
d'Anastase  dans  le  Coislin.  27.'j,  et  celle  de  Pierre  de  Laodicée, 
notamment  dans  le  Barberini  025  in" 69  ont  certainement, 
malgré  des  ditî'érences,  un  air  de  parenté,  et  il  serait  assez 
vraisemblable  que  leurs  auteurs  aient  été  à  peu  près  contem- 
porains. 

^  III.  —  TRADITION  ANONV.ME. 

I.  —  TR.VDITION  ANO.NYME  : 
forme  non  remaniée  continue,  incomplète. 

66.  —  P.vRisiNus  GRAECis  Bihliothecae  N.vtionalis  168. 

Ce  manuscrit  méritera  lui  aussi  une  monographie  complète  : 
voici,  en  l'attendant,  ce  que  je  puis  en  ilire  aujourd'hui. 

A.  —  Description.  —  Ce  manuscrit  provient  de  l'ancien 
fonds  Colbeil  uù  il  portait  le  n"  155  1.  La  reliure  est  encore  celle 
du  temps  de   Colbert  et  les  deii.x  plats  (veau   plein,   rouge) 

Ttent  chacun  les  armes  de  Coliiert  :  la  couleuvre. 

Dans  le  Catalogus  librorum  MSS  bibtiothecae  Colberiinae, 

[65] 


128  .UKVUK    HE    L'nniF.NT    rHlIFTIKX. 

(If  la  mai»  mémo  de  Baluzk  (Bilil.  \at.  Fr.  \ouv.  Acq.  n.f>'.)-l) 
nii  lil,  (Vil.  ;J70  r.,  cetti'  simple  note  : 

A'.âA.  Codex  graecus,  in  ([uo  C'ommpntarius  in  Psalmos. 

Dans  le  Catalogus  Codicum  Manuscriploriim  Bibliothecae 
Hegiae  de  Montlaucon,  tomus  secundus,  Parisiis,  e  typogra- 
phia  regia,  MDCCXL,  p.  27,  n"  CLXVIIl,  on  lit  : 

Codex  memliranaceus,  olim  Colbertinus.  Ibi  continetur  anonymi  coni- 
mentarius  in  Psalmos.  Praemittitur  praefatio. 
Is  l'odex  saeculo  decimo  tertio  exaratus  videtur. 

L'Jiircii/airc  sommaire  de  M.  H.  Omont,  p.  10,  porte,  lui 
aussi  uniquement  : 

168.  C'ommentariu.s  in  Psalmos. 

Xlil-XI  s.  Parch.  2(35  fol.  (Colbert  4554)  P[etit  format]. 

Le  R.  P.  .1.  Lrbreton,  Processeur  de  Théologie  à  l'Institut 
Catholique  de  Paris,  est  le  premier  à  avoir  attiré  l'attention 
sur  ce  manuscrit  et  à  en  avoir  identifié  le  contenu  :  fol.  1-194 
=  Commentaire  médian  Coislin.  iT.j;  fol.  195-2()5  :  Théodoret 
in  Psalmos  (voir  Revue  de  Pliilologie,  janvier  1911,  p.  5G). 

Le  folio  1  r.,  en  tète  de  page,  porte  une  inscription  qu'en 
1910  le  R.  P.  Lebreton  et  moi  étions  restés  impuissants  à 
déchiffrer,  tellement  elle  est  détériorée. 

Dans  la  suite,  M.  H.  Omont  eut  l'obligeance  de  faire  appliquer 
légèrement  quelques  réactifs  pour  aviver  autant  que  possible 
les  traces  de  l'écriture  effacée.  Je  lis  faire  alors  du  folio  une 
photiigraphie  sur  verre,  très  poussée.  J'en  déchilïrai  quelques 
mots. 

Un  ou  deu.v  mots...  TVîJiJ.a-:;...  -b^x...  me  restaient  dans  la 
mémoire  quand,  en  parcourant  le  Catalogus  de  Karo  et  Lietz- 
mann,  à  la  page  (15,  dans  la  description  du  Paris,  gr.  161, 
mes  yeux  tombèrent  sur  cette  ligne  : 

loi.  .)  r.  Tou  7IVÇ  là  Oîi.'a  ToÇi...  iambi. 

Grâce  à  ces  indicalions  du  Catalogus,  grâce  surtout  à  celles 
fournies  par  Lietzmann  encore,  dans  ses  Katei)en,  p.  50,  sur 
le  Paris.  IGL  et  enfin  eu  me  reportant  au  ms.  IGl  lui-même, 

[GG] 


COMMEXTAIItK    1>K    DIODORE    DE    TARSE    SUR    LES    PSAUMES.     129 

j'ai  ]>yi  arriv.r  à  tléeliiffivr  à  peu  près  CumplèleinenI  et  à  peu 
prés  sûrement  l'inscription  du  nis.  Paris.  U;8. 

Cette  inscription,  qui  lient  I  lignes,  semble  bien  être  d.-  la 
m.'me  main  (main  li  qui  a  écrit  les  fol.  1-277  (voir  plus  bas 
pp.  7(1-71). 

Le  Paris,  gr.  UJ-1  (manuscrit  daté,  de  1070)  porte,  fol.  .j  r. 

Toi:  ::v£Ù;xaTOî  xi  Oefa   t6=.  x«i  ^Av  Teîv»;  5    A.ulo   ^,À|.ox(vvov    >.^o»v 

\-«»,ovTu,;  r.oo,ô<,\n-,  ;^v    3«,;x<5va,v-  BilXt.  Terp„i«£t   xal    8:iix£.  xï^    -sé-e.- 

K.t  Tûv   -^.acp;:.5v   l|,v.,ti  ?povT;S,uV  Hpo;    ^.     èv   îpyo.;   i./.xJjv    „o,;,p(av. 

Tov  E.laXov  nT,va  „-;  lxxXr,,:«s-  Tbv     (.o«„xbv    voî,   tov  rap'  Î,.F,    ôp=ia 

.i»ulû  Tov   £79aov  £v  rcçriiat;  xal    p^^ot  RypaçEv  EÙOÛulioî  eÙ  xiroû  xXéo;. 

Ligne  1.  _  ms  :  ç»Xaox.V,f  (=  -  t<uv)  :  faute  :  cov  pour  ov. 
Ligne  .3.  —  ms  :  tSaviai  :  lire  IÇavurtà  ;  voir  infra  Paris.  168. 
Ligne  4.  —  TEtty»  :  sic  ms.,  lire  t^tt.y».  —  ms  :  n«p  TjpLÎjv. 
Ligne  5.  —  [ist»  :  sic  ms.,  lire  peut-être  aifa;. 

Le  Paris,  gr.  168,  fol.  I  r.  en  tête  porte  : 

_+  -E^ivpauaz  ^?)  £<•;  (?|  xbv  .;aXtT-p«  +  Toû  ^..iu^azo;  xi  Ocra  T(S?a  x«;  Sar  • 
«.«îê  AX...S  .}<«Xaox;v,Tov  Xû>pav  (^1  :  Sraaav  ovto.;  npoaôoXriv  sxÈv  S«ipLdv<ov  ' 
PiXX£..,  T.Tf,^^.£.  x«l  Sioixc.  xa'.  Tp^,:£.  :  ::i,r<3v  Se  «,av  ,tpb;  Oïbv  ,:r£por  opha  ■ 
xa..  T,ov  ■/.«;^£p;:,nv  £=«v<crT>î  opovT:'S<«v  :  ::pbç  ttjv  |,  fpvo.;  ■:./ txr,v  ^oTr.c.'a;  + 

Dans  le  petit  espace  qui  restait  au-dessus  des  quatre  lignes  occupées 
par  I  inscription,  une  autre  main  (différente  des  5  autres,  voir  pp  73-74) 
a  recopié  cette  inscription.  A  elle  seule  cette  rescriplion  est  à  peu  près 
entièrement  illisible:  mais  par  quelques  mots  on  voit  que  ce  n'est  qu'une 
copie  des  ïambes.  Une  fois  qu'on  le  sait  on  en  déchiffre  pas  mal  entre 
autres,  dans  cette  rescription,  on  lit  très  nettement  £=avt,-i 

Le  vers  r...,ù>.  ai  ;:î„v  r.?i;  Q£bv  ;:Tepor  çpÉva  (lig.  3)  est  sûrement  authen- 
tique et  manque  a  tort  dans  le  Paris.  164. 

Au-dessous  de  l'inscription  il  y  a  une  large  barre  enjolivée 

Entre  cette  barre  et  la  première  ligne  du  te.xte,  il  y  a  eu 
peut-être  autrefois  un  titre  qui  aurait  peut-être  été  lavé. 

Le  lavage  ou  reO'açage  aurait  été  suflisamment  complet  dans 
la  moitié  gauche  de  cet  espace. 

Dans  la  moitié-  droite  au  contraire,  il  n'aurait  pas  suffi  à 
faire  disparaître  complètement  toute  trace  de  l'écriture  du  titre 
du  mm  surtout  que  Ton  voulait  d.'truire.  Un  aurait  alors  fait 
disparaître  ces  traces  en  exécutant  en  surcharge  le  motif  d'en- 
johvure  fort  lourd  e1  fort  noir  que  l'on  y  voit  aujourd'hui. 

[67] 

ORIENT   CKRÉTIEN. 


130  REVUE    DE    l'orient    CHRÉTIEN. 

Sur  la  moitié  gauciie  de  l'espace  laissé  ainsi  en  blanc  par 
le  lavage  ou  l'effaçage  du  titre,  les  bil)liothécaires  ont  inscrit 
en  écriture  grosse  et  appuyée  les  cotes  successives  du  manus- 
crit :  Cod.  Colb.  4554.;  Regius  2900  (plus  tard  168,  voir  p.  ()6). 

3 

Matière.  —  Parchemin  ;  pas  de  première  qualité. 

Mesure  des  feuillets.  —  '2'i1  X  175,  en  moyenne. 

Cadre  écrit  :  \''  partie  (fol.  1-227  :  main  1)  et  S"-  partie  (fol.  258  205  : 
main  2)  ;  16  x  12  cm.  à  peu  près  ;  sur  la  date  respective  de  ces  deux  mains 
et  sur  le  problème  qu'elles  posent,  voir  plus  bas,  pp.  70-71. 

Réf/lwe.  —  A  la  pointe  mousse.  —  Sens  horizontal  :  dans  la  marge  supé- 
rieure, à  15/20  mm.  de  la  première  raie  destinée  au  texte  :  une  raie;  puis 
26  raies  destinées  au  texte;  puis,  dans  la  marge  inférieure,  à  15/17  mm. 
de  la  dernière  raie  de.stinée  au  texte  :  2  raies  parallèles.  —  Sens  vertical 
la  marge  intérieure  et  la  marge  extérieure  sont  délimitées  chacune  par 
deux  raies  parallèles  ;  dans  la  marge  extérieure,  au  milieu  de  la  colonne  à 
peu  près  :  une  raie. 

Cadre  des  raies  destinées  au  texte,  dans  le.s  deux  parties  :  152/157  mm. 
X115. 

Les  lignes  écrites  suivent  exactement  le  tracé  des  rectrices,  en  dessous  : 
26  lignes,  très  régulièrement,  à  la  page. 

Et  tout  ceci  dans  les  deux  parties  du  manuscrit. 

A'oni/jre  (les  feuillets  :  265,  mais  il  en  manque  14;  voir  plus  bas,  p.  73. 

Fol.  12(1,  196,  264-265:  mutilés. 

Nombre  de  qunlernions. , —  La  signature  est  au  début  de  chaque  cahier 
(quaternion  la  plupart  du  temps)  en  bas,  à  droite,  dans  le  coin.  Elle  n'est 
pas  répétée  à  la  fin  des  cahiers.  Dans  la  partie  228-265  :  aucune  signature. 

Dans  le  coin,  en  bas,  à  gauche  existe  une  numérotation  en  chiffres 
arabes,  à  l'encre  noire,  contemporaine  de  la  reliure.  A  cette  époque,  bien 
des  cahiers  se  trouvant  morcelés,  elle  ne  coïncide  pas  toujours  avec  l'an- 
cien partage. 

Numérotation  Numéros  des  folios  Signature.         Nature  du  cahier  dans 

postérieure.       contenus  dans  le  cahier.  l'agencement  primilil'. 

p.  1   .    .    .   fol.  1-8 a  visible?   .    .    .   Quaternion. 

p.  2  .    .   .  fol.  9-15 P Quaternion. 

Eutre  fol.  9  et  tO,  il  manque  un  folio  : 
9  ♦  10  11  1-2  13  1i  iri 

p.  3  .    .    .  fol.  16-23 <T>  invisible.  .    .   Quaternion. 

Dans  marges  du  fol.  Ifi  scholies  écrites,  puis  lavées  :  d'où  signature  invisible. 

p.  4  .    .    .  fol.  '24-31 S Quaternion. 

p.  5  ...  fol.  32 \ 

p.  •)  .   .    .  fol.  ;33 [  .   .   .   E Quaternion. 

p.  7  .    .    .  fol.  34-38 ) 

[fi8] 


'■■..MMENTA.RE  DE    D.ODORE    DK    TAKSE    S,  H    ,.KS    ....UMES.      l.Jl 


Entre  fol.  38  et  39.  il  manque  l  foli..  : 

M  33  3»  3.S  .•56  37  ^  . 


P-  "^  .  .  fol.  :!9-ir, 

I'-  '■'  .  .  fcl.  »7-.-il 

!>•  It>  .  .  fol.  .V>-r,-j 

P-  II.  .  fol.  t;:wo. 


p.  I?. 


p.  1.-! 

p.  14. 

p.  I.-,. 

p.  !••,. 


p.   17. 

p.   18. 

p.  r.i. 


p.  i'O. 
p.  21. 


yuaternion. 
Quaternion. 

■  Uuafernion. 

■  Uuaternioii. 


Les  folios  m  el  «i,  sont  en  talons 
iiaoït   ffua» 


^T 


KiR.  ; 


{<> 


71-77 


EDti,-  fol.  7j  é.  73.  un  folio  a  été  arraché 

■H   72  '73  74  7S  76  77 

fol.  7>^-85.  ...  „ 

fol.  86-ra.  .    .  .  ,3 

fol.  '.14-97.  .   .    .  '       '    '       ,^  ■ 

foi.  'JH.IfJO  .    . 


Quaternion. 


(Juaternion. 
Quaternion. 
Binion. 
Binion. 


Entre  fol.  9»  et  loo  un  folio  a  été  coupé. 


«•99 


100 


■es  folios  ..•-100  forment  deux  binions  sous  une  seule  signature. 
•   f"l.   lOl-KMi.    .    .    .    .   ) 
fol.   107 (   •    <'5>   ....   Quaternion. 


1  Enire  loi.    loo  et  loi  il  manque  un  folio 

;  ,        .   "«  "«  104  10.-i  10H  107 

I  '■>  sisnalnre    5  piail  sur  ce  foli... 

fol.   108-115. .   ..i  . 

fol.  IICI-JI. 


.  Quaternion. 
.  Quaternion. 
même  entre  1*)  et  l*i 


Entre  les  fol.  it:.  et  13),  n,an.,ue  i  folio,  de 
manque  1  folio  ; 

ll«  117  IIS  ||<i  .  |j,|  .  ,j, 


f«)l.  122-127. 
fol.  12813.?. 


Ternion. 
Quaternion. 


'"::^,:T:  '::.  .^,:;  :'••  r^r^  f^r-  ^  '^  '^'"""  "-"'«  <•- 


i69j 


132  REVUE    DE    l'orient    CHRÉTIEN. 

p    02  fol.  134-141 -e Quaternion. 

p.  23.  .    .  fol.   142-149 y- Quaternion. 

p.  24.  .  .  fol.  150-155.    ■    ■   .  l         <,.«>   ....  Quaternion. 

p.  25.  .  .  fol.  156  (en  talon?)  S 

Entre  fol.  lifl  et  150  mani|ue  un  folio  sur  lequel  était  la  signature  ... 
par  la  main  1  ;  sur  le^  folios  150  et  suiv.  une  autre  main  a  rerrit  »«, 
♦  150  151  15-2  133  154  155  156 

p    26.    .    .  fol.  157-164 -4 Quaternion. 

p.  27.    ...  fol.  165-172 y■<^>  •   ■    •       Quaternion. 

-,  est  visible  ;«  peu  près  dans  la  signature,  bien  que  celle-ci  ait  été  grattée 
p.  28.    .    .  fol.  173-180 </-5>   •    •    ■    •  Quaternion. 

L'ancienne  signature  vS  aété  grattée,  mais  il  eu  reste  des  traces;  une  autre.- 
main  a  récrit  à  coté  quelque  chose  comme  xy(?) 


29.    .   .  fol.  181-188 ..." Quaternion. 

p.  30  ...  fol.  189 l  .  .  .  -/.ç Quaternion. 


P 


P' 


31  .  .  .  fol.  190-196 S 


Juste  avec  le  fol.  194  v.  cesse   Diodore.  sur   i  68"'  :  derniers  mots  :: 
xa''  Vva  [ill  So/.£r  Sanep  ixiaôiv  k^aiziU  tbv  Oeov  -ïrl;  àpsTÎ);  -.r,ç  olvsitxi   ir.i^ipii\  et 

juste  avec  le  fol.  195  r.  commence  Théodoret,  sans  aucune  indication  de 
changement,  la  seule  différence  est  que  fol.  194  v.  compte  24  lignes 
écrites,  fol.  195  r.,  26.  Premiers  mots  du  fol.  195  r.  :  ô  U6i,  ev  tôî  kMUi  toi* 
Iaécuç  aou  ir.iy.ou^'j'^  [J-ou  iv  iX^Be-a  TÎj;  atoT:npfo'?  'ou  :  ;j.r,  toT;  È|xoÎ5  ^Mi,^zXnV-0^<^^l 
[jtETp^ariiTr.v  Tiawpkv,  iXU  ™  x.T.X.  =  Théodoret  :  Migne,  P.  G,,  t.  LXXX, 

col.  1405.  .     , 

Il  semble  donc  que  la  1"  partie  de  ce  168  :  fol.  1-227,  main  1  soit  une 
copie  faite  sur  un  exemplaire  antérieur  qui  lui  aussi  à  partir  de  y  68  « 
cessait  le  cotnmentaire  de  Diodore  et  poursuivait  dans  celui  de  Théodoret. 
11  importerait  de  savoir  si  Athos  Laura  0  70  (voir  n«  64)  présente  au 
même  endroit  le  même  chan.gement.  Mais  justement  les  photographies- 
manquent  pour  ce  -i  68.  Cela  n'est  pourtant  pas  vraisemblable,  car  nous 
avons  encore  en  -1-  73  arg.,  ^  76  arg.,  du  Diodore;  c'est  entre  le  -^  /6  et  le 
A  78  que  s'effectue  le  passage  de  Diodore  à  Théodoret.  A  moins  qu  entre 
^  65  fin  et  ■}  73  arg.  il  n'y  ait  :  fin  de  Diodore  -  portion  de  Théodoret  - 
puis  reprise  de  Diodore. 

p.  32 fol.  197-204 "ï Quaternion. 

p.  33 fol.  205 )  Quaternion. 

p.  34 fol.  206-211   .  .  .  r  '  ■ 

Entre  fol.  211  et  212  il  manque  un  folio  (=  Migne,  P.  (;.,  t.  LXXX 

col.   1444  A.  :  xnSsitovtav...  xai   vuxxii;,    |    èv   tm  ).£YÉ5eai...    M45  B 

qui  était  le  double  de  fol.  205. 

205  206  207  2(1^  209  210  211  ♦ 


P 


l"0] 


COMMKNTAIRE    DE    DIODORE    [lE    TARSE    SIH    LES    PSAUMES.     133 

P-  •^•' f"'-  212-210.      ,0  .  .  .  Quaternion. 

P-  3« fol.  220-..-.'7 X  .  .  .  Quatcrnion. 

Ici  commence  la  seconde  main  (main  2)  qui  parait  de  beaucoup  anté- 
rieure à  la  précédente. 

Est-il  pourtant  bien  sur  que  cette  2«  partie  soit  antérieure  à  la  ore- 
niière?  ^ 

S'il  en  est  ainsi,  le  scribe  de  la  première  partie,  postérieur  dans  cette 
hj-pothese,  a  joliment  bien  calculé,  pour  tomber  si  juste  à  la  tin  d'un 
cahier.  Car  il  n'y  a  pas  trace  de  raccord  (écriture  serrée  ou  espacée) 

Au  contraire,  si  la  •>  partie  a  été  écrite  postérieurement  à  la  première 
cola  s'explique  tout  seul.  Mais  l'aspect  de  chjicune  de  ces  deux  écritures 
rend  cette  hypothèse  bien  difficile. 

A  moins  que  la  main  1  (fol.  1-227;  et  la  main  2  (fol.  228-265)  ne  soient 
deux  mains   de   la   même  époque  à  peu  près  (xiiiVxir'i  :  la  première 
ue-ligee.  antérieure  à  la  deuxième;  la  seconde,  soignée  et  imitant  à  s'y 
méprendre  l'écriture  du  .xi"  siècle,  tout  en  éUint  réellement  postérieure  à 
la  première. 

Je  me  souviens  que  mon  maître  en  paléo;,'raphie,  le  très  re-retté 
A.  Jacob,  qui  avait  bien  voulu  examiner  ce  Paris.  !,'r.  168,  ne  vovai't  pas 
d  impossibilité  à  ce  que  la  main  1  (fol.  1-227,  fut  une  main  .lu  xii»  et  que 
par  ailleurs,  il  nous  mettait  en  .i.'arde  contre  certains  copistes  postérieurs' 
rares  il  est  vrai,  mais  assez,  exercés  pour  reproduire,  bien  des  siècles 
après  1  époque  qu'il  caractérise,  un  tracé  de  type  antérieur 

Pour  le  lexle,  de  227  v.  à  228  r.  la  suite  est  parfaite,  bien  qu'elle  se 
fasse  sur  une  petite  phrase  qui  parait  bien  être  un  rajoutis  interpolé  et 
^m  ne  se  trouve  pas  dans  l'édition  de  Théodoret,  telle  qu'elle  est  dans 
Migne,  P.  G.,  t.  LX.\.\,  col.  1481  .;  ,  tr/. 

A  partir  d'ici  les  cahiers  ne  portent  plus  aucune  sif.'nature. 


P-^' fol.  228-235 .yuaterni 

P-  38 fol.  2:W-24a ...uaterni^. 

P-  ^9 •■"'•  244 ,.-„Ho  isolé 


ion, 
ion. 


Ce  folio  244  se  trouve  isolé  entre  les  deux  quaternions  :  fol.  236-243  et 
[    -245-252  :  il  n'y  a  aucune  lacune  dans  le  texte. 

Sur  foL  244  v.,  à  la  7'  ligne,  finit  le  commentaire  du  ■}  7<.t. 
Fol.  245  r.,  en  tête,  commence  le  commentaire  du  •}  80. 

^^fnti^e  ces  deux  points   un  grand   blanc    qui  occupe 'le  reste  de 
I     loi.  244  verso. 

Il  semblerait  qu'il  y  ait  eu  quelque  chose  d'écrit  sur  ce  blanc  Une 
première  fois  d'abord  on  y  aurait  écrit;  puis  on  aurait  effa.-é,  lavé  On 
aperçoit  comme  des  traces  jaunes  d'une  assez  grosse  écriture.  Une  seconde 
OIS  celui  dont  l'écriture  reste  encore  sur  les  marges,  y  aurait  écrit  Plus 
tard,  peut-être  pour  essayer  d'y  lire  la  première  écriture,  la  seconde  écri- 
ture a  été  lavée  dans  le  milieu  de  la  page. 

La  marge  inférieure  de  ce  folio  a  été  enlevée  au  canif. 

L7i; 


134  REVUE    DE    l'orient    CHRÉTIEN. 

Au  bas  de  la  page  ainsi  mutilée,  figurés  par  des  cercles  qui  se  cou- 
pent :  des  poissons  ("?);  sur  une  première  ligne  11  cercles,  au-dessous  sur 
une  9''  ligne  :  4  cercles. 

p.  40 fol.  245-252 Quaternion. 

p.  41 fol.  253-259 Quaternion. 

Entre  256  et  257  un  folio  a  été  enlevé  : 

253  254  255  256  *  257  258  259 

La  teneur  de  ce  folio  =  Mig.  P.  G.,  t.  LXXX,  1549  C...  Tîi;  çiXavôpu- 

Ttîaç  xpouvot....  itpoSEffjiiÇei  8èxoi  T^v  |  tûv  àuojpîuv...  1553  B,  incluant 

le  début  du  •{/  85. 


p.  42 fol.   260.  .  . 

p.  43 fol.  261-265. 


Quaternion. 


uyJ 


Fig.  6. 


Du  fol.  264  il  ne  reste  actuellement  que  deux  lambeaux  suffisants  pour 
qu'on  puisse  se  rendre  compte  que  264  était  le  double  de  263,  et  contrôler 
la  suite  du  texte. 

Entre  264  et  265  manquent  2  folios  totalement.  Le  contenu  :  264  -|- 
<  264.^'^  +  264'"  >  =  Migne  :  P.  G.,  t.  LXXX  :  ÈxfepaÇa  r.fà;  ae...  1572  B. 
—  1580  B  :  uiouç  Beou  x.aXEÎ  toùç  OEiotipou;  àvOpwicouç  |  Ttspi  lov  ivioiépto  eVpTjTai 
(début  du  fol.  265).  Tenir  compte  pour  contrôler  la  dernière  référença 
(1580  B)  de  la  note  36  au  texte  de  Théodoret,  dans  Migne.    ' 

Derniers  mots  que  j'ai  pu  lire  sur  le  verso  de  fol.  265,  à  la  10''  ligne  : 
SlEaxôpntda;  Touç  Ij^Opoû;  aou.  i]<  88  ",  Migne,  P.  G.,  t.  LXXX,  1581  A. 

Le  texte,  à  moitié  effacé,  semble  bien  continuer  jusqu'au  bas  de  la  page; 
et  le  manuscrit  est  mutilé. 

A  une  époque  où  il  l'était  déjà,  une  main  postérieure  (xv^,  xvi'?  autre 
que  les  cinq  autres  dont  il  est  question  plus  bas,  p. 73-74)  a  récrit  sur  la 
moitié  inférieure  et  déjà  mutilée  de  la  page,  la  suscription  suivante  : 

4"  aîvEÏTE  tÔv  Seôv  £v  toïç  4^101;  aÙTOÛ  «Îveïte  auT'ov  Èv  T'ja;:âv(i)  /.al  x.opoj  aîvEÏTS 
aÙTOV  Èv  yopSar?  vioà  àpydvn)  xI'/zîtb  aùrbv  Èv  xr|6aXEi('?)ç  à).aXaY|j.o3  ::Saa  hvotj  alvî^i- 
TW  TOV  xûpiov  =lj/  150  V.   1,  4-6. 

Puis  4  lignes  où  je  déchiffre  des  lettres,  mais  sans  pouvoir  lire  de  mot* 
sauf  à  la  fin va/u>  TpriYopuo  xo  âixaptoXu. 

Une  autre  main  encore  a  recopié  au-dessus,  en  gribouillant,  le  début  de 
cette  subscription  :  +  «îveïte,  etc... 

[72] 


COMMENTAIRE    DE    DIODORE    DK   TARSE    SUR    LES    PSAUMES.     135 

En  résumé,  il  manque  : 

entre  fol.  '.»  et  10  :  1  folio 
entre  fol.  38  et  :!«  :  1  folio 
entre  fol.  73  et  73  :  1  folio 
entre  fol.  9'.»  et  KMI  :  I  folio 
entre  fol.  100  et  101  :  1  folio 
entre  fol.  119  et  120  :  1  folio 
entre  fol.  120  et  121  .  1  folio 
entre  fol.  1.30  et  1:51  ;  2  folios 
entre  fol.  14<t  et  ir.0  :  1  folio 
entre  fol.  211  et  212  :  1  folio 
entre  fol.  256  et  257  :  1  folio 
entre  fol.  264  et  265  :  2  folios. 
Soit  : 

clans   la  jiartie  contenant  Diodore  (fol.   1-104)    :  10  folios, 
dans  la  partie  contenant  Théodoret  (fol.  195-265)  :     4  folios. 

tLa  composition  du  manuscrit  était  : 
33  quaternions  :  33  X  8  = 264  folios 
)                2  binions,  sous  une  seule  signature  :  .  .  .      8      » 
^                 1  ternion  : 6      » 
j                 1  folio  isolé,  244   : 1 
279  folios. 

Sous  cette  forme  il  était  déjà  mutilé  à  la  fin  (voir  plus  haut,  p.  72). 

11  manque  actuellement  14  folios  :  donc  :  279  —  14  =  265,  chiffre  du 
Cat;dogue. 

Ce  ternion  unique  perdu  au  milieu  d'une  série  de  quaternions  est  assez 
curieux,  mais,  aucune  lacune  n'e.xistant  dans  le  texte,  il  n'y  a  pas  lieu  de 
soupçonner  la  chute  de  deux  folios. 

Dans  la  1"  partie,  fol.  1-227:  main  1  :  titres,  lettres  initiales,  ornements 
linéaires  entre  les  psaumes  :  rubriques  (carmin  passéK  —  Dans  le  texte 
sacré  la  première  lettre  des  citations,  toujours  à  la  lipne,  est  en  dehors 
dans  la  marge  ;  ces  premières  lettres  sont  en  plus  rubriquées  ù  partir  de 
fol.  128  jusque  vers  fol.  206. 

Dans  la  2«  partie,  fol.  228-265  :  main  2  :  titres,  initiales  :  rubriques  (rouge 
plus  vif).  —  Le  texte  sacré  est  en  semi-onciales,  initiales  rubriquées,  et 
signes  >  dans  la  marge  ;  on  ne  va  pas  à  la  ligne  pour  chaque  citation. 

Les  folios  15  v.,  16,  17,  18  contenaient  dans  les  marges,  écrit  par  une 
autre  main  :  main  3,  postérieure,  un  texte  qui  a  été  lavé. 

De  même  les  folios  128.  129,  1.30  contenaient  dans  les  marges  un  texte, 
écrit  par  une  autre  main  :  main  4.  et  qui  a  été  lui  aussi  lavé. 

De  même  folios  160  v.,  101,  162,  163, 164  ^tous recto  et  verso;.  165  r.  (?)  : 
main  5 (?)  ou  main  3  (?). 

Dans  les  folios  229  v.,  2.30,  231  r..  242  v.,243r.,  les  marges  sont  encore 
remplies  entièrement  d'une  écriture  négligée,  grosse,  d'une  encre  noire 
•verdâtre  :  main  4.  Ces  scholies  seront  à  identifier. 

(73) 


136  REVUE    DE    l'orient    CHRÉTIEN. 

Les  mains  3,  4,  5  sont  bien  postérieures  aux  mains  1,  2.  Mains  1,2:  xiii"^- 
xii»C?);  mains  3.  4,  5  :  .\iv-.\vi"^(?). 

B.  —  Portions  du  Commentaire  de  Diodore  contenues 
dans  ce  manuscrit.  —  Ce  manuscrit  se  trouve  contenir  une 
lionne  partie  du  Counnentaire  de  Diodore  :  à  1-68'''%  moins  les 
lacunes  occasionnées  par  la  perte  des  folios  signalés  plus  haut. 

C.  —  Importance  de  ce  manuscrit.  —  L'importance  de 
ce  manuscrit  est  capitale,  non  seulement  parce  qu'il  nous  a 
conservé  une  portion  très  importante  du  Commentaire  de  Dio- 
dore, mais  surtout  parce  que  la  tradition  qu'il  représente  est 
la  seule  qui  ne  soit  pas  engagée  dans  une  tradition  caténaie. 

Rien  alisolument  n'indique  qu'il  ait  été  copié  ex  mediis 
paginis  d'un  exemplaire  analogue  au  Coislin.  -iT.!),  comme  il  y 
a  des  raisons  de  le  penser  pour  certaines  sections  (la  section 
signée  âvaaT.)  du  même  Commentaire  dans  le  ms.  Laura  0  70. 

Les  scholies  dont  nous  avons  signalé  plus  haut  les  traces 
dans  les  marges  sont  si  rares  et  si  postérieures,  qu'on  ne  peut 
pas  considérer  ce  manuscrit  comme  une  chaîne,  même  une 
chaîne  marginale. 

De  ce  chef  il  apparaît  comme  un  témoin  unique,  malheureu- 
sement anonyme,  de  la  tradition  individuelle  directe  du  Com- 
mentaire de  Diodore. 

En  fait,  si  l'on  ne  possédait  que  ce  manuscrit  Paris,  gr.  168 
et  les  deux  manuscrits  Paris,  gr.  1  10  (n""  18,49)  et  Coislin.  gr. 
80  (n"  37),  comme  les  extraits  signés  Aïoîwpjj  dans  ces  deux 
derniers  coïncident  avec  le  Commentaire  du  Paris,  gr.  168, 
et  que  ce  Commentaire  est  cohérent,  qui  hésiterait  à  voir  dans 
ce  Paris  gr.  168,  fol.  1-191,  un  témoin  —  le  seul  peut-être  — 
de  la  tradition  directe  non  signée,  du  Commentaire  de  Diodore? 

C'est  dire  assez  son  prix  et  tout  ce  que  nous  devons  au 
R.  P.  Lebreton,  qui,  le  premier,  grâce  à  un  flair  patristique 
rare,  est  tombé  en  arrêt  sur  ce  pauvre  manuscrit  anonyme  qui 
n'avait  jusqu'alors  retenu  l'attention  de  personne. 

Une  collation  très  étendue  que  nous  avons  faite  de  ce  Paris, 
gr.  168  avec  le  Coislin.  gr.  275,  nous  a  garanti  l'intégrité  du 
Commentaire  médian  du  Coislin.  275,  et  en  même  temps  nous 
a  laissé  voir  que  les  deux  manuscrits  sont  indépendants. 
La  tradition  du  Paris.  168  semble  être  plus  directe. 

[74] 


i 


COMMENTAIRE    DE    DIODOUE    OE    TARSE    SIR    LES    PSACMKS.     HT 

-Malheureusement  il  ne  nous  donne  que  les  68  premiers 
[■saumes  ((iS  jusqu'à  v.  1  r  i.  Et,  de  plus,  il  oll're  un  texte  fm! 
mauvais.  Il  f"urniille  de  fautes  d'orthoiiraplie  duos  à  des  con- 
lusiuns  auriculaires  (itacisme,  etc.). 

Ces  fautes,  parfois,  dénaturent  le  texte  à  tel  point  que.  si 
ce  manuscrit  était  l'unique  témoin  du  Commentaire,  il  serait 
en  certains  endroits  à  peu  près  iiiuiilisaldo  parée  qu'inintelli- 
gible. Mais  coUationné  avec  le  Commentaire  médian  du  ('oi.slin. 
JT.'i,  qui  lui  est  identique  (découverte  Lebreton).  il  devient  on 
ne  peut  plus  précieux.  Il  permet,  entre  autres,  comme  nous 
l'avons  fait  remarquer  plus  haut  (p.  (r2)  de  reconnaître  dans 
le  Coislin.  -27.0  les  omissions  par  Itomoiotelculon  qui  y  sont 
malheureusement  assez  nombreu.ses. 

Il  faudra  faire  de  ce  Paris,  gr.  16S  une  monographie  com- 
plète, le  collationner  entièrement  avec  le  Coislin.  gr.  -ll'i  et 
Athos  Laura  w  70,  avec  les  larges  portions  conservées  dans 
le  Commentaire  médian  du  Vindobon.  S  (  Kb  n"  11,68  =:  Para- 
phra.iis  de  VL'xposilio  in  l'sahnus  de  Cordier,  voir  Appen- 
dice III I,  dans  la  chaîne  de  Pierre  de  Laodicée  (=  Commen- 
tariiis  tpsetidcpiij.}  T/ifodori  Herac/eotae,  voir  plus  bas, 
n°'69-73et  Appendice  III.  p.  119»,  enfin  avec  les  fragments  îles 
chaînes,  relatifs  aux  6  l-()8.  * 

67.  —  Athi'Cs  .Mai'.nai;  Lalrai;  Sancti  .Vtiianash  H  7U,  Sec- 
tion 6  (?)  et  Section  10  (?)  Voir  n  64. 

A.  —  Description.  —  \"oir  n  64,  A. 

B.  —  Portions  du  Commentaire  de  Diodore  contenues, 
sous  forme  anonjrme,  dans  ce  manuscrit.  —  Ce  manus- 
crit contient,  en  uadition  anunyme  i?i,  un  Commentaire  ro)i- 
Unti  =  le  Commentaire  médian  Coislin.  275  (=  Diodore),  au 
moins  pour  -i  yi-'-79''^,  et  -i  11823-1263"  :  sections  6  et  10  : 
voir  pp.  50  et  51. 

Nous  rangeons  aujourd'hui  ces  sections  dans  la  tradition 
anonyme,  mais  provisoirement.  Rien  ne  nous  assure  en  eflet 
que,  dans  les  folios  dont  la  photographie  nous  manque,  il  ne  se 
trouve  pas  quelques  sigles  d'attribution  :  ivi-T.  en  marge,  par 
exemple,  cumme  pour  la  section  8.  Le  Commentaire  que  ces 
sections  6  et  10  contiennent  ne  cessera  pas  pour  autant  d'être 

[75] 


138  REVUE    DE    L"oRIENT    CHRÉTIEN. 

du  Diodore.  Mais  ces  sections  devraient  alors  être  réparties 
dans  les  catégories  correspondant  à  leur  attribution. 
C.  —  Importance  de  ce  manuscrit.  —  Voir  n°  64,  C. 

II.  -  TRADITION  ANONYME  : 

forme  mêlée  (tantôt  non  remaniée,  tantôt  remaniée), 
continue,  incomplète. 

68.    —  Vl.VDOBOXE.NSIS   BiBLIOTHECAE    l.MPERI.\LIS,   THEOLOGICUS. 

8  (Nessel)  10  (Lambeck).  Voir  ici  n"  11. 

A.  —  Description.  —  Voir  n"  11,  A. 

B.  —  Portions  du  Commentaire  de  Diodore  contenues 
dans  ce  manuscrit.  —  Comme  Lietzmann  la  très  bien  vu 
(Calalogiis,  p.  -0),  Cordier,  pour  compiler  sa  Paraphrasis, 
a  sûrement  utilisé  le  Commentaire  anonyme  qui,  dans  cette 
chaîne,  accompagne  les  versets  des  Psaumes. 

La  comparaison  du  Commentaire  médian  du  Coislin.  275  avec 
cette  Paraphrasis  est  ici  très  instructive. 

Aucune  de.s  Préfaces  imprimées  par  Cordier,  Expositio  in 
Psalmos,  1,  p.  .xLviii-Lii,  ne  coïncide  avec  la  Préface  du  Com- 
mentaire médian  du  Coislin.  275  {=  Diodore)  (cf.  Recherches 
de  science  religieuse,  jânyiev  1919  :  n""  1  et  2,  pp.  8-15). 

Mais  pour  les  ii  1-4,  la  Paraphrasis  =  sensiblement,  avec 
des  abréviation.s,  des  omissions,  etc.,  le  Commentaire  médian 
du  Coislin.  275  (=  Diodore). 

Pour  les  il  5-37^%  la  concordance  entre  le  Commentaire 
médian  du  Coislin.  275  (=  Diodore)  et  \a  Paraphrasis,  cesse. 
Celle-ci  égale  bonnement  Tliéodoret,  in  Psalmos,  comme  l'avait 
déjà  remarqué  .Iules  Garnier  (Praefatio  ad  Basilii  Magni 
Opéra,  reproduite  dans  Migne,  P.G.,  t.  XXIX,  pp.  cc.kv,  ccxvi). 

Mais  Garnier  avait  généralisé,  un  peu  trop  vite,  au  conteim  de 
toute  la  Paraphrasis,  les  observations  qu'il  avait  faites  sur  les 
•h  6-14.  S'il  avait  regardé  entre  <h  1-4,  il  aurait  constaté  que  la 
Paraphrasis  n'égalait  pas  en  cet  endroit  Théodoret.  Et  s'il  eût 
regardé  après  i  37''%  il  aurait  fait,  là  encore,  même  constatât  ion. 

En  effet  pour  les  -i  37'"^-lijU  la  Paraphrasis  =  en  gros,  et 
souvent  de  très  près,  le  Commentaire  médian  du  Coislin.  275 
(=  Diodore),  sauf  pour  les  Prologues,  souvent  supprimés, 

[761 


COMMENTAIRE   DE    PldDORE    HE   TARSE   SLR    LES    PSAUMES.      139 

fcoiirtés,  remplacés  par  du  Tliéodoret,  uu  interpolés  avec  du 
Théodoret.  Mais,  dans  l'ensemble,  cette  Parap/irasis  a  une 
saveur  tonte  antiocliiennt^  et  c'est  ce  qui  explique  comment 
Riethgen  et  Lietzmann,  avant  ridentiticatiiin  : 

Commentaire  de  Diodore  in  Psalmos  =  Commentaire  médian  Coislin. 
■,'7Ô  =  (en  partie)  Paraphrasis,  (1910), 

iToyaient  reconnaître  dans  cette  Pamiiluanis  du  Tht'odore  «le 
Mopsueste   voir  Ilenw  dr-  l'/iifuloi/ic,  janvier  1!H  1 ,  pp.  00,  Gl). 

Nous  avons  comparé  intégralement  le  Commentaire  médian 
du  Coislin.  275  (:=  Diodore)  avec  la  Parap/irasis  imprimée  de 
Cordier. 

Si  on  rapproche  les  résultats  de  cette  comparaison  de  la 
remarque  paléographique  de  Lietzmann  sur  le  Vindobonensis 
s  (ln>  :  «  larunn  /lorierunt  Ps.  ')-3P'  »  {Catalogus,  p.  29), 
l'explication  saute  aux  yeux. 

C'est  bien  le  Vindobonensis  8  (10)  que  Cordier  a  utilisé  dans 
-a  Paraphrasis  pour  les  6  1-1  et  37-""-l."iO.  Il  a  bouché  la  lacune 
avec  des  commentaires  pris  dans  les  Vindobunenses  297  (12), 
298  (13),  plus  probablement  dans  le  premier,  qui,  d'après  son 
litre  :  -rij  àv  x^((s:q  -.  [lac.  15  litt.]  xa'i  EÙîEÔi'îj  xa'i  9£î5u)3r,T  [151itt.| 
r,5i;  v.ç  -z  'ia/.t'.  (Catalogus,  K.  et  L.  p.  39).  devait  contenir 
beaucoup  de  Théodoret. 

Il  est  même  probable  que  Cordier  s'est  servi  de  ce  Vindobo- 
nensis 297  (12)  pour  suppléer  les  Prologues  qui  manquaient 
dans  le  Commentaire  anonyme  du  Vindob.  8  (lO),  ou  pour  les 
compléter  quand  ils  étaient  trop  maigres. 

Ce  Vindobonensis  S  (10),  dans  son  Commentaire  anonyme, 
nous  rend  donc  de  très  larges  portions  du  Commentaire  de 
Ihodore,  mais  sous  une  l'orme  beaucoup  moins  intégrale  et 
génuine  que  celle  sous  laquelle  nous  l'ont  conservé  le  Coislin. 
275  et  le  Paris.  16S.  Ici  encore,  par  comparaison,  ces  deux 
derniers  manuscrits  nous  apparaissent  avoir  retenu  du  Com- 
mentaire de  Diodore  ime  tradition  beaucoup  plus  proche  de  la 
forme  originelle. 

C.  —  Importance  de  ce  manuscrit.  —  On  comprend  des 
lors  toute  l'importance  de  ce  \  ind^bonensis  8  (10)  :  1")  pour 
l'édition  même  du  texte  du  Commentaire  de  Diodore;  2°)  comme 
type  de  chaîne  relativement  rare  :  Texte  des  Psaumes  -H  Com- 


1  10  REVUE    DE    l'orient    CHRÉTIEN. 

raentaire  médian,  le  tout  entouré  d'une  chaîne.  Avec  le  présent 
Vindobonensis  8  (10),  n°'  11,  68,  nous  n'en  avons  rencontré  au 
cours  de  notre  étude  que  trois  autres  :  n<"  12,  37,  65,  ce  qui 
fait  en  tout  quatre;  3")  enlin  pour  l'exploitation  inétliodique 
de  VExpositio  in  Psalmos  de  Cordier. 

Il  faudra  faire  de  ce  Vindobonensis  8  (10)  une.  analyse  com- 
plète et  le  coilationner,  avant  tout,  sur  le  Coislin.  27.3,  le  Paris. 
1G8,  l'Athous  Laurae  B  70,  puis  sur  les  autres  témoins.  Nul 
doute  que  son  propre  témoig'nage  ne  soit  bien  souvent  précieux 
pour  l'établissement  du  texte. 

Ce  manuscrit  sera  aussi  d'un  grand  intérêt  pour  l'histoire  de 
la  transmission  du  Commentaire  de  Diodore  à  travers  les  âges. 

m.  —  TRADITION  ANONYME  : 

forme  perpétuellement  remaniée,  fragmentaire 
(mais  souvent  fragments  multiples). 

a)  La  chaîne  de  Pierre  de   Laodicée 

(=  Commentaire  pseudépigraphe  de  Théodore  d'Héraclée). 

La  chaîne,  dont  les  cinq  numéros  suivants  (69  à  73)  sont  des 
représentants,  d'inégale  valeur,  est  une  chaîne  en  colonne 
simple,  enfilant,  «  enchaînant  »,  à  la  suite  les  uns  des  autres 
des  extraits  de  différents  auteurs,  mais  sans  plus  citer  aucun 
nom.  La  place  de  cette  compilation  est  donc  bien  ici  à  la  tradi- 
tion anonyme. 

Si  j'ai  pu  préciser  un  peu  la  question  d'attribution,  c'est 
grâce  à  l'extrême  obligeance  de  M.  Joseph  Deconinck,  qui,  guidé 
lui-mrme  par  M^''  Giov.  Mercati,  préparait  avant  1914  une 
petite  étude  sur  le  sujet.  Depuis,  d'autres  travaux  et  d'autres 
préoccupations  ont  arraché  M.  Joseph  Deconinck  à  des  re- 
cherches qu'il  avait  si  brillamment  inaugurées.  Avec  le  plus 
aimable  désintéressement  il  a  bien  voulu  m'engager  à  tirer, 
des  quelques  notes  qu'il  avait  rassemblées  sur  ce  sujet,  le 
meilleur  parti  possible.  J'espère  n'avoir  ni  trahi  sa  pensée,  ni 
forcé  ses  conclusions.  Comme  on  va  le  voir,  de  la  comparaison 
des  deux  principaux  manuscrits  :  Barberini  .■")25  (n"  69)  et  Vatic. 
412  (n"  70),  il  paraît  bien  ressortir  que  Pierre  de  Laodicée  soit 
véritablement  l'auteur  de  cette  chaîne.  Cette  question  toutefois 


COMMKNÏAIKE    DK    DIODORE    DE    TARSE    SUR    LES    PSAUMES.      I  II 

mériterait  d'être  étudiée  avec  plus  d'ampleur  et  cette  attribu- 
tion établie  d'une  fat;on  plus  définitive. 

69.  —   JinMAMS  Marbekinianls  Û-J5  (=  V,  21). 

A.  —  Description.  —  La  liste  sommaire  des  manuscrits 
(jrecs  (le  ht  lUblintheca  [iarberiniana  par  Skv.muir  de  Ricci 
(Kxtrait  de  \a.  Revue  des  i^/W/o///è(/»es,  avril-juin  1907),  p.  10, 
porte  cette  simple  mention  : 

525  =  V,  "Jl  Tlieoilori  Heracleensisexpositio  in  Psalmos,  Cantica,  3i)8iT., 
meinbr. 

C'est  tout. 

M.  Joseph  Deconinck  (notes  manuscrites)  décrit  ainsi  le 
manuscrit,  qu'il  a  vu,  ainsi  que  le  Vatic.  gr.  412  : 

x"^  siècle.  Parchemin.  29,5  X  22,7. 

Commentaire  des  Psaumes,  le  même  que  le  Vaticanus  gr.  412  [n"  70'. 
mais  tous  les  Psaumes  et  les  Cantiques  sont  au  complet. 
Très  bien  écrit:  de  nombreux  plis  dans  le  parchemin... 
Un  assez  irrand  nombre  de  notes  marginales,  de  plusieurs  écritures. 
Quel<iuefois  au-dessus  des  mots  grecs,  traductions  latines. 

Assez  souvent  en  marge  le  signe  Q)  (ôipaTov  :  remarquable?):  d'autres 
fois  :  ;  ',  ou  T  (b  "  ' 

Quelqu'un  aussi  coupe  le  texte  de  temps  à  autre  par  des  croix  rouges. 

Ce  manuscrit  fut  dédié  à  Urbain  VIII. 

\  cette  occasion  on  lui  a  ajouté  en  tète  deux  feuilles  d'un  parchemin 
très  fin  et  très  différent  de  celui  du  manuscrit,  et  on  Ta  relié  en  velours 
rouge  avec  les  armes  aux  trois  abeilles  sur  les  deux  plats  de  la  reliure. 

Sur  la  première  feuille  on  a  écrit  en  très  grosses  lettres  : 

.\  recto  :  ©îoSiopou  tsiixonou  iipaxXEts;  6p3ix>];  EpjiTivEia  etj  Toviî  liaXjxo-j;  (sans 

accentuation!   avec   encore,   au-dessus  de  ce  gros  titre,  les  armes  aux 
trois  abeilles. 
Au  verso  [de  la  première  feuille]  et  au  recto  de  la  feuille  2  : 

la  citation  de  saint  Jérôme  de  Scriplor.  ccclesiasiicis  :  4  lignes,  sur 
Théodore  d'Héraclée,  et  un  commentaire  pompeux  de  ces  4  lignes  en  latin, 
au  verso  de  la  feuille  2  : 

Codicem  antiquitate,  integritate,  orthographia 

conspicuum  ;  cuius  unicum  exemplar  habct  quidem 

Bibliotheca  A'aticana,  sed  mutilum  mancura 

lacunarum  plénum,  nec  ita  vetustum 

Lrbann  VIII,  Pont.  Max. 


Ludovicus  Card.  Ludovisius 
S.  R.  E.  Vicecancellarius 


oflert. 
•70- 


142  REVUE    DE    l'orient    CHRÉTIEN. 

Ce  manuscrit  est  évidemment  celui  que  Cordier  a  vu  à  Rome 
(voir  sa  Prrface,  Appendice  III,  |).  120)  et  demi  l'inscription 
erronée  (voir  plus  bas,  n"  70,  A)  lui  a  fait  attribuera  Tliéodore 
d'Héraclée  le  Commentaire  anonyme  qu'il  avait  édité  d'après 
le  Vindob.  17  (Nessel»  11  (Lambock),  n"  72. 

B.  —  Portions  du  Commentaire  de  Diodore  contenues 
dans  ce  manuscrit.  —  (Je  manuscrit  représente  la  tradition 
la  pluscuiuplète  de  cettechaîne.  Des  constatations  faites  par  moi 
sur  le  Vindub.  17  (11  ),  ici  n"  72,  dont  la  tradition  est  identique, 
mais  moins  complète,  il  ressort  que  ce  Barberini  contient  à 
l'état  brisé  et  fra^'-mentaire,  des  portions  énormes  du  Commen- 
taire de  Diodore  in  Psa/mos.  Le  texte  est  évidemment  arrangé, 
remanié,  mais  parfois  très  peu. 

C.  —  Importance  de  ce  manuscrit.  —  Ce  manuscrit  sera 
très  important,  et  pour  l'établissement  du  te.xte  du  Commentaire 
de  Diodore,  et  pour  l'histoire  de  la  transmission  de  ce  Commen- 
taire. 

Il  serait  à  souhaiter  qu'on  en  fît  une  analyse  complète.  Il  ne 
serait  pas  bien  diffnile  d'arriver  à  identifier  tous  les  fragments 
qui  y  sont  «  enchaînés  >>  à  l'état  anonyme. 

70.  —  RoMANUS  Vaticanus  412. 

A.  —  Description.  —  Le  Catalogue  des  Codices  Vaticam 
Graeci,  qui  vient  de  paraître,  ne  donne  malheureusement  que 
la  l'ecension  des  329  premiers  manuscrits.  (Bybliothecae  Apos- 
tolicae  Vaticanae  Codices  manu  scripti  recensiti  iussu  Pii  \I 
Pontificis  Ma.ximi  Praeside  Aidano  Gasquet  0.  S.  B.  S.  Mariae 
in  porticu  Card.  Diacono  S.  R.  E  Bybliothecario  et  Tabularii 
Vatican!  Praefecto.  —  Codices  Vaticani  Graeci  recensuerunt 
loHANNES  Merc.\ti,  Bybliothecae  Vaticanae  Praefectus  et  Pius 
Franchi  de  'Cavai.ieri,  Scriptor.  —  Tomus  I.  Codices  1-329  — 
Romae,  Typis  Polyglottis  Vaticanis,  MCMXXIII.) 

Les  notes  de  Al.  J.  Deconinck  contiennent,  en  latin,  cette 
description,  tirée  probablement  des  ticlies  du  Catalogue  en 
préparatiiin. 

Saeculi  X\  membranaceus,  mm  338  X  252,  ft'.  11  (add)  202  Pétri  Lao- 
di(-eni  Intcrpretatio  in  Psalmos  1-70. 
Ed.    in  maxima  parte   sub    nomine   Theodori  Heracleotae   Corderius. 

[80] 


I 


COMMENTAIRK    DE    DIODORE    [)E  TARSE   SUR    LES   PSAUMES.     143 

Catena  Patrum  gniecorum  in  Psalmos. Cf.  Corderius.  l'rolofius  I,xlviii-I). 

En  t^te  (iu  fol.  1  :  tit[ulus]ToS  it  xyioi;  ):«Tob;  i|(iû)v  BiatÀ-:ou  ip/ lej:: jxojiou 

Kxi3ape:i;  KannaSoxia;  lp^l.T^vgia  eU  tbv  <j/aXTr)p«,  ideo  fortas.se  inscriptus  quod 

initium  e  Ba.<ilio  sumptum  est,  effecit  ut  Ba.silio  commentarius  totus 
tribueretur. 

Accuratc  .scriptu.s.  constat  quatcrnionibus  Xf',  tuni  in  principio,  tinu 
in  fine  notatis.  Excidit  foliuin  iinuni  tum  intor  ff.  39-40,  tum  inter 
65-66.  Fol[ii]  I  v.  scriptura  restaurata  primum  est,  deinde  novum 
(foL  II)  ml^anu?]  s.  .\vi  in  eius  locum  .sufTectum  fuit.  Inscriptio  in 
summo  margine  fol.  1 

IlETpoj erasa   fuit. 

M.  J.  Deconinck  note  :  Voici  les  lettres  que  j'ai  pu  lire 

RtTpO.   .    X    .     .     .     .    U     .    .     .        ép •yaXli'JtJÇ 

K£Tpo[u]  X[aoSt/.«;o]u  [Inioz]    ip[[iTiv6;'a  et;  TO'J;}iaX;iOo;. 

Quaternionis  1.  folia  in  ordinem  ita  restituenda  : 

1.  4.  .3.  2  7.  6.  5.  8 

Fol.  262  V.  dimidia  pagina,  quae  fortassis  principium  interpretationis  in 
Ps.  77  constituit.  erasa  est.  ne  mutilus  codex  videretur. 
Fol.  161  V.  162  haec  leguntur  erasa  :  xe  kXinio't  toO  i(iapTct)Xo3  xai  SojXou 

aou  Ko3;iî  aoviyoO  Tïjv  ijftiyrjv  8tt  i5i.apT'oXo;  fvt  r«pi  nivTa;  àvOp'.lrriu; 

•yyopT,o£To 

I  V.  Index  graecus  et  latinus. 

Stemmata  Pii  IX  et  A.  Mai  cardin.  Bibliothecarii. 

Fol.  87  V.  in  calce  eras.  -\-  -oûto  to  ^tôXiwv,  a^XtiT»  Sa  f,  iaXT^pi  Ivi  t^; 

[lov^î  Ttôv  ôSriY'ûv.  88  V.  xa\  otti; Xo; to  suXaî.  (i  .   .  it   .   . 

aOti>  xa: jiovTJ  Twv  o3iiy<^ojv^ 

Rapprochant  ses  observations  personnelles  de  quelques 
remarques  que  M"'  Giov.  Mercati  lui  avait  communiquées, 
M.  J.  Deconinck  concluait  : 

Donc  le  cod.  Vaticanus  412,  du  .\i*  siècle,  contient  le  commentaire 
au[x]  7[6]  premiers  psaumes  :  ce  commentaire  est  tout  à  fait  identique  à 
celui  du  Cod.  Barberini  [525]  du  moins  de  à  .  [Le 

manuscril  de  M.  J.  Deconitick  laisse  ainsi  fies  places  blanches,  destinées 
probalilemenl  à  recevoir  des  précisions  ultérieures.]  Sans  doute  le  tome 
finissait  peu  après  et  la  suite  se  trouvait  dans  un  autre  tome  perdu  ou 
glissé  dans  un  autre  fonds. 

En  tt-te  du  premier  folio  se  lit  clairement  le  nom  de  Basile;  ce  qui 
amena  l'auteur  de  l'inventaire  à  croire  que  le  tout  était  de  Basile;  mais 
au-dessus,  de  première  main,  se  lit  encore  :  T:=tpo[-j  ...  etc. 

L'écriture  a  été  effacée  par  quelqu'un  dans  le  but,  j'imagine,  de  rendre 
précieux  et  plus  désirable  le  volume,  comme  contenant  le  Commentaire 
entier  de  Basile  sur  les  Psaumes,  tandis  qu'on  n'avait  de  lui  que  des  homé- 
lies sur  les  Psaumes. 

L'épigraphe  au  moins  est  antique,  et,  s'il  ne  faut  pas  s'y  fier  les  yeux 

m: 


144  REVUE    DE    l'orient    CHRÉTIEN. 

fermés,  elle  suggère  une  recherche  dans  un  sens,  et  peut-être  nous  met 
sur  la  voie  de  reconnaître  le  véritable  auteur. 

On  n'en  peut  dire  autant  du  témoignage  auquel  seul  Corderius  s'est  fié 
pour  accorder  le  Commentaire  à  Théodore  d'Héraclée.  Le  Codex  Barbe- 
rini  en  fait  ne  porte  pas  le  nom  de  Théodore  écrit  d'une  ancienne  main, 
mais  seulement  dans  la  déclaration  suivante  du  donateur,  ajoutée  et, 
écrite  au  xvii''  s.,  ou  au  temps  de  Corderius,  lequel,  je  ne  sais  comment 
l'accepta  en  toute  tranquillité. 

L'attribution  de  ce  Commentaire  à  Pierre  de  Laodicée  (milieu 
du  vii'"  s.)  est  d'autant  plus  vraisemblable  qu'il  est  l'auteur 
d'un  Commentaire  analogue  sur  les  Évangiles.  (Voir  B.\rden- 
HEWER,  Patrologie,  1910,  pp.  492,  493  où  on  trouvera  les  réfé- 
rences bibliographiques.) 

B.  —  Portions  du  Commentaire  de  Diodore  conte- 
nues dans  ce  manuscrit.  —  Ce  manuscrit  Vatic.  412  =  le 
Barberini  525.  Il  contient  donc  comme  lui,  et  dans  les  mêmes 
conditions,  du  Diodore  in  Psahnns.  Mais  il  ne  reproduit  la 
chaîne  de  Pierre  de  Laodicée  que  pour  les  Psaumes  1-76. 

C.  —  Importance  de  ce  manuscrit.  —  Capital,  par  son 
épigraphe,  pour  l'attribution  de  la  chaîne,  ce  manuscrit,  pour 
l'édition  du  Commentaire  de  Diodore,  est  évidemment  secon- 
daire, à  cause  du  Barberini  (n"  69)  identique,  et  lui,  complet. 

Cependant,  même  pour  l'établissement  du  te.xte  de  Diodore, 
il  sera  utile  de  le  coUationner. 

7d.  —  P..vRisi.\i  BiBL.  Nat.  Suppl.  gr.  689  (fol.  4  et  5)  -}-  474. 

A.  —  Description.  —  Le  Parisinus  Suppl.  gr.  689  est  un 
volume  (22,5  x  16  cm.)  de  122  feuillets,  comprenant  des 
fragments  de  toutes  sortes  que  l'on  y  a  réunis  sous  le  titre 
de  Excerpta  Theologica. 

Les  folios  4-5  sont  notés  dans  V Inventaire  sommaire  de 
M.  H.  OiMONT,  comme  contenant  : 

Fragmentum  commentarii  in  Psalmos,  S.  XII.  Parch. 

Le  Parisinus  Suppl.  474  est  noté  dans  le  même  Inventaire  : 

474.  Anonymi  fragmentum  onarrationis  in  Psalmos. 
X  s.  Parch.  8  fol.  P[etit  format]. 

Dès  longtemps,  comme  on  le  voit  aux  notes  manuscrites  qui 

[82] 


lOXIMENTAIHK    IH;    DIOIidHK    HE    TAR8F.    SUK    LES    PSAUMES.     1  lô 

renvoient  de  l'un  à  l'autre  ces  deux  numéros,  M.   H.  Omont 
avail  reconnu  que  ces  lo  folios  faisaient  autrefois  partie  d'un 
ménit'  codex. 
Je  le  décrirais  soniniaironient  ainsi  : 

Manuscrit  du  x«  siècle  :  cette  date  nie  parait  plus  probable  que  relie 
du  Mi«  :  l'écriture  a  un  aspect  très  ancien.  (;"est  une  minuscule  très 
menue,  remplie  de  signes  d'abréviations,  mais  belle,  régulière,  limpide 
et  d'un  ductus  très  élégant. 

Mesures  d'un  feuillet  :  23,2  X  16,5  cm. 

Cadre  écrit  :  17  X  12,  donc  marges  très  minces. 

30  lignes  à  la  page;  les  lignes  écrites  suivent  très  exactement  les  raies 
de  la  réglure  (à  la  pointe  mousse);  écriture  sous  la  rectrice. 

11  n'est  fait  usage  d'aucune  encre  de  couleur. 

Le  texte  sacré  est  rappelé,  plutôt  que  cité,  de  temps  en  temps,  dans 
les  marges,  en  semi-onciales.  Ces  citations  sont,  elles  aussi,  pleines 
d'abréviations. 

Entre  chaque  psaume  barres  enjolivées,  ou  quelques  enjolivures  très 
simples. 

Quelques  lettres  enjolivées  en  tète  des  paragraphes. 

Aucune  scholie  marginale. 

Les  8  folios  du  Parisinus  Suppl.  gr.  474  sont  un  quaternion  :  le  quater- 
nion  C  du  Codex  ancien  :  la  signature  se  voit  encore  parfaitement  dans 
le  haut  du  fol.  1  r.,  au  coin,  à  droite. 

Aucune  trace  de  signature  sur  les  deux  folios  du  Paris,  suppl.  gr.  689. 

Les  2  folios  du  Paris,  suppl.  gr.  G89  (folios  4  et5)  ont  dû 
étro  rapportés  d'un  voyage  par  M.  .M-  Mynas. 

En  effet,  le  Paris,  suppl.  gr.  685  contient  du  fol.  l.jr.  à  la 
fin  du  fol.  24  r.  un  manuscrit  de  la  main  de  M.  M.  Mynas. 

Les  folios  15  r.-'21  r.  ne  sont  que  la  copie  des  folios  4  et  5 
du  Paris.  Suppl.  gr.  ()S9. 

Les  folios  -,'1  V.-24  r.  contiennent,  à  ce  qu'il  m'a  p;iru, 
un  brouillon  d'étude  (ou  d'article)  de  M.  M.  Mynas  cherchant  à 
éclairer  le  contenu  du  fragment  copié,  par  des  rapprochements. 
îl  y  fait  allusion  à  ses  voyages  ilans  les  Bibliothèques  d'Orient. 

Dès  1910  j'avais  reconnu  que  les  lu  folios  étaient  des  frag- 
ments d'un  codex  contenant  le  Commentaire  pseudépigraplii; 
de  Théodore  d'Héraclée  édité  par  Cordier,  dans  son  Expoaitio. 

En  191-2,  .M.  Jos.  Deconinck  eut  lamaliilité  de  me  communi- 
quer quelques  photographies  du  Vatic.  gr.  412  sur  lesquelles 
j'ai  fait  les  collations  suivantes  : 

183J 

OHIF.NT    CMIRKTIIN'.  10 


146  REVIT.    DK    l'orient    CHRIÎTIEN. 

J'ai  coUationné  seulement  le  fol.  4  recto  du  Paris.  Suppl.  gr.  689  sur 
le  Vaticanus  412.  Les  deux  textes  coïncident  mot  pour  mot  sauf  un  petit 
nombre  de  variantes  qui  m'ont  paru  la  plupart  insiirnitiantes. 

Les  deux  manuscrits  (Paris.  Suppl.  gr.  689,  fol.  4  et  5,  et  Vatic.  412} 
sont  écrits  tous  les  deux  d'une  façon  très  régulière  :  le  Paris.  Suppl. 
gr.  689  a  30  lignes  par  page,  celui  du  \'atican  31. 

Pour  4  pages  j'ai  trouvé  que  à  30  lignes  du  ms.  de  Paris  correspondaient 
respectivement  53,  51,  51,  48  lignes  dans  le  ms.  du  Vatican.  Donc,  en 
moyenne  :  à  30  lignes  du  ms.  de  Paris  correspondent  50  lignes  du  ms.  du 
^'atican.  Cette  divergence  vient  de  ce  que  le  ms.  de  Paris  emploie  perpé- 
tuellement les  abréviations  et  ne  transcrit  pas  dans  le  corps  de  la  page  le 
texte  de  l'Ecriture,  qu'il  se  contente  d'indiquer  très  brièvement  en  marge. 
En  calculant  d'après  cette  proportion,  j'ai  constaté  que  le  manuscrit  de 
Paris  (689  +  474)  était  aussi  complet,  pour  les  parties  qu'il  reproduit, 
que  celui  du  Vatican,  qu'il  n'avait  pas  par  exemple  de  lacunes  comme 
en  a  le  même  texte  dans  le  Commentarius  de  Cordier  |=  Vindol).  17  (11), 
voir  plus  bas  n"  72). 

Dès  lors,  je  n'ai  pas  continué  la  comparaison  mot  par  mot.  Je  suis  à  peu 
près  .siir  que  cette  comparaison  ne  ferait  que  contîrmer  l'évaluation  par 
les  chiffres. 

Paris.  Suppl.  gr.  689  (fol.  4  et  5)  et  474  ne  sont  que  des  fragments  d'un 
autre  exemplaire  de  la  chaîne  reproduite  pour  les  ■!/  1-76,  par  le  \'atic. 
gr.  412. 

Je  donne  ci-après  la  liste  des  correspondances  : 

Paris.  Suppl.  gr.  689.   fol.  4  (recto  et  verso)  :  <]'  12,  fin  de  l'explica- 
tion des  versets  qui  précèdent  le  verset  4  :  w;  yip  6  Sebç  Iv  tîj  orjTYipîa 
Ti^Siv  j'ioùTat  oÛTto;  f>  Sti6oloç  v/  tïj  iKtoX^iT.  É;taip£T«i,  jusqu'à  <!f  13  explica- 
tion du  V.  4  et  suiv.  :  StaTÎ-,  ïva  yvwaiv  on  xûptoç  èv  -^cuitt  | 
=  Vatic.  gr.  412,  fol.  2s  r.  lig.  27  —  fol.  30  r.  lig.  7. 
Paris.  Suppl.  gr.  689.  fol.  5  (recto  et  verso)  :  ■!/  16,  fin  de  l'explica- 
tion des  versets  qui  précèdent  le  v.  9  :  èzeîôev  pXdSriç  ànaÀXaTToûîoeç  -o 
ir.-.v/.o'/  jusqu'à  commencement  de  l'explication  du  v.  14  e*    v.  f  Se  twv 
àv6pw-wv  îceptsp-|-;a  ta  xezpu|j.(Aév»  ÈÇ£!p<TivEv>   (ces  dernières  lettres  sont 
cachées  par  l'onglet  sur  lequel  a  été  collé  ce  feuillet)  : 
=  Vatic.  gr.  412,  fol.  36  v.,  lig.  9-fol.  38  r.,  lig.  15. 
Paris.  Suppl.  gr.  474,  fol.  1  r.  :  >{/  28,  fin  de  l'explication  des  versets 
précédant  le  v.  4  :  Siy.a'!cuv  tiovcov  tS   ôi  iJvopiaTt    aùtou    jtepiâ;iro|ji£v   SdÇav... 
—  fol.  8  V.  ;    [j.axpoOujjLeï   ixi  toï";   [lExpioiç  ÛTOpYisiotvot?   zoii  Se   juepiasôJ;   toûto 
t-.owu-ji  i]/  30,  explication  du  v.  22  et  sv.  : 
=  Vatic.  gr.  412,  fol.  76  r.,  lig.  13  —  fol.  88  r.  lig.  2. 

B.  —  Portions  du  Commentaire  de  Diodore  con- 
tenues dans  ce  manuscrit.  —  Ces  10  folios  de.s  Paris. 
Suppl.  gr.  689  et  474  contiennent  évidemment  quelques  por- 
tions du  Commentaire  de  Diodore,  mais  aucune  qui  ne  soit 

[841 


(-O.M.MKNTAIRE    DE    DIOOORE    LE    TARSE    SLR    LES    PSAUMES.     1  J7 

léjà  dans  lo  Valir.  ^-r.  lie  ,n  70i  et  le  Barberini  5-25  n°  69  . 
C.  —  Importance  de  ce  manuscrit.  —  Kn  raison  de 
son  étroite  dépendance  avec  le  Vatic.  11-2  n'  70),  co  manus- 
'Tit  n'aura  pn-hablement  pour  le.iition  du  Commentaire  de 
l>iodMre  aucune  utilité.  11  ne  sera  pas  très  Ion-  cependant  de  le 
'  -llationner  sur  le  \atic.  11-2  ou  plutùt  .<ur  le  Barber.  025. 

72.  _  \iND0RONENsis  17  (Xes.seli  1 1  (Lambeck). 

A.  -  Description.  —  La  notice  que  le  Cataloirue  de  Lam- 
beck (Pétri  Lamuecii  Hambui-geusis  Cot,tme,itanorum  de 
Aïo/mtissima  Bibliotlieca  Caesarea  Vindobonemi.  —  Liber 
tertius  -  Editi..  ,dtera  ^Xn<\\o  et  opéra  Adami  FR.xNcisri  Koi.- 
LARii  -  \  indubnnae  CDDCCLXXVI  [1 77G]  )  donne  sur  ce  manu- 
scrit, contient  une  foule  de  renseignements.  Bi.-n  qu'elle  soit 
un  peu  longue,  nous  la  reproduisons  ici  à  titre  de  document. 

XI 

Undecimus  (6)  Codex  manuscriptus  Theoloyicu..  Groecm  est 
charlaceus  pervetustus  et  optimae  notas  in  folio,  sed  valde  rui- 
nosus  et  tam  in  principio.  quam  in  fine  mutilas:  constatque 
nunc  ducenlis  qnadra.jiuU,  irihus  foliis,  et  ab  Augerio  BuMio 
ut  ipse  sohta  propriae  manu.s  inscriptione  testatur.  olim  fuit 
comparatus  ConsU.ntinopoIi.  Continetur  eo  Commenlarim  amplis- 
_  simus  non  solum  in  totum  Psalierium.  verum  etiam  in  ,7)  Can- 
'■nl.o/  '.raduoJ/oym.quae  estant  E.xodi  cap.  |  15etDeuteronomii  cap.:j-.' 
Item  in  Canlicum  llannae  matris  Samuelis  Lib.  I.  Re-  cap  2  iii 
Canucum  Hahacuc  Prophetae  cap.  3.  in  Canticum  Esaiae  Propketae 
cap.  2..  vers.  0.  Kx  .«.o;  ipep.:^.  .b  ^.^^i  ^,,  etc.  in  Canticum 
Jonae  Prophetae  c^p.  2.  'E^oV,,,  ^.  s).:-;..  (.o.  etc.  in  Canticum 
tnwn  puerorum  Prophetiae  Danielis  cap.  3.  in  Canlicum  Beatis- 
simae  Dex  Genilricis  Mariar  Evangelii  S.  Lucae  cap.  ,.  et  in  Can- 
ttcum  Zachariae.  patris  S.  Joannis  Baptistae,  quod  extat  eodem 

Notes  de  la  colonne  50. 
siMl''quintu;!'"  ''"'"'"  """'""  ■"■'""  ^■''^°">^--  f''-»-'--  ducentesimus  octoge- 
i^jCo'nmenfar.um  hune  Theodori  Episcopi  Heracleensis    in  Canlica  Sacra 

i«  hoc  Cod,ce  MSlo,  sed  permtscuit  eum  «vov^coç  retiguorum  Pairum  Grae- 
coram  Catenae  ,n  eodem  Cantica.  Vide  To.num  terliun,  E.po.iiônUPalrZ 
>,raecorum  ,n  PscUmos,  a  ja.n  ,ne,r.>rato  R.  P.  Corderio  eLl    Z  ^el 

m: 


148  REVUE    DE    l'orient    CHRÉTIEN. 

capite.  Prooemii  atitein  loco  praefixa  est  huic  Commentario  (1) 
Epislola  S.  Alhanasii  Archiepiscopi  Alexundrini  ad  MarceUinum 
col.  58  de  in  \  terpreUitione  Psalmorum,  cujus  principium  :  "K-^n^xal  i3i  ttjç 
Iv  Xpiaifo  ;:poaip£a£u>;  etc.  sed  deest  ibi  prior  ejus  pars  usque  ad  haec 
verba  :  ...  a^ç  wotjv  yp^Ç^'»  "»'  ^  'Hsaïà;  àoet,  etc.  Finita  hac  5.  Atha- 
nasii  Epislola  sequitur  ibidem,  et  quidem  folio  sexto,  alterius 
cujusdam  (2)    anomjmi   Autoris    Praefatio    in    Psalterium,  cujus 

initium  :  Ilâaa  [aÈv  ypa^r,  OecItiveustoç   za\  oj^ÉXt[iOç  Sia  toOto   Q'j-^-^^ix-^iXaa. 

r.afx  Tou  ;tvEJ|jLaToç  ïv'  iozr.tf  etc.  (A).  Huic  porro  subjunguntur  Eusebii 
Pamphili  Episcopi  Caesareensis  Praefatiunculae  duae,  quarum 
prima  inscribitur,  EùaEÊiùu  'Emaxonou  Kaiaapsîaç  nepl  Toû  Ataij/oiXpia-cOî. 
col.  59  altéra  autem,  'VroOEoiç  |  EùoEÔiou  toû  IlapiçiXou  eÎ;  ttiv  àvazEtpaXaiwatv 
Tûv  ^aXijiwv.  (.\).  Hinc  tandem  folio  septimo  incipit  ipse  Commenta- 

Notes  des  colonnes  57-58. 

(1)  Vid.  Operum  S.  Athanasii  edilionem  fjraeco-lahnam  Parisieiuem  An.  I(J27. 
in  fol,  Tom.  I.  pag.  959. 

(2)  In  codice  MSto  inler   Theulogos  Graecos  decimo  quarto  allribidtw  Mud 
Prooemium  S.  Basilio  Magno. 

[col.  58]  (A)  [Note  de  Kollar],  Plurima  psallerii  Davidici,  ob  perpetuum  fins  in 
Ecclcsia  praescrliiH  Oraeca  u.<ium,  calamo  cxarala  e.rcmplaria  supcrsunt, 
qu'ibusplerumquc prooemia  el  programniala  saiie  clcgantia  pracfiyutitur. 
De  hisce  proloquiis,  quae  nos  in  codicibus  nostris  obscrvaverimus,  ea 
haec  f'ere  sunt  :  Divi  Athanasii  epislola,  ad  MarceUinum  de  interpre- 
latione  psalmorum  scripta,  utpole  Synodo  \icenae  secundae  probata, 
plerumquc  psalmis  praemMUur;  al  rarissime  occurrit  inlegra,  saepius 
vero  mutiia,  est  eliani  quando  ila  inlerpolala,  ut  vix  quidquam  .Alha- 
nasii retineat  :  sed  nempe  pcrinde  alque  Commentarii  in  Psalmos,  ila 
eliam  eorumdcm  prologi  ex  variis  SS.  Palruiit  scnlentiis  consarcina- 
banlur.  In  hocce,  de  qito  agilnr,  codice  principium  programmalis  facil 
epislola  Alhanasii,  modo  laudata,  sed,  ob  delapsum  deperdiluinque 
l'olium  unum,  initia  mutila.  .Allerum  proloquium  sequitur  hoc  inilio  : 
ndax  [J.ÉV  Yfotçii  (ledTtvEuoTot,  x.  T.  X.  Omnis  Scriplura  divinitus  inspirala 
etc.  a  quihus  verhis  pleruque  nunc  psalmorum  prooemia  incipiunl,  ulpole 
non  a  Divo  Alhanusio  soluin,  cum  rem  ipsam  scribere  ad  MarceUinum 
insliluil,  sed  a  Divo  quoque  Basilio  in  prooemio  suo  ad  psalterium  usur- 
palis  :  ad  quae  animum  )ion  adverlens  Lambecius  adnotaverat  hic  in 
niargine,  praesens  prooemium  in  codice  XIV.  S.  Basilio  Iribui,  quod 
nos,  collât ione  inslitula  falsum  esse  comperimus.  At  vero  tamelsi  hoc 
mihi  quidem  certo  constet,  haereo  lamen  cui  illud  Iribuaml  ne  nihil 
dicam,  cenlonem  ex  paragraphis  excerplisque  consulum  esse,  arbitrer, 
cujus  arlificem  nonnovi  :  nam  Corderius  quoque  Tom.  I.pag.  XLVIIJ, 
in  exposilione  Patrum  Graecorum  in  Psalmos  idem  hocce  prooemium,  et 
ex  hoc  ipso  codice,  quod  Lambecium  ilidem  latuit,  àSéoTtOTOv  edidit. 

[col.  59]  (A)  Bina  haec  Eusebiana  excerpta  Corderius  quoque,  el  ex  hoc  ipso 
codice  vulgavit  loco  el  opère  in  superiori  adnolaliuncula  indicalo; 
ulrumque  vero  diligentius  pleniusque  editum  legilur  in  Prolegomenis 
Tomi  JV.  veteris  Testamenti  ex  versione  tmv  o'  Interprelum,  quam  ex 
codice  Alcxandrino  diligenlcr  edidil  Joh.  Erncslus  Grabc ;  item  in  opère 


¥ 


COMMENTAIRK    l)K    DIoDORK    DE    TARSE    SUR    LES    PSAUMES.     14f) 

rius  in  Psalmos  hoc  modo  :  Bl  B\01  MAAMU'N  K  VAIIAOV  lA    MAKA' 
PlOr    ANHP.  O'v  OM-K  'EnOPEV  «H  etc.  Max,p.;rr,To;  .xcv  ,:,;..  5..vxc;' 
o?£TOii£9î,  Quan.vis  autem  in  hoc  Codice  Caesareo  jjropter  defectum 
principii  non  extot  nomen  Auloris.  a  .(uo  Cnmmeuiarim  ille  compo- 
situs  est.  heneticio  tamen  aliorum  Codicum  Mstoruni  liibliothecae 
\al,canaeet  Barberinianae  animadvertit  R.  P.  d)  Balihasar  Cor- 
derius.  Autoreni  eius  esse  T/,eod„rum  Ilemrteae  in  Thracia  Episco- 
•col.  mpum  (in.  cujus  5.  Ilieronymu,  in  Libro  de  Scriptorihus  Ec|clesia- 
sticis   cap.   '.tO.  menainit  his  verbis  :  THEODORVS  HER.\CLEAE 
Thrariarum  Episcopttji.  eleganlis  ii/ierlique  sermonis,  et  magis  his- 
toncai-  intell i;,n,liae,  edidit  mb  CONSTAXTIO  Principe  Commen- 
lanosm  Matthaeum.   et   in  Jnannem.  et   in  Aposlolum,  et   Psalle- 
rium.  Ilaec  .'?.  Hieronymiis.  L'bi  obiter  notandum  est,  in  Bibliotheca 
Ecclesiastica   Auberli  Miraei  et  in  R.  P.  Antonii  Possevini  Appa- 
ratu  Sacro   pro   suh  CO.NSTA.NTIU    Principe   perperam   lep   sub 
CO.NSTA.NTI.NO  Principe.  Si  quis  enim  ipsum  5.  /fieronymisupn 
citalum  Libruni  inspexcrit,  primo  deprehendet  intuitu,  Theodorum 
•col.  t,l  Episcopum    Heracleemem  ab    eo  non  recenser!  inter  Scriptores  | 
Ecclesiasticos.  qui  rlaruenint  snh  Imp.    Constantino    Waf/nn    sed 
Eir^ebio  Pamphili  et  S.  ^//.««««,o  Archiepiscopo  Alexandrino  post- 
Note  de  la  colonne  59. 
I     l'ide  supra  pag.  [=  col.]  .'i?. 

.<?.   Athanasii,    de  Jnlerprelatione,   sive   de    Titulis   Psolmonim,  a   Cl 
.\icolao   Anionello  an.    17W.   Romae   lypis  data  :  nam  ulrobique  cum 
epistola  Athanasii    ad  MarcHlinum.  tu»,    haer.ce  Eusebiana   excerpta 
quae  lUt  subjiciunlur,  pleniux,  ut  dixi,  legunlur.  ' 

(B)  /fane  Cordera  observationem  Fabriciu,  quoque  tanqimm  singularem 
refertBM.othecaeliraecae  Vol.  VIII.p.  4IJ.  Oamierius  vero,  .Monachut 
Ben.-d,ctinus  Omgrrgalionis  Sancii  .\raun  in  Divi  Basilii  Operum 
edil,one  Parisina  «„,.,  i72l.  T.  I.  pag.  8'J.  erudite  adnolat  :  Ugenti 
mihi.  im/uit,  ,d  uput  quod  edendum  curavit  vir  docllisimus  Balthasar 
Corderxus,  occurril  difficullas  haud  exigna:  nam  maximam  partent 
eorum,  quae  m  Commenlariis  Theodori  fferacleotae  legebam,  comperi 
mhU  aliud  esse,  nisi  ipsam  BasUii  in  Psalnws  explanalionem,  idque 
ad  verbum  :  verebar  una  ex  parte,  Comm^nlarium  iltum  Theodoro 
nd,n^re,  nh  veterun,  lihrorum  nuetorilalem,  ad  quorum  (idem  hoc  ei 
■pus  tributum  est  .-ex  altéra.  Oratonim  optimum  Ba.iilium  furti  dede- 
core  alque  infamia  adspergere  non  poteram  :  sed  non  diu  dubius  f,U  et 
incerlus;  nam  slalim  agnoii.  CommnUarium  eum,  qui  mmine  Theodori 
crcumf.-rtur,  Theodori  unius  opus  mm  esse,  sed  multorum  :  Origenis 
Eusebu,  Basilii  ipsius,  Didymi.  Innnnis  Chrysostomi,  Theodoreli  elc' 
uno  verbo.  constabU  ex  praefatione,  Commentarium,  haclenus  Theodoro 
Heracleotae  allributum,  in  Calenarum  numéro  repmimerilo  posse  Haec 
Ule;  qua  eius  opinione  ad  manuscriptum  codicem  explorata,  wra  dicere 
comperi.  ac  simul  una  laetus  vidi,  conjectifram  meam  de  .S'  Basilii 
praefatione  in  Psalmos  ab  erudil.ssimi  viri  sententia  haudquaquam. 
dissenlire.  ^ 

[87] 


150  REVUE    DE    l'orient    CHRÉTIEN. 

positum,  iis  annumerari  Scriptoribus,  qui  floruerunt  Sub  Imp. 
Conslantini  Mar/ni  filiis,  et  quidem  praecipiie  sub  Conslanlio,  qui 
omnium  ultimus  An.  C.  361.  obiit.  Minus  recte  igitur  idem 
Theodorus  etiam  in  R.  P.  PhUippi  LabbaeiWa\\o\hec&  C\\Toxio\o- 
gica  Scriptorum  Ecclesiasticorum  collocatur  anle  Imp.  Constan- 
tinum  Magnum,  tanquam  ad  annum  Christi  336.  pertinen.s.  Cor- 
rigendi  quoque  sunt  Joannes  Thrilhemius  et  Si.rtus  Sfnensis, 
quorum  alter  in  Libro  de  Scriptoribu.s  Ecclesiasticis,  alter  autem 
Libro  quarto  Bibliothecae  Sanctae  eundem  Tlicodorum  refert 
claruisse  temporibus  CONSTAMIXI  secundi.  Utrobique  enim 
legendum  est  temporibus  CONSTANTII  secundi,  utpote  cum  Cons- 
tanliiis  Imp.  Constantini  Magni  filius  respectu  avi  sui  Constantii 
Chlori  inter  Imperatores  Romanos  secu)idus  ,sit  eius  nominis. 
Ceterum  quod  R.  P.  Balthasar  Corderitis  praestantissimo  illo 
Codice  MSto,  de  quo  in  praesens  agitur,  ad  contexendam  (1) 
coi.  62  Patrum  Graecorum  Expositionem  in  Psalmos  non  |  tantum  Vindo- 
bonae  usus  sit.  verum  etiam  aliquam  eius  partem  clementi.ssimo 
Gloriosissimi  Imp.  Ferdinandi  II.  permissu  secum  abstulerit 
Antverpiam,  te.statur  V.  CL.  Sebastianus  Ten,Lcnagelius  in  13ne 
paginae  secundae  folii  eentesimi  vigesimi  quarti  hac  propriae 
manus  subscriptione  :  Reliqua  folia,  quae  hinc  dempta  sunt,  R.  P. 
Corderius  Soc.  Jesu  ex  mandata  S.  Caesareae  Majestatis  Antverpiam 
secum  tulit;  quae  restitue!,  ubi  descripserit;  d.  26.  Martii  An.  1632. 

Note  des  colonnes  61-62. 
(I)  Vide  supra  pag.  53. 

B.  —  Portions  du  Commentaire  de  Diodore  con» 
tenues  dans  ce  manuscrit.  —  C'est  d'après  l'édition  que 
B.  Cordier  a  donnée  de  ce  manuscrit  dans  son  Expositio  in 
Psalmos  que  j'ai  pu  comparer  un  peu  au  long  cette  chaîne 
en  colonne  simple  avec  le  Commentaire  médian  du  Coislin. 
gr.  275  {—  Diodore). 

De  cette  comparaison,  que  j'ai  faite  minutieusement  pour  les- 
18  premiers  psaumes,  il  appert  que  cette  chaîne  contient,  à 
l'état  brisé  et  fragmentaire,  des  portions  énormes  du  Commen- 
taire de  Diodore  in  Psalmos.  Bien  que  le  texte  y  soit  le  plus 
souvent  remanié  et  arrangé,  çà  et  là  pourtant  la  cliaîne  a  gardé 
la  bonne  leçon  de  Diodore  :  par  exemple  au  'b  18**  où  elle  donne 
une  phrase  sautée  accidentellement  par  le  Coislin.  275. 

Mais  cette  comparaison  sera  à  reprendre  et  à  poursuivre  sur 
le  Barberini  525  (n°  69). 

C.  —  Importance  de  ce  manuscrit.  —  Du  fait  que  le  Bar* 


COMMKNTAIHE    DE    UIODORE    DK    TARSE    SUR    LES    PSALMES.     loi 

berini  525  (n»  69i  leproduit  de  cette  chaine  une  tradilictn  plus 
pleine  que  co  Vindoli.  17  (il),  l'importance  de  ce  dernier  est 
singuliiTemenl  amoindrii'. 

L'édition  et  la  traduction  latine  que  Cordier  a  données  de  ce 
Vindoli.  17  (11)  rendront  cependant  de  grands  services  aux 
éditeurs  qui  auront  à  exploiter  la  chaine  de  Pierre  de  Laodicée. 

73.  —  Athols  Lairae  Maonae  Sancti  Atiianasii  h  70 
sertion  1  (voir  n'"  64,  67,  81). 

A.  Description.  —  \'nir  n"  64,  A 

B.  Portion  du  Commentaire  de  Diodore  que  nous 
rend  ce  manuscrit.  —  Cette  section  1  du  manuscrit  Laura 
B  70,  comme  je  l'ai  dit  plus  haut  n  64,  A  Tableau,  note  2  à 
Section  1,  p.  5 h,  parait  être  un  fragment  d'un  exemplaire  de 
la  chaine  de  Pierre  de  Laodicée.  Les  quelques  fragments  de 
Diodore  qui  s'y  trouvent  fondus  auront  déjà  été  relevés  dans 
l'analyse  qu'on  devra  faire  du  BarliiTJiii  Tr27i  In"  69  . 

C.  Importance  de  ce  manuscrit.  —  L  importance  de 
ce  manuscrit  (Section  1)  apparaît  donc  très  mince  pour  l'édi- 
tion du  Commentaire  de  Diodore.  Mais  il  conserve  quelque 
intérêt  pour  l'histoire  de  la  chaine  de  Pierre  de  Laodicée. 

Remarque  a  a  (voir  p.  78). 

Signalons  ici.  mais  en  passant  seulement,  la  chaîne  de 
Nicétas  d'Héraclée  (Karo  et  Lietz.mann.  Caluloijas,  p.  32). 
J'y  ai  jeté  quelques  coups  d'œil  dans  le  manuscrit  de  Paris 
Coislin.  gr.  190  {Catalogus,  p.  34),  et  il  ne  me  semble  pas 
impossible  que  Nicétas  ait  utilisé,  dans  ime  certaine  mesure, 
la  chaîne  de  Pierre  de  Laodicée  :  j'ai  reconnu  jusque  dans 
Nicétas  du  Diodore  dilué.  Si  l'éditeur  de  Diodure  n'a  plus  guère 
ici  il  recueillir,  l'historien  constate  dans  cette  chaîne  du 
xi'  .siècle  une  survivance  latente  fort  .urieuse  et  fort  prolongée 
d'un  Cummentaire  perdu  dans  la  tradilion  directe  et  signée. 

b)    E.\E.MPLES,    DÉTACHÉS.    D'aUTRES    CHAÎNtS. 

Je  signalerai  enhn  en  terminant  quelques  autres  manuscrits 
qui  nous  ont  conservé  à  l'état  anonyme,  fragmentaire,  rema- 

i89] 


152  REVUE    DE    l'orient    CHRÉTIEN. 

nié,  des  portions  ou  des  traces  du  Commentaire  de  Diodore 
in  Psalmos. 

Le  plus  important  est  un  manuscrit  du  Caire  (ci-après n"  75). 
Les  morceaux  de  Diodore  que  l'on  y  reconnaît  sont  souvent 
étendus  et  la  tradition,  quoique  remaniée,  y  paraît  assez  intéres- 
sante. 

a)  MANUSCRITS  DU  CAIRE. 

Le  seul  qui  nous  intéresse  ici,  pour  le  moment,  est  le  n°  61 
(251  du  Catalogue  d'Ouspenski-Benechevitch  : 

Opisanie  gretcheskikh  roukopisei  monastytia  Sviatoï 
Ekateriny  na  Sinaè.  Tom  I  :  Zamêtchatel'nyia  roukopisi  v 
bibliotekê  Sinaïskago  Monastyria  i  Sinaedjouvaniiskago 
Podvor'ia  (v  Kairè),  opisannyia  Arkhimandritom  Porphiriem 
(Ouspenskim).  Izdanie  Imperatorskoï  Akademii  Naouk,  ispol- 
nennoe  na  zavêclitchannyia  eï  ep.  Porphiriem  sredstva,  pod 
redaktsieï  i  s  dopolneniiami  V.  N.  Benechevitcha.  —  Saint- 
Pétersbourg,  1911. 

C'est-à-dire  : 

Catalogus  Codicum  manuscriptorum  Graecorum  qui  in 
monasterio  Sanctae  Catharinae  in  monte  Sina  asservantur. 
Tomus  I  :  Codices  manuscripti  notabiliores  bibliothecae 
monasterii  Sinaitici  ejusque  metochii  Caliirensis,  ab  archi- 
mandrita  Porphvrio  (Uspenskio)  descripti.  Auctoritate  Aca- 
demiae  Scientiarum  Iniperialis  Petropolitanae  sumptibus 
legati  Porphyriani,  Porphyrii  descriptionem  in  ordinem 
redactam  atque  suppletam  edidit  V.  Benechevitch.  Petro- 
poli,  1911. 

Ce  catalogue  a  été  recensé,  entre  autres,  par  le  R.  P.  Abel, 
0.  P.,  dans  la  Revue  Biblique  du  2  avril  1912,  pp.  294-296. 

Malheureusement,  les  auteurs  du  Catalogue  ont  impliqué 
le  n"  61  (25),  qui  nous  intéresse,  dans  le  n"  60  (24)  qui  n'a 
aucun  intérêt  pour  nous.  Il  importe  de  débrouiller  ce  cas. 

74.  — Cahirensis  Bibliothec.\e  metochii  Monasterii  Sanctae 
Catharinae  in  mo.nte  Si.na  60(numéro  actuel  de  la  Biblioth.  :  24). 

A.  —Description.  Catalogue  Ouspenski-Benechevitch,  p.  30. 

«   'Ep|Ar)VE!a  iaXTrioÎQu  [ce  titre  ne  se  trouve  ni  .sur  la  demi-reliure,  ni 

[90] 


roMMKNTAIlii:    DE    DIODORK    l^V.    TAIISK    SUR    LES    l'SAUME?^.     1-").1 

nulle  p;irf,  mais  il  y  a  M'iXTiipiov  ;i£Tk  t/oX-mv].  F'sautier  avec  commentaire 
sur  pan-hemin  (folios  1641  [folios  H>5  .4^  in-quarto  [295  x  225;  (cadre 
écrit I  220  X  1^1]  écrit  au  xiii"  s.  [plutôt  m'-xii"  s.]  [x-xi  s.  A]  eu  écriture 
fine,  penchée,  [sur  36  lignes].  Ce  manuscrit  n'a  plus  actuellement  ni  com- 
mencemtMit  ni  fin.  Le  premier  cahier  i-ommence  avec  le  commentaire  du 
<!f  40  [à  partir  des  mots  :  xat  tov  xafl'  tauTov  SiriYO-Jacvo;  •  6  i|i.vo;  to3  Osoû  6 
a'fïDV  xr,v  i(i.«fT;ïv  toj  xoiaou...],  et  le  dernier  se  termine  avec  l'explication 
du  'i.  144.  Le  texte  (sacré)  est  distingué  du  ('oinmentaire  par  une  étoile  ^j/^ 
rouge.  Ce  manuscrit  a  été  comparé  par  moi  avec  Tautre  n"  25J  qui  lui 
ressemble  et  qui  est  conservé  dans  la  même  bibliothèque,  mais  comparé 
seulement  à  partir  du  "l»  66.  Voici  leur  comparaison,  plus  bas,  sur  deux 
colonnes.  » 

A  =  .\rchimandrite  Antouin  :  Catalogue  des  mss.  du  Sinaï  (en  russe) 
voir  :  Catalogue  Ouspenski-Benechevitch,  p.  xviii. 

Entre  (  ]  additions  de  Benechevitch  à  la  rédaction  d'Ouspenski. 

B.  —  Portions  du  Commentaire  de  Diodore  contenues 
dans  ce  manuscrit.  —  Les  extraits  liié.s  de  ce  manuscrit 
et  transcrits  par  Uiispenski  :  sur  ■}  4-2-(Jô  (pp.  31-37  du  cata- 
logue^ et  sur  les  'i  66-1 13  (p.  38-76,  dans  la  première  colonne 
de  (iiaque  page)  sont  tous  du  Théodoret  inPsalmos! 

On  se  demande  comment  Ouspenski.  puis  Beneclievitch  ne 
s'en  sont  pas  aperçu  et  ont  ainsi,  l'un  cnpié,  l'autre  réimprimé 
un  commentaire  depuis  longtemps  édité!  On  s'étonne  encore 
plus  que  le  R.  1*.  .Viiel,  Ri'vue  liih/ i(/ iic,  sivrW  191-2.  pp.  295  et 
suiv.,  se  soit  tant  étendu  sur  ce  manuscrit,  comme  devant  un 
inédit,  et  n'ait  pas  reconnu,  lui  non  plus,  que  son  contenu  n'était 
que  du  pur  Théodoiet. 

C.  -  Importance  de  ce  manuscrit.  —  Ce  manuscrit  n'a 
donc  pour  nnus  aucun  intérêt. 

Il  en  va  autrement  du  suivant. 

75.  — Cahirensis  Bibliothecae  Metochii  Mo.vasterii  Sanctae 
Catharinae  i.\  monte Sixa  61  (numéro  actuel  delaBiiilintli  :  25). 

A.  —  Description.  Catalogue  Oospenski-Benechbvitch  ,  p.  38. 

«  .ManusiTit  conservé  dans  la  même  Bibliothèque  du  Metochium.  Mais 
.ce  Psautier  a  été  écrit  au  xiii"  s.  [indubitablement  au  xi"]  [xii' s.  (Jiard- 
thausen.  Calaloi/us...  voir  Catal.  Ousp.  Benech.  p.  xix)]  [x-xi  s.  A]  sur 
parchemin,  in-quarto  major  [302  X  221;  (cadre  écrit)  230  x  155;  28  lignes 
(à  la  page)]  [en  35  cahiers  ^1].  Son  écriture  penchée  est  grosse  et  large 
[  avec  t  adscrit].  Le  commencement  et  la  fin  manquent.  Le  manuscrit 
dans  l'état  présent  commence  au  cahier  8  par  les  mots  suivants  :  [zùrôjv 

[91] 


154  REVUE    DE    l'orient   CHRÉTIEN. 

<pcoT«Y.oYoi...  [mais  le  cahier  ï  a  été  aussi  conserve,  il  commence  ainsi)  : 
.^;   ^=<oo.x(a=    S.e   si.sXXov   ;x::opsiE.ea.    :  0:;Te    To    é6p«..,bv  oOto.ç    ./.s....],  et   se 

termine  au   cahier  41  (^a)   après  l'explication  du  ^  141,  par  ces  mots  : 

çi  x«i  SXX«ç.  ::dlvTS;  ol  èv  aol  IX^IÇovte;  ij  a;  aé  •  toOtou;  r»P   ^'t^'-  Le  texte  du 

Psautier  est  distingué  par  les  signes  [  mais  les  différentes  leçons  des 
traducteurs  Aquila,  Symmaque,  Théodotion  etc.,  ainsi  .---;.  L  auteur 
[du  Commentaire  à]  ce  Psautier  montre  d'abord  le  sens  historique  de  ce 
livre  inspiré,  puis  le  mystique. 

Pour  les  signes  A,  [  ]  voir  n"  74,  A. 

Ce  manuscrit  est  évidemment  une  chaîne  eu  colonne  simple, 
comme  le  prouvent  les  indications  fréquentes  :  àu.u>:-  par 
exemple  fol.  39  r.,  39  v..  11  v..  18  r.,  etc. 

B.  -  Portions  du  Commentaire  de  Diodore  contenues 
dans  ce  manuscrit. 

Cette  chaîne  parait  contenir  à  l'état  fragmentaire  et  remanie 
nombre  de  passages  du  Coinmentaire  médian  Coislin.  2/i> 
(=  Diodore). 

J'ai  reconnu  : 

fol.  34  r.  Catal.  p.  48  b.  et  49  b.  '!/  71  arg. 

fol    35  r.  Catal.  p.  49  b.  bas.  'i'  71  « 

fol    3»i  V.  Catal.  p.  51  b.  bas.  ^  7P°-" 

fol.  39  V.  Catal.  p.  53  b.  bas.  -l-  72  arg. 

fol.  46  V.  Catal.  p.  54  b.  bas.  '}  73  arg. 

fol.  90  V.  Catal.  p.  63  b.  ^  8'2  arg- 
etc. 

une  èp;AY]V£(a  Sûrement  résumée  du  Commentaire  médian 
Coislin.  275  (=  Diodore). 

Mais  ce  ne  sont  que  de  simples  coups  d'œil  que  j'ai  jetés  là. 

Un  dépouillement  méthodique  et  exhaustif  resterait  à  faire. 

C'est  avec  raison  que  le  R.  P.  Abel,  dans  sa  recension  {Revue 
Biblique,  2  avril  1912,  pp.  294-296),  se  montrait  frappé  par 
l'allure  de  ce  commentaire  anonyme  qui  n'est  que  du  Diodore 

remanié. 

C.  —  Importance  de  ce  manuscrit.  —  Ce  manuscrit 
n'aura  évidemment  pour  l'établissement  du  texte  du  Commen- 
taire de  Diodore  qu'une  importance  très  secondaire.  Mais  il 
restera  très  intéressant  pour  suivre  à  travers  les  âges  la  survi- 
vance cachée  et  anonyme  de  ce  commentaire  dans  les  chaînes. 

[92] 


COMMENTAIRE   DE    DIODORE    DE   TARSE   SUR    LES    PSAUMES.     155 

?)  MAMSCRIT  DE  PAKIS  ISOLK. 
76.  —  I'arisinus  Bibliotiiecae  Natioxai.is  Slppi..  ck.  KX). 

A.  —  Description.  —  L'Inventaire  sommaire  de  M.  H. 
Omont  porie  : 

100.  Psalterium  cum  sclioliis. 

.xii  s.  Pareil.  UtO  fol.  P[etit  format]. 

Une  note  écrite  à  la  main,  dans  le  manuscrit  même,  porte  : 

Volume  (le  190  feuillets. 

Les  feuillets  1-25,  88,  (M,  183-19Ô  sont  mutilés.  27  janvier  1883. 

Voici  comment  on  peut  le  décrire  : 

Mesure  des  feuillets  :  22,5  X  150. 

Le  texte  sacre'  est  écrit  dans  la  colonne  intérieure  de  la  page  :  150  X 
r.r>.67  mm.  ;  21  lignes  à  la  page;  les  lignes  écrites  suivent  la  réglure  (à  la 
pointe  mousse)  ;  écriture  sous  la  rectrice. 

Les  scholies.  qui  forment  chaine.  sont  écrites  dans  les  marges  latérales 
et  inférieures,  le  plus  souvent:  quelquefois  aussi  dans  la  marge  supé- 
rieure ;  49  à  50  lignes  par  page. 

Titres,  initiales  :  rubriques. 

Les  extraits,  sans  noms  d'auteurs,  sont  numérotés  :  ces  chiffres  (lettres 
grecques)  rubriques. 

Est-ce  partout  la  même  main?  Vers  la  fin  surtout?  Douteux. 

La  date  du  \\i'  s.  n'est-elle  pas  un  peu  trop  haute?  au  moins  pour  cer 
taines  parties. 

Mutilé  au  début  :  Psaumes  4-151.  et  Odes. 

Je  n'ai  pas  eu  le  temps  d'examiner  la  nature,  le  nombre,  l'état  des 
cahiers. 

B.  —  Fragments  du  Commentaire  de  Diodore  contenus 
dans  ce  manuscrit.  —  Les  scliolies,  comme  nous  venons  de  le 
dire  sont  sans  noms  d'auteurs.  Or  quelques-unes  s'inspirent, 
semble-t-il,  directement,  ou  peut-être  aussi  parfois  indirec- 
tement, par  les  chaînes,  du  Commentaire  médian  Coislin.  275 
(=  Diodore). 

On  peut  voir,  par  exemple,  tt  comparer  avec  ce  commentaire 
médian  les  scholies  suivantes.  Nous  les  reproduisons  avec  leur 
orthographe. 

Dans  les  trois  passages  cités  le  texte  du  Paris,  gr.  IGS  coïn- 


156  REVUE    DE    l'orient   CHRÉTIEN. 

cide  avec  celui  du  Coislin.  gr.  275.  Nous  ne  le  reproduisons 
donc  pas  ici.  Mais  Paris,  gr.  168  n'a  pas  l'interpolation  que 
Coislin.  gr.  275  présente  en  -i  43  v.  13.  Nous  l'avons  signalé. 

Psaume  'M,  v.  3. 

^Kx^eor  çOjU(pa(av  xai  avi-xlttaot'  Is  èvayrCai;  TtZv  xaraSiwxôvTiav  jus. 

Paris.  140,  fol.  39  v.  Paris.  161,  fol.  ii  r.    Paris.  Coislin.  275,     Paris.  Suppl.  gr. 

fol.  Sd  r.  100,  fol.  37  i\ 

A'.oowpo'j  :  To  ëy.^eov  Atoôwpou.   Tb    oz  ex-  Tb  èy.yeov  àvTÎ  toù       Sur  ëxjreov  : 

àvTi    Toû    Y'j|j.vwffOv  XÊ^^    po|jLçatav     àvxi  '(\}\Lvtù(jo'4   '/.iyzt  po{A-  rûjjLVwaov    tôv    (xirâ- 

sTretôy]  to  èx;(e6[iL£vov  toO   yûîivwdov   Àéyet.  9aiav.  '£2(7iiep  ^àp  Tè  9t)v  [?1  tîtic  [?]  èÇeXxo- 

YU(ivoÙTai -où  ctYYOut'    'EtiiSti  y°^P  "^^  èx^^eo-  èx^^côixe^ov  Y"Jf"oùTai  [xévri  toû  xouXeoû,  ôo- 

10  5è  CTJYxXewjov  àvrl  pievov  Y'^l'-^o^xai  toO  to5  âYYoy;,  oOico;  xal  xsî  èxxEîo'Oai  ôià  xi^v 

TO'j    à7r6x).Et(jov    xoù  ctYYoy;        èxxexûffôat  tb  Y'^M-'^o^Jt^e^ov   Çtçoç   /.Ei^tTita. 

■irepcxXciCTov  aûibç  tbv  ôoxEt  xat  tô  y^I^^o^J'  èxxeyuaôai  ooxet.  Tô 

Sp6[jLov  Tûv  T7oXe(xt(ijv  iievov  ^tço;'  y^jm-voùte  oCiv  yÛ[iv(i)(tov  éx^sov 

îiçEi  T^v  6p|XT)v  a'JTÛv  Y*P  ^^?  Ô^iX»];' To  ouv  eîtceV  to  6è  rjYxXei- 

àrsipYt»!'''                        ëx'/EOv   ydiiwtiidO'^  (Tov   è^   èvotvTia;    tûv 

XéYEi*  TèôÈfy-JYxXEtcjov  xaTaStwxovTwv       (jle, 

èÇsvavTt'a;  tojv    xata-  àvri    toû    aTCavTYiTov 

6tuxàvTa>v     [i£      àvTÎ  aÙTOïç   xat    HEptxXet- 

Toy  àicàvTiaov  a-jTOÙ;  irov  aùxoï;Tbv  ôpô|jLov 

xaî  TtEpixXei  [.']  Çiçei  tT|V  6p[ir)v  aOtùv 
àîTEtpYwv. 

Nous  sommes  heureux  de  citer  cet  exemple  :  de  ces  quatre 
rédactions  celle  du  Coislin.  275  [=  Paris,  gr.  168)  est  évidem- 
ment la  plus  naturelle  et  la  plus  proche  de  la  forme  originale. 

Psaume  34,  v.  6. 

Pei  tjdtjlto  7;  oSoç  avTÔjy  oxoTo;  xai  oXïoôrjfja^ 
xat  ayyeXoi;  Kvçîov  xaraSiujxojv  avTOvç. 

Paris.  Coislin.  275,  fol.  8'J  v.  Paris,  suppl.  gr.  100,  fol.  37  v. 

TouTEffTi  YÉvoivTO  (ij;  Èv  (TxoTO)  çeOyovxeç  xat  TÔTCw       Sur  :  xat  àvYEXo;... 
ô/tTÔïipô)'  xaïaStuÇdxio  Se  a-JTOù;  xat  aYT^^o?  tS/a  (ir;   Mtjte  ôf6a).(jt(T)  (X.if|TE  icoS't  3o>if)où(ie- 
TM   <iy_o/,oiÔTEpov   paBtÇetv  ÈxsÙYioat   t'a   ôittrOinia.   voi  xaTETretYÉirÔutj  [av?]  xat  ûità  toû 
nxôijia  5e  T^Xeiov  atvtTTErat.  'O  Yàp  oùx  Etôtoc  ttoû   àYYÉXo-j  ÈxôtœxovTO;  ÔTttaÔEv. 
■^P^X^''  ^"'■^*  ôXtoOov  lx<ov  îiitoxiTo),  xat  ttpbî  TOUTot; 
5tap'  ôXXoy  EnEiYOjiEvo;,  Ti   xat  nâôri  (iiôtî  oi6aXn(ô 
jiiiTE  itoôî  pori6oû[i£vo;  ; 

Psaume  43,  v.  13. 

Airédov  Tov  Xaov  aov  avsv  Ti/jijç^  xat  ovx 
rjv  TzX^dog  èy  roïç  àlaXdy^uaaty  tjiuùiy 

[94] 


euM.MEXTAIItE    riE    DIODORE    DE    TARSE    SLR    LES    PSAUMES.     157 


Paris.  MO,  fol.  :.l  v.       Vin.lob.  8  (10). 


xa;  T.iiô;,  çT.oi'v,  Toi; 
èftvcff.v  toj  \t.T,itt6;. 
Toùto  vap  Xifn  avtj 
tifif,;,  ù){  àxpr.OTO'j; 
&oû)o*j;  xat  oùoevô; 
ijîou;  :  —  Ka!  t6 
aÙTÔ  £s)ir,vEO<i>v  Èsâ- 

TEf       TOVIÉITIV       TOÎ; 

Ttçiisi'Ht.  'A)XaY(ia 
Tas  TT.v  Sfâuiv  xaXeî, 
ivri  TûO  oùcatitvii; 
Tl|l^     TO    zaô'    :^(iôî 


Avri  Tcû  îiÉnpaxa; 
r,(iâ;  £v  Toï;  éôvtoi 
TOÛ  tir.ÔEvo;  (toCio 
Yip  XÉYEi  ânrj  Tiiijjj) 
<i);  i/pr.oTou;  ôoO- 
)oj:,  xa't  O'Jô'u);  (1) 
ijioy;  xai  rb  aOti 
lpiiiivE;;a)v ,  isifEi- 
xai  oùx  r,»  ji>t;Oo; 
Èv  toi;    iXXiTua- 

fflV    TiflÛV,    TOiTcOT! 

Toîç  (3)  npâoEstv. 

(D'après  Cordieh, 
Expos,  in  Ps.  Para- 
phrasis,  I,  p.  MX", 
'ï'O 


xai  TO  iiEiCov. 


Paris.  Coislin.  275, 

fol.  114  r. 
AvTi  ToC  llt;;paxa( 
^|ià;  h  Toi;  êOveoiv 
ToC  iir.ÔEMô;-  ToûTo 
Tfop  Xëyei  avE-j  Ti|i>j;, 
(i;  àzpr,<rTO--{  êo-JXou; 
xoi  oùêEvb;  i;iouf 
xai  Toaùrb  ip|ir,veû(i>v 
Ènâvei-  xaioix  f,v 
^^f,ioi  £v  tôt; 
i"*«/e<Y|iaBf.  (2J 
#,  (lûv.  'Al>iY(ut5t 
tiJiv  Taï;  TtpàaEsiv 
r,|iâ>v  )iY£i.  'A/>aY[ia 
7op  TT.v  iipàs'.v  xa)Eï. 
Tb  Si  oCx  t;v  ^)750oç 
Ev  TOÎ;  àiÀâvjiaaiv 
Tjiiûv  àvri  ToC  oCSa- 
(iivTJ;  Ti|ii;;  tô  xa9' 
i\]iài  ÈJtoiiica;  iruvâ),- 
)aY(Jia. 

'H    oOx   f,v    nÀf,9o; 
èv  TOÎ;    àXa)  ctYl^asiv 

fiflûv    àvTt      TOÛ     u~b 

iXifiov  r,TTT,6r,(iïv  s;' 
ot;  oOx  f,v  îiXf/Jo; 
itpb;  TO  àXaXiÎEiv  xai 
ôOEiv  xa6'  r;^âiv  tbv 
ènivixiov.  'A'/oXaYtiô; 
Yop  f,  (lETà  r.yo'j  liSii. 
Koi  TO  |i£;Cov" 


Paris.  Su()pl.  gr. 
100,  fol.  50  r. 

Q;  àxpii<rtou;  xai 
OTi'iiov;  8o'J)ou;  Exôi- 
5<i)oi  Tt;  SupEiv,  xip- 
ôo;  fiyo\nuvoi  t#,v 
ToÛTuv  àKa),),(rYr,v, 
oÛTu  xai  où  Uécuxai 
r;|iâ;  toî;  Ex^poî;. 


OCx  f,v  K>jj9o;  lyb- 
pûv  iv  Toi  xafl'r.iiûv 
i>a)d^Eiv  Ta  isivixia 
à).X'  Oî:*  ô/iYCOv  T-./aa- 
)a)TeCôrj[i£v. 


.Notes.  —  1.  Je  me  demande  si    ce    oiî'û;   n'est   pas   une  mauvaise 
•  '  ture  de  Cordier  pour  oiSs/o;. 

2.  Le  manuscrit  porte  les  points,  que  nous  avons  figurés,  en  haut  et 
en  bas  de  la  première  syllabe  :  aX  :  cela  signifie  évidemment  qu'il  faut 

lire  aXiYJiaai  =  iXXiYaaai. 

3.  TOÎ;,  sic  dans  Cordier,  faute  d'impression  pour  Taf;. 

Ces  deux  dernières  scholie.s  du  Paris.  Suppl.  gr.  100  sunt 
curieuses  et  intéressantes. 

Le  te.xte  du  Commentaire  m.-dian  Toislin.  275  est  ici  inter- 
polé. La  section  r,  :r-c  r>  ->.f;0=,-  —  v/:j  ,oîr„  qui  suppo.se  la  leçon 
àXâÀaY;aa,  est  sans  doute  un  e.xtrait  raar-inal  (de  qui?  Elle 
rappelle  tout  à  fait  re.xégèse  d'Athanase,  in  loc.  Aligne.  P.  G., 
t.  -XXVII,  col.  205,  A)  qui  est  passé  dans  le  te.xte.  Il  y  a  dans 
le  Coislin.  275  beaucoup  d'autres  e.xeniples  de  ce  genre. 

[90] 


158  REvrt;  de  l'orient  chrétien. 

D'ailleurs  Paris.  1 10  et  Vindob.  8  (10)  ignorent  cette  seconde 
explication.  Le  Paris.  168,  f.  122  v.,  1.  18,  ne  la  donne  pas  non 
plus. 

Or,  justement,  seul,  Paris.  Suppl.  gr.  100  résume  ces  deux 
explications  :  la  première  supposant  la  leçon  a"A/.3;--;j.a,  la 
seconde,  i>.i>,aYij.a. 

Ce  fait  paraît  indiquer  entre  Paris.  Suppl.  gr.  100  et  Coislin. 
275  une  relation  étroite  et  curieuse. 

C.  —  Importance  de  ce  manuscrit.  —  Je  n'ai  pas  eu  le 
temps  de  poursuivre  ces  rapprociiements. 

Ces  trois  ou  quatre  exemples  une  fois  recueillis  je  n'ai  guère 
fait  que  parcourir  des  yeux  les  autres  scliolies  marginales. 
Cela  m'a  suffi  cependant  pour  m'assurer  du  caractère  littéral 
de  l'exégèse  qu'elles  contiennent.  ' 

Ce  manuscrit  m'apparaît  comme  un  des  plus  importants,  non 
pour  la  constitution  du  texte  du  Commentaire  de  Diodore,  mais 
pour  étudier  la  survivance,  à  l'état  anonyme  et  résumé,  de  l'exé- 
gèse diodorienne  des  Psaumes,  comme  aussi  son  influence  et 
sa  diffusion. 

t)  groupe  XXV. 
(Karo  et  LiETZMANN,  Catulogus,  pp.  62-63.) 
77.  —  Parisinus  BiBLiOTHECAE  Natioxalis  143. 

A.  —  Description.  — Codex  saeculi  XII  membranaceus,  34  X  20  cen- 
timetrorum. 

Catena,  margini  inseripta,  44  versibus  exarata. 

Tituli,  litterae  initiales  miniatae. 

Nomina  auctorum,  quae  margini  adscripta  sunt,  atra. 

226  i'olia  continet. 

Catena  in  Psalmos  incipit  mutila  :  catena  (his  verbis)  àt-'<.  tou  jj.£Tavor;oaT£ 
xa\  Èit!(3Tpdt»TiT£......  contextus  (sacer)  :zoXko\  Xéyouai  Ps.  4,7  [Lietzmann  :  6]. 

Nomina  non  occurriint  nisi  haec  ;  Theodoreti  5  7.,  Chrysostomi  (manu 
recenti)  7  r.,  Origenis  17  r.,  Basilii  100  v.,  Theodori  (manu  recenti)  37  v., 
108  r. 

Catena  in  Odas  f.  214  r. 

Nomina  ad  Od.  1-3  adscribuntur  :  Eusebii  1  [vice],  Cyrilli  6,  Gregorii 
Nysseni  2,  Chrysostomi  3,  Severi  2,  Theodoreti  1.  Ceterum  omittuntur. 

B.  —  Fragnaents  du  Commentaire  de  Diodore  con- 
tenus dans  ce  manuscrit.  —  Au  i  22  (voir  Karu  et  Lietz- 

[96] 


lOMMKNTAlUi;    DK    liloDOIlK    DE   TARSE   SLR    LES    PSAUMES.     109 

.MANN.  Calft/oijiis.  |).  (ri»  la  péricope  3  :  ï—pz'. el  au  -i  115 

((/////.)  la  périrope  I  :  a' à/,  r^îîtizij  tîj  E^sy.tcy.  ...  t'ont  allu.sioii, 
sans  nom,  au.\  jzsUiv.;  correspondantes  du  fnuim.  médian 
Coi.slin.  'iTô  {=  Diodon'). 

Il  est  très  proi)al)le  que  ce  manuscrit  doit  contenir  à  l'état 
an.nvme  nombre  d'auln-s  frac^ments  du  Commentaire  de 
Diod"rr.  plus  ou  moins  résum<'.  remanie. 

C.  —  Importance  de  ce  manuscrit.  —  Dune  importance 
très  nnnce  pour  l'édition  du  Commentaire  de  I)i<>di>re,  ce 
manuscrit  s'ajoute  à  d'autres  pour  nous  permettre  de  suivre  au 
cours  des  siècles  son  évolution  et  sa  transformation. 

78.  —  Ro.MANUS  Casa.\.\ti.nsis  1908. 

A.  —  Description.  —  Codex  saecuH  XIII  bombycinus,  38,5  X  25centi- 
metrurum. 
Catena,  margini  inscripta,  circiter  40  versibus  exarata. 
Litterae  initiales.  lemmatum  signa  miniata. 
Nomina  auctorum  desunt. 
Catena  in  Psalmos  cum  prologi.s. 

B  Fragments  du  Commentaire  de  Diodore  contenus 
dans  ce  manuscrit.  —  Ce  qui  a  été  dit  n  77,  B,  est  proba- 
Mement  a  répéter  ici. 

C  Importance  de  ce  manuscrit  —  Ce  qui  a  été  dit 
n    77  C  est  probablement  à  répéter  ici. 

l)  Signalons  encore  pour  mémoire  : 

79.  —    UO.MANLS    V.VTK.ANLS    OR.     1789    (KaRO    et    LiETZMAN.N, 

Catalogns,  p.  .30). 

A.        Description.   —  Codex  saeculi  X  membranaceus,  34,5   X  27,5 
centimetrorum. 
Catena  textum  subsequitur  duabus  columnis  exarata. 

Contextus  sacer  per  cT   ;  indicatur. 

Litterae  initiales,  tituli  non  nisi  initio  miniati. 
Nomina  auctorum,  quae  margini  adscripta  sunt,  atra. 
Portasse  diversis  manibus  (codex)  exaratus  cf.  fol.  238  r. 
Quaternionum  numeri  manu  recenti  (inscripta  sunt). 
Initio  et  in  fine  mutiius.  Folia  saepius  sarta. 

[37  i 


160  RKVUE    DE    L'orUENT    CHRÉTIEN. 

290  folia  continet. 

Catena  in   P.salmos  1-50  (incipit  |  aroXoiv  j3i6Xo;   '|aX|ji5iv  elvai  Xé^stat 

medio  prologi  3). 
In  Ps.  XXII,  4-6,  11,  12,  nomina  resecta.  15-19  coniungit. 

B.  —  Fragments  du  Commentaire  de  Diodore  contenus 
dans  ce  manuscrit.  —  Ce  manuscril,  par  les  Prologues  qu'il 
contient,  semble  apparenté  au  Paris.  143  (ici  n°  77)  et  au 
Casanatensis  1908  (ici  n"  78)  (voir  Karo  et  LietzjMann,  Catalo- 
gus,  p.  62).  Il  se  pourrait  donc  qu'il  contint  lui  aussi,  non 
signés,  quelques  fragments  de  Diodore  in  Psahnos. 

Cette  chaîne  très  importante  pour  le  Commentaire  d'Eusèbe 
in  Psalmos  a  fait  l'objet  d'une  étude  de  M.  R.  Devreesse  {La 
Chaîne  sur  les  Psaumes  de  Daniele  Barbara,  Bévue  biblique, 
l'"  janvier  1921,  pp.  05-81.  à  suivre). 

C.  —  Importance  de  ce  manuscrit.  —  Mais  l'impor- 
lance  de  ce  manuscrit  pour  rédition  du  Commentaire  de  Dio- 
dore, comme  aussi  pour  l'histoire  de  sa  transmission,  parait 
ne  devoir  être  que  très  secondaire. 

s)  Enfin  signalons  à  titre  de  rappel  : 

80.  —  Parisinus  Bibliothecae  Nationalis  146  (déjà  vu 
n"  44). 

A.  —  Description.  —  Voir  n"  44,  A. 

B.  —  Fragments  du  Commentaire  de  Diodore  con- 
tenus dans  ce  manuscrit.  —  En  plus  des  fiagraents  de 
Diodore  signés  'Av^t-Tajiîj,  ce  manuscrit,  comme  nous  l'avons 
vu,  contient  encore  des  fragments  anonymes  =^  Commentaire 
médian  Coislin.  275  (=  Diodore);  voir  n"  44,  B. 

C.  —  Importance  de  ce  manuscrit.  —  Voir  n°  44,  C. 

81.  — Athous  Mag.nae  Laurae  Sancti  Athanasii  0  70,  section 
3  (voir  n"'  64,  67,  73). 

A.  —  Description.  —  Voir  n"  64,  A. 

B.  —  Fragments  du  Commentaire  de  Diodore  con- 
tenus dans  ce  manuscrit.  —  Dans  la  section  3  de  ce  ms. 
(voir  n°  64,  A,  p.  49)  j'ai  reconnu  un  fragment  anonyme  = 
Comm.  méil.  Coislin.  275  (=  Diodore). 

[98] 


COMMENTAinE    DE    DtODOnE    DE    TARSE   SV»    LES    PSAfMKS.     Ifil 

C.  -  Importance  de  ce  manuscrit.  -  L'importance  de 
la  section  3  ,le  re  manus.  rit.  ia(|iiei!r  e^^t  un  fragiuent  do  .haine 
en  colonne,  parait  devoir  être  fort  mince  pour  l'édition  du 
Commentaire  de  Diodore.  Elle  pourra  avoir  un  certain  mtérèt 
pour  riiistoire  de  la  transmission  de  ce  Commentaire  par  les 
cliaines. 


:99; 

ORIENT   CBHÉIIEN. 


11 


CHAPITRE  II 

CLASSEMENT    PROVISOIHE    DES    PRI.XCIPACX    ÉLÉMENTS 
DE    LA    THADITIOX    MANUSCRITE. 

L'examen,  liien  que  sommaire,  des  élémenls  de  la  tradition 
manuscrite  a  demandé  un  long  chapitre. 

Le  classement  provisoire  de  ces  principaux  éléments,  autant 
qu'on  peut,  vu  l'état^actuel  des  recherches,  l'entrevoir,  ne 
demandera  que  quelques  pages. 

Les  manuscrits  principaux  sont  évidemment  : 

Tradition  non  catén.ile  :  Paris,  gr.  168  (n"  66)  :  tradition  anonyme,  con- 
tinue, incomplète. 
ICoislin.   gr.  275  (n»  65)   :  ir.b  aw/7',;  'AvajTctîîou, 
continue,  seule  complète. 
Laurae  70    (n°'   64,    67,  73,  81)  :    tradition 
Tr:..l.tion  catènale  :  (       l'""'''*^  'AvocaTaa.ou,  partie   anonyme  (?),   con- 
tinue, incomplète. 
Vindobon.    8   (10)    (n'«    11,    68)     ;    tradition 
anonyme,  continue,  incomplète  et.  de  plus, 
parfois  remaniée. 

Puis  viennent  les  chaînes  proprement  dites,  tradition  frag- 
mentaire; ou  signée  :  AtiGwpju,  'Avaa-:a7îcu ;  ou  anonyme;  Tune 
et  l'autre  :  fidèle  ou  remaniée,  etc. 

En  désignant  par  : 

A  les  éléments  principaux,  et  par  3  les  éléments  fragmentaires  relevant 

de  la  tradition  Aïoot.lpou, 

et  par  : 
A  les  éléments  principaux,  et  par  a  les  éléments  fragmentaires  relevant 

de  la  tradition  i-b  «stovr];  'Avaaradiou  ou  'A'/aaraiiou, 

on  peut  construire  le  schéma  suivant  qui  donnera  au  moins 

[100] 


•  ■••MMKNTAmE    DK    IihiDORF    liK   TARSK    sll!    I.i:>;   PSAIMKS.     1(13 

une  idée  des  relations  dans  li>squelies  cvs  divers  témoins,  ou 
groupes  de  témuins.  sunt  avec  l'original. 


■^^^^^ 


Coiâlt 


Paru  166 


Fis.  7. 


A  :  archét>-pe  de  la  Chaîne  d"Anasta.se.  comprenant  :  1  Prolo^rues: 
-'  Cliaine  en  couronne  ou  marginale  :  Texte  des  Psaumes,  suivi  verset 
l)ar  verset  du  Commentaire  de  Diodore  et  autour  extraits;  ;{)  Chaîne  en 
colonne  .uwp/e  sur  les  Odes.  Le  point  où  nous  .avons  rattaché  cet  arché- 
type a  la  ligne  des  A  est  aussi  incertain  que  n'importe  quel  autre  terme 
de  cette  suite  antérieur  au  vii"-  siècle. 

A,  :  exemplaire  avec  fautes.  Coislin.  275  et  6  70,  section  8,  en  dérive- 
raient :  ils  reproduisent  tous  les  deux  ces  fautes  tvpiques;  mais  dans 
les  exemplaires  modifiés  que  représente  6  70,  .section  H,  i^o  «uvîîî 
Av«:i,..o.  devient  simplement  Ava^naJou:  la  chaîne  marginale  n'est 
quasi  pas  repro.iuite:  par  ailleurs  les  -L.ses  interpolées  du  Coislin. 
■J/.i  n"y  sont  pas. 

Pour  e  70.  section  (,  et  10,  nous  ne  pouvons  pas  actuellement  dire  si 
elles  sont  signées  Xviît.  ou  anonymes  ivoir  n"  67).  Quant  à  la  section  4 
elle  appartient  à  ces  traditions  remaniées  que  nous  laissons  de  côté 
dans  ce  schéma. 

Les  modifications  propres  au  Coislin.  275.  et  qui  nous  le  font  Mïïé. 
rencier  de  6  70.  c'est-à-dire  :  extraits  ou  gloses  introduits  de  la  marge  (ou 
d  ailleurs)  dans  le  texte,  peuvent  être  le  fait  de  ce  Coislin.  275  ou  d'un 
exemplaire  intermédiaire  que  nous  n'avons  pas  marqué 
a  :  tradition  caténale,  fragmentaire  signée  Av^r^.o..  Je  n'ai  pas  encore 
d  Idée  sur  le  point  d'où  elles  dérivent  de  la  tradition  anastasienne. 

[lOI] 


164  REVUE   DE    l'orient   CHRÉTIEN. 

A  ;  luiliétype  du  Commentaire  de  Diodore. 

i,  Aj  \t  ^',  ■■■  -^n  :  Suites  des  exemplaires  signés,  tous  perdus  Paris.  168 
se  rattache  probablement  directement  à  cette  tradition  A  :  il  n'a  ni  la 
chaîne  marginale,  ni  les  gloses  interpolées  de  Coislin.  275,  ni  les  fautes 
typiques  communes  à  Coislin.  275  et  à  B  70.  Mais  le  point  auquel  nous 
l'avons  rattaché,  Aj,  est  aussi  incertain  que  n'importe  quel  autre  terme 
de  cette  suite  antérieur  au  xii'',  ou  au  .\iii''  siècle. 

8  :  tradition  caténale  fragmentaire,  signée  AioS(opou.  Je  n'ai  pas  encore 
d'idée  sur  le  point  où  elles  dérivent  de  la  tradition  AioSwpou. 

Enfin  entre  les  deux  branches,  relevant  de  la  tradition  A,  ou  de  la 
tradition  A,  et  dans  celle-ci,  de  A  ou  de  \k,  je  ne  saurais  le  dire  aujour- 
d'hui, le  Vindobonensis  8  (10)  (l'arajjhraxis  de  Cordier). 

Comme  le  schéma  le  figure  assez  bien  au.\  yeux,  toutes  les 
traditions  manuscrites  que  nous  possédons  de  ce  Commentaire 
précieux  sont  un  peu  en  l'air. 

Nulle  part  n'apparaît  d'une  façon  précise  leur  point  d'inser- 
tion sur  la  ligne  de  la  tradition  individuelle  e1  directe. 

La  raison  en  est  bien  simple  :  tous  les  exemplaires  complets 
signés  ont  disparu. 

La  généalogie  des  manuscrits  pseudépigraplies  ou  anonymes 
qui  nous  ont  conservé  cet  ouvrage,  apparaît  dès  lors,  dans 
notre  schéma,  flottante  et  misérable. 

Cet  état  correspond  trop  bien,  hélas!  à  la  défaveur  officielle 
oii  fut  tenu  dès  l'origine  le  Commentaire  de  Diodore  sur  les 
Psaumes. 

Et  étant  donné  ces  circonstances,  il  faut  encore  nous  estimer 
heureux  que  ce  Commentaire,  par  des  voies  indirectes  et  dis- 
simulées, nous  soit  parvenu  à  peu  près  intégralement. 


[1021 


CONCLUSION 


Lo  travail  que  représente  ce  simple  examen  n'est  pas  petit. 

Le  travail  qui  reste  à.  faire  est  énorme,  et  il  ne  pourra  pas, 
vraisemblalilemcnt,  être  achevé  par  un  seul  homme.  rVst  dans 
de.^  cas  comme  celui-ci  qu'on  sent  la  nécessité  d»'  ce  travail 
corporatif  qui  a  rendu  possibles  les  éditions  patristiques  des 
Bénédictins  et  celles  plus  récentes  des  Universités  de  Berlin  et 
de  Vienne. 

Il  n'y  a  pourtant  pas  moyen  de  l'esquiver  et  de  restreindre  le 
programme  dont  nous  avons  indiqué  les  grande.s  lignes  au 
cours  de  cet  inventaire. 

Nous  sommes  ici  en  effet  devant  une  cruelle  alternative.  : 

ou  publier  simplement  le  Commentaire  médian  du  Paris. 
Coislin.  gr.  27.'")  en  l'accoiniiagnant  d'une  collation  des  prin- 
cipau.x  manuscrits  :  Taris,  gr.  168,  Laiira  6  70,  \indob.  8  (10;; 

ou  tenir  compte,  selon  leur  valeur  respective,  des  .j7  autres 
témoins. 

Dans  le  premier  cas.  il  est  douloureu.x  de  négliger  tant  de 
témoignages,  dont  beaucoup  certainement  amélioreront  consi- 
dérablement le  texte;  et  dans  le  second  cas,  il  faut  nous  résoudre 
à  continuer  un  labeur  énorme  et  dont  le  terme  apparaît  lointain. 

Et  c'est  pourtant,  croyons-nous,  le  seul  parti  à  prendre  si 
l'on  veut  rester  lidèle  à  la  méthode  scientifique. 

Ce  qui  rend  l'édition  du  Commentaire  de  Diodore  particu- 
lifrement  diflicile.  c'est  que  la  tradition  manuscrite,  tout 
entirre,  sauf  un  témoin,  le  Paris,  gr.  \6H,  précieux  mais  très 
mauvais  comme  texte,  est  engagée  dans  la  niasse  inextricable 
des  chaînes. 

Or  la  classification  des  chaînes  est  encore  à  faire. 

S'appuyant  sur  des  ressemblances  extérieures  et  matérielles, 
sur  la  similitude  du  contenu,  estimée  par  quelques  sondages 
(Prolog'ues,  extraits  pour  2  psaumes  :  le  il"  et  le  1 15'),  Karo  et 
Lietzmann  ont  déjà  provisoirement  classé  en  27  groupes  les 
75  chaînes  qu'ils  ont  examinées  pour  les  Psaumes.  On  ne  dira 


166  HF.Vl  K    DK    l'orient    CHRIÔTIEN. 

jamais  assez  haut  la  reronnaissance  que  tous  les  clierclu'urs  et 
éditeurs  leur  doivent  déjà  et  leur  devront  encore  longtemps. 

Mais  ces  savants  eux-mêmes  s'en  rendent  compte  mieux 
que  personne,  du  point  de  vue  texte,  oette  classidcation  est 
établie  sur  des  rapports  de  parenté  lieaucoup  trop  lâches.  11 
faudra  de  toute  nécessité  arriver  à  préciser,  pour  le  texte  même 
des  auteurs  dont  elles  nous  rendent  des  extraits,  leur  filiation 
proprement  dite. 

Dans  le  cas  qui  nous  occupe,  l'idéal  serait  de  pouvoir,  au  préa- 
lable, classer,  du  point  de  vue  texte,  au  moins  toutes  les 
chaînes  archétypes  contenant  du  Diodore  in  Psatmos. 

D'où  la  nécessité  d'analy^es  exhaustives,  sans  lesquelles  on  ne 
poir  rn  jamais  hiiieque  des  présomptions  plus  ou  moins  fondées. 

Ces  analyses  oompieies  nous  feront  voir  très  probablement 
qu'un  grand  noud^re  d'extraits  anonymes  sont  en  réalité  du 
Diodore  in  Psatmos.  Nous  avons  déjà  relevé  quelques  frag- 
ments de  ce  genre  dans  le  Paris,  gr.  146  (n°=  44,  80).  Nul 
doute  que  dans  ce  manuscrit,  et  dans  d'autres,  une  analyse 
détaillée  ne  décèle,  parmi  les  fragments  non  signés,  nomlire 
de  fragments  de  Diodore  que  le  Commentaire  médian  du  Cois- 
lin.  275  (=  Diodore)  permettra  d'identifier. 

Quand  les  analyses  complètes  de  toutes  les  chaînes,  au  moins 
des  principales,  contenant  du  Diodore  auront  été  faites,  il  sera 
peut-être  possible  de  reconnaître  les  rapports  où  elles  sont  entre 
elles  quant  au  texte.  On  les  comparerait  toutes  par  rapport  au 
texte  d'un  seul  auteur,  dont  on  ait  ;)«;•  ailleurs  une  tradition 
individuelle  directe  et  signée,  d'ores  et  déjà  convenalilement 
éditée,  et  qui  soit  Iréquerament  et  quasi  universellement  cité 
dans  les  chaînes  :  saint  Basile  par  exemple. 

Cependant,  avec  cette  classification  textuelle  des  chaînes 
principales  contenant  du  Diodore  in  Psatmos,  il  faudra,  de 
front,  poursuivre  l'étude  exhaustive  des  manuscrits  dont  la 
présente  étude  a  mis  en  relief  l'importance  capitale  ;  ce  sont  : 

Parisinus  gr.  168  :  n"  66; 

Paris.  Coislin.gr.  275  :  n"65; 

Laurae  S"  Athan.  070  :  n"^  64,  67,  73,  81; 

Vindobonensis  S  (10)  :  n"  11,  68. 

[104] 


COMMENTAIRE    DE    DIODOHK    DE    TARSE    SLR    LES    PSAUMES.     Itw 

Nous  avoDs  indiqué  en  leur  lieu  les  analyses,  travaux  d'iden- 
tilication,  collations,  ete.,  dont  ils  devront  étp'  l'oljet. 

-Nous  le  répétons,  c'est  un  travail  inyrat,  long,  mais  néces- 
saire. 

On  a  Souvent  médit  des  recherches  entreprises  dans  les 
cl'.aines.  Il  faut  pourtant  voir  les  choses  comme  elles  sont. 
\'eut-on.oui  ou  non,  arrarher  à  l'oubli  quelques  œuvres  de  cette 
antiquité  patristique,  si  intéressante  à  tant  di'  points  de  vue? 
si  oui,  les  recherches  caténales  s'imposent. 

<>n  sait  le  tort  qu'ont  causé  à  l'intéirrité  des  œuvres  des 
grands  classiques  i:recs  les  malencontreux  Choix  byzantins. 
.Ne  pouvant  fraj^menter  les  pièces  d'un  Eschyle,  et  en  faire  des 
chaînes,  les  érudits  de  Byzance  y  ont  fait  au  moins  des  sélec- 
tions. Les  pièces  chuisies  ont  été  les  seules  reproduites  et  seules 
se  sont  transmises  jusqu'à  nous.  Les  e.xemplaires  contenant  les 
Œuvres  complètes  d'un  poète  sont  devenus  de  plus  en  plus 
rares,  puis  se  sont  perdus  délinitivement,  n'étant  plus  recopiés. 
Et  c'est  ainsi  que  des  Su  pièces  environ  d'un  Eschyle  nous 
n'en  avons  plus  aujourd'hui  que  7,  dont  4  séparées  de  leur 
Trilogie;  des  1-23  de  .Sophocle,  7  également! 

.\insi  en  a-t-il  été  à  peu  près  pnur  les  Pères.  Quand  une  fois 
le  goût  détestable  et  liyzantin  des  chaînes  et  des  florilèges  eut 
prévalu,  la  tradition  directe  et  complète  des  œuvres  des  Pères, 
à  part  quelques  très  rares  exceptions,  s'est  perdue.  Pour  un 
nondire  considérable  d'entre  eu.x,  et  des  plus  intéressants  au 
point  de  vue  de  l'histoire  des  doctrines,  nous  n'avons  plus 
d'espoir  de  reconstituer  en  partie  leur  œuvre  qu'en  descendant 
résolument  dans  la  carrière  chaotique  que  sont  les  cîiaines. 

Aussi  bien,  en  plus  des  surprises  qu'elle  réserve  au  philo- 
logue, et  des  portions  considérables  d'o'uvres  encore  inédites 
qu'elle  pourra  ainsi  extraire  et  soumettre  à  l'étude  des  théolo- 
giens, cette  recherche  ouvre  encore  au  simple  historien  des 
perspectives  fort  intéressantes  sur  la  transmission  des  idées  et 
des  doctrines. 

Des  constatations  philologiques  que  nous  avons  faites  pour  le 
Commentaire  de  Diodore  sur  les  Psaumes  ressort  un  fait  très 
curieu.x. 


168  REVUE    DE    l'orient    CHRÉTIEN. 

Diodore  une  fois  tombé  dans  le  discrédit  et  considéré  à  peu 
près  comme  un  hérétique,  ses  œuvres,  considéraliles,  et  en 
particulier  son  Commentaire  sur  les  Psaumes,  ne  sont  plus 
reproduites  en  tradition  directe,  complète  et  sij^-née.  La  pré- 
pondérance bientôt  exclusive  du  genre  caténal  aida  d'ailleurs 
à  leur  disparition. 

Les  chaînes  pourtant  ne  lui  sont  pas  entièrement  inhospi- 
talières. 

Son  Commentaire  sur  les  Psaumes  notamment  y  passe,  non 
seulement  par  petits  morceaux  détachés  et  signés,  souvent 
d'ailleurs  insignifiants,  mais  il  y  passe  par  tranches  entières 
et  cette  fois  anonymes. 

La  chaîne  de  Pierre  de  Laodicée  (vii^  s.)  en  reproduit,  pour 
tous  les  psaumes  probablement,  de  larges  extraits. 

La  chaîne  d'Anastase  de  Nicée  (même  époque  à  peu  près)  va 
même  jusqu'à  le  reproduire  intégralement,  toujours  sans  nom 
et  en  en  corrigeant  l'exégèse  par  une  couronne  d'extraits  d'ins- 
pintion  totalement  diflérente. 

Le  Psautier  que  contient  le  Paris.  100  semble  bien  une  déri- 
vation appauvrie  de  Diodore  par  la  chaîne  d'Anastase. 

La  chaîne  de  Nicétas,  en  dépendance  plus  lointaine  avec  celle 
de  Pierre  de  Laodicée,  contient  encore  du  Diodore  dilué. 

On  trouve  même,  vers  le  xn'  ou  xiii"  siècle  un  manuscrit 
unique,  incomplet,  de  texte  mauvais,  qui  jusqu'à  présent  paraît 
bien  être  le  seul  représentant  de  la  tradition  directe  et  non 
caténale,  mais  toujours  anonyme  :  le  Paris,  gr.  16S. 

On  suit  ainsi  comme  à  la  trace  la  dilfusion  latente,  la  vie 
ralentie  mais  jamais  éteinte,  de  l'exégèse,  non  seulement  antio- 
chienne,  mais  proprement  diodorienne. 

Des  recherches  plus  poussées  montreraient  cette  exégèse  se 
dissimulant,  vivant  toujours  dans  quelques  recueils  encore 
ignorés,  puis  dans  les  ouvrages  imprimés,  jusqu'au  jour  où 
elle  semble  ressusciter  et  est  remise  en  honneur,  non  seulement 
par  les  théologiens  libéraux,  mais  même  par  les  exégètes 
catholiques  qui  n'ont  jamais  cessé  de  subir  son  influence. 


[lOC] 


I 


I 


APPENDICE  I 


Liste,  par  ordre  des  Psaumes,  des  fragments  sionés  A'-sotipou 
DANS  LES  manuscrits  Pads.  gr.  139,  140,  161  et  Paris. 
Coislin.  fi-r.  80. 


e* 


Ces  fragments,  transcrits  en  écriture  orriiiiaire,  ont  en 
moyenne  I  à  12  lignes.  Ils  sont  souvent  beaucoup  plus  étendus. 

Les  fragments  dont  le  numéro  d'ordre  est  précédé  d'un 
astérisque  sont  ceu.x  qui  présentent  quelque  difficulté. 

1  'i      P  Paris.    140,  f.    I  V.    A'.iîwp;;  Tî  -tviôr/.î'.  îjy. 

£P7a;j:t;j.£vsi;  =  Coislin.  gr.  27."),  f.  .j  r.  et  V.; 
Paris.  168,  f.  5  v. 

2  à  13'  Paris.  140,  f.  16  v.  Aiisojpî;  -/.al  ©EJîops;  /.al 

texte  scrip-  Kjp'.A/.î;  -/.al  Atî'jy.:;  rûrinç  àvfutyuîviiQ  <'i   hiovy'i, 

luraire  de  ,'  ,  .      .    ,  ,'.,,,•  'l         '   ,  ,      ,'    V 

Dioilore.i  uvTiuv,  Tiuç  yMuaattiç  avTwv  tooXiovauv  wç  nom- 

â(i)v  vnà  rù  /tii.}]  avxùiv,  utv  to   ardfia  doùç  xai 

Ttixoluç  ytfiff  i<%tTç  01   nôâtç  «vrwr  tx/tat  ui^iW 

avvTQififia  xui  ruXatTiiooia  tv  raf;  oâoîç  ai'nui',  xal 

ôêàv  ètçijvTjç   ovx  synocav  ovx   sari   rpô6oç  BsoZ 

dnévuvTi  Tiôv  o'fDahtiZv  aviiijv  :    Ev  ck  -.t~}  izoiT.'/M 

-.x'j-.x  ijy  =JJ:t,-x:.  Le  te.xte  ainsi  cité  comme 
étant,  entre  autres,  celui  de  Diodore  =  exac- 
tement celui  du  Comm.  médian  Coislin.  275, 
foi.  :i^N  r.  et  V.,  et  du  Paris.  16S,  f.  35  r.  et  v. 

3  'i  18«  Paris.  110,  f.  23  r.Ai:îo)pîj.OJTiuy.£vsjv 

0  saTtv  ûxEpSa/.Xsûs'riÇ  S'Jvâ;jL£(<);  tîj  T:£7:str,y.iT;;  = 
Coislin.  gr.  275,  fol.  53  v.,  .51  r.  ;  Paris.  168, 
f.  52  r. 

4  •}  343  Paris.  1 40,  f.  .39  v.  et  Paris.  161,  f.  12  r. 

AisSbips'j.   Ts  èV/£;v   z-iv.  t;j    -'Jixvti)-;'^ t-(;v 

[107] 


170 


REVUE    DF,    L  ORIENT    CHRETIEN. 


5      ^>   34'4 


6      '>    3415 


7      ij;    3420 


*    8    4  3420 


9    -^  372' 

(Texte  scrip- 
turaiie  de 
Diodore.) 


10    (1/  43'3 


:p|j.ï;v  ocjTwv  àTsipYwv  =  Coislin.  gT.   275,   fol. 

89  r.  ;  Paris.  168,  f.  96  r.  (voir  plus  haut,p.94). 

Paris.  Coislin.  gr.  80,  f.  93  v.  Aisswpsu 
è-ia/.5<Cicsu!>    Tapa<Cou?>    Ûç  •['xp   ù-àp  ctuY" 

-,'cvôjv   c'JTOj;   ÈTa'TC£ivoijij.r;v  =  Coislin.  gr. 

217>,  f.  90  V.  ;  Paris.  168,  f.  97  v. 

Paris.  Coislin.  gr.  80,  f.  94  r.  t:3  xjtsù' 

àoûiAipwvst  y.aTa  Ta;  -/.aTrjYopîaç àXX'  âxéiAîvov 

tÇ)  -/.axto  =  Coislin.  gr.  275,  f.  91  r.  ;  Paris. 
168,  f.'  98.  r. 

Paris.  Coislin.  gr.  80,  f.  91  v.  At.îîû<pîu> 

àTtto-y.i^TïOU^  Tapaoù".    "Oti  îÙz.  £Îpv/y;v  Xa/.îuaiv 
/.al  èiïl  àOpèii)  yr;;  pr|[j.aTa  sTiiOétjijiv  Ao-fiÇovc-^ai? 
abrév.^   e'.ç  eip-r|VY;v   AaAiù'a-iv  àXXà  -spî  auvap- 
xaYSJç  èv  TY]  Yf/  ASYîuç  ooXi'îuç  XsYtÇov-ai. 
s!;  aJT<6v?  abrév.> 
"Oti  oÙx  £tpi^vï;v  XaAsSinv  xai  àx't  auvxeAîi'a  Y^ib 
pr|[j.a-:a  SoAta  SiaAOYtÇovxai.  Tô  yf^ç  èAàAouv  rjUXi- 
poiTai   Trapi   t;î;    ècîiij/i^xcv-a    iv   îè  tîï;  âzXotçj 
àvTiYpâçîi;  C'j  y.îtTai. 

Rien  de  ces  deux  derniers  fragments  nij 
dans  Coislin.  gr.  275,  f.  91  v.  ni  dans  Pa- 
ris. 168,  fol.  98  V.  (voir,  plus  bas,  p.  115). 

Paris,  gr.  140,  fol.  45  v.  et.  46  r.  xal  àntQ- 

Qixpav  rov  dyunrjTov  wasl  vexqov  è6â£Xvy/,iti'ov' 
xaita  [j-èv  sj  Ypàcpst"  TcOsixasi  oè  aùxà  y.al  Aiistoj 
psç  y.al  Ss.b'iiiypoç  v.v.  S.i'i\)\i.oq  %oà  i^pv~;i'iT,i .  Or 
cette  addition  se  retrouve  précisément  dans 
le  texte  scripturaire  du  Coislin.  275,  f.  102  r., 
et  Paris.  168,  f.  109  v.,  où  elle  est  expliquée. 
Elle  sert  encore  d'exemple  de  comparaison, 
dans  le  Prologue  au  'i  118,  Coislin.  gr.  275, 
f.  289  r.,  où  Diodore  explique  ses  principes 
d'exégèse.  Voir  le  texte  de  ce  Prologue, 
publié  et  traduit  dans  :  Recherc/ies  de 
science  religieuse,  1919,  n"'  1-2,  p.  92. 

Paris,  gr.  140,  f.  51  v.  Aicôiôpsu.  né-pa/.a; 
T)|x3t;,  oy;7Îv, TO  yaÔ'  'r,\mq  î7::''ï;jaç  ai'K7.-^\i.7.. 


[108] 


CO.MME.NTAIKE    DE    niii[ni|iK    l.E    TARSE    SUR    LES    PSAIMKS.     171 

=  Cislin.  gr.  -'7:.,  f.  NI  r..  Paris.  168, 
r.  1-2-2  V.  (voir  plus  liaul,  p.  !•.")). 

11  i   171"  Paris,  gr.  1 1(>,  f.  50  r.  SdlMp:;  /.a';  A6'm- 

iTeue  s.rii.-  ..j  -^,,3   ^..^  y..uiV-vîu<5av?>    :  et   de  fait 

lurairc  de  ~ 

uiodore.)  Coislin.  275,  f.  IJ  1  r.  bas;  Paris.  168,  f.  IM  v. 

ont  -z^  Aaîj  GZ-j. 

12  •:  55'  Paris,  gr.  1  10,  f.  63  v.  A -.:':.,').: :j.  IIxp:-.- 

XTjCÏÎUÎlV    Ti-':   -SJ     7.3.1   Tr,V    ''jJ'/T,')    'tl.Z'J  ^'f.i'jXl 

=  Coislin.  gr.  275,  f.  III  v.;  Paris.  168, 
f.  157  r.  et  v. 

13  6  68'»  Paris,  gr.  140,  f.  77  r.  lizzû,?z-j.  BiT/.iv 

ûwvrcov xaîajTsy  TStj  Çîjv  èx^éusiEV  =  Coislin. 

gr.  275,  f.  177  r. 
U    6  71"-'               Paris.  Coislin.  gr.  80,  f.  -'ni   r.  Atîîwpij 
èïïi7x;ïï<Cou>  Tapffîj  a,lpt-iy.sX)  :   èziiS-i;  Aiôîsza; 
iT.:z'/,t^7x\  a-jTbv  s!;  vivîur,  ^  Colslln.  gr. 

275,  f.  18-1  V.  les  3  mots  aliriv  £•;  viv=jô  n'y 
sont  pas. 

15  •;  72  "S-  Paris.  Coislin.  gr.  80,  f.  203  v.  Aiîîwpîj 

ÏT.isY.zT.z'j  -.-xzzz'j  T.^i-.vf.z'j  î!;  Tj  ajTî  [SÎC  ;  £IÇ 

au']  pr,-:'/.  Xpy;  :jv  v.zvit.  Astîîiv  ■;:xpà  t:û 

Arj'î  =  Coislin.  gr.  275,  fol.  186  r. 

16  6  73»  Paris,  gr.    MO,  f.  82  v.  Atoîûp:u.  Tb  oL/. 

£YV(i)î2v  àvTÎ  TsCi  e'Jzw  y.ipsv  £ÎÉ;av-s  twv  y.aO' 
r;(ji,ûv  c'jj/fspàiv.  [tï  îî  àvazXaTÎasOai  àv  tw  y.aT:- 
v;;j.â!^c'.v  Ta  <n;|jiîÎ3:  àzb  ÔscjjJ.i^îvTiç  zlr,  r.ùtq  b 
6ïi:;  vab;  -xXz  Ttôv  -îA£;j.{{»)v  ::apî;:'Jr,  7.îp5''J  ^ 

Coislin.  gr.  275,  f.  190  v.  Mais  la  phrase  entre 
fiarenthèsfs  n'y  est  pas  et  c'est  une  expli- 
cation d'Athanase  (.Migne,  P. G.,  t.  WVII, 
333  C.  qui  s'est  adjointe  à  celle  de  Diodoro. 

17  6  80"  Paris,  gr.  140,  f.  92  r.  Ai:oûp:j.  'Avtî  t:: 

=  Coislin.  gr.  275,  f.  214  v. 

18  Ç-  8P  Paris,  gr.  139,  f.  288  v.  Aiîswpîj.  ^aj^a, 

sr,-Î7,    :•    îr/.asTal    Tb   sÉ:v   5j}(  cpwjiv.   = 

Coislin.  gr.  275,  f.  216  r. 
[109; 


172  REVUE   DE    l'orient  CHRÉTIEN'. 

19  à  8P  Paris,  gr.  139,  f.  288  v.  AtoSûpsu-  îù  t^ù- 

•:ï;v,  çir;a'',  tv;v  atTÎav  (j'jaacwo)  xb  -àv  y.a'i  xapaHo) 
T?;v  YYjv  oià  TG'jç  xaTOiy.îûVTaç  èv  ajTïj  =  Coislin. 
gr.  275,  f.  216  r. 

20  6  816''  Paris,  gr.  139,  f.  289  r.  (à  la  suite  du  pré- 

Cédont)  Aïoîtôpou.  Suasîaw,  <fr,<si,  y.ai  a'jv- 
x/vîvï^aii)  ciy.i^ît  -Atjv  àvôpoïKWV  =  Coislin. 

gr.  275,  f.  216  r.  ;  cf.  Cordier,  Expos.  11, 
Catena,  p.  706,  s',  reproduit  par  Aligne, 
P.  G.,  t.  XXXIII,  1615,  mais  moins  long. 

21  6  81»  Paris,  gr.  139,  f.  289  r.  Aiîîûpoj-  ri  r^^mo. 

jÎ-wv   (1)ç  £x  Tïpco-wTOu  Tîu  ôïsij   àvaatà?  èx 

vcxptôv  TCotvTwv  osaxoÇïtv  =  Coislin.  gr.  275, 
f.  216  r.  et  v.  ;  cf.  Cordier,  £'.r/7os.  II,  Catena, 
p.  707,   r/;   P. G.,   t.   XXXIII,  1615,  v.   8. 

22  6  82"e-  Paris,  gr.  139,  f.  289  r.  Ansiipcu.  'H  [j.U 

ùzsOsaiç [xiàçT^ç  u'rccOî'ffcwç  C'Jo'r,ç  =  Coislin. 

gr.  275,  f.  216  v.,  217  r.  ;  cf.  Cordier,  Expos. 
Il,  Catena,  p.  716;  P. G.,  t.  XXXIII,  1615. 

23  <b  8218'''-'  Paris,  gr.  139,  f.  290  v.  Aisoiôpiu.  Taïï-aJ 

•r:ivTx;:y.£î Tf;; -,'?;;  ù'^viAo-sp:ç  =  Coislin.  gr. 

275,  f.218v.,219  r.  ;  cf.  Cordier,  Expos.  lI,Ca-| 
tena,p.720,  721  •,P.G.,  t.  XXXIII,  1615, 1616. 
2f    '^  83""-  Paris,  gr.  139,  f.  290  v.  AioSûpca.  Eùy.aptc-I 

tripiiçàattv t'^jv  îiâôïatv  Ssiy.vûvcwv  =CoislinJ 

gr.  275,  f.  219  r.  ;  cf.  Cordier,  Expos,  llf 
Catena,  p.  730;  P. G.,  t.  XXXIII,  1616. 

25  'h  83-3  pai-is.  gr.   139,  f.  291  r.  Aïoîupou.  Ti  w,- 

'3:';x.T.r-.h. 'j-àp  wv  îjyxpUTW  =  Coislin.  gr. 

275,  f.  219  r.  et  v.;  cf.  Cordier,  Expos.  II, 
Catena,  p.  730;  P.  G.,  t.  XXXIII,  1616. 

26  6  83«  Paris,  gr.  139,  f.  291  v.  At;o(ipcu.  Ai  àvac- 

ii.ijs.iz  J3U  èv  Tï)  xapSt'a  aùioû  [xaxâpisç,  fv;<r£v, 

-oLp'x  -5aav  D.-tèa  =  Coislin.  gr.  275,  f.  219  v. 

27  <h  8,3'  Paris,  gr.  139,  f.  291  v.  Atsîwpcu.  "IjToptaç 

,u,=  iAV(;Tat  xàç  àvTcXàç   tîîj  Oseu  =  Coislin. 

gr.  275,  f.  219  v.,  220  r.  ;  cf.  Cordier,  E.rpos. 
11,  Catena,  p.  731;  P. G.,  1.  XXXIII,  1616. 

[110] 


COMMRNTAinE    DK    DIODOHK   DE   TARSE   SL'U    LES    PSAUMES.     173 

•J8     <l  838                   Paris,  gr.  l:!<.>,  f.  J'.ll  v.  A..:-:<.\c:j.  ■.\va"/,:<y.- 
£iv£i  TJ   £jx.-p::i[A(;i.;  î;pr,(i.£va Iv  t:C;  t:iij- 

Tîiç  T::::ir  =  Coislin.  gr.  '275,  r.  220  r. 
•29    <1.  83"J  Paris,  gr.  139,  T.  2!t-2  r.  At;5.ip:u.  "O  esi?, 

0T,5(v,  TÛv  s"jvâ;jL£a)v  ^aïi/,£a  tîv   Zîp;,iac£X 

=   Coislin.  gr.  27.'»,  f.  220    v.:  erreur  do 
,       renvoi  dans   Paris.    13!l  :  v.  1:>  au  lifu  de 

V.   lu  :  reproduite  par  Yen.  17  et  Monac. 

12,13,  d'où  elle  a  passé  dans  Coniier,  h'.ipos. 

11,  ("atena,  p.  73."),  qui  a  compilé  pour  sa 

cliaine  .Monar.     12,    13;  voir  p.    7;   l^.G., 

t.  X.Wlll,   1G17. 
30     i  83"  Paris,  ^r-  139,  f.  292  r.  lr.zù,p:-j.  h:j,,t-2i 

£'.-■•;■/  îTi -/lA'.aîa;  Y;;A£p(Iiv  î;av:/.£iv  =  Cois- 

lin.  gr.  275,  f.  220  v.  ;  cf.  Cordier,  Expos.  II, 

Catena,  p.  733;  l^G..  t.  W.Mll,  IGlt;.  1017. 

:;i     i  84^  Paris,  gr.  139,  f.  293  r.  A..îîo,î:j.   iî-  î-i 

Twv  ^aîiXî'ojv il  jXr,;  -f,:  stxvst'ar  =Coislin. 

gr.  273,  f.  221  v.;  cf.  Cordier,  Expos.  II. 
Catena,  p.  710;  P. G.,  t.  XX.XIII,  1017. 

32  6  85"^-  Paris,   gr.    139,  f.   294  r.   ^'.zzù>pz■J.  Tr.v 

x'ji'çi  ■JziO£î'.v  (!>;  àzaXAavjiV/;;  TfJ;  t:a£(o; 

Ttov  'A-TJpûov  ■5T£  îi'  3-C(0.i'j  ytipi:  x-/r,pif)r,^T/  = 

Coislin.  gr.  275,  f.  222  v.  ;  cf.  Cordier.  Exjios. 
II,  Catena,  p.  757; /-*.(;.,  t.  XXXlll,  1017. 

33  .i  85"'  Paris,  gr.  139,  f.  295  v.  Aiî5<,'.p:j.  Ilaîîa 

■/.i'.  j'.z-i -X'.ll'7-/.r,i  : j -âvu  ;vt:ç  £J-££;j;  ^ 

Coislin.  i:r.  275,  f.  224 r.  ;  cf.  Cordier,  Expos. 
II,  Catena,  p.  703;   P.  G.,  t.  XXXlll,  1017. 

34  .i  8G2  Paris,  gr.  139,  f.  290  r.  Aiîî,ip;j.  Zy.Y;v(i- 

;j.2-2    lr/(<)6 £y.£(v;'j;  là  £Ç£;ti)y.£v  'A5;jp{îi;  ::^ 

Coislin.  gr.  275,  f.  224  v.  ;  cf.  Cordier, ^'.rpos. 
II,  Catena,  p.  773;  P.  G.,  t.  XXXlll.  It;l7. 

35  -i  80*  Paris,  gr.  139,  f.  290  v.  Ai-.î.opju.  Tb  -iviut- 

■/.zjzi  ;JL£  àvT'  t:3  -.:'.;  r,ir, à/,"/,'  èzt  zpiY;jL2Tc: 

y.aî  èiAOYvtojxîîJvr,;  =  Coislin.  gr.  275,  f.  224  V. 

36  6  86^  Paris,  gr.  139,  f.  297  r.  A-.:s(ip;u.  "ÇiGZîp 

•:r,v  'r/./,;ji  OjvaTfpa  i7£'vïj  -si;  :::"/.£;jl;:iç  ^= 


174  HEVUE    DE    l.'oiilENT    flIRÉTIEX. 

V  Coislin.  y  T.  -^Tr),  f.  ■2-24  v.,  225  r.  ;  cf.  Cordier, 

Expos.  II,  Catena,  p.  774;  P.  G.,  t.  XXXIII, 
1617,  1618. 

37  6  86«'"  Paris,  gr.  139,  f.  297  r.  Aic3o.psj.  'Avay.Tiaîi, 

fV)<ji,  ■KaXiv ij.sTi  TïXsfcx'rjç  £jspï(7'jvr;ç=  Cois- 

lin.  gr.  273.  f.  225  r.;  cf.  Cordier,  Expos.  II, 
Catena,  p.  776;  P.  G.,  t.  X.VXIII,  161S. 

38  'i  87°^«-  Paris,  gr.  139,  f.  297  v.  AisSiipiu.  Tb  ]U-(ir 

Ooç  Twv  îujj.ispiov -r^q  -tL^  y.ay.wv  (X7:oi.\kcn-(f,VM 

tSxpÙTr,-::;  =  Coisliii.  gr.  275,  f.  225  r.  ;  cf. 
Cordier,  Expos.  Il,  Catena,  p.  786;  P. G., 
t.  XXXIII.  1681. 

39  6  87"  Paris,  gr.  139,  f.  298  r.  Aïoîo.pcu.  'Qî'vip 

o'.  vsy.pc'!, Trivra  TravTa^sGîv  àc-iv  =  Coislin.- 

gr.  275,  f.  225  v. 
*  40    'i  87S  '    Paris,  gr.  1.39,  f.  298  V.  Il  semMcqu"on  ait 

voulu  effacer  le  nom  Atiîûpou,  et  il  l'est  de 
fait  H  moitié  :  toùç  [i.îTsiopwixo'ji;  ûç  è^l  OaXâGŒïji; 
sÎttev    àvTaûôa    iv-l    tcu    •jràsav    --ijv    à'SujŒSv   tî)ç 

ipY?;-  jc'j  âTTY-vîvy.i;  ;.i.5i.  Ce  fragment  n'est  pas 
dans  Coislin.  gr.  275,  f.  225  v.,  226  r.  qui 
porte  à  ce  verset  :  M£-e(i)pi(7!J.sj;  w;  i-l  (ixKxaar,; 
ki-;s.i  y.U[jiaivî;j.î'vY;ç,  cj-w;,  ç'/juiv,  6  lh\j.hç  c:u 
î7:in).'jî;st  ati6apwç  (I);  csy.sîv  /.aTotzîvTîrsjOxî  ;j.£ 
il-'  a'j-où  w;  ù';::  QaAâffcï;-;.  C'est  évidemment  la 
même  pensée,  mais  pas  dans  les  mêmes 
termes.  Par  contre,  ce  fragment  se  retrouve 
sous  le  nom  de  Diodore  dans  Cordier,  Expos. 
Il,  Catena,  p.  791;  P. G.,  i.  XXXIII,  I6I8. 

41  6  87^  Paris,  gr.   139,  f.  299  r.  AiîB.'.pou.  'Q;  -,-«? 

£V  sîp-ATTl  svîviiuv  T»  y.ay.x  =  Coislin.  gr. 

275,  f.  '226  r. 

42  6  8711  Paris,  gr.  139,  f.  299  r.  Aicowpîj.  BoûXs-w 

s'.zîîv  oTt  a'.cÔÉŒÔai -apacy.ïudtcîuaiv  ::=  CoiS- 

lin.  gr.  275,  f.  226  r. 
'  43     4-  87"               Paris,  gr.  140,  f.  97  v.  Aiî5<ipîu.  Ti^  a!-iaç 
oiîijy.st   £v   TÙ  (jV.bzzi  tï;v    à'/.rfinx'j.    L  at- 
tribution   ici    est   fausse.   Ce    fragment  = 

[11-2] 


cmmkntaihf:  i>v.  i.iopi.rtF  he  tausk  si  r  le>;  psaimes.    170 

Athanase,  in  loc.  P.  (;.,  t.  WVll.  ;!S|.  B 
14     .i  87'6  Paris,  gr.  139.  f.  299  v.  A..:E,:.pî,.  K;  --i?  "^'i 

zpsç   :X;7:v  /.ai   i--;    i,.i(,');jia7:ç  ->>£■':/;;  := 

Coislin.  gr.  273.  f.  220  v. 
ir.     .1  88"^-  Paris,  gr.  139,  f.  3U0  r.  Atcî.ipju.  '0  X«,-  5 

■.tî3?;/.';tï;ç    îii    r<;v   k-x-^-^ùJ.zv  tj-/=îv    tî;; 

çiÀavOpurta;  =  Coislin.  gr.  27.0.  f.  227  r.  :  cf. 

Cordier,  Expos.  II.  Catena,  p.  81S;  l'j; 

t.  X.WIII.  1018,  1019. 
'^    "l*  88^  l'^'iis.  ,i;r.  13!»,  f.  .300  v.  et  Paris,  -r.  140, 

f.  98  V.  A'.îî(.jp:j.  TzÉî-/:-',  ?r,jt,  tr.v  -'.:xj-r,-i 

5'.>.avOp(,)-;2v    £v  T5i;    cjpavîîç,    waTs  ajTTj; 

HYjîiv  £-iYî-.:v  zsp'.YîvÉjOat  -pà-;;jL2  (cité  d'apri'S 

le  texte  de  Paris,  gr.  139)  =  Coislin.  t;r  27.j 

f.  227  V. 

17  •:  88'''  Paris,  gr.  139,  f.  301  r.  et  Paris,  gr.  140, 

f.  98  V.  A'.::ùpïj.  T:jt:  Îï;>.îv:t'.  îJx  v.ç  ajrbv 

Tsv  Arjts  vîîCTa-. r.ôvra  xaî  gajiAEJîVTa  (cité 

d'après  le  texte  de  Paris,  gr.  1.39;  Paris,  gr. 
1  10  résume)  =  Coislin.  gr.  273,  f.  228  r. 

18  .}  88"  Paris,  gr.  139,  f.  .301  v.  A..:î,;,pîj.  ï^je^tî- 

p;v  -x  y.xi'x  TJv  Ssj::sTr,v  XpwTîv t;Jç  £z:j- 

pxr:îa;  "/.r.-st  t;-îjç  =  Coislin.  gr.  275,  f.  228 
r.  et  V. 

19  .i  88»  Paris,  gr.  139,  f.  3(i2  r.  Atsc.op:..   Kal  -i? 

à£Î,  çr,z(,  Oaj;i.a;Ti;  (ôoO/;;  iv  f,;jiîv  /.al  sTç  zpât- 
TEtç  j-jp  r,ixwv.  Ts  yip  èv  gîjÀf,  â-,'to)V  âvTt  t:j 
£V  TÔ)  juvsSpio)  Ttôv  âyicov  îva  £Î'-r,  èv  r,[xCv.  0(7); 
2à  ;A^;aç  èî£{-/Oii;ç  èv  ïjiJifv;  -x/tw;  «l  tîù;  r£p'.îi- 
■/.ijvTScr,    y.a:   :::X£;^:OvTa.:   r,;j.Tv    ;:c£pâ  Tf,  èajTSÛ 

ijva;j.£i  y.aTa::Ar,;a;.  C<'  fragment  ne  sc  rctruuve 
pas  dans  Coislin.  gr.  275,  f.  228  v.  /loc  hco; 
mais  je  le  crois  cependant  diodorien  et  je 
crois  le  texte  du  Coislin.  27.'i,  pour  ce  verset, 
lacuneux  ou  interpolé.  D'autant  que  la  l'ara- 
p/irasis,  =  Vindob.  8  (10),  de  Cordier, 
E.rpofi.  II.  p.  SOI.  donne  pour  ce  verset  le 
texte  de  Paris,  gr.  139. 

:ii3; 


176  REVUE   DF.   l'oRIKNT   CURKTIEN'. 

50    6  882"  Paris,  gr.  139,  f.  304  v.  Aicî<ip:j.  Ti  y.x-x 

Tbv     A^tuîï     a!vlTT£TJ!l    TW     Aa'jîû    /.xî    TîTç     è| 

aLTîîj  =  Coislin.  gr.  275,  f.  230  r. 
*  51     ^  88-^'^>  Paris,  gr.  140,  f.  99  v.  Ai:îo.p:u.  'XX-rfl^yy 

èv  r.'/îù[xxxi.  Ce  fragment  ne  se  retrouve 

pas  clans  Coislin.  gr.  275,  f.  230  r.  et  v.  Rien 
d'étonnant  :  raltribution  à  Diodore  est  fausse  : 
c'est  du  Didyme  :  voir  Cordier,  Expos.  II, 
p.  834,  v.i'.  La  confusion  des  sigles  Aiso.  Aïo 
est  courante. 

52  à  8826  Paris,  gr.  139,  f.  305  r.  Ai:î<;.p:j.  napj;a) 

3î  ah-(l> lix'izp*))^  0'.  'l7p3ir,"ACTat  :^=  Coislin. 

gr.  275,  f.  230  v. 

53  -i  882'  Paris,  gr.  139,  f.  305  v.  Atcîûpîj.  Mîtk- 

îioŒ(i)   li   a'j-(i)  iv  s'jpavtîj   avT;  t:î1   iy.Aîy.Twv 

■/.T.  Titj.fcjv  =  Coislin  gr.  275,  f.  230  v. 

54  .i  8836  Paris,   gr.    139,  f.    30(3   r.   et  Paris,   gr. 

140,  fol.   100  r.  (avec  var.)   At:c(,)p:j.  "A^aÇ 

xaXsî    '/.xz'x  r^ç  ôc{i(x>aÙTf,q  \).ou'   è^iîtS-Jj  vàp 

oj-/.  si"/£v  xa-à  ;v,£iuov:ç  qj.iuat  -/.aTa  tïJç  àyto)- 
c'jvï;;  (oij.sajv  t^ç  ajTcj  ==  Coislin.  gr.  275, 
f.  231  V.,  jusqu'à  i^îiir,.  Cette  citation 
telle  qu'elle  se  trouve  dans  les  Paris.  139 
et  140,  se  retrouve  suus  le  non»  d'Hésycliius 
dans  Cordier,  Expos.  II,  p.  837.  Fausse  attri- 
bution, ou  emprunt  d'Hésycliius. 

55  li  89"''»"-  Paris,  gr.  139,  f.  308  v.  Auîo'ipou.  Ka'i  h 

TCÙTw  Tw  'ia)v|j.û tï;v  xaTaçuYïjv  iyisvt  b\i.okc- 

viîjatv  =  Coislin.  gr.  275,  f.  233  v.  ;  cf.  Cor- 
dier, Expos.  II,  Catena,  p.  859;  P. G., 
t.  XXXIII,  1624. 

56  6  89^  Paris,  gr.  139,  f.  309  r.  AwSûpou.  Tb  dr.aq 

àvx'i  Tcù    Twv   co'jXuv   ac'j   =   Coislin.    gP. 

275,  f.  234  r. 

57  6  89^  Paris,  gr.  139,  f.  309  r.  AwStôpou.  'EttsiSy; 

'fotp  7p:v:v  Tpstç  wpai  vuy.-rspiva:  sîç  Trapssiu 

Ta'/UT^Ta"    <fuXa/.-?;v    -j'àp    v'jxT£piv);v    "psEs    wpa;  ' 
X£Y£i  vux<Tiç>  =  Coislin.  gr.  275,  f.  234  r. 

[114] 


(  OMMKNTAIUK    M.    Dliil>i.|ti:     l>i:    TARSK    SfH    LES    PSAUMKS.     ITT 

",s    -i  8n«  Paris,  gr.  1:5! i,  f.  309  v.  Aiîîcipsu.  rr/STOo), 

çy;c(v,  y;  -/.tl-'t. tsj;  ::5Xî;j.t':'j;  -siJ  isaviî- 

y.:j  rr.iaivx;  =  Coislill.  gr.  27.').  1".  234  V. 

.".0     6  80"'  Paris,  gr.   130,  f.  :!I0  r.   A..::,;.pîj.  "OX:; 

\).V)   ;ûv,   j    àvOîi.'iziv;;   ^'•'■;   î'î   îJ5p57'Jvr,v 

:J:{r/.£Ta'.  "/pivc;  =  Coislin.  gr.  275,  f.  23")  r. 

Cl»     i  .S'.)'-  Paris  gr.    139,   f.  310  r.   A-.îî.ôpîj.   'A/.Xà 

ttJç    TiiaÛTr,;,    5r,ii',     ;'jvi;;.-(i)^     -;;{ïv    -;'? 

èvTajOa  -t,v  àYaOïoTJvr.v  èy.iXESiv  =  Coislili.  gr. 
27:).  f.  23.")  \-.  et  23G  i". 


Les  fragments  3 1-37,  relatifs  au  '^  ^!(>,  ont  été  pul:)liés  dans  la 

Ucviie  de  Philologie,  janvier  1911,  p.  G3-66;   ainsi  que  les 

;  fragments  13  (6  68'"')  et  1 1  (-i  71'0),  ibicl.,  p.  67,  68. 

i      On  a  donc  rclové  dans  cps  quatre  chaînes  :  Paris,  gr.  139, 

140,    164    ot    Paris.    Coislin.   gr.   80,   Gi»    fragments   signes 

A'.:î(i'iss'j. 

Sur  (PS  6(1  fragments,  6  ne  coïncident  pas  avec  le  te.xte  du 
Commentaire  médian  Coislin.  27."). 

Pour  .j  de  ces  6  fragments  Terreur  s'explique  parfaitement. 

Pour  les  fragments  Im,  13,  M  nous  avons  déjà  donné  plus 
haut  re.xpliration. 

Pnur  les  fragments  7  et  8  la  voici.  Remarquons  d'aliord  que 
dans  le  l'aris.  Coislin.  gr.  80  le  fragment  8  ne  poitc  pas 
expressément  le  sigle  Aisîwpjj  :  il  n'est  précédé  que  do  ces 
mois  ■'.;  XJ-.  ::v?>.  Puis  ces  deux  fragments  7  ft  8,  dans  le 
Coislin.  S(),  viennent  immédiatement  (à  la  page  suivante  :f.  94  v., 
mais  sans  autres  extraits  dans  l'intervalle)  après  les  vrais  frag- 
ments dindoriens  .j  et  6  (ce  di-rnier  se  trouve  f.  91  r.  ).  Dans  la 
chaîne  d'où  il  les  copiait,  l'auteur  de  la  liiaine  du  Coislin.  80  les 
a  sans  doute  trouvés  sans  nom  à  la  suite  de  ces  vrais  frag- 
ments, mais  dinncnl  séparés  par  un  petit  intervalle.  On  cons- 
tate cette  dispusitiiiii  dans  le  Paris,  gr.  139  pour  une  foule  de  cas. 
L'auteur  de  la  chaîne  du  Coislin.  80  n'aura  pas  pris  garde  à  ce 

tit  intervalle.  C'est  ce  qu'a  fait  d'ailleurs  aussi  l'auteur  de  la 
haine  des  Munac.  12,  13  en  reproduisant  la  chaîne  du  Paris, 
r.    139  (voir  Revue  de  P/i>/<ilogie,  yAn\'\er  PUl,  p.  69}. 

Mb] 

OnlE.NT   CHKÉTIEN.  12 


178  I!i;VUE    liK    l/oniKNT    CHRÉTIEN. 

Reste  le  fragment  JO  :  là,  c'est  \'iaisenililablement  le  texte  du 
Coislin.  -275  qui  a  soulfcrt. 

Ce  seul  cas  excepte,  la  roucunlancc  entre  le  Commentaire 
du  ms.  Coislin.  gr.  275  et  les  fragments  signés  AicSwpou  dans 
ces  quatre  chaînes,  est  parfaite. 

Nous  n'avons  pas  cité  ici  les  références  aux  mss.  Paris.  141 
(n""  2-2,  53)  et  163  [ix'"  23,  51)  :  ils  sont  identiques  au  Paris.  1 10 
et  reproduisent  les  mêmes  erreurs  d'attributions  signalées  plus 
haut  pour  les  fragments  43,  51. 


1116J 


AI'l'EMUŒ  11 


LlSir-:  DKS  CHAINES 

iiNTEXANT  à  la  fuis   KKs    KHAOMENTS    1)K   DluUORK,    ill  l'salmOS, 

signés  Atîsiôpeu  et  signés  'AvaiTXJîîj. 

^11  Mediolaniensis  Ambrosianus  B  106  sup.      12 
'   \:<  Romanus   Vaticanus    1747 13 


w 


^   K;  Florentinus    Laurentianus   VI,  3.   .    .   .   .     47 
/        Mediolaniensis  Ambrosianus  C  98  Sup.      18 


Is  Parisinus  Bibliothecae  Nationalis  140.  |'J 

lil  Peiropolitanus  BiMiotlie<'ae  imperinlis  61.  .  .  .50 

•20  Romanus  Vaticanus  711 31 

•Jl  Vendus  append.  class.  I  cod.  3u 02 

\li  l'arisiuus  Bibliothecae  Nationalis  141 53 

2:!  Parisinus  Hililiothecae  Nationalis  103 .M 

24  Romanus  \aticanus  1017 ôô 

wii  /  2.")  Monacensis  Bililiotliecae  regiae  252 56 

26  Veronensis  Bildiotlierae  capilulaiiac  ils.  .    .  57 

27  Mosquensis  Hibliotliocae  synodalis    III....  58 

25  \indobonensis   BiMiotliecae   imperialis    liien- 
logicus  2!i9  il.')i 59 

29  Venetus  append.  class.  I  cod.  41.  ...    .  60 

I   3"  \'eneius  :ippi  ud.  .  Jass.  I  rnd.  |:; 01 

31   Taurinensis  Bibliothecae  regiae  B  I  22.  62 

.wiii      32  Mosquensis  Bibliothecae  synodalis  358.  {','.] 

Les  rliilTrcs  r-nmains  indiquent  les  gi'oupes  établis  par  Ivaro 
et  Lii'tzmann  {f'a/aloyus}. 


180 


REVUE    DE    L  ORIENT    CHRETIEN. 


Les  cliiffres  arabes  sous  AwSûpîu  et  sous  'AvaaTaaîou,  sont 
ceux-là  mêmes  des  paragraphes  où  ces  manuscrits  ont  été 
étudiés. 

Nous  avons  imprimé  en  caractères  gras  les  manuscrits  qui 
nous  onl  paru  les  plus  impnrtanis  ou  qui  posent  des  queslions 
dont  la  solution  pourrait  apporter  du  nouveau  :  tels  le  Mosq. 
Bibl.  syn.  358  et  le  Venet.  app.  class.  I  cod.  41. 


[1181 


APPENDICE  Iir 


i 


Note  sur  les  .manuscrits  ut.l.sks  par  Cord.er  pour  la 
COMPILATION  DE  SON  ExposUio  in  Psulmos. 

Il  es,  ,lifncile  d-i.lentifHT  exactement  tous  les  manuscrils 
^.l.l.-es  par  .  „r.|,er  dans  son  E.-positio  in  Psalmos  et  p  s 
en  ore,  de  precser  la  l^u-on  dont  il  les  a  utilisés.  ^ 

\    Lietzmann  dans  .son  Calalojus,  p.  20,  avait  déjà,  à  ce  s>net 
fourni  des  indications  précieuses.  Les  voici  :  ^    ' 

'  Aniverpiae.   ex  o  Lin/  Ph't^.n     rf  uk''  ■\"-'^'-"'''us   illusTata... 
1  3  vol.  fol.  Pl.'nt,niana   Baltha.saris  Moreti.   M.DC..\LIII-\  I 

,      paraphrasim  anonymi  e.x.  \in(l   298  pt  \  in,i    «  /p    .         .-    . 
-'.^.  voir  p,u.  bas.  notU 'l'^^^rdrcrer  ^^''"•^■"■"■''  "'  ''■^•'"- 

len'o"ôr,ri9r>"'"1-'r'"'  ''  ""  '^'^'=^"^^""  -"«  -dressait 

Gn.ce  à  cette  lett.e  et  à  des  recherches  personnelles,  je  crois 
et.- panenu  a  vo,r  a  pe.,  p.,.  clair  dans  cette  questi^i  ass" 

Elle  ij.éritei-ait  à  elle  seule  une  petite  notice.  Je  n'ai  pas  actuel 
lemen,  le  tei..ps  de  compléter  la  documentation  que  ceUe  notice 


[119] 


182  iiKvn-:  df.  l'ouient  ciiri-tien. 

exigerait.  Je  crois  cependant  utile   de  donner  dès  à  présent, 
mais  sous  toutes  réserves,  les  précisions  suivantes. 

Le  plus  simple  sera  de  reproduire  la  Préface  même  di' 
VExpositio  de  Cordier  et  de  l'annoter  à  l'aide  de  mes  remai-- 
ques  personnelles  et  de  l'ouvrage  de  Lambeck  :  Pétri  Lambecii 
Hamliurgoiisis  Cumriientariorum  de  AïKjusIissiiaa  Biblio- 
tlieca  (Jaesarea  Vindobonensi.  —  Lit  ht  tertius  —  Editio 
altéra  studio  et  opéra  Adami  Francisci  Kollarii  —  Vindolionae 
CDDCCLXXVI  |1776]. 

B.  CoiiDF.Rius.  —  Exposilio P.  P.Grai'covwn  in  PsalmuxA.  I.  \\.  \iii-\i\'. 

PRAEFATIO  AD  LECTOREM 

Instituti  mei  in  Iior  Opère  rcUiimem  jiaucis  ncci/x'.  (Juin  inlrr  varia 
àvÉzSoia  Graecorum  l'atrum  monumenUt,  quac  in  Impcratoria  Viemifnxi 
Bildiothcca.  per  Augerium.  Busbequium  natione  Flandrum,  D.  D.  Ferdi- 
nandi  1.  et  Maximiliani  II.  ad  portam  Otlomanicam  Oratorem,  e  Turcarum 
ntanilms  asserta.  alque  aère  Caesareo  redemptn  servanlur,  quinque  oninino 
Codice,<  gvfiecos  antiquissimos  MSS  {quibus  Psalnwrum  ÈÇr|yr,!it;  coiitine- 
lifilur)  reperissem;  thesaurttm  inclamo,  Caesari  patefario,  operam  nieum  et 
industriam  ad  eum  eruendum  addico.  Applaudit  optimus  Imperalor,  et 
patrocinium  subsidiumque  suum  mihi  offert  liberaliler  :  dictas  Codices  ad 
( '.aller/ ium  de ferri  iubet  :  uhi  illos  dum  examina  accwatius.  maiores  diin.< 
(1)  in  pergameno,  reinsto  rotundn  caractère  craratos,  )Tj)eri  continere  Cale- 
nam  Patrum,  .sed  iitramque  mulilam;  alque  unam  quidem  non  ultra  qnin- 
quugcsimum  Psalmum  contextam  (2);  ad  quani  supplendam.  ciim  Electora- 
tibus  Serenissimi  Bauariae  Ducis  Codicibus  duobus  (3),  qui  in  Bibliotlieca 
Mamichienxi  seruahantur,  opns  mihi  esse  intelligeret  Imperator.  per  Yiee- 
(jrncelldrium  Str/ilendar/inm  Malim  lilteras  suo  noniine  ad  Serenissimum 
F.leelaretn  expediri  curai  ;  in  virlute  qnarurn  duux  Codieen  illa.^  Vii'nyiam 
axpartnndi  faeulta-i  mihi  fieret  :  quae  et  fncla  est  a  Serenisxit7in  amplis- 
sima.  Catenam  itaqiie  ex  utrisque  pleniorem  conlexui;  quam  ne  xolnm 
darem,  Commenlarium  Graecum  Annnymum,  in  cha.rla  quidem,  sed  peran- 
tiqua.  eleganler  conscriphim  ex  Cae.mrea  (4)  addere  placuit.  hactenus 
quidem  inciignitum:  nisi  quod.  dum  unie  mensem  Bamam  veniens.  Viilica-' 
nam  {\>)  J'dnli/icix,  ac  Quirinalem  Eminenti.'isimi  Francisci  Cardinalis  Bar- 
berini  (0)  Bibliathecam  perlustro.  et  cum  manuitcriptis  peruetustis,  quae  in 
pergameno  itesrripta  ibidem  seruaiUur,  conféra,  repererim  esse  Theodori 
lleracleatae;  enius  namine  ita  era.nt  inscripta  : 

OEOAQPor  i:niï;Kon(»v 
npAKAKiAï;  epAKHi: 
i:i'i\inM-iA 

Elï  Tdli:  MA  \  MOIS 


rOMMENTAlRK    DE    niûOnriE    UF.    TAKSF.    SIIl    I.KS    PSM'MKS.     ISPi 

//(•  i/tfi  siinilii.t  llii-ninymus  in  libro  île  Srrii>liiribii.'!  f-Jcclfsiasticis  : 
Theodonis  Heracleae  Thraiiarum  Episcupus  elegantis  apertiquo  sermonis, 
et  magis  hisforicae  intelligentiae,  edidit  sub  Constantio  principe  com- 
menfarios  in  Matthaeum  et  Inannem,  et  in  Apostolum  et  Psalterium.  In 
anliqiiissiiiiis  quoqitf  Graecorum  Calenix  ad  S.  Scriptiiram  rcperiuiilur 
frngmfiita  huius  Theodori;  utpole  aueloris  Calholici,  antiquissimi,  et  elo- 
quentissimi :  cuiiis  cliam  per/iunurificain  nienlioni-m  facitint  rrcenliori:i , 
Honorius  Augustodunonsis,  Sixtus  Senensis  lib.  1.  Biljliotti.  Sacrac,  Auto- 
nius  Posseuinus  in  Apparatu,  Tritliemius  de  Scriptoribus  Ecciesias- 
ticis  (7). 

Penique  cum  duo  alii  Codices  similiter  mutili,  in  qttatio  éxarali  (8), 
compendiarinm  quamdam  Psaliiiorum  fxplicalioitpm  cimlitipri-nl.  ex  utroque 
Paraphrnslm  roiiciniiaiii  d>].  Et  ne  ad  Operix  pleuilmiinem  ciirioswi  Leclor 
i/iiidqiuim  desideiaret,  qntirlo  bico  (id  xiiii/ulus  Psi(lnio.<  measaddiili  Annu- 
l'iliones  ('.<);  "•  quihitx  variantes  pnlis.fimum  lecliones  disculiuntttr.  et  ex 

<dem  doclrinae  variae  eliciuntur.  Ac  ne  quid  dexit,  in  gratiam  Concionn- 
l'i-um  peciiliarem  indicem  adieciin  uniuerm,  quae  per  nuni  decurmm  occur- 
nint  Eunngelia.  Ilisce  utere,  fritere  et  vale. 

Notes.  —  1.  Vindobonensis8{10),  ici  n»*  11.  68.  et  le  manuscrit  qui  fait 
l'objet  de  la  note  2.  ci -après. 

2.  On  n'a  pas  jusqu'ici,  que  je  sache,  identifié  exactement  ce  second 
manuscrit  maior  (i.e.  in  folio).  Lambeck,  op.  cit.,  t.  III,  col.  5.>56,  n.  4, 
écrit  :  «  Secundum  hune  illnnim  quinque  Codicum  MStorum,  qui  ultni 
quinquagesinumi  l'salmum  mm  perlvjit.  sitiiiina  quidem  diligentin  in 
Augusti.ssima  Bibliotheca  Caesarea  hacienus  qwiexiui,  sed  nusquam  reperi. 
(junmohrem  valde  vereor.  ne  is  remanseril  Anlverpiae.  >  LtMliEfK,  ibid., 
n.  2,  note  en  effet,  à  propos  du  Collegium  dont  Cordier  parle  plus  haut  : 
•  ...  ad  Collegium  defevri  iubet  •  :  t  Imo  non  in  Collegium  tantum  Vindo- 
bonense.  sed  et  Vindobona  Antverpiam:  ut  testatur  supra  citato  loco  Ten- 
gnagelins.  >  Ce  témoignage  de  Tengnagelius  se  trouve  aussi  à  la  fin  de 
la  description  du  \indobonensis  XI  Lambeck,  2"  éd.,  on  le  trouvera  ici 
au  n"  72,  A,  p.  88. 

Au  dire  de  (/ordier  ce  manuscrit  n'allait  pas  au  delà  du  ^  50. 

Parmi  les  Vindobonenses  il  }•  a  bien  un  manuscrit  qui  s'arrête  lui  aussi 
après  le  ■{>  50.  C'est  le  n"  17  (Lambeck,  2''  éd.i  -  294  iNesseli.  Et  c'est  là 
.sans  doute  la  raison  pour  laquelle  Lietzmann  a  mentionné  ce  "iM  dans  la 
note  reproduite  ci-dessus  :  «  forlasse  Vind.  29'é  ad  Px.  I-M  adhibitu.t 
est.  »  Viiici,  sur  ce  manuscrit,  quelques  extraits  de  la  notice  que  lui  a 
consacrée  Lambeck,  np.  cit..  2"  éd.,  III,  cul. 71-72  :  «  [teeimus  seplimnx  codex 
manuscriptus  Théologiens  graecus  est  membranncrux .  pervetustus  et 
optimae  notae  in-quarto,  constatque  foliis  rentum  sepiunginta  duobus.- 
Continetur  eo  Psalterium  a  Psalmo  primo  usque  ad  Psalmum  quinqnage- 
simum  inclusive,  cum  brevi  (|uadam  E.rposilione  siugiiiis  verxibus  snb- 
juucla.  [d'après  la  note  de  Koi.L.^R,  au  bas  de  la  page,  cette  Erpositio  —- 
en  grande  partie  Tliéodoret  in  Psfilmos]  quae  ab  Antonio  Carafa  e  Graeca 


184  REVUE    DE    l'orient    CHRÉTIEN". 

in  latinam  linguam  primum  conversa,  et  Patavii  An.  15G4.  typis  M.  Antonii 
Gallassii  in  quarto  édita  est  ;  non  tamen  ex  hoc  Codice  MSto  Caesareo, 
quippe  quonec  ille,  nec  R.  P.  Corderius  in  contexendaPatrum  Graecoruni 
expiisitiuno  in  Psalmos  usus  est...  Prima...  ih'cem,  et  quuluov  ultima  foiia 
charlacca  loco  deperditorum  membranaccorum  foliorum  vcteruin  substituta 
sunt...  » 

Mais  le  format  in  i/uarlo  [20,5  X  14,5  cent.,  communication  Lietzmann] 
ne  répond  pas  à  l'appellation  maior  =  in  folio;  et,  de  plus,  Lambeck 
n'indique  pas  que  ce  294  ait  été  acheté  par  Busheck,  ce  qui  est  une 
des  caractéristiques  des  5  manuscrits  devant  lesquels  Cordier  cria  au 
trésor. 

Parmi  les  75  chaînes  sur  les  Psaumes  recensées  par  Karo  et  Lietz- 
mann, les  3  du  groupe  VI  {Catalogus,  pp.  29,  30)  sont  les  seules  à  ne  con- 
tenir que  les  .50  premiers  psaumes. 

On  penserait  au  Monacensis  359  :  34  X  26,5  cent.  «  pakiierrime  exn- 
ralus  ».  disent  Karo  et  Lietzmann.  Mais  Ignatius  II.ardt  (Ctilaloijus  Oïdi- 
ciim  Manusciiplorum  Gracconim  Bibliolhecae  Jief/iae  Editai  iae.  .Monachii 
MDCCCX,  toiii.  I\',  pp.  42  44.)  ne  dit  absolument  rien  sur  la  provenance 
de  ce  manuscrit. 

3.  Munacenses  12  et  13  :  voir  ici  n"  5. 

4.  Vindobonensis  17  (Nessel)  11  (Lambeck)  :  voir  ici  n"  72. 

5.  Vaticanus  412  :  voir  ici  n"  70. 

6.  Barberinianus  525  :  voir  ici  n"  69. 

■  7.  Sur  cette  attribution  erronée  voir  ici  les  n""  G9  et  70  et  surtout 
70,  A. 

8.  Vindobonen.sis  297  (Nessel)  12  (Lambeck)  :  K.\RO  et  Lietzm.\nn, 
Caldlinjus,  groupe  XII,  p.  39  : 

Code.x  saoculi  XI  menibrauaceus,  19  x  M  centinieti'onim. 

Catona,  qiiae  textum  subscquitur,  28  versibus  exariita. 

i;t  coiitextùs  .sacri  singuli  versus  ita  catonae  iVasmcuta  singula  litteris  ini- 
tiaUliiis  ornata  lincam  nouam  incipiunt. 

Tiuili,  lillei'ae  initiales  miniatae  non  iiisi  iii  folio  I  r. 

'3)!5  l'olia  continet. 

Anijerius  de  Busbcckc  cumparauH  Coiislunlinopoll.  Au.  I-'>A. 

Titulus  :  TO'j  èv  àY'"^?  t  [lacuiia  lô  liltiM'ariim]  xai  eùaepeiou  xai  ÔEoôuprjt  [15  lit- 
terae]  tictiç  tli  tb  i}/a).T'. 

Folio  3.'fô   v.   ère/.SKiÛ»)  i)   £f/à  3i|3/.0(r  aÛTr]   napà  eùataOïou   xX      tï,it    ^i.zfxir,'!  IxXï;' 
[irjvi  v(iJE(jiëp£io  EÎ(j  Tiff  xë'  hrj'  Èyà-:r\n  Iro'jcr. 
Caleiia  in  l'.salmos  et  rollo  311  v.  Odas. 

Et  :  Vindobonensis  29,S  (Xessel)  13  (Lambeck)  :  Lambeck,  opère  cit., 
2"  éd.,  t.  111,  col.  03  : 

Deciiims  lerliiis  [sur  ce  chiffre,  note  2  :  Fuit  is  uliin  inler  Codices  MSlus 
Tliculoyicox  i/riirrij!!  cente.siîiius  quinquagesimus  sextus]  Codex  manuscriptus 
Tliculixjicus  ijracciia  est  cbartaeeus,  antiquus  et  bonae  notae  in  quarto,  cons- 

[1221 


rOMMENTAIRH    DE    rHOpORF.    DF.   TARSE    SVH    LES    PSAUMES.     185 

laïque  foliis  tlucfiitis  novemli'ciiii  el  ali  Attgeriu  Hushechiu  ut  ipse  solita  pro- 
priae  inanus  inscriptione  ipstitur,  olim  fuit  coiiiparatus  Constantinopoli. 
Continetiir  eo  PSAI.TERII M  a  i'salini  :ïj,  vers.  3  usque  ad  (Inem  l'saliiii  119 
una  oiim  ANONYMI  cuiusilaiÉi  .Vuloi'is  CniiiinfnUirin  miiri/inali.  Deesl  deinde 
foliuin  unuiii  quoil  l'.salinuiii  I.»  cl  prinripiurn  Canlici  Moi/sIs  in  Exiido  conti- 
niiit  iisqui>  ad  vorsiim  sexluiii  inclusive.  L'Itimis  autem  quadmr  foliis  conti- 
netur  oiusilora  Cantici  residua  pars  a  vorsu  "  xai  tiS  ■ai.ifta  ■n,^  So^ti;  ooj  tuvc- 
Tpi'li; toù;  usïvavrio-j;  usque  ad  lincm:  ut  et  ('ani'ui  Mut/sis  in  Ileulcrnnoiiiin  pare 
prier  usquo  ad  versus  deciini  quinli  verlia  'E/HtivOri,  èitaz-^v'jji,  èniarjvôiri,  xai 
èfxorr£>iî:;  Oeov  tov  zo'.t.tivti,  itidem  cuni  Comiiifiilario  marf/iiiali.  Hoc  eodice 
MSlo  Caosarco  R.  1".  Ballhnsar  Curdrrius  S.  J.  ad  coiue.xendam  Palruni  Orae- 
um  Expositioneni  in  l'salmos  oliin  uSus  est. 

'.t.  On  voit  donc  que  VExpositin  in  Psalmos  de  Cordior  contient,  pour 
chaque  psaume.  4  parties  :  1)  Paraplirasis;  2)  Commentarius  ;  3!  Catena 
Patruin  ;  4)  Annotationes. 

Aux  termes  mûmes  employés  ici  par  Cordier  on  serait  tenté  de  con- 
clure qu'il  a  compilé  cette  l'araphraais  à  l'aide  uniquement  de  ces  deux 
Vindobonenses  SliT  iI.J'  et  '..'OH  (Il?i.  Mais  il  a  sûrement  aussi  utilisé  pour 

•le  Parti phrasix  le  \'ind6l)onensis  8  (10);  voir  ici  n"  G8. 

Pour  avoir  manqué  totalement  de  métliode.  ot  pris  avec  les 
manuscrits  qu'il  éditait  toutes  sortes  de  lil pertes,  Cordier  a 
rendu  son  ouvratre  imprimé.  VF.xpositio  in  Psalmos,  inutili- 
sable pour  la  reclifrciie  scientilique. 

.\vant  d'utiliser  cette  Expositio,  il  faudra  la  comparor  avec 
ses  sources  manuscrites,  et  se  rendre  compte  e.xaclement  du 
traitement  que  leur  a  fait  suliir  Cordier. 

Alors,  mais  al^rs  seulement,  le  travail  t-niirme  d'édition,  et 
suriiiut  il'  traviiil  d'interprétation,  qu'a  fourni  cet  helléniste 
disliuguo,  pourra  grandement  aider  les  futurs  l'ditcurs. 

L'éditeur  du  Commentaire  de  Diodore  in  l'salmos  qui  aura 
à  utiliser  le  Commentaire  médian  anonyme  du  Vindol».  8(10) 
sera  certainement  heureux  de  s'appuyer  à  l'occasion  sur  la 
Parapltrnsis  de  ('ordier. 

L'éditeur  du  Cummcutaire  de  Diodore  et  l'éditeur  du  Com- 
mentaire de  Théodore  de  .Mopsueste.  qui  auront  tous  les  deu.v 
respectivement  à  extraire,  l'un  du  Diodore.  l'autre  du  Théo- 
dore, de  la  chaîne  de  l'ierre  de  Laodicé'e,  ici  n"'  69  à  73, 
devront  sans  doute  avant  tout  utiliser  les  témoins  les  meilleurs 
de  cette  chaîne,  c'est-.Vilire  Barberini  52.'J,  ici  n"  69,  Vaticanus 
412.  ici  n"  70,  Parisini  (JSi>,  171,  ici  n"  71.  Mais  le  Commen- 


186  REVUE    DE    L"iiRIF:NT    riIRKTIEN. 

/arius  de  Cordier  reproduit  et  traduit  le  Vindob.  17  (U),  ici 
n"  72,  qui  est  aussi  un  témoin  de  cette  cliaine.  Et  bien  que  la 
tradition  qu'il  représente  soit  moins  complète  que  celle  repré- 
sentée par  le  Barberini  525,  Vatic  412,  Paris.  689,  474,  les 
éditeurs  seront  pourtant  heureux  de  profiter  de  l'élalioratinn 
qu'en  a  déjà  faite  Cordier  dans  son  édition  et  dans  sa  traduction 
latine. 

L"impression  du  présent  mémoire  était  déjà  terminée  quand  nous  avons 
pris  connaissance  de  l'important  ouvrage  de  A.  Rahlks,  Verzeichni.'i  der 
f/riechischen  Handschriflen  des  Allen  Testaments.  Berlin,  Weidmannsclie 
Buchhandiung,  1015  (dans  :  Nachrichten  von  der  Kiiniglichen  Gesell- 
schaftder  Wissenschaften  zuGottingen.  —  Pldlologisch-historische  Klasse. 
I'.ll4.  Beilieft). 

Toutes  nos  vues  .s"y  trouvent  confirmées. 

Nos  conclusions  sur  le  Paris.  Coislin.  27."!  et  le  Paris.  IG8  (ici  n"  65, 
n°  66)  sont  enregistrées  par  Ralilfs  (p.  189,  205,  402). 

Sur  les  manuscrits  utilisés  par  Cordier  dans  son  Exposilio,  Raiilfs 
arrive  aux  mêmes  résultats  que  nous.  (Rahlfs,  p.  399,  n,  1  et  ici.  Appen- 
dice III,  p    119-124.) 

Le  Commentaire  sur  les  Psaumes  contenu  dans  le  Barberini  525  (ici 
n"  69)  et  dans  le  Vaticanus  412  (ici  n"  70)  sont  aussi  restitués  par  Rahlfs, 
d'.aprés  la  découverte  de  Ms"'  Giov.  Mercati,  à  Pierre  de  Laodicée  (Rahlfs, 
p.  i>m,  251  et  405  haut). 

Cependant,  pour  le  ms.  Cahirensis  25  ((il)  (Rahlfs,  p.  28ij  ;  ici,  n"  75), 
c'est  «  teihveise  auf  Diodorus  Tarsrnsis  zuriickgehend  »  qu'il  faudrait 
lire,  et  non  pas  :  «  ...  auf  Theodorus  Mopsnest.  » 

Les  dimensions  de  l'Athous  Magnae  Laurae  B70  (ici  p.  48. 1,  20  et  suiv. 
.sont  d'après  Rahlfs  ip.  20)  :  28  X  19'^". 


1-.MI 


TAHLi:S 


1.   —  TaDLE   SOUUAIRE  DRS  yATIKIlE.S. 

Pages. 
AVANT-PROPUS J^. I 

CIIAI'ITRE  l'KEMIEK 

nXAUF.N   SOMUAiriE    liES    fxKMENTS    DE   LA  TRADITION   MANUSCRITE 1 


S  I.  —  Tradition  AIOAQ'POr 
(Frapnientaire) 

1™  SECTION.  —  .Manuscrits  rclcvi's  à  l'aille  du  Calnlnf/us  Catenantm  graeca- 

III III,  do  Kaih"  01  I.iETZMANN  :  n""  1  à  36 3 

1 1'  sEcrioN.  —  .Manuscrit  non  iclevé  dans  le  Calalogux  ;  n"  37 .'» 

S  II.  —  Tradition  AXASTASE 

I.  —  Tradition    'ANASTAII  OV '. 33 

a)  Tr.adition    'ANAïTAlI'Or,  forme  frar/menlaire  :  n"'  38  à  63...  'SA 

';.)  Tradition  'ANAÏTAll'OV,  forme  conlintie,  mais  partielle,  incomplète  : 

n  •  64 .10 

II.  —  Tradition    "Allo"  «MiNII'l   'AXASTAÏI'OV,  twi/im/p.  seule  com- 

plète :  n    65 'A 

:,  m.  —  Tradition  ANONYME. 

I.  —  Tradition  anonyme,  forme  non  remaniée,  continue,  incomplète  : 

n  •  66, 67 C5 

II.  —  Tiadition  anonyme,  forme  méli-e  itantôt  non  remaniée,  taiitùt 

reiiianii-e),  continue,  incomplite  :  n"  68 70 

III.  —  Tiiulition  anonyme,  forme  iierpétiietlement  remaniéf,  fntgiin'n- 

/ai'rc  (mais  souvent  fragments  multiples) 78 

a]  L;i  chaîne  do  l'ierre  de  Uiodieée  :  n"  69  à  73 78 

bi  E.xcmples,  «létaclios,  d'autres  rliainos  :  n     74  à  81 89 

ClUrMTUE  II 

Cl.ASSEMÏNT   PROVISOIRE    DES   PRISCIPAIX    KLKMEVTS    DE   I.A   TRAtilTInX   lIANlSfRITE.       |l«l 

Conçu  sioN 103 


188  TABLES. 

Appendicf.  I.  —  Liste,  par  ordre  des  Psaumes,  des  fragments  signés  AioSû- 
poy  dans  les  manuscrits  Paris,  gr.  139,  UO,  Kil  et  Paris. 

Coislin.  gr.  80 107 

Appendice  II.  —  Liste  des  chaînes  contenant   ù  la  fuis  des  fragments  de 
Diodore,  in    Psiilnioti,  signés  AioStipou  et   signés     'Ava- 

CTTaOCfJ-J 1 1  < 

Appendice  III.  — Xotc  sur  les  manuscrits  utilisés  par  L'ordicr  pour  la  com- 
pilation de  son  Expositiu  in  Psahnos 119 

II.   —  T.^BI.E   DES  MANUSCRITS   ÉTUDIÉS. 

Les  manuscrits  dont  le  titre  est  précédé  d'un  astérisque  *  n'ont  pas  été  étudiés 
par  Karo  et  Lif.tzmann  dans  leur  Calenarum  Graecarum  Catalogiis. 
.\theniensis  Bibliotliecae   Nationalis  45 n"  6. 

♦  Athous  IMagnae  Laurae  Sancti  Athanasil  0  70 n""  64,  67,  73, 81. 

♦  Cahirenses  P.ibliothecae    Mctochii    Monasterii    Sanctae 

Catliarinae  in  monte  Siiia  6U  (24) n"  74. 

♦  {idem) 01  (25| n"  75. 

Florentinus  Laurentianus  VI,  3 n'  ~  16,  47. 

MEDioLANiENsisAniljrosiaiiusB10Gsuii.{Martini-Bassil27).  n"  14. 

C98.sup.  (      "  ■•     195).      n"'  17, 48. 

ClGlinf n"9. 

M  47  sup n"35. 

.MoNACENsis  Bibliotliecae  Regiae   12  )  „,,  e 

.        13  \  "  ^• 

.      -252    n-  25.  56. 

JlosQUENSis  Bibliotliecae    Synodalis  19t  (195   Matthaei, 

48  Wladimirj n"  40. 

MosQUENSis  Bibliotliecae  Synodalis   358  (345  .Matthaei, 

47  Wladimir) " n-  32.  63. 

-MosguENSis  Bibliolhecae  Synodalis   414    (338  Matthaei. 

53  Wladimir) n"=  27,  58 

0.\0NiENSis  Bodieianus  Baroccianus  i'23 n°  13. 

»  »         Canonicianus  02 n  34. 

MS.     Auct.    D.    4.    1    C=   IVliscel- 

laneusSduCatalogucdellenr.o.CoxE,  1853).  n"  1. 

»  CoUegii  iiovi  31..... n»  10. 

PARisiNusBibliotliecaeNationalis  139 n"  2. 

110 n°'18,  49. 

111 n"'  22,  53. 

143 n°  77. 

14G n°-44.80. 

148 n"  3. 

lf;3 n°' 23,  54. 

Kii n»36. 

108 n°  66. 

♦  pARisiNL's  Bibliotliecae  Nationalis  Coislinianus  80 n'  37. 

♦  •  .  ..  .  275 n"  65. 

[126] 


TABLKS. 


189 


l'^RisiMts  Bibliolliecac  Nalionalis  Siipplciu.  graec.  100.      n    76. 

•)  .    680     + 

i:i 

l'ARi.'iiMsliihliothf'cae  N.ilionalis  Supplcm.  gnn-c.  Il."i7  . 
Petropolit«ms  llibljothecar  linpiMialis  til 

IviiMAMS  Barbcriiiianiis  5-."i  i       \.  .'li 

Casanatensis      l!K)S 

Vaticaniis  112 

7-14 

752 

754 

1422 

.     ■  1617 

1677 

1678 

1682 

1683 

1685 

1747 

1789 

Ottobonianus  ."ÎOS 

Reginae  40 

TvuRiNENSis  Bibliolliecae  Regiae  B  I  22  (79  Pasini) 

Ve.setl's  Marcianus  17 

Append.  Class.    I   cod.  13 

•      ■      :!0 

.       .      41 

Veronensis   Bibliotliocae   Capitulariac  1 18 

YiNDOBoxENsis  Bibl.  Imp.  Tlieol.  Si-Ncssel)  l<i  (Lamhcck;. 
-     17(      .     )11(      -  ) 

•  294  (      •    ) 17  (      ■  ) 

■  2!»7  (      •     )  12  (      -  ) 

■  299(      •    )  15(      •  '        n  ■  28.  59. 


n 

71. 

n' 

45 

n 

19. 

50. 

n 

69 

n 

78 

n- 

70 

n 

20. 

51. 

n° 

33 

n 

39 

n 

46. 

n' 

24. 

55. 

n" 

.  7 

n 

8. 

n" 

41. 

n 

•  15, 

43. 

n° 

79. 

n 

38 

n' 

12. 

n" 

31. 

62. 

n 

4. 

n 

30. 

61 

n 

21. 

52. 

n 

29. 

60. 

n° 

26, 

57. 

n 

11. 

68. 

n 

72. 

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Ipt'tlr 

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Louis  Maiuks. 


1127] 


CATALOGUE  DES  MANUSCRITS  GÉORGIENS 

DE  LA  BIBLlUTIIÈiiUE  PATRIARCALE  GRECQUE 
A  JÉRUSALEM 

{Sui/.e.) 


N"  34 

XIII'î-XVI  siè(-lc.  Reliure  moderne  en  cuir  jaune;  sur  le  dos,  en  capitales 
grecques  :  EPMHNEIA  KIS  TO  EVArrEAlON.  Papier  oriental  raide  et  dur, 
moisi  vers  la  fin  du  livre.  331  folios.  Cahiers  de  8  feuilles,  de;]  (lisez  5) 
(fol.  lr°)  jusqu'à  3%  (lisez  47)  (fol.  331  v°).  Dimensions  de  la  page  ;  301  X 
236™™;  de  l'écriture  :  225  X  159"™;  sur  deux  colonnes  avec  un  espace 
de  H™™  entre  elles.  25 lignes  à  la  page.  Écriture  ;  nuskhuri  grand,  arrondi, 
incliné.  Encre  brune.  Ponctuations  ;  •  ,  Pas  de  mémoriaux. 

Contient,  :  Le  commentaire  de  saint  Jean  Ghrysostome  sur 
ri'vangile   de   saint  Jean   dans  la  version  de  saini  Eutliyme 
rAgiorilc.  Inc.  (def.  — )  avec  la  fin  de  l'homélie  vi  (fol.  1  r°). 
Inc.  Hom.  vi  sur  Jean,  i,  0  (fol.  •2v").  Inc.  Hom.    do^  =  l.wv. 
(fol.  328  r").  Des.  ms.  (def.  — )  (fol.  3:îl  v°). 

(TsAiiARELi,  op.  rit.,  n"  13-2.) 

N»  35 

XI"  siècle.  Reliure  ancienne  en  cuir  brun  avec  dessins  grossiers  impri 
mes  sur  le  cuir.  La  planche  du  devant  est  perdue.  Parchemin  épais, 
blanc  à  l'origine,  mais  aujourd'hui  quoique  peu  jauni.  392  folios.  Cahiers 
de  8  feuilles,  de  Tilisez  1)  (fol.  1  r°)  jusqu'à!)  (lisez  50)  (fol.388r°).  Dimen- 
sions de  la  page  :  332  X  215"™  :  de  l'écriture  :  245  X  162™™  ;  sur  une  colonne. 
29  lignes  à  la  page.  Écriture  :  nuskhuri  grand,  fort,  droit,  du  type  carré. 
Encre  brune,  grisâtre;  en-tétes  et  initiales  en  rouge  vermillon.  Ponctua- 
tions :  ■  . 

Memonau.r  :  on  rencontre  les  noms  de  Prokhoré  (ocotqbc^fog  )  et  de  Mik  el 

[TOI 


CATALOCtK   DKS   MANLSCKITS   OÉORGIEXS.  191 

Contient  :  Le  commentaire  de  saint  Jean  Clirysostorae  sur 
lëvaiigile  (le  saint  .Maltliicu  dans  la  version  de  saini  Eutiiyme 
rAgtoritc.  Li-  Icxie  Inc.  au  loi.  i  v"et  vajusqu'au  fol.  iS'.MM"  (S!> 
l.l(».>3ç^Mr)()  honiclies).  Fol.  IjDOv"  inc.  :  Ce  trslanicnl  ilo  .lean 
r.Vgiurite  (:)6<P3fo<l()|...  ;  des.  (def.  — i  fol.  o92  v". 

(TS.VJARELI,  op.  cit.,  n"  111.) 

N    36 

.Xill'-XIV'  siècle.  Heliure  ancienne  en  cuir  Ijrun  fortement  endoni- 
iiiagée,  ornée  d'une  croix  fleurie,  et  qui  a  souffert  des  vers.  Papier  orien- 
tai brunâtre,  assez  trrossier.  312  folios.  Cahiers  de  8  feuilles  :  Inc.  avec 
i  d'sez  1.)  (dont  il  ne  reste  plus  que  3  feuilles),  ô  (Usez)  2  (fol.  4  r°)  àïï  (lisez 
40)  (fol.  312v°).  Dimensions  de  la  page  :  328  X  245™°';  de  l'écriture  : 
245  X  170°"";  sur  deux  colonnes,  avec  un  espace  de  17"""  entre  elles. 
30  lignes  à  la  page.  Écriture  :  nuskliuri  un  peu  angulaire,  clair  et  incliné. 
Ilnire  brune  :  en-tétes  en  rouge  vermillon.  Ponctuations  • 

Mémoriaux  :  1"  feuille  de  garde  au  commencement  mémoire  du  moine 
I  urenti  (XIX'  siècle  inc);  deux  en  mkhedruli  a  la  deuxième  feuille; 
Ijcaucoup  d'autres  au  cours  du  volume,  pour  la  plupart  d'une  ou  de  deux 
mains,  qui  se  répètent  indéfiniment. 

Contient  :  \  n  paiérikon  cl  dos  vies  saints. 

1.    (Fol.    lr"-7r°.)    Acéphale    inc.    :    3-~b.ci^('i    iK'iojQ.-.  yw 

•2.  (Fol.  7°-."ilr. )  l'alérikon  (sans  division  en  chapitres). 
ij)V)to('îô.->r)n    ^(Jom.xjoà    ip.i    {o8j)tooD-3g3(nl>oç;;'tn,^    c).>fl.i(r).->r)o.    cocî- 

0D.>.  P)r^9gç^5o  cjoPSbgÔoco  obOgBgjgB.  ç».^  fopîilgçjico.i  ggîC^^ob- 
ô85-t)Oî6  îp;>  aolÔtosoçpgG  (^)  gbpîfogÔàbà  Ç3og).^OT6  «ji  C39a^'"'^" 
b.>cnf)o:iODi  ^.^Qob.^  'i)àay  cn^bA  ob.^fogôççgB  ."iil.^mBo  <lb3;)6;)ç|T>6o 
f>.v-j3^-)6cîn-)  :  Récits  des  saints  et  des  divins  pères  qui  illuminmit 
{sic)  les  âmes  et  font  liriller  les  esprits  de  ceu.x  qui  les  écoulent 
comme  il  convient,  les  comprennent,  et  se  réjouissent  des  vies 
des  saints  'jui  sont  les  vertus  d'un  homme  {?);  que  ceux  qui 
suivront    leurs    conseils    se    réjouissent   jusquà    l'éternité! 

Inc.  boîç^oî  rocQcl;)C>^rio   o^oonb^om-^B   fn.>    ,')b8orp,')r)...    Mais  CCUX 

qui  liront  et  écouteront... 
3.  (Fnl.  .îlr"-(!nv".  )   Jm  septembre.   \  ie  de  saint  Eustathe, 


.^ 


192  REVUE    DE   l'orient  CHRÉTIEN. 

de  sa  femme  et  de  son  enfant.  Inc.  5M5o56ccil)  M«8cr)5  I')aîp>^... 
Trajan  sur  les  Honiains... 

Delehaye,  B.IJ.G.,  61"i. 

I.  (Fol.  60v°-6ov".)  3  octobre.  Vie  de  saint  Denys  l'aréo- 
pagite.  Inc.  g^onlâfoc^og).^  œ.^sob^  co^bob^  OT5I)...  M  nous  racon- 
tait à  propos  de  lui-même... 

5.  (Fol.  63v°-60v''.)  Sur  le  miracle  à  Chalkopraté.  Inc. 
Boiçrici:}  figgfi  (îO.secî  55^9^.-.  Mais  il  nous  faut,  ô  frères... 

6.  (Fol.  G9v''-77v°.)  Vie  de  sainte  Marie  l'Égyptienne.  Inc. 
biotogâç^cîm."!...  Les  secrets... 

Delehaye,  n.II.G.,  KM-'. 

7.  (Fol.  77v''-I07v".)  liJ  mai.  boocodBQ  Ô^çj^ilsfooLù  :  La 
sagesse  de  Balliavar  (lisez  Barlaam  et  Josaphat).  Inc  GcdsoÇog 
c^fo^bO^...  J'arrivai  une  fois... 

Ed.  E.  Takaïsvili,  Titlis,  1805. 

8.  (Fol.  107 V"- 117 V".)  8  juillet.  Passion  de  saint  Procopo. 
Inc.  85cn  j)59cr).~>  ao^).^...  Dans  le  temps... 

9.  (Fol.  II7v''-l"23v°.)  abcicogÔ^a  fp5  OoîJ5îm5J(r[o5a  ÇOo- 
(pob;>  S^âob.'i  lig^Gob,')  ocîùGg  Tja<^5'b6;]ç:nob.SQ  fo.')  Ooî^i'xdj'jco,'! 
3obcr),"îQ.  coc>î8j)ç:r)(T).'>  gibàBiooçmgb  ^^oy^G^Q  «ô"  liTOçpoç;o(i:iaor)()- 
b.">Q.  bcjîjipî  içoÇyôS^  .')fob;)6o  j5P5m3gç^''cr)5  ^^iœàç^ojCCi'bOàr) 
b.^m5gogîm.'5<^  wcQt3')C;-'r)o  ob0o6<pj)5  :  Vie  et  oeuvres  de  notre 
père  Jean  de  Zedazen  et  de  ses  élèves  qui  illuminaient  le  pays 
du  nord,  écrite  par  Arseni,  Catholicos  des  Partliieus  pour 
édifier  ceux  qui  l'écouteront.  Inc.  gb;)  TiDd^^Mo  i).i6.Mî  li^a^o 
o~;j  (sic)  oyc'î  ^rjOH'^'^'"*^  3^.^0u)o65foo(j). . .  Cet  homme  béni,  notre 
Jean,  était  du  pays  de  Mésopotamie... 

10.  (Fol.  123v"-129r°.)  eboîwgÔ^a  ft)5  aCT.^.')ff|;>5Jc<îÔ5a  [oo6. 
b()b5  (lùflob.s  B;;3gGob.^  aocîiîb.^  yj5  gs^gfogbo.  Vie  et  œuvres  de 
notre  digne  père  âio  et  d'Evagré.  Inc.  bc^ç^^Pî  6g(^5foo  gbg 
W'"^  çiOpîooog-giGÔPSJGcriôoçj^o  0;>05a  ft^gGo  ÇcloçjjiQ  3ooî  803300)5 
\îoG588$5;^cogoou)5  b;;]]ç;-'ob5  Ç8()rpob5Qoi.^...  Mais  ce  bienheureux 
et  divinement  inspiré  père,  notre  saint  Sio,  arriva  sous  la  con- 
duite de  l'Esprit ->Saint. 

II.  (Fol.  I29v''-I35r°.)   gboiôSgôùa  roi  8fa^5ç:^5JC'}Ô5a  Ç8oy)()b6 

3;)3()b5  figgGob.^  853560  loK':î8gç[^ob5Q  :  Vie  et  œuvres  de  notre 

[T2J 


CATALOGUK   DES   MANUSCRITS   GÉORiilENS.  103 

saint  père  Macain-  de  Home.  Inc.  ft;)30^^<)^""'  '^IDJ)^'  âtP^ôàçpfio 

f,iwî;    o:   Ta-£tvoi   v.tX   sXiy.'jTCi  (xovayjji  0£oî/'.).o;  xal  ïlépy.o;... 

l)Ei.KiiAVi:,yy.  //.  ^■.,  ItJUl. 

1-2.    (Fol.    l:idr"-14'.>r".)    (3   décembre,    ybcjrt.joja  çp^  3ct^5- 

>Jf'îô.>Q  Ijîyoyjob^  ^p.ï  ilc)çpyçT)(n-t)(Ticlçog5ôSob.-)  g).)  G;)(^.)c>)ob;) 
Gi\^Pîc;^ôiîTn)bo  :  \ie  et  cpuvres  du  saint  et  chef-prètre  et  bien- 
heureux Nicolas.  Inc.  (^bcîc5;)û.>6o  ut^  Opî^-j.içmôjjjri.^Go...  Vies 
et  œuvres... 

13.  (Fol.  1  r.»r°-15Sv°.)  Saint  André  de  Crète  :  Mémoire  sur 
saint  Nicolas.  Inc.  ,3.^(^t'i  ioi)(5cr)ob.^oî  çoi  b.^PSIpf]j;]Geî  OcqG.^oî... 
0  Homme  de  Dieu  et  lidèle  esclave... 

11.  (Fol.  158v°-169r°.)  31  décembre.  QbcnôjaÔ;)»  ^.>>  dc^A- 
', '•^^eîô.>u    Çfloçoob.')    ();)e|i.^Go.^     IcocnHob^iQ.     Inc.     oy(Q    fpgç^^OTà 

Oiitoob...  Vie  et  œuvres  de  sainte  .Mélanie  de  Home.  Inc. 
Il  y  avait  parmi  les  femmes... 

l.">.    (Fol.    IGnr'-inSr".)  Qboîfoyû.>o   yj.^    (teîJôçi^^crjÔiQ    6y(5.v 

Aie  et  œuvres  du  liienheureu.x  Clément,  l'élève  de  Paul  lapntre. 
Ine.  ôCï',')9;)f*Ô''î'''  "^s*^^^  ^'^■''Cï'^'"'  fî;)"^'^  '-i*'^  <)\îyb-jiJbbù... 
Clément  à  Jacques  mon  Seigneur  et  pasteur... 

Delehave,  B.U.G.,  31-2. 

16.  (Fol.  193r"-inSv".)  IjîjSQÔio  9Cî3c^.M^-.);)ûjçj>obù  ôîS';)- 
â^G^cQbo  j-jf^i^cyob.)  iJoiJ.icôin  :  Passion  du  très  louai)le  Clément, 
vers  le  Seigneur.  Inc.  bciç^oî  30005^03.)  .^j^combi  Çaoço;)85G 
a('î3o^gç;;>3ùG...  Mais  comme  le  saint  apôtre  bénit... 

17.  (Fol.  l!;»8v'-212v°.)  1"  janvier.  Vie  de  salut  Basile  de 
Césarée  par  .\mphilochius  diconium.  Inc.  bùyg.K'oyc'^Gci  -^«.i 
^30ô'^'>^'1'''aC"    oyf':j  0jagG3jroQÔ.)o...    Ayxirr.Tol,  O'Jx  viv  àirî-.xo'î. .. 

Deleiiave.  li.  II.  G..  217. 

18.  (Fol.  212v°-2I8r°.)  Vie  de  saint  Onufrius.  Inc.  Qbcîcoaô.>o 
bisoiJwoncQD. . .  La  vie  divine... 

19.  (Fol.  2I8v°-3I2  def.).  24  mai.  Qbc-îcoao.SQ  <^^  55653550 
Ç3og)ob5  fÇ5  G3(55ô)ob5  853ob5  figgGob.^  b533cîG  33b;^6(^gcnob5Q. 
(ocîOgçno    Çpà335^p<^3Ôgc;i    oycj    3cr).ib.>    ^^J^f^'agC^'^^    b^GibgÔbi 

[TJ] 

ORIENT   CBRÉTIEM.  13 


194  REVUE    DE    l'orient    CHRÉTIEN. 

66ôocîJol>l>5,  etc.  :  Vie  de  saint  SiméonleStylite  (par  Arcadius). 

Qb(TîfogÔ;>Q...  Eù'XoyYiTo;  o  06oç  ô  itxvraî  àvôpÛTO'jç  6e"Xti)V  ctoÔYiva'.... 

Delehaye,  B.H.G.,  1689. 
Il  semble  que  les  chapitres  ^-foo  (90-110)  manquent. 

N'  37 

XI1I«-XVI''  .siècle.  Reliure  ancienne  en  cuir  brun  sans  ornementation, 
sur  planches  de  bois.  Papier  oriental  épais  et  de  teinte  brune.  273  folios. 
Cahiers  de  8  feuilles  de  05  (lisez  13)  (fol.  Ir»)  à  at>  (lisez  47)  (fol.  267 r°). 
Dimensions  de  la  page  :  320  X  250™™;  de  l'écriture  :  248  X  180™">;  sur 
deux  colonnes,  avec  un  espace  de  12™™  entre  elles.  32  lignes  à  la  page. 
Écriture  :  nuskhuri  serré,  incliné.  Encre  noire;  petites  attaches  de  cuivre 
fixées  sur  les  pages  près  de  l'incipit  des  articles.  Ponctuations  :•  •  Un 
certain  nombre  de  mémoriaux,  dont  quelques-uns  sont  publiés  par  N.  Marr 
(voir  plus  bas). 

Contient  :  Vies  des  saints  et  quelques  liomélies. 

1.  (Fol.  Ir"  (déchiré)- 1 1  r".)  .Vcéphale.  Inc.  o>,^  mjbœ.^  uj^ 
Çiroigçc'ToGgôfoà  flQ^ligBÔ.^riii.. . 

2.  (Fol.  11  r°-l  lv°.)  Saint  Jean  Chrysostome  :  sur  la  sur- 
dité de  Zacharie  et  la  naissance  de  saint  Jean-Baptiste.  Inc. 
9<^l>a  C)oçp85G  ai>6l3g685F)...  Moïse  le  grand  serviteur...  1 

3.  (Fol.   16r''-23r°.)    24   septemlire.    'AÔlov  (<^>j.i's"R">)  i^le  la  ' 
sainte  et  glorieuse  et  toute  victorieuse  martyre  dans  le  Christ 
Thècle.    Inc.    à^^^    fooçîjobi    5g93.'>roo5gÔol'>    ibb,~>TOgÔ9Çj^ob.>... 
Maintenant  du  grand  évangéliste  de  la  vérité... 

Delehaye,  B.H.  G.,  1719. 

4.  (Fol.  23r''-oOr''.)  26   septembre.    Mémoire    (i)('îb.>^l);)Gg- 

og^mo)  du    suint   et  glorieux  apôtre  du  Christ  et  évang(Miste 

Jean.    Inc.    t5,->aoi5   .~>ô)5    rp^  o^fooiro  çoii^çToçoi    ^Gggçr.crj'bonigàB 

,5.->Qo...  Pour  qu'un  homme  ne  manque  pas  trop  (d'être)  comme  - 

les  anges... 

Delehaye,  B.  H.  G.,  919. 

5.  (Fol.  30v°-37r°.)  28  septembre.  Vie  et  œuvres  et  zOaiv 
de  notre  digne  père  Chariton.  Inc.  aw^^.^ç^^  ^coo^G  Ocî^jog- 
ôSgÔobà  bMjgGo...  II  y  a  plusieurs  formes  de  doctrines... 

Delehaye,  .e. //.  G.,  301. 

6.  (Fol.  37v°-39v".)  1''   octobre.    Mémoire  du   saint  apôtre 

[74] 


CATALOGUE   DES   MANUSCRITS   GÉORGIENS.  195 

Ananias  rhiéromartyr.  Inc.  ,,^3,^i,  .,,.,  ^.^^^  ,„,,^^^. 
ô<'C"a  .«^oœ.  l>,semnrtob.u...  A  Lui,  qui  était  suivi  par  la 
présomption  de  lidolatrie... 

7    (Fol     40r--l(ivo.)  3  octobre.    Passion    de    saint    Denvs 
lan.opa..>te    Inc.   .be^b.WW.  r,;„.  .^03.-)^,  ^,,,J_      [^^ 

|t£V   £V  rJ-oi;  YIV... 

;     9   ,PoK  01  vo-tiur°.)  7  octobre.  Passion  des  saints  et^^lorieiix 
!«..  .l.>Jl>o..o.,G,  j.,^,,3roob.  ao«^.ô.^b.>...  M,,:,..,.,,  ^  J,^,^^J 

dAntlochc.      Inc.      u^aç^c,ôcrK,a„b.>     l,5œrK,;)ôol......      r.vx-Jav 


«perc.v 


Il         r.   ,     „  t)ELEIIAVE.  //.  //.  (;       I  17<l 

Jis    larachu..   Prol.us    (lus.    3coc<.,b,    et    Andronirus.    Inc 

;3^^)^-^3d^De«>3oyc^oôo..6gbi3aç3cô..u...  Aco.)...«vo,   .dv  aù.o- 
«paTopa...  ,      ^    xuro 

l>    ,r-i    ~A  «  ~«  Dele HAVE. //.//.(/.,  1575. 

.on   mus   1..  centurion  présent  à  la  crucifixion  du  Seigneur 
|nc.  l>..»Gc,  oyc,  (r,,„  boôya.>a.6. . .  ToO  0.ov  Uyo.. . .  ' 

10        r^    ■      -„  t'ELEHA^E.  /y. //.  ^/       OftO 

^3.  ,Pol.  79ro-97r".,  o-.  octobre.  Passion  du  sain,  et  gld 
t    ^T'r^^^'y^  -^^temius.  Inc.  D,a^3^a.«,  (a^lî."' 

1,     T-  ,  Dei.ehave,  /y. //  ^,'     170 

U.  (Fol  OTi-o-nOr".)  ^  oct.-bre.  Passion  et  ceu'vres^de 
otr  l..enheureu.xpère  Abercius,  évéque  d'Hierapolis.  ïnc  l^! 
^bb  ^r.ooîG..Gab...  .Mio^ou  AvTcovtvou... 

Deleiiavi.,  /y.  //.  ^•.,  1. 
[75] 


J96  REVUE    DE    l'orient    CHRETIEN. 

l.j.  (Fol.    110r°-116r".)    23    octobre.    Mémoire  de   Jacques 
l'apôtre,  le   frère  du    Seigneur.    Inc.    5w.->   w.>q   .^ôS1>    o^f^'a*^' 

b.)^:)<^3e\  ■  •  Oùy  ouTwç  -nèû  -rt. . . 

Delehave,  li-  H.  G.,  764. 

16.  (Fol.    116r°-124v°.)    24  octobre.    Passion    du   saint    ot 
glorieux  Aréthas  et  de  ses  compagnons,  etc.  Inc.  «^ae^^oÇ^uGo 

"b^foUy...  "Etoç  fièv  -JiSïi  TîéaTCTOV... 

Delehaye,  //.  //.  0.,  167. 

Les  fol.  117-119  sont  déchirés. 

17.  (Fol.   123v''-131v°.)  26  octobre.  Passion  du  saint  et  glo- 
rieux martyr  Démétrius.  Inc.  àJaBçoi^  eo^a  bjoSôôi.^a...  ET/s 

U.SV  TK 'Pwitaitov  ffX/flitTpa.... 

Delehave,/?. //.rr'.,  498. 

18.  (Fol.  131  ¥"-134  v'\")  29  octobre.  Passion  des  saints  martyrs  ^ 

Zenobius  et  de   sa  sœur   Zenobia.  Inc.  aôO^«  d^^c^^cj"  ^^^^•• 

Aivat  Tcdli;  èotIv... 

Delehaye, /?.//.  ^'.,  188.Ô. 

19.  (Fol.  134v°-137r^)  Passion  du  saint  martyr  Epimachus. , 
Inc.  f^^aaboôo  56g6b5  gç5afomoîaÔobib.>...  Quand  le  brouil- 
lard d'impiété. .. 

20.  (Fol.  137r''-139v".)  Faits  et  miracles  des  saints  Come 
et~Damien,  les  fils  de  Théodoté.  Inc.  go^c^ob^  fig;)f'"^^  "3^3 

jeoobôgb  aaasaô^bà  a«3ac;?5o  Qcncid^^o...  Too  Kupwu  -ôaùv 

Delehaye,  5. //.  (?.,  372. 

21.  (Fol.  139v°-149r".)  2  novembre.  Passion  des  saints  et 
glorieux  martyrs  dans  le  Christ  Azyndunosi,  Pighasi,  Anem- 
podistoy,  Ap't'oni  et  Elpidip'oré.  Inc.  tti^çoiQàOTa  5ofo3aç?^œi 

8;>a)  boimbo).-». . .  Eî  -/.al  Trpwxot  riÉpcat. . . 

Delehaye,  B.II.  G.,  23. 

22.  (Fol.    149r°-160r°.)  3  novembre.   Passion  des  saints  et 

glorieux  martyrs  dans  le  Christ  Akep'simay,  Jacob  et  Ait'pa- 

liay.  Inc.  ô^f'Bf^SOo^ÇJ?  ^^"  oyoî  j6ob5a^f>3«'^  'J^5^---  'EW^^a 

xocrà  ypifjTiavûv... 

Delehaye,  B.  H.  G.,  20. 

23.  (Fol.   161r''-167r°.)  5  novembre.  Vie  et  œuvres  et  pas- 
sion des  .saints  et  glorieux  martyrs  dans  le  Christ  Ghalaction  et 

[76] 


CATALOGUE   DES    MANUSCRITS   GÉOfjr.lENS.  197 

EpistiuK'-    Inc.   ç;j>oô.'>6ocn  j;)<'J<'f)   Oœom,..  T^;  ttco;  tw  Atfiivu 

ItF.I.KllAVK,   //.  II.  G.,  U6<j. 

•Jl.  (Fol.  ItjTi  "-I7I I".)  Passion  des  saints  et  grands  mar- 
tyrs Hiéron  et  des  autres,  qui  souffrirent  à  Melitène  en  Arménie. 
Inc.  og(5c^6o  {sic)  O^Gobj...  'Ic'sw/:  tw  y-''^*";'-- ■ 

Dkleiiavi;,  B.  //.  (1..  Trui. 

■25.  \Fol.  1 71  r -179v".)  23  avril.  Passion  du  saint  et  glorieux 
arrliiraartyr  (ieoryes.  Inc.  ibQbcîsfoob.-.  Br.uk»  05  j;)b.i...  Hasv 

TOj    — tt>T7ipOÇ  ■fiU.ôiv    'It,(jO0  XplCTO'J... 

Dklehave,  /?.  //.  (i..  G71. 
•Jti.  (Fol.  179v»-103r°.)  Relation  (gy^gô"»»)  sur  les  miracles 
de  saint  Georges.  Inc.  obiloOgoD  dO^Gca  lîaflf)i'î...  Entendez,  mes 
frères... 

27.  (Fol.  l9or°-196v".)  Il  novembre.  Mémoire  sur  l'apôtre 
Philippe.  Inc.  gçjÇ^ob^g.^G  c>agôSo)o  bo^yg^a...  'O  toO  ©soCi 
■^ôyo:. . . 

r>ELEIIAVE,  II.  II.  G.,  ['yll. 

28.  (Fol.  19<iv''-198v".)  1(5  novembre.  .Mémoire  sur  lévan- 
géliste  .Matthieu.  Inc.  o,sooa>-)()Q.^  çp;><tô;>çpj)Ôgçnob.)  c)oj)w... 
'Hor,  [xÈv  TT,v  TTxpà  ToC  77>,a'7avTo;... 

Deleiiavi;,  It.Ii.G.,  I22(j. 

29.  (Fol.  198v''-223vM  Vie  et  œuvres  de  samt  «Irégoire  de 
Nvsse.  Inc.  gôîcpo  g^gÊ  Mob  b.>bj...    O  aàv  Ty-OTroç  elç  ècTi... 

L>ELE1IAVE,  //.  //.  ^/.,  7ir). 

30.  (F'ol.  22lr-23lv".)  Georges  le  (Jliartophylax  :  .Sur  la 
Présentation  de  la  bienhiureuse  Vierge  Marie  dans  le  temple. 
Inc.  ^gmo^cnj  Oo'bQ'l'xn.i...  De  bonnes  raisons... 

:>1.  (Fol.  231  v"-2:îSv".)  23  novendire.  Vie  el  ajuvres  de  notre 
saint  et  liionheureu.x  père  Amphilocliius  dlconium.  Inc.  <o.> 
PSjq  c>->  3o5  .jgcnocjxDàgiBo  Oob^jib...  K7.I  Tt  rôiv  xxXâiv.... 

Delehave,  il  h.  G-,  72. 
•'32.    (Fol.    2;!Sv"-2-t9r".)   20  novemlire.   Vie    et  œuvres  de 
notre  saint  et  bienheureux  père  Alypius  le  Stylite.  Inc.  ,i;)"><)C" 
'Oc>Ql^  ^f^'oiG  çp.>  OcQ^iOgcPjbcV . .  KaWi  u.'vi  v.%\  0:  twv  ixapT-Jpwv... 

Ueleiiave.  Iî.  //.  G.,  (jl. 
33.  (Fol.  249v<'-258r°.)  Vie  et  œuvres  de  notre  saint  et  bien- 

[771 


198  REVUE    DE    l'orient    CHRÉTIEN. 

heureux  père  Jean  Damascène.  Inc.  b'piaîmob-acîygifogoD^... 
Ceux  qui  aiment  la  doctrine. 

Ed.  K.  Kekelidze,  XpiicTiaHCKiH  Boctokid,  III,  I9I4, 
pp.  119-174. 

31  (def.  — 1  (Foi.  2r)Sr''-273v°.)  Gdéceml)re.  Vie  et  œuvres  de 
saint  Nicolas  de  Myre.  Inc.  Qbo}fogÔ55o  çoi  9oîJ5ç^5^gÔ56o... 
Vie  et  œuvres... 

Ce  manuscrit  a  été  brièvement  décrit  par  N.  Marr,  dans 
Bihliotlieca,  Armeno-Georgica,  Petropoli,  1914  :  Les  notices 
comménioratives  du  monastère  de  Sainte-Croix  à  Jérusalem 
{en  géorgien),  pp.  xv-xvii.  Ibid.,  quelques  mémoriaux. 

N°  38 

XIII''-XVI<=  siècle.  Ecrit  pur  Mik'el  (l'tjfp^  folios  l^ljr").  Reliure  ancienne 
en  cuir  brun  avec  des  dessins  en  relief;  vestiges  de  fermoirs.  Papier 
oriental  légèrement  brillant,  de  teinte  crème  :  très  rongé  par  les  vers 
dans  les  marges.  479  folios  non  numérotés.  Cahiers  de  8  feuilles  de 
.;>  (lisez  1)  à  boi  (lisez  59).  Dimensions  de  la  page  :  312  X  218™™;  de 
l'écriture  :  232  )•;  155™™;  sur  deux  colonnes,  avec  un  espace  de  15™"" 
entre  elles.  27  lignes  à  la  page.  Écriture  :  nuskhuri  arrondi  et  régulier- 
Encre  noire  :  en-tétes  en  rouge  vermillon.  Ponctuations  :  •  ' 

Mémoriaux  :  au  commencement  Elise  (fje^obg)  et  Mat'eos  Khevis  Khéli . 
(iiSTO^Pili  008"^'  ("iflK'"'")  •  ^  ^^  ^"'  '^°*''  d'Elisé,  évèque  d'Urbnisi,  qui  a  fait 
relier  le  manuscrit. 

Contient  :  Homélies  sur  les  grandes  fêtes  et  quelques  vies 
des  saints. 

1.  (Fol.  Ir°-7v".)  Saint  André  de  Crète  :  sur  la  naissance 
de  la  liienlieureuse  Vierge  Marie.  Inc.  ^5l>5ô.^ao  3333...  'Ap^^ri 
jj.èv  v)[aTv... 

MiGNE,  P.  G.,  XCVII,  col.  80.5-820. 

2.  (Fol.  7v"-16r".)  Saint  .Jean  Damascène  :  sur  le  même. 
Inc.  (3c':};igçpo(n.. .  AeijTe... 

MiGNE,  P.  G.,  XCVI,  col.  662-(iS0. 

3.  (Fol.  l(9v°-25r°.)  Saint  André  de  Crète  :   sur  le  même. 

Inc.   gàCoIScîScQl)  œg...    Eî  [J.£Tpî'£T7.l... 

MiGNE,  /'.  G.,  XCVII,  col.  S61-88I. 
I.    (Fol.  2.'jv°-44r''.)   Saint  Jean  Damascène  :  k-.^oijôjjôobi 
(Ti5b  :  sur  la  présentation  de   la  bienheureuse  Vierge   Marie. 
Inc.  w5('îçpg6r)()...  Combien... 

[78] 


CATALOfiUE    DES   MANUSCRITS   GÉORGIENS.  19^ 

.').  (Fol.  lôr"-19rM  Saint  Andn-  de  Crète  :  sur  l'élévation 
de  la  Sainti'  Croix.  Iiic.  .st?,i<1"«f'0iJi...  Kivyiijwujv... 

Mi.;nk,  p.  g.,  \CVII,  col.  1036-1015. 
tj.  (Fol.  lOv'-ôSv".)  Saint  .lean  Chrysostonn'  :  sur  le  même. 

Dki.kiiavk,  li.  H.  (.;.,  133. 

7.  (Fol.  Slr^-.ôer".)  Du  même  :  sur  la  surdité  de  Zacharie. 
Inc.  .^co.>  (o.)a  ;>ô3b...  Il  n'y  a  rien... 

8.  (Fol.  .")6v°-61  r". )  Du  même  :  sur  le  même.  Inr.  ilojb;) 
ç>oçpO.)G...  Moïse  le  grand... 

9.  (Fol.  eir-'^Sv".)  Passion  de  saint  Jacques,  le  frère  de 
\'itie-.S,^igneur.  Inc.  <,i).>  oycQ  fô.vj.vlb  bg^.^C^'gôtgii  (^5(3Piob>- 
'  ■;)"...  Et  c'était  quand  il  passait  du  temple... 

10.  (Fol.  63v°-71r".)  \\6/.:v  de  saint  Déinetrius,  traduit 
par  Théophile.  Inc.  .^J'-^Hg).^  '06^^^  b^^o^f^co.^u...  YSvft  aèv  Ta 
'Pooy.aîwv  (nû-.n-zx. .. 

Deleiiayk,  B.  h.  g.,  498. 

11.  (Fol.  7Ir°-S2vM  Georges  le  Chartopliylax  :  sur  la  Pré- 
sentation de  la  liienlieurfuse  Vierge  Marie  dans  le  temple. 
Inc.  oamoçno).»  il()T)-jT)( )).-....  Des  bonnes  raisons... 

1-2.  (Fol.  82v''-93v°.)  Georges,  évèque  de  Nicomédie  :  sur  le 
même.  Inc.  ôcoÇyoBg^çpg  .>fob  iJotjgTM)...  La  cause  est  brillante... 

MifiNE,  /'.  G.,  C,  cul.  I  nO-I4.j6. 

l:i.  (Fol.  GSr-'IOIr".)  .Saint  Épiphane  de  Chypre  :  .sur  la  con- 
ception de  sainte  Anne.  Inc.  fo.>Q  àôîb  b60Q)gyîmcrio...  Quel  est 
ce  mystère... 

14.  (Fol.  Iulr"-llUv".)  Saint  Athanase  d'Alexandrie  :  sur  les 
prérogatives  (içoÇ^coob;)  co^b)  de  la  Ijienheureuse  Vierge  .Marie. 
Inc.  3ocn;)6Qj  ag9.\^bo...  Comme  les  ouvriers... 

\'i.  (Fol.  I10v°-119v°.  )  Saint  Basile  de  Césarée  :  sur  la  nais- 
sance de  Jésus-Christ.  Inc.  .■lf^'nb(«);)b  Hoîôjq  <r)5bo  ogo...  La 
naissance  du  Christ... 

Iti.  (Fol.  I20r"-129v  .y  teaini  Grégoire  di-  .Nazianze  :  sur  Ir 
même.  Inc.  jw<)b5y  oOsgôob...  Le  Christ  est  né... 

Mi.i.NK,  P.  G.,  .WXVl,  col.  312-333. 

17.  (Fol.  I29v°-I43r".)  Saint  Jean  Damaseène  :  sur  le  même. 
Inc.  (oùboôiâ.)©  ojjca...  C'était  au  commencement... 

15.  (Fol.   1 13r"-l.j()V  .  I  .Saint  Grégoire  de  Nysse  :  sur   la 

[79] 


200  KEVUE    DE    l"0RIE\T    CHRÉTIEN. 

naissance  de  Jésus-Clirist  et  sur  les  saints  Innocent^;.   Inc. 
y).ilôywyo). ..  (l>u(jàTe... 

19.  (Fol.  156v°-170r°.)  Du  même  :  commémoration  (agMKl.'iQ) 
sur  saint  Etienne.  Inc.  ;iOOT.'>âS  jgoaocn  5fob  u).-.  l),\-jgÔ;]çc"'...  Qç 
xaV/j  Ttôv  iyaGûv... 

Deleiiaye,  B.H.G.,  1G51. 

20.  (Fol.  17Ur"-I72r".)  Saint .leanChrysostome  :  sur  le  même. 

21.  (Fol.  172r"-178r".)  Basile  d'Isaurie  :  sur  les  saints  Inno- 
cents. Inc.  .i^'j-^Cig)  9(')3;)  ô;:)roo...  nz>,tv  ô  ys'pwv  èyto... 

Delehaye,  B.H.  a.,  824.    ' 

22.  (Fol.  178v°-186v".)  Saint  Grégoire  de  Nysse  :  interpré- 
tation du  texte  :  c'est  mon  fds  bien-aimé.  Inc.  \iY).-igKo.ôol) 
6o:iyg.3wga6r)...  Le  martyr... 

23.  (Fol.  I87r°-I97v".)  Saint  Grégoire  de  Nazianze  :  sermon 
sur  les  lumières.  Inc.  ^g^ç^'çp  og^g^o  [sic]  (p.'^.^gc^^çp  bboçogS- 
Cpccio...  Ylxk'y  'I-/i(7oOç  6  £[/.q;... 

MiGXE,  P.  G.,  XXXVI,  col.  336-360. 

24.  (Fol.  198 r"-210v".)  Saint  Sophroniusde  Jérusalem  :  sur  le 
baptême  de  Jésus-Chris! .  Inc.  ooo53gçf'i  fi6  ÔgcoçmgâO.^r)...  Avant 
nous,  à  Bethlhéem... 

25.  (Fol.  210v''-224r".)  Du  même  :  sur  le  même.  Inc.  ôg-^k'^-^f^ 
Biœgçno  g59c'3g5liggr)gôb. . .  Encore  la  lumière  nous  apparaît... 

26.  (Fol.  224r°-239v".)  Du  même  :  sur  la  Purification.  Inc. 
I)tg5  .^oib  gbg  K^ooigOçiM':!!.',...  Aliud  Christ!  est  hocmysterium... 

MiGNE,  p.  G.,  LXXXVII,  col.  3288-3302. 

27.  (Fol.  239v°-259r».)  Saint  Méthode  de  Constantinople  :  sur 
le  même.  Inc.  66gçji  b^goOg... 

28.  (Fol.  259v°-265r".)  Saint  Amphilochius  d'Iconium  :  sur 
le  même.  Inc.  (1to.>3.^çji5o  (jocpm.^  il^m...  Beaucoup  de  ces 
grands... 

29.  (Fol.  265r''-270r°.)  Saint  Théodore  Studite  :  sur  ITnven- 
lion  de  la  tête  de  saint  Jean-Baptiste.  Inc.  «1gb.si)g  .^wb\^co.rogôil.a... 

TpfTOv  a-/ivuu.« . . . 

Delehaye,  B.H.  G.,  842. 

30.  (Fol.  570v°-275v".)  Saint  Grégoire  le  Thaumaturge  :  sur 
l'Annonciation.  Inc.  <ï>tggb  .^Gggçmtor).)...  Aujourd'hui  des 
anges... 

[80] 


(  ATALOGUE    DES    MANUSCRITS   GÉolUilEXS.  "201 

:î1.  (Fol.  •275v"-279v".)  Saint  Chrysostome  :  sur  le  même. 
Inc.  ^^■].^on-'>y'  l>oV).-)ô);^ç>-'ol>.>...  Encore  de  joio... 

:{2.  (Fol.  2S(tr"-291r.)  Saint  Andn-  de  Crète  :  sur  le  même. 
Inc.  Çifo3n^VJ'ô-^-.-    ErtsaTy;... 

MioNK.  /'.  G.,  \CVII,  col.  881-91:î. 

'X\.  (Fol.  29  lr"-30Sr".  )  Passion  de  saint (in^goire.  Inc.  il.-)gVin^- 

tO<ll>.-.    Hl.T.irxill.-...  .     'H  Uiv  TO'J   -WTXOOÇ... 

Dkleiiavk,  />'.  //.  a.,  t)7I. 
31.  (Fol.  :)(i7r"-:527  V".  )  Saint  Soplii-onius  de  .lérusaiem  :  sur 
la  nai.-isanoe  de  saint  .Ii-an-Baptiste.  Inc.  ilcîiljjgof)  cq   .yL^cî,.. 

MiG.VE,  I\  G.,  L.XXXMI,  col.  3321-33.^3. 
3."i.  (Fol.  328r"-346v".)  29  juin.  Mémoire  .sur  les  saints  Pierre 

et  Paul.   Inc.  «iiÇJ"  ^)Ç^C'î;5f>;]ô-'>in.-.(:;.i  <]oG.i...  Kxî  T(ùv  T£yvùv... 

Delehave,  ]{.  U.i;.,  1193. 
Mi.  (Fol.  346v"-352r".)  29  juin.  Saint  .lean  Chrysostome  : 
•mmi;'moration  (();^W)i1.->a)  des  saints  Pierre  et  Paul.  Inc.  Qobi 

l)ELFAlA\K,Ii.fI.G.,    1  197. 

37.  (Fol.  3.52r"-357r°.)  30  juin.  Du  même  :  commémoration 
des  douze  apôtres.  Inc.  5^;)to('i,(Go(r».>...  Ei/.oTu;... 

Delehavi:,  /)'.  //.  (/'.,  1.'j9. 

38.  (Fol.  .j57r"-361r°.)  .Saint  Ephrem  Syrus  :  sur  la  trans- 
figuration. Inc.  .i^.uo.-) job.')  5.iF>  8^yHi. . .  Ou  champ,  la  ricolte... 

39.  (Fol.  364r"-381v".)  Saint  Damascène    :    sur   le  même. 

Inc.  flo7..î;y,i.nrn-;îrr>çr>-^l>  l).^b^.>--)Ç"(Tj;3y,.)i,). . .  AeOTê  r:avr,Y'j:i<ïo>y.£v. . . 

MiG.NE,  P.  (;..  XCVI.  Cul.  :>  l.">-.=i76. 
tu.  (Fol.  38 1  v"-3'. i.'i V".  )  Saini  .lean  Damascène  :  sur  la  bien- 
heureuse \'ierge-iMarie,  Or.  1.  Inc.  .ib'jbjjô.^n  <\.^ÛM^^.^<■■^n^.^  ;);)ôoa> 
O|.)0r);^ôob. ..  Mvr'jAiri  di/.atuv  [aît'  sv/.toix;tt>v. . . 

MiG.NE.  /'.  G.,  XCVI,  col.  7(X)-721. 
11  (Fol.  39.jv"-113v".)  Hu  même  :  sur  le  même,  chapitre  ii, 

Inc.  .■>rt.->  -icob  ;"]o<D^  3.>3tn.>g.>G().. .    'E-iti  y.iv  àvOscJ-wv  où^ïl;... 

MiGNE,  /'.  ()..  XCVI.  col.  721-7.-.3. 
12.   Fol.  413v°-419v°.)  Du  même  :  sur  le  même,  ciiajiitre  m. 
Inc.  figGgçngô^Q  .jPSb  3obb.>(1;)  i)oO.)co(»...  'EOo;  èctItoï;  Èicor'y.û;. . . 

MiGNE,  p. G..  XCVI,  col.  753-7<;i. 

!8i; 


202  REVUE    DE    l'orient   CHRÉTIEN. 

43.  (Fol.  419v''-446v".)  Saint  Basile  de  Césarée  :  sur  la  bien- 
heureuse Vierge  Marie.  Inc.  b.^oçogOçjicîQ  5cob  ÇQo^gôgçrio... 
C'est  un  mystère  giorieu.x... 

44.  (Fol.  446v''-494v".)  Saint  André  de  Crète  :  sur  la  décapi- 
tation de  saint  Jean-Baptiste.  Inc.  Ijcooogool)  boôg^g  300)5(095 
9fo535c^  bàbgço...  IlyiSà  /.al  y^pa;... 

Delehaye,  B.H.G.,m\. 

45.  (Fol.  465r"-472v".)  Saint  Théodore  Studite  :  sur  le  même. 
Inc.  ôeoÇtjoBsiçmg  5toI>  Ç05  10860)03  OcîGoJgôoa)  ÇoÇ^gBoogcno  gl^O 

Delehaye,  Z?. //.{;.,  864. 

46.  (Fol.  473r"-479r".)  Saint  Germanus  de  Constanlinopie  : 
sur  la  présentation  de  la  Bienheureuse  Vierge  Marie  dans  le 
temple.  Inc.  yjogpgôj:;]ç;'io  ocnjj^,)  3g6  oijb.  j.sçji.s^cî  [oOwmolX'î... 
A  cause  de  toi,  0  ville  de  Dieu  tu  seras... 

(Fol.  479.)  Dernière  feuille,  papier  bleu,  d'une  main  plus 
récente  mémorial  d'Elisée  et  de  Blase  (3c;^5l)o)  à  qui  est  due  la 
reliure  du  manuscrit. 

N°  39 

XIIF-XIV"  siècle.  Reliure  moderne  en  cuir  jaune  :  sur  le  dos  AlAipOPOI 
AOrOI  innOAVTOV  (évidemment  une  erreur  du  relieur).  Papier  oriental 
assez  grossier,  vergé,  de  teinte  brunâtre.  277  folios.  Cahiers  de  8  feuilles. 
14  feuilles  perdues  au  commencement.  La  plupart  des  signatures  ont 
disparu.  Dimensions  de  la  page  :  302  X  230™"  ;  de  l'écriture  :  252  X 
J79mm  ;  sur  Jeux  colonnes,  avec  un  espace  de  18'""  entre  elles.  30  lignes 
à  la  page.  Ecriture  :  nuskhuri  incliné,  avec  ini  peu  d'ornementation. 
Encre  brune  :  en-tétes  en  rouge  vermillon.  Ponctuations  :',;;-  et  un 
ou  deux  mémoriaux. 

Contient  .-Homélies  sur  les  grandes  fêtes  et  quelques  vies 
des  saints. 

1.  (Fol.  Ir"-6r'*.)  Acéphale.  Inc.  ...  j9gC'3Çï'o  agçgobia;  çç.^ 

2.  (Fol.  6r"-20r".)  Saint  Méthode  de  Constantinople  :  sur  la 
Purification.  Inc.  <l;^6çv>  l)5ç^8g  300)56.. . 

3.  (Fol.  20v"-24r".)  Saint  Jean  Chrysostome  :  sur  la  para- 
bole du  pulilirain  et  du  pharisien.  Inc.  l')5y;;;;).^cogc^-'G(o.  o^rtr») 
jigGo...  0  bien-aimés,  les  deu.x  hommes... 

[82] 


CATALOGUE    DES    MANUSCRITS   GÉORGIENS.  203 

4.  (Fol.  ■21r''-29v''.)  Saint  .lean  Chrysostome  :  sur  l'enfanl 
prodijrue.  Inc.  ilàôiàçoob  o).>G.)i)^j]o  3;>6oi...  Nous  désirons 
toujours... 

ô.  (Fol.  iOv'-SÔr".)  Anastase  le  Sinaïte  :  sur  la  naissance 
de  Jésus-Christ.  Inc.  f^iào  irtb  ^bg  3  bitjj^àfogçj'Baî...  Qu'est-ce, 
ô  bien-aimé-s... 

6.  (Fol.  3(jr"-nv".)  .Saint  Éphrem  Syrus  :  sur  le  second 
avènement  du  Christ.  Inc.  b.>yg;)fo3çm6pî  ^yj  (o^  (oàh...  0  bien- 
aimés,  que  cela... 

7.  (Fol.  I4v"-47r".)  Saint  Éphrem  Syrus  :  sur  les  pères  qui 
sont  morts.  Inc.  ô;^ç:'''<>  Pi^i'')  itjuiiiob  (i)yc^9ob?j...  Mon  cœur 
endure... 

j^  8.  (Fol.  47r"-53v".)  Saint  Grégoire  de  Nysse  :  sur  le  com- 
mencemenl  du  carême.  Inc.  ,y->fjo  (arSm.>;^.>f)  .)cobgô;)oi^...  Un 
iiomme  de  deu.x  natures... 

9.  (Fol.  53v"-59r°.)  17  février.  Passion  de  saint  Théodore 
Tiro.  Inc.  ôjôoçi  o)fob...  Il  estdou.x... 

10.  (Fol.  .")0r"-6-2v".)  21  IV-vrier.  Saint  Thi'odore  le  Studiie 
sur  la  décollation   de    saint  Jean-Baptiste.    Inc.   OgboOg  ^wb 

^0îfp;)ô.'>u...  TpiTOV  jj.r,-/\jjj.x... 

Delehaye,  B.  II.  G.,  842. 

11.  (Fol.  63r"-67v".)  Sur  le  miracle  à  .Sainte-Sophie.  Inc. 
im.>  (hba  5fob  j)btojtj)...  Rien  nest  comme  cela... 

12.  (Fol.  68r''-74v".)  Saint  Basile  le  Grand  :  sur  les  quarante 

martyrs.  Inc.  9.ho(^5ç^(7î.>  ^bgGgôoco.)...  Map-ruptov  y.v/;'ar,v... 

Deleii.wi;,  /;.;/.  .',.,  120,j'. 

13.  (Foi.  74v°-88r".)  Vie  de  sainte  Marie  l'égyptienne.  Inc. 
bjog>g9cr.<^cn-^  i\}<i5ob.~>œo . . .  Mu^jT/ipiov  jiaç-.Xéwî. .. 

DKi.EiiAvr:,  IL  II.  G.,  lu  12. 
11.    (Fui.  88r"-95r".)    Relation    sur   le    miracle    arrivé   au 
moment    où    les    Perses     atteignirent    Constantinopie.    Inc. 
(p^C^OTù  apS.>3çnob. . .    'Ev  toi;  yf  povoi;  'Hsa-,tXe!Ou. . . 

Delehaye,  //.  //.  (i..  10(30. 
l.j.  (Fol.  !)5r°-98r".)  Saint  Grégoire  le  Thaumaturge  :  sur 
l'Annonciation.  Inc.   j^jojib   ^6ggîn>oï1>cDj...    Aujourd'hui    des 
anges... 

16.  (Fol.  98v"-l(i2r".)  .Saint  Jean  Ciirysostome  :  sur  iWunon- 

[83] 


204  REVLE    DE    l'orient    CHRÉTIEN. 

dation.  Inc.  ,5g.'>ç:!"5fti  boTj.wgçr.ob.^  l)^tiPSgÔ5n...  Encore  l'évan- 
gile de  joie... 

17.  (Fol.  102r"-115v".)  Saint  André  de  Crète  ;  sur  Lazare. 

Inc.  çpilJ.'ifo;]...  Adt^apo;... 

MiGNE,  P.  G.,  XCVII,  col.  960-9Sr). 

18.  (Fol.  115v"-128r°.)  Saint  André  de  Crète  :  sur  le  dimanclie 
des  Rameaux.  Inr.  ôg3of)  âggçgot.^  a).>B.>...  XOè;  -h^Tç  \j.i-z%  toO 

AsffTVOTOU... 

MiGNE,  P.  G.,  CXVII,  col.  0Sr)-1017. 

19.  (Fol.  l-28r"-133v".)  Saint  Jean  Daraascène  :  sur  le  figuier 
desséché.  Inc.  .^ipildw.ssb  Og...  Kivôî  p... 

MiGNE,  P.  G.,  XCVI,  col.  r)7(3-588. 

20.  (Fol.  13;iv"-l  11  r".)  Saint  Jean  Chrysostonie  :  sur  le  Ven- 
dredi Saint  et  la  trahison  de  Judas.  Inc.  O^^ocogg)  b,^Jococ'j  56b... 
11  faillit  être  nécessaire... 

21.  (Fol.  1  llr"'l  14v".)  Saint  Jean  Chrysostome  :  sur  le  Ven- 
dredi Saint  et  la  trahison  de  Judas,  etc.  Inc  iW\l'^3'~'"aîR 
3^30053...  Avec  regret  je  vois... 

22.  (Fol.  I43r''-148r°.)  Saint  Jean  Chrysostome  :  sur  la  pas- 
sion de  Xotre-Seigneur.  Inc.  5g3o5  .•içoco^gS^ç^-'b......  Hier  dans 

la  promesse... 

23.  (Fol.  1  18r"-160r".)  Georges  de  Nicomédie  :  sur  la  cru- 
cifixion et  la  sépulture  de  Jésus-Christ.  Inc.  8,^c),')ÇT'b.~>  çp.^... 
Sur  le  haut  et... 

24.  (Fol.  l(30r"-170r".)  Saint  Épiphane  de  Chypre  :  sur  la 
sépulture  de  Notre-Seigneur,  etc.  Inc.  fo^a  hmh  gbg  rotojb... 
Tt  TOÙTo  Gïîaeoov, .. 

MiGNE,  P.  G.,  XLIII,  col.  M0-4G4. 

25.  (Fol.  I70r"-178v".)  Saint  Jean  Chrysostome  :  sur  l'Ascen- 
sion. Inc.  m^^59b  ogo  5^;;35roob5...  Quand  de  la  croix... 

26.  (Fol.  178v''-183v".)  Saint  Cyrille  d'Alexandrie  :  sur  la 
bienheureuse  Vierge  Marie.  Inc.  ora^yo53.^ç;>;';]  .sc5b...    ftai^po? 

Deleii.we,  //.//.  G.,  1154. 

27.  (Fol.  183v"-189v".)  Saint  Jean  Chrysostome  :  sur  les 
saints  martyrs.  Inc.  Oo;)woo)g.>G  3o5,^Qa)5ir)...  Dans  ce  temps, 
parce  que... 

[84] 


CATALOGUE    Di:S    MANUSCRITS    GI.UUGIt.N.S.  20."t 

•28.  (Fol.  18!1v"--2v!7v".)  .Saint  Oeniiaiiu.s  de  «'onstantinoplo  : 
.sur  11'  niiraclt'  de  l'archange  Michel.  Inc.  «^«jy  .xoo.^f)  yi.s 
<1fo.Y)->t'^ . .  Grands  et  plusieurs  sont ... 

•21).  (Fol.  2^27v"-^2.nr'.)  Saint  André  de  Crète  :  sur  la  nais- 
sance de  la  liienheureuse  Vierge  Marie.  Inc.   .■•(.irio'rxîilcîb    mj 

MiciNK.  P.O.,  .\CMI,  col.  S6I-88I. 

30.  (Fol.  •231r"--237v".)  Saint  .lean  Damascène  :  sur  la  nais- 
.sance  de  la  bienheureuse  Vierf;e  Marie.  Inc.  '"Icî.-tntt'oi"  He^ag- 

Ml. .m:.  /'.  /.■.,  \<\  I,  col.  (>()-2-680. 

31.  (Fol.  137v"--25t)r".)  Saint  Jean  Damascène  :  sur  la  pré- 
sentation de  la  bienheureuse  N'ierge  Marie.  Inc.  (o.>cîu);)rir)() 
ioiJcoijiub  3eîyg.)6a  b.^wm...  Cumbien  de  vous  aiment-ils  Dieu... 

32.  (Fol.  256v°-^261r".)  .Saint  André  de  Crète  :  sur  l'esaltation 
de  la  Sainte  Croix.  Ine.  5^3ô)ob;>,jô);)ô.^l).'>...  S-aupoO  Tjxv/.yjpiv... 

MioxE,  r.  f;..  \CVII.  col.  1017- 1036. 

33.  (Fol.  •261v"--270r".) Georges  le  Cliartoplnlax  de  Constan- 
tinople  :  sur  la  Présentation  de  la  bienheureuse  Vierge  Marie 
dans  le  temple.  Inc.  jgœocnOTô  (Jotg'bœ.^...  Des  bonnes  raisons... 

31.  (Fol.  •260v''-277v"'.)  •2(3  octobre.  Passiun  de  saint  Deme- 
trius.  Inc.  .\),-)fiy)j  w^q  b3o35co.)U...  EtysTX    l'<u[Jt.x;a>v  7/.-r,-Toa.. . 

Deleiiaye,  li.II.G.,  -198. 
35.  (Fol.  •277v"(def. — )  ^23  avril.  Passion  de  saint  Georges. 
Inc.  ibgbc^acoob;)  figgBob.^...    H  aiv  toO  7o)T?,po^  r.uxlv.. . 

Deleii.we,  li.  //.  (i.,  G7I . 

N    40 

XIII"  .siècle.  Reliure  ancienne  eu  mauvaisétat,  en  cuir  Ijrun  sur  planches 
de  boi.s,  ornée  de  dessins  linéaires.  Papier  oriental  assez  mou,  côtelé  et 
déteinte  brunâtre.  Les  feuilles  ont  été  réparées  dans  les  marges. 277  folios. 
Cahiers  de  8  feiiille.s,  numérotées  d'  .■>  (lisez  I)  jusqu'à  jc"_^  i lisez  .'57).  Les 
cahiers  vers  la  fin  portent  aussi  des  signatures  en  lettres  arméniennes, 
ajoutées  plus  tard.  Dimensions  de  la  page  :  310  '.■'_  1<>8™">;  de  l'écriture  : 
250  X  I44'"">;  sur  une  colonne.  34  lignes  à  la  pajre.  Écriture  :  nuskhuri 
petit,  carré,  droit.  Encre  brune,  avec  en-tètes  en  rouge  vermillon. 
Ponctuations  :  •  La  plupart  des  mémoriaux  ont  péri  par  suite  du  mauvais 
état  des  marges. 

[85] 


206  REVUE    DE    l'orient   CHRÉTIEN. 

Contient  :  Ménaion   -/.aô'ïiixspa;  pour  le  mois  de  septembre 
1-24.  Manuscrit  (def.  — )  à  la  fin. 

(TSAGARELI,  op.  Cit.,  n"  66.) 

N°  41 

XIII'^-XV"  siècle.  Reliure  moderne.  Papier  oriental,  jaune  foncé  tirant 
un  peu  sur  le  brun,  et  dont  on  a  réparé  les  marges  en  beaucoup  d'endroits. 
237  folios.  Cahiers  de  8  feuilles,  de~  (lisez  1)  à  jï^  (lisez  .30).  Dimen- 
sions de  la  pape  :  290  >:  226™";  de  l'écriture  :  242  X  174"",  sur  une 
colonne.  37  lignes  à  la  page.  Ecriture  :  nuskhuri  incliné,  arrondi,  assez 
petit.  Encre  noire.    Ponctuations  •   ■  ■r 

Mémoriaux  :  au  fol.  5v"  une  longue  inscription  dans  un  nuskhuri 
irrégulier  du  relieur  Dimitri    Bidzanasvili    d'AIastani    en    Djavakhefie 

Contient  :  1)  Quelques  leçons  des  Évangiles  (fol.  lr"-.5r°). 
2)   riapay.Afraiv   (go^'bçQgÔgçnBo  5toçç)5CT.8o'b.~>6o)    (fol.    6r''-237v°). 

N°  42 

XI=  siècle.  Reliure  moderne.  Parchemin  de  teinte  d'ivoire  de  bonne 
qualité,  mais  usé  au  bas  des  feuilles.  291  folios.  Cahiers  de  8  feuilles, 
dont  le  premier  est  perdu;  le  manuscrit  commence  aujourd'hui  avec 
ô"  (lisez  2)  (f.  Ir»),  et  s'étend  jusqu'à  'd  (lisez  41)  (fol.  284r°);  quelques 
folios  ont  disparu.  Dimensions  de  la  page  :  287  :  ;  191">'»  ;  de  l'écriture  :  225 
X  130'"™;  sur  une  colonne:  .38  lignes  à  la  page.  Écriture  :  nnsklmri  petit 
et  fin,  du  type  athonite;  de  la  même  main  que  manuscrit  n"  4S.  Ponc- 
tuations •  :•  et  sans  mémoriaux. 

Contient  :  Ménaion  y.aO'riiJ.épaç  pour  les  mois  de  février-août, 
et  sans  un  -rpuôotsv,  comme  le  dit  une  notice  en  grec  sur  la  der- 
nière feuille  (291  V").  Inc.  2  février  le  des.  17  août. 

(TSAGARELI,  Oy».   Cit.,   W"  ?A.) 

N°  43 

XII'^-XIII''  siècle.  Reliure  moderne  en  cuir  jaune  :  le  livre  ne  se  ferme 
pas  à  cause  de  son  épaisseur,  et  va  être  divisé  en  deux  parties,  qui 
porteront  les  numéros  43a  et  43  p.  Papier  oriental  dur  de  teinte  rougeâtre 
horriblement  troué  et  rongé  par  les  vers.  306  folios.  Cahiers  de  8  feuilles, 
de  "(lisez  1)  à  j^m  (lisez  39).  Dimensions  de  la  page  :  284  X  210™'"; 
de  l'écriture  :  218  X  132'"'";  sur  deux  colonnes,  avec  un  espace  de  20™" 
entre  elles.  26  lignes  à  la  page.  Écriture  :  nuskhuri  arrondi  et  régulier. 
Encre  brune  ;  en-têtes  en  rouge  vermillon.  Ponctuations  '   :  ;  '  * 

[8<ï] 


CATALOGUE    DES   MANUSCRITS   GÉORGIENS.  207 

Mémoriaux  :  quelques-uns  (comme  au  fol.  4v<')  fortement  endommagés 
par  les  vers. 

Colophon  du  scribe  (fol.  30Gri)  b.>bac;;oai,i...  Ç6(napîôt>i3f)y  (i>'~u  ;|1>;) 
Ç"ûf"'  ^f^ogcîsj^^ob  rninoli  'J;j(^sr"<>l>j  l'Ic'ô  ii>.)9cr<)  *^a  <lgbby.)r>  oTir)>>;")<'ô(l.)f) 
.«■Ôj(f)b  3ol)gjc"9iC>  û'*ôo<).)5  •>S5^aé).i  ÇoijBo  f^^  0.>(3ob  ôo(].)il.>f>  tSj)yi).>r) 
l>.»i^ùwb  pf)6.Ji)(idioiôa5  Q(Qy)Qd'ôi>^  j]r>.i  p6(ô0fr!bi3fi.y^()aj:nàyi.  Au  nom... 
j'envoyai  ce  saint  livre  composé  par  Grégoire  le  Théologue.  moi.  Gaba,  le 
noble  .Meskhe  d'.Vrgias  Tsikhé.  Mon  grand-oncle  paternel,  l'higoumène  de 
Sap'ar,  l'a  écrit  pour  en  faire  don. 

Contient  :  les  Homélies  de  saint  Grégoire  deNazianze  dans  la 
version  d'Éphrem  Mtsiré  avec  des  scholia  sur  les  marges. 

1.  iFol.  lr"-lr".)  Préface  d'Éphrem  Mtsiré;  à  la  fin,  si.\  vers 
iambiques  avec  l'acrostiche  5ocîm,V' '^''0''e'- ^" '*^'-  ^^'"' ''^'^'^ 
du  contenu  ('b-^Gr^j^^jo)  avec  quelques  explications  des  signes 
employés  dans  les  scholia. 

•2.  (Fol.  5r"-13v°. I  Contre  Julien,  etc.  Inc.  (oùa  ^nh  i^tiç^s^^sCo^- 

•  >.'!...  T;  r,  T'jsavv;;... 

MiG.VE.  r.  G.,  \\\\.  col.  1044-1061. 
3.     (Fol.    5r"-13r°.)    Sur    la    naissance    de    Jésus-Christ. 
ln<'.  JPîob(5-]  o33gôob  6rpoçp;)ôyigo>...  Xc'.cto;  yevvàTai... 

MiGNE,  P.  G.,  .\X\\  1,  col.  312-333. 
I.  (Fol.  23v"-76r'\)  Epitaphion  :  sur  Basile   le  Grand.  Inc. 
;lÔ<DC"aôoîai.^  b-^rpOg...    "£y.e>.>.£v  âpa... 

1.  (Fol.   76r"-78v".)   Vers  héroïques  dans  la   r<'daction  de 

Nicétas.  Inc.  jl.)  j(oob5ybO('îyg.Hogcî...\'oici,  amant  du  Christ... 

5.  (Fol.  TSv^-OOv".)  Sur  l'apparition  des  lumières.  Inc.  ^f)--i- 

çn^-iç^  f'3l>i3  lîgOo  :  jg.iÇî^'.SQ)  b;iorpj^Oç;m.<->....  nz7.tv  'Iviiroù;  ô  èu.ô;... 

MiGNE,  P.G!.,  X.XXVI,  col.  336-3'0(t.   " 
(j.  (Fol.  91r"-122v".)  Exhortation   au   baptême.  Inc.  f'i^^Oof) 

MiGNE,  P.  G.,  \\\\\,  col.  360-12:). 

7.  (Fol.  lî;3r"-127v".)  A  Grégoire  de  Nysse.  Inc.  iJj^gcîôPïob.^ 
b.^fo^fl^Cc^ob.i...  4)i>.ou  :Tt(iToO... 

MiGNE,  P.  G.,  XX.W,  col.  832-841. 

8.  (Fol.  127v°-148v°.)  Sur  Athanase  le  grand.  Inc.  5OT;>G,)bob 
*^'^dO^O^  0.>G...   'AOavz'îiov  Èffzivuv... 

MiGNE,  /'.  G.,  XXXV,  col.  I081-II2S. 

[87] 


208  REVUE    DE    l'orient    CHRÉTIEN. 

9.  (Fol.    1  ISv"-165v".)    Homélie   d'adieu  aux    I.jO  évêques. 
Inc.  3oa)5w  •oj^of'a?'^  li^GGgÔ.'^Bo...  ITù;  û[j.lv  rà  ■Â|.'.eTepa... 

MiGNE,  P.  G.,  XXXVl.  col.  457-492. 

10.  (Fol.   165v°-189r°.)  Sur  la  charité  envers  les  pauvres. 
Inc.  o'^S'^'^'-'  '^"•^f'f'ï  y?^  rr>.~>65  çp5...    "Av^ps;  à'ÎElçol... 

MiGNE,  P.  G.,  XXW.  col.  8.57-909. 

11.  (Fol.  189r"-202v".)  Sur  le  dommage  causé  par  la  grêle. 
Inc.  ro:>ÇQ  ÇQ6l^l)6ocn  Çgl)l).~>...  Ti  Wsts  Tr,v  Tâ^iv... 

MiGNE,  P.  G.,  XXXV,  col.  933-964. 

12.  (Fol.  202v"-204v".)  Sur  Pâques,  or.  1.  Inc.  ^io^gcciaob.^ 
^Cog...  'AvxtTTaiewç  "ÂjJi.spa... 

MiGîs,-E,  P.  G.,  XXXV,  col.  396-401. 

13.  (Fol.  204v°-223r".)  Sur  Pâques,  or.  2.  Inc.  bi^gBoç^isl... 
"bgçp.s  tïgOb.s...  'Etù  t-^;  çulax-^ç  p-O'j... 

MiGNE,  P.  G.,  XXXVI,  col.  624-664. 

14.  (Fol.  223r"-229r\)  Sur  le  Dimanche  nouveau  et  sur 
l'encénie.  Inc.  nBjgBoob  5,^(^030...  'EYxatvtx  TifiàcTÔai... 

MiGNE,  P.  G.,  XXXVI,  col.  608-021. 

15.  (Fol.  229r"-239r".)  Sur  la  Pentecôte.  Inc.  foiogb  b^bÇ.sg- 
ÇTiobi  âsocogg)...  ITefi  — Tiç  éopT^;  jîpayea... 

MiGNE,  P.  G.,  XXXVI.  col.  428-452. 

16.  (Fol.  239  v"-248r".)  Sur  les  Macchabées.  Inc.  mi,ad-^  05j.^- 
ÔgçiiGo. . .  Tt  ^è  ot  Ma/cxaflaîoi. . . 

MiGNE,  P.  G.,  XXXV,  col.  912-933. 

17.  (Fol.  2t8r°-258r".')  Sur  saint  Cyprien.  Inc.  35o6c?.n 
j^goroo^Bg. . .  Mt/,poù  Kuxptxvôç. . . 

18.  (Fol.  258v"-298v".)  Vie  de  saint  Grégoire  de  Nazianzc 
(par  Grégoire,  prêtre).  Inc.  0^65  bçooçri  [sic)  sa^^S^  co^a'^G... 

Delehave,  B.H.G.,  723. 

19.  (Fol.  299r''-306v".)  Vers  ïarabiques  de  saint  Grégoire  de 
Nazianze  (d'une  autre  main). 

N"  44 

Xl^-.XUl'  siècle.  Reliure  moderne  en  cuir  jaune.  Sur  le  dos  :  AOrOI 
nA>iHrVPIROI  KM  MA<^OPA.  Papier  oriental  mou,  vergé,  de  teinte  rou- 
geàtre.  245  folios.  Cahiers  de  8  feuilles;  les  deux  premiers  font  défaut; 

[88 


CATALOGUE   DES   MANUSCRITS    GÉORGIENS.  209 

quelques  signatures  sont  enlevées  :  û  (lisez  10)  (fol.  CAy)  :  jm(J>  (lisez 
34)  (fol.  241  r°);  on  rencontre  parfois  des  sii;n;itiïres  arméniennes.  Dimen- 
sions de  la  pape  :  291  >,  241""";  do  l'écriture  :  223  •  157""":  sur  une 
colonne.  32  lignes  ù  la  page.  Écriture  :  nuskhuri  réfrulier  et  arrondi. 
Encre  brune:  cn-tétes  en  rouge  vermillon.  Ponctuations  •  ;  :•  .  Quelques 
mémoriaux,  mais  la  plupart  ont  été  rognés  par  le  relieur. 

Contient  :   Traités  patiisliques  d'un  caractère  exéjiétiques. 

1)  (Fol.    Ir'-ôtiv").   Acéphale   (saint   Basile    sur  IHe.vame- 

ron).  Inc.   chapitre  II.   Inc.  OQoco;}fj>  (fol.  Ir^-lTr")  fô.^uilj  gj-j- 

<)<)f>     Gj3;)il«ii1r.i(îr>()0)     '>o(^L|;-).'>iT),'>...     ;i.i-/.p:':ç     ^(■)f)£v    èvî'.xTpviav:;; 

pr,;ji.a-i...  Le  commencement  du  chapitre  m  a  disparu  Cha- 
pitre IV  (foi.  17r°-21v°).  Chapitre  v  (fol.  21  v°-29v°).  Cha- 
pitre VI  (fol.  2!)v°-  llv").  Le  commencement  du  chapitre  vu  est 
perdu.  Chapitre  viii  (fol.  IIv''-19v").  Chai>itre  i.\  (fol.  13 V- 
"ifJv.).  L'n  e.\amen  attentif  du  caractère  des  autres  ouvrages 
contenus  dans  le  manuscrit  fait  penser  que  celui-ci  est  pro- 
balilement  antérieur  à  Kuthyme  l'athonite.  O  manuscrit  et  le 
n"  7  1  sont  les  premiers  connus  de  cette  version. 

2.  (Fol.  .j7r"-I03v".)  œ^gyr^îmo  Çffoçoob.)  gg.>  Gg(^.->o)ob;>  O.itlob.-» 
B-;3g6obD  gfoogcîçno  Gcîbj^çj"  g^ob^oiSpibob.^a.  ^5.>3ob.>  3j)b.v]()<)b.i 
oi^b.  cocîâgc^o  3o;-)Çyw.^  Jil^b.^  cn^jbb.)  ^5^353^3  o^ob^^oî^cîbb.^... 
ToO    èv    xY'O';    rpTiyoptO'j    N'Û5(î-/iî    Flêp'.  /.zTa<7X£ur,i;  àvOpwTrou.   Inc. 

■..D0'"3'^6'*  313"  "a^  ipou'jjô.in  b.^cnGccyÔob  «IcîiJfyjôjjçioi.in... 
Eî  Taî;  6ii  TôJv  ypïi[iiTwv  Ti{iaî;  l^v.  vesataciv.. . 

MiG.NE,  P.  (;.',  XLIV,  col.  12.j-2.jU. 

En  3(;i  chapitres  :  tles.  103  v"  (sic)  gi6oi3;)f53Q6<j)  <lj6çno 
"ô"  û-^G'^  ^"^  3go3cabj)(Ti  3.^30  ogo  àbiçno  g^G.^bîmgôgçiio  9bg53- 
bjôoco.)  g»50^ùôcp,)ôob;)  OD^bobiQoiù  Oi^çnribà  'di>h  i)b3.)3bgÔob5 
tO()pScnob.>b;).    foo:ii);)ç;'>oa)    uioçpjjôgçji  îp5   ioOjioxnil.^f)   ,y>3o   ^ofo- 

30C"-^ft'  tQU>a^  '"do-*.  ■■5d^^f*<)'"  .v*6"  ^'^Ô^tt'  «»■»  '^l>Ô-^3l>->ÎP  ^DOf»*^-»- 
Pic'ï^çi^obôa  6c5b  tpofpj^o.^n  g.jgGoOTo  ;^jg6ob68^og  iOyG  : 

Le  texte  est  le  même  que  dans  le  manuscrit  de  Sathard  : 
c'est  une  traduction  de  l'armiMuen.  Le  dernier  chapitre  a  été 
puiilié  par  il.  5<^.>G.)n.}oç;oo.  ^.].->cÔ(nje'^o  (llf);]('ôt''''mô,>  iljj-I.\-.\  b.vnjg- 
60b.),  p.  89-117,  Tiflis,  1891. 

3.  (Fol.   lUlr"-l.")l  V.)  (T»Jg9gçT>o  tpdocQob^   çoo  r)j(5.)foob.^  tlj- 

[89] 

OfllENT   CIIKCTICM.  14 


210  REVUE    DE    l'orient    CHRÉTIEN". 

rpçogcn.i  cn^b  boîgç'-'ol)  çp;iô5fpgôob.-)  :  Sermon  de  notre  saint 
et  bienheureux  père  Jean  Chrysostome  :  instruction  sur  les 
six  jours  de  la  création. 

1"  jour  (Fol.  104r"-]lur".)  Inc.  9«.;îcr,ob.^  çoOfooiob  ilb^Bg- 
pSgôob.>  b\î.^3ç:;"'^.Q...  La  doctrine  de  toute  religion... 

2''  jour  (Fol.  110r''-119v".)  Inc.  bgc"ob.i  b.i\i5îpgçr>  5ço5g;)flo- 
fiob  çoflc'ofnob;^ bo^yg^S^B...  Le  Verbe  de  Dieu  crée  le  désir  de 
Tâme... 

3'  jour  (Fol.  l-29v"-l-28r".)  Inc.  bcrjojç^obi  agOcî^âa^P^'-^f' 
é3çr<^3^'^t'-''f>..-  L'artisan,  le  créateur  du  monde... 

4"  jour  (Fol.  l-28r"-I40r°.)  owcc!bcQa;]ç:;^o.-)Qb5QCD53o  y;).  Inc.  yj5- 
53fDOî  ^8.'>Q  B;)0o  Sç^-'Un...  Paul... 

Séjour  (Fol.  I40r"-I.51v°.)  Inc.  (^coo^rpo  fo5  ,530005110  ^^Qœ^ 
8c:!yg.!>TOaôob.>  ^^^>...  La  charité  est  grande  et  bonne... 

Le  te.xte  se  tei'mine  probablement  au  fol.  151  v°,  où  il  y  aune 
note  de  la  main  qui  écrivit  le  texte  :  fQoa  36çq5  ^g  çocq  çoy^h- 
fogçmi  op5c3bcn8gçjig  0130  :  Gloire  à  toi,  ô  Christ  Dieu;  le  cha- 
pitre d'exhortation  est  terminé. 

4.  (Fol.  151  v''-I.55v°.)  Autre  texte,  il  commence  immédiate- 
ment sans  titre  :  ;>05b  3gGrp5  5.>5oCT.b.^GcQ  liggB  3g3b'()ow.~>3in... 
0  vénérable,  nous  t'offrons...  C'est  une  partie  d'Épiphane  de 
Chypre  -^spl  rxézpMy  Y.a.1  aTaf)ij.ôiv,  comme  dans  le  manuscrit  de 
Shatbard.  Ed.  i).  ?^6553oc"o,  /.  c,  1 18-131. 

5.  (Fol.  155v"-157v".)  Une  chronique  sans  titre.  Inc.  .m^o.>8 
eboî6g).->  :  bçn  ÇgçTi  çp5  33.^  b;)0(0...  Adam  vécut  230  ans  et  engen- 
dra Seth.  Des.  fol.  1.57v"  oGfQoj^^ocîGo  .>i5o-^çï''^  :  "0  ^«['•^u'- 
9k>3,  fi'^  c^a^'^'O  o"-^3oœ3g  Oc':!<)^eg3ob. 

{A  suivre.) 

Robert  F.  Bl.^cke. 


1901 


MKLWr.ES 


NuTK  SUR  Li:s  svNA\Aii;i:s  ar.mi;me.\.-s 

Depuis  plusieurs  annt'es  dtjà,  la  /'iilru/oi/iit  Orienlalis  publie  la  tradut-- 
tion  française  du  synaxaire  arménien  accompagnée  du  texte  original. 
Parce  travail  si  précieux  M.  le  D'  ('•.  liayan  rend  un  grand  service  aux 
l'tudes  arméniennes  eu  Kurope,  en  attirant  l'attention  du  monde 
-,ivant  sur  une  branche  importante  dt-  l'iiagiographio.  A  cette  occasion  il 
nous  a  semblé  utile  de  donner  ici  un  aperçu  historique  sur  les  diflérentes 
rédactions  du  synaxaire  annénien. 

Le  synaxaire  arménien  fut  imprimé  pour  la  première  fois  en  1706  à 
Tonstantinople,  et  réimprimé  dans  cette  même  ville  en  1720.  Une  autre 

iition  parut  en  1834,  sous  les  auspices  du  patriarcat  arménien,  égale- 

lent  dans  la  cai)itale  de  la  Turquie.  Deux  personnes  érudites,  le  clerc 

régoire  Periitmaljean  et  le  vardapet  Mattiieos,  plus  tard  patriarche  à 
I  onstaiitinople  et  ensuite  catliolicos  à  Etchmiadzin,  furent  chargés  par  le 

■nseil  national  de  préparer  cette  dernière  édition.  Le  clerc  Grégoire  nous 
l'nne  dans  sa  préface  quelques  renseignements  précieux  sur  .son  édition. 

L'assemblée  nationale,  trouvant  l'édition  précédente  insuflisante,  pensait 
a  une  nouvelle  édition  basée  sur  des  manusci'its. 

.V  ce  moment  «  sur  l'ordre  impérial,  raconte  Grégoire,  vint  ici  Ter- 
Kirakos.  catliolicos  de  la  maison  de  Cilicie  i'(  ayant  appris  par  lui  qu'il  se 
trouvait  au  catholicat  de  Sis  une  excellente  copie  du  synaxaire  de  Ter- 
Israël,  on  s'empressa  de  la  demander  pour  la  publier;  et  à  son  retour  au 
siège  patriarcal  Ter-Kirakos  l'envoya  immédiatement. 

Le  manuscrit  avait  été  écrit  sur  parchemin  en  écriture  èo/ojv/ic  au  temps 
«lu  pieux  roi  d'.\rménie  Ochin  et  du  catliolicos  Constantin.  Quelques 
fouilles  étaient  tombées  au  commencement  et  à  la  fin,  par  suite  il  y  man- 
quait toute  la  préface  et  les  annotations  finales,  ce  qui  rendait  aussi 
la  date  incertaine.  Mais  puisque  Ochin  fut  sacré  roi  en  l'an  1308 
.\.  D.  et  régna  douze  ans  et  que  les  mémoriaux,  placés  à  la  fin  de  chaque 
martyrologe,  disent  que  le  roi  venait  d'être  sacré  et  que  son  fils  aine 
étiit  encore  à  l'âge  d'enfant,  il  est  permis  d'en  conclure  ipie  le  manus- 
crit avait  été  écrit  pendant  la  première  ou  la  deuxième  année  de  son 
règne,  à  savoir  en  l'an  1300,  En  elîet,  au  quatrième  jour  de  septembre  se 
trouve  le  mémorial  suivant  :  «  Par  leur  intercession,  Dieu  le  Christ,  aie 
pitié  du  possesseur  de  ce  livre,  notre  pieux  roi  Ochin  et  de  son  peti 
enfant  Léon,  et  de  ses  parents  et  du  grand  pécheur,  .scribe  Grégoire 
le  clerc  et  du  vénérable  prêtre  et  aumônier  du  roi,  Thoros.  • 

Au  8  septembre,  on  lit  :  •  Chri.st,  fortifie  notre  pieux  et  récemment  sacré 
roi  et  son  petit  enfant  Léon,  etc.  » 


212  REVUI-:  DK  l'orient  chrétien. 

J\uiiu  ninéluti  uinnniJili  ^niuutuuuiL.  aiiu  luiun  u^/i  'ï/iiiiu/ffin  /iiiihfrm/i/fiiii 
(fiuiîi)/  w/ii/i/i/ini,  ntt-tiiut  II  liiiui/jc;  Arc;^  ai/iiii7i/i  nUtnpn  onhhtitii  iiufiiiiiiii_fiLfiiuii 
O^P  hiiniuihui  11  II  tu  jo  11  nfi  II  n  II  uutiuli  II  (luni  fiuiricii/iiii  /iiuiion  liilinnnnlili  iiiiffïi 
lun.  /i  inuituanki  ,  hi.  Iiiii  M  nuipAh  pt-puLU  p  ^luipiuuihtnuiutuli  luMnaM 
tun-UipLiun  uihituuiiiintupiup   : 

Gi  l^p  iitutnhtuhli  ttphiui  p  tiiuaiuniuPp  P"Wpffpp  l'i/Lncnif  fiuirtcruiui'^ifi 
/f7fifaiui_iifi /tîi  A.,iu/nit  Opli/i  CL  'Ininniuhiiph  liutMnnpltnup  cl  m/i  W/ilmW/j  /iIi* 
iif/i/f/ruii  t/'C  /iiirLiuCnn/  cl  /i  i/cnOni  ni  *l"in  p  ""'"  iiJin.ii/V'u/caiîiiiLiff/iLii 
iiiii(2fin0  iîL  i/cnOujcu/ïiiiL/ff/iLn,  tltuah  "p"t  cl  ni  nnn^ui/i/i  frrnLiu/iiuIi  :  htuia 
puiunjt  ()r>lth  oniuL  pjiiiaitiLnp  tut  tilt  \intutiJt  lîîON  cl  Miuiitui^iipatuti  tituàu 
hplinuttuttiuh  CL  ip'^tutntuiituptttltp  "PP  liuiu  btthtui  p  tltupiiituli  /iLriiiipiii}i\/iLn 
i/fitijiujiiijjliriLn7ciiifiii  iini  iiiiiffirli  /<rx'~  iiiipita  oahtui  t^p  HJUiauii.ttpii  cl  ttiuiiptulipli 
iiniijt  /iLft  l^nLnfi  ncrL  fi  iitiiuiiuiliiuli  '^luutulip  l^p,  tiiuini  '^iiiLiuitci/i  r^  iiificf 
fai^  fiufLiuO/tu  iptit\  inplipupit  uiupjniuiiuiLiipnt^Hjhtulilinpiub;p  tiphiui  ,  tuitiphnlt 
lïîOî)  :  'Hutlinlt  p  Unuiiunttpnpp  n  '/"P  inaïuinni/iiiiniiiîi  luiiiuipup  .  Untjlui 
ntupljluouiji.l0lsiunp  'l'ppuuinti  (  ujuiriLiuo  nrtiiriilcaj  uiiiiuiinnp  qpntiu  iiinnciiiiii^ifi 
putquii^ttppu  iSnpui  («l^up  cl  iiciLiiiti/iiu  iiiiffinui/ili  /ilii/i/  /^cl/ip/i  cl  op/iiiiiih 
/iLiiiiii  CL  ptutiîituunn  tipspu  rppqnpp  nuiplt  cl  uitttutni^iuliuili  ntu'^tuhttiip  cl 
tULuinappipiL.  tfTuintULiipplif    r''ttpuup   : 

/'    Ubuiutlitlphpp     p    *hpputittiu     tioptutpt    ntinpnq     ohniui      uiiincmiiipiii    M  tu-    , 
nujLnnii     i^/în     flLn/iJi    /jl   nitcfLiuiiniu   i^iiiLnLuu    pi-r>    iil^nLitu  cl    ii'ff'J  (mcu  lu/- 
iLUiOiiiiiiiin  .  i{tuiuiitui_nt  pn  putii  tptipqp  puttiphnuqaiu  oppliuilip  Oi^p  Huputii^ip  . 

/.  «T.  flJo^.u,  1834  =  ihiritt-.) 

Le  même  éditeur,  le  clerc  Grégoire,  fait  ensuite  un  aperçu  de  l'histoire 
de  la  composition  du  synaxaire  d'après  ce  qu'il  savait  des  œuvres  relatives. 
à  la  vie  des  Saints,  surtout  d'après  celles  du  savant  père  Mekhithariste 
Auclier.  et  croit  avoir  dans  le  manuscrit  de  Sis  une  copie  du  synaxaire 
de  Ter-Israël.  Dans  la  préface  de  la  Palralof/ia  Orienlalis,  le  D''G.  Bayan 
déclare  à  ses  lecteurs  que  <>  ce  n'est  pas  seulement  à  Sis  que  l'on  pouvait 
trouver  un  manuscrit  de  Ter-Israël,  il  s'en  trouvait  au  moins  un'  autre 
contemporain,  qui  est  venu  de  Crimée  jusqu'à  la  Bibliothèque  Nationale. 
Nous  le  reproduisons  tel  quel  t. 

Depuis  longtemps  je  me  suis  livré  à  une  étude  documentaire  sur  k^s 
monuments  hagiographiques  arméniens  et  j'espère  pouvoir  enfin  la 
mettre  au  jour  prochainement.  L'occasion  venue,  je  tiens  à  dire  que 
l'attribution  de  l'édition  de  Constantinople  par  le  clerc  Grégoire  à  Ter- 
Israël  répétée  par  M.  le  D'  G.  Bayan,  doit  être  considérée  comme  inexacte. 
Toutefois,  au  point  de  vue  du  texte  cette  affirmation  ne  préjuge  aucu- 
nement de  l'importance  de  l'une  comme  de  l'autre  édition.  L'œuvre  du 
D'  G.  Bayan  est  en  effet  précieuse  puisqu'elle  nous  offre  dans  une  édition 
deux  rédactions  du  synaxaire,  comme  nous  Talions  voir  tout  de  suite. 

D'abord,  ceux  qui  s'intéressent  à  la  question  que  nous  examinons  seront 
certainement  contents  d'apprendre  que  mes  recherches  dans  les  biblio- 

■   [-21 


MKLAN(iES.  ilA 

thèques  m'ont  amené  ù  découvrir  le  manuscrit  dont  parle  le  clerc  Gré- 
goire Peclitmiiljean  et  qui  a  été  utilisé  par  lui  dans  son  édition.  Le  manus- 
crit se  trouve  maintenant  dans  la  bibliothèque  des  PP.  Mekhitharistes  à 
Venise  et  porte  la  cote  710  «.  n.  C'est  un  magnifique  manuscrit  en  écri- 
ture bolorgir,  comme  l'atteste  son  éditeur  en  1834,  sur  parchemin,  fait 
pour  le  service  de  la  Cour  royale  de  Sis.  Les  autres  particularités  que  nous 
donne  le  même  éditeur  se  trouvent  également  ici  :  les  deux  mémoriaux  aux 
4  et  8  du  mois  de  septembre  s'y  trouvant.  Le  même  mémorial  se  répète  sou- 
yent  à  la  fin  des  martyrologes  :  au  l'"'  sept,  on  lit  :  Skp  r.in/iniiiii  piujifr- 

nititint  lanutijti  OuiiiLn/i  nii  l,i  lljtatiiihjt  unLUtuliniinih  t'pn^  iirfiiori  /,-  |/f^iif- 
uiuili,     luLithniu      Ltuinuit^ntiltu     t)Lntii     /•L^If/t     Ll     ri/*n.iifi'iif  II      iWiifi/ifulifi      /"f*"{ 

L,hLnh^i  I.L  piuijil'iuù'ti^  trtt"  '''r/"/"f'/'  'l'HPt  •  '  Seigneur  Dieu,  par  l'inter- 
cession de  ta  mère  et  de  Siméon  le  stylite,  dont  on  fait  aujourd'hui 
mémoire,  donne  aide  à  notre  roi  Ochin  et  à  son  petit  enfant  Léon  et  au 
grand  pécheur  scribe,  que  je  suis.  Grégoire  le  clerc.  » 

l'ne  main  moderne  a  mis  entre  parenthèses  les  noms  du  mémorial  et 
ajoute  :  «  à  tous  les  croyants  et  aie  pitié  de  nous  — .  uiiffclnujf»  •,"uii.iu- 
inuiijkinti  Ll  nnnpSkui  lîfcn  ».  Cette  Correction  et  d'autres,  ainsi  (juc  les 
remarques  qu'on  voit  à  la  marge,  semblent  être  l'a'uvre  de  l'éditeur. 
Outre  ces  indications,  c'est  la  collation  du  texte  qui  prouve  l'identité  de  ces 
deux  manuscrits  d'une  manière  indiscutable:  de  plus,  la  série  des 
mémoires  des  martyrs  y  sont  dans  le  même  ordre.  L'étude  de  ce 
manuscrit  m'amène  à  affirmer  que  son  attribution  à  Ter-Israël  est  inexacte 
et  sans  fondement,  et  qu'il  est  une  copie  du  synaxairede  Grégoire  d'.\na- 
varze,  comme  nous  le  verrons  tout  à  l'heure. 

L'histoire  de  la  rédaction  du  synaxaire  arménien  se  présente  en  effet 
à  nous  sous  quatre  phases. 

I.  —  Le  premier,  qui  l'a  rédigé,  se  dit  un  moine  dont  le  nom  s'écrit  hffi 
au  ^'énitif.  Il  était  originaire  de  la  principauté  arménienne  de  Khatchène, 
située  entre  les  villes  de  Choucha  et  de  Gandzac  iKlisavetpol).  Contemporain 
du  savant  vardapet  Vanakan.  il  a  assisté  avec  lui  et  son  frère  Grégoire  à 
l'inauguration  de  l'église  bAtie  à  Gandzasar  par  le  prince  Djaladaula  en 
l'an  \-2M).  Lui  et  son  frère  moururent  en  r24'.t  et  furent  ensevelis  dans  le 
couvent  de  Khad.  près  de  Gandzasar. 

Parmi  les  quel«|ues  dizaines  de  synaxaires  que  j'ai  eu  l'occasion  d'exa- 
Tiincr  de  près  et  beaucoup  d'autres,  consultés  seulement  par  moi,  j'en 
ai  trouvé  un  seul  portant  le  nom  de  Sp  t'^.  Il  est  déposé  au.ssi  chez  les 
P.  Mekhitharistes  de  Venise  sous  la  cote  631  ij.  fc  :  l'n  long  mémorial 
lOos  y  a   conservé  ces  indications  précieuses  ;   'q'  np  (hmnj  li,upifl,iur 

CL    l>lii/iuftliiii/i     uiUiLflp     Unnui     uj^jlluiutni  Uhuttttl    St^n     /*firiiijil;i/i     h     luhlinnt 

luiiuniiii  luii/ili       ifi/iiiiii-U        r'tii\hhni      •^tttttiiiuhiiii        'f.ujliiu/iifili       i/iiiririiiiuir<m/i 

^fUffiilfjiiiui/ili       /•ii/ififinnj      »M,n       l'uniuit^m,     ii/i     finniii      «jiiiiiiltifi/tnMi    lii)iii 

ifirinJ  /■  ^mîinbpni  jUjtLU  Lt.  h  ^iiun/iiliuq  n/finrii  Al/ii  )i  litipiu,  n/i  Oiiili 
nciiil        atnnt^      niiiLii      Jiiii*^iuuiuj/fni.Hrcujli      uniinnfi,     rifi     li/iniifi        ffiii     /i      ipiu- 

:3i 


211  HEVUK    DE    L  ORIENT    CHIIÉTIEN. 

LuMinitin    uituuiStit.ptjui'ii   îiiiiiiu,  ^jmiliufLuiLuit iiii/  haut   dupiuÎm/ji/i  titutnui^intUh 

nuiiunji'tl     liuiltltunhlt   : 

Voici  la  traduction  de  ce  texte  :  "  Ensuite,  toutes  ces  fêtes  des 
saints  furent  rangées  grâce  au  travail  de  Sji  l'iji  sur  la  demande  de  Djala- 
daula,  seigneur  de  Khatchène,  à  la  suite  de  la  commande  de  Vanakan 
vardapet  et  de  Grégoire,  parent  de  Sn  Wi  :  car,  considérant  sa  patience 
et  son  esprit  investigateur,  ils  lui  ronimandérent  de  faire  tout  le  possible 
pour  rechercher  les  jours  de  martyre  des  saints  qui  sont  marqués  dans  leur 
histoire  complète,  en  faisant  un  abrégé  de  leur  tin  merveilleuse.  11  mit  aussi 
avec  [les  mémoiresl  d'ordre  divers  les  «  en  ce  jour  »  de  sorte  que  tous  [ces 
articles]  étant  dune  longueur  identique  formaient  complètement  l'année. 

C'est  la  seule  source  positive  que  nous  ayons  sur  le  premier  auteur  du 
synaxaire.  Toutefois,  les  personnalités  mentionnées  ici  sont  connues  par 
ailleurs. 

L'historien  Kirakos  (Kyriak)  de  Gandzak  connaît  bien  le  prince  Djala- 
daula,  un  des  trois  fils  du  prince  Vakhtang  de  Khatchène.  11  le  mentionne 
à  cause  de  l'église  qu'il  a  construite  à  Gand/.asar.  Le  jour  de  l'inaugura- 
tion de  l'église  ont  été  invités  entre  autres  hôtes  aussi  les  saints  vardapets 
de  Khatchène  Grégoire  et  Ter-Elie,  parents  l'un  de  l'autre  :  «   mlnj  t/iîi  tu 

ununu.     i/iuiiiiiiiuifeuipîi      l"iu\ljhitt       hnhannjtii       hi.     Si^n      hfjliui      «^luniiinuiifi^ 

SfiSbiuiiti .  »  (Kirakos,  texte  arménien,  p.  146).  Ces  deux  personnes,  d'après 
mes  reeherclies  sont  à  identifier  avec  leurs  synonymes  de  notre  mémo- 
rial. L'un  s'appelle  Grégoire  et  le  nom  de  l'autre  écrit  avec  l'abréviation  a 
provoqué  la  douille  lecture  possible  Sk/t  ^"p'"ski_  Ter-Israël,  ou  .S'tji 
Ifnjiiu  Ter-Élie.  Leur  parenté  est  exprimée  par  le  même  mot  'Juijmi^uiin 
qui  peut  signifier  frères  ou  cousins.  La  première  lecture  me  semble  plus 
authentique.  Peut-être  trouverons-nous  un  jour  son  inscription  tombale 
dans  le  couvent  de  Khad  qui  révélera  le  vrai  nom  de  l'auteur  du  synaxaire. 

Puisque  Ter-Israël  mourut  en  l'an  1249.  le  synaxaire  aura  donc  été  ré- 
digé avant  cette  date.  Il  est  probable  que  le  prince  et  le  vardapet  Vanakan 
avaient  fait  leur  commande  à  Ter-Israël  au  jour  même  de  l'inauguration  de 
l'église,  en  1240.  Quel  problème  s'est  posé  devant  Ter-Israël  et  comment 
l'a-t-il  résolu?  Ce  sont  deux  questions  que  nous  n'avons  pas  l'intention  de 
résoudre  dans  la  présente  note.  11  nous  suffit  d'indiquer  que  l'œuvre  de 
Ter-Israël  est  basée  sur  un  ancien  martyrologe  traduit  auquel  il  a  ajouté 
entre  autre  les  mémoires  secondaires  commençant  par  le  mot  jiujuiÎiululji, 
«  en  ce  jour  ».  De  là  provient  le  mot  fwfuSuiLnLpg,  les  «  en  ce  jour  «, 
terme  qui  dès  lors  s'est  substitué  au  terme  étranger  «  martyrologe.  » 

Le  synaxaire  de  Ter- Israël,  à  juger  d'après  l'unique  copie  mentionnée, 
commençait  au  premier  jour  de  janvier 

II.  A  peine  l'œuvre  de  Ter-Israël  avait-elle  vu  le  jour,  ([u'il  parut  un 
autre  synaxaire  à  Sis,  capitale  royale  de  Cilicie.  Il  était  rédigé  par  le 
savant  moine  Kirakos  en  l'an  1209. 

[4] 


MÉLANOES.  "215 

Il  ne  s"aK't  guère  d'une  nouvelle  réduction  ;iu  vrai  sens  du  mot.  Tout  en 
■nservant  intact  l'ouvrage  de  son  prédécesseur,  il  a  tâché  de  l'enrichir 
i  y  ajoutant  des  nouveaux  mémoires  au  nombre  de  170. 
l,c  synaxairo  de  Kirakos  nous  est  parvenu  en  «luelques  copies.  11  com- 
mence au  ])i'emier  jour  de  l'année  arinéiiienni'.  I)eux  copies  du  nombre 
de  celles  dont  je  me  suis  servi,  ont  gardé  le  mémorial  de  l'autetir  même, 
conçu  dans  les  termes  suivants  ; 

«  Hntunifb  l\umnLhtn  Ll  tiltnnil  uniin$j  hnntit  lini  uiuinnqli  'lltt  nitiliiiu  ijuin- 
niififi/wfi  1  <fi/îl Jïfn/i  /)  iMiiiifr/ili  «^iifi  iiip/iii/i  ninuiili  iiiiriitfff  («iiinniOff^  iiuiit 
/ti  iiiiifMiiiiv/ri  fi    f/liiiliJliif/f/i    HiLliLliiy  U'niinh     /.i.     ijiiiiifiiWii  ^r/ii  liif    lifiiyiii     fpcy 

n*  l;n  fïniîiuf  /i  nhp"  ^lUiuStuLnLptunh  bi.  luiuitJibijli  luin  Utti^uuttiiitnnuh  bt 
luitttisbii  lumtiL^innun  Ll  ntinnniitt  '//>''/  bi  fiiif(if  (fi'Minriifi/f Miftiif li/i,  iifr  ni 
fiiiii»  nnbti^ftn  II  ithn^'  /jfcîiiiiil  /il  nn  i>iiirt.)fiii^  ntibnti  OIjO/ïiiiW»  bt  M'P"  h 
iinnt  hibhi,li   li/ifiiifff   : 

f/i  bnbi  jintiiiilinipluliti  iif|if  /i  Wii/iii  Uirt,,  ^tw^hliiiu^liu  UÏnlilibni  lîii  h 
llitu  Sttnntuntiiniuiib  II  tthuillut  linftLklLiiiti  ^btilîini  bl  llli(l-llf V^/fJf  llllWl  bibiui~ 
'liiit  j/ibitili  nniiitÊ  )ffifi/f]f  f,fii.n)j/i  /m  luiWi  bbhtun  ujmlifi/iiinrii./Jtuf If  itbnn^, 
ffirini  i)    iijLfjiMinif   bnbt    /i    liiiiirLii    I  «iiffifif  ^ri(   ^tuininbitihti   itiiic^h   ; 

If  I  âuirup  riri  luii  biiiiii  i^bn  lifiil  ^['b''  luii§n.ubiiii  Ci"^  iifiifit.iiiilt*fi  aL  'runn— 
^iiiLpIf  f'iiifinLonf  iiiiif^Ii  : 

"  l'ar  l'espoir  en  Dieu  et  l'amour  de  ses  saints,  moi,  Kirakos,  esprit  humble, 
vardapet  de  l'Orient,  j'ai  recueilli  ensemble  les  fêtes  des  saints  de  Dieu 
selon  le  jour  de  la  commémoraisou  de  chacun  d'eux.  J'ai  écrit  aussi  les 
histoires  de  ceux  qui  manquaient  dans  le  livre  du  synaxaire  et  je  les  ai 
mêlées  aux  séries  précédentes.  Or,  j'implore  vous  tous,  qui  que  vous  soyez, 
soit  célébrants  ou  copistes,  de  faire  la  copie  aussi  de  ce  mémorial  afin  que 
vous  soyiez  inscrits  dans  le  livre  de  vie.  Celui  <)ui  ell'accrait  notre 
mémorial,  qu'il  soit,  lui  aussi,  effacé  du  livre  de  vie. 

«  Et  cette  entreprise  se  lit  en  l'an  718  [=  1209  A.D.]  de  l'ère  arménienne, 
dans  le  pays  de  Cilicie,  en  la  capitale  de  Sis,  sous  le  régne  de  Hethoum  et 
la  première  année  du  gouvernement  de  son  fils  Léon  à  soixante-six  ans  de 
notre  pèlerinage  terrestre.  Elle  tut  terminée  pour  la  gloire  de  Dieu  aux 
siècles  des  siècles. 

«  Et  les  récits  que  nous  avons  mêlés  aux  anciens  .sont  au  nombre  de 
170  au  nom  et  par  la  grâce  de  Dieu.  Amen.  » 

Ce  mémorial  se  trouve  dans  le  manuscrit  18".t  p.  ij  de  l'an  1435  chez 
les  Mekhitharistes  de  Saint-Lazare. 

Le  savant  Mckliithariste  Dachian,  dans  sa  description  soignée  des  manus- 
crits de  la  Bibliothèque  des  .Mekhitharistes  de  ^■ienne  a  laissé  passer  cet 
importiint  document.  En  examinant  le  manuscrit  n"  7  de  l'an  1-139  qui  est 
une  copie  du  synaxaire  de  Kirakos,  j'ai  relevé  ce  même  mémorial  à  la 
page  595  b. 

Une  autre  copie  du  même  synaxaire  à  Vienne,  n°  219,  chez  Dachian  a 
également  gardé  le  mémorial  de  l'auteur  en  termes  abrégés.  .\u  S  sep- 

W 


216  REVUE    DE    l'orient   CHRÉTIEN. 

tembre  on  lit  :  ij'/^ijiuii^nu  i^ui^iifiiiu^fein  l5^feLt^j/i  h  ilmiiiun  'hbuiliajl  aiiun- 
Siupjii      fei_     n^iiLuiuLnpji^     iiijmî     l^inutl^jtu      bu     ^umiugiiii       unntu    nfliLuipti 

luhuipJut'L  fcuf^iu^nufiiu  etc.  «  Kirakos  vardapet  de  l'Orient  du  couvent  de 
Getik,  rédacteur  et  illuminateur  de  ce  livre  (litt.  de  ce  testament)  et  le 
possesseur  Arake  évêque  indigue...  »  La  plus  ancienne  copie  du  synaxaire 
de  Kirakos  est  celle  de  la  Bibliothèque  Nationale  à  Paris,  d'après  laquelle 
a  été  faite  l'édition  dans  la  Palroloijia  Orieiilalis.  Heureusement,  le 
principal  mémorial  a  conservé  la  date  du  manuscrit  : 

«  J\nn  anbauii  iiiliiixii/iiii^/  kl  uiuimnt  tuliuiU  inturLii,  nn  iitunuitlnup  nuiih 
blinbuiïi  nmiuLÎiui^iiiîplil-P^il-I'  uiuiLU^ij  ui{;pni_)iiu^u>Iiu;ij,  liuinoiunt^/iu  fei_ 
aupanti  lun-uinbinn  fei_  Siupm^pnuuig  bu  ij^tuSiUL[nt;'ii)  .  .  .  .  i/fenV'JiiiijL  .  .  . 
•^unpuiuibtnuig  (/i  HiiLiu/jm}im.pfeiii)  hu  <^uiytij  2'/?/  .  .  .  (i/iuifiiiTiiu/i/i  ....  bnin  . 
/i  ui(t;/"'Lptt"î'  iiifeiun-L  '/niiinuiliijji^iuj  yujfiij  lpiij3nLn[itiniili  libuiupiunnl 
ti-  /i  BiiiniuLnnnLp/îuiïi  ^lujng  I'ljSji  bu  tuf^iii/jniijnunt.^iïui)i  a[iuLuin.bu)  »... 

Fol.  339  b  (ancien  fonds  86^ 

j  Ainsi  fut  écrit  ce  livre  lumineux  et  vénérable  qui  renferme  une  copie 
du  recueil  des  fêtes  solennelles  du  Seigneur,  des  prophètes,  des  saints 
apôtres  et  des  martyrs  et  de  tous...  derniers...  patriarches  en  l'an  765  de 
l'ère  arménienne  du  temps  du  patriarcat  de  Constantin  catholicos  des 
Arméniens  de  Césarée  et  sous  le  règne  d'Ochin  et  du  temps  de  l'épisco- 
pat...  »,  etc. 

D'après  cette  indication,  le  manuscrit  a  été  écrit  en  l'an  705  de  l'ère 
arménienne,  savoir  en  1316  de  notre  ère;  par  conséquent,  il  est  du  même 
;Vge  que  le  manuscrit  utilisé  par  l'éditeur  du  synaxaire  de  1834. 

Ce  qui  concerne  la  personnalité  de  l'autour,  et  quelques  autres  considé- 
rations, nous  obligent  à  identifier  cet  auteur  avec  le  fameux  liistorien 
Kirakos  de  Kandzak. 

111.  —  La  troisième  fois,  le  synaxaire  arménien  fut  revisé  par  l'évêque 
Grégoire  d'Anavarze  qui  dans  la  suite  monta  sur  le  siège  patriarcal  sous  le 
nom  de  Grégoire  VU  (1295-1307).  Son  successeur  fut  Constantin  de  Césarée, 
personnage  dont  on  fait  mention  dans  le  mémorial  du  manuscrit  de  l'an 
1316  de  la  Bibliothèque  Nationale. 

Q\ie  Grégoire  ait  vraiment  rédigé  un  synaxaire  nous  en  avons  la  preuve 
dans  le  témoignage  très  clair  de  l'écrivain  Mekhithar  d'Aparan  .•  «  Um  kp 

^piunluAt  bi^  nlmpCfiuAt  iluipnuÊUibui  ....  pfiflini.il  uifuiiii)rii.Jf?/ii.)iii  illitutltn 
Il    'Çfi^fii/fîuiitiiï.lffi    iïL  /f    fnf.liiiJil     tt  fluuniiLni^    puippituilibinij    p    *^niiti,    npuiL;ii 

niiLtjuAiL,  fîtà  {{fuiSiuLnLpgti  /"-('(  ce  qui  se  traduit  :  «  11  était  un  maître 
merveilleux  et  gracieux,  dit  Mekhithar  de  Grégoire  d'.\navarze,...  il  traduisit 
beaucoup  d'histoires  de  saints  du  romain,  du  grec  et  du  syrien  en  armé- 
nien, comme  le  démontre  son  grand  synaxaire.  ■>  La  belle  et  luxueuse  copie 
de  l'ouvrage  de  Grégoire  faite  pour  le  roi  Ochin  est  celle  dont  nous  avons 
parlé  ci-dessus  à  propos  de  l'édition  de  Pechtmaljean. 

•l'en  connais  encore  une  autre  copie  dans  la  Bibliothèque  des  Mekhitha- 
ristes  de  Saint  Lazare,  qui  porte  la  cote  402  ^  fj  de  l'an  1691.  Elle  est  faite 

[6] 


I 


MÉLANGES.  217 

d'après  une  copie  exécutée  en  partie  en  1-428  et  terminée  en  14J4.  Il  n"est 
pas  sans  intérêt  que  l'original  de  cette  copie  ait  été  apporté,  comme 
l'atteste  le  mémorial,  de  Cilicie  par  le  célèbre  historien  Etienne  OrWlian. 
Nous  savons  qu'Orbélian  vint  en  Cilicie  pour  se  faire  sacrer  métropolite 
du  pays  de  Siouniq  cii  l'an  736  E.A.  [=  lv?87  de  notre  ère].  Il  séjourna 
trois  mois  et  retourna  à  son  siège.  A  cette  date,  le  sj'naxaire  de  Grégoire 
devait  être  déjà  rédigé. 

!. 'œuvre  de  Grégoire  est  basée  sur  celle  de  Kirakos  augmentée  d'un  grand 
nombre  de  mémoires   supplémentaires   de    saints  jusqu'alors    inconnus 
dans  l'église  arménienne.  Les  controverses  religieuses  séculaires  conti- 
nuaient à  cette  époque  avec  une  ardeur  inhérente  aux  esprits  irréconci- 
liables. Notre  auteur  passait  pour  un  adhérent  du  parti  unioniste,  luttant 
litre  les  partisans  de  la  politique  nationale.  Son  œuvre  est  assez  inflaen- 
■  par  ces  querelles  et  porte  une  empreinte  éclatante  de  la  partialité  de 
ueur.  Grégoire  crut  nécessaire  de  faire  place  dans  son  synasaire  aux 
its  latins  qui  n'avaient  jamais  été  adoptés  par  l'Kglise arménienne:  mais 
1  initiative  n'y  changea  rien.  Du  reste,  j'estime  personnellement  qu'à 
•  égard  Grégoire  ne  mérite  guère  de  reproches  :  il  ne  semble  pas  avoir 
■  1  l'intention  d'introduire  de  nouveaux  saints,  mais  en  les  marquant  dans 
><  ■!!  synaxaire  toujours  avec  la  note  «  chez  les  latins  »  ou  «  chez  les  grecs  », 
il  ne  poui-suivait  qu'un  but  d'instruction  :  il  désirait  faire  connaître  h  ses 
l'.iiiliatriotes  des  uïartyrs  étrangers.  Grégoire  ne  nous  reproduit  pas  d'ailleurs 
la  vie  de  ces  martyrs  additionnels,  il  se  contente  de  les  éiiumérer.  En  ra.s- 
'•■rnblant  ces  mémoires  on  peut  restituer  le  calendrier  ecclésiastique  ou 
-iographiquc  de  l'église  romaine  et  de  l'église  grecque,  dont  s'est  .servi 
Grégoire  à  la  fin  du  xu"  siècle. 

IV.  —  Le  quatrième  et  dernier  rédacteur  du  synaxaire  fut  Grégoire 
de  Khlatli  JSM-HaS).  11  était  originaire  de  la  ville  de  Khiath,  ou 
Aklilatli,  au  bord  du  lac  Van,  et  de  la  famille  des  Tserents,  et  c'est 
surtout  sous  ce  nom  qu'il  est  connu.  En  qualité  de  moine  il  résidait  au 
couvent  de  Saint-litienne  à  Artseké.  également  sur  le  bord  du  même 
lac.  Élève  de  l'illustre  Jean  d'Orotn  et  camarade  de  Grégoire  de  Tathev 

—  qui  devinrent  plus  tard  les  grands  champions  de  l'église  arménienne 

—  il  étjiit  dans  le  courant  des  meilleures  traditions  nationales.  Thomas 
de  Met-soph.  qui  le  connaissait  personnellement,  a  écrit  sa  vie.  et  fait  son 

éloge  :  tun  tit  /jn/innnii  illiiuiUÊUi^n  '  riubnLusuhnuiL.  h  tlbn^J^tL  ifiutiuiiutLu 
^L  iLiiiMi  nuifiif,  ii/i  dnnntjiiiuij  'l/'P"  puianLÙu  /l  Sbnnn  bt,  fiuLiniu/twiT, 
q^iiiftififjilfjff  t,i  ri/iiiotuiiiiîi,  noiij^rii. Il  ht^  nujlifiiifiit  uiuiiiiiint  kfjithu  uiithuutÊ)i 
unpnn  II  luiULUinl,  h  /"("  (  luo/.llll  ,  Lt  tttliiiin  nnlliitl  tiiuttlùltlLtlLnuin 
jnLlini/iiMiH/iLÎi  /iL  ^i  ghhnLJJjtiAi  j  iijijfcliui(îi  bljhnhtini  iiuihbuAin  .  (niS.  1160. 
tu .   a  ,  jnLlJff  .   .5,'    • 

«  Il  fut  appelé  deuxième  raartyrophyle  dans  les  derniers  temps,  et  aux 
siècles  suivants,  parce  ((u'il  collectionna  de  nombreux  livres  arméniens 
et  étranirers.  vieillis   et  décomposés,  et  sortit  des  ténèbres  au  jour  les 


218  RKViK  ur.  l'orient  curi'tien. 

histoires  cachées  et  inconnues  des  saints.  Il  fit  le  livre  du  Synaxaire  pour 
la  joie  et  l'allégresse  entière  des  enfants  de  l'église,  i  (D'après  le  ms. 
Venise,  portant  la  cote  1 160.  m.  ij,  au  5  janvier.) 

A  l'âge  avancé  de  soixante-dix  ans,  Grégoire  partit  pour  Jérusalem  et  de 
retour,  après  deux  ans  de  vie  d'études,  il  fut  martyrisé  par  les  Kurdes 
dans  son  couvent  en  l'an  1405. 

Le  travail  de  Grégoire  Tsei'ents  l'a  emporté  sur  celui  de  ses  prédécesseurs, 
et  il  nous  est  parvenu  dans  de  nombreuses  copies.  La  meilleure  et  la  plus 
rapprochée  du  temps  de  l'auteur  serait  le  manuscrit  279  S.  ^.  de  la  Biblio- 
tlièque  des  Mekhitharistcs  à  Venise,  daté  de  l'an  1441,  dont  fait  mention 
l'historien  Arakel  de  Taurise,  chap.  xxx.  Nous  avons  étudié  aussi  la  copie, 
faite  à  Daranali.'province  arménienne  sur  l'Euphrate  septentrional  dont  le 
centre  est  Kamakh,  en  l'an  1469.  ms.  143.  P:  ij  également  chez  lesMekhi- 
tharistes.  Tserents  comme  Kirakos,  commence  son  œuvre  parle  .Navasard, 
premier  jour  de  l'année  arménienne,  tandis  que  l'évéque  d'Anavarze  a 
préféré  suivre  l'année  grecque,  c'est-à-dire  commencer  par  le  l^septembre. 

Grégoire  a  ajouté  quelques  dizaines  de  nouveaux  mémoires,  en  parti- 
culier ceux  des  saints  personnages  qui  furent  martyrisés  pendant  les 
derniers  siècles  du  joug  musulman.  Il  y  en  a  aussi  quelques-uns  qui  sont 
plus  anciens,  comme  celui  de  Kliatchik  (La  croix)  d'Akori  i  du  nombre 
des  élèves  de  Sahak  et  Mesrop  »,  au  7  janvier.  On  a  introduit  ce  mémoire 
dans  l'édition  de  1834  au  31  mai. 

Ainsi  le  synaxaire  arménien  de  1240  à  1425  a  subi  quatre  revisions 
dont  chacune  dépend  de  la  précédente  et,  par  conséquent,  elles  ont  toutes 
pour  base  la  composition  du  premier  auteur  Ter-Israël. 

Une  fois  les  quatre  rédactions  établies  et  après  avoir  dégagé  les 
meilleurs  exemplaires  parmi  les  nombreuses  copies  qui  existent,  il  serait 
aisé  de  publier  le  synaxaire  de  manière  que  les  additions  successives 
soient  discernées  sous  leurs  noms  respectifs. 

Dans  l'édition  de  la  Palrnlogia  Orienlalis,  M.  le  D'  Bayan  nous  donne 
le  texte  du  synaxaire  de  Kirakos  d'après  le  meilleur  manuscrit,  en  colla- 
tionnant  avec  l'édition  de  Pechtmaljeau.  Tous  les  articles  qui  manquent 
dans  le  manuscrit  sont  à  attribuer  à  Grégoire  d'Anavarze,  auteur  de  la 
triiisième  rédaction  du  synaxaire.  M.  Bayan  a  eu  l'heureuse  idée  de  les 
mettre  entre  parenthèses.  11  est  regrettable  que  l'édition  de  1834  n'ait  pas 
été  faite  fidèlement  suivant  le  manuscrit,  en  laissant  de  côté  les  mémoires 
latins  et  grecs,  sinon  nous  aurions  eu  l'œuvre  de  Grégoire  au  complet  à 
côté  de  celle  de  Kirakos  dans  la  Palrolngia  Orienlalis.  Les  additions 
dues  à  la  plume  de  l'éditeur  Pechtmaljean  sont  faciles  à  écarter,  par 
exemple  :  le  mémoire  du  vardapet  Mekhithar  de  Sasoun  (+  1337)  au 
4  avril;  ou  le  martyre  (4  1417)  du  Perse  Jousouph  de  Taurise  au  II  du 
même  mois,  etc.  Quand  l'édition  de  M.  le  V)"  G.  Bayan  sera  terminée,  on 
pourra  la  compléter  en  ajoutant  les  mémoires  des  saints  latins  et  grecs 
retranchés  dans  l'édition  de  1834.  Il  est  d'autant  plus  facile  de  le  faire, 
que  ces  mémoires  ne  sont  pas,  en  général,  suivis  de  textes. 

N.  Adonz. 
[8] 


.M  K  LANGES.  -il'.! 

II 

LES  DATES  DU  FATRIA1{C.\Ï  DISAAC 

Dans  la  Ncriic  <l<-  l'Orient  rlirèlii-H.  u""  1  el  •,',  19-2-,'-i!>-2:5, 
p.  -21 1,  M.  M.  L'hainr  a  publié  une  note  sur  Art  dun-c  du 
patriarcat  d'Isaac.  Rejetant  par  suite  de  calculs  les  dates 
liSI-CiST.  il  terni  à  étaiijir  les  limites  ()89-G!>-2.  fi -s  dates  corn'S- 
pundaut  à  notre  ère  clirétienne  suivie  avec  le  calendrier  julien, 
comme  l'ère  des  Martyrs  est  employée  avec  le  calendrier  copte, 
et  lère  de  l'Ilégirc  avec  le  calendrier  musulman. 

Pour  établir  ces  dates,  il  faut  supposer  exactes  les  dunnée.s 
de  Pierre  ibn  Rahib.  qui  lixe  la  mort  du  patriarche  .lean,  pré- 
décesseur dlsaac,  au  premier  koiak  d'une  année  égyptienne  GS-2, 
l't  la  miirt  il'Isaac  au  0  atlior  (iSr). 

Remarquons  que  l'ère  suivie  par  Pierre  ibu  Raliib  devance 
l'ère  des  Martyrs  de  276  années  exactement,  le  1"  Thot  étant  le 
premier  jour  de  l'an.  Le  patriarcat  d'Isaac  .s'étendrait  de  106 
1  lUÙ  des  Martyrs,  ou  de  ij'A\}  à  Gy2  de  notre  ère.  Si  on  a  le 
luantiènie,  lemoiset  l'année,  on  en  déduit  le  jour  de  la  semaine  : 
ainsi  le  1"  koiak  IU6  ne  peut  être  qu'un  samedi,  et  le  9  athor 
1(>9  un  mardi:  un  dirnanclie  de  koiak  106  pouri-a  être  le  9,  qui 
sera  pris  pour  date  de  rintrunisation  d'Isaac  :  du  9  koiak  l(Mj 
au  ;•  athor  109,  on  est  forcé  de  compter  2  ans  et  336  jours;  il 
serait  plus  précis  de  compter  1.067  jours,  en  tenant  compte  du 
jour  intercalaire  ajouté  à  l'année  li>7.  Mais  cette  précision  n'est 
qu'un  mirage.  Les  jours  de  la  semaine  et  la  durée  ne  sont  que 
les  résultats  d'un  calcul.  Ce  calcul  est  utile  comme  moyen 
de  contrôle;  il  confirme  les  autres  données,  qu'on  ne  sera  pas 
tenté  de  regarder  comme  modifiées  par  des  erreurs  de  copiste 
ou  de  traducteur;  ainsi  Pierre  ibn  Rahib  est  bien  d'accord 
avec  lui-même.  Le  même  calcul  permet  de  vérifier  l'exactitude 
de  transposition  d'une  date  d'un  calendrier  à  un  autre.  Si  les 
deux  dates  ne  correspondent  pas  au  même  jour  de  la  semaine, 
il  y  a  eu  erreur  d'identification.  Ainsi  le  21  abib  116  étant  un 
dimanche,  ne  peut  être  que  le  IS  juillet  7nO,  aussi  un  dimanche. 
Si  le  jour  de  la  semaine  n'est  pas  d'accord  avec  la  date,  il  y  a  eu 

LU 


220  REVUE  Dr.  l'orient  chrétien. 

erreur,  soif  dans  le  jour  de  la  semaine,  soit  dans  le  quantième, 
soit  dans  le  mois,  soit  dans  l'année.  Ainsi  il  ya  une  erreur  dans 

lundi  '.i  chawal  300; 
il  n'y  aurait  pas  de  contradictions  dans 
jeudi  3  chawal  300, 
lundi  7  chawal  300, 
lundi  3  chaban  300, 
lundi  3  chawal  301. 

C'estpour  corriger  l'erreur  qui  se  trouverait  dans  un  dimanche 
8  koiak  406  que  M.  Chaîne  le  remplace  par  le  dimanche  9  koiak 
406,  et  qu'il  attribue  la  lecture  du  S  à  une  erreur  du  copiste  ou 
de  l'éditeur;  on  aurait  écrit  ou  lu  h  au  lieu  de  o.  Or  les  jam- 
bages du  II  sont  bien  droits.  On  pourrait  garder  dimanche 
8  koiak  mais  en  le  plaçant  dans  l'année  407.  Mais  alors,  ce 
serait  Pierre  ibn  Kahili  qui  aurait  tort  non  dans  ses  calculs, 
mais  dans  ses  «  données  positives  ».  Aussi  le  computiste  est 
prudent  en  faisant  des  réserves  sur  l'exactitude  historique  des 
dates  auxquelles  il  s'arrête,  surtout  quand  il  y  a  beaucoup  de 
divergences  chez  les  chroniqueurs. 

Sévère  d'Aschmounein,  comme  Pierre  ibn  Hahib,  place  la 
mort  du  patriarche  Jean  au  1"  koiak,  mais  il  ne  donne  ni  le 
jour,  ni  l'année  :  il  attribue  au  patriarcat  d'Isaac  une  durée  de 
deux  ans  et  neuf  mois  ou  de  trois  ans,  d'après  deux  versions 
différentes  :  il  le  termine  au  second  jour  du  mois  d'athor. 

Un  autre  chroniqueur,  El-Makin,  place  la  mort  d'Isaac  dans 
l'année  69  de  l'Hégire  ;  ce  serait  entre  le  6  juillet  6S8  et  le  2À  juin 
689  ;  dans  ce  cas,  les  dates  du  patriarcat  d'Isaac  seraient  686-689. 

D'après  un  autre,  que  cite  la  Liste  des  Patriarches 
d'Alexandrie,  publiée  dans  le  même  numéro  de  la  Bévue 
de  l'Orient  chrétien,  l'intronisation  d'Isaac  aurait  eu  lieu  la 
dix-huitième  année  de  Justinien.  Or  Justinien  II  de  685  à  711  : 
sa  dix-huitième  anm^e  serait  703. 

La  mcine  Liste  relate  que  le  successeur  d'Isaac,  Siméon, 
mourut  après  avoir  siégé  sept  ans  et  demi,  le  24  abib  416  des 
Martyrs.  Comme  le  1"  Thot  1  coïncide  a\ec  le  29  août  28 1.  la 
différence  des  années  est  283,  .pour  les  mois  de  Thot,  Paopi, 
Athor,  Koiak  et  Tobi  jusqu'au  5  (4  dans  les  années  multiples 

[2] 


MÉLANGES.  ■221 

(le  4),  et  284  depuis  le  6  (ou  5)  Tobi,  1"  janvier  jusqu'au  I"  Thot 
suivant.  Le  21  abib  110  est  donc  le  IS  juillet  TtiO;  lintronisa- 
tion  (le  Simt'un  nous  reporterait  vers  janvier  L>D:J,  ce  qui  con- 
corderait avec  les  dates  de  Pierre  ibn  Raliib.  Si  on  place  la 
mort  de  Siméon  le  IS  juillet  700,  on  peut  accepter  pour  date 
de  l'intronisalion  de  son  successeur  Alexandre  l'an  SI  de  l'Hé- 
gire qui  va  du  2tj  février  7CK)  au  1  I  février  7(tl,  mais  non  pas 
l'année  420  des  Martyrs  au  jour  de  la  fête  de  saint  Marc  qui 
serait  le  2.")  avril  70 1.  Dans  ce  cas,  le  siège  aurait  été  vacant  près 
de  quatre  ans;  ou  bien  si  l'on  suppose  une  vacance  de  quelques 
mois,  les  dates  seraient  reculées  de  trois  ans  au  moins  :  mort 
de  Siméon.  703;  mort  d'Isaac,  6'.>.5. 

Devant  cette  divergence  des  clironiqueurs,  pourquoi  ne  pas 
accepter  sans  correction  c  absolument  nécessaire  »  le  texte  de 
Il  vie  d'Isaac,  écrite  par  Mina,  évéque  de  Pcliati  sous  Siméon, 
presque  contrmporain  d'Isaac  et  venant  du  même  monastère'? 
D'après  lui,  l'intronisation  eut  lieu  le  8  koiak,  un  jnur  de 
dimanche  :  un  pourrait  admettre  que  ce  fut  en  407  (4  décembre 
OfMM;  la  mort  eut  lieu  le  9  alhor;  comme  il  ne  cite  pas  le  jour, 
on  pt'ut  admettre  que  ce  fut  trois  ans  plus  tard,  en  llU  (5  no- 
vembre 6!i:!i,  un  mercredi. 

K.   Porcher. 

I'.  s.  —  Ine  erreur  réelle  de  l'éditeur  a  été  commise  à  la 
page  [20j  de  la  Vie  d'Isaac;  il  a  écrit  ovtoii  ii?miq.  traduit  par 
«  ouvrait  son  co^ur  »  au  lieu  de  ovcoii  ii?(iii<|,  expression 
égyptienne  bien  connue,  qu'il  aurait  du  rendre  par  «  avait 
des  regrets  ». 

La  vérification  des  dates  faite  avec  les  pn-cautions  iiidiqufes 
dans  cet  article,  pourrait  être  appliquée  à  d'autres  travaux 
beaucoup  plus  en  relief  en  raison  de  leur  généralité  et  de  leur 
signature;  quelques  modifications  de  détail  enlèveraient  peu 
à  leur  mérite. 

Dans  la  Liste  des  Patriarches  d'Alexandrie  publiée  par 
E.  Tisserant  et  G.  Wiet  dans  la  Revue  de  VOrient  chrétien, 
t.  III,  1922-I923,  il  y  aurait  à  faire  les  corrections  suivantes  : 

p.  I3j,  21  al'ib  116=  18  juillet  700,  au  lieu  de  7(il: 

26«/.,  Fête  de  S.  Marc    12u  =  25  avril     701        —        70.'j; 


900 


REVUE    DE    L  ORIENT    CHRETIEN. 


p.  136,   16  tubah  515  =  11  janvier  799  au  lieu  de  800; 

p.  137,  11  hutur  547=    7  novembre   830     —     831; 

p.  142,     3  muharrain  660=  28  novembre  1261    —    23  nov. 

Dans    le    L)ic/,ioiinaire    d'Archéologie  chrétienne,   articli' 
Copte  (Alexis  Malien)  : 

col.  2846,  Ephiphi  1  1°  indiction  donne  année  477,  aulieude473; 
col.  2872,  2  Paclions  445  donne  indiction  12,  au  lieu  de  15; 
col.  2879,  21  Koiak  439  donne  année  722  et  non  723  :  indiclion 

5  et  non  6; 

col.  2882,    8  Koiak  455  donne  année  738  et  non  739  :  indiction 

6  et  non  10. 

E.  P. 


[4] 


nilM.IOCUVl'IIlE 


AdiiLK  RiiCKER,  Die  gyrisclie  Jacobosanaphora  nach  der  Rczinuion  dfx 
Ja  'fiob(/ij  von  Etlessii  mit  ilem  griechisrfu'tt  Parallrltext  lieraus;regebon 
von  A.  R.,  dans  Litiir</iegcschirltllir/ie  Quellen  herausge^ieben  von  Dr. 
P.  Kunihort  Momlheri;  imd  Dr.  Adolf  RiiCKKR,  ileft  4.  Miinster  in 
Westfalen.  l'.123.  in-8",  .\x\ii-8s  pages. 

La  liturgie  syriaque  de  saint  Jacque-s,  qui  a  été  récemment  éditée  par 
S.  B.  .Mi^  Ignace  Épiirem  II  Rahmani  pour  l'usage  liturgique  de  Tllglise 
syrienne-catholique,  est  publiée  ici  à  l'usage  des  érudits,  orientalistes  et 
liturgistes. 

Les  manuscrits  anciens,  plus  ou  moins  complets,  de  Tanaiilioredc  saint 
.lacc|ues  sont  nombreu.x;  liriglitman  1)  en  a  fait,  voiii  déjà  longtemps, 
le  recensement,  et  je  crois  qu'à  plus  d'un  jeune  orientaliste,  cette 
page  d'/irt.v/e/-»  lilurifies  avait  fait  naître  le  désir  d'étudier  suivant  les 
régies  de  la  critique  un  si  beau  texte.  M.  Goussen  avait  rassemblé  les 
'lOtograpliies  de  plusieurs  manuscrits,  dom  Connolly  en  avait  examiné 

issi  en  préparant  sou  édition  des  C(unraentaires  de  Georges,  évéque 
es  Arabes  et  de  Moïse  bar  Képha;  j'avais  moi-même  copié  au  Musée 
r.ritannique  dès  1912  le  ms.  Add.  14.090  et  commencé  la  collation  du 
fragment  le  plus  ancien  Add.  14.5",.'.'î. 

.M.  Riicker  indique  51  manuscrits  syriaques  de  i'anapliore  de  saint 
Jacques,  dont  5  maronites:  il  a  du,  pour  établir  son  édition,  se  contenter 
de  12  manuscrits;  encore  n'a-t-il  connu  le  ms.  .\dd.  M.tVJO  que  par  la 
traduction  utilisée  dans  le  livre  de  Brightuian.  .Mais  il  ne  .semble  pas  qu'en 
étendant  .son  investigation  il  ait  eu  beaucoup  à  gagner.  11  a  utilisé  tous  les 
m.inuscrits  du  Musée  Britannique  antérieurs  au  .x"  siècle,  .sauf  un  fragment 
palimpseste  ilu  vnr',  deux  manuscrits  du  xf.  un  du  xir.  un  du  .xiv,  deux 
du  XM'',  dont  un  maronite.  .\ux  leçons  de  ces  manuscrits.  <nii  forment  le 
fi'nds  de  l'annotation,  M.  Riicker  a  eu  la  bonne  idée  d'ajouter  celles  des 
éditions  au  travers  desquelles  on  atteint  d'autres  manuscrits  et  celles  des 
traductions  éthiopienne,-  arménienne  et  géorgienne.  Knfin.  cet  apparalus 
criticiis  est  complété  par  la  description  des  variantes  contenues  dans  les 
commentaires  de  la  liturgie  par  Jacques  d'Edesse,  .Moïse  bar  Képha  et 
Denys  bar  Salibi. 

Cette  documentation  occupant  les  pages  de  gauche,  M.  Riicker  a  fait 
figurer  sur  celles  de  droite  tout  ce   qui  correspond  au  syriaque  dans  le 

{[)  F.  E.  Ukightjiav.  Liturgie  eatlern  and  uxstern...,  vol.  I,  Kastern  litur;/ies, 
Oxford,  1896,  p.  i.x. 


224  REVUE    DE    l'orient    CHRÉTIEN. 

formulaire  grec,  tel  que  nous  pouvons  l'atteindre,  et  une  traduction  en 
allemand  de  tous  les  passages  syriaques  non  représentés  dans  le  grec.  En 
note,  on  trouve  de  ce  côté  tous  les  témoignages  relatifs  au  texte  grec,  de 
sorte  que  l'on  embrasse  d'un  seul  coup  d'œil  et  de  façon  continue  toutes 
les  autorités  qui  nous  renseignent  sus  la  liturgie  de  saint  Jacques. 

M.  Riicker  a  reconnu  trois  états  dans  la  tradition  syriaque  ;  une  forme 
représentée  régulièrement  dans  les  manuscrits  anciens,  une  autre  que 
l'on  peut  qualitîer  de  textus  receplus,  et,  entre  les  deux,  la  recension 
de  Jacques  d'Edesse,  exécutée  vers  l'an  700  et  dont  le  manuscrit  le  plus 
ancien  est  du  x«  siècle.  L'état  des  manuscrits  les  plus  anciens,  tous 
fragmentaires,  empêchant  de  les  prendre  comme  base  de  l'édition,  l'auteur 
a  édité,  ainsi  que  le  titre  de  son  ouvrage  le  mentionne  explicitement, 
la  recension  de  Jacques  d'Edesse.  Celle-ci  est  bien  attestée  par  plusieurs 
manuscrits  et  le  commentaire  de  Jacques;  elle  se  laisse  donc  déterminer 
avec  certitude;  en  outre,  par  sa  position  intermédiaire  entre  le  texte 
primitif  et  la  Vulgate,  elle  présente,  dans  la  plupart  des  cas,  l'avantage 
de  réduire  au  minimum  la  quantité  des  variantes,  'l'outefois,  M.  Ili'icker 
a  relevé  que  certaines  leçons  sont  communes  aux  anciens  manuscrits  et  à 
la  vulgate  contre  Jacques  d'Edesse  ;  on  peut  en  conclure  que  la  recension 
de  ce  savant  évêque  ne  réussit  jamais  à  s'imposer  tout  à  fait. 

M.  lîiicker,  pour  respecter  au  mieux  l'usage  des  manuscrits  n'a  mis 
dans  son  édition  que  les  premiers  mots  de  certaines  prières,  toujours 
omises  dans  les  livres  liturgiques,  parce  qu'on  les  suppose  connues  par 
cœur,  mais  il  a  eu  soin  d'en  donner  en  appendice  un  te.xte  complet.  Eutin, 
il  a  terminé  son  travail  par  une  table  des  citations  scripturaires  et  un 
double  lexique,  syriaque  et  grec.  Nous  ne  saurions  trop  louer  ces  deux 
derniers  index;  il  est  souverainement  important,  lorsqu'on  veut  poursuivre 
une  étude  spéciale  sur  des  formules  liturgiques  ayant  trouvé  leur  expres- 
sion en  plusieurs  langues,  que  l'on  puisse  passer  pour  chaque  terme 
caractéristique  d'une  langue  à  l'autre,  et  s'il  est  possible  de  passer  du 
syriaque  au  grec  à  l'aide  du  Thésaurus  syriacus,  il  n'y  a  aucun  lexique 
général  permettant  de  connaître  les  termes  syriaques  correspondant  à 
un  mot  grec  donné.  L'initiative  de  M.  Riicker  sur  ce  dernier  point  .sera 
donc  hautement  appréciée. 

En  résumé,  travail  excellent,  qui  fait  honneur  à  son  auteur  et  à  la  col- 
lection où  il  parait. 

Eugène  Tisserant. 
Home,  il  juin  19i4. 


La   Dirccicur-Cérant  : 
\x.  Grafkik. 


l'ypograpliie  1  iriiiin-Uidol  cl  V 


«IIAIMTRE  II 

I.    Li;   NESTOHIF.X    SlMKON    RaUBAN-ATY.    —    II.    As.KI.IN .    — 
III.    AADRK    DF.   LiPN(i.iLMi;AL'. 

I.  Le  nestorien  Siméon  Rabban  ata  (1). 

Dans  les  Iteijislres  d'Innocent  \\ .  parmi  les  lettres  curiaies 
de  la  quatrième  année  Ci')  juin  121(J--2l  juin  1217),  figure  en 
traduction  latine  une  suite  de  six  documents  qui  éman'ent  des 
princes  .et  émirs  de  Syrie,  parlant  parfois  au  nom  du  sultan 
'iKgypte  (-2).  Mais  les  quatre  premiers  de  ces  documents 
remnntent  à  la  fin  .le  1-2 1:.;  les  deux  derniers  seuls  sont  d'août 

^.'^A  I^-XT."  r^'"*"'  '■'^•'•'"^"°"  •'«  ""  «^''api'rp  à  l'Académie  .les  Insn-iptions 
I.-  A  ao.it  mi  .cf.  <:..mpl.-s  rendu,  de  l'Ac.  des  In.cr.  c,  H -L  19^^  -^CS  ofiq, 
.1  ■  ne  connaissais  pas  alors  l'excellent  article  consacré  à  André'.le  î.onl'ju.neau 
par  M.  A  Rxsto..l  ,  ans  le  >-/.  d'hiM.  et  <U  géo.jr.  ecelés.  publi.;  sous  laXc 
lion  de  M-  Bau.inllarl  fas..  Xll  [19M:,  col.  I.;:7-16S1;  plisieurs  des  oin  io.  s 
que  j  a.  p,-oposee,s  en  11,-'  y  éL.icnt  .ir-jà  indiq,„.es  brièvement.  M.  Itas.ou  m'a 
c.  out,-e  comM.un.qu,-  un  brouillon  de  son  article  plus  «létaill,;.  que  celui  quiTut 
.n.pr.me  fu.alen.ent.  .)e  dois  également  des  remercion.cnts  au  P  l'iorre  Alan 
donne.,  ..  h.  P  „ui  m'a  libr-ralemenl  ouvert  sa  riche  bibliothèque  dominid; 
et  .a>,  prob.er  de  sa  g.-ande  érudition.  A  mon  vif  regret,  je  n\i  pa.  ou  accc^ 
aux  travaux  suivants  :  1^  Patricius  Schlager.  O.  E^.,  LçlZZnZTr 
r  ;;  T  ""  ''':-:'"'"<^''/'""-''""<'"'-',  Trêves,  1911;  -  D'  Bertbold  Vltaner 
lue  [mn.n,k,,ner,,n,..o.,cn  des  i3.  Jal,rkunder,s.  Forschun.en  .ur  GM^- 
der  kirchbchen  Inionen  und  der  Mohamnmlaner.  „nd  n.;  i  '..""^"J' 
^;U,e,„aer,  l^be.sch«erd,  (Schles.,.  Fran.es 'b:;:;::;„Û^,":^™''";^ 
•is  paî.'es.  Pendant  l'impression  du  présent  chapitre  j'ai  ,.u  ïnc  n.'J,, 
1.^  .ort  bon  livre  de  M.  AUannr.  et  j'en'ai  fait  e.at'dan;d  ddiUonrp.ac  ^ 
-ntre  crochets,  avec  la  seule  indication  .  Altaner.  t..lle  pa-e  -  ]  ^ 

(■-)  L'ordre  chronologique  n'est  pas  rigoureux  dans  le  rt,.,,',,,.,,  «t  les  ,iv 
documents  émanant  des  princes  et  énûrs  de  S.vrie.  ainsi  que  lejci  .q  doc.^ menu 
que  je  mentionne  ensuite,  sont  précéd-'-s  de  lettres  des  1  juin  o,  .  mai  M'  e1 
SUIVIS  d'autn.s  des  17  juin,  13  juin.  '.)  août.  5  juin  et  19  in  n  Hj-    •  ," 

•sont  pns  le,  derniers  de  l'ann/c.  on  ne  peut  d  "  nu'ils'ol"  a.  'voloT"  °' 
■•ejetes  en  bine  à  la  ,in.  Nous  devons  donc  suppose,'  'n;:^.^.;^:^::;^ 
M".in.l  Ils  ont  etc-  remis  au   scribe   du   Ileghire,  et  oue  celui  'j   ,; ''^'^"•''^"'^ 

.-•nsemble  à  une  date  qui  est  vraisemblablement  h, in   le  ïuinlî!;  "'""" 

OMEMT   rilRÙTlEN. 

15 


22G  REVUE    DE    l'orient    CHRÉTIEN. 

1216  (I).  Iiiiiiiciliatement  après  eux,  et  toujours  parmi  leslettres 
curiales  de  la  quatrièine  année,  vient  un  groupe  de  cinq  docu- 
ments dont  aucun  ne  porte  une  indication  de  temps  ou  de 
lieu,  et  qui  se  présentent  dans  l'ordre  et  avec  les  intitulés  que 
voici  : 

1°  Lilterae  transmissae  ad  dominuin  Papam  ex  parte 
Catholiroii. 

2"  Litterae  inissae  ad  doniiiiuin  l'apam  ex  parle  Catlio- 
licon  Jacobifaruin. 


[1)  Cf.  lioliibovicli.  flibl.  hw-Uhiiot/r.  dclla  Tcrrn  Santa,  ii,  327-34.J,  en 
(larticulier  pp.  34:J-ii4.;i.  Dans  un  intéressant  article  /inr  Knn-expondenz  drr 
l'fipslr  util  den  Sultanen  und  Moni/olenrhawn  des  Morgenlandex  im  ZeilaUer 
dcr  Kreuz:iii;jc  (Thcol.  Stud.  und  /iVi/.  Gotha,  1891,  3j9-3tJ9,  303-3G4;  cet  article 
parait  avoir  échappé  au  P.  Golubovicli),  R.  Riihricht  .s'est  occupé  des  cinq 
lettres  des  princes  et  émirs,  mais  il  s'est  parfois  trompé  sur  les  auteurs  et  le 
sens  des  lettres.  Même  après  le  P.  Golubovich.  il  reste  à  préciser  quelques  faits 
importants.  Le  plus  ancien  document,  dCi  au  prince  de  Baalbek,  est  du 
24  novembre  1215;  vient  ensuite  une  lettre  au  pape,  écrite  à  Homs  au  nom  du 
sultan  d'Egypte  par  le  prince  de  Homs  et  datée  du  30  décembre  1245:  deu.\ 
sauf-conduits  donnés  à  Homs  en  décembre  1245  (l'un  est  du  10  décembre) 
doivent  émaner  du  même  personnage;  une  lettre  du  prince  de  Karak  est  des 
li-lO  août  1246;  enfin  une  autre  lettre,  que  le  P.  Golubovich  attribue  au  sultan 
d'Egypte,  est  sensiblement  de  même  date  que  la  précédente".  Je  considère 
en  effet  que  «  in  fine  »  de  l'une  est  l'équivalent  de  «  in  ullimo  decennario  • 
(=  fS-ul  ^1  de  l'autre,  et  que  toutes  deux  sont  par  suite  d«s  6-15  août  1246, 
sans  qu'on  puisse  dire  par  le  texte  seul  que  l'une  soit  expressément  antérieure  à 
l'autre.  Le  P.  tîolubovich  a  ad  mis  que  celle  du  prince  de  Karak  avait  été  probable- 
ment écrite  à  Karak  même,  c'est-à-dire  à  l'est  de  la  mer  .Morte;  ce  n'est  pas  très 
vraisemblable.  Le  12  août  1246,  le  prince  de  Karak,  en  lutte  avec  l'armée  du 
sultan  d'Egypte,  fut  écrasé  ;t  Sait  et  s'enfuit  à  Karak  avec  quelques  soldats 
I  Hlochet,  Hixl.  d'Éyypte  de  Makrizi.  Paris,  1908,  in-8,  p.  499).  Les  probabilités 
sont  pour  que  sa  lettre  soit  antérieure  à  cette  défaite,  était  été  écrite  dan.^  la 
Palestine  méridionale,  mais  non  à  Karak.  Quant  à  l'autre  lettre  qui  est  sensible- 
ment de  même  date,  rien  n'indique  qu'elle  émane  du  sultan  d'Egypte,  bien  au 
contraire.  Le  protocole  n'en  est  aucunement  celui  qu'on  attendrait  s'il  s'agissait 
du  sultan  d'Egypte.  D'autre  part,  ces  deux  lettres  de  même  date  ont  du  être 
remises  à  la  même  mission,  et  le  sultan  d'Ég.vpte  était  alors  bien  loin  de  là  au 
traire.  11  nie  parait  beaucoup  plus  naturel  d'admettre  que  cette  seconde  lettre 
soit  due  au  commandant  de  l'armée  envoyée  par  le  sultan  d'Egypte  contre  les 
Khaie/.miens  et  le  prince  de  Karak,  c'est-à-dire  à  Fakliru-'d-DIn  Vusuf.  Elle  fut 
vraisemblablement  écrite  après  la  Iiataille  de  Sait,  quand  Fakhi-u-'d-Dîn  allait 
assiéger  le  prince  de  Karak  réfugié  dans  sa  forteresse  d'outre-.lourdain.  Au 
milieu  des  six  documents,  le  P.  (iolubovich  intercale  une  lettre  du  sultan 
d'Egypte  qui  doit  être  du  25  mai  1246,  mais  qui  se  trouve  bien,  elle,  parmi  les 
lettres  curiales  de  la  3*  année  du  pontilicat  d'Innocent  IV;  pour  la  bibliographie 
de  cette  lettre  du  25  mai  1246.  cf.  Kuliricht.  Zuv  Korrespondenz,  p.  361. 

:30] 


LES    MONfiOLS  KT    I.A    PAPAUTi:.  227 

3"  Coiifessiti  .\estoriiiiioriini. 

i°  IltU'C  est  nmfessio  vencrabilis  patris  Ji/iiutii  pulriar- 
r/iae  c/iristianoruiii  onentalium,  i/ui  vcnuititr  .lacubilae, 
l>ro  se,  et  pro  populo  siio  sibi  commissu. 

5°  C"/</f'.N>/o  Priiniitis.Jiirobilnntiii  oriciitalium. 

Ces  cinq  clooumeiits  sunt  repiotluits,  sous  l'amne  1217.  par 
Rinaldi  et  par  Wa.kling:  il  vaudrait  de  les  publier  à  nouwau 
int.-graiement  en  procédant  à  une  nouvelle  collation  des- 
ll>'yi!>tics(ï)  et  en  joi-nant  à  l'édition  un  commentaire  minu- 
tieux. Je  n'ai  pas  entrepris  ce  travail  et  me  bornerai  à  repro- 
duire du  premier  des  cinq  documents  ce  qui  est  nécessaire 
à  la  présente  ttude. 

Ce  premier  document,  intitulé  par  le  scribe  do  la  chancel- 
lerie pontilicale  Litterae  Iransmissae   ad  doininum  l'ujxim 

'■  ptirtc  Catholicon.  débute  comme  suit  : 

«  Ad  praesentiam  Papae  magnifici  ex  parte  illius  qui  petit  orationes  ejus 
in  subs.dium  debilitafis  suae,  Raban  Ara  vicarii  Orientis  adorantis  inter 
manus  ejus...  Pervcnit  ad  nos  epistola  vestra  elefrans...  et  sicut  Simeon 
senejt,  qui  portavit  Dominum  nostrum  Jesum  Cliristum  in  ulnis  suis  sic 
diximus  quia  viderunt  ocuii  nostri  pietatem  vestram  immensam  (2) 
Insuper  audiviuius  de  anatliemate.  quo  anathcmatiza.stis  Imperatorern' 
et  inteileximus.  hoc  factum  esse  propter  trans^ressionem  ejus  et  pec- 
c;.tQm.  Nostis  tamen  quod  Dominus  noster  Jésus  Christus  praecepit  et 
disit  :  Si  peccaverit  in  te  frater  tuus,  dimitte  ei...  Et  nune  peto,  Domine 
mi.  a  Sanctitate  \estra.  et  a  patribus  patriarchis.  eplscopis,  et  re;;ibus 
subd.tis  baculo  Paternitatis  Vestrae,  ut  dimittatis  dicto  Imperatori'pec- 
catum  suum  et  deiicta  sua,  et  hoc  tribus  de  causis,  propter  straf?em  et 
captivitatein  fratrum  nostrorum  Christianorum.  et  propter  destructionem 
Civitatis  Sanctae,  et  propter  tentationein  quae  accidit  in  conculcationem 
sepulcn  Dc.mini  .Nostri  Jesu  Christi,  qualis  ab  initie  non  est  audita 
.Nune  autem  isti  Fratres  filii  vestri...  missi  a  vobis  Andréas  et  socius  ejus 
conservât!  a  Domino,  notificabunt  Vobi.s  ore  ad  os  quae  viderunt  et  audi- 

(1;  Il  .va  un  assez  grand  nombre  clo  divorf-'cnces  entre  les  lectures  do  Kinaldi 
.•I  ceUes  deAVadding.  Ln  troisif^me  texte,  qui  n'est  ahsolun.ent  conforme  ni  à 
celu.  deWaddiMg  ni  à  .-elui  de  Rinaldi,  mais  qui  ne  mérite  pas  lui-même  une 
entière  conlmnce,  est  reproduit  dans  S.  Giamil,  Oenui.utc  re/ationes  inl^r  sedem 
apoHoUcam  et  As.syriorum  Orienta'Unn  >e.  ChMneorum  eccUsiam  (lîomc 
L.  Loescher,  liii)2.  m-H'.  xi.vim  +  frl8  pages),  pp.  1-3 

(-2)  On  verra  que  lau.eur  do  la  lettre  était  probable>ncnt  assez  âgé,  et  sappelait 
Mmeon;  cest  peut-être  ce  qui  Fa  guidé  dans  le  choix  de  sa  comparaison 


228  REVIE    DK    l'orient    CHRÉTIEN. 

venint  ;ipuil  nos  (1)...  Misiinus  autem  Vobis  per  manus  dictornm  Fra- 
trum  nuntiorum  vestroruin  iibellum  quem  attulimus  de  pectore  Ûrientis, 
seilicet  de  terra  Sin,  et  Iibellum  alium  de  fide  ex  parte  archiepiscopi 
Nesibini,  oui  subscripserunt  alii  duo  archiepiscopi,  et  très  episcopi  et 
nos  una  cura  eis.  In  spiritii  (?)  petimus  iterum  a  Paternitate  Vestra  peti- 
tionem  secundam  pro  I.  urchiepiscopo  Hierosolyinitano,  qui  est  do  gente 
nostra,  et  pro  fratribus  nostris  Christianis  Orientalibus  qui  sunt  Antio- 
chiae,  Tripoli  et  Accon,  et  in  aliis  terris  vestris  ut  recommendetis  eos, 
ne  aliquis  eos  ofl'endat...  • 

Sur  la  confession  à  laquelle  appartenait  l'auteur  de  cette 
lettre  il  ne  saurait  y  avoir  aucun  doute.  Encore  que  le  P.  Tour- 
nebize  semble  ici  avoir  lait  du  catliolicos  le  catholicos  armé- 
nien (2)  et  que  le  P.  Golubovich,  qui  dit  n'être  pas  de  cet  avis 
dans  son  tome  II  (p.  3561,  paraisse  bien  avoir  commis  lui 
aussi  cette  erreur  dans  son  tome  I  (p.  216),  il  est  clair  qu'il 
s'agit  de  Nestoriens.  L'auteur  de  la  lettre  parle  en  effet  de  la 
profession  de  foi  de  l'arclievèque  de  Nisibe  qu'il  transmet  au 
pape  et  que  d'autres  arclievêques  et  évèques  et  lui-même  (3) 
ont  souscrite;  or  cette  profession,  qualifiée  dans  les  Registres 
de   C'onfessio  Nestorianoruni,  est   due   à   un   Xestorien   fort 

(1)  Ce  paragi'aphe  et  le  suivant  sont  inlervortis  dans  les  extraits  de  cette 
lettre  qu'a  reproduits  le  1'-  Golubovich,  ii,  3ô6. 

(j2)  Fr.  Tournebize,  Histoire  politique  et  relii/ieuse  de  l'Arménie,  Paris,  Picard, 
s.  d.,  in-8\  ,).  280;  en  tout  cas  le  P.  Tournebize  a  attribué  au  catliolicos 
arménien  des  phrases  qui  sont  dues  au  patriarche  jacobite;  la  même  erreur  se 
trouvait  dans  rcdition_ remaniée  de  V Année  dominicaine,  Lyon,  1898,  in-4,  août, 
2*  partie,  p.  523.  Déjà,  à  la  lin  du  xvii»  siècle,  Claude  Fleury  (Hist.  ccclésias- 
lirjve,  éd.  de  Paris,  1722,  in-4,  xvn,  383-:-î84)  avait  très  nettement  pris  >  Rabau 
Ara  •  pour  le  catholicos  arménien,  et  il  a  été  suivi  par  .M.  da  Civez/.a,  sior. 
univ.  itelle  missioni  franvescane,  i,  391.  Il  semble  qu'il  y  ait  quelque  méprise  du 
môiuc  genre  dans  le  passage  de  Pétis  de  La  Croix  que  cite  JI.  Macler,  Jlev.  Iiisl. 
des  Helirj.,  1924,  i,  71. 

(3)  1,0  contreseing  de  «  llaban  Ara  »  résulte  de  la  jionctuation  que  j'ai  adoptée 
•  ...  et  tres-episcopi  e't  nos  una  cuni  ois.  In  spiritu  (?)  petimus  iterum....  ». 
Uiiialdi  coupe  :  ■•....  et  très  episcopi.  Et  nos  una  cum  eis  in  spiritu  petimus 
iterum...  »;  de  même  Kliayyatb  dans  .V//r(  Orientales,  p.  116,  et  M'"'  Giamil; 
c'est  là,  comme  31.  Porchct  a  bien  voulu  s'en  assurer,  la  ponctuation  même  du 
registre.  Wadding  ponctue  de  son  coté  :  «  ...  très  episcopi,  et  nos  una  cum  eis, 
in  spiritu  petimus  iterum...  ».  Le  registre  a  in  spfl,  ce  qui  ne  parait  pas  pouvoir 
se  résoudre  autrement  qu'en  in  spiritu.  Jç  garde  cependant  des  doutes  .sur  la 
correction  du  texte  (la  leçon  primitive  serait-elle  insuper'!),  et  considère  qu'umi 
ciim  eis  se  rapporte  normalement  à  ce  qui  précède.  Quand  bien  même  nous 
n'aurions  pas  mention  du  contreseing  de  <•  llaban  Ara  »,  sa  lettre  prouve  d'ailleurs 
à  elle  seule  qu'il  est  de  la  même  confession  que  l'archevêque  de  Misibe. 


LKS    MONGOLS    ET    I.A    PAPAl.Ti;.  229 

connu,  lai-chcvéciue  de  Xisibe  Isoyalib  bar  .Malkhon  (1).  Les 
documents  1  et  :j  émanent  donc  de  Nesloriens,  au  lieu  que  les 
documents  2,  l  et  5  sont  dus  à  des  Jacobiles.  .Mais  il  y  a  une 
diflereiico  entre  les  deux  séries  de  documents.  Pour  les  Jaco- 
biles, ce  sont  vraiment  leurs  doux  cbefs  religieux  qui  parlent, 
;i  savoir  leur  calliolicos  ou  patriarciie  It^nace  et  leur  primat 
ou  mapiirian  Jean  (2).  Pour  les  Nestoriens,  lintitulé  mis  par 

(I)  ■  Hiiso.iib  -  (ou  -  Enslaib  •  dans  Ilitialili.  \H',  n"  13:  •  Critoaili  .  dans 
\Va<Min?.  lir,  n°  17:  •  Eustaib  •  scion  Uiamil,  p.  I),  qiio  donnent  les  rogisU-es 
du  Valiran  (Iici;;cr,  n"  3037),  est  altOré  do  I.soyahb.  .le  ne  sais  si  Tidenlification, 
qui  nist  pas  douteuse,  a  été  faite  avant  .M''  Gianiil,  lue.  Inud.,  p.  3;  elle  est 
indi>|ui''e  également  pai'  JI.  liastoul;  cl.  au.*^;  sur  ee  personnage  Abbeloos  et 
l.aniy,  Chronicm  /Ccctesiaslicuiii,  m, 370-371;  Kubens  Duval,  La  lilléradire  si/riaqw; 
Iviris,  19IJ7,  in-12,  p.  3a8;  Wright,  Si/i-iac  lileriilure,  trad.  russe  annotée  par 
Kukovcov  (l!l02i.  p.  184.  Les  liistoriens  de  la  littérature  syriaque  savent  seule- 
ment qu'il  mourut  sous  Sabr-iso  V  (1226-1^57);   la  confession  envoyée  à  Kome 

^  pouvant  être  antérieure  à  12lii,  la  mort  d'iso-yahb  doit  se  placer  dans  la  der- 
le   déi-ade  du   patriarcat  de   Sabr-isoV.  L. Chevalier.   Héperloire,  Bibliogr., 

1.  2Ô71,  s.  V.  .lésujab  bar  MalUon,   dit  à  tort  que  ce  personnage  fut  cvéque 

storien  de  Nisibc  de  lUm  à  1222. 

\i)  Ignai-e  II  fui  patriarche  jaeobite  de  1222  à  I2.">2.  Le  primat  Jean  est  le 
maphrian  Jean  VI,  nommé  en  1232.  qui  vécut  à  .Mossoul  (ou  ■  Ninivc  ■)  jusqu'en 
1237.  descendit  alors  ii  liagd;id  et  y  resta  jusqu'au  délml  de  12-11.  .V  celte  date, 
il  se  rendit  de  Bigdad  à  Jérusiilem  par  le  désert,  visita  le  patriarche  jaeobite  à 
.\ntioche  et  de  là  re^'agna  .Mossoul;  il  devint  à  son  tour  patriarche  sous  le  nom 
de  Jian  XV  en  12ô2  et  mourut  en  12t>J:  cf.  Abbeloos  et  Laniy,  Jiarhebraei 
Chroniron  Ecclesiaslicum,  passim.  (Jn  verra  plus  loin  que  le  frère  André  a 
vraiment  p.issé  par  Mossoul  et  Antioche;  c'est  presque  sûrement  à  .Mossoul 
qu'il  vit  le  maphrian,  et  c'est  sans  aucun  doute  à  .\nlioche  qu'il  rencontra  le 
patriarche.  La  profession  du  patriarche  Ignace  insérée  dans  les  Kegislres 
d'Innoeenl  IV  n'est  pas  la  première  qui  ait  été  remise  aux  missionnaires  latins 
par  oe  personnage.  Kn  1237,  le  frère  Philippe,  prieur  des  Dominicains  de  Terre 
Sainte  ^cf.  sur  lui  Altaner,  33;,  écrivait  une  lettrequi  a  été  eonsci  vée  par.\lhéric 
des  Trois-Fontaines  (cf.  Mun.  Germ.  Ilixt.,  S-S.,  ,\xiii,  i)ll-!JI2i  et  par  Mathieu  de 
Paris  iChronica  Majora,  éd.  Luard.  m,  :ftHj-3'.fJ :  le  nom  du  frère  Philippe  est 
omis  à  l'index  bien  que  le  frère  Philippe  soit  encore  cite  m,  343  et  suiv.,  pour 
renvoi  d'un  rapport  sur  Mahomet  et  sa  doctrine;  les  anciennes  éditions  de 
.Mathieu  de  Paris  donnaient  ;ila  lin  de  cette  lettre  un  passage  Jlaec  oinnia  fetit... 
liii/jUer  resUivU  qui  parait  être  de  l'invention  du  premier  éditi'ur  Parker  et  que 
l.uard  ne  reproduit  pasr.  de  là,  la  lettre  a  passé  dans  (,fuétif  et  Eehard,  i,  103-lii5, 
et  dans  Hinaldi,  an  1237,  n°  H'  icf.  aussi  /lisl.  lilt.  de  ta  h'ranci-,  xviii  [183.t)J. 
I'.il-I'."2:  .Mortier,  Hist.  des  maiires  généraux,  i  [1(103].  381-3S;j,  où  la  lettre  est 
traduite  en  français,  mais  incomplètement  et  avec  quelques  inexactitudes); 
cette  lettre  est  très  précise  et  détaillée  sur  l'activité  des  Dominicains  en  Terre 
Sainte  à  cette  époque  :  d'après  Mathieu  de  Paris,  le  frère  Philippe  l'avait 
envoyée  au  pape  et  au  frère  (jodefridus,  pénitencier  du  pape;  le  frère  llodefri- 
dus  la  transmit  aux    prieurs  provinciaux   dominicains  de  France  et  d'.Vngle- 

[33] 


230  REVUE    DE    l'orient   CllUÉTlEN. 

le  scribe  pontifical  fait  bien  intervenir  leur  catholicos,  et  cet 
intitulé  a  trompé  Wadding  et  Rinaldi,  plus  récemment  M.  E. 
Berger  (1)  et  même  le  P.  Golubovich  (2).  Mais  le  scribe  pon- 

terre  (sur  ce  dodefriilus,  cl',  les  rélërences  d'Altaner,  45;  ce  parait  bien  être 
aussi  par  confusion  avec  ce  Dominicain  assez  connu  qu'il  est  question  d'un 
■•  Gauf redits  »,  pénitencier  de  Grégoire  IX,  dans  une  lettre  d'Innocent  IV  du 
17  septembre  12Jo,  au  lieu  qu'il  doit  s'y  agir  en  réalité  d'un  Franciscain  nomme 
Guillaume  [cf.  Golubovich,  i,  18S-180];  l'identité  du  titre  de  pénitencier  ponti- 
fical a  pu  faire  compléter  inexactement  un  nom  indiqué  seulement  par  l'initialo 
commune  G.)-  On  lit  entre  autres  dans  cette  lettre  qu'à  Pùquesde  l'année  12'37, 
le  patriarche  des  jacobites  orientaux  (ainsi  désignés  pour  les  distinguer  des  jaco- 
bites  d'Egypte)  est  venu  en  pèlerinage  à  Jérusalem,  et  qu'il  a  juré  obéissance  à 
l'église  romaine;  et  il  a  remis  en  témoignage  su  profession  de  foi,  en  langue 
chaldoenne  et  arabe;  en  quittant  Jérusalem,  il  a  pi'is  l'habit  des  Dominicains.  La 
lettre  du  frère  Philippe,  écrite  au  lendemain  de  Pâques  de  1237,  amenait 
Grégoire  IX  à  écrire  dès  le  28  juillet  1237  au  patriarche  des  jacobites  orientaux 
pour  le  féliciter  de  son  retour  à  l'obédience  de  Rome;  et,  le  lendemain,  le  pon- 
tife envoyait  la  même  lettre,  avec  quelques  modifications  de  détail,  au  patriarche 
des  jacobites  d'Egypte  et.  à  un  archevêque  nestorien,  également  mentionnés  par 
le  frère  l'iiilippe  (cf.  Auvray,  RenUlrcs  de  Oréijoire  IX,  n°'  37S9,  37!K_I,  3791;. 
Le  P.  Golubovich  (u,  297)  a  dit  que  ce  patriarche  des  jacobites  orientaux  s'ap- 
pelait Grégoire;  ce  me  parait  être  une  inadvertance.  U  ne  peut  s'agir  que 
d'Ignace  II,  dont  la  visite  à  Jérusalem  est  en  effet  longuement  racontée  par  Bar 
llebraeus,C'/iro«/''on  Ecclcsinslicum  (éd.  Abbeloos  et  Lamy,  u  [187  1],  col.  (554-604). 
[Altaner,  45,  rapporte  à  1236  la  venue  d'Ignace  II  à  Jérusalem,  en  renvoyant  à 
des  Misccllanea  Dominicana  parus  à  Rome  en  1923  et  auxquels  je  n'ai  pas  accès; 
mais  la  lettre  même  du  frère  l'hilippe  paraît  formelle  pour  1237.]  Bar  llebraeus, 
qui  est  jacobite,  ne  dit  i-ien  de  la  soumission  du  patriarclie  à  Home.  Toutefois, 
il  mentionne  les  honneurs  et  la  sollicitude  qui  furent  témoignés  à  Ignace  II  par 
■'  les  moines  Francs  Pherphersuraye  ■■  ((^?a*93  ^'-^''^  i''''?).  Le  mot  pherpher- 
suraye  n'est  plus  connu.  Assemani  (Hi/)L  Or.,  n,  373)  traduisait  une  expression 
presque  identique  (l-v^^J'^'S  U'i'aA;33  V-/)  par  «  fratres  Francorum  praesules  », 
ce  qui  suppose  une  étymologie  inadmissible  («  frère  praesul  »).  ilM.  .Abbeloos 
et  Lamy,  partant  de  l'idée  qu'il  n'y  avait  alors  à  Jérusalem  que  des  Templiers, 
des  Hospitaliers  et  des  Franciscains,  et  que  les  noms  syriaques  des  Templiers  et 
des  Hospitaliers  sont  bien  connus,  ont  admis  (col.  654)  que  pherphersuraye 
désignait  sans  doute  les  Franciscains.  .Mais  en  fait  il  y  avait  aussi  des  Domini- 
cains à  Jérusalem  [cf.  sur  cette  question  controversée  Altaner,  27-28',  et  la 
lettre  du  frère  Philippe  montre  que  le  patriarche  Ignace  fut  surtout  en  rapports 
avec  eux;  le  P.  Golubovich  en  tombe  d'accord  (n,  290,  297);  il  est  donc  n  priori 
vraisemblable  que  le  terme  mystérieux  se  soit  appliqué  aux  Dominicains.  Jla 
conviction  est  que  pherphersuraye  est  tout  simplement  un  adjectif  tiré  de 
"  Frères  Prêcheurs  »,  ce  qui  est  important  pour  l'histoire  des  Dominicains  en 
Terre  Sainte;  et  il  résulte  de  la  forme  que  ce  sont  dos  Français  qui  ont  fait 
connaître  le  nom.  11  n'y  a  rien  là  qui  puisse  surprendre;  c'est  aussi  sous 
la  forme  française  que  le  mot  «  frère  .  avait  passé  antérieurement  en  arménien 
et  en  syriaque  (cf.  ffist.  des  croisades,  Arméniens,  i,  839). 

(1)  lieyislres  d'Innocent  IV,  n°  3035. 

[i)  Le  P.  Golubovich  (n,  350)  ne  sait  trop  que  faire  de  ■■  Haban  Ara  »,  mais 

[34] 


LES    MONfiOLS    KT    LA    F'APAl  TÉ.  -31 

tilical  a  fait  erreur.  «  Rabaii  Ara  •  se  qualilie  seulement  «Je 
«  vicarius  orientis  ».  et  non  de  calholicos;  le  cathulicos  nes- 
torien  tMail  ainrs  Salw-iso  V;  il  n"est  question  de  lui  ni  dans  le 
doiument  1,  ni  dans  le  document  3  (1). 

Ce  n'est  pas  à  dire  d'ailleurs  qu''  <<  Rid)an  Ara  »,  i'arclie- 
vèque  de  Msibe,  les  deu.x  autres  an.-lievèques  et  les  tmis  évi'- 
ques  aient  agi  en  cachette  de  leur  catliolicos  ou  en  opposition 
avec  lui.  Mais  le  problème  est  assez  délicat,  et  la  solution  que 
j'entrevois  ne  serait  pas  intelligible  si  je  ne  donnais  au  préa- 
lable quelques  explications  sur  la  manière  dont  les  cinq  docu- 
ments ont  dû  parvenir  à  Rome. 

J'ai  iniiiqué,  au  début  de  ce  cliapitre,  qui'  les  cinq  docu- 
ments émanant  des  Nestoriens  et  des  .lacobites  étaient  pré- 
dés,  dans  le  registre  des  lettres  curiales  d'Innocent  IV,  de 
-i\  documents  provenant  des   princes  et  émirs  musulmans 
'!'■  Syrie,  et  j'ai  ajouté  que,  bien  que  placés  tous  les  six  sous  la 
luatrième  année  du  pontificat,  quatre  d'entre  eux  remontaient 
■11  fait  à  la  troisième;  ils  vont  du  2 1  novembre  au  30  décembre 
IClô.  Mais  puisque  ces  documents  de  1-2  I.").  puis  les  deu.x  des 
|-1.">  août  1-2  UJ  et  enfin  les  cinq  documents  émanant  des  Nes- 
toriens et  Jacobites  sont  ainsi  placés  l'un  ù  la  suite  de  l'autre 
■  t  smus  une  même  année,  il  estasse/,  vraisemblable  qu'ils  aient 
cté  rapportés  au  Vatican  tous  à  la  fois  par  une  même  mis- 
sion (2).  La  lettre  du  sultan  d'Egypte  du  25  mai  1246  a  dii  au 


n'en  parle  pas  moins  de  la  soumission  complète  «les  -  deux  patriarches  ■  :  de 
mi'iiie.  II,  351. 

(1)  .Sabr-lso  V  fut  patriarche  nestoiien  «le  1226  à  123T.  Péjà  Le  Quieu  Utriens 
i-hriilianuD,  II,  1  Mil)  avait  bien  vu  f(uo  l'auti'unle  la  Icttri?  n'i'talt  pas  le  catholicos 
nestorien  lui-im^me  (de  môme  Assemani,  BihI.  orieutnlU.  III,  ii,  IK.i-lll:  aus.>ii 
111,  II,  52.TI,  mais  considf'rait  que  ■  liaban  Aiti  •  avait  é'Tit  au  nom  du  catlio- 
licos («|uc  Le  Quien  confondait  d'ailleurs  avec  son  successeur),  i  "e.st  le  m<>nie 
point  de  vue  qui  est  adopté  par  iJeorges  Ebedjesu  Khayyalli,  Syn  Oiienialex, 
seu  Chi'ldai'i,  Xestoriani  et  Homo norvm  PanUfimim  l'riiiuilus,  Rome,  1H7«),  in-S", 
pp.  Il.'i-IIT;  Khayy.ath  admet  en  effet  que  les  documents  I  et  .3  marquent  la 
pi-emii>re  -  réi-onciliation  générale  •  des  Nestorien»  avec  Rome,  et  spécifie  en 
note  qu'il  appelle  •  réconciliations  générales  •  celles  qui  sont  «lues  au  catliolicos 
lui-même.  M-'  «liamil  insiste  aussi  (Henuinae  rvlaliones,  p.  \x\)  sur  l'impor- 
tance de  cette  ■  première  réconciliation  générale  ■  où  -  Itaban  .Ara  •  agissiiit. 
selon  lui,  ■  suo  suique  Patriarchae  nomine  -. 

(2i  Frieilrich  Zarncke  (/fer  Priester  Jnhanne»,  "i""  Abh.inillunsr,  dans  AhhinuH. 
lier  phU.-/ii.sl.  Cl.  d.  Hun.  .Sdcfis.  ^les.'lhch.  d.  H'insensch.,  t.  VIII,  n"  1  [ISTtii,  p.  Tli 


232  REVUE    ME    l'OUIENT    ClIIiÉTIEN. 

contraire  parvenir  immédiatement  à  Rome  par  une  autre  voie; 
c'est  ce  qui  lui  aura  valu  d'être  encore  classée  parmi  les  lettres 
curiales  de  la  troisième  année.  Si  mon  hypothèse  est  juste, 
on  peut  tenter,  au  moyen  de  l'ensemble  de  ces  documents  qui 
se  suivent  dans  les  Registres  sous  la  quatrième  année  d'Inno- 
cent IV,  de  reconstituer  plus  ou  moins  l'historique  et  l'itiné- 
raire de  la  mission  qui  les  a  rapportés  (1). 

Par  la  lettre  même  de  «  Raban  Ara  »,  nous  savons  que  cette 
mission  comprenait  un  religieux  du  nom  d'André,  et  un  autre 
religieux  son  compagnon;  la  lettre  du  patriarche  jacobite 
Ignace  confirme  cette  indication,  puisque  lui  aussi  dit  avoir 
reçu  la  lettre  du  Souverain  Pontife  des  mains  de  «  frère 
André  ».  Parmi  les  lettres  des  princes  de  Syrie,  la  première 
en  date,  celle  du  -21  novembre  1245,  est  due  au  prince  Ismael 
qui  devait  régner  alors  à  Baalbek;  il  y  répond  poliment,  sans 
plus,  à  la  lettre  du  pape  que  lui  ont  apportée  des  «  fratres 
praedicatores  »;  le  P.  Golubovich,  qui  est  Franciscain,  se 
refuse  à  voir  en  eux  des  d  Frères  Prêcheurs  »,  autrement  dit 
des  Dominicains.  Les  trois  autres' documents  de  1245  sont  du 
mois  de  décembre,  et  émanent  d'un  même  personnage,  le 
prince  Al-Manvûr  Ibrahim  de  Homs;  deux  d'entre  eux  sont  des 


a  déjà  supposé  que  los  diverses  réponses  des  princes  et  émirs  do  Syrie  données 
les  unes  à  la  suite  des  autres  parmi  les  lettres  curiales  de  la  quatrième  année 
d'Innocent  IV  avaient  été  rapportées  par  une  même  mission;  mais  il  se  trompe 
à  peu  près  sûrement  en  datant  de  1216  la  lettre  qui  doit  être  de  décembre 
1240;  et  en  tout  cas,  il  s'en  est  fié  à  tort  à  l'intitulé  du  scribe  pontifical  en 
attribuant  cette  lettre  au  sultan  d'Èsypte  au  lieu  qu'elle  est  due  au  prince  de 
Homs  Al-Mansur.  Par  ailleurs,  Zarncke  n'établit  aucun  lien  entre  ces  lettres 
émanant  des  princes  et  émirs  et  celles  provenant  des  nestoriens  et  des  jacobites. 
Enfin  ZarncUe  a  supposé  que  les  lettres  des  princes  musulmans  pouvaient  l'on 
bien  avoir  été  remises  à  la  mission  dominii-aine  dirigée  par  Ascelin.  Avanl 
ZarncUe,  les  mêmes  hypothèses  avaient  été  formulées  par  A.  ïouron,  llisl.  des 
hommes  illusircs  de  l'ordre  de  Sainl-Domiiiii/ue,  I  [1743],  145-150.  Les  débuts  de 
la  mission  d'Ascelin  sont  fort  obscurs.  Mais  nous  savons  qu'elle  ne  parvint 
auprès  du  chef  mongol  Baiju  qu'au  milieu  de  1247,  et  ne  fut  de  retour  à  Lyon 
qu'en  121ÎH.  Comme  je  considère  que  les  lettres  des  princes  musulmans  furent 
rapportées  par  la  mission  mémo  à  laquelle  elles  avaient  été  remises,  des  lettres 
connues  seulement  au  retour  d'Ascelin  no  pourraient  pas  i>tre  rangées  parmi  les 
lettres  curiales  de  la  quatrième  année  d'Innocent  IV,  laquelle  finit  le  21  juin  - 
1247;  je  reviendrai  sur  la  mission  d'Ascelin  plus  loin. 

(1)  [M.  Altaner,  79,  est  d'une  opinion  difl'érente,  et  veut  rapporter  les  docu- 
ments à  plusieurs  ambassades;  il  ne  ma  pas  convaincu.] 

[3fi] 


LES  ^ro^"(;oI,s  et  i.a  papaiti:.  233 

patentes  ou  sauf-conJuils.  lun  autorisant  les  missionnaires, 
appelés  à  nouveau  ••  IVatres  praeilicatores  »,  à  venir  à  Ilomsetà 
en  retourner,  Tautieleur  permettant  de  parcourir  librement  les 
états  du  prince  en  toute  sécurité  poiy-  leurs  personnes  et  leurs 
biens:  le  troisième  document,  le  plus  intéressant, est  une  lettre 
|iroprement  dite,  adressée  par  Al-.Man^ûr  au  Souverain  Pontife. 
Ai-Maiisfir  y  ilit  avoir  reçu  et  lu  la  lettre  pontilicale,  et  en 
demande  une  autre  plus  explicite.  Il  aurait  volontiers  orga- 
uisi'  des  discussions  tliéologiques  avec  les  "  fratres  praedica- 
tores  »  envoyés  par  le  pape,  mais  il  a  dû  y  renoncer  parce 
que  ceux-ci  n'étaient  pas  assez  maîtres  de  la  langue  arabe,  et 
qu'ils  n'étaient  habitués  à  discuter  qu'en  latin  et  en  fran- 
çais (  1  i.  La  lettre  du  pape,  ajoute  Al-Man^ûr,  laissait  entendre 
que  les  frères  voulaient  pisser  chez  les  Tartares,  et  souhaitait 
notre  aide  pour  qu'ils  pussent  réaliser  leur  dessein;  «  mais 
nous  avions  déconseillé  aux  dits  frères,  pour  bien  des  raisons 
que  nous  leur  avons  dites,  d'aller  chez  les  Tartares  mêmes  »  ("2). 
Quant  aux  Tartares,  ils  sont  encore  pires  que  le  pape  n'a 
dit,  mais  le  glorieux  et  puissant  sultan  d'Egypte  les  réduira 
à  merci.  Des  deu.x  lettres  des  G-l.")  août  1210,  l'une  est  due  au 
prince  de  Karak;  l'autre  est  écrite  au  nom  du  sultan  d'Kgypte, 
mais  non  par  lui;  le  sultan  de  Karak  accuse  réception  au  pape 
lie  sa  lettre,  mais  ne  se  rend  pas  à  ses  arguments  religieux; 
celui  qui  écrit  au  nom  du  sultan  d'Egypte  explique  au  pape, 
qui  s'était  plaint  dans  sa  lettre  des  outrages  faits  aux  Lieux 
Saints,  que  ce  fut  là  le  fait  de  soldats  isolés,  hors  de  la 
présence  de  son  maitre.  lequel  y  a  mis  immédiatement  bon 
ordre  (3). 

Le  P.  Golubovich,  qui  a  étudié  tous  ces  documents,  ne  les 


(Il  ■   ....  ob  im/jediin'HiiHin  /ki/i"/.   arabicae -i  y>ii>  >ii.vi  in  linffua  latind, 

sivf  gallica,  dispulandi  cunsuetmliiiem  non  haOrbanl.   • 

.  li)  '  Et  innwrat  sensus  in  sun  epislola,  '/uud  ipsi  ileberrnl  /irufichci  ad  Tar- 
liiros,  et  i/uod  nos  iuraremus  eos  ad  suttiii  itropo.siluin  adimplendum,  et  remove- 
rcmus  causas  ipsorum  vinm  impedientcs,  et  prnmovercmus  rorum  volunlalrm  ; 
si'd  non  constUitimus  diclis  fratribus  propler  tniUlat  cnusns.  quas  di-rimus,  ul  ad 
ipsos  Tartaros  deberenl  proficisci.  - 

(:!)  Il  s'agit  de  la  profanation  des  Lieux  Saints  par  les  Kliarezmiens,  à  la 
suite  do  leur  entrée  à  Jérusiilem  le  10  août  1241.  Sur  ces  deux  lettres,  cf.  aussi 
sttpra^  p.  3*'!. 


234  iiE\'UE  DE  l'orient  chrétien. 

rattachi'  pas  les  uns  aux  autres,  et,  se  couvrant  de  la  juste 
autorité  d'Elie  Berger,  invoque  (ii,  p.  3-2S)  le  désordre  des 
registres  pontificaux  pour  expliquer  la  présence  sous  la  qua- 
trième année  d'Innocent  IV  de  documents  qui  sont  en  réalité 
de  la  troisième.  Selon  lui  (ii,  p.  333),  les  envoyés  pontificaux  à 
qui  Al-Mansûr  i-efusa  le  passage  chez  les  Tartares  étaient  assez 
vraisemblablement  le  franciscain  Laurent  de  Portugal  et  ses 
compagnons,  chargés  d'une  mission  chez  les  Tartares  que 
fait  connaître  une  lettre  pontificale  du  5  mars  1245.  Quant  au 
frère  André  et  à  son  compagnon,  qui  rapportèrent  les  lettres 
des  Jacobites  et  des  Nestoriens,  il  s'agirait  (ii,  pp.  351,  355-356)  ' 
de  la  mission  franciscaine  de  Laurent  d'Orte,  qui  était  encore 
à  Lyon  le  9  août  1-216,  mais  se  trouvait  déjà  à  Acre  en  Syrie 
le -24  avril  1-217. 

Je  n'incline  pas  à  partager  la  manière  de  voir  du  P.  Golu- 
bovich.  J'ai  dit  pourquoi  il  me  paraissait  plus  vraisemblable 
de  considérer  les  documents  comme  rapportés  par  une  même 
mission.  Le  départ  de  Laurent  de  Portugal  est  assez  douteux, 
et  je  n'accepte  pas  — ,  je  l'ai  expliqué  dans  le  premier  chapitre, 
—  la  distinction  que  veut  faire  le  P.  Goluiiovich  entre  Plan 
Carpin  en\"oyé  au  grand  khan  et  Laurent  de  Portugal  chargé 
seulement  de  mission  auprès  d'un  c\\ei'  des  Mongols  du  Sud- 
Ouest  (1).  Le  frère  André  est  d'ailleurs  évidemment,  aux 
yeux  des  Jacobites  et  des  Nestoriens,  un  ciief  de  mission 
envoyé  directement  par  le  pape,  porteur  de  ses  lettres  et  qui 
doit  rapporter  et  expliquer  oralement  leurs  réponses.  Pour  ces 
raisons,  j'écarte  aussi  bien  Laurent  de  Portugal  que  Laurent 
d'Orte,  et  je  considère  que  l'ensemble  des  documents  nous 
fournit  déjà  les  renseignements  probables  suivants  :  1°  Le  chef 
de  la  mission  était  un  certain  André,  qui  avait  un  compagnon. 
2"  L'un  des  deux  ou  lousles  deux  savaient  un  peu  d'arabe, 
trop  peu  pour  argumenter  dans  une  discussion;  mais  tous 
deux  étaient  entraînés  à  discuter  en  latin  et  en  français;  autre- 
ment dit,  tous  deux  devaient  être  Français.  3"  Le  terme  de 
«  fratres  praedicatores  »,  qui  revient  dans  la  plupart  des 
documents  émanant  des  sultans  de  Syrie,  est,  malgré  ce  que 

(1)  Cf.  siij/rd,  |>ii.  5-C. 

[381 


LES  MOXOOLS  KT  LA  PAPAITK.  US.") 

paraît  avoir  cru  \Vail(.ling:(l)  et  ce  qu'a  tentt'  di^  démontrer  le 
P.  Ookiliovii'li.  un  ;uvument  très  fort,  dans  des  lettres  mises 
en  latin  par  quelqu'un  qui  connaissait  lùen  celte  lanj^ue,  en 
faveur  de  l'origine  dominicaine  du  frère  André  et  de  son  com- 
pagnon. 

Toujours  dans  l'Iiypothèse  qu'il  s'acrisse  bien  d'une  seule 
mission,  voyons  maintenant  l'itinéraire  que  les  dates  suppo- 
sent. La  première  lettre  est  du  sultan  de  Baaibek.  Nos  mission- 
naires auraient  donc  débarqui-  vraisemblablement  à  Tripoli, 
d'où  ils  s'étaient  rendusà  Baaibek,  mais  le  sultan  île  Baaibek  les 
envoya  à  Al-.Man^ûr,  sultan  de  Homs,  qui  jouissait  d'une  auto- 
rité bien  plus  grande.  .Vl-Man^fir  fit  bon  aceueil  aux  mission- 
naires, mais  quand  ceu.K-ci  lui  parlèrent  de  se  rendre  chez  les 
«  Tartares  »,  il  se  méfia.  Depuis  de  longues  années,  il  s'éver- 
tuait à  se  maintenir  contre  les  sultans  d'Egypte,  contre  les 
ehrétiens,  contre  les  Mongols:  tantôt  ennemi,  tantôt  ami,  il 
venait  enfin  de  donner  son  allégeance  au  sultan  d'Kgypte. 
I  e  politique  avisé  n'eut  sans  doute  pas  de  peine  à  deviner 
qu'une  entente  entre  chrétiens  et  .Mongols  ne  pourrait  que 
nuire  au.x  Musuliuans:  et  il  inventa  des  prétextes,  que  nous 
ignorons  d'ailleurs  (2),  pour  refuser  l'appui  que  les  mission- 


I  UEnce  rpii  concern<> les  documents  émanant  des  princes  niusiilmans,  Wadding 
no  fait  intervenir  expressi'iiiont  les  l'raneiscains  que  pour  la  lettre  du  sultan 
d'Egypte  du  25  mai  ViVi,  classée  parmi  les  lettres  curiales  de  la  troisième  année 
d'Innocent  IV:  mais  celle-là  n'est  pas  en  question,  selon  moi,  dans  le  cas 
présent.  Par  contre,  Wailding  n'eût  pas  reproduit  les  documents  rapportés  par 
le  frère  André  s'il  n'eût  considéré  le  frère  André  comme  un  Franciscain. 
Quand  le  P.  Marcellino  da  Civezza  et  le  P.  Panlilo  (cf.  Golubovicli,  ii,  35ôl  et  rnéme 
le  P.  fjolubovich  (i,  Uti)  parlent  ici  d'.Vndré  de  Pérouse,  ce  parait  être  par 
confusion  avec  l'.^ndré  de  Pérouse  qui  fut,  au  début  du  .\tv«  siècle,  évèque  de 
Zaitoun  au  Foukicn. 

(2i  Le  P.  Gohibovich  dit  à  deux  reprises  (ii,  333,  33.'j)  que  .\l-.Mansfir  refusa 
aux  missionnaires  de  passer  chez  les  Mongols  parce  qu'ils  ne  savaient  discuter 
qu'en  latin  et  en  français,  mais  ignoraient  l'arabe.  Ce  n'est  pas  exact.  .VI-.Mansiir 
expli<|ue  seulement  parces  raisons  qu'il  n'ait  pu  organiser  chez  lui  de  discussions 
religieuses  avec  les  missionnaires.  Quant  aux  •  multae  causae  -  qu'il  a  exposées 
aux  missionnaires  pour  les  détourner  d'aller  chez  les  Mongols,  sa  lettre  ne  nous 
les  fait  pas  connaître.  Rémusat  a  dit  de  .son  côté  (Vemuires  gur  les  relalions. 
1"  mémoire,  p.  43Cl}  qu'AI-Man<i"ir  refusji  le  passage  aux  religieux  ■  pour  plu- 
sieurs raisons,  dont  la  principale,  dit-il.  était  la  certitude  que  ces  religieux  ne 
voulaient  aller  trouver  les  Mongols  que  pour  les  animer  contre  les  musulmans  -  ; 
mais  il  n'y  a  pas  un  mot  de  cela  dans  la  lettre  d'.\l-Mansûr,  que  Kémusat  a  lue 

:39^ 


236  REVCE    DE    l'orient    CHRÉTIEN. 

naires  lui  demandaient.  Rebutés  à  Homs,  il  semble  que  le  frère 
André  et  son  compagnon  se  soient  rabattus  au  Sud  jusque  vers 
la  mer  Morte,  et  après  avoir  perdu  plus  de  six  mois,  c'est 
de  là  que,  par  la  région  de  Karak,  et  sans  plus  parler  de 
leurs  projets  au  sujet  des  Mongols,  ils  auraient  gagné  la  haute 
Mésopotamie.  S'ils  ne  disent  rien  du  patriarche  nestorien  et 
ne  rapportent  aucune  lettre  de  lui,  c'est  apparemment  qu'ils 
ne  sont  pas  ailés  dans  la  région  de  Séleucie-Ctésiphon,  où  le 
patriarche  nestorien  devait  habiter.  Et  s'ils  ont  tourné  plus 
au  nord  et  délaissé  la  Chaldée,  c'est  que,  même  paraissant 
s'enfoncer  uniquement  en  pays  musulman,  ils  avaient  hâte, 
par  ce  détour  de  la  Syrie  méridionale  et  de  la  haute  Mésopo- 
tamie, d'aller  rejoindre  si  possible  les  Mongols  dans  la  direc- 
tion du  lac  de  Van.  C'est  vraisemblablement  dans  la  région  de 
Mossoul  qu'ils  auront  trouvé  le  maphrian  Jean  VI,  retour 
d'Anlioche.  Mais  c'est  plus  au  nord  qu'ils  ont  été  en  contact 
avec  des  membres  du  haut  clergé  nestorien,  et  en  particulier 
avec  «  Raban  Ara  »,  à  qui  ils  ont  remis  une  lettre  pontificale 
destinée  peut-être,  en  principe,  à  ce  patriarche  nestorien  qu'ils 
n'avaient  pas  vu(l).  Enfin,  puisqu'ils  ont  rapporté  une  lettre 
du  patriarche  jacobite  Ignace,  lequel  devait  résider  alors  à 
Antioche,  on  peut  supposer  que  leur  route  de  retour  les  fit 
passer  par  cette  ville  (2).  Quelque  diligence  qu'ils  aient  faite, 
ils  ne  pouvaient  être  de  nouveau  en  Erance  avant  le  printemps 
de  1247. 

Je  ne  me  dissimule  certes  pas  ce  que  la  reconstitution  de 
cet  itinéraire  a  de  fragile.  Il  y  a  cependant  dans  mon  argumen- 

trop  vite  clans  Rinaldi.  A.  Touron  {Hist.  des  /lomines  illuslrcs  de  l'ordre  de 
Saiiil-L)omini(/ue,  i  [17'13],  147-148,  parait  s'être  aussi  quelque  peu  mépris  sur 
la  fin  de  la  lettre  d'AI-JIansûr,  mais  autrement  que  Rémusat. 

(1)  M='  Giamil  (Genuinac  relaliones,  p.  2)  a  dit  qu'il  s'agissait  d'une  lettre 
d'Innocent  IV  à  Sabr-iso  qui  aurait  clé  perdue  en  même  temps  que  d'autres  lors 
du  séjour  que  les  archives  du  Vatican  firent  à  Paris  entre  1798  et  1814-1815.  Il 
ne  donne  aucune  référence  pour  cette  asseition  qui  me  parait,  en  ce  qui  con- 
cerne cette  lettre,  dépourvue  de  tout  fondement. 

{i)  [11  est  dit  dans  Altancr,  03,  sur  la  foi  de  Le  Quien,  qu'Ignace  II  devait 
résider  alors  à  Jlardin,  au  Nord-Ouest  de  Nisibe.  C'est  là,  me  semble-t-il,  une 
erreur  évidente.  Le  texte  de  Bar  llebracus  dans  Abbelços  et  I.amy,  Chron. 
écoles.,  I,  068,  ne  parait  pas  laisser  de  doute  qu'en  lH'i  Ignace  11  s'était  déjà 
fixé  définitivement  à  .■Vutioclie.J 

[40] 


LES    MONiiOLS    KT    LA    P.M'AUTK.  237 

tatioii  un  point  de  repère  que  je  crois  sur,  c'est  le  rùle  joué 
par  «  Kaban  Ara  ». 

On  aura  remarqué  que,  dans  sa  lettre  à  Innocent  IV, 
«  Raban  Ara  •  dit  envoyer  non  seulement  la  profession  de  foi 
rédi.irée  par  Farchevêque  de  Nisihe.  mais  aussi  un  >-  libellus  . 
(lue  lui-nu  nie  avait  apporté  «  du  cœur  de  l'orient,  à  savoir  de 
la  terre  de  Sin  »  (1).  Ce  ilocument  ne  nous  est  malheureusement 
par\euu  ni  en  original  ni  en  traduction;  toutefois,  sa  seule 
mention  est  importante.  «  Raban  Ara  »  doit  bien  èlre  un 
Syrien  d'origine,  puisqu'il  parle  de  l'archevêque  nestorien  de 
Jérusalem  comme  étant  «  de  sa  nation  »  (2),  mais  il  avait 
voyagé  au  loin,  jusque  dans  les  chrétient<'S  nestoriennes  sinon 
lie  la  Chine  proprement  dite  où  il  n'y  en  avait  pour  ainsi 
dire  plus,  du  moins  de  ces  régions  du  Tnrkeslan  cliin..is  et 
!■■  la  .Mungolie  qui,  pour  les  gens  de  l'Orient  méditerranéen, 
I. lisaient  au  moyen  âge  partie  de  la  «  Chine  »  ou  du  «  Sin  » 
entendu  au  sens  large  (3).  C'est  de  la  même  manière 
qu'Etienne  Orbélian,  l'historien  de  la  Siounie,  écrivant  lui 
aussi  au  xmi"  siècle,  place  la  capitale  des  Mongols  Karakorum 

(I)  Itinaldi  a  -  Sioii  -  an  lieu  de  •  Sin  -  que  donne  Wadding,  suivi  par 
Kliayvalli,  M"  (iiauiil,  le  I'.  Golubovirh,  M.  Itastoul.  E.  Bercer  ne  renvoie 
qu'à  Kinaldi.  sans  faire  aucune  remarque.  Fleury  {Hist.  cccU-s..  éd.  F'aris,  \'i-2, 
in-l,  xvn,  »<}-:S4i,  qui  prenait  -  Raban  Ara  -  pour  le  catliolicos  arménien! 
proposait  de  lire,  au  lieu  de  -  Sin  -,  «  Sis  -,  résidence  du  catliolicos  aiiiiénien; 
c-tte  maux  aise  correction  et  ceUe  {.dose  sont  devenues  chez  da  Civezza  (Slor. 
uitiv.,  I,  -.m}  partie  intégrante  de  la  lettre  de  -  Raban  Ara  -.  .M.  Porchet,  alors 
membre  de  l'Ecole  française  de  Rome,  a  bien  voulu  v.iiiier  pour  moi  le  texte 
du  /teffisln:  qui  porte  nettement  ■  Sin  ..  ;Lc  «  Sina  -  d'Altaner.  56.  est  une 
inadvertance.' 

i-Ji  Cet  archevêque  n'est  nommé  dans  le  HeijUtrf  que  par  son  initiale  I.; 
-M^  liiarail  a  rétabli  Iso-yalib;  peut-être  a-t-il  raison;  mais  j'ignore  (|ui  était  en 
l-N»>-lJi:  archevêque  nestorien  a  .lérusalem.  M.  Rastoul  s'est  trompé  en  sup- 
l'osant  que  ■  Raban  Ara  •  pouvais  être  originaire  de  Chine.  Le  te.xte  de  Kira- 
kos  reproduit  plus  loin  dit  d'ailleurs  .  formellement  que  le  personnage  était 
Syrien. 

i:!)  Khayyath  a  compris  à  tort  (.S'yri  OrieiHa'es,  p.  HT)  que  •  Raban  .Ara  • 
avait    envoyé  au  jiapo,   en  dehors    de  sa    lettre,   une    formule  émanant  de.s 

■  chrétiens  chinois  .  et  que  souscrivirent  en  outre  l'arclievêque  de  Nisibe,  etc. 
Me'  (iianiil,  (ienuinan  relationes.  p.  .xxx,  a  enchéri  sur  Khayyath  en  disant  qui- 

■  Raban  Ara  ■  avait  envoyé  à  Innocent  IV  ■  a  dissitissinoa  Sinensium  regioni-, 
ubi  degebat,  suo  suique  l'atriarchae  nomine  libellum  formulam  fidei  conUnen- 
tem  •. 

[•Il] 


238  REVUE    DE    l'orient    CHRÉTIEN. 

«  dans  le  pays  de  Cin  et  de  iMacin  »  (1).  Peut-être,  mais  ce 
n'est  pas  sûr,  y  a-t-il  un  lien  entre  ces  voyages  et  le  titre  de 
«  vicarius  Oienlis  »  que  «  Ralian  Ara  »  se  donne  dans  sa 
lettre  [i).  Quoi  qu'il  en  soit,  puisque  c'est  lui,  et  non  l'arche- 
vêque de  Nisibe,  qui  prend  sur  soi  de  répondre  à  la  lettre 
d'Innocent  IV,  il  faut  qu'il  ait  joui  parmi  les  Nestoriens  d'une 
autorité  considérable  et  dont  il  eût  été  bien  surprenant  qu'on 
ne  pût  retrouver  aucune  trace. 


Les  nestoriens  modernes  l'ont  bien  oulilié,  et  les  Clialdéens 
unis,  qui  le  nomment  parfois,  ne  le  connaissent  en  réalité  que 
par  la  lettre  même  insérée  dans  les  Begistres  d'Inno- 
cent IV  (3):  il  ne  vaut  pas  de  nous  y  arrêter.  Mais  il  est  un 
écrivain  occidental  du  xiii°  siècle  qui  a  consacré  à  «  Raban 
Ara  »  tout  un  chapitre,  où  on  retrouve,  sous  sa  l'orme  correcte 
cette  fois,  le  nom  que  le  scribe  du  Registre  d'Innocent  IV  a 
légèrement  altéré.  Cet  écrivain  est  Vincent  de  Beauvais,  dont 
le  Spéculum  Idstoriale,  livre  XXX,  contient  un  ch.  70  intitulé 


(Ij  Cf.  Saint-Martin,  Mémoires  sur  l'Arménie,  ii,  13J;  Brosset,  Uisl.  de  la 
Siounie,  i,  p.  224. 

(2)  Les  Nestoriens  sont  couramment  appelés  -  chrétiens  orientaux  ■•;  j'incline 
cependant  à  iienser  que  «  Raban  Ara  •  se  qualifie  ici  non  de  -  vicaire  du 
[patriarche  des  chrétiens]  orientaux  »,  mais  de  »  vicaire  du  [patriarche  pour] 
l'Orient  ».  l'out-ètre,  comme  le  suppose  M.  Rastoul,  était-il  -  visiteur  »  ou 
••  poriodeute  »  pour  l'Asie  Orientale. 

(3)  Cl'.  Giamil,  (ienuiaae  relationcs,  p.  2;  mais  la  lettre  de  15j2  dos  Chaldéens 
à  Jules  III  dont  il  s'agit  dans  cette  note  de  la  p.  2  ne  dit  rien  de  «  Raban  Ara  ». 
C'est  dans  un  tableau  de  l'église  chaldéenue  rédigé  par  le  cardinal  Mafïei  en 
15.>!  {ibitl.,  p.  475  et  suiv.)  qu'il  est  question  d'un  »  Maraus  •  que  yi-'  Giamil 
considère,  peut-être  avec  raison,  comme  issu  de  •  Raban  Ara  -.  D'autre  part, 
dans  un  ouvrage  syriaque  qu'il  écrivit  en  1703,  le  patriarche  chaldéen  uni 
Joseph  11  mentionne  un  n  Rablwn  Aram  Xisibenus  »  connue  ayant  été  promu 
au  patriai-cat  par  le  pape  (Giamil,  ibid.,  p.  233);  c'est  la  même  légende  que 
DlalTei  donnait  un  siècle  et  demi  plus  tôt  pour  «  Jlaraus  ».  Il  y  a  bien  là,  à  mon 
avis,  des  traditions  retour  de  Rome,  éti'angement  déformées,  et  dont  certains 
élémentssont  dus  à  la  lettre  de  ■■  Raban  Ara  ■;  mais  d'autres  semblent  être  un 
souvenir  de  la  visite  à  Rome  de  Rabban  Çauma,  sur  la  fin  du  .\ni°  siècle;  on 
verra  que,  par  une  rencontre  curieuse,  les  deux  personnages  ont  été  effective- 
ment appelés  du  même  titre. 

[42] 


l.r.S    >10Xi.iil.>    1.1     LA    l'ACALTÉ.  '        'S.V.i 

De  lldbhniuihi  monacho  uesloriiio.  Vnici  li'  texte  de  ce  clui- 
pitre  (  1  )  : 

Uabbanata  (a)  vero,  monaclius  christianiis.  sed  tamen  nes- 
torinus  \li),  quia  vivente  David  rege  fuit  {c)  ei  familiaris  et 
fortasse  quando  (rfi  consiliarius,  post  mortem  ipsius  David  a 
filia  ejus  uxorc  Cinpiscliain  \e)  tandem  est  evocatus  (/),  et 
eidem  occasione  antiquae  patris  sui  ainicitiae,  et  quia  chris- 
lianus  erat,  consiliarius  ac  penitentiarius  ejus  factus  est,  Tarta- 
risque  familiaris  est  effectus  ipso  [g\  tamen  (Ai  dun  taxât  vivente 
(I)  Cingischam  perniittente.  At  illa  mortua  factus  est  idem 
monaclius  Tartaris  cxtraneus  et  ab  eis  elonfratus.  Ipse  [j)  autem 
Rabbanata,  tum  mediante  régis  David  filia  tum  etiam  mediante 
curiae  frequentia.  multa  de  consiliis  et  factus  lA  Tartarorum 
noverat,  multaque  divinando  eisdem  revelabat.  Propter  ijuae 
nimirum  ad  tempus  ab  ipsis  est  magnus  ;/)  arbitratus,  et  ab 
illis  qui  curiam  Cingischam  et  baronum  ejus  frequental)ant 
sanctus  est  reputatus.  Postea  vero  in  Armcniam  majorcm  tran- 
siit,  ibique  in  Thauris  civitate  per  aliquod  tempus  latuit,  sed 
sicnt  postea  diligent!  inquisitione  per  Fratres  Predicatores  qui 
de  mandate  papae  ad  Tartaros  ibant  et  ad  ipsum  etiam  Rabba- 
natam  litteras  deportabant  ac  per  viros  religiosos  et  alios  fide 
dignes  inventum  est  quia  (m)  mercator  erat  et  usurarius  ac 
divinus  et  hereticus,  fideique  catliolicae  et  orthodoxae  inimicus, 
licet  etiam  eam  contiteretur  oretenus.  Latebras  tamen  libenter 
quaerebat  nec  umquam  comedens  ab  aliquo  de  Fratribus  se 
videri  permittebat.  Talis  semper  vixit  talisque  moriens  qualis 
vixerat;  sicut  credere  dignum  et  justum  est  ad  infernum  des- 
cendit. 

A  ma  lonnaissance,  ce  chapitre  de  Vincent  de  Beauvais  n'a 
i-lé  invoqué  dans  le  passé  que  par  Mosheim  (2).  par  Zarncke  (3) 

ut)  B  liabbanntha:  fi  Rabbanta.  —  i6)  '\  nestoriw;  CD  nestorianus.  —  te)  AB 
[lierai.  —  td\  AB  </uandoiiue  fortnsse.  —  (e)  A  Chingisca',  B  Chiiujischam;  de 
même  plus  loin;  C.  cin;iisrà.  —  (/")  AB  uocalus.  —  (g)  De  niciiiie  CD;  AB  ipsa ; 
Zarncke  ipsa.  —  (A)  AB  n'ont  pas  tamen.  —  (ii  A  u'unMUi.  —  (/)  AB  iste.  — 
f/i)  ABCh  faclit.  —  U)  AI!  ma'jims  est.  —  (m)  AB  n'ont  pas  quia. 

il)  .l'ai  pris  le  texte  dans  l'édition  de  Nuremberg,  1183,  ot  l'ai  i-oniparé  à  celui 
dos  éditions  do  Strasbourg,  1473  (=  C)  et  do  Douai,  liiîl  {=  D).  J'ai  consullô 
ou  outre  à  la  Bibl.  Nationale  les  niss.  Lat.  4898  i=  A)  et  490O  i=  Bl,  tous 
deux  du  XIV*  siéole.  Dans  le  titre  du  cliapitrc,  A  a  Ualili.inato,  I!  Rabanatha. 

i2)  Uisloria  Tarlaromm  Ecclesiasiica,  Helmsladt.  1711.  in-4.  p.  34. 

i3i  Zarncke,  Der  Priester  Johannes,  II,  p.  -îS. 

[43] 


240  REVUE    DE    l/ORIENT    CHRÉTIEN'. 

et  par  Yule  (1),  et  aucun  d'eux  ne  s'est  demandé  qui  était 
«  RaijlDanata  ».  Mais  Molinier,  dans  un  travail  manuscrit  dont 
il  sera  question  plus  loin,  puis  M.  Rastoul  en  191  lavaient  déjà  ' 
proposé  la  solution  évidente  à  laquelle  j'ai  abouti  indépen- 
damment en  1922  :  le  «  Rabbanata  »  de  Mncent  de  Beauvais 
n'est  autre  que  le  «  Raban  Ara  »  des  Registres  d'Innocent  IV. 

Au  point  de  vue  du  nom,  la  difticulté  n'est  pas  grande.  Déjà 
les  «  Clialdéens  »  comme  Khayyath  ont  reconnu  que  le  pre- 
mier élément  de  «  Ralian  Ara  »  devait  être  le  syriaque  rabbaii, 
«  docteur  »,  «  maître  »  (2).  Mais  si  «  Ara  »  a  prêté  à  toutes 
sortes  d'altérations,  c'est  que  ce  nom  ne  rappelait  plus  rien  en 
syriaque  (3).  Et  à  la  vérité  il  en  est  de  même  d'ato,  mais  là 
du  moins  nous  savons  à  quoi  nous  en  tenir.  Ata  est  un  mot 
turc  signifiant  père,  et  dans  le  monde  ouigour,  parfois  dans  le 
monde  mongol  inOuencé  par  les  Ouigours,  ce  mot  s'est  employé 
comme  une  appellation  respectueuse  s'appliquant  à  un  reli- 
gieux. Le  même  converti  chrétien  qui,  à  Hang-tclieou,  par- 
lait d'Odoric  de  Pordenone  comme  d'un  «  rabbaii  franc  », 
s'adressait  à  lui  en  l'appelant  aia,  «  père  »  (1).  Bien  plus, 

(1)  Yule-Cordier,  Marco  Polo,  i,  i43.  mais  le  nom  est  estropié  ehez  îloslioim 
et  chez  Ville  en  »  Rabbanta  ».  Cette  forme  fautive  -  Uabbanta  ■■  est  celle  de 
l'édition  de  Douai  en  31  livres  (1624,  in-folio,  t.  IV,  p.  liOO),  et  je  l'ai  même 
rencontrée  antérieurement  dans  saint  Antonin,  Chrunic.  III'  Pars,  Lyon,  1587, 
in-folio,  p.  141. 

ii)  Rtiayyath  traduisait  rahhan  par  «  archimandrite  »,  et  cette  éiiuivalence 
a  été  introduite  entre  parentiioses  par  51"  Giamil  dans  le  texte  de  la  letti-e  de 
•■  Raban  Ara  ».  L'épithéte  de  rahban  appliquée  à  des  religieux  chrétiens  était 
très  usuelle  en  syriaque  et  a  pénétré  avec  les  Nestoriens  jusqu'en  Extrême-Orient. 
Sans  faire  état  de  l'équivalence  douteuse  rahhan  proposée  pour  le  A-lo-pen  de 
l'inscription  syro-cliinoise  de  781,  je  rappellerai  qu'Udoric  de  Pordenone  par 
exemple  reproduit  l'expression  de  >  rabban  francs  •  à  propos  des  religieu.x 
martyrisés  à  Tana  dans  l'Inde  en  1321;  et  quand  il  arrive  dans  la  réifion  de 
llang-tcheou,  un  converti,  qui  devait  être  un  Turc  nu  un  Mongol,  l'appelle  lui- 
même  \n\  "  Franki  Uabban  >■  icf.  Yule,  Cathaij  and  llie  ira;/  lldlher-,  i\,  118,  202). 
Dans  le  monde  ouigour,  rabban  était  en  e.let  devenu  la  désignation  usuelle  des 
religieux  chrétiens,  comme  on  le  verra  par  le  cachet  ouigour  donné  par 
.Mongka  an  catholicos  nestorien  ;  et  je  citerai  à  ce  propos  les  textes  parallèles  qui 
nou.s  montrent  le  mémo  usage  dans  les  textes  chinois  de  l'époque  mongole;  du 
monde  turc  ouigour,  cette  terminologie  avait  donc  passé  chez  les  Jlongols  et 
(les  Mongols  aux  Chinois. 

(3)  11  y  avait  eu  cependant  nu  écrivain  syiiaque  du   nom  d'.-\ra,  qui  vivait 
sans  doute  au  v«  siècle. 

(4)  Cf.  Yule,  C(r'/i«,'/-,  n,  2f0-201  ;  et  mes  remarques  dans  Tuunr/Pao,  l'.Ul.p.  U'.). 

[•lli 


LKS    MOXfiOLS    F.T    LA    l'APAl'TK.  241 

non  seuliMiient  nous  verrons  que,  pour  le  pcrsonnap-  qui  nous 
occupe,  rette  appellation  de  Itablian-ata  et  son  explication  sont 
garanties  par  d'autres  textes,  mais  une  note  ilu  (.iénois  Bus- 
carel  emploie  «  Rabanata  »  en  liH'J  pour  désigner  1'  «  évoque 
nestorien  »  Raliban  ("auma  (1):  le  13  août  12r»l,  1.-  pape 
env'iie  une  lettre  a  un  «  /•//•  imliifis  llabanatlia  »  {2);  enfin  en 
l-'99.  le  souverain  mongol  de  Perse  Ghazan,  écrivant  au  roi 
Henri  d.*  Chypre,  rappelle  le  trait."  conclu  ant<'rieuremcnt  par 
son  envoyé  «  Rabanata  »  (3).  Ainsi,  à  la  fin  ilu  \mi"  siècle, 
il  y  a  eu  au  moins  un  et  peut-être  deux  person nacres  dési- 
gnés usu^'llement  sous  l'appellation  spécifique  de  Rabban-Ata; 
■^ela  sutTil  à  justifier  et  a  assurer  la  furme  emplovée  par  Vin- 
nl  lie  Boauvais  pour  l'autre  Rabban-ata  qui  \ivait  un  dtmi- 
siùcle  plus  tût.  Que  les  «opistes  à  qui  sont  dus  les  registres  du 
Vatican  aient  commis  une  eireur  île  lecture,  et  écrit  «  ara  » 
:m  lieu  de  «  ata  ».  il  n'y  a  rien  là  non  plus  qui  puisse  sur- 
rendre (1);  et  la  leçon  «  ata  »  est  en  réalité  confirn)ée  indi- 

(1)  Cf.  Cliabot,  Histoire  du  patriarche  Mar  Jabn'.nha  III,  p.  -231;  avanl  lui, 
A.  R.'imisat,  Mémoires  sur  les  relations  politiques,  i*  .Mémoire,  dans  Mém.  .-le. 
d.  I.  H  U.-L.,  vu,  a:.^».3C0. 

■il  Cf.  Chabot,  p.  247.  I.os  registres  pontifn-au.x  enregistrent  huit  destinataires 
i!e  cette  lettre  du  13  août  1201,  et  l'un  d'eux  est  Rahban  Çauma,  tandis  qu'un 
autre  est  le  .  nohiUs  vir  lialianatlia  .•.  M.  Chal)Ot,  approuvé  par  le  P.  Golubovich 
(M,  175).  a  admis  qu'il  y  avait  sans  doute  eu  une  inadveitan^-e  du  scribe  ponti- 
fical, et  que  Itabban  Çauma  et  •  Rabanatba  -,  in  encore,  ne  faisaient  qu'un. 
'■'^  n'est  pas  impossible.  Toutefois  on  est  surpris,  étant  donné  les  autres  suscrip- 
î.^ns  di>  ces  lettres,  de  voir  désigner  un  év.'Mjue  par  l'i'pithéti'  de  ■  vir  nobilis  -, 
tt  les  inilii-ations  que  je  vais  donner  à  la  note  suivante  suggèrent  qu'il  s'.-igisse 
peut-être  ici  d'un  l{abban-ata  qui  ne  scit  pas  ftibban  Çauma. 

;3i  Cf.  la  C/inmii/ue  de  Florio  Bustron,  éd.  di}<  Docunu'nls  Inédils,  Me'l.  Iiisl., 
t.  V,  p.  I3(t,  et  le  texte  p:ir.dlèle  de  la  Chronif/uc  d'Amndi.  dans  Dncunu-nU 
inédils  (\m\).  p.  231.  l-i  iiiéuie  lettre  de  (ihazan,  en  une  traduction  assez 
divergente,  est  reproduite  dans  la  CAroHiçKc  de. \.Dandolo(. Muratori,  vu,  512-ôUi; 
la  le  nom  est  altéré  en  Kabata.  Ghazan,  au  moins  dans  l'un  des  textes,  pai-ait 
bien  dire  que  c'est  lui  qui  avait  envoyé  •  RaJKtnata  •;  or  il  est  as-sez  difflcilc 
qu'il  s'agisse  de  l'ambassade  de  Rabban  <;auma  en  128«,  qui  remonte  au  temps 
<r.\rghun,  et  Kabban  Çauma  est  mort  dès  1294  sans  avoir  d'ailleurs  rempli 
d'autre  mission  en  Occident.  11  se  pourrait  donc  à  la  rigueur  que  •  Rabanata  • 
désignât  ici  un  troisième  Rabban-ata. "distinct  de  celui  île  la  première  moitié 
du  xnr  siècle,  et  aussi  de  R;ibban  ç'auraa.  mais  qui  pourrait  être  le  -  nobilis  vir 
Rabanatha  ..  l'un  des  destinataires,  avec  Rabban  Çauma  et  six  autres  personnes, 
de  la  lettre  pontifical.'  du  13  août  I2;)l. 

(Il  .M.  l'orchet  a  bien  voulu  s'assurer  que  les  registres  d'Innoceni  IV  portaient 
effectivement  •  .\ra  -. 

[45] 
ni:iE!ST  r.HRÉTiKN.  le 


21-2  REVL1-;  DE  l'orient  chrétien. 

rectement  par  ce  que  nous  savons  de  la  vie  du  personnage. 
On  aura  remarqué  en  effet  que  cette  appellation  de  «  pére-doc- 
leur  »  élait  employée  aussi  l»ien  chez  Vincent  de  Beauvais  que 
plus  lard  au  temps  d'Arghun  et  de  Gliazan  comme  une  épi- 
tliètc  assez  caractéristique  pour  devenir  en  quelque  sorte  le 
nom  même  des  intéressés.  Elle  le  devait  sans  nul  doute  à  sa 
formation  im  peu  anormale  où  un  tilie  syriaq'ue  était  suivi 
d'une  épithéte  turque.  Cette  combinaison  ne  pouvait  donc 
s'appliquer  qu'à  des  personnages  ayant  vécu  en  pays  turc, 
mais  ne  devenait  spécifique  que  hors  du  domaine  turc  pro- 
prement dit.  pas  trop  loin  de  lui  cependant  pour  demeurer 
comprise.  l'our  RaMian  (^'auma,  Ouigour  né  dans  la  région  de 
Pékin  et  devenu  évèque  en  Mésopotamie  sous  les  Mongols  de 
Perse,  le  cas  est  assez  clair.  Le  paragraphe  de  \'incent  de 
Beauvais  nous  montre  de  même  son  ■<  Raliiianata  »,  moine 
nestorien.  séjournant  longtemps  chez  les  Mongols  avant  de 
revenir  dans  la  région  deTauriz,  aux  confins  de  la  Perse  et  de 
l'Arménie;  ce  personnage  est  donc  hien  normalement  un 
Ralihan-ata,  au  titre  syriaque-ouigour,  puisque  le  nestnria- 
nisme,  de  rituel  syriaque,  arrivait  normalement  aux  Mongols 
par  les  <Juigours.  Mais  il  en  est  de  même  du  «  Raban  Ara  » 
qui  remet  au  frère  André  une  lettre  pour  Innocent  IV,  puisque 
lui  aussi,  avant  de  nous  apparaître  dans  l'Asie  Occidentale. 
avait  vécu  «  au  cœur  de  l'Orient,  dans  la  terre  de  Sin  »  ;  c'est 
donc  bien,  lui  aussi,  un  Rabban-ata. 

Ce  Rabban-ata  des  RegiUres  d'Innocent  IV  est  le  même, 
ai-je  dit,  que  celui  de  Vincent  de  Beauvais.  C'est  ce  qui  me 
paraît  résulter,  outre  le  nom,  du  rôle  que  le  personnage  joue 
dans  les  dcu.x  textes.  Chez  Vincent  de  Beauvais,  le  début  de 
l'histoire  de  Rablian-ata  se  teinte  de  traditions  en  partie 
légendaires.  L'iiistoire  ne  confirme  pas  en  ell'et  que  Gengis- 
khan  ait  épousé  une  fille  —  mais  seulement  une  nièce  —  du 
souverain  Kerait  Ong-khan,  qui  est  celui  que  Vincent  de 
Beauvais  appelle  le  «  roi  David  »  (1),  et  aucune  autre  source 

(1)  Nous  ignorons  quel  était  le  nom  de  baptême  d'Ong-lcIian  :  son  nom 
personnel  était  Toglirul;  mais  il  n'y  a  rien  d'impossible  à  ci'  qu'il  ait  été  ijaptisé 
sous  le  nom  de  David,  qui  se  rencontre  dans  l'onomastique  des  cimetières  turcs 
ncstoriens  du  Scmiréè'e  (par  ex.  dans  C\i\\o\%on,  Si/riscli-nrslor.  Grabinschriflen, 

[-l(i] 


LES    MOXOOLS    KT    LA    l'ArAlTL.  213 

ne  mentionne  l'inlluenco  qu'un  Rablian-ata  aurait  acquise 
ensuite  aupri's  tir  (Jingis-lilian;  toutefuis  la  même  tradition 
a  (■lé  recueillie,  iinlépi'ndaiumint  de  Vincent  de  Heauvais, 
dans  un  texte  i\c  Mathieu  de  Paris  qu'on  trouvera  plus  loin; 
et  lejacoiiile  Har-Ileliraeus  parle  lui  aussi  d'une  lille  d'On.ii- 
klian  épousée  par  tii/ngis-kliau,  et  d'un  évèque  ouigour  Mar 
Dcnhaqui,  gr;\ce  à  elle,  fut  mandé  auprès  du  conquérant  (1). 
Je  ne  veux  pas  entrer  ici  dans  le  détail  d'une  discussion  où 
il  faudrait  reprendre  toute  l'histoire  du  «  l'rétre  Jean  ».  Du 
moins  est-il  clair  que  le  RaMian-ata  de  Vincent  de  Beauvais, 
revenu  dans  la  région  de  Tauriz,  y  jouissait  dune  grosse 
autoi'iti''.  On  ne  comprendrait  pas  sans  cela  que  Vincent  lui 
eût  consacré  tout  un  chapitre,  et  encore  moins  qu'il  eut  pu  être, 
ciimme  le  dit  le  chroniqueur,  le  destinataire  de  lettres  ponti- 
ficales, .l'examinerai  plus  Injn  l'histoire  possible  de  ces  lettres, 
mais  il  semMe  évident,  d'après  le  ton  même  de  Vincent  de 
Beauvais,  qu'un  premier  contact  avec  Ual il lan-ata  avait  éveillé 
des  espérances  que  la  suite  démentit.  La  réponse  recueillie 
dans  les  Hi'gis/res  d'Innocent  IV  nous  laissait  à  la  première 
phase,  quand  KaMian-ata,  revenu  de  l'Asie  Centrale  et  par- 
lant au  nom  des  plus  hauts  dignitaires  nestoriens,  mais  sans 
faire  mention  du  calholicos.  paraissait  donner  des  gages  à 
cette  réunion  des  églises  d'Orient  qu'Innocent  I\  avait  tenté 
de  provoquer  par  ses  lettres  et  par  ses  missions.  Vincent  de 
Beauvais  enregistre  la  désillusion  qui  vint  ensuite.  Mais  dans 
les  deux  cas.  il  s'atrit  làen  du  même  Raliban-ata. 


Le  surprenant  toutefois  est  qu'avant  M.   Rastoul  et  moi- 
même  nul  n'ait  rapproché  la  lettre  des /?e^«s;r^.s  d'Innocent  IV 

.Nciie  Folgc.  1807.  n"'  Ifô.  2îb).  Le  ■  roi  Jean  •  de  Bar  Ilebraeusest  un  rappel  de 
la  li'gende  dii  •  PrOire  Jean  •  et  n'implique  pas  que  tel  ail  ùtO  le  nom  de  l>aptC>me 
dOiiL'-khan.  Pour  ce  nom  de  -  David  -  et  son  application  tantôt  à  Ong-khan, 
tantôt  à  liengis-klian.  cf.  Zarncke.  ii,  5-22. 

(1)  Cf.  Pococko,  Ilisl.  Oyiiasliaruni,  p.  285-286:  Yule-Cordier,  Marco  Polo 
I,  213.  Le  cliristianisnie  des  Kerait,  nié  par  I.  J.  Schinidt,  a  été  encore  révoqué 
en  doute  par  Zarncke  (p.  (*>-<JC,  où  Zarm-kc,  ayant  mal  lu  Oppert,  fait  à  celui-r 
un  reproche  qu'il  ne  mérite  pas);  mais  ce  christianisme  est  aujourd'hui  absolu- 
ment certain. 

[47] 


241  REVUE    UE    l'orient   CHRÉTIEN. 

OU  le  chapitre  de  \inrent  de  Beauvais  d'un  texte  arménien  qui, 
au  nidins  à  travers  une  recension  plus  récente,  est  connu  dt'jà 
depuis  longtemps.  Dès  1822,  Aiiel-Rémusat  avait  utilisé  des 
informations  extraites  pour  lui  par  Saint-Martin  de  VHisloire 
d'Arménie  de  Michel  Camcian  (ou  Garnie)  et  qui  concernaient 
un  docteur  syrien  Siméon,  que  le  grand  khan  Ugodai  appe- 
lait (lia,  et  que  les  autres  nommaient  rabban  (1).  En  réalité, 
la  source  tardive  utilisée  par  Saint-Martin  ne  faisait  que  repro- 
duire, parfois  en  le  déformant  (2),  le  texte  écrit  par  un 
contemporain,  Kirakos  de  Ganjak,  en  1241.  Ce  texte  original 
de  1241  a  été  traduit  en  français  par  Dulaurier  (1858)  (3)  et 
par  Brosset  (1870)  (4),  et  en  russe  par  Patkanian  (1874)  (5). 
Je  mets  ici  en  français  la  traduction  de  Patkanian,  qui  est  la 
dernière  et  le  moins  généralement  accessihle  : 

«  XXXI.  Sur  le  rabban  si/rien  (G).  —  La  Providence 
divine,  désirant  que  tous  vivent,  par  son  amour  pour  l'homme 
suscita  chez  eux  (:=  chez  les  Mongols)  un  homme  craignant 
Dieu  et  pieux.  Syrien  de  naissance,  et  qui  portait  le  titre  de 
«  père  »  de  leur  souverain  le  qaghan.  Son  nom  propre  était 
Siméon,  mais  on  l'appelait  Rahban-ata.  Ilahban  signifie  en 
syriaque  «  maître  »,  et  ata  «  père  »  en  tartare(7).  Ce  Rabban- 

(1)  Cf.  A.  Réuiusat,  Mémoires,  l"  .Mémoire,  pp.  -101,  413-114.  Li'  même  texte, 
traduit  eu  russe  d'après  la  même  source  par  J.  Tutulov,  a  été  retraduit  du 
russe  en  français  par  Klaproth  dans  le  /.  .4.,  sept.  1833,  p.  204-.  De  Réniusat,  le 
nom  du  docteur  Siméon  a  passé  chez  Ileyd,  Hist.  du  commerce,  ii,  67,  et  de  là 
dans  R.  Boazley,  Dawn  of  modem  Geouraphy,  ii,  362. 

(2)  Aussi  bien  dans  le  résumé  d'Abel-Rémusat  que  dans  la  traduction  de 
Tutulov,  le  docteur  Siméon  fait  au  qaijhaa  un  petit  discours  qui  ne  se  trouve 
pas  chez  Kirakos  et  qui  parait  dû  au  seul  Michel  Camcian. 

(3)  Les  Moni/ols  d'après  les  hisloricns  arméniens,  dans  J.  .4.,  févr.-mars  1858, 
pp.  253-255. 

(4)  M.  Rrosset,  Oeii.r  hisloricns  arméniens,  Saint-l'étersbourg,  1870,  grand 
in-4",  1"  livraison,  pp.  137-138. 

(5)  K.  P.  l'alkanov,  Istoriya  Munr/oloe  po  armi/anskim  islocnikimi,  Saint- 
Pétersbourg,  1S74,  in-8%  pp.  49-51. 

(<i)  La  nuni;''rotation  des  sections  est  arbitraire;  cette  section  est  la  .\vii°  de 
Dulaurier,  la  xxxiv  de  Brosset.  L'original  arménien  écrit  toujours  raban.  sans 
redoubler  le  b.  On  a  vu  que  Vincent  de  Beauvais  le  i-edoublait,  mais  non  les 
Rer/islrcs  du  ^'ati(•an. 

(7)  Par  "  lartaro  »,  il  faut  entendre  ici  en  principe  le  mongol,  mais  Kirakos 
se  trompe;  le  mot  ala  est  turc  et  non  mongol,  et  S'û  a  été  connu  plus  ou  moins 

[18] 


LES    .MONGOLS    ET    LA    PAPAUTÉ.  215 

;ila  s'adressa  au  i/ag/ian  (l),  lui  deinamlant  île  i)uiilior  un 
cilil  (|ui  tlélendrait  à  ses  années  de  tuer  des  haliitaiils  sans 
arnu's  et  qui  n'opposaient  pas  de  résistance,  afin  qu'il  fût 
donné  à  ces  [haliitants]  de  le  servir.  Le  i/<t(j/ian  IVnvoya  lui- 
même  dans  ce  liut  avec  de  grands  pouvoirs,  et  écrivit  à  tous 
ses  généraux  des  lettres  leur  enjoiirnant  d'oi)éir  aux  ordres  du 
ntbban.  Arrivé  sur  place,  il  apporta  aux  chrétiens  beaucoup 
lie  soulagement,  les  sauvant  de  la  mort  et  de  la  servitude. 
11  construisit  dfs  églises  dans  lellos  villes  des  Tajik  {i)  où 
il  était  même  défendu  de  prononcer  le  nom  du  Christ,  par 
•  ■\emple  à  Tauriz  et  à  Nakhcavan.  où  les  habitants  se  mon- 
i raient  particulièrement  hostiles  aux  chrétiens,  lesquels  non 
seulement  n'osaient  pas  construire  des  églises  ou  ériger  des 
croix,  mais  même  se  montrer  et  circuler  en  ville.  Le  rablian 
l'onstruisit  des  églises,  dressa  des  croix,  ordonna  de  faire 
ri'sonner  la  tablette  (3)  jour  et  nuit,  d'enterrer  les  morts 
ouvertement  selon  les  rites  chrétiens  avec  accompagnement 
de  l'Évangile,  de  croix,  de  cierges  et  de  chants.  Il  punit  de 
mort  les  opposants,  et  nul  n'osait  désoliéir  à  ses  ordres. 
Toutes  les  troupes  tartares  lui  rendaient  honneur  comme  à 
leur  souverain,  et  n'entreprenaient  rien  sans  lui  demander 
avis  et  conseil.  Ses  gens,  les  marchands  pourvus  de  son 
tnmijha,  c'est-à-dire  d'un  écrit  à  son  chilTre,  circulaient  libre- 
ment partout,  et  personne  n'osait  les  toucher  quand  ils  se 
déclaraient  les  gens  du  rabban.  Même  les  généraux  tartares  lui 
offraient  des  présents  sur  le  liutin  pilli-.  C'était  un  homme  de 

dos  Xlongols  au  xm"  siècle,  ce  ne  peut  iHre  que  comme  un  titre  ou  une  appella- 
tion technique  et  par  emprunt  au  turc.  Ni  Dulaurier  ni  Drosset  n'ont  ici 
■  allior  ',  conti-airement  à  ce  que  dit  lloworth,  /{iisl.  of  Ihc  MoiiQuIt,  m,  34; 
dans  le  f.  1  du  même  Howortli,  p.  133,  •  K;ibbau  ■  avait  été  altéré  en  •  liabdan  •. 

(1)  F'atkanov,  qui  a  dit  la  première  fois  qnifhan,  a  ici  et  ensuite  seulement 
khan.  J'ai  rétabli  qo'jhan  conformément  au.x  traductions  de  Dulaurier  et  de 
Urosset,  mais  je  n'ai  pas  eu  accès  au  texte  original  de  Kirakos.  11  semble  que 
l'alkanov  ait  sauté  ici  un  membre  de  phrase  que  donnent  les  autres  traduc- 
teurs :  •  Quand  il  apprit  l'alTreux  massacre  des  chrétiens  par  les  troupes 
tartares,  ...  • 

(2)  -  Tajik  -  avait  fini  par  prendre  clioz  les  Arméniens  le  sens  de  ■  musul- 
mans •  en  génénil:  cf.  Dulaurier  dans  J.  A.,  ISJS,  I,  197. 

(3)  11  s'agit  de  la  tablette  qu'on  frappe  en  guise  de  cloche  dans  les  églises 
d'Orient;  le  mot  du  texte  arménien  est  ianaliar;  i'atkaaov  l'a  rendu  par  le 
slavon  bila. 

[49] 


246  REVUE    DE    l'orient   CHRÉTIEN. 

inœurs  douces,  tempérant  dans  la  nourriture  et  la  lioisson. 
Une  fois  par  jour  il  prenait  de  la  nourriture,  le  soir  seulement 
et  en  jietite  quantité  (1).  C'est  ainsi  que  le  Seigneur  visita 
son  peuple  dans  la  détresse,  lui  ayant  envoyé  cet  liomnie  qui 
convertit  même  beaucoup  de  Tartares  à  la  foi  chrétienne. 
Tous  le  craignaient  et  l'honoraient  pour  ses  mœurs  pures  et 
son  rang  élevé. 

■  «  J'écris  tout  cela  en  090  de  l'ère  arménienne  (20  janv. 
1211-19  janv.  1212)...  » 

Ivirakos  écrivait  celte  partie  de  son  histoire  en  1211,  mais 
il  la  continua  ensuite  jusqu'en  1205  et  ne  mourut  qu'en 
1272;  il  lui  eût  été  facile  d'apporter  quelque  tempérament  à 
son  éloge  de  Kabl)an-ata  si  l'avenir  eût  modifié  ses  impres- 
sions. On  peut  donc  penser  que  les  chrétiens  arméniens  gar- 
dèrent jusqu'au  bout  la  bonne  opinion  du  docteur  syrien  que 
les  Latins  eurent  d'abord,  puis  abandonnèrent. 

A  quelle  date  s'était  produite  l'intervention  de  Raliban-ata 
auprès  du  qaghan?  Abel-Rémusat  a  dit  (p.  11 1)  que  ce  fut  en 
1241  (2);  j'estime  qu'il  faut  remonter  cette  date  de  quelques 
années.  L'histoire  des  conquêtes  mongoles  dans  la  Perse  du 

(Il  Je  no  suis  pas  on  mesure  île  dire  si  cet  unique  repas  du  soir  se  rattache  à 
une  règle  de  secte.  Mais  il  nie  semble  qu'on  doive  rapprocher  du  prosont  passage 
celui  de  Mathieu  de  Paris  dont  il  sera  question  plus  loin  et  celui  de  Vincent 
de  Beauvais  où  il  est  dit  de  Rabban-ata  que  «  nec  unquam  comodcns  ab  aliquo 
de  Fi'atribus  .se  videri  peruiittobat  •.  La  vieille  traduction  française  de  Jean  du  . 
Vignay  l'ait  dire  à  Vincent  de  Beauvais  que  Rabbanata  ne  se  laissait  jamais 
voir  de  ses  frères  quand  il  mangeait;  c'est  un  contresens,  et  il  ne  peut  s'agir 
que  des  Frères  Prêcheurs  mentionnés  par  Vincent  de  Beauvais  un  peu  plus 
haut.  Le  livre  XXXI,  chap.  98.  de  Vincent  de  Beauvais,  consacré  aux  »  erreurs  » 
des  Arméniens  et  qui  provient  assez  vraisemblablement  de  la  même  source  que 
son  chapitre  sur  Rabban-ata,  insiste  beaucoup  sur  la  sévérité  du  jeiine  arménien  ; 
il  dit  en  outre  des  Arméniens,  comme  de  Rabban-ata,  que  chez  eux  ■  sunt 
etiam  monachi  et  presbyteri  publie!  usurarii  et  symoniaci,  raultique  illorura 
saecrdotes  in  divinationibus  errant,  et  inspectione  granorum  et  hujusmodi  ». 
Tout  cela  ne  doit  pas  être  trop  pi-is  au  pied  de  la  lettre.  Je  ne  sais  en  quoi 
consistait  !'«  inspectio  granorum  »  (si  du  moins  le  texte  est  bien  correct). 

Ci)  Brossot  a  dit  de  son  côté  (Histoire  de  la  Géonjie,  traduction,  t.  I,  p.  518, 
note  1)  que  ■  en  1211,  Ogodai  envoya  en  Géorgie  un  prêtre  syrien,  le  père 
Simon...  ».  Il  s'agit  de  notre  Rabban-ata,  mais  je  no  crois  pas  que  Brosset  ait 
Hen  su  de  lui  autrement  que  par  KiraUos;  la  date  de  1-241  est  sans  autorité,  et 
il  ne  faudrait  pas  entendre  que  liiblun-ata  ait  été  envoyé  spécialement  -  en 
Géorgie  •. 

50] 


LES   MONGOLS   ET   LA    l'APAUTÉ.  -17 

Nord-Ouost  et  la  (Jraiule  Arménie  prête  encore,  du  point  de 
vue  chronolo.ïîique,  ii  qui'lque  nottoinont.  Du  moins  parait-il 
acquis  que  c'est  en  \-2'\\  que  les  .Mongnis  arrivent  dans  la 
plaini'  lie  Mughan,  iii  1J:J3  qu'ils  soumettent  Tauriz  et  en 
1-J:!t;  qu'ils  pt'n'.-treiit  dans  la  Grande  Arménie  (1).  Leur 
géiii-ral  en  chef,  Corma.i^lian.  n'était  pas,  senible-t-il,  hostile 
aux  chrétiens;  même  il  avait  deux  beaux-frères  chrétiens, 
qui,  il  vrai  dire,  n'arrivèrent  de  Mongolie  que  tardivement. 
Mais  Cnrmaghau  n'était   pas  parti lUt,  et  ses  troupes,  ardentes 

u  pillage,  ne  faisaient  aucun  départ  entre  chrétiens  et 
musulmans.  <  in  ne  peut  faire  descendre  l'intervention  de 
KaLiban-ata  jusqu'au  moment  où  Baiju,  moins  favorable  aux 
ilirétiens,  eut  reniplaci-  Cormaglian  à  la  tête  des  armées  mon- 
-viles  de  Perse,  puisque  lo  remplacement  n'est  que  de  1-242  (2). 
l'est  pendant  le  commandement  de  Cormaghan,  «'Utre  12:]:5 
•  t  1211.  qu'<  )gOdai  envoya  Habban-ata  dans  la  rt'gion  de  Tauriz 

■t  en  Arménie.  Mais  la  date  de  1241  indiquée  par  Abel-Rémusat 
est  trop  basse,  puisque  en  cette  année-là  Rabban-ata  a  déjà 

II  le  temps  de  parvenir  en  Arménie,   d'\    l'aire   élever  des 

glises.  et  d'étendre  s. m  inlluence  sur  toute  la  région  soumise 

au  pouvoir    des   .Mongols,  .l'admettrai  pour   ma  part  que  la 

venue  de  Rabban-ata  se  place  vraisemblablement  en  123.")-12in. 

La  seule  autre  mention  que  j'aie  rencontrée  de  Kabban-ata 

hez  les  historiens  arméniens  se  trouve  encore  chez  Kira- 
kos,  mais  dans  une  partie  de  son  histoire  qui  dut  être  n-di- 
gée  sensiblement  plus  lard.  En  1241  sans  dnute,  peut-être 
un  peu  avant.  Cormaghan  fut  frappé  de  mutisme  (-V).  et  sa 
femme  «  Eltina-khatuu  »  (1)  gouverna  à  sa  place  jusqu'au 
moment  où  Baiju  prit  le  commandement  en  12  12  (ô).  Dans 

il)  Il  y  a  à  pou  prés  accord  sur  ces  dates  entre  les  sources  musulmanes  et 
arméniennes. 

(i)  Cf.  Palkanov,  lor.  /autl.,  pp.  ôl-ôi. 

i3i  C'est  ceque  disent  l'atkanov,  ihid.,  pp.  ô-  et 62, et  avant  lui  Dulauricr.y.  .1., 
avril-mai  185S,  p.  I"26  et  I3ti.  Brosset.  Deux  liisl.  armén.,  l"  livr.,  p.  1J8  et  HA, 
a  compris  que  Cormaghan  avait  •  perdu  fesprit  •;  de  même  le  F'.  Tournebi/.e, 
llist.  jiolU.  et  relig.  de  t'.lrménir,  p.  203.  Je  ne  sais  quelle  version  est  la  bonne. 

(4)  Je  ne  connais  pas  la  vraie  forme  mongole  du  nom. 

p)  La  nomination  de  Baiju  doit  bien  ùtrede  1242;  elle  serait  par  suite  l'œnvre 
do  la  i-é?ente  veuve  (rOgiidâi,  lequel  était  mort  en  décembre  1241.  J'ai  admi^, 
d'accord  avec  Dulaurier  et  Patkatrov,  que  Li   femme  de  Cormaghan  e.xerra  le 

[51] 


248  REVUE    DE    l'orient    CHRÉTIEN. 

l'hiver  de  1-211-1242,  pendant  que  les  troupes  mongoles  cam- 
paient dans  la  plaine  do  Muglian  sur  la  rive  droite  du  bas 
Kur,  le  rabhan  syrien  provoqua  la  venue  au  campement 
mongol  du  catliolicos  des  «  Albanais  »  (1).  Mais  quand  celui-ci 
arriva,  lîabhan-;ita  était  reparti  vers  le  Sud  àTauriz;  «  Eitina- 
klialun  »,  alors  tort  occupée  des  noces  île  deux  de  ses 
enfants,  fit  bon  accueil  au  catholicos,  puis  le  confia  à  deux 
siens  frères,  «  Sadek-aga  »  et  «  Gorgoz  (2)  »,  tous  deux  cliré- 
tiens  et  arrivés  récemment  de  Mongolie,  jusqu'au  moment 
où,  les  noces  achevées,  elle  put  régler  elle-même  favorable- 
ment les  affaires  de  ce  catholicos.  Le  texte  de  Kirakos  n'est 
pas  explicite  quant  aux  motifs  qui  poussèrent  lîabban-ata  à 
parler  de  ce  catholicos  à  dame  »  Eitina  ». 


Ce  Habban-ata  ainsi  retrouvé  dans  les  Registres  d'Inno- 
cent \\\  chez  Vincent  de  Beauvais,  ciiez  l'Arménien  Kirakos, 
nous  le  rencontrons  une  dernière  fois  dans  un  texte  chinois. 
Pendant  la  seconde  moitié  du  wif  siècle,  le  chrétien  le  plus 
influent  auprès  de  Khubilai  fut  un  certain  Ngai-sie,  chré- 
tien syrien  dont  le  nom  «  chinois  »  transcrit  simplement  le 
nom  do  baptême  'Isa,  Jésus.  Il  vécut  de  1227  à  1308  (3). 
Rasidu-'d-Din  le  connaît  bien.  Ce  Ngai-sie  est  d'ailleurs  men- 
tionné, lui  aussi,  dans  les  registres  du  Vatican;  car  c'est  là 
r  <•  Ise   terchimait  »   ou  «    interprète   'Isa   »   qui,  envi:iyé   en 

cominaiideiiiciit  entre  le  moment  où  son  mari  tomlia  malade  et  rarriv(!'e 
de  Baiju.  Ilrosset  a  compris  que  la  l'emme  do  Corniaghan  «  administrait 
ses  domaines  »  depuis  la  maladie  de  celui-ci;  ceci  pourrait  laisser  supposer 
qu'«  Ellina-khatun  ■■  gardait  autorité  sur  ces  «  domaines  -  même  après 
l'arrivée  de  llaiju,  et  par  suite  même  après  121-2;  je  ne  le  crois  pas  très  probable. 

(1)  Les  «  Alljanais  »  étaient  au  nord  de  la  plaine  do  .Aiughan,  de  l'autre  côté 
du  Kur;  ils  avaient  leur  catholicos  ])artiL'ulier;  celui  dont  il  est  question  ici 
s'appelait  Ter  Xerses. 

(2)  Bien  que  ses  doux  frères  fussent  chrétiens,  il  n'est  pas  dit  qu'»  liltina- 
ktiatun  »  ait  été  clirétionne  elle-même.  Dans  "  Sadek-aga  »,  le  second  élément 
est  nalurellemont  le  lurco-mongol  a-^a,  »  frère  aîné  •  ;  le  premier  élément  pourrait 
être  sémitique.  Quant  à  «  Gorgoz  »,  c'est  sûrement  une  forme  turco-mongole  de 
Giwargis,  Georges;  cf.  mes  r-emarques  du  T'oiinu  Pan,  1914,  pp.  (i33-G34. 

(3)  Toiles  sont  les  dates  fournies  par  l'inscription  funéraire  dont  je  vais  parler 
ci-après.  J"ai  admis  autrefois  que  'Isa  n'était  pas  mort  avant  1312;  c'était  sur 
la  foi  do  Vllislnire  <les  Yuan,  qui  est  ici  fautive. 

[521 


LES   MOXOÙLS    ET    LA    l'APAUTK. 


:>19 


l'ci-se  par  Khuliilai  en  1-285,  apparaît  dans  une  lettre  d'un 
latin  barbari'  adressée  cette  année-là  à  llouoiius  l\  par  le 
souverain  mon^jol  de  Perse  Ar^^hun  (1).  Or  j'ai  pu  mettre  la 
main  sur  le  texte  de  l'inscription  funéraire  de  Ngai-sie,  con- 
-  TVi'  dans  la  "  collection  litti-raire  »  de  son  rédacteur  Tcireng 
kiu-fou  {i).  Ce  long  morceau  est  en  général  d'accord  avec  la 
notice  que,  sans  doute  d'après  lui,  VHistoire  des  Yuan  a 
i  "Osacrée  à  Ngai-sie.  Mais  on  y  trouve  aussi  quelques  infor- 
i.iations  nouvelles,  dont  celle-ci  qui  nous  est,  dans  le  cas  pré- 
sent, singulièrement  précieuse  :  «  Il  y  eut  y'J  ^  R  ^  Li'- 
pien-a-ta  qui  était  en  charge  pour  les  affaires  de  sa  religion 
auprès  de  Ting-tsong.  et  qui  le  reconunanda  pour  ses  capa- 
cités... »  Ting-tsong  est  l'empereur  (!uiyuk.  qui  régna  d'août 
l-'16  à  avril  1218.  Il  ne  peut  d'autre  part  faire  doute  que  Lie- 
l'ien-a-ta  transcrive  le  nom  même  de  Raliban-ata  (3).  Voilà 
«lonc  lonlirmée  par  un  te.xte  chinois  l'autorité  que  Kirakos 
prête  au  Uaiiban-ata  Simeon.  Uabban-ata  recommanda-t-il 
Isa  de  Perse  même,  où  le  fit-il  au  cours  d'un  voyage  qu'il 
aurait  alors  aceompli  à  Karakorum"?  Le  texte  n'est  pas  précis, 
et  j'y  reviendrai  bientôt.  En  tout  cas  on  voit  que,  même  eu 
12 16-1-2 18,  Rabban-ata  gardait  son  crédit  à  la  Cour.  C'en  est 
assez  pour  qu'on  ne  puisse  accepter  sans  réserves  la  légende 
de  sa  disgrâce  que  Vincent  de  Beauvais  a  recueillie. 


Nous  pouvons  maintenant  comprendre  pourquoi  c'est 
Rabban-ata,  et  non  le  l'atholicos  nestorien,  qui  signe  la 
ri'ponse  adressée  à  Innocent  IV  au  nom  des  archevêques  et 
évêques  de  sa  confession  comme  au  sien  propre.  C'est  évi- 
demment que  le  frère  .\ndré  et  son  compagnon,  malgré  l'oppo- 
sition d'.Vl-.Mansûr,  avaient  bien  fini  par  pénétrer  dans  le 
territoire  occupé  par  les  Mongols.  .V    Tauriz  sans  doute,  ils 

(I)  Cf.  r./«;i.'/  fa;,  1911,  638-011. 

i'2l  Je  n'ai  pas  cette  collection  litti'niirc,  mais  je  savais  que  mon  ami  M.  I.o 
Tcheii-yu  en  possédait  un  exeniplaire;  quand  j'ai  eu  trouvé  trace  de  l'inscrip- 
tion, ')(•  nie  suis  adressé  à  lui,  et  il  m'a  cnvoyi'  copie  du  texte. 

(3i  Le  noiii  dos  religieux  ou  nibhan  apparaît  transcrit  lie-pan  dans  un  texte 
de  VllisUiire  des  )'uan;  cf.  TowtQ  Pau,  1914,  p.  637. 

53 


250  REVUE    DE    l'orient   CHRÉTIEN. 

avaient  connu  Rabban-ata,  qui  devait  à  sa  situation  parmi 
les  .Mongols  une  autorité  incomparable  sur  ses  coreligion- 
naires. Les  missionnaires  romains,  envoyés  e.xpressémeni  en 
pays  de  domination  mongole,  ne  se  souciaient  pas  de  redes- 
cendre encore  vers  Séleucie-Ctésiphon,  où  le  catholicos  nes- 
torien  vivait  sur  le  territoire  du  caliphe  de  Bagdad.  D'autre 
part,  jacobitcs  et  nestoriens  de  la  haute  Mésopotamie,  de  la 
Perse  du  Nord-Ouest  et  de  l'Arménie'  orientale  ne  laissaient 
pas  d'être  fort  inquiets  des  effroyables  dangers  qu'ils  avaient 
courus  et  qui  les  menaçaient  encore.  Pris  entre  le  fanatisme 
musulman  et  la  cruauté  mongole,  ils  cherchaient  un  appui 
que  Home  leur  parut  un  instant  pouvoir  leur  donner.  Une 
arrière-pensée  politique  se  cache  ainsi  en  réalité,  plus  ou  moins 
consciente,  derrière  des  formules  d'accord  qui  furent  d'ailleurs 
sans  lendemain.  La  mission  du  frère  André  approcha-t-elle 
Baiju,  commandant  en  chef  des  Mongols?  C'est  possible,  mais 
peu  probable.  11  semble  plutôt  que,  pour  des  raisons  incon- 
nues, elle  se  soit  repliée  dès  qu'elle  eut  rencontré  la  première 
armée  mongole  et  après  avoir  réalisé  une  entente  provisoire 
avec  les  communautés  chrétiennes  dissidentes.  C'est  une 
seconde  mission,  celle  du  frère  Ascelin,  qui  vit  Baiju  et  fut 
éconduite  par  lui,  et  son  échec  politique  semble  s'être  doublé 
d'une  déception  religieuse  si  c'est  bien  elle  aussi  qui  trouva 
Rabban-ata  dans  des  sentiments  si  différents  de  ceu.\  qu'il 
témoignait  naguère  au  frère  André.  Pour  en  décider,  il  fau- 
drait pouvoir  dire  où  Vincent  de  Beauvais  a  puisé  ses  rensei- 
gnements sur  Rabban-ata.  Avant  de  tenter  d'arriver  sur  ce 
point  à  une  solution  sinon  certaine,  du  moins  probable,  et 
d'essayer  de  voir  clair  dans  la  mission  d'Ascelin,  il  reste  à 
faire  intervenir  un  texte  essentiel  qui  se  trouve  avoir  échappé 
môme  au  P.  Golubovich  et  à  M.  Rastoul. 


Mathieu  de  Paris,  qui  a  dû  mourir  en  1259,  donne  sur  les 
Mongols,  dans  ses  Chronica  majora,  des  indications  qui  ont  été 
mises  à  profit  depuis  longtemps  en  s'appuyant  sur  d'anciennes 
éditions  peu  satisfaisantes.  Mais  on  ne  parait  pas  avoir  relevé  le 

loi] 


LKS    Mo.M.OLS    KT    LA    l'APAL TK.  251 

tri'S  important  «  Fragment  01  »  du  volume  d'Addilamenla  (  1 1. 
Je  le  roproduis  iiitégrali-ment  ci-dessous  d'apros  l'édition 
Luard  J). 

Lilerae  lem'bilei  niinis  (II). 

rrethericiis  statiiit  contra  ecclesiam  et  in  civitatibus  ditioni 
suae  subjectis,  et  acclamari  fecit  quod  quicunque  cujuscunque 
professionis  vel  diimitatis  vel  [p.  113]  ordinis  de  clero  et  populo 
interdicto  vel  excoinmunicationi  domini  Papae  parère  prae- 
suinpserit,  omni  honore,  bencficio,  et  officio,  vel  ministerio 
privaretur  et  omnibus  rébus  spoliaretur,  turpiterque  niitteretur 
in  exilium;  et  qui  ei  obsecundare  conteinpserit,  iinpcriali 
munere  ditatus  ab  omni  exactione  eximeretur.  Promislt  etiam 
quod  nun»iiiam  cum  ecclesia  componeret,  nisi  prius  de  con- 
teinptoribus  pacis  tractatus  lirmarctur. 

Ordinatio  (4j. 

Dominationes  autem  ipsorum  sic  ordinantur,  quod  quilibet 
dominiuro  habens  usque  ad  regem  habeat  sub  se  decem,  vide- 
licet  quod  decurio  habeat  decem  milites  cum  suis  militaribus 
sub  se.  centurio  decem  decuriones.  millenarius  decem  centu- 
riones,  et  sic  usque  ad  ipsum  regem  aseendendo,  ut  si  quando 
opus  habuerit  exercitum  inire  ad  expugnandum  aliquod  cas- 
trum,  potestatcs  illorum  vocentur  per  decennarium  numerum 
ut  eligant  et  nominent  illic  destin;indos.  Praeterea  frater  Andréas 
et  alius  Praedicator  nuper  vencrunt  Lugdunum  :  quorum  unus 
missus  fuit  elapso  biennio  a  domino  Papa  ad  reu'em  Tartarorum. 
Frater  autem  ille  ultra  Acon  ad  quadraginta  quinque  dietas 
invenit  unam  aciem  Tartarorum  in  qua  erant  circiter  trecenta 
milia  (5)  equitumes  ipsisTartarispraetertributarios  captivosmul- 

(  Il    II  est  question  de  ce  fragment  ilans  Altaner,  pp.  î>3  et  saiv.; 

i"21  Matlliaei  Porisiensis  Chrnniia  Majora,  vol.  des  Addilamenta,  T'd.  II.  R. 
I.uard  (dans  fterum  Hrilannicarum  Medii  Aevi  Scriptores),  t.  VI  ;l88i], 
!'|i.  II2-lli>;  ce  fragment  est  au  f°  8!)  du  manuscrit  original:  les  anciennes 
•  •'litions  ne  le  ilonnaienl  pas,  ni  p.ir  suite  la  traduction  française  des  lirande» 
'  Il  toniques,  duo  à  lluillard-Bréholles.  Une  partie  de-ce  passage  est  reproduite, 
identique  an  texte  de  l'édition  de  Luard.  d.ins.l/o/i.G<,';v?i.  Ulst.,  Scnpt.,  xxvui,  258. 

3i  Luard  date  en  m.irg.>  de  \H'j  cet  édit  lancé  par  Frédéric  II  contre  ceux 
4iii  obéiraient  à  rexcomiiiunication  pontificale:  il  a  raison  sur  ce  point,  mais 
..'■■st  aussi  cette  date  donnée  à  l'édit  qui  amène  Luard  à  garder  l'indication  de 
I°2I.:>  pour  ce  qui  suit,  jusqu'au  début  de  la  p.  116  où  il  passe  à  1346.  Je  dis- 
cuterai ces  dates  plus  loin. 

4)  Ici  seulement  conmience  ce  qui,  dans  ce  fragment  61  de  Luard,  concerne 
les  Mongols,  la  mission  du  frère  .\ndrc  et  le  •  moine  -. 

!»;  .M.  Altaner.  :>j,  parle  de  .30.00),  c?  qui  serait  peut-être  plus  vraisemlilablo, 
mais  va  cuntre  la  lettre  du  texte;  cf.  toutefois  les  30.000  •  lamac/ii  •  de  llethuui 
l'historien  dont  il  est  question  infra,  p.  lOS.; 

[ôo] 


•2o2  REVUE    DE    L  ORIENT    CHRETIEN. 

tarum  nationum.  Et  ista  acies...  (1)  exercitum  magni  régis  iti- 
nere  quinque  mensium.  Provenerat  autein  in  illa  acie  quidam 
actu  et  habitu  et  fide  religiosus  (2)  et  catholicus  quem  vocant 
inonachum.  qui  a  rege  talem  accepit  potestatem,  (|Uod  ante- 
quam  regnum  aliquod  sit  cxpugnandum,  rogat  ea  quae  pacis 
sunt  et  défendit  ecclesias  et  construit  et  réparât  destructas, 
viris  religiosis  praestat  patrocinium  et  omnibus  [p.  Jli]  Chris- 
tianis  qui  se  ejus  subiciunt  régi.  Nam  rex  Tartarorum  solum 
reqnisit  dominium  omnium  et  etiam  totius  mundi  monarchiam, 
et  non  sitit  alicujus  mortem,  sed  unurnquemque  permittit  stare 
in  suo  cultu  post  obedientiam  sibi  l'actam.  nec  aliquem  compellit 
ad  cultus  sui  contrarium. 

De  cultu  eorundem. 

Item,  requisitus  frater  de  ipsorum  cultu  respondit  quod  cre- 
dunt  unum  Deum  esse,  et  habent  suas  observantias,  quarum 
niUlus  impune  fit  trangressor.  Respublica  inter  eos  aequissime 
ministratur.  Nam  siquis  deprehenditur  concubisse  cum  uxore 
vel  ancilla  vel  fllia  alterius,  conternptis  suis  uxoribus  et  ancillis, 
et  siquis  convincatur  super  mendacio,  sine  ulla  misericordia 
morte  mulctatur. 

De  eoriiin  poteniia. 

Item  oorum  potentia  tanta  est,  quod  jam  subjecerunt  sibi  totam 
fere  Asiam  Orientalem  usque  ad  duas  dictas  ultra  Anthiochiam, 
et  illam  jam  intrassent  nisi  praedictus  monachus  eos  retinuisset. 
Sed  nunc  amplius  non  potest  eos  cohibere.  Viginti  quinque 
autem  anni  sunt  ex  quo  fugaverunt  Chorosminos  a  terra  sua 
qui  triumpharunt  de  Cliristianis  in  Terra  Sancta,  et  ideo  deri 
dent  eos  contra  potentissimum  regem  Tartarorum  quod  prae 
sumunt  rebellare.  Et  inter  caetera  régna  subjecit  sibi  quendam 
Soldanum  de  Yconio,  cujus  terra  forte  latior  est  omnibus  regnis 
citra  montes;  et  singulis  diel)us  pro  tributo  mittit  ei  mille 
perperos  aureos  et  unum  Quiritem  in  dextrario.  .\rmatura 
eorum  levis  est  et  de  corio.  Balistis  non  utuntur,  sed  sagittarii 
sunt  peroptimi.  Victus  eorum  satis  tenuis  est;  nam  pressas 
carnes  equorum  vel  quorumque  animalium  et  siccatas  redigunt 
in  pulverem,  et  [p.  115]  pcrfundunt  pulverem  aqua  vel  lacté 
equino,  et  hauriunt  et  sic  reficiuntur. 

De  ortit  re'jis  Tarlnronim. 

Item  dixit  idem  frater  quod  rex  eorum  est  filius  Cbristianae. 
Nam  pater  ejus  cum  totam  sibi  subjugasset  Indiam,  et  eum 
qui  vocabatur  presbyter  Johannes,  quod  nomen  omnes  rages 
Indiae  sortiuntur,  interfecisset,  accepit  filiam  ejus  in  uxorem, 
ex  qua  genitus  est  ipse  rex  qui  nunc  régnât    inter    Tartaros. 

(1)  Un  mol  comma  praceral  est  omis  iLuard). 
(i)  Le  mss.  a  rcliijiosum  et  calliulicum  (Luard). 

[50] 


LES    MOXiiOLS    ET    I.A    PAPAUTK.  253 

Et  ;ul  illius  mulieris  instantiain  adductus  est  jjraefatus  inona- 
chus  ad  retrem  Tartarorum.  Nam  fucrat  anfe  cum  praefato 
preslîytero  Johanne.  Qucin  cum  rpx  Tartarorum  coniperit 
virum  sanctuui  et  boni  consilii,  retinuit  eum,  et  ei  praescriptam 
concessit  potostatein  (11.  Hic  monachus  misit  doiuino  Papae 
per  memoratum  fratrem  pro  exennio  uiuim  baculum  de  ebano, 
et  seripsit  ei  et  Fretherico  amare  eos,  argurtis  pro  eo  ([uod,  cum 
sint  capita  ecdesiae,  mutuo  se  confiigunt,  non  attendentes 
potentissimum  regem  Tartarorum  in  proximo  venturum  ad 
debellandum  eos,  adversus  eujus  potentiam  tota  Christianitas 
non  resistct. 

Item  de  fratre  meinor/ito. 

Fratcr  memoratus  narravit  multa  alia  quae  oninem  credu- 
litatem  escedunt,  nisi  ipsius  auctoritas  fîdem  dictis  praestaret. 
Novit  etiam  lincruam  Arabicam  et  Caideam,  et  nihil  eum  potuit 
latere  eorum  (|uae  dicel)antur.  Fuit  etiam  cum  praefato  mouaciio 
per  viginti  dies.  cui  monachus  magnum  praebuit  honorem,  et 
misit  nuntium  suum  sccum  ad  domnum  l^apam. 

Item,  patruus  istius  régis  Tartarorum  régit  illum  exercitum 
qui  impugnat  regem  Hungariae.  Audivi  etiam  a  quodam  fratre 
(|uod  Papa  seripsit  episcopo  Osan  (2,.  quod  in  brevi  creabitur 
novus  rex  uielior  eo  qui  mortuus  est. 

' ji.  1/6]  liiimores  de  Terr/i  Sancla  (3). 

Item  magna  caristia  est  in  Terra  Sancta,  ut  dixit  quidam 
frater  qui  venit  nuper  cum  episcopo  (4)  de  Turtuse,  et  mutuo 
se  caedunt  Sarraceni,  et  conflietus  crebros  liabent  cum  Cho- 
rosminis  et  impugnant  soldanum  Babiioniae,  cui  alii  contra 
Christianos  praebuerunt  auxilium.  Nulius  ausus  est  terras 
excolere.  Nam  Christian!  impedunt  Sarracenos  et  econtrario. 
Sarraceni  autem  cum  Chorosminis  et  Babiloniis  semper  nituntur 
impugnare  Christianos.  Omnia  tamen  castra  quae  habueruiit 
Christian!  ante,  habent  adhuc,  et  plura,  praeter  Jérusalem  et 
duo  alia. 

I  )  Ainsi  1<>  IriTO  André  avait  diijà  recueilli,  sur  le  mariage  de  Uengis-khan  et 
l'origine  de  la  fortune  du  ■  moine  -,  la  tradition  que  nous  avons  rencontrée, 
ir.'squc  identiiiue,  chez  Vincent  de  Beauvais.  Cf.  supra,  pp.  43  et  46-17. 

-')  l.uard  se  demande  si  Osaïi  est  pour  L'xen,  =  L'xentino,  ■  d'Ugento  -,  ou 

iir  Santonensi,  •  de  Saintes  -.  Rien  n'appuie  jusqu'ici  l'une  ou  l'autre  hypo- 

■^e.  Dans  les  Errata  (t.  VII,  p.  «il3),  Luard  propose  une  dernière  solution, 

-  dément  douteuse  :  ■  If  tliis  could  be  a  llungarian  bishop,  it  niight   be  an 

;or  ior  Csan;  i.f.  Csanadiensi,  of  Csanàd.  • 

:>i  C'est  ici  que  l.uard,  dans  ses  indications  chronologiques  marginales, 
l'isse  de  12I5  à  litS. 

(I)  Comme  l'indique  Luard  en  renvoyant  au  t.  V,  p.  7:?,  il  s'agit  d'un  Domini- 
rain  anglais  qui  était  évèiiue  latin  de  Tortose  sur  la  côte  de  Syrie.  Cet  évèque 
'  venu  en  Angleterre  pour  peu  de  temps  vers  Pâques  lil'J. 

[571 


254  REVUE    DE    l'orient    CHRÉTIEN. 

De  dielis  inter  famosa  loca. 

Ab  Acon  usque  iii  Anthiochiam  decem  sunt  dietae;  ab  Anthio- 
ctiia  usque  in  Alapiam  duae  dietae;  ab  Alapia  usque  in  Ninive 
sexdecim  dietae  ;  a  >iinive  usque  ad  monachumseptendeciin  dietae. 

De  juslitin  praedicti  mnnachi. 

Nec  praetereundiim  quod  supra  memoratus  inonachus  tantae 
justitiae  tantaeque  abstinentiae  est,  ut  sancUis  profecto  certis- 
sime  habeatur;  ita  videlicet  ut  carnes  ipsi  vel  alicui  monacho 
comedere,  nisi  pro  certa  reparatione  in  mortis  discrimine, 
scelus  arbitretur.  Pisces  quoque  omni  tempore,  sed  maxime  in 
Quadragesima  et  diebus  Veneris,  comedere  monacho,  tantum 
reputat  inconveniens  quantum  reputaremus  si  qitis  carnes 
comederet  in  Quadragesima  vel  die  N'eneris  (1). 

Ce  texte  remarquable  soulève  hien  des  prolilèmes,  et  je  ne 
me  flatte  pas  de  les  résoudre  tous.  Un  certain  nombre  de 
points  sont  toutefois  acquis  par  sa  seule  lecture. 

1"  En  premier  lieu,  il  n'est  plus  contestable,  malgré  tout 
l'effort  du  P.  GoIuboAich,  que  le  frère  André  et  son  compa- 
gnon, nommés  dans  la  lettre  de  «  Raban  Ara  »  i=  Rabban 
ata)  et  dans  celle  du  patriarche  jacobite  Ignace,  soient  bien 
des  dominicains  et  non  des  franciscains.  Par  là  aussi  la  pré- 
tendue ambiguïté  du  terme  de  «  fratres  praedicatores  »  dans 
les  lettres  des  princes  de  Syrie  disparaît  s'il  s'agit  liien  de  la 
même  mission,  i"  Le  frère  André,  dominicain,  envoyé  en  mis- 
sion par  le  pape  auprès  du  souverain  des  Mongols,  est  revenu  à 
Lyon  après  une  absence  de  deux  ans.  3"  Le  frère  André  savait 
l'arabe  et  le  «  chakiéen  »,  c'est-à-dire  le  syriaque,  ou  peut-être 
ici  le    persan  (2).   4"  11    a  passé    vingt  joui's    auprès   d'un 

(1)  Sur  ces  abstinences,  cf.  supra,  p.  50. 

(î)  L'hypothèse  que  le  frère  .\ndrè  et  son  compagnon  seraient  les  ••  frères 
prêcheurs  »  visés  dans  la  lettre, du  prince  de  Homs  parait  se  heurter  ici  à  une 
difliciilté.  Al-Mansûr  dit  qu'il  a  du  renoncer  à  instituer  des  discu.ssions  théolo- 
giques entre  les  «  frères  prêcheurs  »  et  les  docteurs  musulmans  parce  que  les 
<•  frères  prêcheurs  »,  habitués  à  argumenter  en  français  et  en  latin,  n'avaient 
pas  une  connaissance  suffisante  de  la  langue  arabe.  Mathieu  de  Paris  dit  au 
contraire  que  le  frère  André  savait  l'arabe.  Mais  quiconque  a  habité  l'Orient 
admettra  sans  peine  que  le  frère  André  pouvait  savoir  assez  d'arabe  pour  s'en 
servir  dans  la  vie  courante,  tout  en  étant  incapable  de  soutenir  en  cette  langue 
une  controverse  technique  contre  des  docteurs  rompus  aux  subtilités  de  la 
théologie  musulmane.  [Cf.  en  sens  contraire  Altaner,  81,  qui  force  ropposition 
entre  les  deux  textes;  pour  l'équivalence  possible  •■  chahh'cn  »  =  •■  jiersan  -, 
cf.  Altaner,  133.] 

m] 


LES    MOX(iOI,S    ET    LA    PAf.U  TE.  -'JO 

«  moine  »  cloiil  il  l'ait  le  plus  grand  éloge  et  qui  est  de  toute 
évidence  le  nestorien  Siméon  Rablian-ata.  .">"  Le  «  moine  » 
a  envoyé  au  pape  par  frère  André  un  bâton  d'ébène  en  présent, 
et  il  a  écrit  au  pape  et  à  Frédéric  II  pour  les  mettre  en  garde 
contre  le  danger  de  leurs  querelles  au  moment  qu'une  invasion 
des  .Mongols  menaçait  de  dévaster  le  monde  chrétien.  Nous 
n'avons  pas  la  lettre  île  Habban-ala  k  Frédéric  II,  mais  la  lettre 
de  «  Raban  Ara  ■>  copiée  dans  les /èV'y/.s//('N  d'Innocent  I\'  est 
bien  conforme  aux  indications  de  Mathieu  de  Paris  (1).  G"  Le 
frère  .André  est  allf  à  !.")  jours  de  route  au  delà  de  Saint-.Iean- 
tl'.Acre,  et  les  distances  sunt  d'Acre  à  .Antioche,  10 'jours;  d'.Vn- 
tioclie  à  Alep,  "2  jours;  d'.Vlep  à  Ninive,  Itj  jours;  de  Ninive  à  la 
résidence  du  «  moine  »,  17  jours.  Ninive  est  au  moyen  âge  la 
'  signatiou  courante  de  Mosso'ul  ;  nous  savons  d'autre  part  que 

-  inéon  Habban-ala  séjuurnait  à  Tauriz.  C'est  donc  à  Taiiriz 
i|iie  le  frère  André  vil  Rabban-ata.  à  .Mossoul  qu'il  vit  le 
maphrian  Jean  et  à  .■\ntioclie  qu'il  vit  le  patriarche  Ignace; 
les  lettres  rapportées  au  Vatican  conlirnient  implicitement  les 
indications  de  .Mathieu  de  Paris.  J'ai  supposé  plus  haut 
'p.  40)  que  le  frère  André  s'était  rendu  à  .Mossoul  et  à  Tauriz 
par  la  Palestine  et  que  <-'était  loi's  de  son  voyage  de  retour 
qu'il  avait  dû  passer  pai-  .Antioche  et  y  prendre  la  lettre  du 

itriarche  jacobite.  Si  cette  hypothèse  est  exacte,  c'est  donc 
1  Itinéraire  de  retour  qui  serait  donné  par  Mathieu  de  Paris. 

-Mais  il  est  une  question  essentielle  sur  laquelle  Mathieu  de 
Paris  ne  nous  renseigne  pas  directement,  c'est  celle  des  dates 
la  mission.  Luard  a  rapporté  à  P245  les  récits  du  frère 
.viidré.  quitte  ensuite  à  dater  de  12  10  les  étapes  de  son  iti- 
néraire. Mais  la  date  de  121.")  résultait  surtout  de  l'édit  de 
Frédéric  11  par  lequel  Luard  a  fait  commencer  son  «  Frag- 
ment 01  •>.  Or  les  Ail'filaiiienta  se  succèdent  et  s'enchevê- 
trent dans  le  manuscrit  original  de  façon  très  ii^régulière,  et 
il  me  parait  bien  qu'il  n'y  a  pas  de  lien  à  établir  entre  l'édit 
de  Frédéric  11,  où  les  jMongols  ne  sont  pas  en  cause,  et  le 
paragraphe  suivant  Orclinalio,   lequel  se  rapporte  bien  aux 

Il    Par   contre,   nous   ne  savons  rien  d'un    •    nunlius  •  de  liabban-ata  qui 

-  serait  mis  en  route  en  compagnie  du  frère  André,  et  peut-être  y  a-t-il  ici 
quelque  erreur  de  Mathieu  de  Paris. 

ro9] 


256  REVUE    DE    l'orient    CHRÉTIEN'. 

Mongols,  mais  débute  par  Dominationes  auteii)  ipsorum  sic 
ordiiKDitar,  sans  que  le  nom  des  Mongols  soit  prononcé. 
C'est  donc  selon  moi  un  iwwxel  additaiiœiUum  qui  commence 
ici  et  qui  se  reliait,  dans  l'esprit  de  Mathieu  de  Paris,  à  une 
des  sections  des  C/ironica  Majora  où  il  était  déjà  question 
des  Mongols. 

Une  première  indication  de  date  résulte  toutefois  de  la 
mention,  dans  la  lettre  de  «  Rabban  Ara  »,  de  l'anatlième 
lancé  par  le  pape  contre  l'empereur.  Ce  ne  peut  guère  être  là 
une  allusion  à  la  première  exconununication  de  Frédéric  II 
par  Grégoire  IX  en  1239,  et  je  tiens  pour  pratiquement  sûr 
qu'il  s'agit  de  la  sentence  solennelle  promulguée  au  concile 
de  Lyon  le  16  ou  plus  probalilement  le  17  juillet  1215.  Que  le 
frère  André  soit  parti  avant  ou  après  cette  date,  qu'il  ait  appris 
la  condamnation  de  l'empereur  à  Lyon  ou  quand  il  était  déjà 
en  Orient,  enfin  que  ce  soit  ou  non  lui  qui  en  ait  porté  la  pre- 
mière nouvelle  à  Tauriz,  il  reste  toujours  qu'une  sentence 
prononcée  à  Lyon  au  milieu  de  juillet  1245  ne  dut  pas  être 
connue  à  Tauriz  avant  le  début  de  12  IG. 

Ceci  cadre  bien  avec  ce  qui  résulte  de  l'examen  du  «  l'rag- 
gment  (il  ».  La  rédaction  finale  des  paragraphes  concernant  les 
Mongols  dans  ce  «  Fragment  61  »  ne  doit  pas  être  antérieure 
à  1219,  puisque  Mathieu  de  Paris  y  fait  allusion  à  la  venue 
d'un  ('vêque  de  Tortose  qui  ne  se  place  que  vers  Pâques  de 
cette  année-là.  Mais  en  môme  temps  les  récits  du  frère  André 
et  l'information  d'autre  origine  sur  la  probabilité  de  l'élec- 
tion d'un  nouveau  grand  khan  «  meilleur  que  celui  qui  est 
mort  «  montrent  que  le  retour  du  frère  André  à  Lyon  est 
antérieur  à  l'arrivée  de  Jean  du  Plan  Carpin  dans  la  même 
ville  sur  la  fin  de  l'année  1247;  après  le  retour  de  Jean  du 
Plan  Carpin,  qui  avait  assisté  à  l'introiiisation  de  Giiyidv  et 
rapportait  une  lettre  de  ce  prince  au  pape,  celui-ci  n'eût  pu 
écrire  à  l'évèque  d'  «  Gsan  »  dans  le  sens  indiqué  par  Mathieu 
de  Paris  (1). 

Ainsi,  le  frère  André  a  du  revenir  au  plus  tard  vers  le  milieu 

(1)  [M.  .Altaucr.  57,  a  déjà  fait  le  même  raisonnement,  mais  il  l'ait  revenir 
Plan  Carpin  à  Lyon  un  peu  trop  tùt;  comme  j'aurai  l'occasion  de  le  rappclei' 
plus  loin,  Plan  Carpin  était  encore  cà  Cologne  le  3  octobre  1247.] 

[601 


LES    MilNdOLS    F.T    l.A    PAI'ALTE.  '-i-it 

de  1"217,  apri's  un  vnya.ire  de  deux  ans;  on  comprend  dos  lors 
C|ue  les  doi-uments  rappnrlés  pai'  lui  airnt  ét('  Iranscrits  dans 
les  Registres  d'Innocent  1\  vers  la  fin  de  juin  IJIT.  Mais  il 
n'est  d'autre  part  pas  très  vraisemlilaMo  qu'il  si-  soit  mis  en 
route  avant  les  premiers  mois  de  l'Jl.j.  En  efl'et,  il  avait  été 
envoyé  par  le  pape,  nous  dit  formellement  Mailiieu  de  Paris, 
vers  le  roi  des  Tartares  (1)  »,  enciav  qu'il  ne  lait  pas 
joint  et  n'ait  g-ui-re  dû  aller  au  delà  de  Tauriz.  Or,  s'il  y  avait 
eu  antérieurement  des  missions  franciscaines  auprès  des 
musulmans  d'Asie  (2),  et  si  des  dominicains  s'étaient  aussi 
avancés  jusqu'en  Chaldée  (3),  ce  n'est  qu'au  début  de  12 15 

Il  J'ai  (li'jà  dil  (p.  5-Cp)  pourquoi  je  n'acceptais  pas  la  tlislinotiou  étalilio  par 

P.  liolubovicli  eiitro  un  •  roi  des  Tartares  -,  qui  serait  un  simple  prince,  et 
un  ■  grand  roi  -,  qui  serait  le  grand  klian.  On  remarquera  que,  dans  le  présent 
texte  de  Mathieu  de  Paris,  le  -  roi  •  des  Tartares  est  liien  toujours  le  ^-rand  khan. 

ri)  Dès  1217.  le  frère  Elle  était  élu  ministre  d'Outre-mer,  c'est-à-dire  de  la 
Terre  Sainte  et  de  tout  rOricnt  méditerranéen.  Saint  François  d'Assise  lui- 
même,  après  deux  tentatives  infructueuses  en  1212  et  en  121:V1..'I1,  se  rendit  en 
rçrypte  en  121!l  et  passa  une  partie  de  l'année  1220  en  Syrie.  En  123.'J,  des  fran- 

-cains  furent  envoyés  auprès  du  firince  de  Damas  et  du  khalife  do  Bagdad; 
mais  j'ignore  s'ils  purent  remplir  leurs  missions.  Cf.  Golubovich,  i,  86-97,  113,  lCi3. 

Cil  La  province  dominicaine  de  Terre  Sainte  fut  créée  en  1228.  Une  liulle 
1  iaiii  ii'/iinscere    verilalis    adressée    le  1-1  août   ]iXî  par  Grégoire  IX  •  nnliili 

i-ii  SoUlano  Hahylnnie  •,  c'est-à-dire  au  sultan  d'Egypte,  spécifie  que  cette 
lettre  sera  remise  par  des  Dominicains  (per  dilntnx  filinx  lutnres  prusiiithim 
fralivs  d<'  tlnliiit;  Predicalurum];  d'autres  bulles,  donnant  des  pouvoirs  spéciaux 
aux  Dominicains  allant  en  pays  musulmans  et  pa'iens,  sont  datées  des  2G  juillet, 
\H  et  :50  aoMt  12:î3;  je  ne  connais  ces  bulles  que  par  un  recueil  mss.  de  notes 
relalivi'S  aux  missions  dominicaines  qui  avait  été  constitué,  en  2  vol..  par  le 
I'.  Frani.ois  Balme,  et  que  le  P.  .Mandonnet  a  bien  voulu  me  communiquer[;  celles 
des  11  et  18  août,  à  en  juger  par  Allaner,'-14  et  73,  ont  été  publiées  au  t.  IV, 
pp.  118  et  119,  des  AruU.  S.  Ord.  Fr.  Praed.;  "p  n'ai  pas  ce  volume  à  ma  disposi- 
tion]. Le  15  février  1235,  Grégoire  IX  adressait  la  bulle  (.'um  liora  undccimn  au 
dominicain  Guillaume  de  Slontferrat  et  à  ses  compagnons,  et  un  double  de  cette 
lettre  aux  pirsonis  ecclesianticis,  mercniorihus...  in  lerrit  Snrracennrum... 
loiixlilulis  (Cf.  Au\Tay,  H'ijistres  dr  Grégaire  /A',  242!  I  et  24:i(l).  Le  P.  Golubovich 
m,  329)  spécifie  que  Guillaume  de  Montferrat  et  ses  compagnons  étaient  mis- 
sionnaires -  nella  Siria  ilatina)  in  .Armenia  e  in  Caldea  -.  Ces  désignations 
géographiques  ne  sont  pas  dans  la  bulle,  rédigée  à  un  moment  où  on  ne  savait 
pas  où  Guillaume  et  ses  compa^-nons  se  rendraient;  elles  représentent  une 
addition  de  RipoU  dans  son  HnH.  i>rd.  Prwd.ièA.  Brémond,  i.  7:?-7 1),  basée  sur 
la  lettre  du  frère  Philippe  de  1237.  Mais  le  mot  latina  ajouté  entre  parenthèses 
par  le  P.  Golubovich  n'est  pas  heuifux;  son  désir  de  prouver  que  les  domini- 
cains ne  pouvaient  avoir  rapporté  des  lettres  des  princes  de  Syrie  et  éventuelle- 
ment du  sultan  d'Egypte  l'a  égaré.  Cinillaume  de  Jlontfea-at  lui-même,  qui  avait 
connu  saint  Dominique  à  Rome  en  1217,  avait  peut-être  rêvé  déjà  avec  le  saint 

[61] 

OKIENT  CHRÉTIEN.  17 


25S  REVrE    DE    I,"ORIENT    CHRETIEN. 

qu'Innocent  IV  se  décida  à  envoyer  des  lettres  au  souverain 
des  Mongols.  Jusque-là,  on  n'avait  eu  sur  ces  terribles  envahis- 
seurs que  des  infornaations  passablement  fantaisistes,  telles 
celles  apportées  à  l;i  cour  de  France  en  1-238  par  une  ambassade 
(les  princes  musulmans  d'Asie  Mineure  (I),  ou  celles  de  la 
lettre  de  Frédéric  II  écrite  le  3  juillet  1241  (2),  ou  encore  celles 
de  la  lettre  d'Ives  de  Narbonne  qui  est  probablemeni  de  1241 
ou  à  la  rigueur  de  1242  (3).  Même  les  renseignements  plus 

d'aller  prêcher  la  foi  chrétienne  en  Orient  (cf.  Quétif  et  Echard,  i,  47-18  [mais 
cf.  Altaner,  p.  4]),  et  en  tout  cas  la  lettre  du  frère  Philippe  nous  apprend  que 
Guillaume  avait  séjourné  quelque  temps  avec  deux  autres  dominicains  auprès 
du  patriarche  nestorien  de  Bagdad;  voilà  pour  la  >  Chaldéc  ».  Mais  cette  môme 
lettre  du  frère  Philippe  nous  montre  en  outre  que  les  Dominicains  avaient 
envoyé  certains  dos  leurs  en  Egypte  auprès  des  Jacobites,  et  d'une  façon  géné- 
rale qu'on  poussait  dans  les  couvents  dominicains  de  Terre  Sainte  l'étude  des 
langues  orientales  et  particulièrement  de  l'arabe  pour  pouvoir  prêcher  les 
musulmans,  où  que  ce  fût.  Cet  apostolat  dominicain  en  Syrie  et  en  Egypte  est 
malheureusement  peu  connu.  En  ce  qui  concerne  Guillaume  de  Jlontferrat, 
Quétif  et  Echard  ne  savaient  rien  de  lui  après  la  lettre  du  frère  Philippe. 
J'avais  noté  de  seconde  main,  à  son  sujet,  des  références  aux  Analecla  Ord. 
Praedicat.,  1893,  p.  72:  1894,  p.  397;  1898',  pp.  ti06,  608;  mais  je  n'ai  pu  trouver 
à  Paris  les  années  1S93  et  1894;  les  renseignements  de  l'année  1898  n'ajoutent 
rien  à  ce  que  nous  savions  déjà.  L'index  de  l'éd.  Luard  confond  deux 
Guillaume  de  Montferrat,  dont  un  seul  était  Dominicain. 

(1)  Cf.  Mathieu  de  Paris,  Chrontca  Majora,  m,  488-489. 

(2)  Voir  cette  lettre  dans  les  CJironica  Majora  de  Jlathieu  de  Paris,  éd.  Luard, 
IV,  112-119,  et  aussi  dans  Mon.  Germ.  Hist.,  SS-,  xxviu,  200-213. 

(3)  Cette  lettre  non  datée  est  adressée  à  Gérard  de  Malemort,  archevêque  de 
Bordeaux;  elle  se  trouve  dans  les  Chronica  Majora,  éd.  Luard,  iv,  270-277;  elle 
est  reproduite  en  extraits  dans  Fejér,  Cod.  diplom.  Ilung.,  IV,  i,  237,  et  dans 
MGll,  xxvui,  230-233;  Gérard  de  .Alalemort  est  le  Giraud  de  Rémusat,  hémoircs 
sur  les  relal-  polit.,  p.  16;  Luard  t'appelle  Girald  de  Mulomort.  La  lettre  d'Yves 
de  Xarbonne  a  été  longtemps  rapportée  à  1243,  conformément  à  .sa  place  dans 
les  Cliriinlca  Majora:  c'est  la  date  que  conserve  encore  Luard;  cf.  aussi  Victor 
Le  Clerc,  dans  NUI  liU.  de  la  France,  xxi  [1817],  794;  U.  Chevalier,  Ilepcrtoire, 
Bio-Bibliogr.  ,  col.  2293;  Rockhill,  Hubruck,  C4.  Cette  date  de  1243  n'est  cependant 
guère  admissible.  L'un  des  premiers  à  avoir  étudié  la  lettre  avec  quelque  atten- 
tion, E.  1.  Schwanimel,  a  renoncé  à  la  dater  (Dcr  .Anllieil  des  iisirrr.  I]crzor/s 
Friedrich  des  Strcitharen  an  den  Ahwchr  den  Mùngolen,  dans  Jieilschr.  far 
■jslerr.  Gymnasien,  vm  [18D7],  665-G95,  en  particulier  pp.  {i84-(388  et  (i95i.  Dans 
sa  Gcschiclile  der  Moni/olcii  (Breslau,  1872),  pp.  341-348,  0.  Wolff  en  plai;ait  la 
rédaction  ••  au  commencement  de  mars  1242  »  ;  pour  cela  il  devait  d'ailleurs  lire 
dans  la  lettre  in  hav  demum  aelate  au  lieu  de  in  hac  demum  éeslale  que  donne 
Jlalliièu  de  Paris;  mais  cette  correction,  qu'il  estimait  sûre,  ne  s'impose  pas. 
Dans  les  .MGH,  la  nouvelle  date  de  1242  a  été  adoptée  sur  la  foi  de  Wollï,  et  des 
MGH  elle  a  passé  dan§  G.  Pullé,  llistoria  Mongalorum,  p.  17.  Mais  G.  Stral<osch- 
tirassmann,  qui  a  discuté  minutieusement  la  lettre  [Dcr  Einfall  dcr  Mongolen 


l.i;.S    MuNi.dl.s    1.T    LA    l'Al'AlTh^  '27}Q 

précis  du  mystérieux  arclievèque  Pierre  de  Russie  ne  sem- 
blent avoir  été  produits  qu'au  cours  du  concile  de  Lyon, 
c'est-à-dire  après  le  -28  juin  1215  (1).  Mais  à  ce  moment, 
.Innocent  I\',  qu'il  ait  ou  non  consulté  les  généraux  des 
Franciscains  et  des  l)onîinicains  (2),  avait  déjà  décidé  de 
s'adresser  aux  Mongols  directement;  c'est  pour  ces  missions 
envoyées  au  souverain  mongol  que  furent  écrites  les  lettres 
Dei  patris  imixensu  du  ."•  mars  et  Ctnn  nmi  snlutu  du  13  mars 
1-2 1."»;  on  a  vu  qw  Jean  du  Plan  Carpin,  porteur  du  la  seconde 
de  ces  lettres  et  peut-être  aussi  d'une  expédition  de  la  pre- 

in  Mitleleuropa  in  tien  Jahrrn  t'j'tl  uml  I2ii>,  Innsbruck,  WXi,  in-8.  aux  pp.  144- 
117  et  1S7-19I),  aboutit  à  la  conclusion  qu'elle  a  cté  écrite  en  1241,  après  le  mois 
'!■•  jiiillel. 

Le  récit  de  l'archevt^que  Pierre  se  trouve,  avec  des  divergences  sensibles, 
iKiiis  les  Aiinalr»  de  fiiirdui  (éd.  Luard,  dans  /fer.  fini.  Mcd.  Aevi  SS.,  n*  30, 
Annales  monastici»,  t.  1  [1801;,  i71-275.  et  dans  les  Clirunicn  Majora  de  Mathieu 
de  Paris  ((•d.  Luard  i,  iv,  oX6-3CiO.  Dans  son  édition  de  Mathieu  do  Paris,  I.uard 
date  le  document  do  l-'ll,  mais  les  Annales  île  Hurlun  le  rapporlont  à  lil5,  et 
c  est  ceito  date  qui  a  éto  adoptée  à  leur  suite  dans  Mdlf,  SS.,  xxvii,  474  (cf.  aussi 
Pullo,  llist.  .][on</nlorum,  19-20).  Les  Annales  de  Burlan,  dont  la  ri;daction  parait 
plus  voisine  du  document  oi-iginal,  le  font  en  effet  procéder  d'un  préambule 
selon  lequel  li's  déclarations  de  l'archevêque  Pierre  furent  faites  au  concile  de 
Lyon.  L'archevêque  Piorre,  qui  no  savait  ni  lo  latin,  ni  le  grec,  ni  Phobreu, 
aurait  répondu  par  inter|iréto  aux  neuf  questions  qui  lui  furent  posées  à  propos 
des  Mongols.  11  faut  bien  noter  cepi-ndant  que  les  actes  du  concile  et  les  récils 
anciens  qui  en  ont  été  faits  sont  muets  sur  le  compte  dé  l'archevêque  Pierre. 
En  outre,  quand  celui-ci  dit  que  la  majeure  partie  de  la  Russie  a  été  dévastée 
par  les  Mongols  il  y  a  vingt-six  ans,  il  doit  se  tromper,  car  vingt-six  ans  après  la 
Kalka  molti'aient  en  l'iVJ:  et  mémo  à  prendre  pour  point  de  départ  i'ai)parition 
des  .Mongols  dans  la  région  du  Caucase  en  1221,  on  serait  amené  à  supposer, 
n'était  le  texte  précis  des  .Annales  de  fiurlon,  que  le  récit  do  l'archevêque  Piorre 
n'est  pas  antérieur  à  1217.  Par  ailleurs,  on  n'a  retrouvé  dans  les  sources  slaves 
aucune  indioalion  concernant  l'archevêque  Pierre;  c'est  ce  que  constatait  encore 
en  l'.»OI  M.  Wlaclys+aw  .Abraham,  Pnwstanie  orijanizaci/i  kufciohi  iarinskiei/o  na 
fl».<i  iLwow,  l'.i04,  in-s,  p.  ll!i),  et  le  D'  Jézef  Umiiîski,  dans  son  récent  A'i'eéiîs- 
pimenslwo  lalarskie  ir  f'oioirie  .Y/ll  w.  i  papiez  Innueenty  /F(L\vow,  1022,  in-8, 
p.  lô-lCi,  20),  n'en  sait  pa.s  davantage.  Malgré  toutes  ces  incertitudes,  il  reste' 
que  l'Occident  n'a  pas  eu  d'inloriiialions  sur  les  Mongols  comparables  à  celles 
(t.  l'archevêque  Pierre  avant  l'ouvrage  de  Plan  Carpin. 

Pour  les  Franciscains,  cf.  la  loltrc  d'Adam  do  Marsh  (Mun.  /'ranciscana, 
^  ..  J.  S.  Hrewer,  Londres.  18.58,  in-H,  370-378)  citée  dans  Goluliovich.  n,  317, 
encore  qu'elle  ne  soit  pas  formelle  sur  ce  point;  j'y  reviendrai  tout  à 
l'heure.  On  verra  aussi  que  le  cas  n'est  pas  plus  clair  avec  les  Dominicains.  En 
tout  cas.  Innocent  IV  avait  pris  l'avis  des  cardinaux,  car  Ascelin  dit  à  lîaij'u 
que  lo  pape  Pa  envoyé  -  de  consilio  fratrum  suorum  cardinaliura  ■  (Vincent 
de  lîeauvais,  xxxii,  40-. 

[63] 


260  REVUE    DE    l'orient    CHRÉTIEN. 


1 


& 


mière,se  mit  en  route  le  16  avril  1-245(1).  Iiinocenl  IV  inauj 
gurait  ainsi,  vis-à-vis  des  Mongols,  une  politique  liardie  et' 
toute  nouvelle;  il  me  paraît  à  peu  près  exclu  que  le  frère  André 
ait  pu  être  envoyé  par  le  pape  «  auprès  du  roi  des  Tartarcs  » 
antérieurement  à  ces  lettres  de  mars  1245  (2).  Le  frère  André 

(1)  Los  doux  lettres  semblent  bien  avoir  été  rédigées  alors  pour  la  première 
fois,  à  raison  même  de  leur  contenu.  Toutefois,  certaines  de  ces  lettres  ponti- 
ficales sont  devenues  des  sortes  de  lettres  types,  qui  ont  été  reprises  à  des  dates 
différentes  tantôt  comme  titre,  tantôt  comme  contenu,  et  parfois  littéralement. 
C'est  ainsi  que  la  bulle  Cum  hora  undecima  adressée  le  15  février  Vl'ih  par 
Grégoire  IX  au  dominicain  Guillaume  de  Montferrat,  est  ]iartiellement  reprise 
sous  le  mémo  titre  pour  d'autres  dominicains  le  iiS  juillet  Vlo'i  (recueil  du 
P.  Balme,  i,  262,  renvnjant  à  Cod.  Basil.,  H.  x.  14);  puis  le  11  juin  1239  pour 
les  Franciscains  (Gokibovich,  ii,  305);  Innocent  IV  l'utilise  à  son  tour  le  21  ou 
22  mars  1245  pour  les  Franciscains  (Berger,  Reijistres  d'Iniwcenl  I\',  n°  1302; 
Gokibovich,  ti,  316),  et  à  nouveau  le  23  juillet  1253  pour  les  Dominicains 
(Berger,  ii"  7753;  Golubovich,  ii,  330);  enfin  Clément  IV  l'emploie  encore  pour 
les  Dominicains  le  18  mai  1265  (recueil  du  P.  Balme,  i,  ôlG,  citant  Cod.  Basil. 
B.  X.  14 [;  ce  doit  être  là  la  lettre  que  M.  -\V.  Abraliam,  170,  date  du  15  mai 
1265  et  dont  M.  Altaner,  50  et  220,  n'a  pas  trouvé  de  mention  ailleurs]  ;  et  je  ne 
•  suis  pas  sûr  de  n'en  ai'oir  pas  oublié[;  pour  les  bulles  postérieures  à  1265et  qui 
reprennent  ce  même  texte,  cf.  Altaner,  49-51].  Des  indications  analogues  pourraient 
être  données  pour  la  bulle  Viam  agnuscere  veritatis,  qui  fournil  plusieurs  l'ois  le 
titre  et  même  le  texte  de  bulles  exhortant  les  souverains  orientaux  (musulmans 
et  mongols)  à  se  faire  bajitiser.  Peut-être  est-ce  la  faveurdont  jouissaient  certains 
de  ces  textes  qui  leur  a  valu  d'être  copiés  dans  des  recueils.  (Jii  sait  que  les  lettres 
préparées  par  le  notaire  apostolique  Bérard  Caraccioli  de  Naples  entre  1261  et 
1287  ont  été  réunies  par  ses  élèves;  mais  il  .se  trouve  aussi  dans  la  collection 
mise  sous  le  nom  de  Bérard  quelques  pièces  qui  ne  sont  pas  écrites  par  lui,  et 
en  particulier  une  lettre  Dei  palris  immensa  et  une  lettre  Cum  non  sohim  (cf. 
L.  Delisle,  dans  Nol.  et  Extr.,  XXVII,  ii,  94).  F.  Kaltenbrunner,  qui  a  étudié  la 
collection  de  Bérard,  n'a  su  que  faire  de  ces  deux  lettres  et  les  a  rattachées 
hypotliétiquement  au  temp.s  de  Clément  IV  {MiUheil.  d.  Jnsl.  /'.  oslerr.  Gesc/ii- 
chtsforschuny,  vu  [1886],  593).  Mais  il  s'agit  évidemment  des  lettres  des  5  et 
13  mars  1245  écrites  pour  la  mission  dont  Plan  Carpin  s'acquitta.  Si  elles  ont  été 
copiées  dans  le  recueil  de  Bérard,  c'est  assez  vraisemblablement  qu'on  les 
jugeait  susceptibles  d'une  nouvelle  utilisation,  si  tant  est  même  qu'on  ne  les  ait 
pas  utilisées  de  nouveau  réellement.  Malgré  de  tels  cas,  et  il  y  en  a  d'autres, 
je  ne  vois  aucune  raison  de  supposer  une  rédaction  do  ces  deux  lettres  anté- 
rieure à  mars  1245. 

(2)  Cf.  supra,  p.  1-7.  Je  me  sépare  par  là  de  M.  Rastoul  qui  dit  que  c'est  au 
frère  André  et  à  son  compagnon  que  fut  adressée  une  bulle  Palri  tuininniti  du 
22  mars  1241  donnant  à  ces  missionnaires,  «  entre  autres  concessions,  le  droit 
de  communiquer  in  sacris  avec  les  schismatiques  ».  Jlais  cette  bulle,  adressée 
aux  dominicains  de  ferre  .Sainte  en  général,  ne  nomme  pas  le  frère  André,  et 
je  ne  vois  aucune  raison  de  le  mettre  en  cause.  En  même  temps  qu'il  devait 
travailler  à  ramener  à  la  confession  romaine  les  hérétiques  et  schismatiques,  le 
frère  André  avait  sûrement  pour  mission  de  se  rendre  chez  les  Mongols;  nous 

[64] 


LES    MONiitiLS    Kl    L\    rAl'AL'TÊ.  201 

en  avons  la  prouve  d.ius  la  loUre  d'Al-.Mausiir,  et  aussi  dans  lo  voyage  mémo 
que  le  fivro  André  fit  jusqu'à  Tauriz;  Mathieu  do  Paris  [larlo  d'ailleurs  oxpressé- 
menl  de  la  mission  du  fi-ère  Andriî  -  ad  regem  Tartarorutn  -.  Or,  il  n'est  pas 
question  des  Mongols  dans  la  bulle  du  '22  mars  1241,  où  je  ne  puis  voir  qu'une 
des  nonibi-euses  1juII.-s   adressées  aux   missionnaires  qui  se  rendaient  ou  s»,- 
trouvaient  en  Orient,  tantôt  Dominicains,  tantôt  Franciscains,  mais  sans  que  le 
■t  d'Innocent  IV    l'entrer  en  relations  directes  avec  les  Mongols  ait  encore 
un  rc")le  dans  si  n-daction  ou  dans  sa  destination.  Une  autre  objection  aux' 
^  que  je  propose  pour  les  projets  -  mon.^'ols  ■  d'Innocent  IV  pourrait  être 
•vée  à  propos  de  l.i  lettre  du  franciscain  Adam  de  Mar-sli  que  j'ai  déjà  men- 
I  lionnée  plus  haut,  i  'lie  lettre,  écrite  de  Lyon  postérienroinonl  au   7  janvier 
I  lîl.'),  contient  enti-e  auires  ce  passage  :  •  .Scripsit  dominus  papa  ministre  t-'ene- 
.  rali,  secundum   rorinaiu  quam  scribit  aliis  pr.telatis.  ut  accédât  at  ooncilium. 
!  Iterum   proponit    duminus   papa  mittere   fratres   Minores  electos  in    instanti 
pas.sagio  veris  ad  gentes  quae  destruxcrunt,  ut  dicitur,  Terram  Sanctam,  Choras- 
I  menos  scilicet,  et  a^l  Tarlaros,  et  ad  Saracenos,  qui  perferant  mandata  aposlo- 
I  lica  ad  illos;  et  eoriim  rosponsa,  si  Dominus   fuerit   propitius,  ad   dominum 
I  papam  rofoi'ant.  Inter  fratres  autem  raittendos  désignât!  sunt  duo  .Anglici,  scilicet 
:  frater  J^oannes^  de  Stanford  et  frater  Abraham  de  Larde...  -.  Ce  J[oannesl  de 
:  Stanford,  conti-airenient  aux  indications  de  Brewer  et  du  P.  Golubovich,  n'est 
I  pas  le  .l.oliannes]  qui  était  à  Lyon  avec  .Adam  de  Mai-sh;  la  un  delà  lettre, 
I  où   tous  deux   réparassent,   sufiit  à    le   prouver.  Le  P.  ijolubovicli  (n,  317)  cite 
I  celte  lettre    sous    une   rubrique    ■    1    FF.  Minori    nel   concilio    di  Lione   (28 
Ciugno),  e  le  Missioni  ostere  •.   Cet  intitulé  est  trompeui',  et  mieux  vaudrait 
dire   •    Les   Frères  .Mineurs    à   Lyon    à    la  veille    du  concile    -.   La  lettre  est 
postérieure  au  7  janvier  I2I.!>,  mais  il  est  non  moins  clair  quelle  est  sensible- 
ment antérieure  à  l'ouverture  du  concile  le  28  juin.  En  effet,  Adam  de  Mai-sh  n'a 
encore  que  des  indications  vagues  [ut  dicitur)  sur  l'entrée  des  Kharezmiens  à 
Jérusalem  lo  10  août  12 1 1  ;  il  annonce  que  le  pape  a  écrit  au  gémirai  des  Francis- 
cains, comme  il  fait  aux  pi-élals,  de  venir  au  concile,  ce  qui  suppose  bien  que 
l'ouverture  du  concile  n'est  pas  encore  proche.  Le  choix  de  Franciscains  anglais 
au  nombre  des  frères  qui   devaient  se  rendre  chez  les  Mongols,  choix  qui  ne 
parait  pa.s  avoir  eu  de  suite,  doit  Atre  antérieur  à  la  désignation  de  Laurent  de 
Portug-al,  puis  de  Jean  du  Plan  Carpin,  c'est-a-dire  au  5  mars  12-15.  C'est  aussi 
ce  qui  résulte  du  fait  que  ces  choix  étaient  faits  pour  ■  le  passage  [d'outremer] 
du  printemps  de  l'année  courante  -.   La  lettre  a  donc  été  écrite  en  janvier- 
février   1245.  Il  y  est   dit  que  le  pape  a  l'intention  [proponit)  d'envoyer  des 
Franciscains  en  Orient  jusque  chez  les  ■  Tartares  -,  mais  non  pas  qu'il  consulte 
au  préalable  sur  cette  intention  le  général  des  Franciscains  auquel  il  a  écrit 
{tcripsit\,  puisque  Innocent  IV  lui-même  a  fait  un  premier  choix  des  mission- 
naires. Mais,  à  propos  du   iterum  proponit.  le  P.  fiolubovich  (ii.  317;  cf.  aussi 
11.  331)  ilit  que  iterum  •  est  une  allusion  à  la  première  mission  envoyée  en  1244  •, 
et  il  renvoie  à  son  n"  55  (.■j6  est  un  lapsus).  H  semblerait  donc  que  les  projets 
d'ambassade  d'Innocent  IV  fussent  antérieurs  à  1245.  Je  crois  qu'il  n'en  est  rien. 
Les  missions  de  I2U  paraissent  avoir  eu  exclusivement  un  caractère  religieux, 
et  d'ailleurs  les  liu.l''S<)ui  les  concernent  ne  font  pas  mention  «les  •  Tartares  ». 
Si  ■  iterum  •  doit  être  pris  au  sens  d'-  une  seconde  fols  -  comme  l'entend  le 
P.  (iolubovich,  il  fau<le-a  admettre  qu'Adam  de  .Marsh  ne  fait  p:is  de  différence 
dans  sa  lettre  entre  d^'ux  séries  de  missions  qui  n'ont  p.us  cependant  le  même 
caractère.  Mais  j'incline  à  penser  qu't^erum  signifie  ici  simplement  •  en  outre  -, 
de  mémo  qu'à  la  fin  de  la  lettre  de  •  Raban-Ara  •  (cf.  supra,  p.  32),  pelimus 

[tôj 


262  REVUE    DE    l'orient   CHRÉTIEN.  ^ 

n'aurait  donc  pu  partir  avant  le  printemps  de  1245  (1),  et 
comme  son  voyage,  au  dire  de  Matliieu  de  Paris,  dura  deux 
ans,  son  retour,  sûrement  antérieur  à  la  lin  de  1247,  se  place- 
rait vraisemblablement  au  printemps  ou  au  plus  tard  dans 
l'été  de  cette  année-là.  Par  là  même,  la  question  se  pose 
des  rapports  éventuels  entre  cette  mission  dominicaine  du  frère 
André  et  la  mission  dominicaine  qui  fat  dirigée  par  «  Ascelin». 
Avant  d'aborder  ce  problème  très  complexe,  le  moment  serait 
venu  d'identifier  enfin  le  frère  André.  Mais  comme  il  faudra 
retracer  toute  la  carrière  de  ce  grand  missionnaire  d'Orient  et 
qu'elle  s'est  poursuivie  près  de  vingt  ans  après  la  mission 
d'Ascelin,  je  me  bornerai  à  dire  pour  l'instant  que  le  domini- 
cain André  n'est  sûrement  autre  qu'André  de  Longjumeau,  et, 
avant  de  revenir  à  lui,  j'essaierai  de  préciser  ce  qu'on  sait  de 
la  mission  d'Ascelin  et  de  débarrasser  son  histoire  d'erreurs 
tenaces  auxquelles  même  les  travaux  les  plus  récents  n'ont 
pas  toujours  échappé. 

II.  Ascelin. 

L'histoire  des  anciennes  missions  dominicaines  en  Asie  est 
fort  mal  débrouillée.  A  vrai  dire,  les  documents  qui  les  con- 
cernent sont  beaucoup  moins  abondants  et  précis  que  ceux 
relatifs  aux  missions  franciscaines.  Mais  même  les  sources  dont 
on  dispose  ont  été  utilisées  sans  critique;  on  a  grand'peine  à 
séparer  aujourd'hui  ce  qu'elles  nous  apprennent  des  légendes 
vaines  et  des  grosses  méprises  qui  se  sont  superposées  à  elles 
depuis  longtemps. 

lerum...  petUionem  secundam  signifie  simplement  ••  nous  vous  adressons  en 
outre  une  autre  prière  "•  Les  projets  •  mongols  -  d'Innocent  IV  n'ont  dû 
prendre  corps  qu'après  l'arrivée  du  pape  à  Lyon  sur  la  fin  de  1244. 

(1)  C'était  le  moment  ordinaire  du  -  passage  »,  et  la  lettre  d'Adam  de  Marsh 
montre  que  le  premier  projet  d'Innocent  IV  était  de  faire  partir  par  le  »  passage  » 
du  printemps  de  1245  les  Franciscains  qu'il  envoyait  chez  les  Mongols.  Encore 
que  Laurent  de  Portugal  ne  soit  peut-être  pas  parti  et  que  Plan  Carpin  ait 
adopté  finalement  la  voie  de  terre  (des  bulles  des  21-25  mars  12Id  tendent 
d'ailleurs  à  faire  croire  que  des  Franciscains  partirent  alors  par  mer  sinon  chez 
les  Mongols,  du  moins  en  pays  musulman;  cf.  (Jolubovich,  ii,  3IG,  331),  il  est 
très  naturel  que  le  dominicain  André,  se  rendant  chez  les  .Alongols  par  la  Syrie, 
se  soit  embarqué  à  l'époque  même  qui  avait  été  prévue  pour  les  Franciscains. 
[M.  Altaner,  ,03,  l'ait  aussi  partir  le  frère  André  en  mars-avril  1245.] 

[66] 


LES    MONfiOLS    ET    LA    l'APAUTÉ.  "203 

Le  ilernier  en  ilate  «les  historiens  de  l'ordre  de  Saint-Domi- 
nique est  le  P.  .Mortier.  En  ce  qui  concerne  la  mission  d'.\sce- 
lin,  voici  comment  il  s'exprime  dans  son  Histoire  des  maîtres 
généraux  de  l'ordre  des  Frères  Prêcheurs,  1. 1  [1903],  pp.  383- 
381  : 

Jnnoccnt  IV  voulait  convertir  les  Tartares,i/u'on  disait  disposés 
à  ta  foi.] 

«  Rumeurs  vagues,  sans  doute,  et  peu  fondées,  colportées  en 
Europe  par  des  Pérègrinants.  .\u  premier  concile  de  Lyon,  Inno- 
cent s'ouvrit  ;i  Hugues  de  Saint-Clier  et  aux  autres  Frères  pré- 
sents de  son  projet  d'expédition.  11  s'agissait  d'envoyer  au  chef 
des  Tartares,  retiré  alors  en  Perse  avec  ses  troupes,  une  solen- 
nelle ambassade... 

€  Innocent  s'adressa  au  Provincial  de  France,  Humbert  de  Ro- 
mans. Le  chapitre  provincial  allant  se  tenir,  Humbert  l'attendit 
pour  notifier  aux  Frères  les  ordres  du  Pape.  Ils  furent  accueil- 
lis avec  enthousiasme.  Tous  supplièrent  le  Provincial  de  les  dési- 
gner. Ce  n'étaient  que  larmes  de  joie  et  d'espérance  :  Flelus 
miraliilis  Capiliilum  illud occupavil  (cf.  Vitae  Fralr.,  p.  loi).  11  fal- 
lait bien  cependant  faire  un  choix.  Quatre  frères  furent  présen- 
tés à  innocent  :  Frère  .\scelin  de  Lombardie,  Frère  .Mbéric, 
Frère  .Vlexandre  et  Frère  Simon  de  Saint-Quentin...  (1).  Ascelin  et 
les  siens  prirent  la  route  de  mer  jusqu'à  Ptoléma'is:  puis,  par 
l'Arménie  et  la  Géoriiie,  parvinrent  à  Tiflis  en  Caucasie.  En 
route,  deux  autres  Frères  s'adjoignirent  à  eux:  Frère  André  de 
Longjiimeau,  si  célèbre  par  ses  rapports  avec  saint  Louis,  et 
F'rère  Guichard  de  Crémone,  du  couvent  de  Tiflis,  dont  la  con- 
naissance du  pays,  de  la  langue  et  des  mœurs,  devait  être  de 
I  grande  utilité  (5)...  » 

A  lire  ce  récit,  il  semblerait  qu'on  eilt  une  documentation 
suftisante  sur  les  origines  et  la  composition  de  la  mission. 
Mais  aucun  texte,  à  ma  connaissance,  ne  mentionne  les  propos 

(1)  Pans  le  passage  que  je  supprime  ici,  le  P.  Mortier  parle  de  Plan  Carpin.  Il 
'lit,  entre  autres,  que  Plan  Carpin  -  arriva  à  Kiew,  où  siégeait  le  grand  khan 
■  1rs  Tartares  récemment  i-lu  -.  Le  P.  Mortier  a  confondu  Kiev  en  Kussio  avec 
^ira-ordo  prés  do  Karakorum  en  Mongolie! 

•i)  Le  1'.  Oolubovich,  ^lui,  dans  son  t.  I  (p.  213),  avait  simplement  nommé 
Ascelin,  et  cité  •  Ezelino  ■  dans  son  t.  II,  p.  87,  reproduit  dans  ce  même  t.  H 
(p.  3S:î-334j  les  informations  de  VHisloire  îles  maîtres  r/énéraiix,  mais  on  sulisti- 
tuant  tacitement  •  .Anselme  de  Lombardie  ■  à  l'.Ascelin  de  Lombardie  qu'avait 
adopté  le  I'.  Mortier.  .Ailleurs  (ii,  330),  le  P.  Golubovich  indique  la  forme  alter- 
native •  Anselme  ou  Ascelin  •;  sur  ces  formes,  cf.  infra. 

[671 


261  REVUK    DE    l'orient    CHRÉTIEN. 

d'Innocent  IV  à  Hugues  deSaint-Clier  [l).  Quant  au  reste,  c'est 

(l)  On  a  encore  mêlé  à  un  autre  propos  Hugues  de  Saint-Cher  aux  missions 
envoyées  clicz  les  Mongols  et,  je  crois  bien,  sans  plus  de  raison.  Vers  la  fin  de 
son  ouvrage.  Plan  Carpin   écrit   incidemment  une   phrase  qu'on  a   toujours 
comprise  comme  suit  (d'Avezac,  760-767)  :  •■  Quand  les  serviteurs  qui  étaient 
a\-ec  nous  à  la  prière  du  Cardinal  qui  est  légat  d'Allemagne  allaient  (=  retour- 
naient) vers  lui  en  costume  tartare,  ils  furent  presque  lapidés  en  route  par  les 
Allemands,  et  furent  contraints  de  quitter  ce  costume  -  {'/lunulo  sci^vienlcs  qui 
nranl  ivibiscum  ex  roi/iUii  Cardinalis  '/ni  est  leijalus  Alemanniae  in  hahilu  tartarico 
ihant  ad  ipxum,  fero  a  TeuUmicis  lapidati  f'uerunt  in  via,  cl  coacti  suid  deponcre 
habilum  iUiim).  D'Avezac  a  dif  (481)  que  le  cardinal  était  ■•  Hugue  de  Santocaro  », 
et  on  l'a  souvent  répété  après  lui  (RocUhill,  Hufirucl;,'30;  Pullé, //(s(.  Monfj.,i07; 
Cordier,    Hisl.    gén.     de     la    Chine,    u,     390;     Umiiiski,    34);    naturellement 
"  Hugue  de  Santocaro   ■•   n'est  autre  qu'Hugues  de  Saint-Cher.   Si  le, texte  de 
Plan  Carpin  est  correctement  interprété  et  s'il  s'agit  d'Hugues  de  Saint-Cher, 
les  renseignements  qu'on  a  sur  la  vie  do  ce  dernier  devraient  permettre  de 
préciseï'  certaines  circonstances  de  lieu  et  de  temps  pour  le  voyage  de  Jean  du 
Plan   Carpin   à  travers  l'Allemagne  en   1246;  je  vais  y  revenir.  D'autre  part, 
Roclihill   (Hubruck,   30)   a  supposé  que  les   serviteurs  soi-disant    foui-nis   par 
Hugues  de  Saint-Cher  étaient  allés  «  probablement  jusqu'à  Kiev  ».  Mais  Kiev, 
bien  qu'alors  sous  la.  suzeraineté  des  Mongols,   restait  une  ville   d'habitude 
russes,  et  je  doute  que,  si   des  serviteurs  n'étaient  allés    que  jusque-là,    ils 
n'eussent  pu  trouver  d'autres  costumes  que  des  costumes  mongols;  en  outre, 
s'ils  avaient  quitté  Plan  Carpin  à  Kiev,  d'où  le  retour  en  territoire  allemand 
était  facile,  leurs  habits  n'auraient  pas  été  usés  au  point  qu'il  leur  fallût  adopter 
un  costume  étranger.  Mais  ici  une  sérieuse  difficulté  se  pose,  que  iM.  Umihski 
(p.  34)  a  déjà  signalée  brièvement.   Benoit  de   Pologne    dit   qu'à   la  première 
station  mongole  {piima  ciistodia),  située  à  six  jours  de  route  au  delà  de  Kiev, 
Plan  Carpin  et  lui  continuèrent  la  route  sur  des  chevaux  mongols,  laissant  là 
le  troisième  frère   malade  et  les  chevaux  et  serviteurs  que  les  missionnaires 
avaient  amenés  (tercio  fralre  debililato,   cum  equis   et  clientulis  quos  sccutn 
(idduxerant  ibidem  relictis,  d'Avezac,  775);  on  en  a  conclu,  non  sans  vraisem- 
blance et  malgré  quelques  difficultés  (Plan  Carpin  appelle  Kanov  une  villa,  et 
met  la  prima  custodia  des  Mongols  bien  plus  loin  vers  l'Est)  que  le  frère  malade 
était  Etienne  de  Bohême,  et  qu'il  avait  été  laissé  à  Kanov.  Mais,  si  nous  passons 
au  récit  de  Plan  Carpin,  nous  voyons  que,  sur  l'avis  du  ehiliarque  de  Kiev,  il 
avait  laissé  ses   propres  chevaux  à  Kiev  même,  avec   deux  valets  qui   les  y 
garderaient  jusqu'à  son   retour   (p.    7oti-737,  decrevitnus  illos   [=  equos]    illic 
dbnitierc  cum   diiobus  pueris  qui  custodirent  illos  ibidem;  Plan   Carpin,  qui  ne 
songeait  pas  à  aller  jusqu'au  grand  khan,  pensait  être  de  retour  assez  vite).  Par 
la  suite,   il   ne  dit   rien   naturellement  d'un  abandon  similaire   qui    se  serait 
produit  a  Kanov.  .'^lais,  quand  il  est  auprès  de  Batu  le  long  de  la  Volga,  celui-ci 
lui  donne  l'oi-dre  de  continuer  jusqu'en  Mongolie,  ce  qu'il  lait  avec  Benoît  le 
8  avril  li4(>;  il  laissait  derrière  lui  ceux  qui  l'avaient  accompagné  jusque4à  et 
qui  devaient  retourner  auprès  du  pape  ;  mais  ceux-ci,  en  arrivant  chez  •  Mauci  » 
(qui  coniuianilait  sur  la  rive  orientale  du  Dnieper),  furent  retenus  par  ce  chef 
et  Plan  Carpin  les  retrouva  là  et  les  reprit  avec  lui  à  son  voyage  de  retour  le 
2  juin  124/  (716-747  :  ...  retetilis  quibusdam  ex  nostris  sub  hdc  spe  quod  velleiit 
eos  remittere  ad  Dominum  Papam;  quibiis  litteras  dedimus  de  omnibus  factis 


[68] 


J 


LES    MONOOLS    ET    LA    PAPALTK.  265 

une  juxtaposition  de  deux  sources:  le  n-cit  liii  «  cliapitre  des 
larmes  »,  où  aucun  nom  n'est  donné,  et  l'ouvrage  de  .Simon  de 

;i  ..s/n»  ■/iiiis  referreiU  eiiieut:sed  ciim  rediUsenl  usquè  ad  Maitci,  ihideni  retenti 
I  wruni  usiiui  ad  redilum  itosirum...;  p.  76S  :  ...  veiiimus  iist/iiè  ad  Mauci...  ubi 
tnt  iiosiri  socii  et  servienifs  7111  rranl  reirnti,  i/uosad  nos  rediici  /eriniii»).  Les 
il.s  (II'  Benoit  Je  Pologne  et  de  Jean  du  Plan  Caçpin  me  semblent  ici  incon- 
ciliables, ot  il  me  parait  bien  qu'il  faut  s'en  tenir  à  Plan  Carpin.  Les  chevaux, 
avec  deux  valets,  ont  été  laissés  à  Kiev,  et  non  à  Kanov.  Quant  au  frère  malade 

'  aux  autres  serviteurs,  leur  abandon  doit  s'être  prorluit  sur  la  Volga  au  camp 
Batu,  et  quand  Plan  Carpin  parle  de  nnstri  socii  li  serfii  nies  qu'il  retrouve 
■  •z  -  Mauci  ••  je  pense  que  si/cii  vise  Etienne  do  Boliéme:  parmi  les  servientes 
-  raient  éventuellement  les  serviteui's  soi-disant  fournis  par  le  cardinal  légat 
d'Allemagne;  le  séjour  de  ceux-ci  parmi  les  Mongols  pendant  plus  d'une  année 
expliquerait  qu'ils  eussent  dû  prendre  do  nouveaux  vêtements,  ^i  nous  remar- 
quons en  outre  que  Plan  Carpin,  qui  passe  chez  ■■  Mauci  -  le  •,'  juin,  est  à  Kiev 
le  '.I  juin,  il  n'y  aura  pas  si  grande  différence  entre  ces  sept  jours  et  les  six  étapes 
dont  parle  Benoit  de  Pologne;  celui-ci  ou  les  auditeurs  qui  ont  mis  par  écrit  sa 
narnition  auront  fait  quelque  confusion  quant  aux  conditions  de  l'abandon.. 
Etienne  de  Bohème  a  donc  du  rentrer  en  pays  de  chrétienté  avec  Plan  Carpin  et 
Benoit  lie  Pologne,  et  rien  ne  montroqu'il  leseiitquittésquaud  les  voyageurs  pas- 
sèrent par  Cologne  le  '.i  octobre  P2I7.  Quant  aux  serviteurs  qu'on  dit  avoir  été 
fournis  par  Hugues  de  Sainl-Cher,  le  texte  de  Plan  Carpin  impliquerait  ipie  Plan 
Caipin  se  fût  séparé  d'eux  en  Allemagne  pour  lesrenvoyer  auprès  du  Légat.  Tout 
paraîtrait  ainsi  s'expliquer  assez  bien,  n'était  que,  selon  toute  vraisemblance. 
Hugues  de  Saint-Cher  n'a  pas  plus  été  légat  en  .Mleniagne  en  liAG  qu'en  1217. 
li'Avezac  (p. -181)  s'est  contenté  de  renvoyer  à  la  biogi'aphie  d'Innocent  IV  duc  à 
l'iolo  Pansa. qui  fuit  allei'  Hugues  de  Saint-Cher  en. VUi^magne  en  1210  pour  par- 
ticiper à  l'élection  comme  roi  des  Romains  de  Henri  de  Tbuiinge;  il  y  a  là  une 
.nnliision  que  il'autres  que  Pansa  ont  commise,  mais  Quétif  et  Echard  (i,  P.M-209) 

!  l'ouron  (llist.  des  h-iinmes  i(ti(slres,  i,  231)  me  paraissent  bien  en  avoir  fait 
,i>i>tice.  Le  légat  qui  assista  à  l'élection  d'Henri  de  Thuringe  le  17  mai  1240  était 
Philippe  Fontana,  évéquede  Fcrrare;  celui  qui  assista  à  l'élection  de  Guillaume, 
comte  de  Hollande,  le  :J  octobre  1217  était  le  cardinal  Pierre  Capoccio  lU.  Chevalier 
doit  faire  erreur  en  pla^.-ant  l'envoi  de  Capoccio  comme  légat  en  1218),  et  l'envoi 
d'Hugues  de  Sainl-Cher  en  Allemagne  n'est  que  d'avril  12ôl.  On  sait  précisé- 
ment que  Jean  du  Pian  Carpin  s'est  trouvé  à  Cologne  pour  l'élection  du  3  octobre 
1217  (cl.  Oolubovich,  i,  21 1);  quand  il  parle  du  cardinal  qui  est  (il  dit  bien  est 
••I  non  ernt)  légat  en  .\llemagne,  il  ne  peut  s'agir  que  de   Pierre  Capoccio.  Un 

:p|ectera  peut-être  que  celui-ci  n'était  pas  en  Allemagne  lorsque  Plan  Carpin,  à 

lilcr,  traversa  ce  pays  eu  121ti;  mais  d'autre  part  Philippe  Fontana  ne  peut 
ttre  mis  en  cause,  car  il  ne  fut  jamais  cardinal.  Une  solution  consisterait  à 
idmettre  que  le  légat  de  1217  avait  donne  en  121t>  les  serviteurs  dont  il  .s'agit 
alors  que  lui-même  était  ailleurs  qu'en  .\lleinagne,  par  exemple  à  Lyon.  Jlais 
je  me  demande  surtout  si  d'Avezac,  à  la  suite  de  Wa<lding,  n'a  pas  mal  lu 
Plan  Carpin.  H  est  bizarre,  si  le  cardinal  a  donné  de  ses  serviteurs,  que  celte 
désignation  soit  qualifiée  d'e.t:  rof/atu.  Ne  peut-on  comprendre  :  -  Lorsque,  a  la 
prière  du  cardinal  qui  est  légat  d'.\ilemagne,  des  serviteurs  qui  étaient  avec 
nous  se  rendaient  auprès  de  lui   en  costume  tartare,  etc..  -?   11  s'agirait  de 

[69] 


266  REVUE    DE    l'orient    CHRÉTIEN. 

Saint-Quentin  qui,  reproduit  plus  ou  moins  fidèlement  par  Vin- 
vent  de  Beauvais,  est  à  vrai  dire  notre  source  à  peu  près  unique 
pour  la  mission  d'Ascelin  (1).  Une  chose  du  moins  est  bien 
certaine,  c'est  que,  de  cette  mission,  André  de  Longjumeau  ne 
fit  partie  à  aucun  moment. 

On  a  vu  dans  la  première  partie  de  ce  chapitre  que  des 
envois  de  religieux  en  ambassade  auprès  des  .Mongols  ont  eu 
lieu  au  printemps  de  1245,  quelques  mois  avant  l'ouverture  du 
concile  de  Lyun.  Tel  est  le  cas  certainement  pour  le  franciscain 
Jean  du  Plan-Carpin.  11  en  est  de  même  pour  le  franciscain 
Laurent  de  Portugal,  à  raison  de  la  lettre  Dei  patris  immensa 
du  5  mars  1215,  si  toutefois  Laurent  de  Portugal  est  bien  parti. 
C'est  sans  doute  aussi  au  printemps  de  1215  que  le  domini- 
cain .\ndré  a  quitté  Lyon  pour  la  Syrie.  Que  toutefois,  même 
après  ces  départs,  Innocent  IV  ait  songé  à  envoyer  d'autres 
religieux  auprès  des  Mongols,  et  en  ait  parlé  à  Hugues  de 
Saint-Cher  pendant  le  concile,  c'est  possible,  mais  nous  n'en 
savons  rien.  On  peut  tout  au  plus  se  demander  si  Innocent  IV 
avait  des  raisons  de  faire  partir  de  nouveaux  ambassadeurs 
avant  de  savoir  le  sort  réservé  aux  premiers. 

Quant  au  chapitre  provincial  des  Dominicains  de  France  où 
il  fut  donné  lecture  d'un  ordre  d'Innocent  IV,  on  le  connaît  par 

domestiques  vraiseniblal.ilement  mongols  que  Plan  Carpin  aurait  ramenés,  et 
l'incident  a  pu  se  passer  dans  les  rues  de  Cologne  lors  de  l'élection  de  Guillaume 
de  Hollande. 

(1)  Le  P.  -Mortier  n'est  pas  le  premier  à  combiner  ainsi  les  deux  sources;  il 
ne  fait  que  suivre  Fonlana,  Monumcnta  Dominicana,  Rome,  1675,  in-folio,  p.  52. 
Fontana  a  de  même  inspiré  d'Ohsson,  Hist.  des  Mongols,  n,  '.^08,  et  André-Marie, 
Missions  domiriicaines  datis  l' Extrême-Orient ,  Paris  et  Lyon,  1865,  2  vol.  in-l"2, 
I,  12.  Enfin  Fontana  lui-même  cite  le  •■  chapitre  des  larmes  »  en  renvoyant  à 
Taegius.  .Vmbroise  Taiggi  (Taegius),  de  Milan,  entra  dans  l'ordre  des  domini- 
cains en  M85  et  était  encore  vivant  en  1517.  Il  a  laissé  un  énorme  Chriniicon 
ordinis  rjcneralc  en  si.v  vol.  in-folio,  qui  n'a  pas  été  imprimé,  mais  que  les 
historiens  de  l'Ordre,  et  en  particulier  Jlalvenda,  citent  souvent  (cf.  Quétif  et 
Echard,  u,  35).  Peut-être  un  mss.  do  ce  Clironicun  existc-t-il  aux  archives  géné- 
rales des  Hominicains  à  Rome;  je  n'y  ai  pas  eu  accès.  Il  est  probable  que  c'est 
là  que  Fontana  a  pris  ses  informations  sur  le  •  chapitre  des  larmes  •,  et  Taiggi 
les  avait  sans  doute  puisées  lui-même  dans  Géraud  de  Frachet.  Mais  il  est  peu 
probable  que  Taiggi  ait  vu  dans  les  missionnaires  désignés  au  chapitre  des 
larmes  Ascelin  et  ses  compagnons,  car  Malvenda,  qui  a  connu  le  manuscrit 
de  Taiggi,  est  muet  sur  ce  point.  Jusqu'ici  je  ne  vois  donc  pas  que  le  rappro- 
chement du  texte  de  Géraud  et  de  celui  de  Vincent  de  Beauvais  soit  antérieur 
à  Fontana,  c'est-à-dire  à  1675. 

[70] 


LES    MONGOLS    KT    LA    l'APAUTH.  207 

les  \'ifae  fmtnim  0.  P.  ...  ali  anno  MCCIII  itsi/iie  ad 
ML'CLIV,  ii'uvre  de  Géraud  de  Fracliel  (12U5-1271)  (I).  A  la 
p.  ir)U,  Gérauil  parle  du  cliapitre  gi'-néral  de  1230,  où  les  frères 
montP  reiit  du  zèle  à  partir  pour  la  Terre  Sainte.  Et  il  continue 
saiis  transition  (p.  131)  : 

Mandavit  dominus  papa  Innocencius  priori  provinciali  Francie 

((uod  aiiquos  fratres  mitteret  ad  Tartaros  propter  quedain,  que 

audierat,  sperans  de  fructu  vie  illius.  Recitatum  est  niandatnm 

in  capitalo  provinciali,  et  ecce  tôt  et  tanti  fratres  se  obtulerunt, 

quod  fletus  mirabilis   capitulum  illud  occiipavit;  niniirum  aliis 

cum  lacriinis  petentibus  huiusinodi  obedienciain,  aliis  flentibus 

■^  pro  tain  caris  et  diiectis  fratribus  et  se  ingerentibus  ad  labores 

^^H  inestimabiles  et  mortes  fréquentes;  flebant  alii  pre  s;'i-U<li<'i  qui«i 

^^K  habebant  liceneiam,  flebant  alii  pre  dolore,  quia  licenciam  obti- 

^V^  nere  non  poterant. 

^B    Comme  on  le  voit,  le  seul  renseignement  précis  fourni  par  le 

Hptexte  est  que  l'événement  se  place  sous  le  pontilicat  d'Inno- 

HT- cent  IV  (1-2 13-1231);  par  là  même,  puisqu'il  ne  peut  s'agir  de 

H  1213,  il  est  certain  que  ce  chapitre  provincial  s'est  tenu  sous  le 

priorat  d'Hunibert  de  Romans,  car  l'elui-oi,  avant  de  devenir 

général  de  l'ordre,  fut  prieur  provincial  de  France  de  1211  à 

12.>1.  Mats  on  n'a  pas  les  actes  des  chapitres  provinciaux  de  la 

province  dominicaine   de  France;  la  date  du  «  chapitre  des 

larmes  »  reste  donc  à  déterminer. 

I»ans  ses  notes  de  la  p.  151,  Reichert  supposait  que  l'ordre 
d'Innocent  l\  était  de  1233,  car,  en  cette  année-là,  Innocent  I\' 
a  prescrit  à  son  légat  en  Orient  le  cardinal  odon  de  Cliàteau- 
roux  do  créer  quelques  évèques  parmi  les  Franciscains  et  les 
dominicains  destinés  à  l'apostolat  chez  les  Mongols.  L'argu- 
ment de  Reichert  est  assez  faible.  La  lettre  d'Innocent  \\  à 
laquelle  il  fait  allusion  est  la  lettre  Atldeta  CItrisli  du  20  lévrier 
1233  (2).  Au  début  de  1219,  .\ndré  de  Longjumeau  avait  été 
chargé  par  saint  Louis,  auprès  du  grand  khan,  d'une  ambas- 
sade dont  il  sera  question  dans  la  truisième  partie  du  présent 
chapitre.  Il  avait  rejoint  le  saint  roi  à  Césarée  de  Palestine  en 
mars  1231,  et  lui  avait  parlé  des  chrétiens  hérétiques  qui  exis- 

(1)  Ed.  b.  M.  Roichert,  dans  Mon.  0.  I'.  hislorira,  t.  I,  Kome,  1897,  grand  in-8. 
Malgré  le  titre,  l'œuvre  va  au  delà  de  1254. 
l-'j  Cf.  Berger,  Hey.  d  Innocent  /l',  n"  C3fô;  Golubovich,  u,  38.1. 


268  REVUE    DE    l'orient    CHRÉTIEN. 

talent  parmi,  les  Mongols  (1)  et  qu'on  pourrait  sans  doute 
ramener  en  grande  partie  à  la  foi  catholique,  et  aussi  du  petit 
nomhre  dëvêques  qui  restaient  aux  communautés  chrétiennes 
dans  les  domaines  du  khalife  de  Bagdail.  Saint  Louis  en 
écrivit  au  pape.  C'est  à  la  suite  de  cette  lettre  qu'Innocent  IV, 
Ignorant  des  conditions  locales,  se  décida  à  donner  à  son 
légat  tous  pouvoirs  pour  promouvoir  aux  sièges  vacants  de 
Chaldée  et  de  Mésopotamie  quelques-uns  des  missionnaires 
franciscains  et  dominicains  qui  prêchaient  déjà  en  ces 
régions.  Il  n'y  a  donc  rien  là  qui  suppose  en  soi  l'envoi  de 
nouveaux  missionnaires  d'Europe.  Qu'il  y  en  ait  eu,  c'est 
presque  sur;  l'expédition  du  23  juillet  I-25:î  do  la  ioulle  Cum 
hora  iindecima  est  destinée  aux  Dominicains  qui  partent 
prêcher  en  Orient;  les  «  Tartares  »  sont  nommés  parmi  les 
peuples  l'numérés  dans  le  préambule;  toutefois,  la  liste  de  ces 
peuples  est  si  longue  qu'elle  perd  beaucoup  de  sa  significa- 
tion (2).  Une  autre  lettre  aurait  pu  du  moins  être  invoquée  par 
Reichert  à  meilleur  titre;  c'est  la  lettre  Cum  dilectos  du 
26  février  1254  qui  recommande  aux  prélats  de  Géorgie  des 
Dominicains  qui  vont  «  porter  aux  Tartares  la  parole  de 
Dieu  »  (3).  Dans  l'ouvrage  de  Géraudde  Frachet,  il  n'est 
aucunement  dit  que  l'ordre  d'Innocent  l'V  lu  au  «  chapitre  des 
larmes  »  concernât  l'envoi  d'ambassadeurs  au  souverain  mongol, 
et  non  pas  seulement  de  missionnaires  chargés  d'exercer  parmi 
les  Mongols  un  apostolat  purement  religieux.  Rien  ne  s'oppose 
donc,  dans  ce  que  nous  savons,  à  voir  dans  les  Dominicains 
choisis  au  «  chapitre  des  larmes  »  les  religieux  visés  par  la 
lettre  du  26  février  1254.  Pour  décider  vraiment  sur  ce  point, 
il  faudrait  néanmoins  avuir,  sur  les  chapitres  tenus  pai'  la  pro- 

(1)  Il  s'agit  évidemnieiit  surtout  des  Nestoriens. 

(2)  Cf.  Berger,  n°  7753;  Golubovich,  ii,  331). 

(3)  Cf.  Berger,  n°  7781.  Les  missionnaires  dominicains  à  qui  était  adressée 
cette  lettre  du  16  février  1254  tardèrent  peut-être  à  se  mettre  en  route;  autre- 
ment il  faut  supposer  (|u'il  s'agit  encore  d'un  nouvel  envoi  de  missionnaires  chez 
hs.  Mongols  quand,  dans  une  lettre  encyclique  envo.yée  de  Paris  en  1256, 
Humbert  de  Romans,  devenu  maître  général  des  Dominicains,  écrit  que 
•  Fratres  vero,  qui  proficiscuntur  ad  Tartares,  de  via  sua  miehi  prospéra  aun- 
ciaverunt  »  (Lillerae  cncyclicae  maijislr.  generalium,  éd.  Reicliert,  dans  Mon. 
0.  P.  histurica,  v  [1000],  p.  40;  le  même  texte  se  retrouve  dans  Denifle  et 
Châtelain,  CharCularium  Universilalis  Paris.,  i,  318). 


I.KS    MONfiOLS    F.T    l.A    PAPAlTi:.  HV.^ 

vinro  (l'iminicaine  de  ["rance,  des  renseignements  détaillés  que 
je  ne  trouve  nulle  part.  Mais  nous  avons  un  autre  moyen  d'abor- 
der le  problèn)e,  et  je  crois  pouvoir  établir  que  le  récit  du 
P.  Miirtier,  selon  lequel  la  mission  d'Aseelin  aurait  été  choisie 
a]>rès  le  cimcile  de  Lyon,  ne  résiste  pas  à  un  examen  tant  soit 
peu  attentif. 

En  effet,  si  nous  ne  savons  pas  directcmint  quand  la  mis- 
sion fut  désignée,  nous  connaissons  la  dun-e  de  son  voyageât 
nous  pouvons  fixer  également  le  miiment  de  son  retour.  Comme 
on  le  verra  par  la  suite,  la  mission,  après  son  séjour  auprès  de 
Baiothnoy  (=  Baiju-noyan),  rentra  avee  deux  envoyés  «  lar- 
tai'es  »  porteurs  d'une  lettre  de  Baiothnoy.  Or  Mathieu  de  Paris, 
tant  dans  ses  Chronica  Majora  que  dans  son  Uistoria 
Amjiiae  (1),  mentionne  l'arrivée,  dans  l'été  de  12 18,  de  deux 
«  Tartares  »  envoyés  au  pape  par  leur  prince.  En  outre,  le 
22  niivembre  12 is,  Innocent  IV'  adressait  une  lettre  Viam 
agtioscere  veritatis  à  «  Bayonoy  régi  illustri,  et  nobilibus  viris 
universis  principibus  et  baronibus  exercitus  Tartaronim  »; 
elle  débutait  par  ces  mots  :  «  Nuntios  vestros,  quos  ad  nostram 
presenjiam  destinastis,  bénigne  recepimus,  et  ea  que  signifi- 
castis  nobis  per  ipsos  intelleximus  diligenter  (2).  »  Il  est  bien 
évident  que  les  envoyés  mongols  sont  ceux  ramenés  par  Asce- 
lin,  et  que  la  lettre  du  22  nnvenibre  1218  répond  au  message 
qu'ils  avaient  apporté.  O'autre  part,  Vincent  de  Beau  vais,  dans 
les  chapitres  dont  il  sera  question  plus  \<An,  dit  que  le  voyage 
d'Aseelin  dura  "  trois  ans  et  sept  mois  »  {pcr  aiuios  très 
ac,  VU  menses);  dans  le  E  mari  liistoriarum  du  dominicain 
Jean  de  Columna,  on  a  «  trois  ans  et  quatre  mois  »  (per  très 
annos  et  quatuor  tDcn.scs:  (3|.  Puisque  la  mission  d'Aseelin  est 
revenue  en  juillet-septembre  1218,  et  que  la  lettre  pontificale, 

(1;  Cf.  Chronica  Majnra,  éd.  Luard,  v,  :?7-3i^;  llistorin  Aii;/lorum,  éd.  Kr. 
Jladdcn  (dan.s  /ter.  J{iU.  Med.  Aevi  S.S.).  3  vol.,  IN>;-1«09,  m.  :i8-'3it;  le  para- 
graphe des  Chroniiti  Majurn  est  aussi  reproduit  dans  Rémusat,  Mémoires, 
\"  mémoire,  4".'6.  et  dans  Mon.  lierm.  hist.,  xxvni,  301-3i>2. 

(i)  Cf.  Berger,  /?-■(/.  dinnoci-nt  IV,  n»  J(»2. 

(31  Hnc.  des  hislor.  dej  Gaules,  .xiiu  [IW6],  1U-II5.  Touron,  Hisl.  des  hommes 
Uluslres,  I,  155,  dit  •  trois  ans  et  cinq  mois  ■•;  il  suit  en  principe  Vincent  de 
Beauvais,  mais  je  ne  sais  si  le  clii(Ti-e  qu'il  donne  provient  d'une  autre  leron 
dans  le  texte  de  Vincent  de  Beauvais  ou  d'une  inadvertance. 

['3] 


270  REVUE    DE    L'ORIEXT    CHRÉTIEN. 

qui  n'est  que  du  22  novembre  1248,  tend  plutôt  à  nous  faire 
pencher  en  faveur  de  septeml)re  que  de  juillet,  Ascelin  avait 
dû  partir  en  mars  1215,  tout  comme  Plan  Carpin  et  sans  doute 
André  de  Longjumeau.  Nous  en  conclurons  seulement  qu'In- 
nocent IV,  en  prenant  la  grave  décision  d'approcher  le  souve- 
rain des  Mongols,  crut  assurer  le  succès  de  sa  tentative  en 
dépêchant  simultanément  plusieurs  ambassadeurs  qui  devaient 
choisir,  sans  doute,  des  routes  différentes.  Et  puisqu'il  y  a  deux 
ambassades  confiées  à  des  Dominicains,  nous  inclinerons  désor- 
mais à  admettre  qu'il  y  en  eut  bien  aussi  deux  conliées  à  des 
Franciscains.  Le  P'ranciscain  Laurent  de  Portugal  se  serait  en 
ce  cas  vraiment  mis  en  route  lui  aussi,  vers  le  même  temps  que 
Jean  du  Plan  Carpin  (1).  Mais  alors  que  Jean  du  Plan  Carpin, 
au  dernier  moment,  se  décidait  pour  la  route  de  terre,  Laurent 
de  Portugal  aura  fait  le  <<  passage  »  du  printemps,  tout  comme 
les  deux  chefs  de  mission  dominicains.  Il  est  probable  que  les 
uns  et  les  autres  emportaient  les  mêmes  lettres  d'Innocent  IV, 
à  savoir  les  deux  lettres  ûei  patris  immensa  du  5  mars  1245 
et  Cuni  non  sohun  du  13  mars  1245  destinées  au  «  roi  desTar- 
tares  »,  et  la  lettre  Cum  sinius  super  du  25  mars  1245 
adressée  aux  chefs  de  toutes  les  églises  dissidentes  d'Orient  (2). 


(1)  II  y  aurait  lieu  de  modiller  en  ce  sens  ce  que  j'ai  dit  do  Laurent  de 
Portugal  supra,  p.  6.  Toutefois,  il  ne  laut  plus  invoquer,  en  faveur  du  départ  de 
Laurent  de  Portugal,  l'expérience  qu'il  aurait  acquise  au  cours  de  cette  première 
mission  et  qui  lui  aurait  valu  d'être  nommé  en  1217  légat  du  pape  en  Ûrient 
(cf.  pai-  exemple  Rockhil!,  Huliruck,  .wiv;  aussi  Beazlev,  The.  dawn  of  modem 
geof/raphy,  ii,  277);  comme  l'a  montré  le  P.  Golubovich  (i,  ■21.>21(j;  ii,  350-355;, 
ie  Laurent  qui  fut  légat  en  Orient  au  moins  dès  le  7  juillet  1216  et  qui  devint  en 
1254  le  deuxième  successeur  de  Plan  Carpin  à  l'archevêché  d'Antivari  n'était 
pas  Laurent  de  Portugal,  mais  Laurent  d'Orte  (dans  les  États  romains). 

(2)  Le  retour  d'Ascelin  étant  sûrement  de  l'été  de  1248,  Quétif  et  Echard  (i,  122) 
se  sont  trompés  en  le  faisant  revenir  à  Lyon  à  la  fin  de  1248  ou  au  début  de 
1249;  de  même  Touron,  Hisl.-des  hommea  illustres,  i,155,  et  V Année  dominicaine 
remaniée,  Lyon, ■in-4,  juin  2"  partie  [1893],  580;  cette  opinion  traditionnelle  est 
reproduite  encore  dans  U.  Chevalier.  liépert.,  Bio-Bibliorjr.'^,  345;  elle  résulte 
de  la  durée  du  voyage  et  de  l'idée  inexacte  que  la  mission  était  partie  en  juillet 
1245.  Mais  cette  erreur  est  bien  moins  forte  que  celle  de  Rockhill,  Ituhruck,  xxiv- 
XXV,  et  de  Beazley,  Tlie  lexls  and  versions  of...  Carpini  and...  liuhruquis,  p.  269, 
et  The  dawn  of  modem  <jeoijraphy,  ii,  277,  selon  qui  la  mission  d'Ascelin  ne  serait 
partie  qu'en  1247  pour  ne  revenir  qu'en  1250.  M.  liastoul  parait  bien  avoir  suivi 
Rockhill  ou  Beazley  quand  il  parle  de  la  mission  du  frère  Ascelin  •■  qui  fut 
envoyé,  en  cette  mémo  année  1247,  aux  Mongols  de  la  Perse  ».  Cette  erreur  est 

[74] 


LKS    MO.MiOl-S    |;T    LA    PAPALTK.  "271 

Et  nous  comjirendrons  alors  la  plirase  ilu  contemporain  Nico- 
las de  Caivi,  si  bien  informé,  et  qui,  dans  sa  Vita  Innocen- 
ta IV,  après  avoir  célébré  les  mérites  de  Jean  du  Plan  Carpin 
lors  de  sa  mission  auprès  des  Mongols,  ajoute  :  «  Hic  solus  ad 
ipsorum  Itei^eni  pervenit,  cum  plurimi  hoc  tentassent,  nec 
unquam  ipsum  atl ingère  potuissent,  et  propter  ipsius  dlstan- 
tiam.  qui  erat  in  ultima  parte  sui  exercitus  constitiitns,  (jui 
quidem  exercitus  in  longum  nimiuni  tendebatur  (1).  «S'il  n"y 
avait  eu  que  Plan  Carpin  et  Ascelin  à  tenter  d'entrer  en  rap- 
ports avec  le  grand  khan, /)/?/;•<"//(<  ne  s'expliquerait  pas. 


Ainsi  la  mission  d'Ascelin  est  bien  de  1-215-1248;  nous  avons 
pu  le  confirmer  par  Mathieu  de  Paris  et  par  les  Registres  d'In- 

.■  nocent  IV.  Mais  l'histoire  même  de  la  mission  nous  est 
connue  à  peu  prés  exelusivemcnl  par  Vincent  de  Beauvais,  qui 

■  a  inséré  dans  son  Spéculum  liistoriale  une  bonne  partie  du 
livrç  écrit   au  retour  de  la  mission  par  un  de  ses  membres, 

'  (l'.iilleurs  ancienne.  On  la  trouve  déjà  dans  Paolo  Pansa  {Vita  dcl  t/ran  Ponlefice 
liinocenziù  i/uarlo,  Venise,  159S,  in-4,  p.  98:  cf.  d'Avezac,  iv,  iOi),  et  dans  la 
•  i-i'i-dition  de  Uamusio  de  1571  légalement  dans  celle  de  UKXi,  n,  f°  2:53  V).  De 
même,  dans  son  Traité  /Irs  Turlans  publié  en  1634  (rééd.  du  recueil  de  Vai/iif/es 
de  Berporon  parue  à  La  Haye,  173.J,  in-1,  p.  l-.'i,  Pierre  Bergeron  donne  à  tort 
1247-1251  comme  dates  delà  mis.«ion  d'.Vscelin  (mais  on  a  I2lii  pour  la  date  du 
. '  départ  de  Plan  Carpin  et  dWscelin  dans  l'avertissement  que  le  mémo  Bergeron 
5  met  en  tète  de  leurs  voyages).  Pétis  de  la  Croi.x,  JJisl.  du  i/raml  Genghizcan, 
'i  1710,  in-S,  p.  551,  fait  aussi  envoyer  .\scelin  chez  les  Mongols  en  1247  (et  par  le 
Pape  .lean  IV  :  lire  Innocent  IV).  L'erreur  s'est  précisée  davantage  chez  de  Guignes, 
Hist.  'jèni-rale  des  llunn,  m  [1757^,  118,  pour  qui  Ascelin  et  ses  compagnons  se 
sont  mis  en  route  en  aoOt  1247:  il  a  mal  copié  Dergeron  qui,  dans  son  édition  de 
Plan  Carpin  et  d'Ascelin  (col.  •r7,  indiquait  (faussement)  août  1247  pour  la  date 
de  l'arrivéedes  missionnaires  chez  Baiju.  D'Olisson  (lllii.  des  .J/o/i'/o/x,  ii,  209)  aà 
son  tour  faussement  daté  de  1246  le  dép;irt  de  Plan  Carpin  et  celui  d'Ascelin;  il 
a  été  suivi,  pour  Ascelin,  par  Bretschneider  {Med.  Rcsearclies,  i,  113,  16(i),  qui 
croit  en  outre  à  tort  que  le  nom  de  Baiju  était  alors  connu  en  Europe  et 
qu'Asoelin  était  nommément  envoyé  à  ce  général  mongol;  or  Ascelin  a  déclaré 
à  Baiju.  non  sans  soulever  l'indignation  de  ccluiKïi,  que  le  pape  ignorait  non 
seulement  son  nom,  mais  aussi  celui  de  Batu  et  même  celui  du  grand  khan 
(Vincent  de  Beauvais.  x.xxii,  pp.  40  et  46).  On  verra  plus  loin  que  la  date  inexacte 
de  I246  pour  le  départ  de  Jean  du  Plan  Carpin  et  d'Ascelin  se  trouve  déjii  au 
moyen  âge  chez  Ptolémée  de  Lucques  et  chez  Paulin  de  Venise. 

(I)  Cf.  Nicolas  de  Curbio  [tire  Carbio  =  Calvi),  Vita  Innocenta  IV,  dans  Baluzc, 
AliiccUanen,  éd.  Mansi  de  I76I,  i,  \'J^,  et  dans  Muratori,  .55.,  III,  i,  .")'.»2. 


H 


i 


272  REVUE    DE    l'orient   CHRÉTIEN. 

Simon  de  Saint-(>,>uentin.  Malheureusement  l'ouvrage  original 
de  Simon  de  Saint-<>!uentin  est  perdu  (1),  et  bien  que  Vincent  de 
Beauvais  en  transcrive  expressément  des  chapitres  entiers, 
il  ne  se  fait  pas  taule  souvent  d'en  reproduire  d'autres  sans 
indication  de  sources,  ou  encore  il  introduit  des  plirases  qui 
doivent  venir  de  Simon  au  milieu  d'informations  d'une  autre 
origine;  enfin  des  chapitres  empruntés  sans  mot  dire  à  Simon 
de  Saint-Quentin  s'intercalent  parfois  au  milieu  de  ceux  que 
Vincent  de  Beauvais  a  copiés  intégralement  dans  le  récit  de 
Jean  du  Plan  Carpin  (2). 

Il  y  aurait  un  intérêt  très  réel  à  extraire  et  à  commenter  teiut 

(l)Enileliorsde  Vincent  de  Beauvais.  on  noconnait  aucune  mention  del'ouvrage 
de  Simon  de  .Siiint-Quontin.  Je  crois  pouvoir  cependant,  grâce  à  une  indication 
du  P.  Mandonnct,  citer  une  autre  personne  qui  l'a  possédé.  Robert  Davidsohn, 
Forschuni/nn  :wr  Oeschicldc  von  Florent,  4°  partie,  Herlin,  1908,  in-8,  pp.  88-89,  a 
public'  un  sermon  prononcé  à  Pise,  en  l'honneur  do  saint  Dominique,  par  Frédéric 
Visconti  (|ui,  après  avoir  participé  au  concile  de  Lyon  en  1245,  était  devenu  en 
1251  archevêque  de  Pise.  On  y  lit  entre  autres  ceci  :  ■■  Item,  sicut  lux  totum 
nmndum  illuminât,  ita  ipse  totum  niundum  illuniinavit  sua  predicatione.  Non 
enini  est  gens,  ad  quam  non  iverunt  predicatores  jiredicare  verbum  Dei  et  ilUi- 
minare  corda  eorum  in  fide  et  etiam  ad  ïarlaros  iverunt,  redeuntes  ad  Dominum 
papara  Innocentium  IlIItum  apud  Lugudunum  (!)  et  déférentes  vitam  et  moros 
eorum  scriptos  in  quodam  libello,  quem  idem  dorninus  papa  nabis  dédit...  » 
L'ouvrage  de  Plan  Carpin  est  exclu  puisqu'il  s'agit  de  Dominicains.  .Rieu  ne 
montre  qu'André  de  Longjumeau  ait  écrit  un  livre  sur  les  Mongolsau  retour  de 
son  voyage  de  1245-1217.  Il  est  donc  probable  que  le  lihellvs  remis  par  le  pape 
à  Frédéric  Visconti  était  le  livre  de  Simon  de  Saint-Quentin.  J'ajouterai  qu'il 
y  a  eu  peu  après  cette  date  un  autre  opuscule  consacré  aux  Mongols  {vnum 
psaltdr'mm  ilc  vita  el  moiùbus  Tarifirurum)  que  les  Cliroiiica  Johannis  de  O.vcnedes 
ou  Chronicn  flulmensis  (édition  Ellis,  IR59,  p.  197)  disent  avoir  été  envoyé  en  12.58 
à  Simon  de  Moiitfort,  comte  de  Leicesler;  elles  ajoutent  qu'on  peut  le  lire  dans 
les  Addilamcnlu  de  Mathieu  de  Paris;  mais  la  description  qu'elles  en  donnent 
ne  correspond  à  rien  de  ce  que  je  trou\'e  soit  dans  les  Chronica  Majora  elles- 
mêmes,  soit  dans  les  Addilamriita. 

(2)  Le  résultat  a  été  qu'on  a  parfois  attribué  à  Plan  Carpin  des  informations 
de  Simon  et  vice  versa.  Je  dirai  un  mot  plus  loin  des  e.xti'aordinaircs  confusions 
commises  par  B/.owsUi  et  à  sa  suite  par  Fontana.  L'un  des  cas  les  plus  remar- 
quables d'erreurs  analogues  chez  les  érudits  du  x[x°  siècle  est  celui  de  WolIT, 
deiic/dchte  der  Monyolen,  p.  387;  Wolff  fait  d'Ascelin  un  compagnon  de  Plan 
Carpin.  De  même  les  cha,pitres  que  Fejér,  dans  le  t.  IV  de  son  Codex  diploma- 
ticus  Huiif/arine.  reproduit  sous  le  nom  d'Ascelin  sont  en  réalité  des  chapitres  de 
Plan  Carpin  pris  chez  Vincent  de  Beauvais.  Pour  des  cas  plus  anciens  de  cette 
même  erreur,  cf.  d'Avezac,  iv,  46.5-4(30.  Il  traîne  parfois  (|ue  Vincent  de  Beauvais 
a  eu  des  renseignements  oraux  de  Simon  de  Saint-Quentin;  je  crois  bien  que 
l'initiateur  de  cotte  opinion  est  Bergeron,  dans  son  avertissement  mis  en  tète 
des  voyages  de  Plan  Carpin  et  d'Ascelin;  elle  ne  repose  sur  rien. 

[76] 


I 


l.KS    MONliULS    ET    LA    l'APALTi;.  «'TS 

ce  que  Vincent  de  Beauvais  a  copié  dans  l'nuvrage  perdu  de 
Simon  de  Saint-CJuontin.  Dès  l.'iST,  les  chapitres  de  Vincent 
de  Beauvais  empruntés  à  Jean  du  Plan  Carpin  et  à  Simon  de 
Saint-Quentin  ont  été  réunis  dans  un  volume  publié  à  VenistM  1  ). 
Les  rééditeurs  de  Haniusio  en  ITiT  I,  puis  Keineke,  Bergerun 
ont  suivi  cet  exemple  (i).  Mais  il  s'en  faut  que  ces  compilateurs 


I    l'f.  IlilA.  Sin.  -,  l!>ô<l.  I.'oditour  est  Nicoliiii  (la  Sabio,  et  non  Nicolini  da 
liio  comme  écrit  G.  Pullé,  llist.  Miiii;/al.,  p.  xiv.  Bien  avant  cette  date,  les 
ipitres  de  Vincent  empruntes  à  Jean  du  l'Ian  Carpin  et  à  Simon  de  Saint- 
l'-nlin  avaient  été  copiés  à  part  dans  des  manuscrits  où  étaient  réunies,  entre 
autres,    des   relations    de  voyages   on    Orient.    C'est   ainsi    que   le    mss.    du 
r.rilisli  Muséum  Royal  Coll.,  l'J.  I'.  1,  du  xiv  siècle,  en  français,  donne,  après 
irco  l'olo  et  Odoric  de  Por<lcnone.  les  cliapitresde  Jean  du  Plan  Caipin  et  de 
-  mon  do  Saint-Quentin  insérés  dans  le  Si'ecu/um  histurialc;  vient  ensuite  le 
ecloire,  c'est-à-dire  le  Direclorium  ad  passogium  fuciendum.  Cf.  Paul  Meyer, 
lis  Arcli.  des  tniss.,   2"   sér.,   m   [1806],  310,  318-319,   ou  Jiapporls  à  M.  le 
'listrc.  etc.,  Paris,  IS71,  in-8, 72-73;  H.  Corclier,  Oduric  de  Pordenone,  CV-CVI 
I  le  manuscrit  est  dit  du  xv*  siècle  et  où  la  mention  des  chapitres  de  Plan 
rpin  est  omise  dans  l'analyse  du  manuscrit  ;  Cli.  Kohler,  dans  /iec.  des  Ilisl. 
•  Croisades,  llist.  nrmeiiiens,  II.  p.  ci.xvni).  En  \H~ti,  Zariickc,  partant  sur  un 
iiseignement  de  Kunstmann  et  faute  de  connaître  le  llupporl  de  Paul  Meyer, 
■yait  qu'après  les  cliapitres  relatifs  à  Plan  Carpin  et  Ascelin  venait  dans  le 
anuscrit  du  Hritish  Muséum  une  description  de  l'Egypte  qui,  bien  que  man- 
quant chez  Vincent  de  Beauvais,   faisait  encore  partie   do  l'historique  <le  la 
même  mission,  et  il  se  demandait  si  on  avait  là  le  texte  complet  de  la  relation  de 
-inon  de  Saint-Quentin  (Der  Priesler  Johannes,  ii,  71);  Zarncke  y  cherchait  un 
-•ument  pour  sa  théorie,  inadmissible  à  mon  sons,  selon  laquelle  les  lettres  des 
iiirs  et  princes  de  Syrie  insérées  dans  les  Itegisires  d'Innocent  IV  parmi  les 
'très  curialcs   de  la  4'  année  et  qu'il  croyait  provenir  en  partie  <rÉgypte 
iraient  été  rapportées  parla  mission  d'A.scclin  (cf.  sur  ces  lettres  supra,  pp.  30, 
-16  et  iiifra  pp.  100-101).  Mais  la  prétondue  description  de  l'Egypte  n'est  autre 
I.-  le  Directoire  présenté  à  Philippe  VI  de  Valois  en  1332  et  traduit  en  français 
:iinéo  suivante  par  Jean  ilu  Vignay.  C'est  aussi  à  Jean  du  Vignay  qu'est  due  la 
!  iduction  dos  chapitres  de  Vincent  relatifs  à  la  mission  d'Ascelin;  mais  il  leur 
nno  un   début  bien  singulier  (P.  Moyer,  Arch.  des  miss.,  2'  sér.,  m,  318)  : 
VA  piemier  an  do  Innocent  le  pape  le  quart  de  cesti  nom,  et  en  l'an.  XXXIII. 
de  l'ompièro  Federic  le  second,  qui  fu  l'an  de  grâce  mil.  CC.  et.  XLIII.  celi  pape 
Innocent  envoya  frère   .Vscelin    de  l'ordre   des    prescheurs   avec.    III.   autres 
frères  •,  etc.;  la  suite  est  conforme  au  texte  do  Vincent  de  Beauvais.  Cette  addi- 
tion malencontreuse,  qui  date  de   1243  le  départ  d'.\scelin,  est  d'autant  moins 
explicable  que  Jean  du  Vignay  a  trailuit  en  français  tout  \c  Spéculum  historiale, 
lequel,  ainsi  qu'on  le  verra,  implique  qu'Ascelin  soit  parti  en  1215  tout  comme 
Plan  Carpin. 

(2)  Cf.  BiU.  Sin.-,  1960-1961.  J'écris  volontairement  Keineke  le  nom  allemand 
de  Heineccius,  au  lieu  du  Rcineck  de  d'Avezac,  434,  et  de  Golubovich,  i,  199, 
du  Reinecke  de  d'Avezac,  4U,  et  de  Beaziey,  The  lexts  and  versions,  270, 
ou  du  Reinicke  de  Krause,  dans  .Milteil.  d.  Sein.  f.  Or.  Spr.,  XXVI-XXVII.  i,47. 

[77] 

ORIENT  ClinÉTIEX.  18 


274  REVUE    DE    l'orient   CHRÉTIEN. 

aient  pris  d;ins  Vincent  tout  ce  qu'il  doit  au  conipai;non  d'As-| 
celin.  Non  inoins  incomplète  est  la  liste  des  chapitres  dus  à] 
Simon  de  Saint-Quentin  qui  est  insért'e  dans  Cordier,  Bibl. 
Sinica-,  col.  1960.  Les  deux  meilleurs  tableaux  des  emprunts! 
de  Vincent  à  Simon  sont  ceux  de  Fr.  Zarncke  en  1876  (1)  et 
de  M.  Beazley  en  1903  (2)  (celui-ci  repris  par  M.  Umiiiski  en 
1922)  (3);  encore  sont-ils  très  incomplets  et  assez  erronés  (4). 
Par  une  malchance  singulière,  l'étude  qui  nous  manque  a 
été  entreprise  deux  fois,  sans  être  jamais  menée  à  bonne  fin. 
L'Académie  des  Inscriptions  avait  mis  au  concours  pour  le  prix 
Bordin  de  1863  des  Recherches  sur  les  sources  du  Spéculum 
historiale;  le  prix  fut  décerné  à  E.  Boutaric,  dont  le  manuscrit, 
en  deux  volumes  in-folio,  se  trouve  aux  archives  de  l'Aca- 
démie, mais  n'a  pas  été  imprimé  (5).  Il  ne  mérite  plus  de  l'être, 
tant  à  raison  des  progrès  faits  depuis  lors  par  les  études  histo- 
riques que  d'erreurs,  de  lacunes  et  de  contradictions  que  le 
temps  écoulé  n'explique  pas.  Les  passages  consacrés  par  Boutaric 
à  Simon  de  Saint-Quentin  sont  nu  t.  II,  pp.  3II-3I9.  Boutaric 
admet  que  Simon  a  dû  laisser  un  ouvrage  assez  considérable, 
car  Vincent  de  Beauvais  l'appelle  «  liber  »,  au  lieu  qu'il  qualifie' 
de  «  libellas  »  l'œuvre  de  Plan  Carpin  (6).  Le  titre  de  l'œuvre 


lU'inliard   Reineke  est   en    effet  la    forme   inilii|ué<'  par   \'All!/eme'me   deulsche 
Biographie. 

(1)  Fr.  Zarncke,  Der  Prieslcr  Joliannes,  ■2°  Abhandl.  (extrait  du  t.  VIII  de 
Ahh.  d.  phil.-hist.  Cl.  d.  Km.-S'iiclis.  Ges.  d.  Wiss.,  Leij3zig,  1876),  p.  64. 

(2)  'Ihe  Irxts  and  versions  ofjo/m  de  Piano  C^irjiini  and  William  de  Ihiliru- 
i/uis,  Londres,  Hakluyt  Society,  Extra  volume,  190o,  iu-S,  p.  270.  et  Enri/cln- 
paedia  Britannica  ",  art.  Simon  of  Saint-Quentin. 

(3)  NiKhezpieczenstwo,  p.  62,  copiant  l'article  de  Beazley  de  ï'Encycl.  Urilannica. 

(4)  Quand  Guigniaut  et  de  W'ailly  ont  publié  en  1855,  dans  le  t.  XXI  du  Rcc, 
des  kisl.  des  Gaules  et  de  la  France,  des  extraits  du  Spéculum  liistoriale,  ils  ont 
si")écifii;  (p.  71)  qu'ils  laissaient  de  coté  ce  qui  concernait  les  missions  chez  les 
.Mongols,  parce  que  ces  passages  relevaient  plutôt  de  l'histoire  des  croisades. 
Jlais  les  rédacteurs  du  Recueil  des  historiens  des  croisades,  aujourd'hui  d'ailleurs 
abandonné,  n'ont  pas  entrepris  le  travail  qu'on  paraissait  ainsi  leur  réserver. 

(5)  Cl',  aussi  Comptes  rendus  de  l'Ac.  (tes-  Jnscr.,  186'3,  pp.  157-158.  U.  Chevalier 
se  trompe  (juand,  dans  son  Répertoire,  Bio-Bibliogr.-,  col.  4683,  il  indique 
comme  imprimé  «  Boutaric  (Edg.),  Examen  des  sources  du  Spéculum  hiUorlale 
de  ]'incenl  de  Beauvais,  Paris,  18(33,  in-8  ». 

(0)  Dans  son  livre  XXXII,  ch.  2,  Vincent  de  Beauvais  qualifie  de  lihelius  histo- 
rinlis  l'ouvrage  de  Jean  du  Plan  Carpin;  il  parle  à  nouveau  du  lihelius  du  l'ivre 
.leaii  au  livre  .KXXII,  ch.  25,  et  c'est  là  aussi  qu'il  emploie  liber  à  propos  du  livre 

[TS] 


Li;.s  Mo.\i.i'i..s  i;t  la  tai-alti;.  -J/o 

lui  imrail  incertain;  à  la  p.  :51>',  il  duute  (Je  «olui  de  Gesla  '/'ai  - 
taiitvuin,  parce  que  Simon  «s'est  surtuut  proposé  de  raconter 
son  voyage,  et  il  ne  rejrarde  les  déxeloppemcnts  Iwsturiques 
diins  lesquels  il  croit  devoir  entrer  que  comme  un  accessoire  ». 
Alais  en  réalité  \'incont  n'emploie  pas  formellement  le  titre  de 
Gfsld  '/'(irtaniruin:  dans  le  livre  XWII,  cli.  '2,  il  dit  seulement 
que  de  frère  Simon  de  Saint-Quentin  yesta  Turtaroram  accepi, 
et  qu'il  les  a  insérés  en  divers  lieux  dans  les  parties  précédentes 
de  son  pmpre  ouvrage;  à  la  fin  du  même  cliapitre  il  ajoute 
qu'il  a  joint  à  son  livre,  ffuasi  per  cpilogum,  des  extraits  de 
Plan  (arpin,  ad  supplcmentum  eorum  que  désuni  in  prcdicla 
l'inlris  S;/nionis  liystovia.  Ov  il  y  a  au  livre  XXXI  quatre 
chapitres  (93  à  98)  qui  c< incernent  les  Géorgiens  et  les  Armé'- 
niens,  et  à  la  fin  du  premier  de  ces  chapitres  se  trouve  une 
indication  de  source  «  Ex  hi?'x)ria  Tarlarorum  »  qui  vaul  aussi 
pour  les  chapitres  suivants.  Comme  ou  le  verra  plus  loin, 
l'itinéraire  d'Ascelin  l'a  fait  passer,  au  moins  à  l'aller,  par 
l'Arménie  et  la  Géorgie,  et  il  n'est  pas  douteux  ([ue  ces  quatre 
chapitres  sont  tirés  de  l'ouvrage  de  Simon  de  Saint-Quentin  ; 
ce  sont  là  certains  des  chapitres  antiTieurs  que  \  incent  vise  dans 
son  livre  XXXII.  Les  vraisemblances  sont,  donc,  à  mon  sens. 


tlf  Simon  lie  Saint-Quentin.  Je  ne  crois  pas  qu'il  y  ait  ti'op  lieu  de  s'arrêter  à 
cette  distinction.  liien  que  (jualifié  aussi  de  lihellus  par  les  Annales  S.  Pantaleo- 
nis  itioUiliovich,  I,  p.  2U),  l'ouvriige  de  Plan  Carpin  est  considérable,  et  Salin»- 
boiip  l'appelle  plus  justement  ■  mar/nus  liber  •  (cf.  déjà  d'Avezac,  p.  0'J8).  .Sans 
doute  Vincent  de  Beauvais  a  emprunté  davanla^'o  au  livre  du  frère  Simon; 
mais  c'est  que  celui-ci  était  dominicain  comme  lui,  au  lieu  que  Plan  Carpin 
'  franciscain;  et  d'ailleurs  Vincent  a  peut-être  connu  l'ouvrage  de  Simon 
^  lint-Qiientin  avant  celui  de  Plan  Carpin.  Si  l'ouvraj^'p  visé  dans  le  sermon 
lie  l'rédcM'ic  Visconti  est  bien,  comme  je  le  crois,  celui  du  frère  Simon,  on 
notera  que  \isconti  l'appelle  lihellus.  Et  Vincent  de  Beauvais  lui-même,  dans  ce 
roèiiie  chapitre  2,-j  du  livre  XX.VJI  où  il  a  parlé  du  liliellus  de  Plan  Carpin  et  du 
lilifr  du  frère  Simon,  déclare  dans  une  phrase  finale  qu'à  l'occasion  il  a  tiré 
certiiins  récits  •  lU-  ulrof/uc  lihcllo  •.  Vincent  parait  donc  avoir  employé  indiffé- 
remment l'nne  ou  l'autre  expression,  et  tout  ce  que  nous  retiendrons  des 
remarques  ci-dessus,  c'est  que  l'ouvrage  de  Simon  de  Saint-Quentin  devait  être 
assez,  détaillé:  Boutaric  n'a  d'ailleurs  pas  dit  autre  chose.  11  se  peut  enfin 
que  Vincent  de  Beauvais  et  les  Annales  de  Saint-Panlnléon  ne  visent  que  le 
premier  état,  le  moins  développé,  de  l'œuvre  de  Plan  Carpin:  sur  ce  premier 
clat,  cf.  «iohibovich,  i.  pp.  198,  200;  mais  en  ce  cas,  ce  premier  étal  ne  s^-rait  pas 
la  recension  publiée  par  le  P.  Golubovicli,  i,  pp.  iOi-".'P-',  car  il  manque  à  celte 
PDcension  bien  des  passages  qu'on  trouve  chez  Vincent  de  Beauvais. 

[79] 


276  REVUE    DE    l'orient    CHRÉTIEN'. 

pour  que  le  livre  de  Simon  ait  porté  le  titre  A'Historia  Tartaro- 
riim,  et  en  tout  cas  il  y  était  bien  question  d'Iiistoire  (1).  Bou- 
taric  lui-même  attribue  d'ailleurs  au  frère  Simon  ces  chapitres 
expressément  tirés  de  YHistoria  Tartaronnn.  En  outre,  et 
un  peu  en  contradiction  avec  ce  qui  précède,  il  suppose  (p.  319) 
que  l'ouvrage  de  Simon,  comme  celui  de  Jean  du  Plan  Carpin, 
était  divisé  en  deux  parties,  dont  la  première  était  la  relation 
du  voyage  (livre  XXXII,  ch.  10  à  52  du  Spéculum  histo- 
riale)  (2),  et  la  deuxième  était  consacrée  x)  aux  mœurs  desTar- 
tares  (livre  XXX,  ch.  71,  72,  73,  75,  76,  77,  78,  79,  85,  86, 
87;  XXXII,  31)  et  (3)  à  la  suite  chronologique  des  événements 
(livre  XXX,  ch.  69;  XXXI,  95,  97,  98,  139,  140,  147,  148,  1 19, 
150,  151  ;  XXXII,  26,  27,  28,  29,  32).  Il  y  aurait  pas  mal  à  dire 
sur  le  détiiil  de  cette  liste  (3),  mais  il  est  [certain  d'une  part 
que  Simon  racontait  liien  le  voyage,  et  d'autre  part  il  parle 
des  mœurs  des  Tartares  et  de  leur  histoire,  en  particulier 
de  leur  conquête  ;  la  division  proposée  par  Boutaric  est  donc 
vraisemblable.  En  définitive,  Boutaric,  sans  distinguer  entre 
les  chapitres  qui  sont  pris  à  une  seule  source  et  ceux  où 
plusieurs  sources  sont  combinées,  attribue  à  Simon  de  Saint- 
Quentin    les   chapitres    suivants    du    Speculuin    historiale 

Livre  XXX,  rh.  69  à  73,  75  à  79,  85  à  89. 

Livre  XXXI,  ch.  95  à  98,  139  à  147,  149  à  151. 

Livre  XXXII,  ch.  26  à  29,  32,  34,  40  à  52(4). 


(1)  A  la  fin  du  livre  XXXII,  cli.  hi,   Vincent   de  Beauvais  s'exprime  ainsi 

•  Hec  de  Tartai-orum  gestis  et  itinere  Fralrum  Predicatorum  atque  Minorum 
ad  exercitum  eorum  ad  presens  dicta  sufficiant.  »  Ceci  confirme  bien  que  le 
(jesla  Tarlaroruin  du  livre  XXXII,  ch.  2,  a  grandes  chances  de  ne  pas  être  un 
titre  d'ouvrage. 

(2)  Boutaric  s'est  servi  do  l'édition  latine  de  Douai,  1624,  qui  est  en  31  livres; 
de  ini"'me  Cordier,  Bihl.  Sin.  -,  col.  1960,  cite  l'édition  française  d'Anthoine 
Verard,  1495-1490,  en  31  livres.  Mais  j'ai  rétabli  la  numérotation  des  livres 
d'après  la  rocension  en  32  livres. 

(3)  C'est  ainsi  qu'il  n'est  pas  question  dans  cette  liste  du  livre  XXX,  ch.  70, 
c'est-à-dire  du  ch.  sur  Rabban-ata  reproduit  plus  haut  (p.  43)  et  qui  est 
sûrement  du  à  Simon  de  Saint-Quentin,  comme  Boutaric  d'ailleurs  le  dit  en  un 
autre  endroit.  De  même  manquent  ici  les  ch.  8S  et  S9  du  livre  XX.X  et  les 
ch.  96  et  141  à  1 16  du  livre  XX.K.I  qu'il  attribue  ailleurs  à  Simon  do  Saint 
Quentin;  par  contre,  on  y  trouve  le  ch.  148  du  livre  XXXI qui  ne  concerne  pas 
l'Orient  et  n'a  rien  à  voir  avec  le  frère  Simon. 

(4)  Boutaric  conclut  que  l'ouvrage  de  Simon  de  Saint-Quentin,  dont  il  souhaitf 


LES    .MO.MiOI.S    KT    I.A    l'APACTE.  •.' (  / 

Vincent  de  Beauvais  devait  revenir  une  seconde  fois  devant 
l'Académie  des  Inscriptions.  En  1905,  un  mémoire  inachevé 
laissé  par  A.  Moiinier  et  intitulé  Élude  sur  les  trois  derniers 
lirres  du  Miroir  Historial  de  Vincent  de  lieauvais  fut  pré- 
senté pour  le  jirix  extraordinaire  Bordin  et  couronné  (1). 
Paul  Meyer  désirait  faire  paraître  ce  travail  dans  les  Notices  et 
Extraits  et  avait  demandé  à  M.  Cii.  Bi'niont  de  le  meltro  au 
point;  celui-ci  s'était  récusé  et  avait  passé  le  manuscrit  à 
Ci).  Kohier,  lequel  mourut  sans  s'en  être  occupé.  Le  manuscrit, 
que  i'obliireance  de  M.  Bémont  m'a  permis  de  retrouver,  est 
aujourdiiui  conservé  dans  les  archives  de  l'Académie  des  Ins- 
criptions et  Belles-Lettres.  Pas  plus  que  le  travail  do  Boutaric, 
celui  de  Moiinier  n'est  aujourd'hui  publiable;  il  faudrait  le 
refondre  presque  entièrement.  Du  moins  vaut-il  de  résumer 
ici  les  conclusions  auxquelles  Moiinier  avait  abouti  pour  les 
chapitres  empruntés  à  Simon  de  Saint-Quentin  uu  à  Plan 
Carpin  et  pour  quelques  autres  où  il  est  aussi  question  des 
Mongols. 

Livre  XXX  'i),  ch.  69.  —  Les  ch.  G9  et  suivants  où  il  est 
question  des  «  Tartares  »  doivent  être  empruntés  à  VHistoria 
(ou  Gestn  Tart'irorum  de  Simon  de  Saint-Quentin,  dont  nous 
pouvons  aflirmer  qu'il  n'en  existe  [=  de  manuscrit]  ni  en 
France  ni  à  Rome. 

Ch.  70.  Sur  Rabbanta  (note  ajoutée  :  «  mieux  Rabban- 
Iia  »)  (3).  Doit  être  de  Simon. 

Ch.  71.  De  Simon,  sauf  une  phrase  de  Plan  Carpin. 


à  bon  droit  une  édition  critique,  est  •  tout  aussi  curieu.x  que  celui  de  .Jean  du 
n m  Carpin  et  plus  important  au  point  de  vue  historique  ix  cause  des  nombreux 

- 'ignonaents  qu'il  contient  •.  Pour  s'exprimer  ainsi,  et  quelque  intéressants 
.,...  soient  les  fragments  du  frère  Simon,  il  semblerait  que  Boutaric  ne  connût 
l'ouvrage  de  Plan  Carpin  que  par  les  extraits  qu'en  donne  Vincent  de  Beauvais. 

!  ■  Cf.  Comptes  rendus  de  l'Ac.  des  Inscr.  et  B.-L.,  1!KJ5,  séance  du  7  juillet  1!XS, 

J  Tout  comme  Boutaric,  Moiinior  se  servait  d'une  édition  en  31  livres;  ici 
>i.-ore  j'ai  rétabli  la  nuiiiérotatioa  conformément  à  la  recension  en  32  livres. 

l3i  -  Rabban-lra  •  doit  être  un  lapsus  pour  ■  Rabban-.\ra  -.  Ainsi  Moiinier 

avait  déjà  identifié,  avant  M.  Ra.sloul  et  avant  moi,  le  Ualdian-aia  do  Vincent  de 

Beauvais  i  Rabbanta  est  la  mauvai.se  leoon  de  l'édition  dont  il  se  servait)  et  le 

Ratian-Ara  des  fteyistres  d'Innocent  IV.  Jlais  il  se  trompait  en  donnant  la  pré- 

nce  à  la  leçon  des  ReyUlres.  Cf.  supra,  pp.  I(M1. 

[81] 


278  revi-'f;  de  l'orient  chrétiex. 

Ch.  7-2.  De  Plan  Carpin. 

Ch.  73.  Le  début  est  de  Plan  Carpin.  La  suite  parait  être  de 
Simon. 

Ch.  74.  Est  de  Simon,  sauf  un  passag-e  de  l'Ian  Carpin. 

Ch.  75.  Probablement  de  Simon. 

Ch.  76.  Sans  doute  tout  de  Simon.  Est  parfois  mêmeen  con-' 
tradiction  avec  Plan  Carpin. 

Ch.  77.  De  Simon,  sauf  un  passage  de  Plan  Carpin. 

Ch.  78.  De  Simon,  sauf  quelques  phrases;  il  y  est  fait  for- 
mellement mention  des  Dominicains. 

Ch.  79.  Sans  doute  tout  de  Simon. 

Ch.  80.  De  Plan  Carpin. 

Ch.  81.  Doit  être  tout  de  Simon. 

Ch.  82.  Le  début  est  de  Plan  Carpin.  La  fin  est  sans  doute  de 
Simon. 

Ch.  83.  Est  partie  de  I^lan  Carpin,  partie  de  Simon. 

Ch.  84.  Est  de  Simon,  sauf  la  phrase  finale  empruntée  à  Plan 
Carpin. 

Ch.  85.  En  majeure  partie  de  Simon.  La  fin,  depuis  Et  viri 
quidem  eoniin  est  de  Plan  Carpin,  sauf  deux  incises  (inter  se 
luctantur  eXutrique  muliunt  iJi  equitando...) 

Ch.  86.  Le  V  paragraphe  est  de  Plan  Carpin;  les  2''  et 
3=  sont  sans  doute  de  Simon. 

Ch.  87.  Doit  être  tout  de  Simon. 

Ch.  88.  Doit  être  tout  de  Simon. 

Ch.  89.  Le  l"'  paragraphe  doit  être  de  Simon.  Le  2''  est  de 
Vincent,  qui  cite  VHisloria  scolastica  {=  Migne,  Pair,  lat., 
CXCVIIL    1408).  Pour  la  suite  de  la  légende  d'Alexandre  le 
Grand   chez  Vincent,    cf.   P.   Meyer,  Alexandre    le   Grand,' 
pp.  386-389. 

Livre  XXXI,  ch.  95.  «  Ex  historia  Tartarorum  ».  Est  donc 
de  Simon. 

Ch.  96  à  98.  Également  de  Simon. 

Ch.  139  à  1 17.  Sont  de  Simon.  Guillaume  deNangis  a  utilisé 
les  ch.  146  et  L47. 

Ch.  119.  «  Ex.  historia  Francorum  ».  Ce  titre  est  fautif.  Le 
mss.  Latin  11728  de  la  Bibl.  Nat.,  fol.  304,  a  correctement  «  Ex 
historia  Tartarorum  ».  Est  donc  bien  de  Simon;  mais  la  fin  est 

m: 


I.KS    MOXliiiLS    ET    LA    PAr.VLTl':.  279 

^c  Plan  Carpin.  iniillaumo  de  Nangis  a  résumé  le  déliut  ^1). 

Ch.  150  et  loi.  Kfîaleiuent  de  Simon. 

Livre  X.Wll.  i  li.  2.  .Mentionne  Simon  de  Saint-Quentin  et 
Jean  du  l'ian  Carpin  onmuie  ses  sources  piour  les  «  Tartaros  ». 

("il.  'A  à  '20.  Sont  de  Flan  ("arpin. 

Ch.  2G  à  29.  Sont  de  Simon. 

Cil.  :?Oot:!l.  De  IMan  Carpin. 

Ch.  M.  IV  Simon. 

Ch.  S3.  De  Plan  Carpin. 

Ch.  3-1.  De  Simon. 

Cil.  A:<d  ;]".».  De  Plan  Carpin. 

Ch.  10  à  52.  De  Simon. 

Ch.  89  et  suiv.  Peut-être  \incent  a-t-il  connu  .\ndré  de 
Long-jumeau.  En  tout  cas,  il  a  copie  littéralement  une  partie 
de  la  lettre  dOdon  de  Chiiteauroux. 

('il.  94.  Les  détails  de  la  fin  doivent  être  pris  dans  la  lettre 
de  saint  Louis  à  la  reine  Blanche  sur  la  mission  d'André  de 
Longjumeau,  et  sans  doute  aussi  le  début  du  chapitre. 
Guillaume  de  Naniris  a  à  son  tour  copié  tout  cela  chez  Vincent. 
Pour  la  différence  delà  fin  entre  <■  Andréas  cum  daoinisser- 
vioi/ibvs  rpf/is  »  de  Vincent  et  «  ciim  ditohus  aliis  frabibus 
ejuiidein  ordinis  c'(  duohns  tlericis  oc  duohus  serriendhns  »  de 
Nangis,  peut-être  quelques  mots  sont-ils  tombés  dans  l'édition 
de  Vincent  par  suite  d'un  bourdon  (2).  En  somme,  pnur  ce 
chapitre,  Guillaumaa  utilisé  directement  le  S/>'-'idiim  hislo- 
riale. 

Ch.  95.  Est  pris  de  la  lettre  d'Odon  de  Chàteaumu.x. 

Ch.  96.  Pris  en  grande  partie  de  la  lettre  d'' 'don  de  Chà- 
teauroux.  Se  retrouve  à  peine  modifié  chez  Guillaume  de 
\.iiigis. 

Ces  indications  de  .Molinier  donnent  bien  tout  ce  qu'il  est 

n  Les  deux  manuscrits  que  J'ai  consultés  à  la  BibL  Nat.,  Lat.  -1898  el.Lat. 
;  «"I,  ont  bien  tous  deux  •  E.\  liistoria  Tartarorum  -. 

Ji  II  ne  faut  pas  oublier  que  le  travail  de  .Molinier  est  resté  inachevé,  et  il  eût 
C'^rt.oinement  vcjrifiû  son  hypothèse  avant  de  livrer  son  manuscrit  à  l'impression. 
En  fait  sa  conjecture  est  juste.  Les  uiss.  Latin  I8!J8  et  lîJ'i'i  de  la  Bibl.  Nat..  que 
j'ai  consultés,  de  mèuie  que  l'édition  de  Vincent  dont  je  me  sers  et  qui  est  celle 
de  Nuremberg,  M&j,  ont  bien  les  mois  qui  manquaient  à  l'édition  que  .Molinier 
a  utilisée. 

[83] 


280  REVUE    DE    l'orient    CIIRÉTIEX. 

possible  irattribuer  à  Simon  de  Saint-Quentin  dans  le  Spéculum 
hisliiiiule.  Elles  sont  mêmes  parfois  trop  généreuses.  C'est 
ainsi  que  Molinier  considère  comme  tiré  de  Simon  tout  le 
ch.  81  du  livre  XXX;  mais  un  tiers  environ  de  ce  chapitre  est 
pris  de  Plan  Carpin,  éd.  d'Avezac,  pp.  720-721  et  730-731  (1). 
Quoi  qu'il  en  soit  de  quelques  détails,  aucun  travail  aussi 
sérieux  que  celui  de  Molinier  n'avait  été  fait  avant  lui  sur  le 
même  sujet.  Grâce  à  lui,  la  tâche  est  déblayée  pour  le  futur 
éditeur  des  fragments  de  Simon  de  Saint-Quentin.  F'uissions- 
nous  en  avoir  enfin  une  édition  critique  avant  longtemps  ! 

Vincent  de  Beauvais,  dominicain,  est  mort  vers  1261.  Son 
Spéculum  historiale  a  été  achevé  sans  doute  en  1253  (2).  Il 
avait  reçu  personnellement  de  Simon  de  Saint-Quentin,  Domi- 
nicain lui  aussi  et  l'un  des  compagnons  d'Ascelin,  VHidoria 
Tarlarorum  consacrée  par  le  frère  Simon  à  l'histoire  de  la 
mission  dont  il  avait  fait  partie  et  aux  mœurs  des  Mongols  et' 
autres  peuples  que  la  mission  avait  visités.  Il  semblerait  donc 
que  Vincent  de  Beauvais  dût  nous  renseigner  amplement  sur 
la  composition  de  la  mission,  sur  les  dates  de  son  départ  et  de 
son  retour  et  sur  son  itinéraire.  Mais  Vincent  est  un  compila- 
teur assez  hâtif  et  pas  toujours  sûr.  Les  informations  éparses 
dans  ses  divers  chapitres  sont  parfois  malaisées  à  coordonner 
ou  même  à  concilier.  Sans  m'en  dissimuler  les  incertitudes,  je 
voudrais  tenter  ici  une  mise  au  point  de  ce  qu'il  nous  apprend. 


(1)  Dans  The  tcxls  (nul  versions  of  Piano  de  Carpini,  p.  2G9  et  270,  puis  dans 
son  article  «  Simon  of  Saint-Quentin  »  de  VEncycl.  Brit.  ",  M.  Beazley  a  signalé 
comme  empruntés  à  Simon  de  Saint-Quentin  les  ch.  3,  4,  7,  8,  13  et  32  du 
livre  XX.Xl  de  Vincent  de  Beauvais,  et  ceux-là  seuls  dans  ce  livre;  M.  Umiiiski, 
p.  62,  vient  de  répéter  les  mêmes  indications,  en  renvoyant  :i  M.  Beazley.  .le  ne 
sais  quelle  confusion  a  pu  se  produire,  mais  les  dits  chapitres  n'ont  rien  à  voir 
avec  le  frère  Simon  ni  avec  l'Orient,  et  par  ailleurs  il  y  a  d'autres  chapitres  de 
ce  livre  XX.XI  qui,  eux,  sont  bien  dus  en  tout  ou  en  partie  à  Simon  de  Saint- 
Quentin. 

(2)  A  la  lin  du  livre  .XX.XU,  ch.  105,  Vincent  dit  qu'il  écrit  en  1244,  mais  il  a 
continué  son  œuvre  après  cette  date,  comme  le  montrent  les  chapitres  tirés  de 
Plan  Carpin  (fin  1247),  de  Simon  de  Saint-Quentin  (1248),  de  la  lettre  d'Odon  de 
Chàteauroux qu'on  n'a  pu  avoir  en  Europe  avant  1250,  etc.;  dans  le  livre  X.XXIl, 
ch.  103,  il  est  même  question  de  la  10'  année  d'Innocent  IV  (25  Juin  1252  — 
24  juin  1253). 

84] 


I 


LES    MOMiOI-S    KT    I.A    P.VPALTi;.  281 


Dans  le  cli.  1  We  snii  livie  WXII,  Vincent  de  Beauvais  parle 
de  la  condamnation  de  Frédéric  II  et  de  la  prédication  de  la 
iToisade  en  France  par  odon  de  Chàteauroux  en  \21T>.  et  il 
•untiniie  par  un  ch.  2  intitulé  «  Déprima  missione  Fratrum 
l'reilicatoruin  et  Minorum  ad  Tartaros  »  (1).  J'en  reproduis 
tout  ce  qui  est  nécessaire  pour  ma  discussion  : 

Hoc  etiam  tempore  inisit  idem  papa  fratrem  Ascelinum  de 
ordine  Predicatorum  cuin  tribus  aliis  fratribus  auctoritate  qua 
fungcbantur  do  diversis  ordinis  sui  conuentibus  sibi  associatis, 
cum  literis  apostoiicis  ad  exercitum  Tartarorum  in  quibus  hor- 
tabatur  ut  ab  hominum  strage  désistèrent  et  fidei  veritatem 
reciperent  (2i.  Et  ego  quidem  ab  une  Fratrum  Predicatorum, 
videlicet  a  fratre  Symone  de  Sancto  (Juintino,  iaiu  ab  illo  itinere 
reirresso,  gesta  Tartarorum  accepi...  Siquidem  et  eo  tempore 
quidam  frater  ordinis  Minorum,  videlicet  lohannes  de  Piano 
Carpio  (3),  cum  quibusdam  aliis  missus  ad  Tartaros  fuit,  qui 
etiam  vt  ipse  testatur  per  annuni  et  quatuor  menscs  et  amplius 
cum  eis  mansit,  et  inter  eos  ambulauit.  A  summo  namque  pon- 
tificc  mandatum,  vt  omnia  que  apud  eos  erant  diligenter  scruta- 
retur.  acceperat.  tam  ipse  quam  frater  Bcncdictus,  Polonus, 
eiusdem  Ordinis,  qui  sue  tribuiationis  particeps  etsocius  erat.  Et 
liic  er?o  frater  lohannes  de  his  que  apud  Tartaros  vel  oculis 
propriis  vidit,  vel  a  Cliristianis  fide  dignis  qui  inter  illos  captiui 
erant  audiuit,  libellum  historialem  conscripsit,  qui  et  ipse  ad 
manus  nostras  peruenit... 

Si  j"ai  reproduit,  en  même  temps  rpie  la  partie  de  ce  chapitre 
concernant  la  mission  d"Ascelin,  celle  qui  concerne  Jean  du 
Plan  Carpin,    c'est    d'abord    pour   bien  montrer  que,  selon 

(1)  On  voit  que,  pour  Vincent  Je  Beauvais,  ces  missions  de  12-1Ô  sont  bien  les 
premières  envoyées  chez  les  •  Tartares  •;  c'est  aussi  l'opinion  que  j'ai  soutenue 
supra.  p|i.  01-0*3. 

(2)  Ces  lettres  sont  certainement  la  lettre  Vei  patris  immensa  du  5  mars  1245, 
qui  exhortait  lo  souverain  nionpol  à  se  faire  baptiser,  et  la  lettre  Cum  non  solum 
(lu  i:}  mars  12-15,  qui  l'adjurait  de  faire  cesser  les  destructions  et  les  massacres. 
Puisque  la  mission  d'Ascolin  emportait  les  deu.\  lettres,  il  est  désormais  pratique- 
ment sûr  que  toutes  deux  avaient  également  été  remises  à  Jean  du  Plan  Carpin  : 
cf.  supra,  pp.  1-7,  *>3-m  et  71. 

(:5)  Telle  est  la  leçon  de  l'édition  de  Nuremberg,  1483,  que  je  suis  dans  mes 
citations.  Mais  les  mss.  Lat.  4898  et  4900  ont  correctement  •  de  Piano  Carpini  •. 

[85] 


282      .  REVUE    DE    l'oRIEXT    CHRÉTIEN'. 

Mncent  de  Beauvais,  les  deux  missions  ont  été  envoyées  h  la 
même  époque.  De  ce  que  ^'incent  parle  d'Ascelin  avant  de 
parler  de  Plan  Carpin  il  ne  s'ensuit  assurément  pas  qu'Asce- 
lin  soit  parti  le  premier,  mais  cet  ordre  serait  un  peu  surpre- 
nant si  le  dominicain  s'était  mis  en  route  assez  longtemps  après 
la  mission  franciscaine.  Mais  en  même  temps  la  manière  dont 
Vincent  s'exprime  au  sujet  de  la  mission  de  Plan  Carpin  est 
révélatrice  de  sa  l'édaction  assez  lâche  et  imprécise.  Vincent  a 
en  mains  l'ouvrage  de  Plan  Carpin,  au  moins  dans  son  premier 
état,  et  il  nous  dit  que  le  franciscain  est  parti  «  ciim  quibusdam 
aliis  »,  et  qu'il  avait  reçu  l'ordre  du  pape  de  tout  examiner 
chez  les  Mongols,  «  tain  ipse  rjuam  frater  Benedictiis,  Polo- 
nus,  eiusdem  Ordinis  ».  Or  Jean  du  Plan  Carpin  nomme  bien 
son  compagnon  de  voyage  Benoît  de  Pologne  (d'Avezac,  605), 
mais  nous  savons  par  la  brève  relation  de' Benoît  de  Pologne 
lui-même  que  Plan  Carpin  partit  de  Lyon  en  compagnie  du 
seul  Etienne  de  Bohême;  «  rum  quibusdam  aliis  »  ne  se  justifie 
pas  par  conséquent.  D'autre  part,  le  texte  de  Vincent  de  Beau- 
vais tlonnerait  à  entendre  que  Benoît  de  Pologne  avait  été 
nommément  désigné  par  Innocent  IV  pour  faire  partie  de  la 
mission  de  Jean  du  Plan  Carpin.  C'est  en  effet  ce  que  dit 
d'Avezac,  178  :  «  Etienne  de  Bohême  et  Benoît  de  Pologne 
furent  désignés  pour  l'accompagner  »;  et  M.  Beazley  {The 
texts  and  versions,  p.  270)  a  suivi  d'Avezac.  Mais  c'est  là  une 
erreur  (1).  Benoit  de  Pologne  nous  dit  lui-même  qu'il  fut  pris 

(1)  D'Avezac  renvoyait  on  noto  à  Wadding,  Script,  ord.  minor.,  p.  iil  :  <•  Ab 
Innocentio  IV  ad  Tartai'os.  simul  cum  Bénédicte  Polono  et  .Stephano  Bohemo, 
anno  1244  annuentc  concilio  Lugdunensi  ablegatus.  »  Mais  d'Avezac,  qui  corrige 
à  bon  droit  1214  en  1215  et  fait  remarquer  ailleurs  (p.  4()4)  que  Jean  du 
Plan  Carpin  partit  avant  l'ouverture  du  concile  de  Lyon,  aurait  dû  soupçonner 
la  possibilité  d'une  troisième  erreur  dans  cette  phrase  de  Wadding  et  suivre  en 
place  le  texte  de  Benoit  de  Pologne  que  lui-même  éditait,  ^■i  Plan  Carpin  ni  Benoit 
de  Pologne  ne  nomment  Etienne  de  Bohême.  Mais  Benoit  de  Pologne  nous  dit 
que  Plan  Carpin  était  parti  de  Lyon  avec  un  autre  frère  mineur,  et  plus  loin 
que  ce  frère  mineur,  malade,  fut  laissé  à  la  première  station  (custodia)  du 
territoire  soumis  aux  Mongols,  c'est-à-dire  peut-être  à  Kanov  sur  le  Dnieper  (cf. 
d'Avezac  482-483,  7"37,  774,  775;  mais  le  récit  de  Benoit,  comme  je  l'ai  dit  plus 
haut,  pp.  68-70,  cadre  mal  ici  avec  celui  de  Plan  Carpin;  la  traduction  de 
Rockhill,  Rubruck,  34,  selon  laquelle  Plan  Carpin  abandonna  son  compagnon 
malade  sur  l'ordre  des  Mongols,  est  inexacte;  l'ordre  des  Mongols  nB  concerne 
que  les  chevaux  et  les  serviteurs).  Comme  la  Chronique  des  2i  yéneraux  parle 

8G 


LES    MON(iOLS    ET    LA   l'APAUTÉ.  -83 

par  .loan  du  riaii  Carpin  à  Breslau  pour  être  son  compaLinon 
et  son  interprète;  mais  il  n'est  pas  question  d'un  ordre  du 
pape  à  son  sujet  (1).  La  constatation  de  ces  inexactitudes  chfz 
Vincent  de  Heauvais  nous  aidera  à  sortir  dos  diriicultés  qu'offre 
son  texte  quant  à  la  composition  de  la  mission  il'Ascelin. 

Un  premier  problème  se  pose  à  propos  du  nom  mêmtr  d'Asce- 
lin  et  de  sa  nationalité.  On  l'appelle  le  plus  souvent  Ascelin. 
Néanmoins  Daunou,  (|ui  lui  a  consacré  une  notice,  le  nomme 
«  Ansclin  (ou  Ascelinl  »  [i):  d'autres  ont  préféré  «  Anselme  »: 
on  trouve  mèiue  «  Nicolas  Ascolin  ».  Cette  dernière  forme 
est  à  écarter  tout  d'abord.  Les  rééditeurs  hollandais  du  recueil 
de  VoijiKjes  de  Berireron  en  17-29-IT3.J  avaient  gratuite- 
ment ajouté  un  «  N.  »  devant  le  nom  d'Ascelin,  et  peu  après 
Fabricius  a  arbitrairement  développé  cet  «  X.  »  en  un  «  Nicolas 
Ascelin  »  (qu'il  prend  d'ailleurs  à  tort  pour  un  Franciscain)  (3); 

d'un  compagnon  île  voyage  de  Plan  Carpin  appelé  Etienne  de  Bohème,  on  a 
très  naturellement  supposé  qu'il  étiit  1'-  autre  frère  ■  mineur  indiqué  par  Benoit 
■  le  Pologne;  mai.s  il  n'est  connu  par  aucune  autre  source  (cf.  Golubovicli,  i,  -13); 
où  que  Wadding  ait  puisé  i  peut-être  dans  la  chronique  de  Cdassberger  t  150I), 
c'est  presque  ci>rt.iinemi'nt  à  la  Chronique  des  2')  t/f'nt'rnux  que  son  informatiOD 
remonte  en  dernière  analyse. 

(1)  Voici  le  déliut  de  la  liréve  relation  de  Benoit  de  Pologne  (d'Avezac,  77*1)  : 
•  Anno  Domiiii  raillesimo  diicentesimo  quadragesimo  quinto.  fi-ater  .lohannes, 
de  ordine  ininorum  fratrum,  dictus  de  Piano  Carpini.a  hoiniuo  Papa  missus  ad 
Tartaros  cum  alio  fiutri^.  in  Pasclià  exiens  à  Lugduuo  Galliao  uhi  Papa  fuit, 
proi'ectus  in  Poloniam  assumpsit  in  Vretsiavià  terciuni  fratrem  ejusdem  ordinis 
Benedictuni  nomine.  Polonum  génère,  ut  esset  sibi  sooius  laboris  et  tribula- 
tionis,  ac  interpres.  -  Il  n'y  a  pas  à  opposer  à  ce  texte  très  clair  le  passage  des 
Ann.  S.  Panto/eoni  où  il  est  dit,  à  propos  di-  la  présence  à  Cologne  de  .Jean  du 
Plan  Carpin  et  de  Benoit  de  Pologne  le  3  octobre  1247.  alors  qu'ils  revenaient  à 
Lyon  :  •  In  electione  liujus  régis,  fratres  Minores,  qui  a  Papa  missi  fucrant  ad 
Tartaros,  redieruat...  •  L'annaliste  vise  ici  très  naturellement  la  mission  envoyée 
par  le  pape,  mais  cela  n'implique  pas  que  Benoit  de  Pologne  lui-même  ait  été 
«lésigm-  par  le  pape  comme  c'était  le  c.xs  pour  Jean  du  Plan  Carpin.  Le  texte  de 
Vincent  de  Rcauvais  relatif  à  Benoit  de  Pologne  est  d'ailleurs  une  simple  déforma- 
tion du  texte  de  Plan  '"arpin  id'.Avezac,  liOô).  Les  vieilles  erreurs  ont  toutefois  la 
vie  dure.  Dans  les  Milteild.  Seminars  fiir  Orient.  Spra^-hirn  de  Berlin,  xxvi-xxvii, 
11921],  1'"  division,  p.  28.  JI.  Krause  fait  encore  partir  Plan  Carpin  de  Lyon 
pendant  le  concile,  et  en  compagnie  de  Laurent  d.-  Portugal,  d'Etienne  de 
Bohème  et  de  B'^nolt  do  Pologne;  il  faut  lire  -  avant  •  le  concile,  •  sans  •  Uiurent 
de  Poitugal  et  -  sans  -  Benoit  de  Pologne. 

(21  Hist.  lia.  de  in  France,  xvui  [1835],   100-102. 

(3)  Cf.  Fabrii-ius,  Bibl.  lalina.  éd.  de  1734-1746,  i.  377;  éd.  de  17.-»4.  iv,  120; 
d'Avezac,  441-442,  4bô  (où  1727  est  une  inadvertance  pour  1720i. 

187] 


284  REVUE    DE    l'orient    CHRÉTIEN. 

cette  forme  ne  repose  sur  aucune  autorité,  et  on  s'étonne  do  la 
rencontrer  encore  sous  la  plume  de  M.  Bréhior  (1). 

La  l'orme  «  Anselme  »  doit  sa  popularité  à  ce  qu'elle  est 
donnée  par  la  dernière  et  la  plus  répandue  des  éditions  de 
Vincent  de  Beauvais,  celle  de  Douai,  1624,  et  a  été  adoptée  vers 
la  même  époque  par  Bzowski  dans  ses  Annal.  Ecclesiast.,  xiii, 
542,  543,  en  1675  par  Fontana  dans  ses  Monunienta  Domi- 
nicana,  p.  52,  et  en  1677  par  Altamura  dans  sa  Biblio- 
theca  Dominicana,  Rome,  1677,  in-folio,  p.  11.  De  Fontana 
elle  a  passé  chez  d'Ohsson,  où  Bretschneider  et  Howorth  l'ont 
recueillie  (2).  Malvenda,  en  1627,  parlait  de  «  Fr.  Anzelinus, 
vel  Anselmus  »  (3).  En  1743,  Touron  commençait  sa  bio- 
graphie d'Ascelin  par  ces  mots  :  «  Ascelin,  appelé  quelquefois 
Anselme  (4)  ».  La  forme  Anzelin  a  été  adoptée  par  l'an- 
cienne Année  dominicaine  en  1689  (5)  et  celle  d'Anselinus 


(1)  Louis  Brohier,  L'Église  cl  l'Orient  au  Moyen  A;/e,  'S°  éd.  [1911],  p.  220.  Le 
nom  de  «  Nicolas  Ascelin  »  ;x  été  également  adopté  dans  André-Marie,  Missions 
dominicaines  dans  l'Exlrêiae-Orienl,  Lyon  et  Pans,  18(j5,  i  vol.  in-12,  i,  13. 

(2)  D'Ohsson,  llisl.  des  Moni/ols,  n,  203;  Bretschneider,  Mediaeval  Researchcs, 
I,  IGG,  171;  Howorth,  Hislory  ofthe  Mongols,  i,  168. 

(3)  Annalium  Sacri  Ord.  Priicd.  Ccnturia  Prima,  Naples.  Hi27,  in-folio, 
p.  670. 

(4)  Hist.  des  hommes  'illustres,  i,  145. 

(5)  Pour  éviter  à  d'autres  les  confusions  qui,  au  début,  m'ont  fait  perdre 
du  temps,  je  donnerai  ici  quelques  indications  sur  l'ancienne  Année  domini- 
caine. D'abord  elle  n'a  rien  à  voir  avec  l'A7inée  dominicaine  in-8  qui,  depuis  1860 
environ,  paraît  tous  les  ans  à  Paris  chez  Poussielgue.  H  faut  également  la 
distinguer  de  l'Année  dominicaine  qui  va  de  1700  à  nos  jours  et  qui  a  paru  à 
Grenoble,  cliez  Edouard  Vallicr,  1912  et  suiv.  Une  grande  Année  dominicaine, 
grand  in-4,  à  deux  volumes  pour  chaque  mois,  a  été  publiée  à  Lyon,  chez 
X.  Jevain,  à  partir  de  18S3;  c'est  à  elle  que  se  rapportent  toutes  les  références 
d'U.  Chevaliei-  dans  son  Itéperloire.  Mais  cette  Année  dominicaine  de  1883  et 
suiv.  n'est  elle-même  qu'un  rifacimento,  le  plus  souvent  malheureux,  de  l'Année 
dominicaine  in-4,  due  au  P.  Th.  Souèges,  qui  commença  de  paraître  à  Amiens 
en  1678  (les  trois  premiers  volumes,  janvier  [1678],  février  [1679]  et  mars  [lasO] 
portent  le  nom  du  P.  J.-B.  Feuillet,  parce  que  celui-ci  les  avait  retouchés  comme 
style,  et  pas  toujours  heureusement).  Le  dernier  volume  publié  par  le  P.  Souèges 
est  celui  du  mois  d'août,  2"  partie  (1696).  Les  matériaux  laissés  par  lui  furent 
utilisés  à  partir  de  1710  pour  continuer  et  achever  l'œuvre  (cf.  Quétif  et  Echard, 
H,  748).  Cette  Année  dominicaine  de  la  fin  du  xvw  siècle  est  un  ouvrage  très 
consciencieux  et  important;  on  verra  par  la  suite  que  même  Léopokl  Delisleeût  eu 
intérêt  à  la  consulter;  elle  est  malheureusement  fort  rare,  et  il  manque,  je  crois, 
deu.x  volumes  à  l'exemplaire  de  la  Bibliothèque  Nationale,  lequel  provient  de 
l'ancien  couvent  des  Jacobins  à  Paris,  rue  Saint-llonoré;  les  volumes  ont  des 

[88] 


I.KS    MONiiOl-S    r.T   LA    l'APALTK.  J^O 

par  Quétif  l't  Kchard  en  1719-1721  (1).  En  1711,  Moslioim 
liésite  entre  «  Ansdinus  »  et  «  Ascelinus  »  (2).  De  nos  jcuirs, 
la  plupart  des  t-rudils  ont  renoncé  à  choisir  entre  Ascelin  et 
Ansoliui'.  et  indiquent  cote  à  c<Me  les  deux  formes  du  nom  (3). 
Mais  je  crois  que  la  forme  ■■  Anselme  »  m'  vaut  pas  d'rtre 
retenue.  Bien  qu'elle  apparaisse  sporadiquement  avant  l'édition 
de  Vincent  de  Heauvais  publiée  à  Douai  en  1024,  c'est  cette 
édition  très  répandue  qui  lui  a  donné  une  apparence  d'auto- 
rité (4).  Or  l'édition  de  Douai,  en  31  livres  (au  lieu  de  :!2), 
est  souvent  fautive;  c'est  déjà  à  elle  que  nous  devons  la  mau- 
vaise leçon  iiabijanta  pour  Rabbanala  (0).  Mais  la  plupart  des 
anciennes  éditions  de  \'incent  de  Beauvais  ont  «  fratrem 
Ascelinum  »  (XXXII,  2i;  c'est  aussi  la  leçon  des  deux  manus- 
crits Lat.  -4808  et  1000  que  j'ai  examinés;  dans  sa  traduction 
spéciale  des  chapitres  de  \'inci'nt  de  Beauvais  tirés  de  Flan 
C'arpin  et  do  Simon  de  Saint-<iueutin,  Jean  du  Vignay,  qui 
vivait  dans  la  première  moitié  du  xiv°  siècle,  écrit  Ascelin,  et 
on  a  Assellin  dans  l'édition  de  Paris,  1531,  de  sa  traduction 
Complète  du  Miroir  hij!i[ori(il{{)).  Les  rééditeursde  Kamusioen 

cotes  dilTérentes,  mais  qui  so  suivent,  en  commençant  par  H  4398.  J'appelle 
•  ancienne  Année  dominicaine  •  l'édition  originale  de  la  lin  du  xvii'  siècle,  et 
-  nouvelle  Annre  dominicaine  •  le  remaniement  de  la  fin  du  xi.x*.  Le  long  para- 
graphe sur  •  .\n7.elin  ■  et  ses  compagnons,  di'i  au  P.  Souéges,  se  trouve  dans 
l'ancienne  Année  dominicaine  sous  le  27  juin  (juin,  1"  vol.  [1Ij89],  pp.  90C-1007; 
Bibl.  Nat.  II  4101).  Souèges  y  disait  que  les  lelties  pontificales  remises  à  Ascelin 
étaient  du  3  mars  1245;  c'est  une  erreur  soit  pour  le  5,  soit  pour  le  13  mars 
(cf.  su;)ra,  pp.  4-7,  63-64,  74,8ri|;  elle  a  passé  dans  la  nouvelle  Année  dominicaine. 
Celle-ci  (Juin,  i*  partie  (18'.)3],  pp.  575-580)  a  adopté  la  forme  .\seelin. 

(1)  Scriplores  Ord.  Praedical.,  i,  1,'2.  C'est  à  tort  que  d'.Avezac,  465,  leur  prête 
la  forme  •  Ascelin  -. 

(2)  Hittoria  Tartarorum  ecclesiaslica,  p.  44. 

(3)  Bergeron,  Traité  deg  Tarlare»,  40;  d'Avezac,  461;  Zarncke,  Dcr  Priester 
Johanneu, i' mém.,(JS;  Beazley,  T/ie  tex(s  and- versions,  p.  iG9;  The  dawnofmod. 
i/eor/r..  M,  277;  art.  •  Simon  of  Saint-Quentin  •  dans  Enc.  Bril.  ";  Cordier, 
Bi/)t^,  Sin.-,  1960:  Golubovich,  m,  33*)  (cf.  aussi  supra,  p.  67j. 

(4)  C'est  à  cause  d'elle  qu'on  cite  souvent  Vincent  de  Beauvais  avec  la  leçon 
Anselme,  par  exemple  dans  le  travail  de  Guigniaut  et  de  Wailly  en  1855  (p.  75), 
ou  dans  l'œuvre  récente  de  .M.  Umiiiski  l'p.  62). 

(5  Cf.  siijira,  p.  44.  On  ne  compicnd  guère  que  Guigniaut  et  de  Wailly 
aient  suivi  cotte  édition  de  1621  dans  le  /{ec.  des  hisl.  des  Gaules,  t.  .\.XI,  en  se 
bornant  i\  ajouter  en  note  les  leçons  du  seul  inss.  Latin  4898. 

(6)  [.M.  Altaner,  121,  adopte  .Vnselmus,  mais  c'est  qu'il  croit  à  tort  que  telle 
est  la  forme  constante  chez  Vincent  de  Beauvais.] 

L80] 


286  REVUE    DE    l'orient   CHRÉTIEN. 

1574,  Reineke  en  1585,  llakluyt  en  1598  ont  tous  trouvé  dans 
leurs  exemplaires  de  Vincent  de  Beauvais  la  forme  Ascelinus, 
tant  dans  XXXII,  2,  que  dans  les  autres  chapitres  où  le  nom 
reparait.  Je  ne  doute  guère  i[ue  ce  soit  bien  là  la  leçon 
primitive  île  \'incent  de  Beauvais,  mais  ceci  ne  veut  pas  dire 
qu'elle  soit  nécessairement  correcte.  Un  nom  Anselinus  pour- 
rait avoir  été  altéré  par  Vincent  en  Ascelinus  et  par  ailleurs, 
dans  des  manuscrits  qui  ne  sont  pas  très  bien  calligraphiés, 
Anselinus  et  Anselmus  se  confondent  pratiquement  (1).  Il 
nous  reste  donc  à  voir  quelles  sont  les  formes  du  nom  qu'on 
rencontre  dans  les  quelques  rares  sources  anciennes  qui  ont 
chance  d'être  en  certains  points  indépendantes  de  Mncent  de 
Beauvais  et  aussi  si  la  n;itionalit(^  probable  d'Ascelin  est  un 
indice  en  faveur  de  l'une  ou  l'autre  de  ces  formes. 

La  principale  de  ces  sources  anciennes  eatïHistoria  Eccle- 
siaslica  nova  de  Ptolémée  (ou  Barthélémy)  Fiadoni,  plus  connu 
sous  le  nom  de  Ptolémée  de  Lucques  (1236-1327).  On  y  lit  dans 
le  manuscrit  Ambrosianus  qu'en  1245  {var.  du  mss.  Patav. 
12 10)  la  croisade  fut  prêchée  en  France  à  la  suite  d'une  vision 
du  roi,  «  ut  Vinccntius  scribit  »;  Ptolémée  de  Luciiues  se  sert 
donc  bien  de  Vincent  de  Beauvais.  En  1216,  on  écrit  aux 
princes  d'.Ulemagne  d'élire  un  empereur.  Et  la  chronique 
continue  ainsi  (2)  :  «  His  temporibus  Summus  Pontifex 
Innocentius  Fratres  Praedicatores  et  Minores  miltitad  Tartaros 
pro  ipsorum  conversione  ad  Fidem,  inter  quos  Fratres  Prae- 
dicatores, &  Minores  duo  erant  pi'incipales  ;  de  Praedicatori- 
bus  Frater  Azelinus  [mss.  Patav.  Anselmus)  (3)  Lombardus  ; 
de  minoribus  autem  Frater  Johannes  de  Piano...  »  Il  est 
certain,  selon  moi,  que  tout  ceci  est  inspiré  de  Vincent  de 
Beauvais,  XXXII,  ch,  2;  la  fausse  datede  1246  elle-même  que  la 


(1)  Comme  exemple  d"une  confusion  analogue,  je  rappellerai  que  le  premier 
évêque  latin  d'Ascalon,  au  début  du  xn°  siècle,  s'appelait  •■  Ascétin  ou  Anselin  1  » 
(cf.  liev.  de  L'Orient  latin,  i,  p.  141);  à  la  p.  ôOô,  Riant  le  nomme  Aschétin;  le 
hasard  veut  qu'il  ait  eu  pour  successeur  un  Anselme;  j'imagine  que,  dans  des 
manuscrits  où  aucune  date  ne  serait  donnée,  il  pourrait  être  parfois  tUfiicile 
de  distinguer  entre  ces  deux  prélats. 

(2)  lluratori,  Scrijdorcs,  XI,  col.  1143. 

(:1)  L'édition  de  Jluratori  montre  que  VAmbros.  est  meilleur  que  \ePatai'.  On 
a  vu  un  peu  plus  liaut  que  VAmbrus.,  mais  non  le  Palav.,  donne  la  date  correcte 

m 


LES   MON(iOLS    ET    LA    l'Al'AUTE.  287 

chronique  parait  donner  pour  les  deux  missions  sCxpliquc  par  . 
le  lait  que  chez  \'inceut  la  date  de  l'iiri  n'est  pas  exprimée 
l'ormellenient  pour  l'envoi  des  missions  chez  lesTartap-s,  mais 
ri'sulte  du  ciiapitre  précédent  où  ost  racontée  la  dépnsitinn  de 
l'empereur  au  concile  de  Lyon  en  12 15;  on  a  vu  que  i'ambiguité 
du  «  hocetiam  lempore  »  de  Vincent  de  Beauvais  avait  amené 
.lean  du  V'ignay  à  ajouter  un  préambule  non  moins  inexact  que 
précis  et  où  il  fixait  le  départ  des  missions  à  IJI.'Î.  Mais  si 
l'tulémée  de  Lucques  a  pour  source   Vincent   de    Beauvais,  il 

ijoute  un  détail  important  qu'aucun  manuscrit  de  Vincent  ne 
donne,  à  savoir  qu'»  Azelinus  »  était  Lombard:  s'il  dit  vrai, 
c'est  qu'il  a  connu  le  nom  du  personnage  par  ailleurs. 

Azelinus  doit  être  la  leçon  originale  de  Ptolémée  de  Lucques. 
En  elTet  le  irère  Paulin  de  Venise,  mort  en  13-11,  a  inséré  dans 
<3.  Clironolofji'i  .]fiif/na  le  passage  suivant  :  «  .MCCLVI  Inno- 

entius  1\  misit  Minores  et  Predicatores  ad  Tartaros  ;  prin- 
I  ipalis  inter  minores  fuit  fr.  Johannes  de  piano  carpini,  inter 
l'redicatores  l'r.   Ezelinus    londiardus   »  (1).    La  lausse  date 

le  12ÔG  (altérée  de  124t))  et  rindication  que  «  Ezelinus  »  était 
Lombard  semblent  bien  rattacher  à  Ptolémée  de  Lucques  la 
phrase  du  fnre  Paulin.  Le  frère  Paulin  a  donc  dû  connaître 
un  manuscrit  de  Ptolémée  de  Lucques  qui  donnait  .Azelinus  ou 
Ezelinus,  maisnon  pas  .\n.selinus  et  encore  moinsAnselmusc2). 
Comme  autres  textes  anciens  où  il  est  question  d'.Vscelin, 
je  citerai  encore  les  Annales  Sanctae  Crucis  Pohnici  (3)  : 

pour  la  croisade  prôchée  en  France  en  l'^lô.  Quant  à  •  Anselmas  -,  je  ne  dout4> 
u-uêre  qu'il  soit  une  mauvaise  lecture  ou  une  altcTalion  d'"  Anselinus-.Quotif  el 
Uchard  {Scriptores,  i,  li"^)  avaient  di^jà  fait  connaître  ce  passa^-e  de  Ptolf-nnîe  do 
Lucques,  en  le  rapportant  à  121.'^,  mais  ils  devaient  se  senir  d'un  manuscrit  de 
:i  famille  du  Palav.,  car  ils  lisent  •  .\nselinus  •  (cf.  aussi  Uminski,  til):  c'est 
mrme  vraisemblablement  ce  passage  de  Ptolémée  de  Lucques  qui  leur  a  fait 
adopter  la  le'on  .A.nselinus  dans  tout  l'article  qu'ils  ont  consacré  au  chef  de  la 

I mission  dominicaine. 
(1)  Cf.  Golnbovicli.  ti,  87. 
(•2)    De   Ptolémée  de  Lucques  nu   plut<'>t  de  Paulin  de  Venise   dépend  assez 
Traiseuiblableiiient   au  xvi*   siècle  la  forme  Ezzclino  adoptée  par  Paolo  Pansa 
dans  Sii  VUa  tlel  yran  Poiileficc  Innocenzio  '/unrto.inX.  de  Naples,  lôOfi,  in-1.  p.  14 
(cf.  aussi  d'.Xvezac,  46^1).  Et  c'est  chez  Pansa  que  Kfilb  aura  pris  son  •  Ezzelino  - 
kPh.  H.  Kiilb,  (jeschichtc  der  Mùsionxreisen    nnch  der  Mongolci  wiihrend  des 
KW^  u»i<<  .\7l'""  Jahrhunderts,  Kegensburg,  ISai,  3  vol.  in-8,  i,  12ii). 
[  (3)  Mon.  Germ.  Uisl.,  SS.,  \\\,  (SI.  Ces  Annakt  ont.  été  rédigées  une  première 

(91] 


288  REVUE    DE    l'orient   CHRÉTIEN. 

«  Item  eodem  lempore  misit  nuncios  videlicet  Ilanselmuin 
{var.  Mascellinum,  Ilascellum,  Hastelinuni)  monaclium  cum 
duobusfratribus  de  ordiiie  Praedicatorum, ad  Kajnt  Cham(t'ar. 
Kayfath  Chain,  Kaydan  Cliam)  cesarem  Thartarorum  (1).  » 
Bien  qu'il  ne  soit  plus  question  ici  que  de  deux  compagnons 
d'Ascelin  au  lieu  dt's  trois  indiqués  par  Vincent  de  Beauvais, 
je  ne  crois  pas  qu'il  y  ait  là  une  source  indépendante. 

Le  E  mari  liisloriarum  de  Jean  deColurana  n'est  pas  une 
œuvre  originale  (2).  Pour  le  texte  qui  nous  occupe,  Jean  de 
Columna  suit  étroitement  Vincent  de  Beauvais;  mais,  tant 
dans  l'intitulé  que  dans  le  corps  du  chapitre,  il  dit  que  le  pape 
a  envoyé  chez  les  Tartares  «  l'ratrem  Anselinum  (yar.Anceli- 
num)  »  (3). 

Au  xvr'  siècle,  saint  Antonin  de  Florence  parle  de  seconde 
main  des  missions  chez  les  Tartares;  et  en  particulier  de 
la  mission  d'  «  Anselmus  »  que  d'autres,  dit-il,  appellent 
«  Ansetlinus  »  (-4). 

Comme  on  le  voit,  le  seul  renseignement  qui  ne  provienne 
pas  de  Vincent  de  Beauvais  est  celui  de  Ptolémée  de  Lucques, 
selon  qui  Ascelin  était  Lombard.  Vincent  appelait  le  mission- 
naire Ascelinus,  et  la  seule  source  qui  lui  ajoute  quelque  chose 
écrit  Azelinus;  sans  qu'il  soit  aussi  certainement  fautif  qu'An- 
selmus,  il  me  parait  bien  qu'il  faut  en  conséquence  écarter 
l'Anselinus  adopté  par  Quétif  et  Echard  et  qui  avait  les  préfé- 
rences de  Daunou. 

Sur  la  nationalité  d'Ascelin,  diverses  opinions  ont  été  émises. 
Bzowski,  qui  a  accumulé  les  erreurs  sur  ces  missions  chez  les 


fois  vers  1270,  puis  continuées  jusqu'à  la  (in  du  xui"  siècle.  Elles  ne  passent  pas 
pour  avoir  d'information  originale  avant  1270. 

(1)  Ilanselmuin  est  altéré  d'Ilanselinum,  Hastelinuni  d'ilascelinuni,  Kaynt  de 
Kuyuc  (mais  celte  dernière  altération  pouvait  être  partiellement  déjà  dans  la 
source  des  Annales).  Le  doublement  de  Vl  dans  les  variantes  Mascellinum, 
Ilascellum  (rappelant  l'orthographe  Assellin  de  la  traduction  du  Miroir  liyslorial) 
est  bien  en  faveur  de  in  et  non  m  après  l. 

(2)  D'après  Molinicr,  Sources,  n°  2911,  ce  Jean  de  Columna  serait  né  en  1294 
et  aurait  écrit  .sa  chronique  en  1339-1340.  J'aurai  à  revenir  sur  cette  question  à 
propos  de  la  mi.ssion  confiée  par  saint  Louis  à  André  de  Longjumeau. 

(3)  Rec.  des  liist.  des  Gaules,  .\.\ni  [1876],  114. 

(4)  Divi  Antonini...  Chronicorum  Tertia  Pars,  Lj'on,  1Ô87,  in-folio,  123-12G. 
•  Ansetlinus  doit  être  issu  d'un  ••  Ansellinus  ». 

[92] 


I.i;.S    MOXrirtl.S    ET    LA    l'APAUTK.  -'S!l 

Tartares,  vi>ul;iil   qii'Asoi'lin  et  ilfux  lie  sos  rdiiipai^nons  ou 

iiièiiie  les  trois  tïissi-iit  l'olonais;  Koiilana  l'a  suivi;  mais  celle 

alïirinalion   ne  repose  sur  rien,  el   elle  esl  déjà  rejo^^'e  par 

l'auiieniie  Année  dominicttine  en  l(jS9  et  par  Quélif  et  Erhanl 

eu    1711)  (1).    Souètres,   auteur  de  oelli-  partie  de  l'ancienne 

Année  dominicaine,  sans  doute  à  raison  de  la  naliniialité 

française  proltable  de  Simon  de  Sainl-t^iuenlin,  inclinait  à  voir 

é.iralement   îles  Français   dans    Ascelin   et    ses    deux   autres 

compairnons  CÎ);  mais  c'est  qu'il  ne. parait  pas  avoir  remarque 

le  texte   de  Ptolémée  de  Lacques,   dûment  mis   en    Inrai'Te 

ensuite  par  «Jnétif  et  Echard.  et  selon   lequel    Ascelin    était 

Lombard.  Ptolémée  de  Lucques,  Italien  lui-même  et  qui  avait 

plus  de  vingt  ans  lors  du  retour  d'Ascelin,  a  bien  pu  savoir  à 

qurii  s'en  tenir  sur  la  nationalité  de  ce  dernier.  La  plupart  des 

;dits  contemporains  ont  donc  raison  quand,  à  la  suite  de' 

.  lit' et  Echard,  ils  parlent  d'Ascelin  de  Lomhardie. 

Cette  nationalité  italienne  nous  fournit  en  naénie  temps  un 

i:i  lice   sur  le  nom    virital)le  d'Ascelin.  \'incent  de   Beauvais 

1  tppelle  Ascelinui,  et  Ptolémée  de  Lucques  Azelinu.s,  devenu 

1    .'linus  chez  Paulin  de  Venise  et  finalement  Ezzelino  chez 

'lo  I*ansa.  La  l'orme  Ascelin  du  nom  a  été  surtout  répandue 

France,  et  il  est  très   naturel  que  des  Français,  comme 

'aient  Simon  de  •■^aint-Quentin  sans  doute  et  en  tout  cas 

iicent  de  Beauvais,  l'aient  adoptée.  Mais  je  sui.s  assez  porté  à 

1;  Je  n'ai  pas  <I'accés  direct  au  texte  où  Bzowslii  s'est  expi-imi?  sur  ce  point.  Il 

n'en  e.st  rien  «lit  dans  ses  Annales  ecvlesiailici  (qui  ont  p,-»ru  de  ItJIS  a  lij30),  s.  a. 

SJ'-^"))  n"  XJU,  où  il  est  question  de  nos  luissionnairos.  En  1027,  Malvenda  (p.  677 1 

cili."  coiumc  source  de  cette  opinion  •  .\braliani  ftzovius  in  monunieiiiis  l'raeili- 

<■  'lorum  l'olouiae  •  et  dit  que  Hzowski  considère  connue  l'olonais  .Vsci'liu  et 

s 'S  /rois  compagnons.  Fontana  (.l/'ni.  Onmin.,  .r2-."j3),  qui  [irend  li>s  noms  dos 

iiii<sionnairi'S  chez  Bzowski,  cite  eu  uii''nn'  temps.  d'apri'S  'raipj.'i,  lo  -  chapitre 

-  larmes  •   tenu  en  France,  ce  qui  laisse  supposiM-  qu'il  a  cru  la  mission 

Vscelin  composée    de   Français,   au    moins   en   partie.  Quétif  et  Echard  ne 

!t  attribuiT  par  Bzowski  la  nationalité  polonaise  qu'à  .Vscelin  el  à  deu.x  de  ses 

iiipagnons. 

-)  L'n  arguiiiiMit  en  faveiii-  de  la  nationalitf  IrinçaiM-  d'.Vscelin  et  de  stîs 
iijpagnons  aurait  pu  être  mis  en  avant  par  ceux  qui  admettent  que  la  dési- 
ation  des  missionnaires  se  lit  au  cours  du  ■  chapitre  de»,  larmes  •  tenu  ^ou-^ 
présidence  de  Uunihert  de  lioraans  par  la  province  dominicaine  de  France. 
is  le  I'.  Souéges  ne  parait  pa>  avoir  partagé  sur  ce  point  l'opinion  de  Fontana 
■ore  sui\ie  de  no>  jours  parle  f^.  .Mortier,  .l'ai  expliqué  plus  haut  ipp.  70-71) 
;on  ne  peut  en  etret,  selon  moi,  lier  les  deux  événements. 

;93: 

ORIENT   CHRÉTIEN.  19 


290  REVUE    DE    L'oRIExXT    CHRÉTIEN. 


I 


croircque  la  l'orme  donnée  par  Ptolémée  de  Lucques  est  plus 
proche  de  la  véritc  et  que  le  nom  réel  du  missionnaire  était 
Azelino  ou  Ezzelino.  Les  deux  formes  sont  d'ailleurs  très 
voisines  et  il  n'y  a  pas  d'inconvénient  à  garder  le  nom  d'Ascelin 
tel  qu'il  est  donné  par  Vincent  de  Beauvais  puisqu'aussi  bien, 
sans  Vincent  de  Beauvais,  nous  ne  saurions  rien  de  la  mission. 


Ainsi  Ascelin,  le  chef  delà  mission,  était  vraisemblablement 
lombard.  Mais  de  qui  sa  mission  élait-elle  composée  ?0n répète 
couramment  qu'au  départ  il  emmenait  les  frères  Albert  (ou 
Albéric),  Alexandre  et  Simon  de  Saint-Quentin,  et  qu'en  roule 
André  de  Longjumeau  et  Guichard  de  Crémone  se  joignirent 
'à  eux.  Malgré  la  longue  théorie  des  érudits  qui  jusqu'à  nos 
jours  ont  associé  André  de  Longjumeau  à  la  mission  d'Ascelin  (  I  ), 
il  reste  toujours  que  Vincent  de  Beauvais,  qui  nomme  les 
membres  de  la  mission,  ne  souffle  alurs  pas  mot  du  frère  André. 
Son  silence  serait  d'autant  plus  surprenant  qu'il  parle  ensuite 
d'André  de  Longjumeau  à  propos  de  la  mission  dont  saint 
Louis,  lors  de  son  séjour  à  Chypre  en  1218-12 19,  chargea  le 
frère  André  auprès  des  Mongols  (2).  Il  est  clair  que,  si  ou  a 
adjoint  André  de  Longjumeau  à  la  mission  d'Ascelin,  c'est 

(1)  Quétif  et  Echard,  i,  1Ï2,  140-141;  Jlosheim,  Jiisl.  Tartar.  ecclcs.,  -ib; 
Kémusat,  Alt'm.  sur  les  relations,  27,  47  ;  d'Ohsson,  Hist.  des  Mo>i;/ols,  ii,  231  ; 
Daunou,  art.  sur  André  de  Longjumeau  dans  Hist.  lilt.  de  la  France,  xviu 
[183ô;,  447-448;  D'Avezac,  464;  Kiilb,  Gesch.  der  Missionsreisen,  i,  130;  André- 
Marie,  Miss,  dominicaines,  i,  13;  Cordier,  Les  voyages  en  Asi»...  du  bienheureu.i: 
Odoric  de  Pordenone,  p.  xvi;  Mortier,  Hist.  des  jnaiires  généraux:,  i,  38 
Kockhill,  Jiuhnick,  XXVIII  (qui  dit  à  tort  que  la  participation  d'André  de 
Longjumeau  à  la  mi.ssion  d'Ascelin  est  attestée  par  Guillaume  de  Nangis,  par 
Joau  Pierre  Sarrasin  et  par  -  ail  contemporary  writers  ■•,  et  parle  de  «  cer- 
tain writer.s  •  dont  j'ignore  le  nom  et  qui  auraient  vu  dans  Ascelin  et  André 
de  Longjumrau  un  seul  et  même  personnage);  R.Bea/.ley,  The  lexls  and  versions 
269;  The  dawn  of  modem  r/eor/rap/iy,  u,  318;  article  Andrew  ol'Longjuraeau  dans 
Encycl.  Bril.  ";  G.  Pullé,  l/ist.  Mungal.,  5;  Fr.  Pauhis  v.  Loë,  Johannes  Meyer 
Ord.  Praed.  lÂber  de  viris  illuslrihus  Ordinis  Praediralorum  (=  12°  fasc.  des 
Qucllen  ri.  Forsch.  z.  Gesch.  d.  Dominikancrurdens  in  lleutschland),  Leipzig, 
IIarras.so\vilz,  1918,  in-8,  p.  7;  art.  Anselme,  par  X.  F;iucher,  dans  Dict.  d'hist. 
cl  de  géogr.  eccL,  111  [1925],  461-102  (où  l'auteur  renvoie  à  l'art,  de  M.  Rastoul, 
mais  ne  parait  pas  l'iivoir  lu). 

(2j  Cf.  la  troisième  partie  du  présent  chapitre. 

L94] 


LKS    MONGOLS    KT    I.A    l'AI'Airi-;.  20] 

pari'e  qu'André  a  reconnu,  parmi  les  envoyés  venus  en  Cliypre 
au  nom  des  Moiii^ols"  ou  12 IS,  un  personnage  qu'il  avait  vu 
chez  les  .Mongols  auparavant.  On  en  a  ronclu  que  celte  pre- 
mière rencontre  s'était  produite  au  cours  de  la  mission  d'Asce- 
lin.  Mais  André  de  Longjumeau  est  revenu  d'Orient  ;\  Lyon 
dt's  le  printemps  ou  l'étf  de  1-2 17,  c'est-à-dire  au  temps  même 
que  la  mission  d'Ascelin  courait  les  pires  dangers  au  camp  de 
Haiju  (11.  Puisque  nous  savons  aujourd'hui  qu'André  de  Long- 
juMioau,  avec  un  compagnon  de  son  oidre,  s'était  rendu  dans 
le  pays  soumis  aux  Mongols,  à  Mossoul  et  à  Tauriz,  sur  la  fin 
de  1216,  il  est  tout  naturel  d'admettre  que  c'est  là  qu'il  connut 
le  messager  qui  vint  en  1218  trouver  saint  Louis  en  Chypre. 

Sur  les  frères  Albert  (ou  .-Mliéric),  .Vle.xandre  et  Simon  de 
Saint-(Juentin,  n^us  ne  savons  rien  de  plus  que  ce  que  dit 
Vincent  de  Beauvais.  Tous  trois  sont  nommi'S  au  livre  X.WII, 
cil.  .')0(2);  on  a  vu  que  le  nom  de  Simon  do  Saint-Quentin, 
l'auteur  du  livre  utilisé  par  Vincent  de  Beauvais,  apparaissait 
en  outre  au  livre  XXXIl,  ch.  2;  enfin  le  frère  «  Symon  »  est 
indiqué  expressément  comme  source  pour  les  cli.  32,  31  et  10. 
Il  est  vraisemblable  que  le  «  Sanctus-Quintinus  »  d'où  le  frère 
Simon  était  originaire  est  Saint-Quentin  dans  l'.Visne,  et  par 
suite  que  le  frère  Simon  était  Français.  Mais  sur  l:i  nationalité 
des  deux  autres  Dominicains  nous  n'avons  aucun  indice.  Il  n'y 
a  pas  plus  de  fondement  à  l'opinion  de  Bzowski,  qui  on  faisait 
des  Polonais,  qu'à  l'iiypothèse  deA' ancienne  Année  dominicaine 
selon  laquelle  ils  auraient  été  Français  (3).  Nous  sommes 
un  peu  mieux  renseignés  sur  un  dernier  membre  que  la  mission 

(1)  C'est  ce  qu'avait  déjà  fait  remarquer  en  17 1:»  le  P.  Touron  /{isl.  des 
hoiiimes  illuslres,  i,  161-162.  Les  doux  seuls  écrivains  contemporains  qui,  à  ma 
connaissance,  aient  nié  la  prë.sence  d'André  de  Longjumeau  parmi  les  com- 
p:i;riions  d'Ascelin  sont  M.  Rastoul,  loc.  cit.,  col.  1679,  et  M.  Umihski,  K>, 
imU'.i.  ;ll  va  lieu  d'ajouter  M.  Altaner,  p.  129.] 

(2i  L'éd.  de  Nuremherg,  1483,  celle  de  Venise,  1191,  écrivent  le  premier  nom 
•  Albcricus  -,  mais  les  rass.  Latin  4898  et  490J  ont  ■  .Albertus  ■  ;  jusqu'à  plus 
ample  informé,  je  donne  la  préférence  à  cette  seconde  leron.  Quétif  et  Echard 
(i.  122i,  conformément  à  Véd.  de  Douai,  1624,  adoptent  ■  Albericus  •;  l'ancienne 
Année  dominicaine  a  •  Albert  -.  Bergeron  iX'oyages,  éd.  de  1735,  avertissement 
en  tète  des  voyages  de  Plan  Carpin  et  d'Ascelin)  et  Rémusat  {Mém.  sur  tes  rein- 
lions,  27)  ont  aussi  Albert. 

(3)  Daunou  [Hist.  LUI.  de  la  Fnincf.  xviii,  4f)0-l02)  accoi-de  encore  trop  à 
Bzowski  en  disant  qu'Ale.xandre  et  •  Albéric  •  étaient  ■  Polonais  peut-i"-lre  •. 

[95] 


292  lŒVUE  DE  l"orii:.\t  chrétien. 

s'adjoignit  lors  de  son  passage  à  Triplielis  (Tiflis),  quand  elle 
faisait  route  vers  le  camp  de  Baiju,  à  Savoir  «  Guichardus* 
Cremonensis  ».  \incent  de  Beauvais,  dans  le  récit  du  séjourj 
de  la  mission  chez  Baiju  qu'il  emprunte  à  .Simon  de  Saint-J 
Quentin,  parle  de  «  Frater  Guichardus  Cremonensis  sciens 
mores  et  consuetudines  Tartaroru.m  quas  a  Georgianis  didice- 
rat  inter  quos  etiam  in  eorum  ciuitate  Triplielis  in  domo 
Fratrum  per  annos.  VII.  conuersatus  fuerat  »  (XXXII,  12),  et  dit 
ailleurs  (XXXII.  ÔO)  que  «  [in  via  illa  totamoratus  est...]  Frater 
Guichardus  qui  assumptus  est  Triphelis  per.  \.  menses  ».  Si, 
avant  d'être  pris  en  1247  à  Tillis  par  la  mission  d'Ascelin  avec 
laquelle  il  passa  cinq  mois,  le  frère  Guichard  de  Crémone  avait 
vécu  sept  ans  à  Tiflis,  c'est  qu'il  y  était  arrivé  en  1240. 
M.  Tamarati  a  donc  eu  sûrement  raison  quand,  en  1910,  il  l'a 
identifié  aii  <  Guizardum  »  nommé  dans  une  lettre  du  ISjanvier 
12 10  par  laquelle  Grégoire  IX  recommande  huit  Dominicains  à 
la, reine  de  Géorgie  et  à  son  fils  (1). 

Mais  ceux  qui  ont  admis  qu'iVscelin  s'était  mis  en  route  en 
juillet  121.J  n'ont  pas  remarqué  qu'un  passage  de  .Vincent  de 
Beauvais  devenait  malaisément  explicable  en  admettant  égale- 
ment qu'Albert,  Alexandre  et  Simon  de  Saint-Quentin  avaient 
été  désignés  ou  agréés  par  Innocent  IV  et  étaient  partis  de  Lyon 

(I)  Michel  Tamarati,  L''';/lise  giiurtilenticdes  orii/ines  jusr/u'd  nos  j<furx,  Komc, 
1910,  in-8,  p.  430;  Auvray,  lie:/,  de  Gréyuire  IX,  iV  .5022;  Uminski,  61-G5.  Dans 
non  Liber  de  viris  illuslribus  Ord.  Fraedic.  {ùd.  Pnuhxs  v.  Loi^;  cf.  supra,  p.  01), 
.|pani\leyer(14-i2-1485)  mentionne  (p.  18)  «  64.  Gwiiigai-dus  et  Jacobus  -,  et  précise 
ensuite  (p.  'M)  :  «  VA.  Gigardus  et  Jacobus  fueriint,  ut  testatur  Clemens  papa 
(juartus  in  quadam  epistola,  viri  religiosi,  scientia  dei  pleni,  conversacionis  et 
vite  honostate  conspieui  et  animarum  zelo  succensi.  Quos  idem  papa  misit  ad 
regeui  Tarlarorum  et  ad  ]iopuluni  ejus  pro  ipsorum  conversione.  »  En  note,  le 
]'.  V.  Loë  dit  que  cette  bulle  de  Clément  IV  est  perdue,  et  dans  son  Introduction 
(p.  7)  il  ajoute  :  •<  Fiir  Gigardus  und  Jacobus  n.  61,  Gesandte  des  Papstes  an  die 
Tartaren,  wird  eine  Epistola  Clemens  IV.  als  Quelle  genannt,  die  niclit  mehr 
aul'zulinden  ist.  Gigardus  ist  ohne  Zweifel  (iuiscardus  de  Cremona,  der  im  .lahro 
l-'47  der  (iesandschaft  Innocent  IV.  unter  Fiihrung  von  Ascelinus  und  Andréas 
von  Lonjuiueau  an  den  TartarenUhan  Baitschou  von  Tillis  aus  uesentliche 
Dienste  leislete.  -  Le  pontificat  de  Clément  IV  est  de  1-265-1268'.  Il  y  avait,  à 
cûté  de'  "  Guizardum  »,  un  ■■  Jacobum  »  parmi  les  huit  Iiominicains  que 
Grégoire  IX  recommandait  à  la  reine  et  au  roi  de  Géorgie  en  1210.  Si  c'est  bien 
d'eux  qu'il  s'agit  ici,  le  début  de  leurs  séjours  en  Orient  remontait  alors  a» 
moins  à  vingt-cinq  ans.  Je  reviendrai  sur  cette  question  dans  le  cliapitre  lu  du 
présent  travail. 


LKS    MONfiOI.S   ET    LA    PAPArTK.  293 

avec  leur  chel;  il  l;i  (liniculté  est  encore  plusgiantle  si,  cuinine 
je  le  crois,  le  déliut  de  la  mission  d'Asceiin  doit  être  placé  en 
mars  IJI.').  Le  pissage  en  question  est  celui-ii  (WXil,  50): 
•  i'uerunt  auteiii  pcr  annum in  eorum|=  Tart(iroiiitii\âi)tn'inio, 
ad  ipsos  eundu  «t  cuin  ipsis  niorando,  et  inde  reiieilendo.  Et 
frater  qiiidem  Ascelinus  in  via  illa  tuta  moratus  est  per  annos 
très  ac.  VII.  nicnses  antcrpiam  ad  doniiniiin  papam  i-ediret. 
J-iatei-  AlcxandiT  '-t  Frater  Albi-iicus  i/irr  riri-c  les  iitss. 
Albertus)  fuerunt  cum  eo  per  annos  très  el  paulo  minus, 
Frater  Symon  per  duos  annos  et  septirnanas  sex,  Fi-aler  Gui- 
clianlus  qui  assumptus  est  Triplielis  per.  \.  menses.  ».  Or, 
comme  on  le  verra  bientôt,  les  cinq  religieux  se  sont  trouvés 
ensemble  au  camp  de  Baiju  du  21  mai  au  2.")  juillet  12-17,  et,  à 
1  xception  du  frère  (Juicliard  qui  retourna  sans  doute  à  son 
I  'iivent  de  Tillis.  ils  unt  du  re\enir  ensemble  au  moins  jusque 
dans  les  régions  que  les  Latins  occupaient  encore  en  Syrie. 
Mi-me  à  mettre  les  choses  au  mieux  et  à  sup[>oser  qu'ils  aient 
pris  la  route  directe  du  camp  de  Haiju  à  Acre  en  .V.J  étapes,  sur 
laquelle  je  reviendrai  tout  à  l'heure,  leur  séparation  éventuelle 
ne  peut  se  placer  avant  la  fin  de  septembre  1217;  c'est  extrê- 
mement juste  pour  expliquer  que  Simon  de  Saint-Quentin, 
depuis  juillet  II  lô,  ne  soit  resté  que  deux  ans  el  six  semaines 
avec  Ascelin  ;  et  cette  solution  déjà  difficile  devient  impossible 
si  j'ai  raison  di'  placiT  le  départ  dAscelin  en  mars  121.")  (li. 
l'.ien  plus,  la  durée  du  voyage  d'Asceiin  et  le  temps  que  cliacun 
il'  s  religieux  passa  avec  lui  ne  peuvent  être  chez  Vincent  de 
Beauvais  que  des  emprunts  à  Simon  de  Saint-Quentin,  et 
Simon  de  Saint-(jiientin  n'a  pu  donner  de  telles  précisions  que 
-  il  est  resté  avec  Ascelin  jusqu'au  retour  de  celui-ci  à  Lyon. 
'  inmenl  expliquer  alors  que  le  voyage  d'Asceiin  ait  duré  trois 
ans  et  sept  mois  et  celui  de  son  compagnon  Simon  deux  ans  et 
six  semaines  seulement'? 

La  solution  me  parait  être  que  les  compagnons  d'Asceiin  ne 
sont  pas  partis  île  Lyon  avec  lui.  On  se  rappelle  la  phrase 
initiale  de  Vincent  de  Beauvais  (  X.WII,  2 1  :  «  Hoc  etiam  tcmpore 
misit  idem  papa  fratrem  .\sceliimm  de  ordine  Predicatorum 

1)  L'ancienne  Année  dominicaiite.  Juin,  096-1007,  atlmottait  que  les  voyageurs 
sciaient  séparés  au   retour. 

m 


294  REVUE    DE    l'orient   CHRÉTIEN".  ™ 

cum   tribus  aliis    IVatribus   auctoritate    qua  fungebantur  de 
diuersis  onlinis  sui  conuentibus   sibi    associatis,  cuiu   literis 
apostolicis  ad  exorcitum  Tartarorum...  »  Le  membre  de  phrase 
auctoritate  qua  fungebantur,  quoique  appuyé  par  les  deux 
manuscrits  que  j'ai  consultés,  n'est  rien  moins  que  clair,  et  il  a 
manifestement  eml)arrassé  lecteurs  et  traducteurs  (1).  L'édi- 
tion  de  Douai,    1624,   suivie    par    Malvenda    en    1627,  écrit 
auctoritate  qua  fungebatur,  et  je  crois  qu'elle  a  raison.  Ascelin 
seul  est  envoyé  en  mission  par  le  pape,  mais,   «  en  verlu  de 
l'autorité  qui  lui  en  avait  été  donnée  »,  il  s'est  associé  en  vue  de 
sa  mission  trois  autres  frères  qu'il  a  pris  dans  divers  couvents 
de  son  Ordre.  Mais  rien  n'indique  qu'il  les  ait  tous  choisis  avant 
son  départ  de  Lyon.  Comme  on  l'a  vu  plus  haut  (pp.  86-87),  les 
Annales  S.  Pantaleonis  et  Vincent   de    Beauvais  lui-même 
paraissent  dire  que  Benoît  de  Pologne,  compagnon  de.Iean  du 
Plan  Carpin,  s'est  rendu  en  Mongolie  sur  un  ordre  du  pape, 
alors  qu'en  fait  Jean  du  Plan  Carpin  se  l'adjoignit  seulement  en 
passant  k  Breslau.  Mais  c'est  que  la  mission  dont  est  chargé  un 
chef  vaut  aussi,  dans  l'esprit  des  chroniqueurs,  pour  les  com- 
pagnons qu'il  se  donne.  Dans  le  cas  de  la  mission  d'Ascelin, 
si  Vincent  de  Beauvais  fait  exception  pour  Guichard  de  Crémone 
et  ne  le  compte  pas  dans  le  nombre  des  compagnons  d'Ascelin 
indiqué  au  eh.  2,  c'est  que    la   rédaction   de    Vincent  n'est 
pas  toujours  très  serrée,  et  que  le  frère  Guichard,  pris  dans  un 
lieu  déjà  soumis  à  la  suzeraineté  mongole  et  qui  y  retourna 
sans  doute  directement,  est  en  quelque  sorte  à  ses  yeux  en 
marge  du  reste  de  la  mission.  Malgré  son  imprécision,  le  texte 
de  ce  ch.  2  de  Vincent  de  Beauvais,  eriYis,d.ni fungebatur,  me 
paraît  d'ailleurs  appuyer  dans  une  certaine  mesure  ma  manière 


(1)  .Jean  du  Vigiiay  (Miroir  /ly.ilorinl,  Paris,  1531)  a  compris  :  «  En  ci-  temps 
envoya  le  dit  pape  frère  Assellin  de  lordre  des  presclieurs  4:  trois  autres  frères 
de  l'auctorite  dont  ils  usoyent  |  acôpaignez  aussi  dautres  frères  de  diuers 
conuens  garnis  de  lettres  apostoliques  en  lost  des  tartarins.  »  Cela  n'a  pas  de 
sens,  llakluyt  est  plus  littéral,  mais  guère  meilleur  (Beazley,  The  lexts  and 
versions,  p.  107):  »  About  this  time  aiso,  Pope  Innocentius  tlie  fourtli  sent  Prier 
Ascellinc  being  one  of  tlie  order  of  the  Praedicants,  together  wilh  tliree  otiier 
Fi-iers  (of  the  same  authoritie  whereunto  they  were  called)  consorted  with 
lilm  ont  of  diuers  Couons  of  tlieir  order,  with  letters  Apostolicall  vnto  tlie 
Tartars  campe...  .. 

[1)81 


LKS    MONOOLS    ET    LA    TAPArTÉ.  295 

voir.  Si  c'était  à  Lyon  même  qu'au  reçu  de  l'onlre  ponti- 
lical,  Ascelin  s'était  clioisi  des  compagnons,  leur  désignation 
eût  été  approuvée  par  le  maître  général  ou  au  moins  par  les 
prieurs  provineiaux:  nurdirilale  ijttn  ftinijchafi/r  »eisiit  n<pn 
seulement  superllu,  mais  assez  inexact.  Le  texte  même  de 
Vincent  de  Heauvais  ne  me  parait  donc  justifié  que  si  Ascelin, 
«  en  vertu  de  l'autorité  qui  lui  en  avait  été  donnée  «,  a  pris  tout 
ou  partie  de  ses  compagnons  en  cours  de  route,  dans  les 
couvents  de  son  ordre  où  il  s'arrêtait.  Et  c'est  aussi  la  seule 
solution  qui  puisse,  semble-t-il,  rendre  compte  du  temps  passé 
auprès  d'.\scelin  par  chacun  des  frères.  Les  endroits  où  les 
divers  choix  furent  faits  nous  échappent  naturellement.  Il  est 
vraisemblable  que  le  frère  .Alexandre  et  le  frère  Albert,  qui  ont 
tous  deux  fait  partie  de  la  mission  d'Ascelin  pendant  <■  un  peu 
moins  de  trois  ans  »,  ont  été  pris  au  même  endroit  ou  dans  des 
endroits  voisins.  S'ils  ont  été  pris  dans  des  couvents  d'Europe 
entre  Lyon  et  le  port  d'emliarquement,  nous  devrons  conclure 
qu'ils  ont  quitté  Ascelin  lorsque  celui-ci,  au  retour  de  son 
séjour  chez  Baiju,  se  retrouva  en  terre  de  chrétienté,  soit  dans 
la  région  de  Constantinople,  soit  plus  probablement  en  Pales- 
tine ou  sur  la  cote  de  Syrie.  Mais  au  cas  où  ils  seraient  revenus 
à  Lyon  avec  Ascelin,  il  faudrait  qu'Ascelin  les  eût  pris  dans 
les  couvents  dominicains  d'Orient.  De  toute  manière,  c'est  la 
solution  qui  semble  à  adopter  pour  Simon  de  Saint-Quentin 
puisque  celui-ci,  qui  a  du  accompagner  Ascelin  jusqu'au  der- 
nier jour,  n'a  cependant  passé  avec  lui  que  deux  ans  et  six 
semaines  (1. 


Si  la  composition  de  la  mission  d'Ascelin  prête  à  discussion, 
la  détermination  de  l'itinéraire  suivi  par  la  mission  à  l'aller  et 
au  retour  soulève  des  difficultés  encore  plus  sérieuses  et  qu'on 
ne  peut  résoudre  que  par  voie  d'hypothèses.  La  conclusion  la 
plus  solide  à  laquelle  j'aboutisse  est  en  quelque  sorte  d'ordre 
négatif,  puisqu'elle  montre  seulement  que  la  théorie,  formulée 
jusqu'ici  est  inacceptable  (2). 

1  '  [Cf.  les  arguments  analogues  développés  par  Allaner,  80.] 

-'  I  Je  ne  m'arrêterai  pas  à  Topinion  de  .Matbias  île  .Miechow  (+  15i'3  ;  T.  Clievalier 

m 


296  REVUE    DE    l'orient    CHRÉTIEN. 

Le  point  (lélical  du  problème  est  celui-ci.  Comment  se  fait-il 
qu'Ascolin,  paili  en  I-Jlô, —  en  juillet  selon  les  uns,  en  mars 
selon  moi,  —  ne  soit  arrivé  au  camp  de  Baiju  dans  la  Ti'ans- 
caucasie  orientale  au  Nord  de  l'Araxe  qu'en  mai  1217,  c'est-à- 
dire  deux  ans  après? 

Un  certain  nombre  d'auteurs,  sans  se  soucier  de  cette  diffi- 
culté, se  sont  bornés  à  dire,  à  la  suite  de  Quétif  et  Écliard 
(I,  122).  que  la  mission  d'Ascelin  avait  déliarqué  à  Acre,  puis, 
par  l'Arménie,  la  Géorgie  e1  Titlis,  avait  atteint  la  Perse;  c'est 
le  cas  par  exemple  de  Daunou.  du  P.  Mortier  et  du  P.  Golu- 
bovich  (1).  Kûlb  (i,  130)  fait  voyager  au  contraire  les  mission- 
naires par  la  Syrie,  la  Mésopotamie  et  la  Perse,  jusqu'au  Kha- 
rezrn,  ce  qui  va  contre  la  lettre  du  texte  (2). 

Mais,  un  quart  de  siècle  avant  Quétif  et  Échard. 
Claude  Fleury  avait  exposé  dans  son  llishiire  cec/rsias- 
tique  (3)  une  théorie  qui  a  rencontré  un  certain  nombre 
de  partisans,  tels  que  Touron,  Kunstmann,  Zarncke  et  les 
rédacteurs  de  la  nouvelle  Année  dominicaine  (1).  D'après 
Fleury,  Ascelin  et  ses  compagnons,  envoyés  aux  Mongols  par 
Innocent  IV,  se  seraient  rendus  d'abord  en  Egypte  auprès  du 
sultan  «  Melicsaleli  »  (^  Salili  Ayyïib)  ;  ils  lui  présentèrent  des 
lettres  où  le  pape  l'exhortait  à  devenir  chrétien  et  lui  demandait 
de  faciliter  le  passage  des  missionnaires  chez  les  Mongols.  Le 


distinsue  à  tort  un  ••  Matthias  de  Miecliow  -  et  un  ••  Jlnithieu  de  Miechow  -)  qui 
l'ait  passeï-  Ascelin  par  l'Allemagne  et  la  Russie  i  TracbUux  de  duahm  Sarmatiis, 
Cracovie,  lôlT,  in-1,  1"  part.,  ch.  5;  Clironica  Pulonorum,  Cracovie,  1521, 
réédition  de  J.  Pistorius,  l'nlonicae  historien'  Corpiix,  Bàle,  1582,  folio,  u, 
'.18-99;  c'est  qu'il  a  conlondu  Ascelin  et  Plan  Carpin.  Malvenda  a  suivi  Matliias 
de  Miechow. 

(1)  Daunou,  dans  JJi.sl.  liU.  df  la  France,  xviii,  -100-402;  Mortier,  l/isloirc  des 
mailres  (/fJniiraux,  i,  383;  Golubovich,  ii,  333. 

(2)  Le  texte  de  Vincent  de  Beauvais  prouve  qu'à  l'aller  la  mis.sion  a  passé  par 
Tillis.  D'autre  part,  le  camp  de  Baiju  n'était  pas  au  Kharezm,  mais  dans  la 
partie  orientale  de  la  Tr.anscaucasie.  Cette  région  comptait  alors  comme  faisant 
partie  de  la  Perse,  dont  la  mission  ne  parcourut  donc  que  la  pointe  nord-ouest; 
Touron  ii,  147j  se  trompe  en  disant  qu'Ascelin  et  ses  compagnons  traversèrent 
■'  une  grande  partie  de  la  Perse  ... 

(3)  Éd.  de  Paris,  1722,  in-4,  xvn,  394-300. 

{4j  Touron,  ;,  117-148;  Kunstmann,  Die  Missioniire  in  Afrika  ini  i^.  Jahr- 
hunderle  [dans Hist.-pulit.  BliiUer.  xxxix  [1857,  i],  489);  Zarncke,  ii,  71  ;  nouvelle 
Armée  dominicaine,  juin  II*  partie,  p.  575. 

[lOni 


LES    MONGOLS    F.T    L.V    l'AI'Al  TK.  297 

sultan  lit  répondre  par  -  Salcliin  »,  qui  devait  ùtre  un  de  ses 
principaux  ofliciers;  il  iléclinait  toute  discussion  théologique 
avec  les  Frères,  parce  queceux-ci  ne  savaient  argumenter  qu'en 
latin  et  en  français.  Les  envoyt-s  d'Innocent  I\'  auraientensuite 
passé  Innirtemps  à  faire  de  l'apostolat  dans  les  terres  de  Pales- 
tine et  deSyric  soumises  au  sultan  d'Égypie.  Touron  croit  même 
qu'ils  avaient  lion  espoir  de  convertir  le  prime  Ismael  et  qu'ils 
serindirent  à  nouveau  près  de  lui  lors  de  leur  voyage  de  letour; 
mais  Ismael,  bien  que  leur  ménageiint  k  nouveau  un  accueil 
l'.ivorable,  ne  se  serait  pas  fait  baptiser. 

A  la  base  de  toutes  ces  théories,  il  y  a  une  double  erreur,  qui 
consiste  à  supposer  que  la  lettre  d'AI-Mausfir  (c'est  le  «  Sal- 
chin  »  de  Fleurj)aété  écrite  en  Egypte,  et  ensuite  que  les  lettres 
des  princes  et  t'mirs  de  .Syrie,  y  compris  celle  du  prince  de 
Baailiek  Isma  il,  ont  été  confiées  à  la  mission  d'Ascclin.  Mais  on 
a  vu{sitpra,  pp.  30, 36-37)  qu'Al-MansQr  était  prince  de  Iloms  et 
vivait  en  Syrie,  et  d'autre  part  que  la  date  à  laquelle  les  lettres 
des  princes  et  émirs  de  Syrie  ont  été  copiées  clans  les  lîcijistres 
pontificaux  ne  permet  pas  d'admettre  que  la  mission  d'Ascelin 
les  ait  rapportées  (1  ).  En  tout  état  de  cause,  il  eut  été  d'ailleurs 
très  surprenant  que  des  envoyés  du  pape  aux  iMongols  fussent 
allés  d'abord  en  Egypte. 

L'opinion  de  Quétif  et  Kchard,  qui  fait  débarquer  Ascelin  à 
Saint-.Iean  d'.\cre,  n'a  pas  plus  de  valeur.  Elle  repose  évidem- 
ment sur  la  phrase  finale  de  \incent  de  Beauvais  (xxxn,  p.  ."Ai)  : 
«  Sunt  autem  ut  dicunt  ab  Achon  usque  ad  exercitum  illum 
Tartarorum  in  Perside.  LI.X.  diète.  »  Mais,  ainsi  que  je  le 
montrerai  plus  loin,  il  s'agit  là  de  la  route  directe  entre  Acre 
i-t  11'  camp  de  Baiju,  par  Aiilioche,  Alep  et  .Mossnul.  Le  rensei- 
gnement ne  vaut  certainement  pas  pour  le  voyage  d'aller,  que 
la  mission  fit  par  Tillis.  Assun-ment  Ascelin  a  pu  débarquer  à 
Saint-Jean  d'.Vcre,  où  on  arrivait  normalement  d'Europe  lors 
du  «  passage  »  ;  mais  nous  n'en  savons  rien  {i}. 

Il  est  assez  vraisemblable  que,  comme  lavaient  fait  le  frère 
André  et  son  compagnon,  la  missinn  d.Vscelin  ait  ern''  long- 

(1)  [Cette  objection  vaut  aussi  ooiitrt'  .\ltaner,  79-81,  où  la  théorie  de  Touron 
••t  autres  est  reprise  on  partie.; 

(2)  [Je  me  sépare  ici  de  M.  .\ltaner,  p.  80.] 

[1011 


298      _  REVUE    DE    l'orient    CHRÉTIEN. 

temps  en  Palestine  et  en  Syrie,  cherchant  à  [lasser  à  travers  les 
principautés  musulmanes  pour  atteindre  les  pays  (lue  les 
Mongols  occupaient.  A  Foccasion,  tout  comme  Plan  Carpin, 
tout  comme  le  frère  André,  Ascelina  dû  s'occuper  de  la  réunion 
des  églises  hérétiques  et  schismatiques,  car  c'était  là,  ne 
l'oublions  pas,  un  des  buts  qu'Innocent  IV  avait  assignés  à  ses 
diverses  missions.  Mais  rien  de  ce  que  fit  alors  Ascelin  na 
laissé  de  traces.  En  désespoir  de  cause,  il  a  dû  renionter  \  ers 
le  Nord,  soit  par  la  petite  et  la  grande  Arménie,  soit  même  par 
Constantinople  comme  le  fit  un  peu  plus  tard  Guillaume  de 
Rubrouck.  Le  fait  certain  est  qu'il  passa  par  Titlis,  puisque 
c'est  là  qu'il  s'adjoignit  un  nouveau  compagnon,  Guichard  de 
Crémone.  Ascelin  le  prit  parce  qu'il  habitait  le  couvent  domi- 
nicain de  Tiflis  depuis  sa  fondation  en  lilO  et  qu'il  y  avait 
appris  des  Géorgiens  les  mœurs  et  les  coutumes  des  Mongols. 
Mais  il  n'est  pas  sûr  qu'il  ait  servi  d'interprète  auprès  des  Mon- 
gols, comme  on  l'a  dit  parfois  (1),  car  rien  ne  montre  qu'il 
ait  su  le  persan,  et  quand  on  eut  à  traduire  au  camp  de  Baiju 
les  lettres  du  pape,  on  passa  du  latin  au  mongol  par  une  langue 
intermédiaire  qui  était  le  persan,  et  non  le  géorgien  ou  l'ar- 
ménien (XXXII,  17).  A  partir  de  Tiflis,  le  voyage  se  poursuivit 
sans  de  trop  longs  arn'ts  puisque  Guichard,  parti  de  Tiflis  avec 
Ascelin  et  qui  demeura  auprès  de  lui  pendant  les  deux  mois  que  • 
la  mission  passa  au  camp  de  Baiju,  n'est  resté  en  tout  que  cinq 
mois  avec  les  missionnaires. 

Les  ciuq  Dominicains  arrivèrent  au  camp  de  Baiju  «  Je  jour 
de  la  translation  du  bienheureux  Dominique  »  (2),  c'est-à- 
dire   le  21    mai   (3).    Par   la  lettre  de   Baiju   à  Innocent  IV 

(1)  Par  exemple  Beazle\-,  The  dawn  of  inod.  ijcugr.,  ii,  27*. 

(i)  Saint  Dominique  avait  été  canonisé  dès  1234. 

(3)  Anna  Dvin'ini.  M.  CCXLVII.  in  die  IrunsUil louis  beiili  Duminici  (xxxii,  40)- 
Bcrgoron  (Voyar/es,  éd.  de  1735,  note  à  Ascelin,  col.  G7)  a  dit  en  -  août  1247  », 
et  il  a  été  suivi  i)ar  Rémusat  [Mém.  sur  les  relations,  28)  et  par  M.  Bréhier 
[L'Éf/lisn  etrOricnt,  1907,  p.  221);  Kiilb,  i,  130,  indique  même  le  5  août  1247.  Ils 
n'ont  pas  remarqué  que  cotte  date  était  impossible,  puisque  les  Dominicains, 
après  plusieurs  semaines  de  séjour,  quittent  le  camp  de  Baiju  le  jour  de  saint 
.Jacques,  c'est-à-dire  le  2.5  juillet  1247.  JI.  Umiiîski  (p.  65)  a  dit,  sur  la  foi  du 
D'  Giotl,  que  la  translation  de  saint  Dominique  élait  du  25  mai,  et  c'est  en  effet 
la  date  à  laquelle  on  la  célèbre  aujourd'hui.  Mais  l'icury  {Hisl.  eccL,  1722,  in-4, 
xvn,  396)  ctïouron  (Hommes  illustres,  i,  p.  149)  ont  indiqué  ici  l'équivalence  du 

[102] 


LES    MON(iOLS   ET    LA    l'APAlTÉ.  299 

(XXXIl,  ôl),  nous  savons  que  ce  camp  était  «  in  lerritorio  Sitions 
castri  »  (1).  Pendant  longtemps  ce  nom  de  Sitiens  est  resté 
mystérieux  (2).  Bretschneider  (3)  est,  je  crois,  le  premier  ;'i 
l'avoir  rapproché  du  nom  de  Sisian  qui  figure  dans  le  récit  du 
voyaire  que  fit  le  roid'Armi-nio  Hetluuu  l'^quand,  en  IJ.')  1-12.')."), 
il  alla  ;ï  Karakorum  rendre  hommage  au  grand  klianMongka(  1). 


,'l  mai.  Cl  c'est  aussi  la  date  que  donne  Léopold  Delisle  (.Vu(.  et  ICxlr.,  xvui. 

,'    partie,  186).  Le  P.   Mandonnet  vent  bien  me  faire  savoir  que  la  translation 

^t  bien  du  21  mai,  mais  que  la  célébration  fut  reportée  au  ".!5  mai  lorsque  la 

te  de  Notre-Dame  .\u.viliatrice  des  chrétiens,  instituée  à  la  suite  de  la  liataille 
d-'  Lépante,  eut  pris  la  date  du  21  mai  dans  le  calendrier. 

il)  •  Sitiens  •  est  la  leçon  usuelle  des  c<litions;  c'est  aussi  celle  du  mss  Lat4000; 
I.it  4S98  a  •  .Siciens  ■  :  de  toute  façon,  le  nom,  comme  on  va  le  voir,  est  à  pro- 
noncer comme  s'il  était  écrit*  .SIsiens. 

^•2)  C'est  ce  qui  explique  que  Kiilb  ii,  13i))  ait  pu  le  chercher  jusqu'au  Kliarezm, 
ri  Touron  au  fond  cic  la  Perse.  En  liWl,  M.  Beaïley  (The  ilawn  of  ntnd.  i/i'ogr., 
M,  31S)  le  mettait  à  Kars,  s;ins  doute  par  confusion  avec  le  séjour  que  Baiju  lit 
dans  cette  ville  au  printemps  de  1254,  au  moment  même  où  Uethum  1  passait 
par  celte  ville  en  se  rendant  en  Mongolie;  mais  la  situation  de  Kars,  au  Sud-Ouest 
le  Tiflis,  suffit  à  exclure  cette  ville  dans  le  cas  présent.  Depuis,  dans  The  texls 

'id  versions.  270,  puis  «lans  son  article  ■  Simon  of  Saint-yuenlin  •  de  l'A";i(.'. 
UrU.  '■  [l'JU],  M.  Bcazley  a  adopté  pour  Sitiens  l'identification  proposée  par 
llretschneider  et  dont  je  vais  parler;  mais  dans  la  même Fnc.  Hrit.  ",  art.  André" 
of  Longjumeau,  il  continue  à  placer  le  camp  mongol  ■  prés  de  Kars  ■. 

i3i  M  éd.  Itesearches.  i,  171. 

i4)  Sur  llelhum  1"  et  son  voyage,  cf.  Cordier,  Bihl.  Sin.-,  I!i9s-1099  (les 
uticles  du  P.  (jolubovich indiqués  col.  lOlO-lOll  ne  se  rapportent  pas  àllethum 
I",  mais  à  Hethum  11,  monté  sur  le  Irùne  en  12S9)  Le  récit  du  voyage  de 
llothum  a  été  conservé  dans  la  chronique  de  Kirakos  de  Ganjak.  son  neveu, 
iVoix  il  a  passé  dans  la  compilation  tanlive  de  Canician.  Les  traductions 
suivantes  du  voyage  de  Hethum  !•'  ont  été  publiées  :  1"  (d'après  Kirakos) 
l'iilriestvic  armyathiknijo  rarya  Geluma  k  lialu  i  k  .Uani/u-IJianu.  V  télo 
nrmijanikarjo  scisteniya  70.'i-T0i,  ot  H.  h'h.  i'J'ii-i'J'j'),  par  le  prince  Argutinskiï, 

■  lans  le  Sibirskiï  Véstnik  de  Spasskiï,  St-Pétersbourg,  1'.*'  partie   [1822],  9:!-108 
n'est  pas  indiqué  dan.s    BM.  Sin.-);  i'  (d'après  Camcian)  dans  Ajierru  des 

■  iilrrprises  des  Mongols,  etc..  Voyage  du  pieux  roi  des  Arméniens,  etc.,  par 
.1.  Klaproth.  dans  ,/.  .1.,  oct.  1833.  273-289  (trad.  française  d'une  trad.  russe  mss. 
de  J.  Tutulov;  cf.  supra,  p.  48;  celte  traduction  française  a  été  traduite  elle- 
même  en  anglais  dans  .4s.  J.  a.  Monlhly  lieg.  de  1833,  x,  137-143);  3°  (d'après 
Kirakos)  dans  Lrs  Mongnls  d'nprcs  Us  historiens  arméniens,  par  Ed.  Dulaurier 
./.  .4.,  avril-mai  IH.'*?,  I6;M73;  n'est  pas  indiqué  ilans  fJibl.  .Çin. -);  4°  trad. 
monyme  dans  /{usskoe  slovo,  juin  186",  sect.  de  litt.  étrang.,  108-124  (indiqu>- 
d'après  Patkanov,  /.«/.  Mong..  ii,  121-125);  5"  en  appendice,  pp.  213-217,  de  la 
trad.  de  la  V'seoliscaya  Istoriya    \'ardana   \'elikago  par  .\.  Emin,  Moscou,  18l>l 

indiqué  d'après  Patkanov,  i</.,  125);  6*  (d'après  Kirakos)  dans  Bros.set.  Oeux 
liistoriens  arméniens  (cf.  supra,  p.  48),  17t)-181;  7"  (d'après  Kirakos)  dans 
Patkanov;  8°  trad.  anglaise,  faite  sur  les  traductions  1,  2,  ti  et  7,  avec  des  notes 

[103] 


300  REVl'E    DE    l'orient   CHRÉTIEN. 

A  leur  retour,  par  Rliagès  et  (Jazwin,  le  roi  et  sa  suite 
arrivèrent  à  Tauriz.  De  là  «  en  vingt-six  jours,  après  avoir 
franciii  le  fleuve  Erasivli  (Araxe),  ils  parvinrent  à  Sisian,  auprès 
de  Bacu-nuin,  commandant  en  clief  des  armées  tartares  ».  Un 
a  vu  plus  hautqu'André  de  Longjumeau  complait  quarante-cinq 
jours  de  route  entre  Acre  et  Tauriz.  Vincent'deBeauvais  dit  qu'il 
y  a  cinquante-neuf  jours  de  route  entre  Acre  et  le  camp  de 
Baiju  ;  il  resterait  donc  vingt-quatrejours  entre  Tauriz  et  .Sitiens. 
Si  on  tient  compte  que  les  trois  indications  appartiennent  à  des 
auteurs  et  à  des  voyageurs  différents,  et  que  Sitiens  comme 
Sisian  est  remplacement  du  camp  de  Baiju,  il  ne  peut  y  avoir 
de  doute  que  dans  les  deux  cas  il  s'agisse  bien  du  même  lieu. 
Sur  la  foi  de  Patkanov,  Bretschneider  a  placé  Sisian  entre  le 
lac  Gokca  et  TAraxe  (1).  Je  ne  sais  ce  qui  a  amené  Patkanov 
à  cette  localisation  de  Sisian  (2).  Il  renvoie  à  «  ^i^t-rr- 
Sisebân,  ville  du  pays  d'Erràn  »  de  Barbier  de  Meynard,  Dic- 
tionnaire liislorique  de  la  Pei'se,  p.  33 1,  et  on  pourrait  penser 
qu'il  suggère  ainsi  une  correction  de  j'-r"-.—  Slsabân  en  ^L- 
Sisayân.  Mais  l'article  complet  de  Barbier  de  Meynard  est 


importantes,  dans  Bretschneider,  Mal.  lies.,  i,  1G4-172.  Sur  le  voyage  du  roi 
Hethum  I,  cf.  aussi  les  notes  des  Hist.  des  croisades,  Doc.  arméniens,  II,  indiquées 
à  l'index,  pp.  916-917;  mais  Hethum  (Ilayton)  l'historien,  neveu  de  Hethum  I, 
se  trompe  .sûrement  en  disant  (p.  164)  que  son  oncle  alla  trouver  Mongka  à 
Almalïgh;  l'itinéraire  même  montre  que  Ilothum  1  vit  Jlongka  à  Karalcorum  ou 
dans  les  environs. 

(1)  Cf.  Patkanov,  Istoriya  Moni/aluv  po  iirinyanshim  islocnikam,  St-Pétersbourg, 
1871,  in-8,  u,  SI,  13?>.  Par  l'intermédiaire  de  Bretschneider  et  de  .AI.  Beazley, 
cette  localisation  a  passé  chez  M.  Umiiîski,  65. 

(2)  Le  seul  des  traducteurs  du  voyage  de  Hethum  qui,  avant  Patkanov,  ait 
glosé  le  nom  de  Sisian  est  Brosset,  179,  qui  dit  que  le  P.  Alisan  y  voit  la  Siounie, 
"  que  les  Persans  nomment  en  effet  Sisan  ■>.  La  province  de  Siounie  était  la  jjIus 
méridionale  des  quatre  anciennes  provinces  de  la  Grande  Arménie  qui  occu- 
paient le  triangle  formé  par  la  rive  orientale  du  lac  Gokéa  et  les  cours  du  Kur  et 
de  l'Araxe  jusqu'à  leur  confluent  (cf.  Brosset,  Hist.  de  la  Siounie,  2°  livr.,  Introd., 
St-Péter&bourg,  1866,  in-4,  p.  1);  la  localisation  serait  donc  admissible  (tout  en 
excluant  le  rapprochement  de  Patkanov  avec  Saïsabân;.  Mais  on  ne  voit  pas 
pourquoi  l'Arménien  Hethum  désignerait  la  Siounie  par  son  nom  persan  et  non 
par  son  nom  arménien  de  Siunik;  on  outre,  le  nom  persan  Sisan  ou  Sisian  de 
la  Siounie  est  une  prononciation  •>  vulgaire  ••  moderne  pour  Sisakan  (Bros.set, 
ihid.,  4);  enfin  on  ne  voit  pas  pourquoi  le  nom  do  la  province  do  Siounie  serait 
devenu  un  nom  de  localité  chez  lleihum  et  plus  précisément  do  forteresse  dans 
la  lettre  do  Baiju. 

ri04] 


LES    JIONriOLS    KT    LA    l'Al'ALTi:.  oOl 

«  .'^iselifiii.  Les  Persans  nomment  cette  viWe  Siseivthi,  j'^^~.. 

^'iIle  du  pays  d'Erràn,  ;"i  1  milles  de  Beïla(|àn  d'après  ce  que  m'a 
dit  im  iiumme  de  ce  pays.  »  L'édition  du  Didiuiiitaire  yéoijra- 

phiijue  de  Vakïit  due  à  Wiistenfeld  [iw,  -llô)  vocalise   .,'-.-— 

Salsabân  et  .,'^— ^  Saïsawân  ;  la  lorme  persane  SaisawAn 
exclut  une  correction  qui  rafiprocherait  Saisaluin  de  Sisian. 
S'il  s'agissait  bien  du  même  lieu,  la  proximité  de  Saisabân  et  de 
lîailakân  amènerait  d'ailleurs  à  cliercli.-r  Sisian  non  pas  entre 
l'Araxe  et  le  lac  Gokca,  mais  bien  plus  à  l'Est,  au  Nord  de 
'Araxe  déjà  réuni  au  Kur.    La   visitf  d'Asceiin  ;"i  Baiju  tout 

imme  celle  de  lletlium  se  sont  produites  au  début  île  l'été. 
Pendant  l'hiver,  les  armées  mongoles  oampaient  déjà  sans 
'ioute,  comme  par  la  suite,  dans  les  plaines  de  Muglian;  mais 
rétè  elles  se  rendaient  peut-être  aux  pâturages  de  montagne, 
.le  suis  trop  peu  au  lait  de  la  géographie  ancienne  de  l'Arménie 
•  I  de  la  Transcaurasie  pour  pouvoir  déterminer  l'emplacement 
!ii  campement  d'été  de  Baiju.  Patkanov  a  été  uuidé  sans  doute 
,  ar  ridée  que  ce  campement  devait  être  situé  au  .Nord  île 
r.-Vraxe,  puisque  Hethum  ledit  formellement,  mais  aussi  proche 
que  possible  d'une  route  directe  entre  Tauriz  et  la  Cilicie  uu 
Petite  .Vrménie  où  Hethum  retournait.  C'est  possible,  mais 
il  est  tout  aussi  vraisemblable  que  Hethum,  en  revenant  de 
Ivarakorum,  ait  fait  un  détour  par  ordre  ou  par  intérêt  afin  de 
se  pri'senter  à  Baiju,  tout  comme  Ascelin  vit  arriver  à 
ix  sitiens  >,  revenant  eux  aussi  de  Kai-akurum,  l'oncle  maternel 

Il  prince  d'.Mep  et  le  frère  du  prince  de  Mossoul  qui  eux, 
ii'pendanl.  ne  se  rendaient  pas  en  Arménie,  mais  en  .Mésopo- 
tamie et  en  Syrie.  En  définitive,  si  Patkanov  a  raison  quant  au 
site,  Sisian  ne  peut  guère  être  identique  à. Saisabân.  .Mais  ce  site 
demeure  incertain,  et  tout  ce  que  nous  pouvons  dire  pour  l'ins- 
t  mt,  c'est  que  Sisian  ou  Sitiens  se  trouvait  dans  la  partie 

riintale  de  la  Transcaucasie,  au  Nord  de  r.\raxe.  Les  vrai- 
-  lu  illances  me  paraissent  être  pour  qu'on  le  doive  chercher  «  à 
l'entrée    de    Tzagé-Tzor,  canton    d'Haband  »,  cest-à-dire   à 

1)  Al;i  lin  «le  I-ÔL  déjà  fn  saison  d'hiver,  (luillauiue  do  Kiibrouck  trouva  le 
■  imp  de  Baiju  sur  le  bas  Araxo,  avant  son  contlueni  avec  le  Kur  (cf.  Rockhill, 
Huhruck,  26.5). 

[1061 


302  REVUE    DE    l'orient    CHRÉTIEN. 

l'endroit  oùSembat  Orbélian  trouva  en  1251  le  camp  de  Baiju 
quand  il  se  rendit  à  Karakorum  pour  la  première  fois.  Le 
canton  de  Haband  était  à  cheval  sur  la  province  de  Siounie  et 
sur  celle  d'Artsakh,  celte  dernière  occupant  l'angle  Nord-Ouest 
dans  le  triangle  Kur-Araxe-Lac  Gokca;  ceci  mettrait  le  camp 
de  Baiju  en  1251,  et  sans  doute  aussi  le  campement  d'été  de 
Sitiens  ou  Sisian  de  1247  et  1254,  dans  les  montagnes  juste  à- 
l'Est  du  lac  Gokca  (1). 


Les  lettres  d'Innocent  IV  étaient  adressées  «  au  roi  et  au 
peuple  des  Tartares  »  ;  le  nom  du  souverain  était  omis  parce 
qu'on  l'ignorait  en  Europe  (2).  Mais  il  semble  en  outre  qu'à 
raison  peut-être  de  l'ignorance  où  on  était  de  l'accueil  réservé 
par  les  Mongols  aux  ambassadeurs  étrangers  (3),  les  envoyés 
du  pape  n'aient  pas  eu  mission  d'aller  en  personne  auprès  du 
souverain;  ils  devaient  seulement  remettre  les  lettres  ponti- 
ficales au  commandant  de  la  première  armée  mongole  qu'ils 
rencontreraient  (4).  Déjà  Plan  Carpin  et   Benoît  de  Pologne 


(1)  Sur  ce  voyage  de  Sembat  Orbélian  en  1251,  cf.  Brosset,  Ilist.  itc  la  Gêorr/ie, 
Additions  et  Éclaircissements,  St-Péter.sbourg,  1851,  iii-4,  324-325;  Brosset,  Jfist. 
de  la  Sioimie,  Introd.,  p.  60;  Patkanov,  Islonya  Monnokw,  i  [1873],  36.  [M.  Alta- 
ner  s'est  absolument  trompé,  p.  lij,  en  clicrcliant  Sitiens  dans  la  Perse  cen- 
trale.] 

(2)  Cf.  supra,  p.  75. 

(3)  La  neuvième  et  dernière  question  posée  à  rarchcvéque  russe  Pierre  sur 
les  Mongols  lors  du  concile  de  Lyon,  après  le  départ  des  missions  pontificales, 
était  "  de  nunciorum  receptione  »  (Annales  de  Burlon,  éd.  Luard.  272,  27-1;  sur 
l'arclievêque  Pierre,  cf.  supra,  p.  63i.  L'archevêque  Pierre  répondit  d'ailleurs 
••  quoil  bénigne  eos  admittunt,  expediunt  et  remittunt  ». 

(4)  ■■  Misit  nos  ad  primum  exercitum  Tartarorum  quem  citius  invenire  posse- 
mus...  Rogamus  igitur  eum  (i.  e.  dorainuni  e.xercitus)...  vt  literas  domini  pape 
recipiat,  visoque  illaruni  tenore  per  suas  literas  siue  per  nuneium  vel  saltem 
solo  verbo  domino  pape  respondeat  >•  (XXX1I,40);  -  Cum  dominus  meus  (vt  alias 
dixi)  nomen  chaam  non  audicrit,  nec  me  ad  ipsum  ire  preceperit,  sed  ad 
primum  quem  inuenire  possem  exercitum  miserit,  ad  cliaam  ire  nolo  nec 
debeo  n  (XXXII,  16).  Comme  je  tiens  pour  identiques  les  instructions  données  à 
Plan  Carpin,  à  Laurent  de  Portugal  et  à  Ascelin.  il  y  aurait  lien  de  modifier 
plus  ou  moins  en  ce  sens  ce  que  j'ai  dit  supra,  pp.  5-6.  J'ai  d'ailleurs  l'impres- 
sion qu'Ascelin  a  volontairement  interprété  ses  instructions  dans  le  sens  le 
plus  étroit.  [Je  suis  ici  en  complot  désaccord  avec  M.  Altaner,  p.  131,  qui  veut 

[106] 


LF.S    MuM.iil.S    KT    l.A    PAPALTK.  30'^ 

n'avaient  poussé  au  delà  de  la  Volga  que  contraints  par 
Batii  (1).  .Malgré  l;i  volonté  de  Baiju,  Ascelin  et  ses  compa- 
gnons se  refusèrent,  eux,  formellement  à  aller  jusqu'à  la  cour 
du  grand  khan,  et  Haiju  finit  par  accepter  de  prendre  connais- 
sance des  lettres  directement  r-'l. 

Le  nom  du  général  qui  commandait  en  chef  l'armée  mongole 
tians  le  Nord-(  tuest  de  la  Perse  est  généralement  écrit  dans  les 
manuscrits  otles  éditions  du  ^/lecuhf/N  /lisloriafe  «  Baiothnoy  » 
ou  «  Baiotnoy  ».  Telle  pourrait  donc  bien  être  la  forme  que 
\'incent  de  Beauvais  a  lue  ou  a  cru  lire  dans  son  manuscrit  de 
Simon  de  Saint-Quentin  ('A).  Mais  rien  ne  montre  que  le 
manuscrit  du  l'rére  Simon  qui  vint  en  la  possession  de  Vincent 
de  Beauvais  ait  été  autographe,  et  on  peut  douter  que  quelqu'un 
qui  avait  T'té  pendant  plusieurs  semaines  auprès  de  Baiju  n'ait 
pas  connu  son  nom  exactement.  Dans  les  lieijishcs  d'Inno- 
cent I\',  la  lettre  ]'iain  agnoscere  verilalis  du  22  novemijre 
1218  est  adressée  «  Bayonoy  régi  illustri  »  etc.  (1);  or  c'est 
par  .\scclin  et  par  les  deux  messagers  de  Baiju  qu'.\scelin 
avait  ramenés  que  le  nom  de  Baiju  fut  connu  à  Rome;  mais  les 
Registres,  à  leur  tour,  ne  sont  que  des  copies  des  originaux,  et 


que  les  «Iciis  missions  franciscaines  aient  été  envoyées  a»  grand  khan,  et  les 
den.\  missions  dominicaines  au  commandant  des  troupes  mongoles  dans  le 
.\ord-Ouesl  de  la  Perse.] 

M  Cf.  supra,  p.  8.  n.  3.  Le  frère  André,  dont  la  mission  était,  à  mon  sens, 
toute  semblable  à  celle  que  reçut  Ascelin,  ne  dut  pas  dépasser  Taiiriz,  où  il  avait 
toutefois,  selon  Mathieu  de  Paris,  trouvé  des  troupes  mongoles.  J'ignore  les 
raisons  pour  lesquelles  il  ne  remit  pas  aux  Mongols  un  exemplaire  des  lettres 
d'Innocent  IV;  mais  cette  abstention  parait  certaine  vu  le  silence  à  ce  sujet  do 
l;aiju  et  d'.Vseelin,  et  aussi  le  fait  que,  dans  la  riche  série  des  lettres  rapportées 
par  le  frère  André,  aucune  lettre  provenant  dos  .Montrols  ne  figure.  ' 

(■2i  II  n'est  donc  pas  bien  exact  de  dire,  comme  M.  Bartol'd  {/storiya  iiuceniya 
l'ostohi  V  Evmpe  i  /{ossii,  2*  éd.,  Leningrad,  1925,  in-8,  p.  6!i),  qu'Ascelin  fut 
envoyé  -  en  Mongolie  •  en  même  temps  que  Plan  Carpin,  mais  qu'un  conilit 
avec  Haiju  ■  obligea  A.scelin  à  s'en  l'Ctourner  -. 

(3i  On  notera  toutefois  que,  dans  le  IC  miri  hisloriarum  de  Jean^de  Columna 
sur  lequel  cf.  supra,  p.  iyi,  n.  2,  et  infra.  3°  partie  du  présent  chapitre), 
]<]>.  IM-ll.j  du  /{ec.  (les  hixl.  des  Gaules,  \X1I1,  le  manuscrit  A  écrit  Boiotnoy 
t  liarotuoy,  mais  B  a  liacoho,  lîacchoni  et  Hayotuey.  et  C  a  Baranon,  Haiocnon 
•  t  Hayocnon.  Or  Jean  de  (.'olumna  ne  parait  pas  avoir  eu  d'autre  sourecici  que 
Vincent  de  Heauvais.  On  trouve  liarothnoij  dans  Fontana,  Mon.  dominicana, 
p.  52,  sans  doute  d'après  Taiggi,  et  qnelli'  que  soit  la  source  de  celui-ci. 

(4)  Cf.  supra,  p.  73. 

[107] 


304  REVUE    DE    l'orient   CHRÉTIEN. 

les  erreurs  de  transcription  y  sont  assez  fréquentes.  Dans  la 
lettre  qu'Odon  de  CluUeauroux  écrivit  de  Chypre  au  début 
d"avril  1219,  il  est  question  de  Baiju  d'après  ce  que  direntalors 
à  sailli  Louis  les  envoyés  d'Aljigidâi  (ou  Eljigidili);  le  seul 
manuscrit  connu  qui  nous  ait  conservé  cette  lettre  l'appelle 
Bachon  (=  Bacliou'?  ou  Bachonoin?)  (1).  Les  diverses  lij'po- 
tlièses  qu'on  pourrait  faire  pour  expliquer  le  tli  ou  t  de 
Baiothnuy  ou  Baiotnoy  sont  trop  aléatoires  pour  qu'il  vaille  de 
les  discuter  longuement,  mais  il  est  assez  vraisemblable  que 
Baiothnoy  est  issu  en  quelque  manière  de  Bacclionoy  ou  Bac- 
chonoyn  (2).  En  tout  cas,  le  nom  mongol  véritable  est 
certainement    soit    Baiju-noyan,    soit    Baicu-noyan    {?>);   la 

(1)  Il  sera  quostioii  de  cette  lettre  dans  la  troisième  partie  dii  présent  elia- 
pitre.  La  leçon  Bac-iiou  semble  confirmée  indirectement  par  les  Grandes  chro- 
niques de  France  (éd.  Paulin  Paris,  183S,  in-li,  iv,  oO),  qui  écrivent  Liaton  = 
Bacon,  Bachon;  Guillaume  de  Nangis,  dans  le  j)assago  parallèle  à  celui-ci 
\Hcc.  des  hisl.  des  Gavles,  xx,  364-365),  écrit  Bachon.  (niillaume  de  Hubrouck 
orthograpliie  Baacliu  (Rockhill,  l'uhruck,  265-267). 

(2)  Cf.  supra  les  variantes  des  manuscrits  de  Jean  de  Columna. 

(3)  En  1031,  Bergeron,  dans  son  Traité  des  Tarlares  (rééd.  de  1735,  col.  -II) 
rétablissait  «  Bachin  ou  Bochin  »  ;  Daunou,  dans  Hist.  lill.  de  la  France,  xviii 
'18351,  400-402,  a  copié  ces  mauvaises  restitutions  de  Bergeron.  Mais  déjà  de 
Guignes,  Jlist.  ;/en.  îles  Huns,  m,  118,  écrivait  moins  inexactement  «  Baijou- 
novian  ".  Le  ■.  Baidu  Kan  »  du  P.  Golubovich,  n,  319,  no  peut  être  qu'une 
inadvertance.  M.  Beazley  s'est  trompé  [T/ie  dawn,M,  277  et  index)  en  considérant 
"  Baitu  "  comme  une  l'orme  alternative  de  Baiju;  il  en  est  de  même  du  Bayto  du 
P.  Tournebize,  Hist.  polit,  et  reliy.  de  l'Arménie,  p.  830.  Les  éditeurs  des  llist. 
des  Croisades,  Hist.  arm.,  n,  158,  2!)2,  ont  eu  tort  également  d'adopter  une  forme 
«  Bayto  -  dans  leur  texte  de  Ilethum  (llayton)  l'historien;  l'auteur  a  sûrement 
connu  le  nom  correct,  et  il  faut  donner  la  préférence  à  ceux  des  manuscrits 
latins  et  français  de  son  œuvre  qui  écrivent  Bacho,  Baco,  Bayco.  On  sait  assez 
que  la  confusion  de  c  et  de  t  estconstante  dans  les  manuscrits.  Le  même  chapitre 
de  Ilethum  l'historien  en  fournit  un  exemple  important,  sur  lequel  les  éditeurs 
des  llist.  des  Croisades  ne  se  seraient  pas  mépris  s'ils  avaient  connu  les  travaux 
de  Patkanov.  Selon  Ilethum,  Ogodiii  avait  envoyé  Baiju  en  «  Turquie  »  avec 
«  XXX'"  Tartars,  qui  estoient  apellez  Caraachi,  ce  est  à  dire  conquerreors  ■•  ou, 
dans  le  texie  latin,  «  XXX'"  mililum  Tatarorum,  qui  [in  eorum  lingua]  voca- 
bantur  Caniachi,  id  estconquisitores  »;  les  éditeurs  ajoutent  en  note  qu'il»  faut 
lire  Cancali,  ou  plutôt  CJanqahj  »,  nom  d'une  grande  tribu  Oghuz  dont  les 
membres  ■■  étaient  connus  pour  leur  bravoure  et  leur  cruauté  ».  Mais  les 
■•  Qanqaly  •■  (il  faudrait  écrire  Qanglï,  Qahlï,  sans  le  second  a)  sont  hors  de 
question.  Les  manuscrits  utilisés  par  les  éditeurs  ont  Camachi,Tanachy,  Canachi, 
Canachy,  Tanachyn,  Thamachi,  Tamachi;  celui  publie  en  1903  par  M.  Ouiont 
(Xot.  et  E.-vtr.,  xxxvni,  280)  a  Tonaehi.  Or  c'est  Tamachi  qui  est  la  bonne  leçon, 
car   ce  sont  là  évidemment  les  t'an-ma-tch'en   (prononciation    au    xiu'  siècle 

[108] 


Lies    MONi.Ol.S    ET    1,A    l'AI'AUTi;.  '.!(  lij 

forme  Bacu,  qui  a  éti'  aiioplée  parfois  jusque  dans  notre  temps, 
est  ù  écarter  (1).  La  plupart  des  crudits  modernes,  confor- 
mément à  rorthographo  des  sources  musulmanes,  ont  transcrit 
Baiju  (-2),  et  je  fais  désormais  comme  ou\,  non  sans  quelque 
hésitation  (:{).  Il  m'avait  paru  d"abnril  en  clTi-t  que  les  formes 
arméniennes  fLlu^nL  Bac'u  (1),  syriaque  <"»•>  Basu  (r>)  et  même 


iiii-mn-c'iii,   ce  «lui   suppose  un   original  '   iammnci»    ou  tamacin)  i[eVltisl. 

rélc    lies  Mongols  (;'.  iVA),    litre  l"orni(5  régulièrement  sur    un  mot  l'nn-ma 

f'immn,  '  tiiiiui)  qui  se   trouvi'  au  J  271  du   même  ouvrage.  Les   historiens 

Miéniens  l'ont  écrit  temriiiicf.  Patkanov,  Isloriija  .\fon;/oloi',u,  p.  138).  Peut-être 

••e  le  même  titre  qui,  avec  des  sens  évolués,  a  survi'cu  a.^sez  longtemps  en 

•  et  se  rencontre  également  chez  les  écrivains  arabes  et  persans  du  moyen 

•    sous  la  forme      ,3>.!»j   tawûci  et     _i,l<j  lawfisi;  cf.  JVol.  et  Exlr.,  ix,  178 

-,  2^7;  XIV,  I,  92;  Quatremère,  Ifisl.  des  sultans  mamloiiks,  t,  ii,  l'ii;  Vullers, 

icon  persico-lalinum,     i,     174;    l'avet  de    Courteille,  /JiW.  ltirc-oriental,'il',>; 

•ument  en  écriture  ouigoure  do  Zapiski   Vost.  01<I.  II.  I.  Arkk.  Obsc,  xvi,  09: 

■liov,  OiKjl  slovnrya.  m,  985.  1127;  A.  S.  I5everidgc,  The  Memoirs  of  liiibur, 

Il  Bacu  (■  Hatchou  ■.  •  Hacliu  -,  ■  Batsciiu  -,  suivant  la  langue  des  divers 
iN'ursi    dans    Rérausal.   Mémoires   concernant  les  relations,  p.    21;    Uea/.ley, 

••  diiwii.  11.  372,  384,  SSV»;  G.  Altunian.  Die  Moii:/olcn  und  ilire  Erobcrunyen 
kaukasisctien  und  kleinasialischen  Landern  ira  XIII.  Jahrhundort,  Berlin, 
'II,  in-8.  o8  et  suiv. 

2)  Baiju  (>  Baidjou  •,  -  Itaidschu  -,  •  Baiju  -,  ■  Baidzu  •)  dans  de  Guignes. 
I.    118;  von   Ilammer.   Heschichte  drr  Ilkhunen,  i,    147-140,  etc. ;  Quatremoro, 

<'.  des  Moni/ols,  119:  Erdmann,  VollsOinflii/e  Uebersicht,  184;  Temudsc/iin,  229; 
.iilisson,  Hisl.  des  MowjoU,  ii.  208;  Wollî,  Geschichte  der  Mi>n;/oten,  121; 
C' rozin,  dans    sa  traduction  de    Kasîdu-'d-l)în   (voir  les   inde.x);  Bcazley,  Tlie 

.  Is  and  versions.  269,  et  The  daim,  ii,  318;  Uniinski,  65,  etc. 

3i  .l'avais  écrit  Baicii-noyan  supra,  p.  5. 

4i  Sur  cette  forme  aiménienne.  cf.  Quatremère,  /iist.  des  Moni/ols,  122  (où  la 
transcription  avec  /)  initial  au  lieu  de  b  est  un  phénomène  de  prononciation 
iilalivemcnt  moderne  qui  ne  vaut  pas.  en  règle  générale,  pour  les  transcrip- 
tions du  xm"  siècle).  Les  transcriptions  arméniennes  ont  toujours  Bac'u  (Bacu). 
■  I  non  Baicu,  aussi  bien  dans  les  ouvrages  de  Brosset  que  dans  ceux  de 
l'.itl<anov.  Une  seule  fois,  dans  sa  traduction  d'extraits  de  Malakia  le  .Moine, 
lirnsse»  (//i.-7.  de  la  Géor;iie,  .Vdditions,  4(55)  écrit  -  Baitchou-Nouïn  •.  mais  à  la 
l'aire  suivante,  et  toujours  d'après  M.alakia,  il  a  ■  Batchou-.Vouïn  -,  si  bien  qoc 
je  soupf-onne  le  •  Ba'itchou-Xouin  •  de  la  page  405  d'être  une  inadvertance  (je 
n'ai  eu  accès  ni  au  te.xtc  original  de  Malakia,  ni  à  la  traduction  qu'en  a  publiée 
l'itkanov  sous  le  litre  de  htoriya  Moni/olov  inoka  .Majnkii  .\III  v.,  Saint-Pé- 
tersbourg, 1871). 

i5)  Cf.  Abbeloos  et  Lamy.  tiregorii  Harhebraei  Chronicon  Ecclesiasticum, 
'    iivain.  Il   [1874  .  in-8,  col.   717-718,  où  ^qj  aj\^  est  à  lire  Basu-noin.  et  non 

.Minvin.  L'équivalence  s  syriaque  pour  c  mongol  dans  ce  nom  serait  du  même 
i>pe  que  celle  de  ^u  k-^i-»  Singiz-kan  pour  Cingiz-xan,  iôid.,  ii,  col.  775. 

(IW] 

OniENT    CIIIIÉTIEN.  20 


o06  REVUE    DE    l'orient   CHRÉTIEN. 

occiden1;iles  Baclion,  Baachu,  etc.  ('talent  plutôt  en  faveni- 
de  Baicn  que  de  Baiju  (1);  d'autre  part,  l'orthographe  musul- 
mane est  ici  sans  importance,  car  les  manuscrits  arabes  n'ont 
pas  de  c  et  écrivent  systématiquement  J,  et  les  manuscrits 
persans  emploient  presque  indiltéremment,  dans  les  noms  pro- 
pres étrangers,  c  (-£)  ou  j  (r:).  Le  nom  ne  s'est  malheureusement 
pas  rencontré  jusqu'ici,  à  ma  connaissance,  dans  une  source 
mongole.  Mais,  si  les  textes  chinois  eux  aussi  paraissent  ignorer 
le  Baicu  ou  Baiju  qui  a  commandé  en  Perse,  ils  connaissent  à 
la  fin  du  xiii"  et  au  début  du  niV  siècle  un  certain  nombre  de 
personnages  qui  ont  porté  le  même  nom  (2)  ;  or  leur  trans- 
cription Pai-tchou  est  uniforme;  malgré  les  inconséquences 
fréquentes  du  Yuan  che,  elle  ramène  en  principe  à  Baiju  et  non 
à  Baicu.  J'ajouterai  que,  si  les  noms  mongols  sont  très  souvent 
obscurs,  Baiju,  mais  non  Baicu.  poui-rait  s'expliquer  comme  un 
gérondif  de  bayi.-{bai-),  «  se  tenir  debout  »;  les  llottements  des 
transcriptions  occidentales  entre  o  et  u  dans  le  nom  du  per- 
sonnage pourraient  alors  être  le  résultat  de  l'ancienne  pronon- 
ciation spéciale  de  la  voyelle  labiale  qui  termine  celte  forme  de 
gérondif,  prononciation  qui  a  valu  à  cette  voyelle  d'être  tou- 
jours représentée  jDar  -eou  (=  eu)  et  non  par-o//  (=:  u)  ou  -o 
dans  les  transcriptions  minutieuses  de  VIILstoire  secrète  des 
Minujols.  Je  parlerai  donc,  au  moins  provisoirement,  de  Baiju 
-noyan,  et  non  de  Baicu-noyan.  Quant  à  l'élément  noyau,  c'est 
un  titre  signifiant  «  seigneur  »  (3).  La  prononciation 
moderne  en  est  noyon,  mais  il  semble  qu'il  ait  été  entendu  à 
l)eu  près  noïn  par  les  étrangers  au  moj'en  âge,  car,  aiVa  de  la 
seconde  syllabe  a  été  noté  par  Rasidu-'d-Dïn  (j'-;_jj  nôyân),  on 
ne  le  retrouve  pas  dans  les  transcriptions  syriaque  v^j  noi/{a))i 

il)  On  remarquera  que  ces  transcriptions  arménienne,  syriaque  et  même 
occidentale  (sauf  peut-être  chez  Hethum  l'historien)  ne  notent  pas  d'i  après  l'n 
de  la  première  syllahe;  l'i  de  Baiju  ou  Halcu  devait  donc  s'entendre  assez  peu. 

ii)  Wauii  lloiiei-tsou,  dans  son  San  che  l'on;/  xing  ming  Imt  (éd.  du  Koiiang- 
ya-chon-kiu,  23,  5  v°),  croit  pouvoir  distinguer  12  l'ai-tchou  nommes  dans  le 
Vtiaii  c/ic. 

(3)  Je  ne  connais  pas  de  texte  spécifiant  que,  sous  les  Mongols,  noyan  était  le 
titre  distinctif  des  niyriarqucs,  comme  l'ont  dit  M.  Deazley  {The  lexLs  and 
mrsioHK,  270,  et  art.  «  Simon  of  Saint-Quentin  »  de  VEnc.  Bril.'^)  et  à  sa  suite 
.\I.  TminsUi,  65.  Dans  le  vocabulaire //okîï  yiyiyu  de  1389,  «oi/o»  est  simplement 
l'équivalent  de  koucL  »  noble  ». 


l.KS    MOMiOLS    ET    LA    PAPAITK.  307 

et  surtout  arniéniemie  1'"^/'!'  uuin  \\).  kirakos  qualifie  |{;iiju 
de  yurii  vl);  il  f;iut  coinpremlie  y/nxi,  «  porteur  de  car- 
ijuois  •;  c'est  là  un  titre  de  cour  dont  la  valeur  es)  aujourd'hui 
liifu  t'iuridée;  nous  le  retrouverons  dans  un  autre  chapitre  à 
propos  du  (.iénois  Huscarel  {'■>). 

L'accueil  que  les  Dominicains  trouvèrent  auprès  de  Baiju 
lie  fut  rien  moins  qu'encourageant.  Mais  il  faut  lûen  reconnaître 
qu'Ascelin,  comme  entrée  de  jeu,  s'y  prit  assez  mal,  car  les 
Mongols  qui  l'interrogèrent  de  la  part  de  Baiju  comprirent  qu'il 
disait  venir  de  la  part  du  pape  qui  était  »  plus  grand  que  tout 
antre  homme  »;  il  déclara  ensuite  qu'il  venait  les  adjurer  de 
i-esser  leurs  massacres  et  de  se  repentir  de  leurs  crimes  et 
de  leurs  forfaits  {ac  de  perpelrads  /lagiciis  vel  facinoribus 
jit'nik'diih,  comme  en  témoigneraient  les  lettres  qu'il  voulait 
remettre  au  num  du  pape  à  Baiju.  Mais,  dès  ces  premiers  con- 
tacts, Vegyp  ou  conseiller  principal  de  Baiju  (4),  ses  officiers  et 
ses  inti-rprètes  «  s'enquéraient  haliilement  et  très  soigneu- 
•^enieiit  auprès  des  I-'rères  si  les  Francs  passeraient  encore 

n  Syrie.  Car  'les  Tartares]  avaient  appris  de  leurs  marchands 
que  beaucoup  de  Francs,  disait-on,  passeraient  en  Syrie  à 
liref  délai.  Et  dès  ce  moment  et  peut-être  antéiieiirement 
-  lis  méditaient  entre  eux  sur  les  entraves  que  leurs  tromperies 
pourraient  nouer  aux  pieds  des  Francs  dès  leur  arrivée,  soit 
par  un  simulacre  de  conversion  à  la  foi  chrétienne,  soit  par 
quelque  autre  ruse  mensongère,  atin  d'empêcher  les  Francs  de 
pénétrer  sur  leurs  territoires,  c'est-à-dire  en  Turquie  ou  en  Alep, 
et  ils  romplaient  simuler  au  moins  pour  un  temps  d'être  les 
amis  des  Francs  qui  sont  les  hommes  qu'ils  craignent  le  plus 
au  monde,  r-omme  l'attestent  les  Géorgiens  et  les  Armé- 
niens (5)  ».  Les  Mongols  n'étaient  pas  mal  informés  saint-  : 

(1)  Cf.  Abbclooset  Lamy,  lac.  cit.,  col.  717-718;  Quatremcre,  /list.  des  !Uon</ols, 
118-119  et  l-,'2. 

(2)  Bvossot, Oeurhùiloi-iensannénieiu.i,  138;  Patk^nov,  hloriyu  Mon;/oloi\it,î>i. 

(3)  Cf.,   eu  attendant.   Vlailiinircov,   Ammimnyï  i/ru:iniikiï  istorik  etc..  dans 
Bull.  delAc.  'les  .Se.  >le  /lussie,   1!I17,  p.  W93. 

(4)  Ce  mol.  iloimi- deu.x  (ois  par  Vincent  de  Beauvais  (XXXII,  Ki  et  11  ,  ne  me 
rappelle  rien  jus<|u'ici. 

(5)  XXXII, -11.  Un  lette  analogue  se  trouve  dans  XXX,  H7:  il  y  est  spécifié  que 
par  •  Francs  -,  les  Mongols  et  tous  les  pruples  d'outremer  entendent  ■  tous  le 
chrétiens  [non  orientaux]  •. 

[111] 


308  RICVl'E    DE    l'orient    CHRÉTIEN. 

Louis  avait  pris  la  croix  en  1211;  depuis  \-2l7),  la  croisade  se 
prêchait  activement  en  France,  et  le  saint  roi  devait  finalement 
s'embarquer  en  1248.  Nous  verrons  dans  la  troisième  partie  du 
présent  chapitre  comment  en  effet,  lorsqu'il  fut  en  Chypre, 
des  envoyés  des  Mongols  vinrent  lui  offrir  une  alliance.  Dés 
le  milieu  de  1217,  et  malgré  les  arrière-pensées  qu'Ascelin  prête 
aux  Mongols,  l'idée  d'une  coopération  entre  Francs  et  Mongols 
contre  les  Musulmans,  née  sans  doute  parmi  les  chrétiens  de 
Mésopotamie  et  d'Asie  Centrale,  était  vraisemblablement  dans 
l'air  autour  de  Baiju  (1). 

Les  missionnaires  n'avaient  apporté  aucun  cadeau  (2)  et 
refusèrent  de  faire  devant  Baiju  la  triple  génuflexion  qui  lui 
était  due  comme  au  représentant  du  grand  khan.  En  outre 
ils  demandèrent  aux  Mongols  de  se  convertir.  Sur  quoi  ceux-ci 
s'emportèrent  :  «  Vous  nous  invitez  à  devenir  des  chrétiens,  et 
parla  des  chiens  tout  comme  vous!  »  Baiju  était  un  homme 
violent.  Furieux  qu'on  ne  lui  rendit  pas  la  forme  d'hommage  à 
laquelle  il  prétendait,  il  porta  par  trois  fois  contre  les  quatre 
missionnaires  une  sentence  de  mort  (3).  Et  les  gens  autour 
de  lui  disaient  :  «  Ne  les  tuons  pas  tous,  mais  seulement  deux 
d'entre  eux,  et  renvoyons  les  deux  autres  au  pape.  »  Ou  encore  : 
«  tju'on  ('corche  l'un  d'eux,  le  messager  principal  du  pape, 
et  renvoyons  sa  peau  bourrée  de  paille  à  son  maître  par  ses  com- 
pagnons .»  Ou  encore  :  «  Que  deux  d'entre  eux  soient  fouettés 
d'abord  de  par  toute  l'armée,  puis  mis  à  mort;  nous  réserverons 
les  deux  autres  jusqu'au  moment  où  les  Francs  qui  les  suivent 
viendront  ici.  »  D'autres  enfin  disaient  :  «  Emmenons  deux 
d'entre  eux  à  l'armée  (1)  avec  nous  pour  qu'ils  voient  notre 

(I)  11  se  peut  d'iUlleurs  que,  parmi  les  interprètes  qui  servaient  de  truclie- 
ments  entre  les  JIongoLs  et  les  missionnaires,  il  y  ait  eu  des  clirétiens,  et  que 
coux-ci  aient  insisté  sur  un  sujet  qui  leur  tenait  au  -cœur. 

(■J.)  Il  était  de  règle  absolue  d'apporter  des  présents  aux  liants  personnages 
qu'on  allait  voir.  Plan  Carpin,  André  de  Longjumeau,  lUibrouck  furent  mieux 
inspii-és  qu'Ascelin  et  se  plièrent  à  l'usage  oriental  (cf.  par  exemple  Rockhill, 
Huhruck,  à  l'index,  s.  v.  «  présents  »). 

(3)  Les  quatre  sont  Ascelin,  Albert,  Alexandre  et  .Simon  de  Saint-Quentin. 
Guichard  de  Crémone,  qui  vivait  depuis  sept  ans  sous  la  suzeraineté  des  Mon- 
gols, semble  donc  avoir  été  laissé  hors  de  cause. 

(1)  Les  missionnaires  étaient  déjà  arrivés  au  camp  mongol;  il  doit  s'agir  ici 
do  les  mener  en  canqiagne  avec  l'armée. 


LKS    MONIiOLS  ET    I.V    PAPAUTÉ.  :509 

iiniiiljiv  et  iiutro  puissani-e,  et  placions  les  devant  les  in;u'liines 
de  jet  de  nos  ennemis  (.'i,  si  liien  qu'ils  seront  censés  tués  par 
elles  et  non  par  nous.  »  La  dernière  proposition  semble  être 
une  réponse  aux  objections  que  certains  soulevaient  contre 
le  meurtre  des  envoyés  pontilicaux.  Et  en  eiïi't,  la  première  en 
rang  {outit/uor)  des  six  femmes  de  Baiju  s"o|>posait  à  l'exécu- 
tion: «  Si  tu  lues  ces  envoyés,  tu  encourras  la  haine  et  l'horreur 
de  quiconque  entendra  que  tu  as  fait  une  telle  action,  et  tu 
perdras  les  dons  et  les  présents  que  les  jrrands  de  pays  divi-rs  et 
lointains  avaient  coutume  de  t'adresser;  en  outre  tes  propres 
iMivoyés  que  tu  as  coutume  d'expédier  partout  aux  ,!,''rand5  seront, 
par  un  juste  sentiment  d'indignation,  supprimés  et  tués  sans 
merci.  »  Le  commissaire  qui  avait  charge  des  envoyés  étrangers 
disait  de  son  enté  :  «  Tu  sais,  s'il  t'en  souvient,  combien 
le  grand  khan  fut  irrité  contre  moi  à  l'occasion  d'un  certain 
envoyé  que  tu  m'avais  ordonné  de  tuer  et  dont  tu  m'as  fait  porter 
publiquement  par  toute  l'armée,  pour  frapper  de  terreur  les 

•  nvoyés  à  venir  et  quiconque  l'entendrait  dire,  le  cœur  arraché 
lies  entrailles  et  suspendu  au  poitrail  de  mon  cheval.  Si  donc 
lu  m'ordonnes  de  tuer  ces  messagers,  je  ne  les  tuerai  pas,  mais 
je  m'enfuirai  de  toi,  et  resté  innocent  je  me  hâterai  en  toute 
diligence  vers  le  grand  khan,  et  en  pleine  cour  je  t'accuserai 
de  leur  mort  et  te  dénoncerai  ennune  un  malfaiteur  et  un 
meurtrier  »  (XXXII,   14). 

Il  va  sans  dire  qu'.A.scelin  et  ses  compagnons  n'assistaient 
pas  à  ces  discussions;  ils  ne  les  ont  connues  que  par  oui-dire, 
et  le  texte  n'en  doit  pas  être  pris  tout  au  pied  de  la  lettre.  Baiju 
finalement  s'apaisa  et,  tout  comme  l'avait  fait  Batu  avec  Plan 
Carpin,  décida  d'envoyer  Ascelin  et  ses  compagnons  à  Kara- 
korum  pour  y  remettre  en  mains  propres  au  grand  khan 
les  lettres  du  pape.  Ils  verraient  là-bas  la  puissance  du  grand 
khan  «  qui,  par  l'ordre  du  ciel,  domine  déjà  depuis  le  pays  où 
le  soleil  se  lève  jusqu'à  la  Méditerranée  et  jusqu'au  I'ont(l)  », 

•  t  ils  comprendraient  alors  que  le  grand  khan  est  plus  grand 
que  le  pape  (2). 

(1)  La  même  formule  se  retrouve  dans  la  lettre  adressée  en  I3C6par  OljaitU  à 
Philippe  le  Bel;  cf.  provisoirement  l'authier.  Le  livre  de  Marc  Pot,  ii.  780. 
(2i  II  semble  toutefois  que  les  affirmations  d'Ascelin   quant  à  la  primauté 

[1131 


310  REVUE    DE    l'orient    CHRÉTIEX. 

Devant  leivfus  énergique  d'Ascelin,  Baiju  accepta  de  recevoir 
les  lettres  du  pape.  Après  que  ses  émissaires  furent  allés  lui 
montrer  les  lettres,  il  les  fit  rapporter  aux  missionnaires  pour 
que,  "  par  l'inlerraédiaire  des  Frères  et  des  autres  interprètes 
présents,  les  lettres  du  pape  fussent  interprétées  en  persan  » 
mot  par  mot,  «  les  secrétaires  persans  écrivant  ce  qu'ils 
entendaient  des  interprètes  turcs  et  grecs  et  même  des 
Frères  »,  et  finalement  traduites  de  persan  en  mongol  afin 
que  Baiju  en  saisit  le  contenu  bien  clairement  (1).  Après  quoi 
Baiju  dépêcha  lettres  et  traduction  au  grand  khan  par  un 
messager  qui  devait  partir  sur  l'heure;  et  à  nouveau  il  voulut 
que  deux  des  missionnaires  fissent  le  voyage  avec  lui.  Ascelin 
refusa  cette  fois  encore.  Le  soir,  un  secrétaire  fit  appeler  les 
missionnaires,  et  leur  lut,  en  les  avertissant  d'en  bien  retenir 
le  contenu,  une  lettre  adressée  par  le  grand  khan  à  Baiju  et 
que  celui-ci  devait  faire  connaître  partout.  A  la  demande  des 
missionnaires,  les  officiers  promirent  de  leur  en  remettre  une 
copie.  Je  dirai  plus  loin  quelques  mots  de  cette  lettre,  reçue 
par  Baiju  avant  l'arrivée  d'Ascelin  et  qui  était  un  ordre  général 
visant  les  pays  étrangers  et  leurs  envoyés. 

Tout  ceci  s'était  passé  le  premier  jour  du  séjour  d'Ascelin  au 
camp  de  Baiju  (i).  Le  soir,  les  missionnaires  revinrent  à  jeun 

exercée  par  le  pape  parmi  ces  -  Francs  »  dont  les  .Mongols  avaient  pu  apprécier 
la  valeur  guerrière  aient  fait  une  certaine  impression  sur  Baiju,  tout  comme  les 
propos  de  Plan  Carpin  avaient  étonné  Batu;  c'est  pourquoi  Batu  comme  llaiju 
ont  voulu  expédier  les  envoyés  pontificaux  jusqu'au  grand  khan  pour  qu'il 
décide. 

(1)  On  a  vu  plus  haut  que  la  réponse  de  Giîyiik  à  Innocent  IV  avait  linaleuient 
été  rédigée  en  persan.  De  même,  ici,  la  traduction  se  l'ait  de  latin  en  persan, 
puis  de  persan  en  mongol.  Enfin  la  lettre  que  les  envoyés  des  Jlongols  apportèrent 
en  Chypre  à  saint  Louis  était  également  écrite  en  persan.  C'est  aussi  en 
persan  qu'est  rédigée  la  seule  inscription  musulmane  ancienne  qu'on  ait 
retrouvée  sur  l'emplacement  de  Karakorum.  Sur  ce  rùlc  de  ihu/ua  fnmca  que 
joua  alors  le  persan  dans  la  haute  Asie  —  rôle  qu'il  ne  faudrait  pas  exagérer, 
mais  qu'on  a  parfois  nié  à  tort  — ,  cf.  mon  exposé  Les  influences  irmiiennes  en 
Asie  Cenirak  et  en  Extrême-Orient,  dans  la  Rei\  d'hist.  et  de  lill.  relii/ieuses  de 
1912  (pp.  22-21  du  tirage  à  part;  mais  1253,  à  propos  de  Guillaume  de  Rubrouck, 
est  un  lapsus  pour  1254,  et  la  mention  du  •  père  »  de  Guillaume  Boucher  est 
une  faute  d'impression  pour  •  frère  •■). 

(2)  C'est  ce  que  dit  le  texte  de  Simon  tel  qu'il  nous  est  parvenu.  Mais  il  est 
invraisemblable  que  Baiju  ait  ordonné  trois  fois  dans  la  même  journée  do  mettre 
à  mort  les  missionnaires;  la  comparaison  de  XX.KII,  W,  de  la  (in  de  XX.KII,  48, 

[114] 


LES    MONCOLS    KT    l.V    PAPAUTÉ.  311 

à  leur  tente,  distante  d'«  un  grand  mille  »  de  celle  de  Baiju.  Au 
bout  de  quatre  jours,  Ascelin  et  le  frère  Guichard  sr  remiii-ent 
près  de  la  tente  de  Baiju  cl  lui  firent  demamlor  jjar  se-;  inter- 
prètes de  répuudic  à  la  lettre  du  pape  et  de  leur  donner  leur 
eongé.  Les  deux  missionnaires  restèrent  tout  le  jour,  en  plein 
soleil,  de  la  première  à  la  neuvième  heure,  à  attendre  la  réponse 
de  Haiju,  mais  durent  retourner  à  jeun  vers  leur  tente  sans 
que  rien  fût  venu.  Il  en  fut  ainsi  presque  journellement  pen- 
dant un  peu  plus  «le  quatre  semaines  (1). 

Baiju  qui,  du  moins,  avait  dilïéré  pi'ndant  tout  ce  temps  de 
mettre  à  exécution  sa  sentence  de  mort,  lit  écrire  enlin  une 
réponse  pour  le  pape  etdésigna  des  envoyés  qui  devaient  partir 
avec  les  missionnaires  «  à  la  fête  de  saint  Jean-Baptiste  », 
c'est-à-dire  le  -J  I  juin.    .Mais    deux  jours  aprè.s  cJ),  il  chan- 

I  du  début  de  XXXII,  lu,  nio  parait  d'aillours  en  faveur  de  trois  condamnations 
iiii  seeheliinnent  sur  les  neuf  semaines  que  les  frères  passèrent  au  i-anip,  on  au 
iioins  sur  les  ciai|  premières.  Les  propos  tenus  pour  et  contre  la  condamnation, 
I  qui  soni  tous  réunis  dans  XXXll,  II,  seraient  donc  àrijparlir  égiilementsur 
toute  cette  période. 
il)  Bert'eron,   Voyiuie  de  Plan  Carpin  et  d'Ascetin,  éd.  de  IT;J.").  col.  77-7',i,  a 

•  ompris  que  les  missionnaires  attendirent  ainsi   pendant   ■■   neuf  semaines  •. 

•  tous  les  jours  des  mois  de  juin  ei  de  juillet  -,  sans  que  Baiju  daignât  leur 
répondre,  puis  ipi'ils  passèrent  •  encore  •  cinq  semaines  pendant  lesquelles  Baiju 
^-uspendit  1'e.tecution  de  la  sentence  qu'il  avait  prononcée  contre  eux.  puis  qu'il 
s'écouJa  encore  •  trois  jours  -,  puis  •  plus  de  trois  semaines  ■■,  puis  encore 
liuit  joui-s.  Or  Ascelin  est  arrivé  au  camp  de  Baiju  le  21  mai:  il  en  repartit, 
comme  on  va  le  voir,  le  25  juillet;  il  est  impossible  de  placer  dans  ces  deu.\  mois 

os  quelque  dix-huit  semaines  qu'implique  le  texte  de  Bergeron.  La  solution  me 
parait  être  la  suivante.  .Vprès  avoir  parlé  i XXXII,  18)  des  stations  quotidiennes 
i|ue  lirent  les  frères  près  de  la  tente  de  Baiju  en  attendant  qu'il  leur  donnât 
>igne  de  vie,  le  texte  ajoute  :  •  Sic  prcdictus  Baiothnoy  aduei-sus  illos  indigna- 
tus  et  ad  e.xcusationem  malicic  sue  duriciam  responsionum  eorum  iiretendens. 
illosquo  ter  vt  dictum  est  occidi  preeipiens,  per.  IX.  septimanas  ipsos  in  exer- 
citu  suo  retinuii.  lanquam  nulla  audientia  eos  dignos  vilipendens.  ■  La  ri';dac- 
lion  du  frère  Simon,  telle  du  moins  que  nous  l'a  transmise  Vincent  de  Heauvais. 
'st  souvent  imprécise.  De  même  que  ce  passag'e  nous  donne  à  penser  que. 
■ontruiremenl  à  .X.X.XIl,  4-1.  ce  n'e.st  pas  dés  le  premier  j^iur  que  Baiju  a 
eondamné  trois  fois  les  frères  à  mort,  il  me  semble  qu'après  avoir  parlé  de 
!'  itlente  quotidienne  des  frères,  le  texte  pas.se  ici  à  une  idée  voi.sine.  mais 
dilTérenlo,  à  savoir  que,  pendant  les  neuf  semaines  qu'ils  vécurent  au  camp, 
Haiju  ne  daigna  jamais  leur  donner  audience.  Quant  à  leur  attente  de  la  déci- 
sion de  Baiju  au  sujet  d'une  réponse  à  faure  au  pape,  elle  se  prolongea  pendant 
un  peu  plus  do  qu.atro  semaines;  ce  sont  les  •  cinq  •  semaines,  du  -1  mai  jus- 
qu'au ii  juin,  dont  il  est  question  au  début  de  XXX.11,  49. 
ri]  .  ùif  tcrcia sei/uenli  ■  (X.Wll.  4'.M;  liorgeron  a  compris  •  trois  jours  après  -. 


312  REVUE   DE    l'orient   CHRÉTIEN. 

geait  d'avis  sur  la  nouvelle  qu'un  grand  personnage  allait 
arriver  de  Karakoruiu;  ce  nouveau  venu,  conseiller  écouté  du 
grand  khan,  devait,  dit-on,  exercer  le  commandement  suprême 
en  Géorgie,  et  «  il  savait  de  quelle  manière  le  grand  khan  lui- 
même  avait  écrit  du  pape  ».  Ce  dernier  membre  de  phrase  est 
au  premier  abord  assez  énigmatique.  La  présence  des  mis- 
sionnaires chez  Baiju  ne  pouvait  encore  être  connue  à  Karako- 
rum  après  «  cinq  semaines  »,  et  surtout  il  était  impossible  qu'il 
y  fût  déjà  fait  allusion  dans  les  nouvelles  qui  revenaient  delà 
Cour.  La  mission  de  Plan  Carpin  n'avait  par  ailleurs  pas 
marqué  à  Karakorum  au  point  que  Baiju  sût  que  le  grand  khan 
avait  écrit  au  pape,  ou  qu'il  pût  être  spontanément  question  de 
cette  lettre  au  pape  dans  l'ordre  impérial  qui,  huit  mois  après, 
annonçait  l'arrivée  d'un  nouveau  chef  en  Transcaucasie.  11  doit 
donc  y  avoir  ici  une  fois  de  plus  un  chevauchement  dans  le  récit 
fragmentaire  du  frère  Simon.  Ce  n'est  qu'après  l'arrivée  de 
l'envoyé  impérial  que  celui-ci  a  pu  s'avérer  au  fait  de  la  lettre 
envoyée  par  Giiyiik  à  Innocent  IV;  nous  verrons  bientôt  en 
effet  que  l'intervention  du  nouvel  arrivant  a  laissé  des  traces 
dans  la  lettre  que  Baiju  envoya  tinalement. 

Pour  le  nom  du  nouveau  commandant  mongol  en  Transcau- 
casie,'les  manuscrits  et  les  éditions  hésitent  entre  Augutha  et 
Angutha.  Déjà  en  1757,  de  Guignes  (m,  L20)  avait  rétabli  son 
nom  en  «  llchiktai  ».  M.  Umiuski  (p.  69),  qui  a  retrouvé  cette 
même  identification  indiquée  en  ISGO  par  Kiilb  ',i,  1 1.")),  songe 
plutôt  à  retrouver  en  Angutha  ou  Augutha  le  Arghun-agha  qui 
fut  commissaire  général  {basqaq  en  turc,  daruyacin  en  mon- 
gol) en  Perse.  Mais  c'est  de  Guignes  qui  a  raison.  Arghun 
n'arriva  dans  la  Perse  du  Nord-Ouest  que  quelques  années  plus 
tard(l).  Au  contraire  Aljjgidiii  (ou  Eljigidai),  car  telle  est  la 
vraie  forme  de  son   nom   (2),  fut    envoyé   en  Transcaucasie 

(1;  Sur  Arghun,  cf.  von  llammer,  Gcschichle  der  Ilklianen,i\  l'imlox,  et  beau- 
coup d'autres  sources,  en  particulier  Guillaume  de  Rubrouck.  Von  llammer 
(i,  89)  a  bien  vu  aussi  qu'il  s'agissait  du  personnage  indiqué  par  de  Guignes  et 
que  lui  appelle  ici  Ilcidai  (■■  lltschidal  >);  mais  il  prête  aux  missionnaires,  au 
lieu  d'Angulha  ou  Augutha,  une  forme  •■  Ergutai  »  qui,  je  crois  bien,  n'est 
donnée  par  aucun  manuscrit  ni  aucune  édition  de  Vincent  de  Beauvais. 

(2)  Le  nom  est  garanti  par  les  transcriptions  des  §  275  et  278  de  V/lisloire 
secrète  des  Mongols.  llammer  l'a  écrit  tantôt  «  lldschikitai  »,  tantôt  ■■  lllschidai  », 

[IIC] 


i.Ks  MONiiOLs  i;t  i.\  I'ai'ai  ti';.  :'.1:'. 

précisément  en  I.'IT  (1).  C'est  aussi  là  le  «  Kirulth;iy  >.  au 
nom  de  qui  des  messagers  vinrent  trouver  saint  Louis  à  ("hypre 
dans  les  derniers  jours  de  IJIS.  Il  fut  mis  à  mort  en  IJÔl. 
M.  Rastouladit  qu'il  (Mail  »  certainement chnHion  ■>  ;  jo  nnien- 
drai  sur  celte  question  on  parlant  de  la  mission  de  IJ  ISiJans  la 
troisième  partie  du  présent  chapitre.  Puisque  celte  identilica- 
tiuii  est  siirc,  la  leçon  An^rutlia  doit  être  préférée  à  Augutlia 
dans  le  texte  de  \incent  de  lieauvais. 

Aljigidai,  dont  Baiju  avait  appris  l'arrivée  prochaine  dès  le 
20  juin,  ne  parvint  au  camp  que  le  17  juillet  (2);  il  était  accom- 
pagné de  l'uncle  maternel  du  prince  d'Alep  et  du  frère  du 
prince  de  Mossoul.  qui  tous  deux,  au  nom  des  princes  leurs 
parents,  venaient  d'aller  à  Karakorum  rendre  hommage  au 


•iiijt  •  lltscliikidni  •  (voir  son  index);  il  faut  éralomont  renoncer  aux  formes 
illcliikadai  .  de  d'Ohsson  (ii,  Wô),  ■  Eltcliikédeï  -  de  M.  lilochet,  Inimd.  à 
si.  (les  Muni/ols.  171.  et  Hi.it.  des  .Monijols,  Texte,  ii,  "204  (mais  -  Iltcliïkailaï  ■•, 
.  12).  ■  Ilcliikadai  -  do  Rockliill,  lliihnc:/:,  XXVII.  .  llchi-Kliataï  •  de  lîémusat 
'  'iiiijlre.i,  1"  mémoire.  I^ÎT)  et  do  M.  Hastoiil,  etc.  Aljigidai  (ou  EIjigidai)  n'est 
-  à  couper  en  deux  parties;  c'est  un  adjectif  mongol  régulièrement  formé 
:  un  substantif  iiljii/in  (peut-être  identique  à  (Ujii/iin,  ■  àne  ■).  Les  transerip- 
iis  Ye-li-tche-ki-tai  et  Ycn-tche-ki-tai  du  Yuan  clic  (ii,  I  r°,  et  lu,  2  r°)  sont 
:  (aitement  d'acconl  avec  celles  plus  rigoureuses  de  V Histoire  secrète  des 
H  iigols.  Cf.  aussi,  pour  le  nom,  T'oumj  J'ao,  1022,  67. 

Il  D'Ohsson  (il,  2<).")i  place  cet  envoi  en  août  1247;  le  )'iian  che  (n,  4  i"";,  s.  a. 
12  ir.  dit  qu'-  au  huitième  mois,  on  ordonna  à  Ye-li-tclie-ki-tai  de  se  mettre  à 
la  ttHe  dos  troupes  de  la  tribu  do  Cho-sscu-man  pour  soumettre  les  [pays  d']Oc- 
cideni  •.  Le  nom  de  Cho-sseu-nian  m'est  inconnu;  le  premier  mot,  bien  que  lu 
aujourd'liui  chu,  répond  à  ai  ou  c"  dans  les  lianscriptions  do  l'époque  mon- 
1^  (cf.  ./.  .4.,  I01:i,  I,  4."»';;;  dans  le  )'uan  che  et  ouvrages  similaires,  J-  sseu. 
1   tant  que  représentant  la  lettre  fmale  d'une  syllabe,  est  souvent  altéré  de 
Ji  cul  jouant  le  mémo  rôle;  au  lieu  do  '  Cosman,  on  peut  donc  songer  à  '  Cor- 
iiian;  s'agirait-il  do  la  tribu  qu'on  appelle  d'ordinaire  Jurman,  ou  devons-nous 
iposerquo  Àljigidiii  reçut  le  conimandcment  des  troupes  qui  avaient  appar- 
ia à  Cormaghan? 

2)  Cette  ilale  est  donnée  par  le  frère  Simon  avec  une  précision  qui  ne  laisse 

i  ,is  de  place  au  doute.  Il  y  a  donc  lieu  de  corriger  d'après  elle  l'indication  de 

■  rOhsson  selon  laquelle  Aljigidai  fut  envoyé  en  Transcaucasie  en  août  1217,  et 

i^si  celle  du  )'utiii  che  qui  place  l'envoi  d'AIjigidai  au  •  huitième  mois  •  chinois 

septembre-30  septembre   1"247).  L'ordre  remis  à  Aljigidai  no  peut  être  pos- 

iour  au  mois  de  mai  1247.  [Le  fait  qu'Àljigid.'ii  n'est  venu  de  Karakorum  dans 

l'erse  du  Nord-Ouost  qu'en  juillet  1247   suffit  à  ruiner-  le  raisonnement  par 

luol  M.  All;iner,  125,  130.  135,  a  cru  pouvoir  établir  qu'.\ndré  de  Longjumeau 

ait  connu  Àljigidiii  dans  la  région  de  Tauriz  à  la»lin  de  12 10  ou  au  début  de 

i:i7.] 

[117] 


L 


314  REVUE    DE    l'orient    CHRÉTIEN'. 

grand  khan.  Une  semaine  entière  se  passa  en  réjouissances  el 
les  missionnaires  durent  attendre  que  le  cj'cle  en  fût  épuisé. 
Enlin,  le  liuitième  jour,  qui  était  le  jour  de  saint  Jacques,  donc 
le  25  juillet  1247,  Ascelin  et  ses  compagnons  prenaient  la  route 
du  retour;  ils  emportaient  une  copie  d'un  ordre  général  con- 
cernant les  peuples  étrangers  qui  a^ait  été  envoyé  par  le  grani I 
khan  à  Baij'u  et  aussi  la  lettre  écrite  par  Baiju  en  réponse  à 
celles  d'Innocent  IV.  Deu.x  envoyés  de  Baiju  se  rendaient 
auprès  du  pape  avec  eux. 


La  traduction  latine  de  l'ordre  concernant  les  peuples  étran- 
gers a  été  conservée  dans  Vincent  deBeauvais  (XX.Xll,  52),  mais 
une  première  question  se  pose  au  sujet  de  la  date  de  cet  ordre. 
On  se  rappelle  (cf.  supra,  p.  114)  que  lecture  avait  été  faite 
aux.  missionnaires  d'un  ordre  de  cette  nature  dès  le  jour  de 
leur  arrivée  au  camp  le  24  mai  et  qu'on  leur  en  avait  promis 
une  copie;  mais  le  26  juin,  quand  Baiju  retint  les  frères  sur 
l'annonce  de  rarri\"ée  prochaine  d'.VIJigidai,  il  aurait  base  sa 
décision  en  partie  sur  le  fait  qu'.'Vljigidai  apportait  un  nouvel 
ordre  impérial  destiné  à  être  répandu  dans  le  monde  entier  et 
que  lui  Baiju  en  voulait  faire  tenir  le  texte  au  pape  par  les 
missionnaires  et  par  ses  propres  envoyés  (1).  On  peut  donc 
se  demander  si  l'ordre  impérial  rapporté  par  Ascelin  est  celui 
dont  lecture  lui  avait  été  donnée  le  21  mai  ou  celui  que,  selon 
Baiju,  Aljigidai  devait  apporter  et  qui  serait  donc  arrivé  le 
17  juillet. 

Le  fait  que  cet  ordre  est  dit  transmis  par  le  grand  khan  à 
Baiju,   sans  qu'il    soit  question   d'AljigiJai,   ne   prouve  rien 


(I)  «  Ilic  otenim  Augutha  [lire  Angutlui]  in  curiu  chaam  magnus  eiusdem 
coiisiliarius  erat  sciebatque  qualiter  ipse  cliaam  domino  pape  rescripseral, 
mandatuiiKiue  nouum  ab  ipso  chaam  per  vniversum  orbem  transmittendum 
alTerobal,  .sic  ipsemet  Baiotlmoy  asserebat.  Quod  videlicet  mandatum  volebat 
idem  Baiotlmoy  Fratribus  intimare  ipsum  ad  papam  transcriptum  per  oosdem 
Fratrt's  ac  niincios  sucs  transmittere  »  (XXXII,  49).  En  ce  qui  concerne  la  connais- 
sance par  Aljigidai  de  la  i-éponse  de  Giiyidc  à  Innocent  IV,  j'ai  déjà  dil  {sujini, 
p.  116)  pouninoi  je  croyais  peu  vraisemblable  que  Baiju  en  fût  inl'oriui'  avant 
l'arrivée  d'Aljigidai  lui-même. 

[US] 


LES    M0XO0I.S   F.T    l.V    l'APAUTK  SI.") 

;ci.  La  position  exacte  crAljii^idai  par  rapport  à  lîaiju  n'apparait 
pas  très  clairemont.  Avant  son  arrivée,  les  missionnaires 
avaient  l'ntenitii  parler  de  lui  comme  d'un  «  envoyé  grand  ot 
solennel  »  qui  venait  de  la  part  du  grand  kiian  et  dont  nombre 
de  gens  disaient  qu'il  avait  «  mandat  de  comniandiT  dans  toute 
la  Géorgie  ».  .Mais  rien  dans  le  récit  du  frère  Simon  ne  niontro 
que  Haiju  se  soit  senti  diminui'  ot  qu'AljJLridai  se  soit  en 
qurlqui"  sorte  substitué  à  lui.  i  >n  sait  d'ailleurs  que  Baiju  con- 
tinua d'exercer  son  commandement,  et  nous  aurons  à  repren- 
dre la  question  des  rapports  entre  les  deux  hommes  à  propos 
de  l'ambassade  envoyée  à  saint  Louis  en  12 IS.  l'ar  ailleurs,  la 
nouvelle  de  l'arrivée  prorhaine  d'Alji.uidiii  a  dû  parvenir  à  Haiju 
le  -26  juin  par  une  lettre  que  les  relais  postaux  s'étaient 
repassée:  il  ne  peut  guère  s'agir  d'un  messager  venu  directe- 
ment de  Karakorum  et  qui  n'aurait  pu  faire  t^ut  le  voyage  assez 

pidement.  Si  le  récit  du  frère  Simon  a  vraiment  brouillé  les 
dates  au  sujet  du  moment  où  on  sut  qu'AIjigidiii  connaissait 
la  réponse  de  Oiiyiik  à  Innocent  IV,  il  pourrait  bien  en  êlre  de 
même  pour  le  nouvel  édit  impérial  relatif  aux  pays  étrangers, 
el  dont  Baiju  n'aurait  alors  pas  connu  l'existence  avant  le 
17  juillet.  Les  vraisemblances  me  paraissent  être  en  faveur  de 
lexistence  d'un  nouvel  édit  impérial  apporté  par  AIjigidai,  et 
en  ce  cas  il  va  de  soi  que  c'est  lui  qu'ont  rapporté  les  mis- 
sinnnaires,  et  non  l'édit  qu'on  leur  avait  lu  antérieurement  le 
21  mai. 

L'édit  impérial  est  un  ordre  adressé  aux  peuples  étrangers 
d'avoir  à  se  soumettre  au  grand  khan,  seul  maître  sur  terre. 
Malgré  son  intérêt,  il  est  d'un  earactére  trop  vague  pour  que  je 
veuille  le  reproduire  intégralement  ici.  J'en  citerai  du  moins  le 
début  et  la  fin,  qui  prêtent  à  quelques  observations  : 

Per  preceptum  Dei  viui  Chingiscam  filius  Dei  dulcis  et  venera- 
bilis  (licit  quia  Deus  excelsus  super  omnia.  Ipsc  Deus  iininortalis, 
et  .super  terram  Chingiscam  solus  dominus.  Voluniiis  istud  ad 
audientiain  omnium  in  omnem  looum  pcrucnire,  prouinciis  nohis 
obc'dientibus  et  prouinciis  nobis  rcbcllantibus...  Et  quicumiiue 
audire  istud  contradi.\erit,  secundumvoluntatem  tuam  facieiiscos 
corripere  .studeas. 

Si  le  récit  du  frère  Simon  nous  a  appris  comment  les  lettres 

ru9' 


31G  REVUE    DE    l'orient   CHRÉTIEN. 

du  pape  avaient  été  interprétées  à  Baiju,  il  ne  dit  rien  sur  la 
manière  dont  l'édit  impérial  et  la  lettre  de  Baiju  furent  mises 
en  latin.  Peut-être  ne  fût-ce  qu'après  que  les  missionnaires 
s'étaient  remis  en  route,  et  avec  l'aide  des  deux  envoyés  de  Baiju 
qui  se  rendaient  en  Europe  avec  eux  (1).  Quoi  qu'il  en  soit, 
les  traductions  sont  certainement  bien  moins  littérales  que 
celle  de  la  lettre  deGûyûk  préparée  à  Sira-Ordo  par  les  minis- 
tres mongols  et  par  Plan-Carpin  le  11  novembre  12 IG. 

Le  «  pcr  prcceplum  Dei  vivi  »  du  début  rend  naturellement 
le  mongica  t{d)ngri-yin  Li\ci\n-clur,  «  dans  la  force  du  Ciel 
éternel  »,  par  lequel  les  édits  mongols  débutaient  toujours.  Le 
dicit  (juia  doit  représenter  le  mongol  ){a)rl{i)q,  «  édit  »,  qui 
suit  le  nom  do  l'autorité  de  qui  l'édit  émane  et  précède  la  dési- 
gnation des  destinataires.  Chingisccnii  filius  Dei  du/cia  et 
venerabllis  représenterait  à  son  tour  le  nom  et  le  titre  de  l'au- 
teur de  l'édit.  Mais  il  y  a  là  une  absurdité.  Geagis-khan  est 
mort  en  12-27,  et  l'édit  émane  sûrement  de  Gûyiik  (-2).  Déjà, 
nous  avons  vu  (p.  11)  que,  dans  la  traduction  latine  de  la 
lettre  de  Gûyûk  à  Innocent  IV,  alors  que  le  préambule  en  turc 
du  texte  persan  original  ne  nomme  pas  Gûyuk  et  qu'il  en  est 
de  même  dans  la  copie  de  Salimbene  et  dans  le  manuscrit  de 
Vienne  Lat.  389,  le  manuscrit  de  Vienne  Lut.  ."^12  fait  intervenir 
«  Kuiukan  »  et  le  manuscrit  de  Colbert  a  «  Cliingiscan  ».  On 
pourrait  supposer  à  première  vue  qu'il  s'est  produitici  quelque 
chose  d'analogue.  Ou  bien  l'édit  n'aurait  porté  que  le  titre  du 
grand  klian  sans  nommer  Gûyûk,  et  la  double  interpolation  de 
«  Chingiscam  »  viendrait  seulement  de  ce  que  Simon  de  Saint- 
Quentin  ou  Vincent  de  Beauvais  aurait  voulu  indiquer  le  nom 
de  ce  grand  khan  et  n'en  connaissait  pas  d'autre  que  celui  de 
Gengis-khan  ;  ou  bien  l'édit  aurait  porté  le  nom  de  Gûyûk,  que 
deux  fois  une  altération  graphique  aurait  fait  lire  à  tort  «  Chin- 

(1)  Mathieu  de  Paris  [Chronica  Majora,  v,  37-38)  dit  que  la  lettre  apporttV^  au 
pape  par  les  envoyés  mongols  ■■  ter  fuit  de  idiomate  ignoto  ad  notius  translata, 
prout  nuntii  partibus  occiilentalibus  appropinquaverunt  »  ;  il  est  possible  que  la 
traduction  se  soit  laite  par  plusieurs  intermédiaires,  c'est  tout  ce  qu'on  peut 
retenir  de  l'information  de  .Mathieu  de  Paris. 

(2)  L'hypotlièse  de  Kiilb  reproduite  par  M.  Umiiiski,  71,  et  qui  tente  de 
justifier  la  présence  du  nom  de  Gengis-khan,  est  sans  valeur  (à  cette  p.  71,  lire 
Mil  au  lieu  de  VliA  pour  la  mort  de  Gengis-khan). 

[i--;o] 


LES    MONiiOLS    CT    l,A    l'Al'ALTi:.  117 

giscain  »  par  Vincent  de  Beauvais  (1).  L'exemple  de  la  lettre 
de  Giiyuk  à  Innocent  IV,  où  le  nom  de  Giiyiik  n'apparaît  pas, 
suffirait  ù  montrer  que  la  première  hypothèse,  conforme  en  fait 
à  l'usage  mongol  ancien,  ofl'rirait  seule  un  certain  degré  de 
vraisemblance  (i);  je  dirai  bientôt  pourquoi  elle-même  ne 
me  parait  cependant  pas  satisfaisante.  Quant  au  «  /Hius  Dei  », 
lui  non  plus  ne  peut  être  très  exact.  Le-^  premiers  empereurs 
mongols  ne  portaient  pas  le  titre  eiiinois  de  «  tils  du  Ciel  », 
mais  celui  de  i/a-an  {i/a'an),  et  même  plus  simplement  yaii 

,"ni]  dans  le  préaraliulc  de  la  lettre  de  (Uiy(d<  au  pape  et  sur 
-  n  eaehet  {sujua,  p.-J-'i;  ils  se  disaient  «  khan  océaniques  ", 
'  est-à-dire  universels  (3).  Peut-être  les  interprètes  persans 

lo  TransCaucasie  avaient-ils  purement  et  simplement  ailopté, 
l"4ir  expliquer  le  titre  du  (jn-yin,  le  titre  persan  de  fa-;ftir, 
ijui  désigne  en  principe  l'empereur  de  Chine  et  signifie  bien, 
lui,  «  /ilitis  Dei  »  (1).  (Juant  au  reste  du  préambule  jusqu'à 
soins  dominns  »,  il  semblerait  que  ce  «lût  être  une  para- 
|ilira.se   maladroite  du  ijâkà  su   jali-ijin  ibugàii-di'ir  (."•i  qui 


1)  On  sait  combien  certains  manuscrits  et  toutes  les  <!'ditlons  ont  altéré 
;n  (le  Giiyiik  dans  les  chapitres  que  Vincent  île  Beauvais  a  empruntés  à  Plan 
•pin;  alors  que  tous  les  bons  manuscrits  ont   Cuiuc  ou  Cuyuc,  les  éditions 
poiiont  Cuyne  icf.  d'.-Vvezac.  665).  Mais  ici,  où  les  manuscrits  sont  d'accord,  il 
faudrait  supposer  une  altération  -  *  Cuyuccan  •  en  •  Chinjriscam  -  qui  remon- 
;  lit  à  Vincent  do  Beauvais  lui-même;  ce  n'est  pas  très  vraisemblable. 
.'I  J'avais  dit  plus  haut  ipp.   11  et  iti)  que,  dans  les  documents  mongols  pos- 
i'  lioui-s  à  lilOi,  et  dont  le  premier  est  de  1276,  les  auteurs  des  ordres  étaient 
iii'liqués.    .M.    Kotwic/.  vient    de    faire    remarquer  (/iocznik   urjcnlnlislyc-.ny. 
Il    l'Ji'i].  2T'.b  que,  si  c'est  en  effet  la  règle  ordinaire,  elle  ne  s'applique  toutefois 
r is  aux  empeieurs.  L'observation  est  juste,  ei  je  pourrais  même  l'appuyer  par 
litres  exemples  que  ceux  invoqués  par  .M.  Kot«  icz.  Il  est  donc  normal  que  le 
sont  édit.  émanant  de  l'empereur  iJuyiik,  ne  le  nomme  pas. 
:!i  Cf.  sujira,  -iî-'il.  De  la  formule  du  cachet  de  Giiyiik  et  de  celle  de  VHUloire 
■   ri-te  dfs  Momioli,  on   peut   rapprocher   en<'oi'e   le  passage   de  l'inscription 
iigole  de  Kiu-yong-kouan  où  l'empereur  est  qualiné  de  lalnyi-yin  ejfin  ulus- 
'/a'an,  •  maître  de  l'océan,  (layan  du  peuple  -;  cette  formule  plus  développée 
lit  à  l'appui  du  litre   de  •  maître  de  la  terre  et  de  la   mer  •  indiqué  par 
i.iienTie  Orbeliaii  pour  .Mongka  et  dont  J'avais  hésité  à  faire  état. 

I,  L;i  confusion  a  pu  être  facilitée  par  le  fait  que  les  gens  de  .Mésopotamie  et 
d'Arménie  eonsidéi-aicnt  volontiers  la  Mongolie  comme  faisant  partie  de  la 
ehine;  cf.  stipra.  pp.  Jl-12. 

'■I  Écrit  ycixii  su  jnli-yin  'ihii'On-ilur  dans  les  inscriptions  en  'phags-pa;  dans 

■  note  sur  Karakorum  du  J.  A.,  avril-juin    193.">,  p.  :iTI,  j'ai  dit  pourquoi 

j  •  cris  SK  et  non  sH  comme  l'a   proposé  M.   Vladimircov  en  lîMO,    suivi  par 

;i'3i: 


318  HEVLE    DE    l'orient    CIIRÉTIEX. 

s'intercale  dans  le  préambule  des  édits  impériaux  postérieurs 
entre  la  mentiim  du  Ciel  éternel  et  le  titre  de  qan  ou  i/a-ian. 
Cette  formule  est  en  elle-même  assez  obscure;  littéralement 
elle  parait  signifier  «  dans  l'appui  de  la  protection  de  la  grande 
Fortune  »  (1);  mais  nous  ne  savons  pas  bien  encore —  ou 
du  moins  je  ne  sais  pas  —  quelle  idée  se  cache  derrière  ces 
mots;  j'y  reviendrai  tout  à  l'heure.  En  détinitive,  je  crois  pro- 
bable que  l'édit  ait  commencé,  comme  ceux  des  règnes  posté- 
rieurs, par  la  îovmule  Mongka  i(/ugfi-ijiii  kurioi-diïr  \  yukùsu 
jali-yin  ibâgûn-diir  \  \dalai-i/m?]  qa^;an  (ou  qaii),  jarliq 
manu,  «  Dans  la  force  du  Ciel  éternel,  dans  l'appui  de  la  pro- 
tection de  la  grande  Fortune,  le  qa-^an  [océanique'?];  notre 
ordre  ». 

Je  n'en  dirais  pas  plus  de  cette  première  phrase  si  la  version 
transmise  par  Vincent  de  Beauvais  ne  se  retrouvait  très  ana- 
logue dans  la  traduction  faite  par  Guillaume  de  Rubrouck  de  la 
lettre  que  le  grand  khan  Mongka  lui  remit  pour  saint  Louis  en 
juin  12."'>J;  Rubrouck  la  reproduit,  comme  il  ledit  lui-même, 
«  pour  autant  que  j'aie  pu  la  comprendre  par  intei-prète  ».  Elle 
débute  ainsi  ri)  :  «  Preceptum  etcrni  Dei  est,  in  celo  non 
est  nisi  unus  Deus  etenius,  super  terrain  non  sit[nisi\  uniis 
dominas  Chingis  chan.  Filii  Dei,  Demugin,  Cingei,  »  id  est, 
sonilus  ferri.  Ipsi  vocant  Chingis  so nit uni  ferri,  quia  faber 
fuit:  el  in  superbiam  elati,  dicunt  eum  niodofdium  Dei.  «  Hoc  -' 
est  rerbum  quod  vobis  dicturn  est...  »  Ce  texte  n'est  pas  des 
plus  clairs;  les  incises  de  Rubrouck  l'encombrent  fàciieusement. 

51.  Kotvic  (Kotwicz)  en  1918.  Sur  su  jali,  cf.  aussi  Vladimircov,  Monijul'shiï 
sbornik  ruzskazov  h  Pancatantra,  Peti-ograd,  1921,  in-4,  p.  45. 

(1)  Telle  est  du  moins  l'interprétation  qu'en  donnaient  en  cliinois  les  traduc- 
teurs do  l'époque  mongole;  pour  s'en  convaincre,  il  suffit  de  comparer,  par 
exemple,  les  textes  cliinois  de  T'ouiuj  Pan.  1908,  pp.  oGS  et  374  (les  traductions 
qu'adopte  Chavannes  ne  tiennent  pas  com|(te  que  f'ou-yin  est  une  expression 
double  qui  répond  au  seul  mo'^  su).  Sur  les  autres  explications  proposées,  cf. 
lîanzarov,  Ci-maya  véra,  éd.  Potanin,  Saint-Pétersbourg,  1891,  in-8,  p.  53; 
.\.  .M.  l'o/.dnécv.  Lekciu  jm  istorii  iKonyoVskui  literulury,  Sainl-l'étersboui'L'. 
1897.  in-8,  p.  103. 

(•2)  .le  reproduis  tel  quel  le  texte  de  d'.\vezac,  369.  La  lettre  se  trouve  en  tra- 
duction française  dans  le  recueil  de  Bergeron,  Voya</e  de  /tubniijuis,  129-130 
(d'où  elle  a  passé  dans  Mosheim,  Hist.  Tart.  ceci.,  App.,  55-57,  et  dansRémusat, 
Mémuircs,  ï"  mém.,  421-42(5),  et  on  traduction  anglaise  dans  KocUhilI,  Rubruck, 
248-251, 

[122J 


LES    MONGOLS    KT    LA    PAPAUTK.  'M9 

Bergeron  comprenait  :  «  ijue  les  Commandcinens  du  Itieii 
éteriK'l  sont  tels.  (Ju'il  nv  a  qu'un  Dieu  éternel  au  Ciel,  &  en 
terre  «lu'un  souverain  Seigneur  Cingii^-Cliam,  Fils  de  Dieu,  & 
df  Teiningu  Tiniiey,  ou  Cingey,  c'est  à  dire  le  son  du  fer,  (car 
ilsapcil.'iit  ainsiCingis,  à  cause  qu'il  doit  Fils  d'un  Maréchal, 
ou  Serrurier,  &  comme  leur  orgueil  s'est  acru,  ils  l'apellent 
maintenant  Fils  de  Dieu).  Voici  les  paroles  que  l'on  vous  fait 
savoir...  »  Kémusat  asimplilié  :  <■  Les  commandements  du  ciel 
éternel  sont  tels  :  11  nv  a  qu'un  Dieu  éternei  au  ciel,  et  en 
t-rre  qu'un  souverain  seigneur,  Cingis-klian,  fils  du  Ciel.  Voici 
lis  paroles  que  l'on  vnus  fait  savoir...  »  (juant  à  Ruckliill,  il 
traduit  ainsi  :  «  The  commandment  of  the  etenial  God  i.s,  in 
lleaven  tliere  is  only  one  eternal  God,  and  on  Karth  there  is 
Miily  one  lord,  Chingis  Clian,  the  Son  of  God,  Demugin,  (or> 
Ciiingis  "sound  of  iron'.  ■>  (For  they  call  him  Chingis,  »  sound 

1  iron  »,  because  he  was  a  blacksmith;  and  pulTed  up  in  their 
pride  they  even  say  Uial  lie  is  the  son  of  Godi.  «  This  is  what 
is  told  ydu...  »  Le  commentaire  même  de  Rubrouck  prouve  que 
Hubrouck  a  bien  mis  le  nom  de  Gengis-khan  dans  sa  traduc- 
lion;  il  ne  peut  s'agir  là  d'une  interpolation  comme  dans 
certains  manuscrits  latins  de  la  réponse  de  Giiyûk  à  Inno- 
cent IV.  Il  est  d'autre  part  invraisenililable  que  Guillaume  de 
Rubrouck  ait  été  inlluencé  par  la  version  latine  de  l'édit  trans- 
mis h  Baiju;  Rulirouck  était  au  fait  îles  missions  d'Andn''  de 
Longjumeau,  mais  rien  dans  son  ouvrage  ne  permet  de  sup- 
l'iser  qu'il  ait  connu  les  textes  rapportés  par  celle  d'Ascelin. 
Lntin  il  serait  vain  de  penser  que  le  te.\te  de  ïiubroucka  réagi 
-ir  Vincent  de  Beauvais;  Rubrouck  n'est  revenu  de  Mongolie 

.  Palestine  qu'en  l-'."».");  le  Specu/mn  /lisforiaff  éia'it  déjà  prêt, 
'  t  rien  n'y  laisse  entrevoir  une  addition  nu  un  changement  dus 
.1  Guillaume  de  Rubi'ouck.  Nous  devons  doue  admettre  que  le 
ii'iiii  de  (jengis-khan  a  liieii  ligun-  dès  le  début  dans  la  version 
de  l'édit  de  Baiju  transcrite  par  Simon  de  Saint-Quentin,  et 
'lu'elle  reparait  indépendamment  dans  la  version  faite  sur  place 
par  Rubrouck  de  la  lettre  de  Mongka  à  saint  Louis.  <)v  il  est 
liien  certain  que  le  nom  de  Gengis-khan  ne  figurait  dans  le 
préambule  mongol  d'aucun  de  ces  deux  documents. 
On  est  ainsi  amené  à  se  demander  si  les  interprètes  à  qui  sont 


ï 


[l£i 


320  REVUE    DE    l'ORIEXT    CHRÉTIEN. 

ducs  ces  versions  ne  trouvaient  pas  dans  le  préambule  au  moins 
une  allusion  à  Gengis-khan.  Et  c'est  ici  que  je  voudrais  pro- 
poser, sous  toutes  réserves,  une  solution  qui  nous  tirerait 
peut-être  d'embarras.  Comme  je  l'ai  dit  plus  iiaut,  les  édits 
mongols  commencent  par  les  mots  ■■  Dans  la  force  du  Ciel 
éternel  »,  qui  sont  suivis  d'un  second  membre  de  phrase  «  dans 
l'appui  de  la  protection  de  la  grande  Fortune  ».  On  a  admis 
généralement  que  cette  formule  se  rapportait,  elle  aussi,  au 
Ciel  (1);  mais  je  ne  vois  pas  très  bien  pourquoi.  Le  mot  que, 
conformément  aux  versions  chinoises,  j'ai  traduit  par  «  For- 
tune »,  ests».  Or  les  ordres  qui  émanent  de  personnages  subor- 
donnés au  souverain  commencent  bien  eux  aussi  par  les  mots 
«  Dans  la  force  du  Ciel  éternel  »,  mais  au  lieu  de  «  dans  l'appui 
de  la  protection  de  la  grande  Fortune  »,  ils  ont  ensuite  qa-'un- 
u  su-dur,  «  dans  la  Fortune  du  qa-an  (régnant)  »,  et  d'ailleurs 
sutu,  «  fortuné  »,  est  l'ancienne  épithète  usuelle  des  empereurs, 
comme  sutai,  «  fortunée  »,  l'est  des  impératrices.  Je  ne  vois 
pas  de  raison  pour  ne  pas  admettre  qu'après  la  mention  du 
Ciel  éternel,  le  préambule  des  édits  impériaux  invoque  la  pro- 
tection de  la  «  grande  Fortune  »  qui  serait  celle  du  fondateur 
de  la  dynastie,  Gengis-khan.  Telle  serait  du  moins  l'explication 
qu'en  donnaient  les  interprètes,  et  ils  devaient  savoir,  en 
somme,  à  quoi  s'en  tenir  sur  ce  point.  Sinon,  l'apparition  du 
nom  de  Gengis-khan  dans  les  traductions  rapportées  de  lieux 
différents,  à  des  dates  différentes,  par  Simon  de  Saint-(Juentin 
et  par  Guillaume  de  Rubrouck  me  semble  inexplicable. 

Cela  no  veut  pas  dire  d'ailleurs  qu'une  fois  mon  hypothèse 
admise  tout  devienne  clair;  le  fait  que  les  édits  étaient  pro- 
mulgués au  nom  du  (/a-;an,  mais  en  le  désignant  seulement 
par  son  titre  et  sans  le  nommer,  a  dérouté  les  rédacteurs  des 
traductions  latines.  Dans  la  version  de  l'édit  transmis  h  Baiju, 
si  le  prender  «  Chingiscam  »  est  né  delà  formule  relative  à  la 
«  grande  Fortune  »,  le  second  doit  être  une  méprise  sur  le 
titre  de  qa'.;an  qui,  dans  l'espèce,  désignait  ici  Giiyiik.  C'est 
Gtiyuk  qui  estalors  «  super  terram  solus  dominus  ».  Plan  Carpin 
disait  id'Avezac,  715  et  *7//)/ï/,  p.  11  et '28)  que  Giiyiik  conimen- 

(1)  Banzarov,  Ccninya  véra,  62-53;  aussi  Yiile-Cordier,  Marco  Polo,  i,  GDI. 

[1241 


LKS  "MuNLuLS    11     L\    rAPALTI".  '.>2\ 

çaitses  letlres  par  <-  Dei  fortitudo,  omnium  liomiiuimimijera- 
tor  »  et  que  Sun  cachetportait    Deus  in  cuelo,  et  C'uyuc-can  super 
terram.Doifortitudo,  omnium  hominumimperatoris  sigiilum  ». 
La  traduction  n'est  qu'approximative,  en  ce  sens  que,  sur  le 
caciiet.  le  nom  même  de  Giiyiik  ne  figure  pas,  mais  elle  est 
juste  dans  son  esprit,  puisque  c'est  bien  à  Giiyiik  que  le  titre  de 
'/■'■■a)i  s'applique  dans  ce  cas-là.  ¥à  l'omnium  hominum  impe- 
rator   de   Plan  Carpin    tout  comme  le  super  (ernim  solus 
iliiminus  de   Simon   de  Saint-Quentin    doivent    répondre  au 
■  lirlai-yin  qa-^an  (ou  ijan),  <<   qa-.-an  océanique   »,  que  nous 
nnaissons  maintenant  par  la  lettre  de  Giiyiik  h  Innocent  l\  et 
!i-le  cachet  apposé  sur  elle.  Il  en  est  assez  vraiseuiblablenient 
.■  même  du  super  terram  unusdominus  delà  lettre  de  Mongka 
à  saint  Louis,  encore  que  l'insuffisance  des  interprètes  ait  fait 
ipporter  cette  épitliète  à  Gengis-khan   dans  la  version    de 
'  uillaume  de  Rubrouck. 

Enfin  le  commentaire  de  Guillaume  de  Rubrouck  a  peut-être 
■mené  une  altération  de  ses  manuscrits  sur  un  autre  pi>int. 
lois  que  les  reproduit  d'Avezac,  ces  manuscrits  paraissent 
r  'Uiprendre  dans  la  traduction  de  l'édit  les  mots  «  Demugin, 
Cingei  {var.  Temiugu,  Tingiri)  ».  ."Mais  je  considère  que  ces 
mots  (dont  le  premier  seul  est  sur,  et  qui  ne  devraient  pas,  je 
«rois,  être  séparés  par  ime  virgule)  font  déjà  partie  du  com- 
mentaire de  Rubrouck  sur  a  Filii  Iiei  ».  En  outre,  filius  Dei, 
dans  la  langue  des  interprètes,  devait  être,  nous  l'avons  vu,  une 
traduction  de  <ja-;an.  C'est  donc  à  tort  que  Rubrouck  a  donné 
ici  le  commentaire  qui  concerne  le  nom  de  Gengis-khan;  dans 
le  cas  présent,  le  «  /ilius  Dei  »  est  Mongka.  Comme  en  outre  les 
manuscrits  ont  le  terme  au  génitif,  je  comprends,  contraire- 
ment aux  ponctuations  de  d'Avezac  et  des  divers  traducteurs, 
qu'il  faut  lire  «  Filii  Dei  hoc  est  verbum  quod  vobis  dictum 
est...  »,  ce  qui  revient  à  dire  «  Voici  l'ordre  du  qa-.'an 
(Mongka]  ». 

Revenons  maintenant  à  l'édit  communiqué  par  Baiju  à  Asce- 

lin.  Après  l'indication  que   ce  qui   suit  est  un    «    ordre  du 

qa-.-an  »,  les  édits  mongols  indiquent  les  destinataires.  Nous 

constatons  de  suite  que  Baiju  n'est  pas  nommé  à  cet  endroit-là; 

'édit  lui  a  donc  été  envoyé  seulement,  de  même  sans  doute  qu'au.x 

[125] 

ORIENT   CIIRÈTIE».  21 


322  REVUE    DE    L  ORIENT   CHRE'MEX. 

autres  commandants  d'armée  (en  Russie  par  exemple),  pour 
qu'il  le  fasse  connaître  aux  destinataires  véritables,  c'est-à-dire 
provinciis  nobis obedien/ihus  etproviuciis  iwbis  rebeUantibiis. 
Nous  avons  ici  une  formule  précieuse  et  qui  nous  fournit  la 
solulion  de  la  seule  difficulté  qu'offrait  encore  le  cachet  apposé 
sur  la  lettre  de  Giiyuk  à  Innocent  IV.  Ce  cachait  portait  un 
membre  de  phrase  que  J'ai  lu  //  boh^a  irgan-cUir  kurbosït,  et 
traduit,  non  sans  hésitation,  «  s'il  (=  cet  ordre)  arrive  à  des 
peuples  soumis  »  {supra,  pp.  22,  21).  Mais  je  faisais  remar- 
quer que  mon  interprétation  de  bol-^a  comme  participe  de 
bol-  ne  me  satisfaisait  qu'à  moitié.  Depuis  lors,  j'avais  remar- 
qué, dans  le  §  275  de  VHistoiye  secrète  des  Mongols,  une  - 
e.xpression  buh^a  irgàn  traduite  en  chinois  par  «  peuple 
rebelle  »,  et  j'en  avais  conclu  qu'il  fallait  vocaliser  dans  le 
cachet  //  bulya  irgan-diir.  Le  mot  bul-;a  n'est  plus  usité  en 
mongol,  mais  se  rattaclie  à  une  série  de  mots  turcs  et  mongols 
qui  expriment  l'idée  de  «  trouble  »,  de  «  mélange  »  au  sens 
matériel,  ou  de  «  désordre  »,  de  «  rébellion  »  au  sens  figuré;  le 
type  le  plus  voisin  de  mo.  bul-fU  est  le  turc  bul-faq  ou  bid';a^;, 
qui  apparaît  dès  les  inscriptions  de  l'Orklion  et  signifie 
«  désordre  »,  «  troubles  »,  «  révolte  ».  Peu  après,  une  lettre 
de  M.  Kûtwicz  m'apprenait  que  lui  aussi  hsait  bul-;a  au 
lieu  de  bob-a.  Notre  confrère  vient  de  préciser  son  opinion 
dans  le  Rocznik  Orjentalistycziiy  (ii,  278-279);  voici  sa 
conclusion  :  «  Dans  le  cas  présent,  je  crois  possible  de  lire  bicrfU 
=  bHfnja{n)  «  invasion  »  (à  l'exemple  de  ypr-ia  =  yprï-;a 
clôture,  forteresse  »),  et  d'expliquer  le  terme  il  btit-;(t  dans 
le  sens  «  soumis  et  subjugué  »,  que  donne  Quatremère  (I)  et 
pour  lequel  nous  trouvons  une  certaine  analogie  dans  l'épître 
de  Guyuk.  »  Cette  interprétation  ne  me  paraît  pas  exacte. 
L'Histoire  secrète  des  Mongols  ne  laisse  pas  de  doute  que 
bid-(a  signifie  «  révolte  »,  en  apposition  adjective  «  révolté  »,  et 
non  «  subjugué  »  ;  c'est  d'ailleurs  avec  le  sens  de  «  révolte  » 
que  Banzarov,  dès  1851,  avait  signalé  une  première  fois  le  mot, 
sans  indiquer  de  source.  .Grâce  à  l'édit  dont  \'incent  de  Beau- 
vais  nous  a  con.servé    la  traduction  latine,  et  qui,  lui  aussi, 

(I)  (.Mais  Quatremère,  Hisl.  des  MonijoU,  73,  ne  parle  que  de  )7,  non  de  fiulya. 
—  P.  P.]. 

[126] 


« 


,Li;S    Mii.M.oL.S    m     LA    fAPALTK.  323 

l'iirlait  silrement  en  mongol  des  il  biU'-a  irijrin,  nous  pouvMiis 
allirnier  «lue,  dans  le  cachet  de  Giiyiik,  //  hul-;a  injdn  signifie 

les  peuples  soumis  et  [les  peuples]  révoltés  (1)  ». 

La  lin  de  l'odit  est  également  bien  conforme  aux  habitudes; 
les  édits  se  terminaient  toujour-;  pai-  des  menaces  envers  ceux 
qui  contreviendiaient  à  leurs  prescriptions  (-2). 

Quant  à  la  lettre  île  Daiju  lui-même  (W.XII,  •")!),  il  ne  sera  pas 


1)  Ce  mot  bulfa,  •  révolté  -,  qui  manque  à  nos  Uictionuiiircs  mongols,  est 

illeufs    attesté   aujourd'liui    par    une  série    d'exemples.   Je    puis  citer   les 

\ants  :  1"  bxdia  kOi/ilcii,'   fomentant  des  révoltes  •  iltisl.  scvr.  des  .\fon;/ols, 

J'il);   2°  bul^fi    irf/fin,   •    peuples  révoltés  •  tihid.,  S  ~'!ô);  3°  it  hulya  ir;/iin, 

!  'U pies  soumis  et  révoltés  >  (cachet  de  Gfiyiik);  4°  qoyin-a  duu-a  busm-a-tan 

■if/Hd  huly-a  bolbnsii.  •  ensuite,  comme  les  princes  Dua  et  Busma  s'étaient 

■  )ltés  •   linscr.   sino-mongrole  inédite  de  VSIii-,  lignes  ir*-20) ;  .i"  AiWynr  kiimiin-i 

'  cijù,  ■  écrasant   les  iiorames  révoltés  •  (Instructions  de  Gengis-khan  à  ses 

les  et  ses  fils;  cité  par  .M.  Kotwicz);  t!»  le  mot  hiil-^ii,  •  révolte  -.  de  Banzarov, 

.m.  de  1851,  reproduit   dans  Ùëriuiya  véra,  1891,  p.  96  (la  source  de  lîanzarov 

1  'urralt  être  len"  ."m;  7»  fcu/ya  dans  le  lexique  arabo-mongol  d'ibn  31uliannâ.  Ce 

!  nier  exemple  appelle  c|uelquos  remarques.  M.  Kolwicz  n'a  cité  Ibn  .\Iuliannâ 

1  ■  d'après  l'édition  de  Melioranskiï  dans  les  Znpiski  Vosl.  Old.  I.  H.  A.  Obsc., 

w  [190'2],  où,  p.  128,  on  trouve  un  soi-disant  mot  mongo    ^Lalî  bulyay  rendu 

irabe  par  ^^    jLc*)',  •  bataille  ■,  •  champ  de  bataille  •.  Melioranskiï  a  fait 

uarqucr  que  le    mot   était  un    emprunt    au    turc,  où  son  vrai  sens    était 

loubles  •,  •  mêlée  •  {smi/alenie,  si'alka).  Le  sens  de  •  bataille  -  ne  va  pas  en 

■t,  et   •   mêlée  •  est  une  concession  qui  me  parait  déjà  excessive.  Le  même 

Miihannâ,  dans  la  partie  arabo-turque  de  son  œuvre,  indique  bien,  là  aussi, 

mot   biil-fa'f,    mais  cette   fois    il   le    rend   justement    en  arat)o   par   l^jjii\ 

-"dition   «,    •  troubles   •  (cf.   Melioranskiï,  Arab  [ilolog  o  tureckom  yuiyké, 

ut-Pétcrsbourg,  l'.XX),  in-8.  p.  0S2i:  je  considère  donc  qu'il  y  a  quelque  erreur 

qu'il  s'est  produit  quelque  altération  dans  la  traduction  arabe  -  bataille  •  de 

;artic  sino-mongolc.  Enfin  l'œuvre  d'Ibn  Muliannâ  a  été  rééditée  en  Turquie 

I92J   d'après  d'auti'es   manuscrits  que  ceux  utilisés  par  .Melioranskiï,  et  là 

îiS),  si  on  retrouve  bien  la  même  traduction  par  •  bataille  •,  du  moins  le 

t    mongol  est-il   écrit  Ijjj  bal'(u,    faute  ceilaine  pour  {^  bulya.  Il  est  très 

iiiiel  qui^  les  copistes  de  1  ouvrage,  qui  s;ivaient  le  turc,  mais  non  le  mongol, 

at  ramené  biilja  i\  la  forme  turque  en  l'écrivant  l>u/fay,  mais  le  contraire 

it    invraisemblable;    c'est    donc    bulyn   qui    est   la  leçon   primitive    d'Ibn 

.Muliannâ. 

-I  En  dehors  des  similitudes  naturelles  de  préiimbnle  entre  l'édit  de  Giiyiik 

l^rais  par  Baiju  et  la  lettre  de  Mongka  à  saint  Louis,  les  deux  textes  ont  un 

■<agi^    très    analogue    sur  ceux    qui     connaîtront    l'ordre    impérial   et    n'y 

iront  pas,  et  qui  deviendront  aveugles  ou  boiteux.  Il  y  a  là  une  formule  qui 

,1  uiï  être  d'usage  courant,  mais  elle  ne  .s'est  pas  encore  rencontrée  dans  lestrop 

rares  textes  mongols  de  celte  époque  qui  nous  sont  parvenus. 


324  REVUE    DE   l'orient   CHRÉTIEN. 

sans  intérêt,  pour  les  observations  que  j'ai  à  faire,  de  la  repro- 
duire ici  intégralement  (1)  : 

De  lilcris  f/ue  a  principe  Ttirlarnrum  ad  papam  misse  stinl. 

Exemplum  autem  litere  que  a  Baiothnoy  (2)  ad  domiiium 
papam  missa  est,  lioc  est.  Dispositione  diuina  ipsius  chaam  trans- 
missum  Baiotlmoy  verlnun  papa  ita  scias  (3).  Tui  nuncii  vene- 
runt  et  tuas  literas  ad  nos  detulerunt.  Tui  nuncii  magna  verba 
dixerunt,  nescimus  autem  (4)  iniunxeris  eis  ita  loqui  aut  a 
semctipsis  dixerunt.  Et  in  literis  taliter  scripseras  :  Homines 
multos  occiditis  interimitis  et  perditis.  Preceptum  Dei  stabile  et 
statutum  eius  qui  totius  faciem  orbis  continet  ad  nos  (5)  sic  est  : 
Quicurique  statutum  audierint  super  propriam  terram  aquam  et 
patrimonium  sedeant,  et  ei  qui  faciem  totius  orbis  continet  vir- 
tutem  tradant  (G).  Quicunque  autem  preceptum  et  statutum  non 
audierint,  sed  aliter  fecerint,  illi  deleanlur  et  perdantur.  iNunc 
super  hoc  istud  statutum  et  preceptum  ad  vos  transmittimus.  Si 
vultis  super  terram  nostram  (7)  aquam  et  patrimonium  sedere, 
oportet  vt  tu  papa  (8)  in  propria  persona  ad  nos  venias,  et  ad 
eum  qui  faciem  totius  terre  continet  accédas,  et  si  tu  preceptum 
Dei  stabile  et  illius  qui  faciem  totius  terre  conlinet  non  audieris, 
illud  nos  nescimus  Deus  scit.  Oportet  vt  antequam  venias  nun- 
cios  (9)  premittas,  et  nobis  signifiées  si  venis  aut  non,  si  velis 
nobiscum  componere  aut  inimicus  esse,  et  responsionem  precepti 

(1)  ,Ie  reproduis  l'éd.  de  Nuremberg,  1483,  mais  j'indique  en  note  les  variantes 
des  manusci'its  Lat.  -1898  (A)  et  Lai.  4900  (B).  On  trouvera  en  outre  le  texte  latin 
de  la  lettre  dans  Rémusat,  Mémoires,  '2'  mém.,  421-4-22;  d'Ohsson,  n,  iSl-iSî; 
Golubovich,  I,  213;  et  des  traductions  françaises  dans  Bergeron,  éd.  de  1735, 
col.  79-80,  et  dans  d'Ohsson,  n,  229-230.  j| 

(2)  A  Baiuliioy.  9 

(3)  A  ipsius  ad  chaam  Irammissum,  Baiolnay  tierbum.  Papa  ita  scias.  \i  est 
conforme  à  l'éd.  de  1483,  sauf  qu'il  n'a  pas  scias. 

(4)  A  et  B  atram,  qui  est  coi'rect;  de  nicmo  chez  Rémusat,  d'Ohsson,  (iolu- 
bovicli. 

(5)  A  vus  (à  tort);  Golubovich  n'a  pas  ad  nos. 

(6)  De  même  Rémusat,  d'Ohsson,  Golubovich.  Mais  A  et  B  ont  tous  les  verbes 
au  singulier  (avdierit,  sedeat,  tradat),  ce  qui  peut  être  le  texte  primitif.  Après 

.  virlulem,  Rémusat  a  ajouté  servilutem  entre  crochets,  à  titre  de  correction; 
mais  virtiUem  est  la  bonne  leçon;  chacun  doit  «  donner  sa  force  »;  c'est  là  une 
autre  traduction  du  mongol  kiiciin  o;/-  qu'on  trouve  aussi  en  traduction  persane 
dans  la  lettre  de  Giiyiik  à  Innocent  IV  et  que  la  version  latine  faite  par  Plan 
Carpin  a  rendu  par  Iradere  fortiludines  (cf.  sii/ira,  12,  21). 

(7)  A  tiestram:  de  même  Rémusat,  d'Ohsson,  Golubovich;  c'est  vestram  qui  est 
correct. 

(8)  De  niêiuc  Rému.sat,  d'Ohsson;  mais  A  et  R,  ainsi  que  Golubovich,  ont  i/tse 
après  papa. 

(9)  B  n'a  pas  nuncios. 

[128] 


LES    MONGOLS    ET    LA    PAPAUTÉ.  325 

cito  ad  nos  transinittas.  Istiiil  preceptuin  per  iii;iiius  Aybeg  et 
Sargis  (1)  misimus  inense  iulii.  XX.  die  liinationis.  In  territorio 
Sitiens  (2)  castri  scripsimus. 

La  lettre  commence  naturolleuniii  a  DisposituHtf  ilnnut  ;  le 
P.  Gukiliovicli  s'est  trompé  en  la  luisant  débuter  par //w  es/. 
.Mais  la  version  latine  du  début,  si  elle  est  bien  "conforme  au 
te.xti-  de  .Simnn,  a  été  mal  établie.  Le  plus  simple  est  évidem- 
ment de  comprendre  :  «  Par  la  disposition  divine  du  qa-.-an  lui- 
même,  la  parole  de  Baiju  [est]  transmise.  Pape,  sache  ceci.  » 
l'eci  ne  cadre  toutefois  pas  très  bien  avec  les  textes  analogues, 
plus  tardifs,  il  eM  vrai,  que  nous  connaissons  par  ailleurs.  Ces 
autres  te.'ctes  amèneraient    à   supposer  ici  un  tléltut  comme 

lui-ci  :  Mongka l{u)ngri-ijinkHciin-dur  \  (ja^aH'U(ouqan-u) 

'-dur  I  Daijii  iiyâ  maint,  \  Bab-a,  <>  Dans  la  force  du  Ciel 
N'rncl,  dans  la  Fortune  du  qayan,  Baiju;  notre  parole.  .Vu 
pape  (3).  »  Si  Iransmissum  n'a  pas  pris  la  place  d'un  autre 
mot  qui  répondrait  à  su-dur,  il  faut  admettre  que  la  lettre  ne 
iliiiutait  paspar /»OH^/i«  l\ti)n(jri  kiicua-dur  et  que  su-dur 
est  rendu  par  disposdione  divina  (4). 

La  lettre  de  Baiju  est  datée  du  «  mois  de  juillet,  vingtième 
j'iiir  de  la  lune  »,  mais  elle  aurait  pu  n'être  qu'une  e.xpédition 
nouvelle  de  la  lettre  qui  avait  déjà  été  préparée  dés  avani  le 
-1  juin  (XXXIl,  19).  ou  de  celle  (identique  à  la  première?)  qui 
était  déjà  prête  le  17  juillet  (WXH,  5U).  Le  contenu  de  la  lettre 
montre  qu'il  n'en  est  rien.  La  lettre  est  si  analogue  à  celle 
adressée  par  Giiyuk  à  Innocent  1\'  que  ses  rédacteurs  ont  dû 


il)  A  et  B  poncluent  après  Sargix.  liolubovich  a  Ayhc:  au  lieu  de  Aybeg. 
(il  A  Hicieiis. 

3)  L'-rt  do  bnh-n  est  un  datif.  Les  lettres  des  souverains  mongols  de  Perse  à 
lliilippe   le  Bel  débutent  do  la  nii^me  manière,  et  c'est  à  tort  qu'on  a  toujours 
■  iisidérc  cet  -a  coiiiuio  un  vocatif, 
i;  A  défaut  de  textes  mongols  de  la  même  époque  qui  émanent  d'un  subor- 
donné du  souverain,   nous   avons  au   moins  la  traduction  de  l'un  d'entre  eux, 
'.   savoir  de  la  lettre   apportée  à  saint  Louis  au  nom  d'Aljigidai  en  1248.  La 
iduction  débute  pai'  Per  polenlùiin  Iiei  exreisi  missi  a  rege  terre  chaam  verlta 
tchathay  (cf.  lu  lettre  d'Odon  de  Cliàteauroux,  et  Vincent  de  Beauvais,  xx.\ii, 
.  Quel  que  soit  l'auteur  vi'rit.:ible  de  la  lettre  de  12I.S,  il  n'a  pas  inventé  la 
rmule,  et  puisque  le   mongka  l{ii)ngri  kiiciin-diir  était   employé   en  tête  de 
'  -uinents  de  cette  nature  eu  12 IS,  il  y  a  tout  lieu  de  croire  qu'il  en  était  de 
morne  en  1217. 

[129] 


326  REVCE  DE  l'orient  chrétien. 

connaître,  au  moins  en  gros,  le  lexte  de  celle-ci.  Or  nous  savons 
par  Simon  de  Saint-Quentin  qu'Àljigidài  seul,  dans  l'entourage 
de  Baiju,  savait  comment  Guyiik  avait  répondu  au  pape. 
ÀIjigidai  est  arrivé  le  17  juillet  12 17  ;  la  lettre  est  du  20  juillet; 
ceci  montre  que,  même  au  milieu  de  leur  semaine  de  ripailles, 
les  Mongols  se  sont  alors  occupés  de  la  mission  d'Ascelin  (1).  Il 
n'est  naturellement  pas  étonnant  qu'un  homme  de  la  situation 
d'Àljigidài,  se  trouvant  à  Karakorum  dans  le  second  semestre 
de  1216,  ait  connu  la  lettre  de  Giiyuk  à  Innocent  IV;  ceci 
n'implique  pas  en  soi  qu'il  ait  été  chrétien.  Toutefois,  dans  le 
monde  des  chrétiens  d'Asie  Centrale,  et  même  loin  de  Karako- 
rum, la  mission  de  Plan  Carpin  et  la  lettre  de  GQyuk  avaient 
fait  un  certain  bruit.  C'est  ainsi  que  le  connétable  d'Arménie 
Sembat,  frère  du  roi  de  la  Petite  Arménie  Hethum  I'',  lorsqu'il 
se  rendait  de  la  Cilicie  à  Karakorum,  écrivit  de  Samarkand  au 
roi  et  à  la  reine  de  Chypre  une  lettre  qui  doit  être  du  7  février 
12-18  et  dont  le  texte  nous  a  été  conservé  dans  la  lettre  écrite 
par  Odon  de  Chàteauroux  au  pape  en  date  du  31  mars  12  19  (2). 


(1)  On  pourrait  à  la  rigueur  supposer  qu'il  s'agit  du  vingtième  jour  de  la 
lunaison,  ce  qui  mettrait  au  io  juillet;  je  le  crois  moins  probable;  en  tout  cas 
51.  Altaner,  125,  se  trompe  en  disant  que  la  lettre  est  datée  du  2.")  juillet. 

(2)  J'aurai  à  revenir  longuement  sur  cette  lettre  d'Odon  de  Chàteaurou.x  dans 
la  troisième  partie  du  présent  ■Chapitre;  on  la  trouvera  par  exemple  dans 
d'Achery,  Spicilegium,  2°  éd.  m  [1723],  621-628.  I,.  de  .Mas-Latrie  (lllst.  île  Vile 
de  Chypre,  Paris,  i  [1861],  344)  la  date  du  1""  avril  1249;  mais  la  lettre  est  écrite 
de  Chypre  «  fcria  quarta  ante  Resurrectionem  Christi  •>,  donc  un  mercredi,  et 
te  1"  avril  1249  est  un  jeudi;  la  lettre  doit  donc  être  du  31  mars.  Quanta  la 
lettre  du  connétable  Sembat,  elle  aussi  a  été  parfois  mal  datée.  Cordier  (Cathay 
and  Ihe  tvay  lhillier,i,  262)  l'avait  indiquée  par  inadvertance  comme  étant  de 

,  1243;  une  note  au  t.  IV,  266,  rectifie  en  disant  que  »  the  letter  was  written 
bet^een  1248,  date  ot'  his  departuro,  and  1250  -.  En  réalité,  la  lettre  est  expres- 
sément datée  du  7  février,  et  comme  elle  était  déjà  au.x  mains  du  roi  do 
Chypre  lorsque  saint  Louis  débarqua  à  Lima.ssol  le  17  septembre  1248,  la 
dei'nière  date  admissible  pour  la  lettre  est  le  7  févi'ier  1248.  .le  ne  crois  pas  par 
ailleurs  qu'on  puisse  songer  au  7  février  1247.  En  effet  Sembat  ne  fut  envoyé 
par  son  frère  en  Mongolie  qu'après  l'avènement  de  Giiviik,  qui  est  du  24  août 
1246;  il  fallait  le  temps  que  la  nouvelle  en  parvint  en  Cilicie,  et  que  Sembat  eût 
été  déjà,  comme  il  le  dit,  huit  mois  en  route;  ces  huit  mois  ne  peuvent  se  placer 
entre  le  moment  où  on  sut  en  Cilicie  l'avènement  de  Giiyid<  et  le  7  février  1247. 
La  lettre  est  donc  bien  du  7  février  1248.  Mais  d'autre  part,  cela  implique  que 
Sernbat  se  soit  mis  en  route  vers  juin  1247.  Il  est  donc  inexact  de  dater  le 
voyage  de  Sembat  de  1248-1250  comme  on  le  fait  généralement  (Brosset,  Deux 
Idsloricns,  Kirakos,  158;  Bretsehneider,  Med.  Jles.,  i,  165);  le  voyage  dura  de 

[130] 


I 


LKS    .MttXOOLS    ET    1..V   PAPAUTÉ.  327 

Or  Sembat,  avant  d'arriver  à  SainarkanJ,  ou  à  Saiiinrkand 
même,  avait  entendu  parier  du  voyage  de  Pian  Carpin,  et  ii 
donne  un  résume  très  exact  de  ia  iettre  de  Giiviiic. 

A  la  fin  de  la  lettre,  liaiju  nomme  les  envoyés  auxquels  il 
confie  la  lettre  et  qui  devront  voyager  en  compagnie  des  mis- 
sinnnaires;  nous  savons  par  le  frère  Simon  que  les  noms  des 
envoyés  étaient  déjà  indiqués  dans  les  rédactions  antérieures  de 
la  Ifllre  de  Baiju.  Cet  onvi>i  de  messagers  mongols  en  Eurupc 
ne  doit  pas  surprendre.  Les  Mongols,  désireux  de  ae  renseigner 
sur  les  pays  étranirers,  y  déléguaient  volontiers  des  hommes  à 
eux.  L'entijuraL:e  de  Giiyidc  aurait  voulu  que  des  messagers 
mongols  allassent  avec  Plan  Carpin  porter  la  lettre  de  Giiyiik 
u  pape,  et  Plan  Carpin  énumére  (d'Avezac,  7GG-7G7)  les  cinq 
laisons  pour  lesquelles  lui-même  ne  s"y  est  pas  prêté.  De  même 
Kuljrouck  eut  de  la  peine  (Rockhill,  •2-29,  2.30)  à  empôclier 
qu'un  envoyé  de  Mongka  se  mit  en  route  avec  lui;  l'année 
d'avant,  le  clerc  Tliéodule  avait  emmené  un  envoyé  de  .Mongka 
jusqu'en  territoire  byzantin  {ihid.,  lNO-181;.  Ascelin  ne  semble 
pas  avoir  partagé  les  scrupules  des  deux  Franciscains;  ou  du 
moins  ces  scrupules,  s'il  les  eut,  n'ont  pas  laissé  de  traces 
dans  les  fragments  du  frèn-  Simon  qui  nous  sont  parvenus. 

Les  deux  envoyés  de  Baiju  sont  appelés  Aybeg  et  Sargis  (1); 
nous  en  pouvons  conclure  qu'aucun  d'eux  n'était  probablement 
un  vrai  Mongol.  .\ï-bàg  est  un  bon  nom  turc;  son  posses- 
seur était  sans  doute  quelque  Ouïgour  employé  comme  tant 
d'autres  par  les  Mongols  dans  leurs  administrations.  Quant  à 
Sargis,  c'était  certainement  un  Sargis,  Serge,  donc  un  chré- 
tien, presque  sûrement  nestorien,  et  originaire  soit  de  la  Syrie, 
soit  de  la  haute  Asie.  Nous  ne  connaissons  guère  à  cette  date 
(le  Mongols  proprement  dits  qui  aient  été  chrétiens. 


Ascelin  et  les  autres  missionnaires,  accompagnés  des  deux 
uvoyés  de  Baiju,  quittèrent  «  le  territoire  du  camp  de  Sitiens  » 

I-,'I7  à  li».  et  1218  est  l'année  où   Sembat  parvint  à  Karakorum.  Le  P.  (iolu- 
•  \ich,  nui  a  ïroupé  tant  de  renseignements  sur  Plan  Carpin,  n'a  pas  fait  état 

1>  la  letti-e  de  Sembat. 
ili  Le  Aybez  du  P.  Golubovich  est  sûrement  fautif. 

[1  11 


3"2S  REVUE    DE    l'orient    CllRÉTIE.N'. 

le  jour  de  saint  Jacques,  c'est-à-dire  le  -25  juillet  1247.  Ascelin 
était  pressé,  car  il  avait  souhaité  de  parvenir  en  temps  à  la  côte 
pour  pouA^oir  effectuer  le  «  passage  »  avant  l'hiver  (1). 
Encore  que  l'arrivée  d'Aljigidài  ait  retardé  son  départ  de  huit 
jours,  il  n'avait  sans  doute  pas  renoncé  à  son  projet.  Il  avait  donc 
dû  choisir  la  route  directe,  et  la  présence  des  envoyés  de  Baiju  lui 
facilitait  certainement  le  voyage  tant  qu'on  était  dans  le  pays 
soumis  aux  Mongols,  c'est-à-dire  jusqu'à  Alep.  Dans  ces  con- 
ditions, il  paraît  très  naturel  d'admettre  qu'Ascelin  et  ses 
compagnons  aient  suivi  l'itinéraire  en  cinquante-neuf  étapes 
dont  parle  Vincent  de  Beauvais  et  qui  menait  de  »  Sitiens  ■> 
à  Acre  :  «  Sunt  autem  ut  dicunt  ab  Achon  usque  ad  exercitum 
illum  Tartarorum  in  Perside.  LIX.  diète  »  (XXXII,  50).  Cet  iti- 
néraire, nous  le  connaissons  bien;  c'est  celui  d'André  de  Long- 
jumeau  par  Tauriz,  Mossoul,  Alep,  Antioche  et  Acre;  de  Taurix 
à  Acre.  André  de  Longjumeau  comptait  quarante-cinq  jours;  et 
les  quatorze  autres  jours  représentent  la  distance  de  »  Sitiens  » 
à  Tauriz  (cf.  supra,  p,  104).  Les  vraisemblances  sont  donc 
pour  que  la  mission  d'Ascelin,  qui  était  arrivée  à  «  Sitiens  » 
par  le  grand  détour  de  Tiflis,  ait  suivi  au  retour  la  route  en 
cinquante-neuf  jours  que  Vincent  de  Beauvais  connaît  é\idem- 
ment  par  Simon  de  Saint-tjuentin.  On  a  objecté  (Uraiiiski,  CI) 
le  «  lU  dicunt.  »,  qui  indiquerait  que  les  missionnaires  n'eus- 
sent connu  cette  mute  que  par  ouï-dire.  Mais  les  probabilitt'S 
me  paraissent  si  fortes  dans  l'autre  sens  que  je  vois  bien  plutôt 
dans  vt  dicunt  une  addition  de  Vincent  de  Beauvais  (•2). 

Le  nombre  d'étapes  n'indique  pas  d'ailleurs  nécessairement 
la  durée  du  voyage,  car  rien  ne  prouve  qu'Ascelin  et  ses  com- 
pagnons ne  se  soient  jamais  arrêtés  en  cours  de  route;  on  verra 
même   bientôt  qu'ils  ont   pu   rester  quelques  jours  à  Tauriz. 


(1)  Co;/il(ins  di'  facili  passar/wm  maris  propler  ineplUudinem  hycmalU  Icmporis 
fuluri  se  passe  amittere  (XXXII,  50). 

(2)  J'admets  que  tous  les  compagnons  d'Ascelin  et  les  envoyés  mongols  vinrent 
ainsi  de  <■  Sitiens  »  à  Acre.  11  y  a  cependant  des  réserves  à  faire  pour  Guicliard- 
de  Crémone,  qui  a  pu  retourner  directement  à  son  couvent  de  Tillis.  Mais  il  est 
possible  aussi  qu'il  soit  descendu  à  Acre;  il  a  en  elïct  passé  cinq  mois  avec 
A.scelin;  or  c'est  là  un  temps  suffisant  pour  aller  de  Tiflis  à  «  Sitiens  »,  séjourner 
deux  mois  à  ■■  Sitiens  »  et  faire  la  route  de  -  Sitiens  »  à  Acre,  même  avec 
quelques  jours  d'arrél  à  Tauriz. 

[132J 


LES    MO.MiOLS    KT    LA    l'APALTl';.  329 

Quoi  qu'il  eu  soit,  et  à  supposer  uiéiiic  qu'ils  fussent  arrivés  à 
Acre  dès  la  fin  de  septembre  1.217,  des  circonstances  que  nous 
ignorons  ont  dû  leur  f;iire  manquer  le  «  passage  »  en  automne 
12  17  :  ils  ne  s'embarquèrent  qu'en  12  18,  et  nous  avons  con-itati- 
que  leur  retour  cet  ('té-là,  en  compagnie  des  envoyés  monguls, 
est  attesté  imlirectement  par  Mathieu  de  Paris  et  par  les  Rcijis- 
trcn  mêmes  d'Innocent  IV  icf.  sifimi,  pp.  73-7  I). 


C'est  l.iien  prolialilemenl  au  cours  de  ieui 
<•    Sitiens  »  à   Acre  qu'Ascelin  et  ses  compagnons  auront 

■ueilli  leurs  informations  sur  Rabban-ata.  On  se  rappelle 
qu.Vndréde  Longjumeau  avait  vu  le  personnage  à  Tauriz  sans 
doute  à  la  fin  de  12  IG  ou  tout  au  début  de  1247,  et  que  le 
moine  nestorien,  qui  lui  avait  dailleuis  remis  une  lettre  de 
-  umission  pour  le  pape,  lui  avait  fait  la  meilleure  impression. 
'  .■'  chapitre  consacré  au  personnage  par  \'incent  de  Beauvais 

■nne  une  tout  autre  note  (,cf.  sujtra,  p.  13)  :  llabban-ata 
V  est  qualifié  d'usurier,  de  devin  et  d'ennemi  de  la  religion.  Il 
résidait  encore  à  Tauriz,  et  c'est  là  que  l'ont  dû  voir  les  Frères 
Prêcheurs  qui  lui  portaient  une  lettre  du  pape,  et  devant  qui  il 
ne  consentit  jamais  à  manger.  La  dernière  phrase  du  chapitre, 
issez  énigmatique.  donnerait  à  penser,  si  je  l'entends  bien,  que 
Rabban-ata  est  mort  pendant  le  séjour  que  les  Dominicains  fai- 
saient dans  la  ville  de  sa  résidence.  .Mais  la  source  de  Vincent 
de  Beauvais  ne  peut  guère  être  ici  que  Simon  de  Saint-Quentin. 
l'esi  donc  bien  la  mission  d'Ascelin  qui  serait  en  cause,  et 
'Ile  aurait  effectivement  passé  par  Tauriz.  Ceci  ne  peut  se  placer 
qu'au  voyage  de  retour,  donc  en  août  12 17,  puisque  la  mission,  à 
l'aller,  était  passée  j)ar  Tiflis.  La  lettre  pontificale  dont  il  s'agit 
ne  peut  guère  être  qu'une  expédition  de  la  lettre  Cum  shnus 
su/ier  du  iô  mars  121.'j,  adressée  au.\  chefs  des  églises  dissi- 
dentes d'Orient;  Rabban-ata  devait  déjà  l'avoir  connue  six  mois 
auparavant  par  la  mission  d'.\ndré  dcr  Longjumeau.  Simon  de 
."~aint-Quentin  parle  de  Rai iban-ata  comme  d'un  humme  auprès 
lie  qui  les  missionnaires  sont  restés  quelque  temps;  ceci  laisse 
supposer  qu'.Ascelin,  désireux  d'aboutir  à  un  résultat  favorable 

fI33j 


330  REVUE    DE    l'orient    CHRÉTIEN. 

avec  Raliban-ata,  a  iaterroinpu  pendant  quelques  jours  le 
voyage  qui  le  ramenait  do  «  Sitiens  »  à  Acre.  Mais  Rabban-ata 
n'était  plus  dans  les  dispositions  où  André  de  Longjumeau 
l'avait  trouvé.  Peut-être  les  affronts  faits  par  Baiju  à  la  mission 
pontificale  l'avaient-ils  refroidi.  Quoi  qu'il  en  soit,  il  parait  être 
mort  à  ce  moment  sans  avoir  rien  accordé  à  Ascelin,  et  le 
dépit  des  missionnaires  se  trahit  dans  le  chapitre  de  Vincent 
de  Beauvais  :  Talis  semper  vixil  talisque  moriens  qualis 
vixerat,  aient  credere  dignum  et  jiistum  est,  ad  infenium 
descendit. 

Il  reste  à   se  demander  à   quel  moment  Rabban-ata   a  puij 
recommander   à  Gûyiik    le  chrétien  syrien   'Isa   (cf.   supraX 
pp.  52-53).  Gïiyûk  a  régné  d'août  1246  à  avril  1218.  Au  cas  oùj 
Rabban-ata  aurait  vécu  au  delà  d'août  1247,  un  voyage  en  Mon- 
golie pourrait  encore  se  placer  entre  cette  date  et  avril  1248. 
Mais  si  Rabban-ata,  qui  était  assurément  déjà  âgé,  est  mort  enj 
août  1247,  comme  d'autre  part  André  de  Longjumeau  a  dû  lej 
voir  à  Tauriz  au  début  de  cette  même  année,  il  faudra  supposer] 
que  Rabban-ata  s'était  rendu  à  Karakorum  pour  l'avènement' 
de  Gtiyûk  (août  1246),  et  que  c'est  alors  qu'il  parla  d"Isa  au 
nouvel  empereur.  Il  serait  revenu  à  Tauriz  de  suite  après.  C'est 
.sans  doute  de  ce  voj'age  qu'il  avait  rapporté  de  pectore  Orieidis, 
sciticet  de  terra  Siri,  le  filiellus  qu'il  pria  André  de  Longju- 
meau de  remettre  au  pape  en  son  nom  (cf.  supra,  p.  11). 


Abel  Rémusat  est,  je  crois,  le  premier  à  avoir  rapporté  le 
texte  des  Chronica  majora  de  Mathieu  de  Paris  sur  les  envoyés 
mongols  de  1248  à  l'arrivée  des  envoyés  de  Baiju.  Mathieu  de 
Paris  dit  que,  dans  l'été  de  1248,  arrivèrent  deux  envoyés 
tartares,  dont  nul  ne  connut  la  mission.  La  lettre  dont  ils 
étaient  porteurs  avait  été  traduite  à  trois  reprises  d'un  langage 
inconnu  dans  un  langage  plus  familier.  Le  pape  eut  de  fré- 
quentes entrevues  secrètes  avec  les  envoyés,  avec  qui  il  conver- 
sait par  plusieurs  interprètes  et  à  qui  il  fit  en  outre  don  de 
vêtements  d'écarlate  et  dliermine.  Il  s'agissait  dans  la  lettre,, 
disait-on,  d'une  guerre  que  les   Mongols  offraient  de   mené: 

ri34j 


I 


LES    MOMiOLS    ET    LA    l'APALTÉ.  331 

contre  N'ataoi-,  enipereiir  y;rer  de  Nicée  et  gendre  de  Frédiiic  II 
.IVnneuii  d'Innocent  IV.  L'/Iisloria  Anglonnii  du  même 
Mathieu  de  Paris,  que  Heniu^at  n'a  pas  connue,  donne  une  note 
un  peu  différente.  Les'fnvoyés  apportaient  l'offre  de  leur  prince 
de  se  l'aire  chrétien  suus  certaines  conditions,  mais,  h>rsquc 
le  pape  voulut  les  amener  à  attaquer  Vatace,  ils  manifestèrent 
leur  réprobation  de  la  haini'  mutuelle  que  se  portaient  les 
chrétiens.  Ici  Mathieu  de  Paris,  hostile  à  Innocent  IV,  laisse 
percer  le  bout  de  l'oreille.  Il  est  évident  que  les  racontars  de 
Mathieu  de  Paris  sur  l'objet  de  la  mission  des  deux  envoyés  et 
sur  les  propositions  que  leur  fit  Innocent  IV  sont  sans  valeur. 
Rémusat  a  dit(i,  127)  qu'on  en  aurait  la  preuve  si  on  retrouvait 
Il  lettre  qu'ils  avaient  apportée;  il  oubliait  que  nous  avions 
cette  lettre  dan.s  \'incent  de  Beauvais  et  que  lui-même  en  avait 
pjirlé  deu.\  pages  plus  haut. 

Qu'Innocent  IV  ait  tenté  de  s'informer  des  choses  mongoles 
auprès  d'.Vi-bàg  et  de  Sàrgis,  dont  l'un  au  moins  était  chrétien, 
rien  de  plus  vraisemblal>le.  Mais  les  envoyés  de  Baiju  n'étaient 
que  des  messagers,  qui  n'avaient  aucun  pouvoir  pour  rien 
négocier  et  encore  moins  pour  rien  conclure.  Tout  ce  que 
I  uvait  faire  Innocent  IV  était  de  leur  remettre  une  réponse 
1  "Ur  leur  maitre;  c'est  ce  qu'il  lit  le  2-2  novembre  12 IS  par  une 
lettre  Viam  agiioscere  verilatis  (Berger,  n"  4682)  adressée  à 
liaiju.  Le  pape  y  dit  que  les  envoyés  lui  ont  expliqué  leur 
message:  il  ajoute  que  lui-même  avait  envoyé  ses  propres 
messagers  par  devoir  de  faire  connaître  à  Baiju  et  aux  nobles 
mongols  la  vérité  de  la  religion;  il  regrette  que  les  Mongols 
1"  rsévèrent  dans  leurs  erreurs  et  les  adjure  de  cesser  enfin 
leurs  massacres,  surtout  parmi  les  chrétiens.  .Vucune  tentative 
lie  relation  nouvelle  n'est  amorcée.  La  mission  d'Ascelin  était 
bien  finie.  Elle  avait  échoué,  en  apparence  sans  lendemain; 
nous  verrons  bientôt  comment  elle  rebondit  avec  saint  Louis  et 
André  de  Longjumeau. 


Passé  1248,  on  ne  sait  rien  de  ce  qu'il  advint  d'Ascelin  et  de 
ses  anciens  compagnons,  et  nous  pourrions  nous  en  tenir  à 

[m] 


332  RIOVUE    DE    L  ORIENT    CHRÉTIEN. 

cette  constatation  s'il  ne  continuait  de  circuler  à  ce  sujet  de^ 
affirmations  singuliùres  qu'on  ne  peut  ruiner  qu'en  montrant 
où  et  comment  elles  sont  nées;  elles  concernent  à  la  fois  la 
mission  de  Plan  Carpin  et  celle  d'Ascelin. 

Rockliill  a  fait  état  d'un  passage  des  addtions  d'Antoine 
Meiissaniis  de  Macro  aux  Annales  de  Wadding  {Annales. 
Minonnn,  m,  207),  selon  lequel  «  on  June  20th,  1248,  Friar 
Benedict  the  Pôle  suffered  martyrdom  for  the  faith,  with 
anotlicr  member  of  his  Order,  called  John  of  Piano  (not  to. 
be  confounded  with  John  of  Pian  de  Carpine),  at  Armaloch  in 
Persia  (1)  ».  Cordier  déclare  de  son  côté  que  Benoît  de  Pologne 
«  fut  martyrisé  le  20 juin  1248à  Al-Maliq  (2)  ».  M.  Uminski  dit 
de  m('me  (p.  28)  :  a  11  existe  une  tradition  que  le  frère 
Benoit,  à  peine  de  retour  de  Mongolie,  se  dirigea  immé- 
dialement  vers  la  Perse,  où  il  mourut  martyr  le  20  juin  12 18.  » 
M.  Kotwicz,  dans  son  compte  rendu  d'Umiiisky,  ne  se  pro- 
nonce pas,  et  signale  (de  seconde  main)  que  VElenchus 
conservé  à  Varsovie  fait  mourir  Benoît  avec  Plan  Carpin  en 
Perse  le  16  mars  12-18.  Naturellement  Almaligii  n'est  pas  en 
Perse,  mais  dans  le  Semiréc'e,  au  Nord-Est  du  Turkestan  russe. 
11  est  d'autre  part  absolument  vain  d'imaginer,  comme  Rockhill, 
un  «  John  of  Piano  »  distinct  de  Jean  du  Plan  Carpin,  et  nous  " 
savons  de  source  sûre  que  Plan  Carpin  ne  retourna  pas  en 
Orient,  mais  mourut  archevêque  d'Antivari  en  1252. 

L'erreur  a  été  surtout  répandue  par  Bzowski.  Déjà,  au  début 
du  wi'  siècle,  le  mélange  des  chapitres  de  Plan  Carpin  et  de 
Simon  de  Saint-(v»uentin  dans  Vincent  de  Beauvais  avait  amené 
Mathieu  de    Miechow  à  citer   sous  le  nom   d'Ascelin  ce  qui 

(1)  nockhill,  Ruhruck,  XXVI-XXVII.  Les  iléiluctions  que  fait  ici  RocUliill  sur 
la  UKinièrc  dont  Guillaume  de  Hubrouck  aurait  connu  la  relation  de  Benoit  de 
Pologne  sont  inutiles.  Dans  un  seul  cas,  Uubiouck  (p.  123)  mentionne 
"  Polycarp  »  (=  Plan  Carpin),  à  propos  d'un  changement  de  costume  auquel 
Plan  Cai-pin  avait  cru  bon  de  se  prêter;  et  Rockliill  dit  qu'on  ne  trouve  mention 
de  ce  changement  de  costume  que  chez  Benoit  de  Pologne,  dont  Rubrouck  a 
donc  du  connaître  le  texte.  Mais  chez  Rubrouck,  le  fait  se  passe  chez  Batu,  au 
lieu  qu'il  est  raconté  pour  Sira-Ordo  chez  Benoît  de  Pologne.  Comme  il  s'agit 
d'un  incident  banal,  qui  a  du  se  produire  plusieurs  fois,  Rubrouck  a  trOs  bien  . 
pu  en  recueillir  l'éclio  sur  place. 

(2j   IHst.  !/i:ii.  de  la  Chine,  n,  393.  De  toute  minière,  «  Al  Maliq  ...est  fautif; 
le  nom  d'Almalïgh  est  formé  de  aima  +  lïy. 

[1361 


I.KS    MiiNiiOLS    I:T    I.A    l'AI-AlTi:.  333 

concernait  la  mission  ilc  IMan  Tarpin,  cl  Maivenda  eu  lirJT,  tout 
en  nommant  par  ailleurs  Plan  Carpin,  continuait,  à  la  suite  tir 
Mathieu  de  Miechow,  à  faire  passer  Ascelin  (au  lieu  de  Flan 
Carpin)  par  l'Allemagne  et  la  Hussie  (cf.  supra,  pp.îri,  !)!>-100.) 
Puis  Bzowski  ari'iva,  qui  brouilla  tout.  Dans  les  Aniiufcs 
ecclesiasfi'i  «pi'il  rédigea  pour  continuer  celles  de  Baronius 
(t.  XIII,  Cologne,  IGKî,  in-fol.,  col.  5l-2-.">  i:?;  légères  variantes 
dans  éd.  de  lG-1,  in-fol.,  col.  OlT-.'ilS),  sous  l'anni-e  lilô, 
n"  XIII,  il  raconte  l'envoi  des  deux  Franciscains  et  celui  des 
Dominicains  Anselme,  Alexandre,  Simon  et  Albert,  et  ajoute: 

Anselnius.  cum  non  contcmnendam  operam  in  doeendis 
^  ittaris  potuisset,  eum  fratie  loaiinc  &  Menedicto  minoritis, 
in  intima  F*ersidispenetrans,&LegationeproChristodefungens, 
duin  idololatras  ab  idolorum  cultu  avertit,  multis  pro  Cliristo 
perlatis  crueiatibus,  vilam  cum  sanguine  proludit  :  duobus 
sociis  illis  martyribus  comitatus,  qui  &  ipsi  Fidem  Christianam 

non^  efl'usu  illustrarunt.  Incertum  est,  quo  anno  triumpharint, 
.-lud  certum,  quod  hoc  anno  in  vivis  esse  desierint  aliqui  viri 
insignes  ex  Online  I>ivi  Doininici.  » 

Outre  sa  continuation  de  Baronius,  Bzowski  avait  laissé  un 
pros  travail  manuscrit  auquel  il  n'avail  pas  mis  la  dernière 
main,  ies  Annales  sacri ordinis  FF.  Pracdicatorion,  en 2  vol., 
dont  Quétif  et  Echard  (ii,  491)  ont  encore  vu  le  manuscrit  au 

iivenl  des  .lacobins  de  la  rue  Saint-Honoré.  .J'ignore  s'il  y 
i.  venait  sur  la  question. 

Knfm  Bzowski  avait  écrit  un  ouvrage  l'ropagoS.  Ilijacinthi 
seu  Historiaprovinciae  Poloniae  ordinis  Praedicalorum,  qui, 
;  à  en  juger  par  Quétif  et  Echard.  ii,  191,  a  été  publié,  mais  dont 
je  n'ai  pas  trouvé  d'exemplaire  à  Paris  (1).  Toutefois  Maivenda 
le  cite  souvent  s^us  le  titre  de  Monumenta  Praedicatorum 
Piiloniae,  etc'esl  làquenous  avons  l'argumentation  dr-  Bzowski 
(p.  G77)  :  «  Abraham  Bzovius  in  monumenlis  Praedicatorum 
Poloniae  annotât  Fr.  Anzelinum,  eiusque  très  socios  fuisse  Polo- 
iios  &  peracta  legatione,  Persidis  intimes  sinus  pénétrantes, 
diim  idolâtras  ab  idolorum  culturaavertint,  cum  sanguine  vitani 

(1)  [M.  Allaner  a  eu  l'ouvrage  à  sa  disposition,  et  le  cite  à  plusieurs  reprises; 
il  donne,  p.  xv,  un  titre  plus  exact  que  celui  de  Quétif  et  Echard;  l'édition  est 
do  Venise,  1606.] 

[137] 


334 


UEVl'E    DE    L  ORIENT    CIIRETIEX. 


profudisse.  Visilur,  inquit,  à  Martino  Barone,  iconi  Clara- 
montanae  B.  Virgiiiis  adscriptus,  cum  ea  nomenclatara 
Beatd.s  Anselmus  Ordinis Praedicatorxun,  &  Fr.  loannes  de^ 
Piano,  et  Benedicius  Ordinis  S-  Francisci,  Nuncii  Aposio/ici 
in  Ferside,  multa  pj'o  Christopassi  :  &  alii  duo  proChristi 
fide  uccisi.  »  Mais  Malvenda  exprime  ses  doutes,  puisque, 
dit-il.  toutes  les  sources  qui  parlent  de  ces  missions,  Vincent 
de  Beauvais,  saint  Antonin  et  autres,  disent  liien  clairement 
que  Franciscains  et  Dominicains  sont  revenus  auprès  du  pape 
au  terme  de  leur  ambassade.  De  même,  dans  l'ancienne 
Année  dominicaine  (juin  [1689|,  1006-1007),  Souèges  repro- 
duit le  texte  relatif  à  la  Vierge  de  Clermont  et  fait  observer 
que  rinscription  n'est  sans  doute  pas  sur  la  peinture,  mais 
sur  les  murs  de  la  chapelle  où  on  aura  peint  plusieurs  bienheu- 
reux ou  serviteurs  de  Dieu;  quant  aux  deux  qui  sont  morts 
pour  la  foi,  il  n'y  a  aucune  raison  d'y  voir  des  compagnons 
d'Ascelin. 

Peut-être  Bzowski  n'est-il  pas  le  premier  à  parler  du  martyre 
d'Ascelin,  et  en  a-t-il  été  question  avant  lui  chez  des  écrivains 
tels  que  Taiggi  dont  il  a  utilisé  le  manuscrit  (1).  Mais  il  est 
bien  clair  que  toute  l'histoire  est  née  d'un  malentendu.  Plan 
Carpin  avait  beaucoup  «  souffert  pour  le  Christ  »  pendant  son 
voyage,  de  même  Ascelin  et  ses  compagnons.  Ascelin  et  ses 
compagnons  s'étaient  en  outre  rendus  en  «  Perse  »  auprès  de 
Baiju,  et  c'est  bien  au  cours  de  ce  premier  ^•oyage  que  Bzowski 

(1)  Ceci  est  vraisemblable,  car  le  P.  André-Marie.  Missions  doiniiiicnines  dans 
l'Exlrême-Oricnl,  186.5,  iii-12,  i,  20-21,  fait  revenir  «Anselme  •>  en  Perse  où  il  est 
massacré,  dit-il,  le  27  juin  1252  d'après  «  Ferdinandus  «,  en  1255  d'.après 
Fontana.  En  ce  qui  concerne  Fontana,  il  y  a  là  une  erreur;  Fontana  place  la 
mission  et  le  martyre  en  12.15,  à  la  suite  de  Bzowski  et  peut-être  aussi  de  Taiggi 
[sur  celte  fausse  date  de  1255,  cf.  aussi  Altaner,  83].  Quant  à  ••  Ferdinandus 
c'est  Ferdinandus  de  Castillo  (llernando  Castillo),  qui  a  publié  en  1584  et  1592 
à  Madiid  les  deux  parties  de  sa  Historia  General  de  Sanlo  Domingo:  je  ne  l'ai 
pas  vue.  .Mais  comme  llernando  Castillo  a  beaucoup  utilise  le  mam.iscrit  de 
Taiggi  (Quélif  et  Echard.  n,  35),  il  est  possible  qu'il  lui  ait  emprunté  l'histoire 
du  martyre,  et  peut-être  la  date.  On  remarquera  que,  tandis  que  la  date  du 
20  juin,  à  la  suite  du  continuateur  de  Wadding  (qui  fait  intervenir,  lui  aussi, 
Martin  Baron),  s'est  transmise  pour  le  prétendu  martyre  de  Plan  Carpin  et  de 
Benoit  de  Pologne,  c'est  celle  du  27  juin  qui  est  restée  traditionnelle  chez  les 
Dominicains,  peut-être  depuis  Taiggi,  et  c'est  encore  sous  le  27  juin  qu'il  est 
question  d'Ascelin  dans  les  deux  recensions  de  VAnne'e  dominicaine, 


[133] 


LES    MOMiOLS    ET    I.A    l'Ar'AtTIC.  :J35 

t!  Fontana  leur  font  subir  le  marlyro.  Brochant  sur  le  tout,  l-s 
deux  missions  ont  »Hé  confondues,  et  le  souvenir  des  mission- 
naires qui,  bien  plus  tard,  périrent  à  Alnialïgh  est  venu  s'y 
iiR'ltr.  Il  n'y  a  rien  à  retenir  des  affirmations  de  Hzowski.  En 
réalité',  Asoelin  disparait  jiour  nous  de  l'histoire  après  son 
rt'tour  de  mission  en  1-2 18.  Une  science  probe  doit  se  résoudre 
h  beaucoup  ignorer. 

{A  suivre.) 

V.     l'KLLIuT. 


[139 


LA.  LÉGATION  EN  ORIENT  DU  FRANCISCAIN 
DOMINIQUE  D'ARAGON  rl245-1247) 


Quelques  semaines  avant  Touverture  du  treizième  concile 
œcuménique,  Innocent  IV,  préoccupé  de  protéger  l'Europe 
contre  une  nouvelle  agression  des  Mongols,  sans  faire  inter- 
venir l'empereur  Frédéric,  son  irréductible  adversaire,  et 
désireux  d'autre  part  de  ramener  à  l'unité  catholique  les 
chrétientés  de  l'ancien  empire  byzantin,  dont  les  discordes: 
avaient  facilité  dans  les  siècles  précédents  le  succès  des  armes 
musulmanes,  envoya  vers  l'Orient,  de  Lyon,  où  il  était  arrivé 
en  décembre  1211,  plusieurs  groupes  de  religieux.  La  plus 
connue  de  ces  missions  est  celle  du  franciscain  Jean  de  Plan 
Carpin  :  grâce  au  récit  qu'il  en  a  laissé,  les  péripéties  de  son 
immense  voyage  à  travers  l'Europe  et  l'Asie  sont  devenues 
fameuses.  Les  aulres  chefs  de  mission  furent  deux  franciscains  :_ 
Laurent  de  Portugal,  dont  M.  Pelliot  a  pu  mettre  en  doute 
le  départ  (1),  et  Dominique  d'Aragon;  enfin  le  doniinicain 
Ascelin,  envoyé  aux  Mongols  de  Perse  qui  partit  seulement 
après  le  concile. 

Ni  Dominique  d'Aragon,  ni  aucun  de  ses  compagnons  ne 
semble  avoir  laissé  de  mémoires.  Le  P.  Golubovich,  dans  sa  M 
Bio-bibliogra/ia  délia  Terra  Scinda  e  deW  Oriente  frances- 
cano  (2),  ne  signale  que  trois  documents  relatifs  à  leur  mis- 
sion, à  savoir  deux  lettres  pontificales  délivrées  au  légat  avant 
son  départ,  et  le  sommaire  d'une  lettre,  qui  lui  fut  remise  avant 
son  retour  en  Occident  par  les  autorités  de  Constantinople. 
C'est  assez  pour  déterminer  les  dates  extrêmes  de  la  légation, 

(1)  Revue  de  VOrlcnt  chrétien,  t.  XXIII  (I9i-,'-1923),  pp.  7-9. 

(2)  T.  I,  Quaracchi,  1906,  p.  90  et  t.  II,  1913,  pp.  3-24  sq.  Le  P.  Golubovich  a 
placé  l'envoi  de  Dominique  à  Constantinople  en  1247  dans  son  reyeslo  cronolo- 
r/ico,  ibid.,  l.  I,  p.  Ki:!,  il  y  a  un  lapsus  évident  :  cette  date  est  celle  du  retour. 

[1] 


I.KGATION    EN   ORIENT   Df    FRANCISCAIN    DOMINHjLi:    h'aUAi.ON.    337 

fin  mars  12li3-avril  l'24T,  trop  peu  pour  on  laisser  Jeviner  le 
développement.  Ayant  retrouvé  aux  Archives  Vaticanes  une 
copie  ancienne  de  la  lettre  de  Constanliuople  et  une  profession 
de  foi  autograiihe  du  catiiolicus  arménien,  qui  fut  remise  à 
Dominique,  il  nous  a  semblé  que  ces  données  nouvelles 
autorisaient  un  essai  historique  sur  l'ensemlde  de  la  mission. 


Sbaralea.  dans  son  liulhirium  Franciscanum  (1),  a  publié 

les  deux  sauf-conduits  écrits  pour  Dominique  dWiagon  les 

10  et  iîl   mars   1245,  en  indiquant  cumine  référence   :   «   ex 

Romano  ïaliulario  Castri  Sancli  Angeli  ».  En  ell'et.  les  indices 

anciens  des    Archives   \'aticanes   en   mentionnent    plusieurs 

l'ios  et  il  y  en  a  davantage  encore  :  on  trouve  d'abord  nos 

u\   documents  dans   le  recueil  des  privilèges   de   l'Eglise 

uiaine  Composé  par  ordre  de  Sixte   IV  sous  la  direction 

d'Urbain  Fieschi  (2).  Dans  la  collection  un  peu  postérieure 

'  ■  Platina  (3)  on  ne  rencontre  plus  que  la  lettre  du  21  mars, 

;iiée  directement  sur  l'original  au  f.  12  (1)  et  d'après  Fieschi 

f.  102(5).  Quant  au  sauf-conduit  du  10  mars,  il  m  existe 

I  ure  une  copie  du  w"  siècle,  d'après  Fieschi  ((»). 

II  y  a  d'ailleurs  mieux  que  des  copies  :  les  uiiginaux,  que  le 


I 


I 


(1)  T.  I.  Rome.  1759,  appendice,  pp.  771  sq. 

(•2)  Arni.  .V.V.VI',  (.  /!',  lî.  9:3'  (olim  Ixxxj')  et  ^40'  (olim  ccclxiij').  Le  titre  flu 
preiiiiore  leltro  est  :   •  Auctoritas  data  l'rairi  Doiuinioo  ordinis  miiiorum  n 
h-  marginale  :  •  pendeliat  plumbum  cum  filis  canapis  •.  La  note  marginale  de 
l:i  seconde  est  :  •   pendebat  bulla    plumbea  ex   chordula  canapis  Inaocentij 

11'-  iiij   •• 

U  On  peut  voir  sur  la  composition  de  ce  recueil  II.  Otto,  Dos  Avignoneser 

■■niar  des  pSpsIlichen  Arehivt  vom  Jahre   1300  uiid  die  l'ruùlcrjU'nscimmlun- 

'  de*  Fieschi  und  des  Platina,  avec  la  Kunkordanz-Tabetl'-  de  F.  Siiim.luaxs 

i:is  QuelUn  und  Forschungen  aus  ilalienischen  Archicen  und  liihHothuken  hrsg. 

n  kij{.  preiissischen  Inslilid  in  liom,  X.  XII  (1909),  pp.  143-15H. 

1)  .1.-1.   Arm.  I-XVIII,  n.   12SS,  f.  |-2  (anc.  xxxii,  titre  :  •  Auctoritas  data 

Ltri  Douiinico  ordinis  niiaorum  •  et  note  marginale  :   •  pendet  his  literis 

iiilla  plumbea  lUis  canapinis  -.  A  la  fin  du   document  :   •  Coll.  per  me  lo. 

(ieronos.  •  • 

(5)  Ibid.,  f.  152;  titre  et  note  comme  dans  Tii^clii. 

(6)  Itiiintmenio  Miscellnnea,  n.  fiSO'.l,  f.  3.  Ce  numéro  est  constitué  par  un  cahier 
ili'  papier  destiné  à  faire  partie  d'un  recueil  .inalopue  à  ceux  de  Fieschi  et  l'Ia- 
liua;  on  y  lit  à  la  première  page  :  •  llae  litere  deficiunt  in  primo  volumin^' 
fol.  19  ubi  dicit  déficit  média  et  sunt  signati  per  bbb.  • 

[21 

ORIENT   CURÉTIEN.  22 


338 


REVUE    DE    L  ORIENT    CHRETIEN. 


bibliolliécaire  Acciaioli  a  mentionnés  dans  son  inventaire  de 
151S  (1)  «  -2  literae  commendatoriae  pro  fratre  Dominico 
ordinis  Minoruni,  cum  plumbo  Innoc.  IV  e  capsula  »,  existent 
encore;  ils  portent  actuellement  les  cotes  AA  Ann.  I-XVIII, 
nn.  20S3  et  20Si. 

La  lettre  du  21  mars  «  XII  kal.  april.  »  est  adressée  à  toutes 
les  autorités  ecclésiastiques,  ad  praelatos  omnes,  comme  il  est 
écrit  au  verso.  C'est  une  véritable  lettre  de  service,  une  aucto- 
ritas,  disent  Fieschi  et  Piatina;  on  y  trouve  le  nom  du  légat 
«  Dominicum  ordinis  Fratrum  Minorum  «,  une  brève  définitioa 
de  sa  mission  :  il  doit  traiter  des  affaires  de  l'Église  <■<  pro  nego- 
tio  generalis  Ecclesie  ac  statu  Fidei  »,  avec  les  infidèles  «  ad 
gentes,  que  Iliesûm  Christum  non  agnoscunt  »  et  les  chrétiens 
séparés  «  ad  substractionis  filios  qui  Sacrosancte  Romane 
Ecclesie  non  oliediunt  ».  Les  pouvoirs  qui  lui  sont  accordés 
sont  aussi  étendus  que  possilile  :  «  ei  noveritis  a  Nobis  esse 
commissum,  ut  ...  possit  auctoritate  Nostra  censuram  exercere,. 
et  resipiscentes  absolvere,  privilégie  seu  indulgentia  cuiquam 
ab  Apostolica  Sede  concessa  in  aliquo  non  obstante  ».  Rien 
n'indique  les  contrées  où  Dominique  devra  se  rendre. 

L'autre  lettre,  en  date  du  10  mars  «  VI  id.  mart.  »,  est 
adressée  au  Maître  et  aux  frères  de  l'Hôpital.  Elle  contient  un 
détail,  absent  de  l'autre  lettre,  qui  pouvait  avoir  son  prix  dans 
cette  société  de  chevaliers;  la  patrie  du  légat  est  nommée  : 
«  Dominicum  de  Aragonia  ordinis  Fratrum  Minoruni  ».  Les. 
puissants  religieux  de  l'ordre  militaire  sont  invités  à  fournir 
au  frère  mendiant  tout  le  secours  matériel  dont  il  pourrait  avoir 
besoin  dans  le  cours  de  sa  mission.  Bien  que  cette  lettre  ne 
contienne  rien  non  plus  sur  les  pays  auxquels  Dominique  est 
destiné,  elle  prouve  qu'il  se  rendait  entre  autres  dans  certaines 
villes  du  Moyen  Orient  oh  dominaient  encore  les  Francs. 

Dominique  avait  sans  doute  reçu  d'autres  lettres  de  recom- 
mandation; on  lit  au  dos  de  la  lettre  pour  les  Hospitaliers  : 
«  In  eodem  modo  magistrq  preceptoribus  et  fratribus  ordinis 
Templi  lerosolimitani  ».  Cette  inscription,  destinée  à  servir 
d'instruction  pour  le  personnel  de  la  chancellerie,  a  été  rayée, 

(1)  MoMi-AUCON,  Bihliotheca  bibiiuthecarum  maiiusrriplorum  nova,  t.  I,  Paris, 
1739,  p.  213. 

[3] 


LÉGATION    EX    OIMENT    UL'    KRANCISCAIN    DOMIMyLK    DAKAHON.    339 

mais  il  est  évidriU  qui-  li'  légat  avait  pour  cliacuii  des  yrands 
ordres  militaires,  qui  avaient  alors  des  étaljlisseinents  dans 
le  liassin  oriental  de  la  Méditeiranée,  des  recommandations 
équivalentes. 

Outre  ces  lettres,  écrites  spécialement  pour  eux,  Hominique 
et  ses  compagnons  reçurent  sans  doute  un  exemplaire  des 
pouvoirs  accordés  en  date  du  21  ou  ii  mars  \2  !.">  aux  mission- 
naires (1)  envoyés,  —  les  termes  de  la  feuille  de  pouvoirs  sont 
l'eux-ménies  des  sauf-conduits,  —  «  ad  gentes  que  Iliesum 
Cliristum  non  agnoscunl  et  ad  suiiversionis  tilios  qui  Sacro- 
saiicte  Homane  Ecclesie  non  obediunt  ».  Us  devaient  aussi 
porter  des  lettres  particulières  aux  princes  et  prélats,  auxquels 
l''  Pape  les  envoyait,  et  une  expédition  de  cette  lettre  générale 
aux  prélats  orientaux,  qu"a  imprimée  Sbaralea  (2)  d'après 
un  original  des  arciiives  du  couvent  d'Ancùne,  Santa  Maria 
leUa  Scala. 


Le  troisième  document  relatif  à  la  mission  du  légat  Domi- 
nique n'a  été  connu  jusqu'ici  que  par  la  citation  d'un  inventaire 
des  Archives  de  l'Église  Romaine  rédigé  en  1300  et  publié  par 
Muratori  (3). 

Littera  in  qua  Philippus  de  Tociato  (sic)  baiulus  Imperii  Romeorum  et 
Egidius  Quitinus  (.çiV)  Gubernatorcs  Civitatis  Constantinopolitaiie  excusa- 
verunt  fratrem  Dominicum  yspanum  de  ordine  miiiorum  ad  dictam  civita- 
tem  per  papam  pro  fide  cathoiica  transmissum  de  longa  mora  ad  supplica- 
tionem  Iraperatricis  et  nobilium  ac  preiatorum  dicte  Civitatis  ibidem  facta. 
Datum  Constantinopoli  Anno  ab  Incaraatione  Domini  m  ce  xlvij  menais 
aprilis  die  iiij'. 

Scliillmann,  dans  sa  table  de  concordance  des  documents 
décrits  dans  l'inventaire  de  1366  avec  les  cotes  actuelles,  a  écrit 


(1)  Sbaralea,  op.  ci/ ,  t.  I,  pp.  'M)  sq. 

(2)  Ibid.,  pp.  362-3&1. 

(3)  Antiquilales  ilalicae,  t.  VI,  Milan,  1742,  col.  101.  .Vous  avons  vérifié  aux 
Archives  Valicanes  sur  le  ras.  d'où  procède  .Muratori,  Arm.  .V.V.VI',  vol.  9,  f.  45' 
et  sar  Arm.  XA'XIII,  vol.  38,  I.  10'.  Les  deux  portent  la  leçon  fautive  Tociato, 
mais  ils  ont  ensuite  QuUinm,  pOur  Quirinus,  que  Muratori  a  édité  Quintua. 

W 


340  REVUE    DE    l'orient    CHRÉTIEN. 

en  face  de  celui-ci  «  verloreu  ».  De  fait,  nous  n'avons  pas 
réussi  jusqu'à  ce  jour  à  retrouver  la  lettre  écrite  par  Philippe 
de  Toucy,  mais  il  en  existe  une  copie  dans  le  registre  ]'at.  62, 
exécuté  en  1356  pour  l'usage  de  la  Curie,  et  contenant  un 
choix  de  lettres  pro  negotiis  Tartaroru)ti{\),  f.  cxxxviij  : 

Nos  Philippus  de  Tociaco  baiulus  Imperii  Romani  et  Nos  Egidiiis  Qui- 
rinus  de  mandato  preclarissimi  domiui  nostri  tune  Venetorum  potestas . 
in  Constantinopoli  et  despota  Imperii  Romani  eiusdemque  Imperii  quarte  j 
partis  et  dimidie  vice  sui  dominator  Notum  facimus  universis  présentes 
literas  inspecturis,  quod  ad  preces  et  instanciam  lllustris  Imperatricis 
Constautinopolitane  et  nostras.  atque  baronum  omnium  urliis  Coiistanti- 
nopolis  et  consiliariorum  nostrorum,  ac  insuper  vicecomitum  iiniversita- 
tum,  que  sunt  in  prefata  urbe,  necnon  etiam  de  concilio  expresso  prela- 
torum  omnium,  qui  tune  temporis  in  civitate  aderant,  videlicet..  vicarii 
venerabilis  palris  ac  domini  X(icolai)  patriarclie  capitulique  Constantinopo- 
litanorum,  et  domini. .  Arcliiepiscopi  Eraclensis,  domini. .  Episcopi  Saliprien- 
sis,  universitatisqueeoclesiarum  Constantiuopolitanaruui,  ac  etiam  quam- 
plurimum  religiosorum,  frater  Dominicus  yspanus  de  ordine  fratrum 
minorum,  a  sanctissimo  pâtre  domino  papa  in  parte  orientis  trausmis- 
sus  pro  négocie  fidei  et  ecclesie  sacrosancte,  remansit  in  urbe  Constanti- 
nopoli, eo  quod  nobis  omnibusque  prefatis  probabiliter  videbatur  recessus 
suus  a  prefata  civitate  tune  temporis  periculosus  atquc  dampnosus,  mora 
vero  neccessaria  et  fructuosa,  et  ad  honorem  sacrosancte  Romane  Eclesie 
et  sîdutem  predicte  civitatis,  cum  Vatatius  inimicus  Dei  et  Ecclesie  Romane 
guerram  nobis  indicens  iniustam,  totique  Imperio  Constantinopolitano 
cominaretur  graviter  obsidionem  urbi  sepe  fatemagno  apparatu  coUecto  ac 
eiusdem  devastationein  totis  nisibus  moliretur.  Ne  itaque  quod  ad  honorem 
fidei  et  ecclesie  ac  necessitatem  Civitatis  Constantinopolitane  et  predicto- 
rum  omnium  concilio  factum  est,  dicti  fratris  negligentie  seu  iuobedtentie 
ascribatur,  présentes  literas  sigillis  nostris  et  dictorum  vicarii  capituli 
Arcliiepiscopi  Episcopi  universitatis  et  Abbatum  sancti  Stephani  et  Ruffi- 
niani  ordinis  Cisterciensis,  et  Abbatis  Almafatanorurn,  et  preceptorum 
hospitalariorum  Templariorum  Teutonicorum  Sancti  Samsonis  in  testi- 
monium  omnium  predictorum  fecimus  roborari.  Actum  Constantinopoli 
in  Pantogratora  Anno  ab  Incarnatione  Domini  nostri  Iliesu  xpi.  m.  ce. 
xlvij  niensis  aprilis  quarto  die  astante  Indictione  quinta. 

Ce  qui  frappe  au  premier  abord  dans  cette  lettre,  c'est  sa 
solennité  :  elle  est  écrite  par  les  deux  premiers  personnages  de 

(1)  On  trouver.a  quelques  indications  sur  ce  registre  dans  notre  édition  de 
la  lettre  U'Abaglia  à  paraître  dans  la  série  Les  Mongols  et  la  popauU-,  inau- 
gurée par  M.  1'.  l'ELuoT  dans  HOC,  t.  XXIII,  (1922-1923),  pp.  3-30. 

151 


I.M.AIloN    KN    OlîlKNT    nr    PHANCISrAIN    DOMINrQIF,   d'ARACON.    311 

Conslantinople  on  l'abscnoc  de  romiioreur,  ot  Ton  a  rouvoqué, 
pour  on  cnrroixirer  les  doclarations,  les  principales  anioritôs 
ecclésiastiques  de  la  ville.  L'inventaire  de  1330,  publié  par  le 
1*.  Denille  (1),  avait  relevé  le  craiid  nombre  des  sceaux  :  «  Item 
quedam  littera  ciiiusdam  Baiuli  Imperatori^  cuni  xii  sigillis 
cereis  sigillata  que  incipit  Nos  Philippus.  »  Il  devait  même  y 
avoir  treize  sceaux,  «l'après  l'énumération  des  signataires  à  la 
fin  de  la  lettre;  quel  dommage.  iHant  donnée  «  Texcessive 
rareté  »  (-2)  des  sceaux  de  l'Orient  laiiii,  que  l'original  ait 
disparu! 

L'n  seul,  on  eflet,  des  sceaux  annoncés  est  connu,  celui  de 
l'iiilippe  de  Toucy  (3),  deuxième  fils  de  Narjeaud  ou  Nariot  de 
Toucy,  qui,  comme  son  père  l'avait  été,  fui  baile  de  l'Empire 
pendant  deux  absences  de  son  souverain,  Baudoin  II,  de  1215 
•i  1218  et  en  12.':.0  (1). 

Le  deuxième  personnage  après  le  baile  était  le  podestat  des 
\'énitiens,  pour  lors  Egidio  ou  Gilles  Quirini,  de  la  famille 
d'ancienne  noblesse  qui  obtint  en  fief,  après  l'expéditiDn  de 
Marino  Sanudo,  les  îles  d'Amorgos  et  de  Stampalia  (ô). 
N'ayant  d'autorité  que  par  délégation  du  doge  et  pour  un 
temps  limité,  le  podestat  a  soin  de  l'indiquer  dans  sa  titula- 
ture  «  de  mandate  preclarissimi  domini  nostri  tune  Venetorum 
potestas  »,  où  «  tune  »  doit  être  pris  dans  le  sens  de  -  pro  tem- 
pore  »,  comme  plus  bas  «  tune  temporis  ».  A  son  titre  d'auto- 
rité vis-à-vis  de  la  communauté  vénitienne,  le  podestat  ajoute 
ceux  que  le  doge  Henri  Dandolo  avait  obtenu  !"!s  (!■■  la  con- 


(1)  Invenlar  der  Reyeslen  vnd  Archifaden  vont  Jahre  1339  dans  Archiv  fiir 
lÀleratur  und  Kirchi'iigeschichle  des  Miltelallers,  l.  II.  I?erlin,  IS70.  |i.  lÔO. 

i2)  Sc'iii  l'vBEK'.Eii,  J^cfaux  ft  bulles  de  VOrii'nt  lalhi  nu  Moyen  nr/e  dans  le 
Musée  Arrhéidoi/iqu'',  t.  II  iISTTi.  p.  3  du  tiratrP  à  part. 

(3)  L.  C.  l'oiET  ii'Arc,  Collection  de  scenur  dans  Archives  de  l'Empire,  Inven- 
ires  et  documenis,  Paris,  18•■^}-l^^^>s.  n.   118:î3;  reproduction  dansG.  Schi-cm- 

rRCEii.  lue.  liiud.,  p.  38  (lu  tirai'o. 

(4)  Plilllppe  rpjoipnit  alors  saint  Louis  en  Terre  sainte,  il  sipna  et  scella  au 
<■  imp  devant  Césaroe  on  juillet  l-'ôl  la  reconnaissance  de  dette  conservée  au.t 
\rchivos  Nationales  J.  iil,  de  mutuis  ullramarinis  n.  13,  J.  de  Larorde, 
l.ai/elles  du  irénor  des  chartes,  t.  III,  dans  Archives  Salionales,  Inventaires  cl 
h'icumenis,  Paris,  1^0,  p.  138  a. 

(o)  Cr.  sur  cette  l>ranche  de  la  famille  Quirini  G.  Scnu'sinERGER,  S'umismatiijue 
'le  rOrieiU  latin,  Paris,  1878,  p.  403. 

16] 


i42  REVUE    DE    l'orient    CHRÉTIEN. 

quête  pour  la  république  patricienne  :  «  despote  de  l'empire 
romain  et  souverain  d'un  quart  et  demi  »  de  cet  empire  au 
nom  du  doge,  «  vice  sui  »,  dans  le  sens  de  «  vice  eius  ». 

Le  patriarche  de  Constantinople,  dont  le  nom  est  indiqué 
seulement  par  son  initiale,  était  alors  Nicolas  de  Plaisance,  de 
la  famille  de  Castro  Arquato.  Depuis  1243  il  était  en  Occident, 
où  le  Souverain  Pontife  l'avait  appelé  pour  prêcher  la  croisade. 
En  son  absence,  l'église  de  Constantinople  était  gouvernée  par 
un  vicaire  dont  nous  ignorons  le  nom  et  la  dignité.  A  son  titre 
de  vicaire  patriarcal  il  ajoutait  celui  de  vicaire  du  chapitre, 
sans  doute  afin  de  respecter  quelque  privilège  établi  à  l'insti- 
gation du  vieux  Dandolo,  qui  avait  eu  soin  de  faire  choisir  à 
Venise  tous  les  premiers  chanoines  et  avait  tenté  de  réserver 
au  clergé  vénitien  l'accès  aux  dignités  de  chanoine  et  de 
patriarche  (1). 

Quoi  qu'il  en  soit,  soucieux  de  s'assurer  l'assentiment  de 
toutes  les  autorités  ecclésiastiques  de  la  ville,  le  baile  et  le 
podestat  font  figurer  ensuite  l'archevêque  d'Héraclée  de 
Thrace  et  l'évêque  de  Silivri,  qui  se  trouvaient  alors  dans  la 
capitale  (2).  Ces  prélats  avaient  quitté  leurs  sièges  sous  la  pres- 
sion des  événements,  et  dès  le  15  octobre  1211,  l'archevêque 
d'Héraclée  s'était  fait  accorder  en  location  par  les  Vénitiens 
l'église  Sainte-Marie  de  Embolo  et  le  monastère  du  Panté- 
poptès  (3);  ils  étaient  presque  les  seuls  suffragants  restant  au 
patriarche  de  Constantinople,  alors  qu'il  avait  eu  sous  sa  juri- 
diction plus  de  trente  évêques  (4). 


(1)  Plusieurs  l'ois  clans  des  documents  pontificaux  relatil's  à  des  questions 
d'administration  on  trouve  réunis  le  patriarche  et  le  chapitre,  p.  ex.  sous 
Honorius  111,  cf.  P.  Phessutti,  Regesla  Honorii  PP.  III,  t.  Il,  Rome,  1895, 
p.  328,  n.  5-136  du  10  avril  122.5.  Cl'.  A.  Belin  et  Aiisène  de  Ghatel,  Histoire  de  la 
latinité  de  Constantinople,  2°  éd.  Paris,  1894,  pp.  67  sq.  citant  G.  L.  F.  Tafel  et 
G.  M.  Thomas,  Vrkunden  zur  alteren  Ilandels  und  Staatsge.schichle  dcr  Repiiblik 
Venedig  ...  t.  Il,  dans  Fontes  rerum  austriacarum,  part.  II,  t.  XIII,  p.  5-15. 

(2)  EuBEL,  Hierarchia  catholica  Mcdii  aevi,  2°  éd.  Munster,  1913,  ne  connaît 
aucun  archoviViue  d'Héraclée  entre  1223  et  1253,  p.  273,  ni  d'évéque  de  Silivri 
entre  1212  et  1293,  p.  431. 

(3)  Belin,  op.  taud.,  p.  77;  cet  archevêque  se  nommait  Benoit,  E.  de  JIi^ralt, 
Essai  de  chromigrophic  byzantine,  \..  11,  .Çaint-Pétersbourg,  1871,  p.  360,  citant 
Tafel,  op.  cit.,  n.  304. 

(4)  Voir  la  déclaration  du  patriarche  au  début  du  concile  de   Lyon    dans 

[71 


LÉGATION    KN    ORIENT    DU    KRANCISfAIN    KoMINKjUi;    UARAf.iON.    313 

Apivs  les  prélats  sériiliers,  vient  dans  le  corps  de  la  lullre 
€t  l'énoncé  lies  signataires  Vunicersilas  ecclesianim,  qui  for- 
mail  une  personne  morale  et  avait  un  sceau,  déjà  citée  dans  un 
ducuiiient  d'Honorius  III  au  1  octolav  1223  sous  le  titre  plu.s 
complet  d'uttiivrsikis  ecclesiarum  francigenarum  (l). 

Les  religieux  sont  mentionnés  ensuite  d'une  façon  collective 
dans  le  corps  de  la  lettre  :  la  plupart  d'entre  eux  avaient  été 
consultés  ou  avaient  opiné  dans  le  même  sens  que  le  clergé 
séculier  et  les  barons.  Comme  signataires  n'apparaissent  que 
trois  abl'és  et  les  supérieurs  des  ordres  hospitaliers.  Ce  sont 
dabord  deux  abbés  cisterciens  :  on  sait  la  part  que  Citeaux 
prit  à  la  quatrième  croisade  et  que  son  abbé,  .Martin,  entra 
dans  la  ville  avec  les  Croisés.  Il  est  possible  qu'il  ait  obtenu 
dès  lors  pour  ses  religieux  un  des  innombrables  monastères 
do  la  ville;  du  moins,  .Manrique  mentionne  qu'en  1203  et  I2U(J 
l.'s  empereurs  Baudoin  I"  et  Henri  proposèrent  à  Innocent  III 
la  création  de  monastères  cisterciens  conmie  un  moyen 
d'intruduire  en  Orient  des  éléments  de  sùro  et  fervente  vie 
religieuse  (2). 

En  1223,  la  colonie  cistercienne  de  Constantinople  comprenait 
deux  abbayes  d'hommes,  Saint-Étienne  et  Saint-Ange,  et  unede 
lenimes,  Sainte-.Marie  de  Perce io {3).  Saint-Étienne  était  instal- 
lée sans  doute  dans  l'ancien  monastère  de  ce  nom  visité  à  la 
lin  du  XII'  siècle  par  le  pèlerin  russe  Antoine,  archevêque  de 
Novgorod  (4).  L'abbé  de  Saint-.\nge.  qui,  au  temps  d'Hono- 
rius III,  est  nommé  plusieurs  fois  en  même  temps  que  l'évéque 
de  Silivri  comme  arbitre  pour  la  solution  de  diverses  affaires 


Miitlhiiei   f'arisiensis  Chronica   Maiora,   cd.   II.  P.  Liard,  vol.  IV,  dans  Rerum 
f.ritannicariim  Medii  aevi  scriplores,  Loudres,  1897,  p.  431. 

il)  Re;jesta  ffonorii  PP.  lll,  t.  11,  p.  165,  n.  1511.  Belin,  op.  laud.,  pp.  63  sq.. 
iê.;ense  31  églises  desservies  par  des  Latins  à  Constantinople  pendant  la  durée 
ilo  l'empire  franco-vénitien,  mais  ajoute  qu'il  y  en  avait  davantage;  Paspati  en 
aurait  dénombré  51,  ibid.,  note. 

i2)  Cislercifn$iiini  ...  .Aniuilium  ...t.  II,  Lyon,  1649,  pp.  -IlOsq.  et'l&4sq. 

f3)  Hegesla  llonorii  PP.  III,  t.  Il,  pp.  174  sq.  nn.  1561  sq.,  lettres  du 
17  nov. 

i)  n.  CaBiiaiiToi!T>,  lIjTeuicuTuic  floBropojcKaro  .\pxiien»CF;ona  .VuToiiin, 
-.iint-Pétersbourç,  ls7i,  p.  150  et  note,  cf.  Riant,  Exxa-iae  sacrnc  Comtantinopo- 
litanae,  t.  Il,  Genève,  1878,  p.  228. 

|8j 


3-14  REVUE    DE    l'orient    CHRÉTIEN. 

d'administration  locale  (1),  n'est  pas  mentionné  ici,  peut- 
être  en  raison  d'une  absence  momentanée,  car  cette  abbayo 
subsistait  encore  en  1257  (2).  L'abbaye  de  Rufmien  n'appar- 
tenait pas  aux  premières  fondations;  c'est  en  1222  seulement 
que  les  religieux  de  Saint-Ange'  furent  invités  à  coloniser 
sur  la  rive  asiatique  du  Bosphore  l'ancien  couvent  grec  tôjv 
'Pouçivr,3:vwv,  dont  les  moines  avaient  été  expulsés  comme 
réfracfaires  à  l'union  (3). 

Le  troisième  ablié  cité  est  celui  des  Amalfitains;  les  mar- 
chands d'Amalfi,  qui  avaient  fondé  à  Jérusalem  l'église 
Sancta  Maria  de  Latina  et  l'hospice  de  Saint-Jean  l'Aumônier, 
d'oîi  était  sorti  l'ordre  de  l'Hôpital,  avaient  aussi  des  établisse- 
ments à  Constantinople,  une  église  de  quartier  sous  le  vocable 
de  saint  André,  et  un  monastère  portant  le  même  nom  que 
celui  de  Jérusalem  Sancta  Maria  de  Latina.  Mais  tandis  que 
le  monastère  hiérosolymitain  avait  été  confié  aux  Bénédictins, 
celui  de  Constantinople  semble  avoir  été  dans  la  dépendance 
du  couvent  que  les  Amalfitains  possédaient  au  Mont  Athos  (4). 

Après  les  abliés  viennent  les  représentants  des  ordres  mili- 
taires, dont  le  titre  de  praeceptores  paraît  insuffisamment 
rendu  par  «  commandeurs  (5)  »  ;  ce  sont  plutôt  les  supérieurs 
des  hospices  locaux  do  l'Hopilal,  du  Temple,  de  l'ordre  Teu- 
tonique  et  de  Sainl-Samson  (G). 


(1)  24  octobre  12-23,  fiegesla...,  t.  II,  p.  160,  n.  1510;  16  novembre  1224,  p.  279, 
n.  5166;  10  avril  1225,  p.  328,  n.      M: 

(2)  Bulle  d'Alexandre  IV,  en  date  du  21  juillet,  Ui.helli,  Ita/ia  Sacra,  t.  Vil, 
Venise,  1721,  p.  223,  Potthast,  n.  16937.  La  jireniière  citation  que  nous  ayons 
rencontrée  est  du  13  avril  1217,  Reijesla  Ilunorii  PP.  III,  t.  I,  Rome,  1888, 
pp.  88  sq.  nn.  502  sq. 

(3)  Rcr/esla  ïïonorii  PP.  III,  t.  II,  pp.  60  sq.,  n.  3914,  cf.  A.  MamiujUE,  Cisler- 
cienshnn...  Annalium....  t.  IV,  pp.  416  sq.,  qui  place  le  fait  eni  1232.  Sur  le 
quartier  dit  «  des  Rufiniennes  »,  cf.  ï.  BulJàvTtoç,  'H  KwvïTavTtvoijitoXtç,  t.  II, 
Athènes,  1862,  pp.  259  sq. 

(A)Sancla  Maria  AmalfUanorum  de  Lai 'ma  est  l'objet  d'une  liuUe  d'Alexandre  IV 
du  26  avril  1256,  Ughelli,  loc.  cil.,  pp.  222  sq.,  Potthast,  n.  16432.  Sur  le  monas- 
tère TÛv  Mo).q)iv(ôv,  dont  le  nom  a  été  corrompu  en  Morphonoit,  voir  p.  ex.  V. 
Langlois,  Le  mont  .Mhos  et  ses  monastères,  Paris,  1867,  p.  8. 

(5)  G/ossarhiiH  mcdiae  cl  infimae  lalinilalls,  (kl.  G.  A.  L.  1Iensciiei.-L.  Faveîe, 
Niort,  t.  VI,  188G,  p.  451. 

(6)  Cet  hospice,  situé  entre  Sainte-.*^ophie  et  Sainte-lrone,  et  que  l'on  disait 
fondé  par  saint  Samson,  patricien  romain  (cf.  ï.  B-jÇâvTioç,  op.  cit.,  t.  I,  Athènes. 

[9] 


LÉGATION    EN    ORIENT   DU   FR.WriSCAIN    DOMINIQUE    D'ARAfiON.    315 

Pourquoi  donc  une  assemblée  de  si  iiauts  personnages  s'était- 
«ile  réunie  au  quartier  i:'énéral  latin,  près  l'église  du  Panto- 
knUor,  en  ce  «luatrième  jour  d'avril  1-217'/  Pour  certifier  qu'en 
retardant  jusqu'à  ce  jour  son  départ  de  Constantinople  frère 
liuniinique  l'Espagnol  n'était  coupable  ni  de  négligence,  ni 
de  désobéissance.  Il  fallait  que  les  ordres  du  Pape  à  son  légat 
eussent  été  bien  pressants  pnur  que  celui-ci,  apn'-s  deuv  ans 
il'absence,  éprouvât  le  besoin  de  se  faire  couvrir  par  un  docu- 
ment aussi  solennel.  Nous  n'avons  pas  pour  en  juger  le  texte 
des  instructions,  peut-être  d'ailleurs  purement  verl)ales.  du  Sou- 
verain Pontife.  Mais  si  Innocent  IV  avait  choisi  des  religieux 
pour  être  ses  tnissi  dominici  en  Orient,  c'est,  semble-t-il, 
parce  qu'il  espérait  de  leur  part  une  oliéissance  plus  parfaite. 
\e  voyons-nous  pas  le  dominicain  Ascelin,  au  camp  de 
Baycu  noyan,  refuser  d'aller  jusque  cliez  le  grand  khan  autre- 
ment que  contraint,  et  ce,  au  péril  de  sa  vie,  parce  que  le 
Pape  lui  avait  donni-  l'ordre  de  remettre  sa  lettre  au  premier 
<hef  mongol  qu'il  rencontrerait  en  Perse,  et  qu'il  ne  voulait 
■  n  aucune  façon  transgresser  l'ordre  reçu  fl). 

Le  pape  devait  être  impatient  de  recevoir  les  comptes  rendus 
de  ses  légats,  et  Dominique  tenait  h  ce  que  son  retard  ne  lui 
soit  point  reproché;  mais  il  n'est  pas  téméraire  de  supposer 
qu'il  voulait  en  outre  faire  expliquer  au  pontife  par  des  témoi- 
gnages autorisés  la  raison  pour  laquelle  il  n'avait  pas  exécuté  la 
dernière  partie  de  sa  mission.  Envoyé  n/l  fi/ios  subvf'rsionis  >jui 
I   Ecclesiae  non  ohedhint,  il  avait  sans  doute  mandat  de  tra- 


1851,  pp.  131  et  51'J  sq.),  était  devenu  le  centre  d'un  ordre  militaire  et  avait 

«l'iutrcs  hospices  sous  sa  di'pendance.  Voir  privilèges  accordi'spar  Innocent  IV, 

I     6  juin  1214,  avec   mention  de  toutes  les  possessions  de  Saint-Sanison  dans 

'     Ueriîer,  Les  ri-gUlres  d'innoceni  IV,X.  I,  Paris,  1884,  p.  1.J4,  n.  730.  Les  titres 

Saint-Samson  se  trouvent  à  Paris,  Archives  .Valiunates,  S.  rjiO'J,  nn.  2.  3. 5.  10. 

1  ;i  hospice  de  cet  ordre,  sis  à  Corinlhe,  fut  puini  à  l'ordre  de  l'Ililpital  en  1310, 

\rchives  </<•  fOrit-nl  lalin.t.  II.  Paris,  I8S1,  p.  KG. 

1)  Vincent.  Bollov.,  S/terulum   inojus,  t.    IV,  liouai,   162-1,   p.    1301   :   ••  Cuni 

minus  mous  nonien  Chaan  non  audierit,  nec  me  ad  ipsum  ire  praecepcrit, 

sed   ad   primuni   qucm   invenire  possem  {éd.    posseti  exercitum   Tartarorum 

miserit,  ad  Chaan  ire  noio,  nec  debeo...  iniuncti  mihi  ol'licii  exsecutiono  siif- 

ficionter  liberatus  ■  et  encore  :  ■  Di.'ïinius  alias  quodex  mandato  nostro  iniuncto 

ad  Chaan  ire  non  teneraur,  et  ligati  quidem  possumus  ac  violenter  illuc  duci, 

sed  spontanei  nec  ibimus,  nec  ducemur.  ■ 

[10] 


346  REVUE    DE    l'orient  CHRÉTIEN. 

vailler  à  laconvorsion  de  l'empereur  byzantin.  Frère  Aymon  de 
Faversham  s'y  était  essayé  en  1-234  par  ordre  de  Grégoire  IX  (  1), 
et  Innocent  IV  ne  portait  pas  moins  d'intérêt  à  cotte  conversion 
que  son  prédécesseur,  comme  en  témoigne  sa  lettre  du  30  jan- 
vier 1247  à  la  reine  de  Hongrie  (i?),  ainsi  que  la  mission 
confiée  deux  ans  plus  tard  au  général  de  l'ordre  franciscain, 
Jean  de  Parme  (3).  Le  pape  devait  en  outre,  au  moment  où 
Dominique  d'Aragon  quittait  Lyon,  être  préoccupé  d'atténuer  par 
le  séjour  d'un  bon  religieu.x  à  la  cour  de  Xicée  le  scandale  qu'y 
avait  produit  l'ex-frère  Élie,  ambassadeur  excommunié  de 
l'impie  Frédéric  II  et  adversaire  de  l'union  avec  Rome  (  1). 

Mais,  tandis  qu'en  1245,  lorsque  le  légat  recevait  les  instruc- 
tions pontificales,  les  hostilités  avaient  été  suspendues  d'un 
commun  accord  entre  Francs  et  Byzantins;  lorsqu'il  parvint  à 
Constantinople  vers  la  fin  de  1246,  la  situation  était  tout  autre. 
L'intrépide  basileus,  Jean  III  Vatatsés,  venait  d'entrer' en  cam- 
pagne et,  au  début  de  1247  il  terminait  la  conquête  de  la 
Thrace  parla  prise  de  Tchorly,  que  lui  abandonnait  sans  combat 
Anseau  de  Caliieu,  baron  franc  devenu  son  gendre.  Jamais  la 
chute  de  Constantinople  n'avait  paru  aussi  imminente  (5).  Dans  ■ 
ces  conditions,  non  seulement  le  légat  n'avait  pu  remplir  la  der- 
nière partie  de  sa  mission,  mais  encore  la  route  du  retour  lui 
avait  été  momentanément  fermée,  recessus  periculosus  atquc 
dampnosiis;  en  quittant  la  capitale  il  se  serait  exposé  à  tomber 
aupou\uir  de  l'ennemi,  au  pouvoir  d'un  allié  de  Frédéric  II! 
D'ailleurs,  Dominique  n'avait  pas  perdu  son  temps  à  Constan- 
tinople, nous  dit-on;  et  l'on  aimerait  à  savoir  quelles  affaires 
spéciales  il  y  avait  traitées,  car  l'administration  courante  du 
diocèse  de  Constantinople  était  si  difficile,  avec  tant  d'établis- 
.sements  de  nationalités  diverses  pourvus  des  privilèges  les  plus 
exorbitants,  et  tous  plus  ou  moins  exempts  de  la  juridiction 
ordinaire,  qu'Innocent  IV  avait  cru,  dès  les  premiers  jours 
de  son  pontificat,  devoir  accorder  au  patriarciie  les  prérogatives 

(1)  GoLUBOvicii,  Biu-bihlioi/riijj/iiii...,  I.  I,  Quaracchi,  1900,  pp.  163-169. 

(2)  Sbaualea,  op.  cil. ,  t.  I,  pp.  446  sq. 

(3)  GoLUBovicH,  op.  laud.,  t.  I,  pp.  219-227. 

(4)  Ibid.,  pp.  114  sq. 

(5)  Du  Canoë,  Uisloire  de  l'empire  de  Conslanlinople  sous  les  empereurs  fran- 
çais, 2°  partie,  Paris,  1657,  p.  133;  cf.  de  Muralt,  op.  laud.,  p.  369. 


LKli.VTION    EN    OIUENT    Df    KRA.NCISCAIX    UOSIIMQLK    D'ARACON.    317 

de  légat  (lu  Saint-Siège  (1).  Tout  au  moins,  Dominique  avait 
aillé  à  maintenir  la  paix  entre  les  éléments  des  diverses  natio- 
nalités, et  de  cola,  l'impiTatrice,  les  gouverneurs,  les  l>aruns 
et  le  clergé  lui  iMaient  reconnaissants,  c'est  ce  qui  ressort  de  la 
lettre. 


Une  des  recommandations  remises  ;\  Dominique  d'Aragon 
était,  comme  on  l'a  vu,  adressée  au  Maître  ot  aux  frères  de 
l'ordre  de  l'Hôpital:  le  P.  Golubovich  en  a  conclu  que  sa  mis- 
sion devait  le  faire  passer  en  Syrie,  puisque  le  centre  des  Hos- 
pitaliers était  alors  à  Saint-Jean  d'Acre  (i).  Toutefois,  la  men- 
tinn  du  -Maître  pourrait  nétre  qu'une  formule  de  chancellerie, 
il  suffit,  pour  expliquer  l'utilité  de  cette  lettre,  que  Domi- 
i!  que  ait  eu  à  rencontrer  un  établissement  quelconque  de  cet 
'Ire:  or   il  s'en  trouvait  un  h  Constantinople.  Mais  il  y  a 

lUtres  raisons  de  penser  que  le  légat  se  rendit  en  Asie.  C'est 
■  1  abord  un  document  arménien  citté  en  1869  par  Edouard 
.  Dulaurier,  à  pmpos  du  vardapet  Vardan  :  «  Le  pape  Inno- 
cent I\  ...  »,  écrit  cet  auteur,  «  envoya  en  Orient  un  légat  n^mmé 
Af^iîuiîio,  [>imanche,  forme  vulirairo  ou  travestie  peut-être 
malicieusement  par  les  Arméniens  du  nom  de  Dominique,  avec 
une  lettre  adressée  au  roi  HiHiouni  I":  ce  prince  et  le  catholi- 
cos  ciinfièrent  à  Vardan,  comme  au  plus  docte  de  leurs  théo- 
logiens, le  soin  d'y  répondre  et  de  la  réfuter  »  (3). 

<"et  écrit  de  Vardan  existe  à  la  Bibliothèque  Nationale  de 
Taris  en  triple  exemplaire  (  li  et  ailleurs  5l.  Le  titre  et  le  début 

I      (1)  Df   C.4.SGE,  op.   taiitl.,  p.  131;   lettre  d'Innocent  IV,   10  juillet  1243,  apud 
•  F    Berger,  op.  lavd.,  t.  I,  p.  3,  n.  8. 
Jl  Op.  cil.,  t.  II,  p.  32^1. 

3;  Hecueil  des  Historiens  des  Croiswles,  limuiiifnis  m  nn mms,  i.  I,  Paris 
1%0.  p.  AZi. 

Il  .Mss.  armén.  i2,  f.  139'-149;  i66,  f.  73^;  311,  f.  167-175'  {anc.  fonds  IJ. 
^  /  -H  1.32).  Cf.  F.  XlArLER,  Catalogue  des  mss.  arméniens  et  géorgiens,  Paris,  1!)08, 
pp.  21  sq.,  89,  1(51  sq. 

(5)  Oxford,   Bil.1.   Kodl.   .Marsh  i67,   f.  i31'-337';   .4rm.  e.    /O,  ffi.  51-54.  Cf. 
~    liAiiONiAN  et  F.  C.  CoNVBEARE,  Catalogue  uf  Ihe  .Armenian   mss.  in   Ihe  Bod- 
■II  Library,  O.Tford,  191     col.  86  et  9<).  Autre  manuscrit  à  Edsmiadzin,  cf , 
mira. 

[12j 


348  REvrE  DE  l'orient  chrétien. 

en  ont  été  traduits  par  l'abbé  Paulin  Martin  dans  la  Berne  des 
Questions  historiques  (1)  en  1873  : 

Lettre  du  catholicos  des  Arméniens,  Constantin,  qu'il  écrivit  au  rni 
Héthoum  dans  la  forteresse  gardée  de  Dieu  de  Hrom-Gia  dans  la  métropoli- 
de  Sis  (2),  en  réponse  à  une  lettre  du  pape  de  Rome  apportée  au  roi 
Héthoum  par  le  légat  Dimanche  (Dominique?)  dans  l'année  695  (nu  12 iCt 
de  Jésus-Chris l).  Cette  lettre  fut  écrite  sur  ces  entrefaites  par  le  fécond 
Vertabied  Vardan. 

«  Saint  roi,  nous  avons  connu,  par  votre  lettre,  votre  désir  que  nous 
fassions  une  réponse  douce  et  convenable  à  la  lettre  du  Pape,  que  son 
envoyé,  le  rusé  Dimanche,  nous  a  apportée,  quand  il  est  venu  nous 
trouver  l'an  1248  de  la  part  de  son  maitre.  » 

Ainsi  que  l'a  observé  l'abbé  Martin,  la  date  donnée  au  début 
du  texte  ne  s'accorde  pas  avec  celle  du  titre,  mais  on  ne  peut 
admettre,  comme  il  le  propose,  que  la  lettre  fut  apportée  en 
1-21G  et  la  réponse  rédigée  deux  ans  plus  tard.  Il  n'y  a  rien  qui 
supporte  semblable  explication  :  les  deux  dates  se  rapportent 
manifestement  au  même  événement.  Il  faut  donc  supposer  une 
erreur;  un  changement  de  t  en  t,  dans  le  titre,  supprimerait 
le  désaccord  en  donnant  1248  partout.  C'est  peut-être  ce  qu'ont 
fait  plusieurs  copistes,  à  en  juger  par  les  descriptions  des 
catalogues  :  Baronian  et  Conybeare  indiquent  en  effet  G47 
Arm.  =  1248  A.  D.  pour  le  ms.  Marsh  kiu  et  ne  signalent 
aucune  différence  pour  le  ms.  Arm.  e  10;  de  même,  M.  Macler 
indique  1248  pour  les  mss.  42  et  311  de  Paris,  sans  rieîf  relever 
de  spécial  pour  le  ms.  166.  Malheureusement,  il  n'est  pas 
douteux  que  la  description  de  M.  Macler  pour  le  ms.  -42  est 
insuffisante;  il  y  a  bien  dans  ce  manuscrit  la  contradiction 
signalée  par  Paulin  Martin,  (iU5  =  1246  A.  D.  dans  le  titre  et' 
1218  dans  le  texte,  ainsi  que  nous  avons  pu  nous  en  rendre 
compte  sur  une  photographie,  et  du  coup  son  témoignage  sur 
les  deux  autres  manuscrits  de  Paris  devient  suspect.  Même 
isolé,  le  Parisinits  arm.  42  mériterait  d'être  suivi,  et  parce 
qu'il  a  conservé  une  difficulté  si  facile  à  supprimer,  et  parce 

(1)  Saint  Pierre,  su  n^min  et  son  marlijre  à  Rome,  loc.  cit.,  t.  XIII,  p.  84. 

(2)  II  faut  traduire  :  «  de  la  forteresse  de  Ilrom-kla,  gardée  de  Dieu,  à  la 
métropolo  do  Sis  ».  le  catholicos  se  trouvant  à  Ilroni-kla  tandis  que  le  roi  était 
à  Sis. 

[13] 


LKOATluN    K.\    ûltlKNT    DU    KRANCISCAIX    UUMIXIQl  T.     DAnAUON.    319 

qu  il  a  été  Copié  en  1271  (1),  tandis  que  les  deu\  autres  luss. 
de  Taris  et  ceux  d'Oxford  sont  des  xviii'  et  xvii"  siècles.  l)'ail- 
leurs,  le  Parisiiuis  arm.  iJ  nVs)  pas  isolé  :  un  manuscrit 
d  Kdsiiiiadzin,  copié  à  Uroui-kla  eu  1292  {2),  porte  aussi  les 
dates  contradictoires  693  ot  1-2 18  (3).  Or  de  deux  dates  diver- 
gentes données  par  un  copiste  arménien,  l'une  selon  son  ère 
nationale,  l'autre  selon  une  ère  étrangère,  c'est  la  première 
qui  a  les  plus  grandes  chances  d'être  exacte  :  on  corrigera 
duuc  au  début  du  texte  ji  =  8  en  ^  =  6  et  on  retiendra  que 
la  visite  du  légat  pontillcal  h  Hrom-Kla  est  de  12  16. 

-Mais,  dira-t-on,  est-il  prouvé  que  ce    «  Dimanche  »  est   le 
!     uciscain  Dominique  d'.Vragon'?  Le  titre  du  traité  de  \ardan 

lait  un  légat  pontifical,  et  l'on  ne  connaît  pas,  pour  les 
....liées  12 1.J-I25U,  d'autre  légat  de  même  nom  pour  l'Orient. 
II  V  a  donc  déjà  de  ce  chef  une  forte  présomption.  Un  autre 

liment  nous  permet  en  outre  d'aflirmer  que  «  Dimanche  » 
eUiii  franciscain,  c'est  la  profession  de  foi  remise  entre  ses 
mains  par  le  catholicos  des  Arméniens  et  dont  voici  le  titre.  : 

/*/irf  '^lULtumni  junuinnuuiunulaLiuh  «^luiiuuinuJuLuin  ultunuauni 
ann  hiUniiLiun  n  lîçïilj  '«n.iunbllll/iuiî/  >fUiinIi  iltli  "uilliu  Oifllîui  l'IinLU- 
atiL.hnh  II  uLtiJi  /uri^uiiiiiiin/iu  I^LlituMlut  innc;n  inlii)utu\ph  un  r^  h 
Ititinnh   inpçnulsnLntunh 

Exposé  de  la  foi  professée  par  l'Église  arménienne,  que 
uuus  a  demandée  notre  Père  apostolique,  le  Pape  de  Rome, 
par  l'intermédiaire  de  son  .sage  légat,  frère  Dimanche,  qui  est 
(Il  l'onlre  des  Frères  Mineurs.  » 


Celte  protossion  do  foi,  que  nous  avons  [intention  de  pulilier 
iiiit'gralement  dans  un  prochain  article,  n'est  pas  datée;  elle 
Il  confirme  donc  pas  absolument  l'observation  que  nous  avons 
faite  ci-dessus  au  sujet  de  la  ilate  où  fut  écrit  le  traité  de 
Vardan.  Mais  si  l'on  considère  la  série  des  lettres  envoyées  à 

Il  F.  .MirLF.H.  C(italof/iie...,  p.  22. 

-    'H'I'ff  P'lP"'J  '  '•'*'''<^  ''•^s  leup^s    ■  (recueil  de   docunieDU   relatifs  à  la 

■  laus   Unjyii^    //'^ujinpfeiuL   ITuiinb^mquipuAi,  l.  V,  Tillis,  1901,  p.  XI. 
■  '■    Ihid-,  p.  503. 


350  REVUE    DE    l'orient    CIIRÉTIEX. 

Innocent  IV'  par  des  princes  arabes  de  Syrie  et  d'Egypte,  en 
1245  et  1-2 IG,  et  que  le  P.  Golubovich  a  déjà  mises  en  relation 
avec  la  mission  de  Dominique  d'Aragon  (1),  on  y  trouvera  un 
nouvel  argument,  qui,  joint  aux  précédents,  donne  sur  ledéve-* 
loppement  de  sa  mission  une  quasi-certitude.  " 

Sept  documents  arabes,  dont  malheureusement  les  origi- 
naux semblent  à  jamais  perdus,  nous  ont  été  conservés  en. 
traduction  latine  dans  les  registres  d'Innocent  IV  (2).  Ce  sont  : 
une  lettre  du  prince  de  Baalbek  écrite  le  21  novembre  643  de 
l'hégire  (=  24  nov.  1245);  une  lettre  et  deux  firmans  du  prince 
de  Homs  datés  respectivement  «  décembre  643  »,  «  10  décembre 
643  »,  «  fin  décembre  »;  une  lettre  du  sultan  de  Damas, 
écrite  le  7  muharram  (=  25  mai  1246);  une  de  l'émir  de 
Kérak,  des  derniers  jours  de  rabi'^  I  644  (=  6-15  août  1246); 
enfin  une  du  sultan  du  Caire,  également  des  derniers  jours 
de  rabi''  I  644,  ou  plutôt  de  rabi'  II,  en  supposant  une 
erreur  de  chiffre  dans  le  texte  latin  actuel  (mi-septembre 
1246). 

Bien  que  dans  ces  documents  il  n'y  ait  aucune  mention  de 
Dominique,  il  faut  reconnaître  qu'ils  s'encadrent  parfaitement 
dans  ce  que  nous  savons  de  sa  légation.  V'oici  donc  la  manière 
dont  nous  proposons  de  reconstituer  son  itinéraire  : 

mars-avril  1245       Séjour  ;i  Lyon;  départ  après  le  25  mars. 

été  1245  Débarquement  en  Syrie,  vraisemblablement  à  Saint- 

Jean  d'Acre. 

novembre  1245        Passage  à  Baalbek,  départ  après  le  24  novembre. 

décembre  1245        Séjour  à  Homs,  départ  à  la  fin  du  mois. 

janvier-avril  1246  Mission  en  Cilicie,  probablement  à  Sis,  où  se  trou- 
vait le  roi.  puis  à  Hrom-kla,  où  le  légat  se  pré- 
sente au  catholicos  d'ordre  du  roi. 

mai  1246  Séjour  à  Damas,  départ  après  le  25  mai. 

1-15  août  1246        Passage  à  Kérak,  sans  doute  après  une  visite  â 

(1)  Op.  laud.,  t.  II,  p.  331. 

(2)  Cf.  Goi.uBOvicn,  op.  laud.,  t.  II,  p.  332-345.  D'après  Matthieu  de  Pari.s,  éd. 
LuARD,  t.  IV,  p.  566,  la  traduction  de  la  lettre  du  sultan  du  Caire  avait  été  faite 
par  un  des  cardinaux;  ce  renseignement  vaut  probablement  aussi  pour  les 
autres.  Quel  était  le  cardinal  connaissant  l'arabe  à  la  cour  d'Innocent  IV?  Ce 
n'était  plus  .Jacques  de  Vitry,  mort  en  1244,  mais  il  pouvait  se  trouver  des 
connaisseurs  de  la  langue  arabe,  soit  parmi  des  prélats  d'origine  espagnole, 
soit  parmi  ceux  qui  avaient  séjourné  en  Orient. 

[15] 


LÉGATION    EX   OfilENT    Dl     FHANCISCAIN    DOMINIQUE   d'aRAGOX.    :^31 

Jérusalem,  où  Dominique  aura  pu  passer  juin  et 
juillet. 

scptembrt-    124<>      Passage  au  Caire,  départ  après  le  1:5  septembre. 

fin  de  1246  Arrivée  à  Constantinople,  après  la  reprise  des  hos- 

tilités par  Vatatsés. 

avril  1217  Départ  de  Constantinople,  après  le  4. 


Nmis  avion.s  arréU'  ici  notre  article  on  avril  l!t-21;mais  les 
conclusion.?  du  P.  Goluhoviclu  au  sujet  des  traductions  latines 
des  lettres  arabes,  sur  lesquelles  nous  nous  sommes 
appuyés,  ont  été  remises  en  question  par  M.  Altaner  dans  un 
récent  ouvraire  sur  les  missions  dominicaines  au  xiii'  siècle  (1), 
et  nous  no  pouvons  passer  cette  discussion  sous  silence. 

Dans  trois  des  sept  documents  arabes  ci-dessus  mentionnés 
il  est  parlé  de  «  fratres  praedicatores  ».  Frères  prrclieurs, 
Dominicains,  ont  compris  Raynaldi  et  M.  Altaner:  Frères 
i.lonnés  à  la  prédication,  riposte  le  P.  Golubovich.  Et  on  effet, 
■  !ans  un  dos  firmans  accompatrnant  la  lettre  de  Homs,  on  lit 
-  de  monachis  et  coteris  ad  meliorationem  christianorum  et 
predioationem  »,  et  dans  le  second  «  de  monachis  pervenien- 
tiKus  fratribus  predicatoribus  ».  Le  parallélisme  de  ces  expres- 
sions est  incontestablement  un  argument  en  faveur  de  l'inter- 
prétation proposée  par  le  P.  Golubovich.  Celui-ci  a  raison,  en 
outre,  de  déclarer  invraisemblable  l'existence,  dans  l'original 
aialio,  d'une  expression  correspondant  textuellement  à  «  fratres 
praedicatores  '>.  Non  seulement,  comme  il  le  fait  observer,  on 
no  trouve  jamais  le  mot  5,»^'  «  frères  »  pour  désigner  des 
religieux,  chez  les  auteurs  musulmans  du  xiii*  siècle,  mais 
encore  il  semble  que  les  chrétiens  orientaux  n'auraient  pas 
employé  une  semblable  expression.  La  traduction  de  la  lettre 
du  patriarche  nestorien,  .Mar  Yahbalhïhà  IIL  au  Souverain 
Pontife,  en   1304,  contient  les  mots  «  frater  lacobus,  ordinis 

predicatorum  ».  L'original  porte  ^_.'ï"     i-    "  Maître  Jacques  », 
.  •       ■■  d  J 

1)    Berthold    .\ltavek.    Die    Dominikanermissionen    des    13.   Jahrhunderts. 
rschungen  Z)ir  Gf'schiclile  der  hirchlichcn     i'nionen   und  der  Mohammadener- 
'  llevdcnmistion  des    .Uiltelallers,   dans   Breslauer    Studien    zur  hislorisc/tcii 
Théologie,  tome  III,  Ilabclschwerdt,  19-24,  pp.  52-58  et  1-28-132. 

ri6] 


352- 


RKVUE    DE   L  ORlEiNT    CIIKETIEX. 


ce  qui  est  tout  différent.  On  pourrait,  il  est  vrai,  répondre  à 
cette  olisei-vat ion  :  si  l'expression  «  fratres  praedicatores  »  a  été 
introduite  par  le  traducteur,  il  est  plus  probable  qu'il  enten- 
dait désigner  les  dominicains  et  il  devait  liien  savoir  si  les 
envoyés  du  Pape  en  Syrie  étaient  des  dominicains! 

Quoi  qu'il  en  soit,  nous  nous  contenterons  d'observer  pour  le 
moment  que  l'expression  controversée  se  trouve  seulement  dans 
les  documents  arabes  écrits  en  Syrie  à  la  fin  de  1213;  elle 
n'apparaît  pas  dans  les  lettres  écrites  à  Damas,  Kérak  et  Le 
Caire,  de  mai  à  septembre  1216. 

Mais  revenons  à  M.  Altaner  :  les  sept  documents  arabes,  et 
cinq  lettres  de  prélats  orientaux  insérées  avec  eux  dans  le 
registre  des  lettres  curiales  de  la  quatrième  année  d'Innocent  IV, 
entre  une  lettre  pontificale  du  6  juin  12 17  et  une  autre  du  17  juin, 
ont  été  rapportées,  nous  dit-il,  par  André  de  Longjumeau. 
Ce  dominicain  est  fort  connu  (1)  :  il  était  à  Constant inople  en 
1239,  à  Chypre  avec  le  roi  saint  Louis  en  1249.  Dans  l'intervalle 
il  avait  voyagé  en  Orient,  on  ne  sait  à  quelle  occasion,  mais 
on  sait  qu'il  avait  rencontré  quelque  part  un  détachement 
de  l'armée  tartnre,  où  il  avait  fait  connaissance  d'un  chef 
militaire. 

Précisément,  Matthieu  de  Paris  a  introduit  dans  le  Libo- 
AddiAamentorum,  qui  forme  le  supplément  de  ses  Chronica 
majora,  une  brève  relation  sur  les  Tartares,  qui  fut  apportée  à 
Lyon  par  un  dominicain  nommé  André  (2).  Matthieu  de  Paris 
ne  situe  pas  exactement  cet  événement.  Après  une  série  de 
lettres  ou  relations  concernant  les  Tartares  de  Hongrie,  il  a 
inséré  dans  cette  partie  de  son  recueil,  qui  procède  d'ailleurs 
sans  aucun  ordre  apparent,  une  pièce  relative  au  châtiment  des 
braconniers,  la  bulle  d'Innocent  IV  pour  la  canonisation  de 
saint  Edmond  de  Cantorbéry,  et  l'oraison  de  ce  saint,  puis  sous 
la  rubrique  «  litterae  terribiles  nimis  »,  suivies  du  dessin  d'un 
fer  de  lance,  un  décret  de  Frédéric  II  menaçant  ceux  qui  obéis- 


(1)  Article  de  A.  Rastoul  dans  le  Dictionnaire  d'ilistoiri'  el  de  Géographie 
ecclesiaslir/u(-s,  t.  11,  col.  1G77-1C81,  que  M.  AHaiier  considère  connue  la  meilleure 
monographie  existante  d'André  de  Longjumeau. 

(2)  Ed.  LuARD,  dans  Hcritm  Britannicarum  medii  aevi  scriptores.  MaUhaei 
Parisiensia  Chronica  majora,  t.  VI.  Londres,  1882,  pp.  113-116. 

[17] 


I 


LÉGATION    EN    ORIENT    DU    KRANCISCAIN    DOMINIQUE    D'AItAOuN.    353 

sent  à  l'oxcomnmnication  fulminée  contre  lui.  Vient  alors,  sans 
aucun  préambule,  le  passage  qui  nous  intéresse  :  «  Preterea 
(rater  Aiulrcas  et  alius  praedicatnr  nuper  veneruni  LuLrilununi  : 
quoniin  unus  uiissus  fuit  elapso  biennio  a  dnminn  Papa  a<i 
repem  Taitarorum...  »M.  Luarii,  le  savant  éditeur  de  Mailhieu, 
a  placé  ce  récit  sous  l'année  1215,  comme  si  le  frère  André 
lait  arrivé  l'année  «lu  coneile;  M.  Altaner  pense  au  euntraire 
[u'il  est  airivi-  seulement  en  1-2  17,  ayant  été  envuyé  en  Orient 
par  le  Pape  au  printemps  de  1-215. 

Plusieurs  missions  de  rrligjeux  mendiants  sont  parties  de 
Lyon  à  ce  moment-là,  nous  l'avons  rappelé  au  début  de  cet 
article.  M.  .Vltaner  a  imaginé  à  ce  sujet  tout  un  système  :  les 
missions  ont  dû  être  au  nombre  de  quatre,  deux  franciscaines 
et  deux  dominicaines;  deux  avaient  surtout  un  but  politique  et 
deux  un  but  religieux;  deux  étaient  destinées  au  grand  klian 
et  deux  au.v  Mongols  de  Perse.  Voilà  qui  est  parfaitement 
-ymétrique!  Les  missions  franciscaines  auraient  donc  eu  pour 
iliels  Jean  de  Plan  Carpin  et  Laurent  de  Portugal,  les  deux 
lorainicaines  le  frère  Anselme  et  André  de  Longjumeau.  Jean 
it  .\nselme  étaient  les  ambassadeurs  du  Pape  aux  souverains 
omporels  ;  Laurent  et  .André,  ses  envoyés  aux  prélats  dissidents, 
lean  et  Laurent  devaient  aller  en  Tartarie  proprement  dite, 
Anselme  et  André  s'arrêter  en  Perse.  .Mais  .M.  Altauer  n'a  pas 
\u  qu'il  y  avait  une  quantité  [»erturbatrice;  il  a  oublié  Domi- 
nique d'Aragon,  qui  était  incontestablement,  —  ses  sauf-con- 
duits le  démontrent,  —  le  chef  d'une  des  missions  de  mars  1245. 
\ndré  de  Longjumeau  était  postulé  <ians  le  système  de 
M.  Altaner  comme  quatrième  terme  d'une  i>roportion,  dont  on 
lonnaissait  les  relations  et  trois  membres;  si  l'on  restitue  sa 
place  à  Dominique  d'Aragon,  tout  l'échafaudage  s'écroule! 

Pourrait-on  accepter  d'ailleurs  le  progranmie  de  voyage  que 
M.  .-Vltaner  impose  à  André  de  Longjumeau 'l'  D"uiie  part,  voici 
les  temps  de  l'itinéraire  parcouru  par  le  frère  .Vndré  d'après 
Matthieu  do  Paris  :  Acre-Antioche,  10  joui-s;  Antiochc^Alep, 
2  jours;  .\lep-Xinive,  16  jours;  de  Ninive  au  camp  tartare, 
17  jcurs.  L'aller  et  retour  est  donc  de  90  jours,  au.xquels 
s'ajoute  un  arrêt  de  20  jours  chez  les  Tartares.  D'autre  part, 
on   se   souvient   des  renseignements  fournis  par  les   lettres 

(18] 

ORIENT   CnRÉTIEN.  23 


35-1  REVUE    DE    l'orient    CHRÉTIEN. 

arabes  :  Baalliek  jusqu'au  -21  novembre  1245,  départ  de  Iloms  à 
la  fin  de  décembre  1245,  séjour  à  Damas  en  mai  1246,  à  Kérak 
dans  la  première  moitié  d'août,  départ  du  Caire  après  le 
13  septembre.  Or  il  faut  loger,  entre  décembre  1245  et  mai 
1246,  90  jours  de  voyage,  —  moins  six  jours  si  Ton  préfère, 
pour  les  étapes  de  Saint-Jean  d'Acre  à  Homs,  —  20  jours 
d'arrêt  chez  les  Tartares,  et  les  cinq  lettres  des  prélats  orien- 
taux. Or  de  fin  décembre  à  la  mi-mai,  il  y  a  135  jours;  com- 
ment placer  dans  ce  laps  de  temps  90  jours  de  caravane,  un 
séjour  de  trois  semaines  et  cinq  arrêts  chez  des  prélats  jacobites 
ou  nestoriens,  de  qui  l'on  veut  obtenir  des  lettres  d'union  au 
pape,  ou  au  moins  de  déférence  envers  lui"?  Il  faut  n'avoir 
jamais  voyagé  en  Orient  pour  supposer  une  pareille  course  au 
clocher!  Et  les  palabres  pour  la  formation  des  caravanes,  et  les 
arrêts  pour  laisser  souffler  les  bêtes,  et  les  visites  de  politesse 
avant  d'en  venir  aux  affaires  sérieuses,  et  les  discussions  entre 
les  prélats  et  leurs  prêtres  sur  l'opportunité  d'écrire  ou  les 
termes  à  employer,  où  les  place-t-on?  Que  voyons-nous 
d'ailleurs  dans  la  partie  de  l'itinéraire  dont  nous  avons  le  détail '^ 
De  Lyon  à  Homs,  sept  ou  huit  mois,  de  Damas  au  Caire,  quatre 
mois,  du  Caire  à  Lyon  huit  mois  et  demi  !  Faudrait-il  avoir  si 
peu  ménagé  son  temps  dans  cette  partie  du  voyage  pour  a\oir 
passé  si  vite  aux  points  importants? 

Le  groupement  des  lettres  provenant  des  princes  arabes  et 
des  prélats  orientaux  dans  le  registre  qui  nous  les  a  conservés 
ne  prouve  d'ailleurs  pas  que  tous  ces  documents  soient  arrivés 
en  curie  au  même  moment,  ni  portés  par  le  même  envoyé.  Si 
même  on  voulait  presser  l'argument  chronologique,  d'André 
parti  du  Caire  en  septembre  1246,  ou  de  Dominique  quittant 
Constantinople  au  début  d'avril  1247,  n'est-ce  pas  ce  dernier 
qui  a  dû  arriver  à  Lyon  au  début  de  juin  1247"? 

Gardons-nous  d'affirmer  plus  que  nous  ne  savons;  il  est 
possible  que  les  lettres  des  princes  arabes  aient  été  rapportées 
par  Dominique;  il  se  peut  aussi  qu'il  ait  apporté  seulement  le 
groupe  de  1246,  Damas,  Kérak,  Le  Caire;  par  contre  il  paraît 
impossible  qu'André  de  Longjumeau  ait  rapporté  tout  ensemble 
les  sept  documents  arabes  et  les  cinq  lettres  des  prélats  orien- 
taux. Son  voyage,  que  nous  ne  nions  pas,  devra  être  recons- 

[191 


LÉGATION-    EX    OklKNT    lU     l'UAXCISCAl.V    UO.MINIQIK    d'aKAmiN.    355 

litiiè  autrement  que  no  l'a  fait  M.  Altaner.  Avec  ou  sans  les 
lettres  arabes,  la  mission  du  franciscain  Dominique  d'Ara^'-on 
reste  définie  sans  ambaaes.  du  printemps  1-2  ITi  au  printemps 
1-2  17,  avec  deux  stations  principales  en  petite  Arménie  et  à 
Constantinople. 

Eugène  TissERAXT. 
Rome,  25  mai  I9'2ô. 


[20 


LES  INSCRIPTIONS  ARMENIENNES  D'ANI 

DE  BAGNAIR  ET  DE  MARMACHÈN 

(Suite.) 


75 

ANI.  —  Dans  une  des  niches  du  porche  de  l'église  des  saints 
Apôtres  (le  n°  2  de  notre  Plan)  : 

I.  tz.^ 

2.  la/''^. 

4.  ni'MJbh6V.ihiM>:biii"hnhm'Sr 

5.  imr'hui'bhi'irbih-i'nhlHj 

6.  <hnh'rn'hh'h]''hbïjin»hi<}-v,rb'mni 

7.  SbXbrhÔhhdlWV'lVhlMlhh 
9.  hhh^llUnih'bMnVHiHIhO 

10.  n3inn'Ui,ivtiMhiwiU8iiU2 

I I .  ŒbW'k'Pn-PI'l'iyiV'f-l'fJ H'Lbl 

12.    'LEÔ'hSPh: 

Transcription  :  t^ijinJi^îi  : 

OIinn^/iLλ  "uinni-Ani,  /i  infennLfltriuu  niuiiiup/iii,  /tl  inin.iupUnnnnL- 
piiuiU  inljii  Utunault,  fei.  /i  iîfei/ipnLHfeiu/i  'PiujuniunnliItU ,  bu 
U  liinMiun  buiniiliniunu  iSnilfe/içiTfi,  n  niiiuuiuîiç  jiune//i  uii-ni.nnu 
piuiiAiiip  '/•//'l-/""]'/t/'  i/iiiûiuilÎ/  /i  thnnnnlç  :  ['''/]  uiiu  fp/'" 
^iii/iiuii_iu/i  /ijiti,    /3C^]  lîtA,  pi^  ili  nnn,  nui  nui  ah  li    J[t]niut]}<  ini^n  i^  : 

Traduction  :  «  (Au  nom)  de  l'il-khan. 

[931 


LKS    INSCRIPTIONS   AUMKNIENNES    l)'.\NI.  357 

»  Par  la  grâce  de  Dieu,  suus  le  gouvernement  de  celte  ville, 
sous  la  supériorité  de  dom  Sarguis,  et  aous  l'autorité  du  niélik 
Pliakliradin,  m<>\  l'évéque  Mkliitliar,  originaire  de  Téglier, 
à  cause  du  trerableraent  de  terre  qui  eut  lieu  ces  jouis-ci,  nous 
avuns  supprimé  le  commerce  du  dima[nclhe,  dans  la  rue. 
l 'elui  quij  s'oppose  à  cet  écrit,  grand  ou  petit,  est  chargé  des 
1'  é|chés  de  cette  ville.  » 

Lii^ne  :J  :  la  forme  mL^mi-P^LL  est  à  noter.  —  7  :  iS't»(/.Yit,'j/' 

Sans  date;  mais  elle  a  dû  être  écrite  en  1276  de  notre  ère. 

76 

ANI.  —  Sur  une  pierre  provenant  des  décombres  qui  se 
trouvent  du  coté  méridional  de  la  Cathédrale  le  n"  1  de  notre 
l'ian)  : 

i .  ii-i'>iii>i>'i>...<ri,iii'Li'h't.vJn 

■2.   Ihini'.l'lll'flh'V.ff- 

;!.   [///-'(W;/'i>('./']r.'////-/«/"y./7'7[///'] 

4.   .  .  .  Slir'hh'H'h'Hia'IKf} 

5.  .  .  .  hv.hniisni'b'f.  .  .  . 
G. hilïïiir.i'iin.i' 

7.  VihlIVil'.SI'.l'h'hlI'UMI 

s.  a'.hvii'i' Il ni'iMim'. uh'hV. 

10.  .  .   MlV.Si'.riVhhh  .  . 

11.  L:.imiihvn\srii'hh'i,  .... 

12 

TranSiription  :  [/•  ^nt^iii  ....  ^hn^i'^ltài  r.uunii.Anj,  Lu"]  V-^nm 
/uiiiifrL"<-<',     "*-      tuiiLJtuliu      liLn       /'/i/"lL"/'J     ...in,    nri/i/i       /'ii/iiiiiLnn(J, 

...fiiiiLii    tuiiiL    ou fi    iinLnii    lliu/i/"n/iL'lÇ''J    :    'liuiniupLli    iiiuiuu- 

Liiii-Jfiffp  iinnui^  nuilLhtunt  luun    h    lit]  tntuiAjIt  p    iiittiiniuntuti,  Ci.  ..* 

L'jn'JJ'"-"  luiuuinnhhh : 

Traduction  :  «     En  ...,  parla  grâce  de  Dieu,  moi]  Arous- 


358  REVUiî  DK  l'cuuExNt  chrétien. 

khat[ûun  et]    son    [fi]ls  Grig[or],...   fils  [de]  Gngo[r|,...  j'ai 
donné...  à  la  sainte  Cathédr[ale] ;  les  servit[eu]rs  de  celle-ci 
diront  chaque  année  quatre  messes,  pendant  les  fêtesde.. 
[pour  là  me]  de  [notre]  maître » 

Ligne  II  :  miutnpnl  ^=  «  patron,  maître  »,  qui,  dans  l'ins- 
cription n"  74,  1.  4,  est  devenu  u^uifinL.  Voir  pour  ces  mots 
le  n"  68  ainsi  que  le  n"  56. 

L'inscription  est  très  détériorée,  de  sorte  que  la  date  est 
illisible,  mais  elle  est  probablement  écrite  en  1280  de  notre 
ère. 

77 

ANL  —  Sur  le  mur  intérieur  de  la  saci'istie  de  gauche  de 
l'église  Saint-Jean,  située  sur  les  rochers  de  Qiz-qalé  (le  n"  9  de 
notre  Plan)  ;  écriture  tracée  à  l'aide  d'un  couteau  : 

'2.  aniiinunuknu  nùhpiun  uui  Juiuwi^iun  ipnutinpp  n  Àbn  uii 
nunuiLpu   nn    nu  i.\an  ihjh  ("M'   nnnniînLhf/i 

Transcription  :    A''./[.L    Ql'h    ■.   %u..j(J)u,ji?t.ji.^  ijtf'(/»)/,|3.«p,  : 

unLW  auiiiiuj^ur/i,  iji^uunnp    n   adii    unLnii  iiuniuLlaUf  nn    3*nnuinnu  t\ha 
i/ijç  (""-P    nnnpùnuPnLU    : 

Traduction  :  «  En  733.  Souvenez-vous  dans  vos  saintes 
prières  du  grand  pécheur  Mkhithar,  le  faux  sonneur,  alin  que 
le  Christ  se  souvienne  de  ^■ou3  dans  sa  miséricorde.  » 

Ligne  2  :  jiuiijiuji?t;j  pour  ^mijJiuiîfc/j^.  irjipuif,  pour  ÎTjulipiiip. 

JuiSiu^^uip  pour  f/iiiiîui^ii/n.  (/'2''"'l/'£  pour  (/i^fci't^/ip.   im-n  pOUr  i/ilii. 

La  date  733  de  l'ère  arménienne  correspond  à  l'année  1284 
de  notre  ère. 

78 

ANL  —  Sur  le  mur  extérieur  de  la  Cathédrale  (le  n"  1  de 
notre  Plan),  au-dessus  de  la  porte  septentrionale  : 

[951 


LES    IXSCRIf'TlOXS    ARMKNIEXXES    u'aM.  X»9 

;j.  i>jiiV''nru/iuX'i'ifh'd\si\rhiu>bsiihi:hm'.NirjihU''h 

VX'JV.U-h'hiil'I'H'.UM 

\.  ^f'^iuiiijn'in''hnin,hhi'i'.u'(;'hi'.!n,i(i'yjn.iihiH;Vjr 

l'l.l'ff-lin'i.brilh'l,...bhl>r,l»hUin 

G.  yiiuH\ua\rhi\hivh'hbhi\isuru\iii\i'nrm,Lv.snhnh 
'h  irbii'i'iihi'.riyh  n  i\  wb'i.  lun.  v.  //■/■;  /-v,  'jd 

7.  i\hr'n\sa\rr.fin['hiih'i.uU'ri'U'iiiii-i\hiJ-i>[:r'H;H-i: 
hirbm'.nnf'hr.u'h'i'iH'nh'i.iuihini'i'ir.in 

s.  .'^"./<,s*{•./'''.[,"/>r./"^/'/•'^•/i//f/7/f':^."^^•/.'/rJ/'^r.^■r.^/;/,y 
i\'hV.irb'ij\iurbriir,'^i\rsn'ii\'i.b'iM!'Oi\sb'i.Fh:\ 

9.  irbh'N'iiUiiii'r-:.i\nsi\sin'Vn\u-%i\bnVhi'%iinïï] 

Tianscri|ition  :  [/''"nt/iL  ii/.//.  LtuSuiLh  (îuuinLÀrfi,  Lu'  /.'n-nptîi, 
<Niffri.(fff  l*if(nnt.onf ,  nnn/i  htmljan  Ll  kfnnJt  On^httn,  iiiijffiti./i/fLnfiff 
f  I  «uinriLiifO  ai.  /i  tttiOtuininn.  utiLpu  Ifiifkfnnpfffiiitf  ,J  nrr/'  {.liinn^uiui 
/,/>,  OL  LuitnuinLnji,  LintiL.  nuouji  n  uiii  npu  aiultAuinhu  .À/ih/iii>)iuJljpli, 
iMiLinn  i)/f|j  luUuf  ht-P  luiiLliuiiu  fUiOnnni.HJnfiii)f*,  nn  ç  uuptX  n  ...  bnnli 
<^  nnniiihiutJ,  ijnn  r/ii^  *^llllllil  iiipiiLttitinit  ^/i/iLn/i,  Ll  llfi'jiiii  /^/l  fipf/pu 
/i  wmLofefinLU  ...  :  I/l  /ii/iiLiinJn  unniii  'iLiunlnuLiiiiiu,  Ll  iuii 
liiiiuiutuLnnpu,  '^lumni.anh  i)Ln  i/iii/uiiinçu  iiuilLuujiu  uiil/i  •Ç/iuu]  uiLn 
iijiuutLuJn<i'/>i  lUiunLU  ^uii-f»  /"'"l  /'iiii.t;/i  :  '«/in,  ''/"/^  /'  ilLomii  np 
/iiiii)  /i  t/inpiiLUii,  niùna  liiijuj  lUiLiniuniuLili  uiuiuiliiAjpu  ilLii  •^uiliLi 
Ijittd  jiitiÊiituuLi  Ctuhtuif  uLiiiiin  uLnnn  uitiininniuitih  Lniiitji  ttmnLhIthj 
ùLop.  p"Ul  "pC  <ÇiuuuiujuinLU    uiiii'îLl/    iiii.p'^hpu    iLaiiuinLOni  :J 

Traduction  :  «  [En  735,  par  la  volonté  de  Dieu,  moi  Ruben, 
serviteur  de  Dieu,  fils  de  David  et  petit-fils  de  llolian,  j'ai  eu 
recours  à  Dieu  et  à  la  glorieuse  sainte  Cathédrali-,]  ce  qui 
[éiail  rnon  intention,  etque  j'ai  accompli;  je  lui  ai  donné  comme 
présent,  aciietéo  de  mes  deniers,  mon  huilerjie,  [une  meule^ 
en^tière  en  pleine  prospérité;  elle  est  près  de  la  maison  (?)  de 

[96; 


360  REVUE    DE    l'orient    CHRÉTIEN. 

TigranJ  (et)[jerai  (re)  construite  avec  mes  ressources  légitimes, 
après  l'avoir  achetée  aux  petits-fils...  Le  maitrje  de  cet  édifice, 
S[arkavag,  ainsi  que  les  autres  serviteurs,  nous  ont  assuré,  en 
récompense,  cinq]  jours  de  messes  annuelles,  au  nom  de  mon' 
père  David.  Maintenant,  quiconque  des  grands  ou  des  petits, 
des  miens  ou]  des  étraDger[s,  tenterait  de  soustraire  mon 
œuvre  on  tenterait  d'y  mettre  obstacle,  soit  coupable  devant]  le 
grand  [tribunal  de  nos  péchés;]  maiFs  que  ceux  qui  l'observent, 
soient  bénis  de  Dieu].  » 

Ligne    1     :     P.n^n^l^'l   pour    fl-m-pj^îr.     %iii[Pli    pour     'huiL^^i.    — 

2    :    liiupnijjiliiu^u   pour   /jm^nij/i/j^^ii .    G     :    ^/iî</{   pOUr     4/>^'!J.  — 

7   :   uiiinntunuin   pOUr  ni  ai  m  tu  niu  a.  8    :   hiuiaitihbi  pOUr  jutuihiuuhi. 

Cette  inscription  est  presque  complètement  mutilée;  il  n'en 
reste  que  les  commencements  de  quelques  lignes.  L'alinéa  est 
de  moi.  Ma  restitution  est  faite  d'après  Sarguissian  {Topo- 
grapliies,  p.  119)  et  d'après  Djalaliantz  {Voijage  en  Arménie 
Majeure,  t.  11,  p.  G). 

La  date  735  de  l'ère  arménienne  correspond  à  l'année  1286 
de  notre  ère. 

79 

ANl.  —  Sur  le  mur  extérieur  de  l'église  de  Saint-Sauveur 
(le  n"  C)  de  notre  Plan),  côté  Sud-Ouest  : 

1 .  h-hid-iihuiobu u'H'i'tui'ur'hhr.hriMinhnn'i' 

hhur'  n  mrt,  vm'  h  /•!>  iihh  r-urh 

3.  5m,v.c'/iî'j,/'/yj//'(7Kf,frfj/'5ia'ji!'jti.s7i/«'i.«/';r.a'./.a 
r'hbvji'ir 

nrwbv. 

5 .  irH'i'Hir nbh '<fi.nt,iw j-unnr, im nu i\h tw une iwr un 

,S7/ /■('{/.■ 

6.  'msnrm-  =  n  =  ur-Wh'b 

Transcription  :  îr.  /•  /Jhl^iÎ.  iih,  feu'  fT/n/ipiuji,  n^ij^i  (îtjHumj^ï 


LES    INSCRIPTIONS    AIUIKMENNES    d'aM.  361 

nnn/i  (Ni')  ^{nLun  II  jiuiuinLiiLUtj,  |  J/iii/iiiiiîiLniiii  /i  |  lliiLnn  h'^iiiliiÊ  Lu 
h  lliiLiin  (.i){<liiiii^ijili/i«ii,  Ll  /■''/'/>  mti'liniutiiti'lilui  /•£.  n/iLLn/i  iiiiiîr/iiu- 
LuimoLbii,  h  yiifuii  iMpfjti|iii)lin  /iiînn  :  //nn  Hi7iiifii)iiili^n  /i  Àiiiib/iii 
unniii,  iiiiiiiiiit^p  (C  «içii  l.uuinLiuA,  niinniUnii  II  liililihunuÊi  Ll  ftîinniiin 
lii/ifiii  H  :  lliiiiiitiiuLnn  unpiu  iiii  iliiiuinLl  u)fii^  uiiiiuiiiiniiin  l.  (/i  intiiuiih) 
unLnu     l'nluinnhh  : 

Tratliiction  :  «  En  7  |iX  moi  Mkliitliar,  fils  dr  Zoiis  des 
issalouqs,  de  Cliiraz  (?),  (je  me  suis  associé)  à  ce  Saint-Signe 
it  à  ce  Très  Saint-Sauveur;  j'ni  apport»'-  des  cloches  et  j'ai 
onstruit  ce  cloclier,  do  mes  ressources  légitimes.  Nous  qui 
;vous  réjouissez  de  leurs  voix,  dites  :  Seigneur  Dieu,  aie  pitié 
de  Mkliitliar  et  de  ses  parents!  —  Le  serviteur  de  ce  Saint- 
Sauveur  dira  une  messe  (à  la  lete)  de  Saint-Grigor.  » 

Ligne  1  :  Je  ne  sais  pas  ce  que  signifie  la  première  lettre 
soulignée.  «ît/»"*"g/»  veut  dire,  peut-être,  (7^puiijij/i  =  «  origi- 
,.  ginaire  de  Chiraz  ».  —  15  :  ijuiLijui/i-ujÎj/iu  pour  nuihauiLu .  atuL- 

LtulitutnniM      pour        nuiuiiuiiiuiinni.u.      4  niiixinàmuçp    pOUr 

iinLiiinàuiuiii^n  .  5  :    uiuinnLnt^  pOUr  uiumnLuaç . 

La  date  7 10  de  l'ère  arménienne  correspond  à  l'amiée  1291 
de  notre  ère. 

80 

ANI.  —  .Sur  une  pierre  provenant  de  l'église  de  la  Sainte-Mère 
de  Dieu  (le  n"  8  de  notre  Plan),  près  de  l'acropole  : 

I.  ^^  :  l'K- 

■2.  /;///'.'(MS7/f<//[//].S'[///-/'] 

:}.  lÏÏ''(\h'l\h-h'hll 

4.  'hhr.l'h  ^hUf'hbi.  .  .  . 

5.  'U'Mh-hUinh  .... 

G.  //7'V/: i'h.   . 

7. 

Transcription  :  f^m-hi  21"!;.   Lu    IMuinlm,  Ctlu'C'"-  />]  flnup^ 

[981 


362 


REVUK    DE    I.  ORIENT    CIIRETIKX. 


Traduction  :  «  En  717,  moi  Anton  [j'ai]  (;l[onné]  à  cette 
Sainte-Mère  de  Dieu » 

La  date  717  de  l'ère  arménienne  correspond  à  l'année  1298 
de  Jésus-Christ. 

81 

ANI.  —  A  l'intérieur  du  porelie  de  l'église  des  Saints-Apôtres 
(le  n"  -2  de  noire  Plan),  sur  une  colonne  : 

1.  bUin-b 

2.  IM.iI\r 

3.  .fi. 

h .  (rbiinp'KhV.dbuiVKNihuiJnni'N'h 

5.  n^h]>i'i-iin-'i>wb\rii3'hmi'nphnshbMhom,i' 

i.susbnibhH'Usi'U'i'V'i^iiObLâi'Gnst^nriihrH.bi'n 

8.  'hn\Wiri'UUPJ'4Vhhiii'f'b'S,bLbU  ■■  '1- ■  ^^r'lKbl'^l^^ 

9.  HbrUlWijbVhn^llM<lbbhnrbhUlSnhl<>-bb'iMWm, 

12.    PJIUH'l>'fdVUMWhbl'i-tnf^(i^^WllPM-U''i'l'bh{H'V. 

13.  nhusbf'nrii3hrd]snh}iirbrUwsi\sin'V'im.-nhp 

14.  an iri/hVMMf-VM'i.v.s 

15.  .'?/.•«■ 

16.  'i-rM 

Transcription  :  /.•^r^iuî.f/.J,)  :  /''■.//.ï.  iiîrF  : 

Tlinp'^liLli  fîiimni_Ân^,  feu'  lîijpnLijt"  (^).  "["j/'  ''LiKÎit/'  f»"). 
PnnJi  JfeÂiunL  .î^iupiiin/mii/i  (Z^),  fefe/i  ^l'ï'^,  4/""'^'"^""'-  'miiSÏ'J'"^/' 
(r").  uifeuiiii  npuiniiinu  iiiiipiuuiuiijfeuii  fei-  /ii/iuin  /i  f^çji  iTIjiiii^ti,  ij/i 
^utui    ^iiiri/i   l^n  h  ilbniui  iinitiS,    nn    /i    iiliauiublj  ^l^p    fei^fei.    feu      /'  V"f'/ 

[99] 


l.KS    INSCRIPTIONS    AnMKXlEXXKS    d'aM.  .'163 

/i  i//iii  /iiiiiiiii,  i/iiiuu  iLtiliiiin  /iLLnuiLni.ULii<(i  lii  iKpLii'iiiii'iiïff/ii/L 
LiiiiiiiniiL  /iiînij'  iiui'^Ujui'^li  (h)  (Li.  uinnn]  Ll  /iiI,  fci.  i/uiiili  ^lU 
Liii/uLLiiiii  iiLiiLiiSiii'LIti  •Çuiuiun  A^nn/i  iiLu/iIiI/  «|uiii(iujnu,  iilinil/iii 
yKiîiiii^itî'i    '/">/"/'/'^    <ii;iiyii/iii   :   («pt  "i*     (/"^   ""/'IÇ  //'   f  Pt  '"1/ 

nLiiuttin     fi/f   fi(/i^iiJUiiu/iii  illifr  .^fifiiinifiinriLii  fiJiff^/7,  uiLn<fhn  nttulitituiiitn 

Traduction  :  «  i^Au  nom  de  r)il-klian.  En  702. 

»  Par  la  grâce  de  Dieu,  moi  Aghbougha  ;,II),  fils  d'Ivaué  (II), 

iriière-)  petit-lils  du  grand  Zaciiaria  (il),  je  suis  venu  à  Aiii, 

ar  l'ordre  de  Clialincliah  (11);  je  vis  que  la  ville  était  devenue 

pauvre   et  souffrait  d'une   blessure  profonde,  car  on    l'avait 

hargée  d'impôts,  comme  jamais  elle  n'en  avait  été  depuis  le 

■  mmeiiceiiient.  Moi,  pour  la  longévité  et  la  santé  de  mes  frères 

Chalinchah  (II),  (etc.)  et   pour  la  mienne,  ainsi  que  pour  le 

tombeau   de  mes  ancêtres,  j'ai  supprimé  3  impôts  :  celui  du 

millième  de  bœufs,  celui  du  dénombrement  des  vaches  et  celui 

des  bergeries  de  moutons.  Si  quelqu'un  de  ma  nation  ou  de 

toute  autre  observe  notre  mémoire,  (qu'il)  soit  béni  du  \'erbe- 

Dieu  Tout-Puissant.  ^  .losué  (?)  l'écrivain.  » 

Ligne  II  :  su"i'f(>t(tî'  p'-'ur  «ÇmJjiL^tî'.  —  1^  :  ""u^'"^  est 
probablement  pour  uiqj^^wftli,  qui  ne  se  trouve  pas  dans  les 

dictionnaires  arméniens,  le  mot  étant  composé  du  turc  J-i'  = 
«  bergerie  »  et  de  l'arménien  s'u'c^  =  «  impôt  ». 

Le  style  décadent  de  cette  inscription  est  ;'i  noter. 

La  date  Tô-2  de  l'ère  arménienne  correspond  à  l'année  1303 
de  notre  ère. 


82 


AM.  —  A  l'intérieur,  au-ilessus  de  la  porte  droite  de  la 
sacristie  de  l'église  de  Saint-Jean,  située  à  Qiz-qalé  (le  n"  9  de 
notre  Plan)  : 


I  .      ntl    linnttltuhuiui   p 
'2,     ui^iulfuifp  usniu^bu  n 
3.    ADn  <Abn  iiiaïui 


[100] 


364  REVLE    DE    l'oRIEXT    CHRÉTIEN". 

4.  />î»   tup]   /ij/iiu«Ii/ii.Hau»   HniinL 

5.  /(?/i  pl/nn'Çfcn^n    /iï(À   iiiil/JhiIiiilL  ùhnuiL 
O,     "/»  ptii'^uihiunni  Lnpj  «m  ixirn   nn 

7.     nnubuijn    :    laii  <CTti   :  puinnn   •  l'  ' 

Transcription  :  /'i/  uniiuiiuhkuii  pui^uihuiip,  iuntu<bS  oado,  <xfen 
uiumiiLitiOiumii  [unLnp]  /ii/uuiïfni_0tuiiîp<n'  /(Jnnni_/<î/ii.î(  nî/nn<Ç/.nf;p 
hh<\,  tinuauibniAi  oknuiLnn  pui^iuliuji/iu,  ["nj  («uinnLUio  ACn  nniin- 
Jfcug/,    =  /^.//.L  2?}"5,  ^«..jny   /'  : 

Traduction  :  «  Je  vous  prie,  ô  saints  prêtres,  avec  votre 
[saint]  pouvoir  divin  faites-moi  grâce,  à  moi  prêtre  pécheur  à 
faux  nom  et  que  Dieu  aie  pitié  de  vous!  En  756,  qaghotz  20.  » 

Ligne    1    l   untîiiinihhuii  pOUT   upixtuuhbuji .  4  1  ji^juuihnt-Phiitunm 

pour  /ifl/uuiunLWfciuiîuii .   5    :    i>iiLfJiiiTiiii.L   pour  unLinuiî/m-î/ . 

La  date  75G  de  l'ère  arménienne  correspond  à  l'année  1307 
de  notre  ère. 

83 

ANI.  —  Sur  le  mur  extérieur  de  l'église  de  Saint-Grégoire 
rilluminateur  (len"  4  de  notre  Plan),  côté  oriental  : 

1.  M..2M<f-. 

2.  nt'Hvmn'hu irhrimMiv.inr 

5.  bN'irb'IM-rU'lWilllIGlMilhhlWlIlir 

6.  "ivj'ii'hii'ijir U'bnr.himvh-Ni irunhrbs 

7.  '/.lI'/./'tî/'t-"/r.(î,S\S7'7-/'(iW>///'/7.-/7it-/'f//. 

8.  M.mw'-//.  nhhiim,sN'nhi<HfhPiviSba-r 

9.  nhhsf'bijrbf'^i\f'bhr,nsnhi'i-bnw 

10.  ll'hfillUVUt'  (sic)  bhhllMVi/h!it''hbhhrb%S 

1 1 .  iu''hnh^mi'v.rhbh^lTnrbrui'Hihvo]'G 
11.  i\si\hrbri\r-9jjihriibht,V'iisnsbnnf^ 

13.  (iHbni-f'h-NJ 

[101] 


noc. 


Figure  11    \i.  —  lascriptiuu  N   83.  Vuîr  page  3H\. 


i.F.s  INSCRIPTIONS  aR.mkmenxes  d'ani.  365 

Transcription  :  /^.//.î,  U\r^^  -. 

(  •hfiuiiiiun/i  luiWin  iiiiiiiiiiiuiiuii  (iiw^iuiifiu'^n  (l'j  U  anLuiiiLaïunjJ 
I  m-ninLriço,  Il  iuLlt;u,  Ll  pu  /i^iiiui/i/iii  r'çli/i,  Ll  nj  tnnr^n  U  tupLini, 
^iiiiii  aiuilu  nn  ijiiiffin/i  nnnnilLnitii,  lultiilipu  i)Lii  f^nLin ,  7"") 
i!Hin/-niiiMi/i  iS/iiiiiiiiIi  v^nLii  ijii  pLpLi  p  ijiiilinii .  iii_  /i  (iiii/i/i/iiiiilH|.Iiç 
fuujni/iLi  f;"n  iil  litnpLi .  ')up  i/iiiiiu  itipuL^ttiinni  LlLuiti  ttptipint  (iiit- 
^iiiojl  lU")  1/1  l/'l  Ll  r*nLiiiLnnJil»,  cl  /ifiLLii  nnnnLii  ,\iiipiiipp  [  h)  Di. 
Jitiiiu  uLp  *^tiiinLii  WMiiiinuiu  pkpuip  iiO'iLnu  (ïl  >^iiiiiiniiiifilinuin  : 
îtp^Lnr^p  p  'l*pptiinnu  : 

Traduction  :  «  En  759,  moi  Mathé,][mlziiinavbarth-ouklioutzès 

lie  l'ataliek   aniir  sparnlar  Ciiahncliah  (II),  et  ma  coinpa.^ne 

Tliéni,  ainsi  qne  mon  frère  Markos,  lorsque  lo baron  eut  la  bonté 

■  lo  nous  donner  ce  couvent,  où  autrefois  le  pieux  Tigran  avait 

mené  de  l'eau,  celte  eau  avait  changé  de  direction,  par  suite 

'ibandon.  et  elle  était  coupée.  Nous,  pour  la  longévité  du 

1  Chalincli  ah],  de  Khouandzé  et  de  leur  fils  Zacliaria(I\'), 

et  en  souvenir  de  notre  àrae,  nous  avons  amené  l'eau  et  lavons 

lixée.  Souvenez-vous  (de  nousl  prés  du  Christ.  » 

Lignes  3- 1  :  Shfil^hiuLfiuipP  ni.^ni.^i^u  est  un  titre  géorgien 
-i-nifiant  «  chef  des  secrétaires  »,  géorgien  Odo^Gts^ôùôSm 
;')QQjbo.  —  4  :  Ijl^hiu^l^j^i^  pour  /^LLiu^»^:  —  5  :  tij^p  pour 
/-<yîiu(p,  comme  le  peuple  prononce  aujourdiiui  :  uii^Jçp.  — 
<■>  et  9-10  :  miupnîi  <.  baron  »  dont  j'ai  déjà  parlé  au  n"  56.  — 
(■)  :  l;plin  pour  iphin,  feui,  donc  le  fe  initial  se  prononçait  ti 
C'imme  je  l'ai  déjà  fait  remarquer  dans  le  n°  9.  —  7  :  pupt- 

ttpujtn       pour       piunciuiujin .      —      8  jumninLi       pOUI'     /iiiuruinci, 

pitujuinbiui . 

La  date  1T^'^  de  l'ère  arménienne  correspond  à  l'année  1310 
de  notre  ère.  —  Figure  n"  12. 


84 

ANI.  —  Sur  le  mur  inti'rieur  de  la  sacristie  de  gauche,  dans 
l'église  de  Saint-Jean,  située  à  Qiz-qalc  (le  n"  9  de  notre  Plan); 
•  riture  tracée  à  l'aide  d'un  couteau  : 

u  <tib  uuipapu 

1102] 


366  REVLE    DE    l'orient    CIIRÉTIEX. 

Transcription  :  f^'nLJi'L  Qhb  -.  Uiuptiltu  -. 
Traduction  :  «  En  765.  Sarguis.  » 
La  claie  765  de  l'ère  arménienne  correspond  à  l'année  1316  ■ 
de  notre  ère. 

85 

ANI.  —  Sur  une  pierre  tombale  enchâssée  dans  le  mur 
intérieur  du  porche  de  l'église  des  Saints-Apôtres  (le  n"  2  de 
notre  Plan),  côté  méridional  : 

1.  awuhsivm'b ] 

2.  [Ul"',9-/'/7.SWKA'9-/0//['9]lî.S'r.[1,fr'//'.] 

3.  Lhrn-bXbôNikhmj 

4.  yfiv.U'f-nviPiMinhi 

5.  iirumiii'Si'. 

6.  l'H^ahl  :  HIHbSnhH'in 

Transcription  :  [K^u  t  «"'""/■"î' ^wlufium  Wiu£iij^]u 

[ui]imniu[lifet/i.   i^n    qbnbiihli    IxL.    nuijutiuip .    piii/inn    ;fen[nLj     nnyuip 
lu/iin/i  :   l'''i//iïr  j'/^*  i/in/uCtniui.    n  'l'nnumnuj  : 

Traduction  :  [«  Ci-git...  le  jeune  Sarguis,  qui  était  beau  et 
ailmable,  à  la  parole  très  douce.  Il  a  ren|du  l'âme  au  Christ,]  en 
767.» 

Restitution  d'après  Djalaliantz  {Voyage  en  Arménie  Ma- 
jeure, t.  II,  p.  12)  et  d'après  Alishan  {Chirak,  p.  61). 

La  date  767  de  l'ère  arménienne  correspond  à  l'année  1318 
de  notre  èi"e. 

86 

ANI.  —  Sur  le  mur  extérieur  de  la  Cathédrale  (le  n"  I  de  notre 
Plan),  côté  septentrional  ;  écriture  tracée  à  l'aide  d'un  couteau  : 

1 ,     luiUniAi   lui    uiiii    US  ii/in  i^ 
2..     Utunn(iu\Uuii   ni-ùkLnu  npn 

3.  ni_u   /iiii/3nn/it(f^)/iîi  AiiifLiiii  fciî 

4.  Pî  iJ''C  Au-n-m^fcg/.  {}) 


[103] 


l.ICS    IXSCRII'TIONS    ARMÉNIENNES    d'aM.  3G7 

Transcription  :   <)u<îiiii.li    (.iiui(ii.(Ni>i,  miu  Aiî  u/in  ^    'L"'i"i\'"\- 

OlIlfLllllLu/l    l  .'  1 

Traiiuctiun  :  «  Au  nom  de  Dieu.  C'est  niun  écriture,  à  moi 
\artl;ui,  lils  d' Ouraeli.  Je  suis  serviteur  de  la  Cathédrale.  .F'y  ai 
servi  (?)en  7G8.  » 

La  ilate  768  «le  l'ère  arménienne  correspond  à  l'année  1319 
df  notre  ère. 

87 

.\NI.  —  Sur  le  mur  intérieur  du  purche  de  l'église  des  .Saints- 
Apotres  (le  n"  2  de  notre  Plan),  au-dessous  de  l'arcade  conti- 
nue à  la  porte  de  l'église  : 

I .  M, 

■1.  2'llà- 

:i.  ll'UII'Ullhl<fr''hl'Mhlll''llhlVh'h<{hllUllh'hi'.'i 

...  hhSI'Sirilhl<>Fhin;mf'ib1'U'hlibhl\r,l>'V.ril>lir.l'khh 
U'ii 
(,    hiu\inihiii'Vhiiirv.niihusr(;u,U'(;n'hh'hUU,:,h'nh 

hlVi, 

hi'i'ir 
s.  ///"^/'//sr.7W'./'^^«^^r.•^•w'fl{'..sYV/'^/•"j,://'^/;fr^'/'/''///^ 
\).  M'hhb'U'-v.rnh irnnuhr h v.r '///•J/^r.^//^/'^/•^^ '», ,  wbr 

Kl.   •M\nj\NII'HlVhhl-fliri\i<hhU'ill'Ufl'll(n.hhUh('.VXII 

i     II.    bUyhbhit'hn'UVhhl%Wb\rhbh!l<l>IH''llhlirhh!iirbr 
V.hVX'hU 

il.  M\4'l\^blMyi'li(iH-U\0U''(,1'H\lMJ'l\!ihiilUrSl\ii 
hhtU 


[101] 


I 


368  REVUE    DE    l'orient    CHRÉTIEN. 

13.    VhllSI'ih'IV.SVMlf'SI'dV.SU'lW'blVil'Obh'i'bWhG 
hhliUUfilVU' 
i\.    hrHihbh^ljnini''hiilUlhlMhV:blAn\hV'lil'bhSl\2ih 

1.^.  <i>M-i\hiu'bW;%vx4\nniyhiwnhi<in'iMhUbi>brif 

1(5.    nr-iil,iwsnsiihvm:,b^mhiYbn'U wbr u'h'uu-hhu 
lis 

niHVhi'ii 

18.  ^VinfhlViWid\^PJW'ni'n-JfP.nWI-V'bh!^M^b^lW} 

F'V.rN]bhn%(irwnhi'hhi):,iwsnsbnv.hi'3nirhrvjii>i'ib 

19.  ilVJHn,U'"ll''l.  «î«H/»'/.7/'/'2 

Transcription    :      /'^"i^iîi    ilhl'^.     nrinpSni.pbniSpii      llimi/iiLÂn^,    hu" 
/"nLiiilinnçuiiinLiiiiili/in    iiih/iiiuuiu     (/iti'ÇLnui'Ç/i     ('■),     un    iiiiiui)    iiiu/i    fei 
iiiii/uiun^ç   fejL  iniiinoiTi_/J/i(i_Jli  ofeo  lnjki.  u/jii  te  iiii/uiun^/iu  imitîLtii/in,  , 
£f(i       uiùnLuhh     ïiLn/'"'f    ii]nLouin       (rtuu^ntnnu      (ftii^jiui      hjiLiuhhh    ti_ 
luiiiiinL    [/"nn/iflHi^Çn/iî»,    Hnn-Ir   (sic !)    ht-uiiil^    (G)     ii(i3iijpiii/i/jîi,    Ll  jiS  ' 
nnnjtti       "lunuiiinui     (  p),    luiniupu    uiuiinnnu/iîr   ^naiiili   i/iiiuiil/JcuiTi  Ll 
bniLiuna    punn     ibpLiun    lf/îIfnufuni.f0/iLl  u)^     uan    ^uiÊnbhhn    nuinuinu    n 
iL<un  janniup  bL  qunijhnnili  bL  n/ifluiunLU  ii*Jujupnbiç}/,  fci_  nnnJiiuannh,  , 
ofeo/i    fei.     ntbnpni.   :    l/n    Iïl    ijùbn    uiLuiunu   juiuiniuhbi  (tiuliiiii,' /i/ç  <^iui 
wultf    Lutu     'inuinlif     Inuu     ^ut^litif     ^iiili       nniuin      bu     tittiumiuiuinuin 
lliuinnLOni.  uuiuuui/inn   cl  ah'^bbiuLpa  uaiiniiiuli  bnltup.    bt.  '/niuii/:fi 
lipnLi    CL     uihpàuicf  ipilh,    cl    Oiuùpuh     p    ifiuutnLiuÀ  i/iiiin.iuLniiiî/iu)i  ( 
ihbntiinttipuiah    iiiunit.jJnil     bt.     ubi-bpbu     ilihp ,    /'"'/    Ti^    '^lUUiniuinnLii 
luiti'^bh     nuit-iuliiiu     Sbp     unuvcîL    />     Liumuipuio    iti2luiup'^p,     lULpÇiipu  <^ 
imilijlimiiiiii^/i    l.iiuiiiLOni    :    "/'P    (S'c)    iiiiti  iiuiîi/iii    ^iuLiiiiliuL  Lblttui 

L"'li''     "/'"/Ç"    o/fLiiifi    CL   ii'juj(i)feji    :    Hiii    liiiin/iu  tL  n»iiJiiiînL/()/iLUU  | 
yiiiiinuiiiituiiiL     /i     iiiiSlipuili]nL.pbui'b    lutunni     l./iiu/iTi     :    'Iujiilii 

Traduction  :  «   En  769,  par  la  miséricorde  de   Dieu,  moi 
Kliouandzé,  épouse  de  l'atabelc  Chahncliali  (II)  qui  trépassa  ean 

[105] 


l.ES    INSCRIPTIONS   AR.MKN'IENSKS    liAM.  369 

cette  aoûcc,  et  causa  à  nous  et  à  notre  pays  d'orient  uiio  jurande 
aftliclion,  moi,  sa  feninn-,  fille  do  Cliauicliadin  Sahip-Divan  et 
d<'  la  Liaroune  [Khorichalr,  (arritTe-)  petite-fille  de  l'aUibek 
'■  Mir  (I),  ainsi  que  mon  fils  Zacharia  (I\),  pour  le  salut  de 
me  du  maitre  ot  pour  la  longévité  île  mes  fn-res,  nous  avons 
loncé  dans  notre  ville  patrimoniale  d'Ani  au  droit  sur  le 
dénombrement   des  vaches   et    des    iïnes,  ainsi    que  sur  de 
'' l'.inds  et  de  petits  permis  d'entrées.  Quiconque  tenterait  de 
•ttre  obstîicle  à  nos  dispositions,  qu'il  soit  Arménien,  Géor- 
'a  ou  Mongol,  qu'il   soit  jugé  et  condamné  de  Dieu,  qu'il 
:tage  le  sort  de  Satan  et  qu'il  soit  son  cu-liabilant  de  la 
henné;  que  le  Géorgien  soit  excomuiunir-  et  maudit;  le  Mon- 
1  soit  couvert  de  honte  et  coupable  devant  les  prophètes 
irifics  en  Dieu;  mais  que  ceux  qui  observent  nos  disposi- 
ns  jusqu'à  la  fin  du   monde,  soient  bénis  du  Dieu  Tout- 
lissant.  Que  celui  qui  s'y  oppose  soit  frappé  d'anatlième 
mmo  .hidas  et  comme  Gain.  Ces  faveurs  et   cette  charité 
iront  établies  sous  le  gouvernement  du  baron  Lip.  —  Ttough 
l'écrivain.  » 
Ligne  7  :  pnn.ii  :=  «  petite-fille  *  du  texte  doit  être  corrigé  : 
inl  =  «  arrière  petite-fiUe  »,  car  Khouaiidzé  est  la  fille  de  la 
;    tite-fiUe    d'Ivané.  u^iu^nL    est    sûrement  pour   i^iupuL-nL^^i 
-  «    la   baronne    »,    eomme    nous  avons  vu   au  n"  66.  — 
b  :  jiuntupu  pour  iiuniuiju.  ii^iiiuipnli    =  «    patron,  maitre    »; 
voir    pour    ce    mot    le    n"    56.    —    10  :    les    formes    vul- 
gaires /ini/Limiîi  et  ^Miufini-L  Si  'ut  à  noter  pour  /^«i^hlij  et  /"jn'-ij  ; 
aussi  1.  17  :  vulgairement  puuïi  ^=  «  chose  ».  —  I-2-1.S  :  ^ml- 
■tuoifi  je  ne  tpnuve  pas  dans  les  dictionnaires;  si  ce  n'est  pas  un 
verbe  «ÇiuÎkjuhii^^  pour  ^luJijmm^^,  ayant  f)Our  signification  »  être 
jugé  ensemble  »,  c'est  alors  uu  mot  composi'    d'un  pronom 
démonstratif  de  ^uil,  pour  «ujL,  qui  signifie  «  celui-là  »,  et  d'un 
verbe  /jiuut/i£  ^=  «  être  jugé  ».  —  1 1  :  ^p"»-[,  je  ne  trouve  pas  ce 
mot  dans  les  dictionnaires  arméniens;  c'est  le  mot  géorgien 
^gjroo  =^  «  excommunié  ».  —  iô  -.  ijtLq^iupuip,  je  ne  trouve  pas 
non  plus  dans  les  dictionnaires  arméniens;  i  est  le  mot  j^ersan 
==  u  prophète  ».  —  17  :  n^g  pour  «p.  —  18  :  llujiu  pour 


IWCl 

ORIEM  cnHÉnEN.  24 


370  REVUE    DE    l'orient    CIIRÉTIEX. 

unLtiui  .    '/ui/iU  pour   '/JIJIÇU  .  imo/inu»nt.fc7feiuîi  pOUI'  lUiShnuiinLBlituLi 

—  19  :  ii^injinîr  =  «  bciron  »  ;  V.  à  ce  sujet  le  n°  56. 

La  date  769  de  l'ère  arménienne  correspond  à  l'année  132(j 
de  notre  ère. 

88 

ANI.  —  Sur  le  mur  extérieur  des  enceintes,  cùté  occidental  ^ 
contiguë  à  la  porte  d'Érivan,  conduisant  au  pont,  près  du 
couvent  de  Békhentz  (le  n"  23  de  notre  Plan)  : 

I.  /'^•i.  Uh 
■2.  I<f- 

:].  îrf.nrtPhkhinjir ïriihiH^'iMkiJimr'hhim 

5 .  'hiwtmnwi,  irhMjhH'Nif'hlji  ivh  h  nus 
G.  km'msrii'hFi, u'hriir,iv^'i.{;nî,hbhmi\ 

7.  SllhPmhVMWi.mi'V.nMlhbhblf-nnS 

« .  'biinmbP 'j lit' 'i bVhiVbiih¥bhm:iim 

9.  8]'n\mhm»mi\Xh'u9M,bîbXMb 

10.  mwb'biV\\MViMt,nusmnh'b 

II.  '^n^nvrnhrt, 

12.  'bh'i.sm 

Transcription  :  l'^'il^'u  il'il^.  ^Îm^-Ç^L  tt  nijnjiiJni_ptiinîpJ/  Uu- 

innLOni,  tu  Unintinu  (Tnihua  iituanuinu,  wnnp  nliiiOni-  lunani  UnLnn 
rpliqnnni  nniuali  lî/ï*  fei-  ilinpn,  JuiuU  ^iiiîr/inuuifeuiu  unuinnnuhli 
ùnnni  (iiu^li^iii^h  (•")»  "•-  luuuinLiuAiuinnLn  niuLiu/iiunii  ^lupuinhu/i/i 
(  r)  CL  tniimnn  linpiti  lapLiun  iituiiuiuni-h/tiiili  :  bph  "fi  qih2uiuiiuLu 
luiuiputhl^f  unnilLiiit  Ln/iii/i  luiubuuitiiiiit^h  VtuumL^ni.  ^uiuuiuttnnt-h 
luui^niin"  lULp'^ïilib  lUuuinLdni  : 

Traduction  :  «  En  769,  par  la  grâce  et  la  miséricorde  de 
Dieu,  moi,  le  douanier  Sarguis  Tzilentz,  j'ai  al»andonné  le  petit 
et  le  grand  impôt  de  Saint-Grigor  d'Ardjo-aritcli  pour  le  repos 
de  notre  maître  Chahnchah  (II),  et  pour  la  longévité  de  ses  fils, 

[107] 


LUS    IXSCmiTlU.NS    AUMli.MKNNES    u'a.M.  ;j71 

doniU'S  par  Itieu,  Zacliaria  (IV)  ot  ses  frères.  .Si  quelqu'un  luct 
(ibslaclo  à  mon  souvenir,  (qu'il)  suit  maudit  du  Dieu  Tuut- 
Puissant;  ceux  qui  l'observent  sont  bénis  de  Dieu.  » 

Ligne  2  :  pmc/^iiup,  je  ne  trouve  pas  ce  mot  dans  les  diction- 
naires arméniens;  c'est  le  mot  persan  j'-j'j  qui  sit;nilie  «  doua- 
nier ».   .)-G   '.    <)iuu/iiiuuit.iiiL  pour   «jiutiiuuiLiuu.    G  :  uitutnnnh 

"  patron,  maître  »  ;  V.  le  n  '  56.  —  S  :  jt^i/^mp  I^LlmmlinLpLiu'ii 
pour  ('<c'/"<f  /jtîiijiiiîrnLp^iiJ»  =  '■  iii  salutem  ■.  t/iJt  pour  /.^ti 
dont  j'ai  déjà  parle  au  n"  9. 

La  date  769  de  l'ère  arménienne  correspond  à  l'année  1320 
de  notre  ère. 

(.1  suivre.) 

K.  J.  Basmadji.vx. 


1081 


L'ÉGLISE  DE  SAINT-MARC  A  ALEXANDRIE^ 

CONSTRUITE  PAR  LE  PATRIARCHE  JEAN  DE  SAMANOUD 


L'iiistoire  des  églises  dédiées  à  saint  Marc  dans  la  métropole 
de  l'Egypte  demeure  encore  pour  nous,  jusqu'à  ce  jour,  remplie 
d'incertitudes  autant  que  d'imprécisions.  Une  foule  de  détails 
concernant  les  constructeurs  de  ces  édifices,  leur  chronologie, 
leur  topographie,  persistent  inconnus.  Pour  nombre  de  points 
importants  intéressant  leur  étude,  nous  en  sommes  réduits  à 
attendre  une  de  ces  lieureusestrouvailles  que  les  fouilles  d'Egypte 
nous  ménagent  de  fois  à  autre,  à  compter  sur  la  découverte 
éventuelle  de  nouvelles  ressources,  qui  nous  permettront  seules 
d'avoir  plus  de  précision  et  plus  de  lumière. 

Récemment,  le  dossier  de  cette  question  s'est  augmenté  de 
deux  documents.  Nous  nous  sommes  employé  à  les  classer 
parmi  ceux  déjà  acquis;  nous  donnons  ici  ayec  quelques 
remarques  faites  au  cours  de  leur  examen,  le  résultat  de  notre 
travail. 

D'après  un  extrait  du  Sulih  el  Acha  de  l'historien  AlmTAbbas 
Chihab  el  Qalqachendi,  le  patriarche  Agathon,  le  trente-neu- 
vième de  la  série  des  patriarches  coptes,  aurait  i-onstruit  une 
église  en  l'honneur  de  saint  Marc. 

j|  J.ilsJ!    »l>!    ^i,^'  .V»     c^=>-  '-^^•'j   (j^V  *»-:r^l   ^r'   ■^■^^^  i^^  ' 

...(La.  ^i]  ij_t  , Ltj  iJLC-!     J,,  V ,»j|  ,  ,j  „\j 

«  C'est  (Agathon)  qui  fit  construire  l'église  de  Saint-Marc, 
laquelle  fut  démolie  sous  le  règne  d'El  Adil  Aj'yub,  le  fils 
d'Abu  lîakr;  le  patriarche  qui  lui  succéda  se  nommait  (Jean)(l).  » 

(1)  E.  'l'is.SEUANT  et  G.  WiET,  La  liste  des  Patriarches  d'Ale.iaïKlrie   dans  Qal- 
qachendi,    HOC,   si't.   III,   t.   111  (xxiii),  1922-1923,  li°'  J,  et  2,  p.  VU.  Subh   el  ■ 
Acha,  édition  du  Caire,  1910,  t.  V,  p.  314. 


[1] 


l'kolise  de  saint-marc  a  Ai.EXANMRir:.  373 

Au  pn'mierjriur  rie  Tûlisâs.  suivant  ud  autre  extrait  tiré  du 
Synaxairc  étliiopien,  étudii-  il  y  a  peu  de  temps,  le  patriarche 
.lean  succisseur  d'Airatlion  construisit,  lui  aussi,  uno  églisr  à 
Alexandrie,  en  l'honneur  du  mOme  apôtre.  Culte  construction 
dura  trois  ans,  et  un  higoumène,  un  prêtre  ayant  un  titre 
équivalent  ;'i  celui  de  doyen,  d'archiprètre,  aurait  été  mêlé  aux 
travaux  de  cette  enteprise. 

L'idiieur  du  texte  éthiopien  ne  donne  pas  sa  traduction:  il 
signale  seidement  dans  ces  lignes  le  mot  ^'y*li  .•  qu'il  classe 
parmi  les  termes  dérivés  auxquels  il  donne  le  nom  d'arabo- 
plionie.  Ce  mot  ne  se  trouve  pas  dans  le  Lexicun  de  Dillmann, 
■''t-il,  c'est  une  forme  éthiopisce  du  sulistantif  arab(^  ir':^'^  ^t 

\  voit  un  archiprètre,  un  prêtre  doyen,  collaborateur,  appa- 

fument,  du  patriarche  Jean,  dans  la  construction  de  l'église 
;  •  Saint-Marc  (1). 

Niius  nous  trouvons  ainsi  en  face  de  deux  églises  distinctes, 
t'Utes  deux  dédiées  à  l'apotre  de  l'Egypte;  nous  en  connaissons 
!■  s  auteurs  :  ce  furent  deux  patriarches  :  Agatlion  et  Jean  de 
."■amanoud.  L'une  d'entre  elles  fut  certainement  construite  à 
Alexandrie,  le  Synaxaire  l'affirme.  Pour  l'autre,  l'auteur  du 
Subh  e]  Aclia  ne  le  dit  point,  mais  vu  la  notoriété  de  celui  qui 
la  fit  bâtir,  vu  l'insertion  du  fait  dans  un  recueil  de  biogra- 
l'hies.  où  ne  sont  relatés  que  des  événements  estimés  très 
importants,  il  est  permis  de  se  demander  si  ce  ne  fut  pas  dans 
la  cité  patriarcale,  et  c'est  pour  ces  motifs  que  nous  l'avons 
étudié. 

I  Dans  la  biographie  du  patriarche  Agathon,  où  Qalqachendi 
attrilaie  à  celui-ci  la  construction  d'une  église  de  Saint-Marc, 
détruite  selon  le  même  écrivain  du  temps  d'El  Adil  Ayyub, 
le  fils  ilAbu  Bakr,  ses  traducteurs  rappellent  par  une  note  un 


(1)  Sylvain  Grébait,  Contributions  lexicographiquet  {Morphologie),  Aethiops 
bulletin  <jee-.,  juillet  1923,  p.  39. 


371  REVUE    DE    l'orient    CHRÉTIEN. 

passage  de  la  chronique  de  Giigis  ibn  el  Amid.  Dans  ce  pas- 
sage du  chroniqueur  il  est  parlé  effectivement  d'une  église  de 
Sainl-Marc  qui  fut  détruite,  dans  la  suite,  sous  El  Adil  Ayyub, 
elle  était  située  à  Alexandrie;  sa  construction  est  attribuée  à 
Jean  de  Samanoud.  Les  auteurs  de  la  traduction  de  Qalqachendi 
l'estiment  différente  de  celle  dont  il  est  parlé  dans  là  notice 
d'Agathon(l). 

Suivant  ces  auteurs,  l'église  construite  par  le  patriarche 
Agathon  en  l'honneur  de  saint  Marc,  fut  bâtie  dans  l'Ile  de 
Raudah,  près  du  Cake,  et  elle  était  connue  sous  le  nom  d'el 
Mukhtàrah.  Une  note  explicative  de  la  biographie  du  patriarche 
Macaire  (1102-1128  A.  D.)  donne  cette  identification,  en  ren- 
voyant à  la  notice  du  patriarche  Agathon  (2). 

Cette  identification  parait  difficile  à  admettre  au  moyen  des 
documents  dont  nous  disposons  jusqu'ici;  la  preuve  tout  au 
moins  en  reste  à  faire.  Suivant  Qalqachendi,  l'église  construite 
par  Agathon  fut  détruite  sous  le  règne  d^El  Adil  Ayyub,  le  fils 
d'Abu  Bakr,  et  suivant  ce  même  auteur,  celle  dont  il  est  parir^ 
dans  la  biographie  du  patriarche  Macaire  fut  démolie  sous  le 
pontificat  de  ce  même  patriarche  par  le  fameux  el  Afdal.  «  Sous 
son  pontificat,  el  Afdal,  fils  de  l'émir  eldjuyuch,  démolit  dans 
l'île  de  Raudah,  une  église  située  dans  un  jardin  qu'il  avait 
acheté  (3).  »  Un  siècle  sépare  ces  deux  époques.  L'arménien 
el  Afdal,  le  fils  de  Badr  el  Gamali,  fut  le  vizir  du  calife  fatimile 
Abou  'Ali  Mansour,  qui  régna  de  1 102  à  1 130  A.  D.  ;  le  patriarche 
Macaire  occupa  le  siège  d'Alexandrie  de  1102  à  1128  A.  D.;  El 
Adil  Ayyub  ibn  Abu  Bakr,  quatrième  sultan  ayyoubite  du  Caire, 
régna  de  1200  à  1218  A.  D.  11  y  a  là,  au  nom  de  la  chronologie, 
plus  qu'une  difficulté  pour  réaliser  l'identification  dont  nous 
nous  occupons;  l'histoire  s'y  oppose. 

D'autre  part,  l'église  de  l'île  de  Raudah,  connue  sous  le  nom 
d'El  Mukhtàrah,  n'était  pas  dédiée  à  saint  Marc  mais  à  saint 
Michel.  Le  Synaxaire  nous  l'apprend  au  troisième  jour  de  Thot. 
«  Ce  même  jour  (3  Thot)  arriva  à  la  troisième  heure  du  jour 
un  grand  tremblement  de  terre  dans  la  ville  de  Misr;  beaucoup 

(1)  ROC,  loc.  cil.,  p.  141. 

(2)  nOC,  loc.  cit.,  p.  Ml. 

(3)  me,  loc.  cit.,  p.  141. 


l'églisk  ue  saint-.marc  a  alfxwduie.  375 

dcadroits  furent  détruits,  entre  autres  uno  église  qui  se  Irou- 
vait  dans  lile  à  l'extérieur  de  Misr  sous  l'invipcation  de  saint 
Michel...;  ceci  arriva  la  neuvième  année  du  pnutifirat  de  notre 
pérc  Macairo,  lan  828  des  purs  Martyrs  (IIIJ  .V.I>.)  (1).  » 
(Wrgis  ibn  efAmid  rapporte  le  même  fait  :  «  Il  y  eut  en  Egypte 
un  violent  tremblement  de  terre  le  \  endrcdi  3  Thot  de  l'an  8-28 
des  .Martyrs,  à  la  troisième  heure  du  jour.  Or,  cette  nuit-là,  r\ 
.M'i.iai,  émir  ci  djuyuch,  détruisit  l'église  d'el  Ilarijra  ot  raconta 
que  le  tremblement  de  terre  l'avait  détruite  (-2).  ■ 
L'église  d'el  Harijra,  dont  il  est  parlé  ici,  suivant  la  lecture 

d  Krpennius,  est  bien  l'église  de  l'ile,  ijj  ^,  de  Raudah.  Girgis 

iln  cl'.Vmiil,  qui  on  parle  en  un  autre  passae-e  de  sa  chronique, 
la  désigne  sous  le  nom  «  d'église  do  Machtara  dans  l'ilo  du 
Caire  ».  Lo  patriarche  Cyrille,  le  soi.vante-septième  de  la  liste 
i!' s  patriarches  coptes  d'Alexandrie.  "  mourut,  dit-il.  le  jeudi, 
1-  l'aoni,  l'an  808  des  Martyrs  dans  l'église  do  Machtara  dans 
I   'de  l'Egypte  (Misr,  du  Cairo)  »  (3).  Makrizi  atténue  l'accu- 

on  portée  contre  el  Afdal.  «  Un  violent  tremblement  de  terre 
lieu  en  Egypte  dans  lequel  fut  détruite  l'église  el  Muivhtàrah 

:s  l'ile  de  Raudah;  mais  on  soupçonna  el  .\fdal.  fils  de 
'  iiir  el  djuyuch,  de  l'avoir  démolie,  parce  quelle  était  située 
dans  son  jardin  (  I).  »  Comme  Girgis,  il  ne  nous  dit  pas  qu'elle 
fnt  dédiée  à  saint  Marc.  I>e  plus,  dans  la  nomenclature  des 

ises  et  monastères  d'Egypte,  qu'il  a  dressée  dans  son  Kbitot, 
il  cite  une  église  de  Saint-Marc  voisine  du  Caire,  mais  il  la 

situe  à  Gizeh  kjr^  et  non  à  Gezireh  ^jij^  et  il  rapporte  qu'elle 

fut  détruite  après  lan  8rHj  do  l'Hégire  (5).  S'il  eut  vuulu  parler 
de  i'cgiiso  de  Raudah,  il  eut  donné  une  autre  date  et  eut  été 
plus  précis. 
-Miu  Salih  a  consigné  dans  ses  notices  une  église  de  Gizeh 


I    Rem-  Basset,  Le  S'jnaxaire  arabe  jacobite.  mois  de  Tout,  p.  15,  dans  /'.  0. 
:   Hisloria  saracenica,  p.  369.  E.  Tisserant  et  G.  Wiet  citent  Erpcnaius  d'après 
liùiiion  petit  in-l'ol.  de  U'riô;  nous  le  citons  d'après  l'éditiou  in-quarto  de  la 
même  année. 

'   Hisloria  Saracenica,  p.  346. 

.MAKruzi,  U'iislcnfeld,  p.  C7,  traduction. 
{,-.<)  Cf.  Ererrs-BcTLER,  Abu-Satih,  p.  3-I1. 

[41 


lîTG  REVUE    DE    l'orient    CHRÉTIEN. 

dédiée  à  saint  Marc  et  il  en  donne  un  abrégé  historique.  Elle 
aurait  i-emplacé,  suivant  cet  auteur,  une  ancienne  église  dédiée 
à  saint  Victor,  le  fils  de  Ronranos  ;  elle  fut  détruite  au  temps 
du  soixante-quatorzième  patriarche,  .leau  Abu'1-Mag-d  (11S9- 
121G),  un  siècle  après  la  mort  d'El  Adil(l).  Il  est  possible  que 
Makrizi  et  Abu  Salih  aient  parlé  de  deux  églises  distinctes  ou 
bien  d'une  seule  et  même  église  ;  mais  encore,  tous  deux  nous 
parlent  de  Gizeh  et  non  de  Gezireh. 

Il  apparaît  donc  manifeste  que  l'église  détruite  sous  Macaire 
par  El  Aft.lal  ne  fat  pas  celle  construite  par  le  i)atriarche 
Agathon.  Reste  à  savoir  ce  qu'il  en  est  de  la  construction 
d'Agathon;  l'histoire  des  sanctuaires  dédiés  à  saint  Marc  dans 
Alexandrie  jusqu'au  temps  de  Jean  de  Samanoud  va  nous 
l'apprendre. 

Suivant  la  tradition  alexandrine,  c'est  au  quartier  de  l'Ange- 
lion,  voisin  de  celui  de  Baucalis,  que  l'apôtre  saint  Marc  subit 
le  martyre,  sous  le  règne  de  Trajan.  Après  qu'on  se  fut  emparé 
de  lui,  dans  un  sanctuaire  situé  à  Baucalis,  où  il  célébrait 
les  saints  mystères,  pour  la  fête  de  Pâques,  on  le  conduisit  à 
l'Angelion,  et  là  il  fut  mis  à  mort.  Dorothée  de  Tyr,  qui  vivait 
vers  la  fin  du  m"  siècle,  a  recueilli  cette  tradition.  «  On  rap- 
porte, dit-il,  que  l'apôtre  saint  Marc  fut  conduit  de  l'endroit 
qu'on  appelle  Baucalis,  jusqu'à  celui  désigné  sous  le  nom 
d'Angelion,  et  là  il  fut  brûlé  (2).  «  Timothée  de  Constanti- 
nople  la  consigne  également  (3);  nous  la  relevons  aussi  dans 
\e  C/iroiiicon  pascale  (4),  dans  le  Chronicon  attribué  à  Butros 
ibn  ar  Rahib  (5),  dans  l'Histoire  des  patriarches  de  Sévère 
d'Aschmounein  (6),  ainsi  que  dans  maints  ouvrages  d'auteurs 
égyptiens.  D'après  Fauteur  des  actes  de  saint  Pierre,  martyr, 
le  dix-septième  patriarche  d'Alexandrie,  il  apparaît  clairement 
qu'une  église  avait  été  construite  dans  le  quartier  de  la  ville 
où  saint  Marc  avait  versé  son  sang  pour  la  foi.  C'était  l'église 


(1)  EvETTS-BcTLER,  op.  cil.,  pp.  174  et  17ô. 
{■>)  P.  G.,  LX.\XVI,  col.  59,  note. 
(3)  Lequien,  Oricns  Chrislianus,  t.  II,  p.  440. 
(4;  P.  G.,  XCII,  col.  608-610. 

(5)  C.  S.  C.  0.,  ser.  III,  t.  I,  p.  110. 

(6)  EvETTS,  Hislory  of  Ihe  Patriarclis  af  Ihe  Coplic  Ckurcli.,  p.  40,  dans  P.  0. 

[5] 


L'Éfil-lSK  DE    SAINT-MAIU:    A    ALEJLVNDIMK.  377 

ilii  Martyrion.  C'est  là  que  le  saint  patrian-lie  demandii  à  se 
1 1  iidre  avant  d'aller  au  supplice;  c'est  là  aussi  que  furent  rarai-- 
in'S  ses  restes  qu'on  plai,a  sur  le  sijnlhronus  durant  la  lituigi<^ 
et  qui  furent  inhumés  ensuite  avec  ceux  dos  autres  patriarches 
d.uis  le  cimetière  placé  à  côté  do  l'église  (1).  A  la  fin  du 
i\  '  siècle,  le  Martyrion  sul'Sislait  encore;  l'ascète  pèlifiu  Philo- 
n>mus  vint  le  visiter  ainsi  qu'il  le  raconta  lui-même  à 
l'allade  (2). 

Mais  à  cette  époque,  la  décadence  avait  déjà  commencé  pour 

Alexandrie.  C'était  la  conséquence  de  l'œuvre  de  désagrégation 

opérée  parles  persécutions  desenqiereurs  idolâtres  comme  par 

!  s  schismes  et  les  hérésies  qui  divisaient  alors  les  chrétiens; 

e  était  aussi    la  conséquence  de  raffaiMissement  de  l'Empire 

lui-même.  Les  gloires  de  Home  s'en  allaient  vers  le  déclin  et 

Alexandrie,  par  contre-coup,  cette  illustre  ville  jadis  si  adèbre, 

voyait  pâlir  son  antique  splendeur.  Son  prestige  commençait  à 

s'elïacer  en  Orient  en  face  de  (  'onstantinople  et  même  d'Antioclie  ; 

'    son  commerce  s'était  amoindri,  sa  population  s'était  réduite,  et 

J    elle  \oyait  de  jour  en  jour   ses  faubourgs  abandonnés.    La 

I    population  se  concentrait  vers  le  nord,  sur  le  rivage  de  la  mer, 

■     iepuis  l'Eunostos  jusqu'au  grand  port  de  l'Est.  Par  suite  de 

3  circonstances,  l'église  du  Martyrion  était  devenue  isolée; 

le  se  trouvait  hors  de  la  ville,  où  les  sables  mou\ants  mena- 

.ient  (le  l'ensevelir;  un  transfert  s'imposait  pour  elle,  saint 

(  vrille  le  réalisa. 

I      Nous  lisons  dans  le  Synaxaire  arabe  jacobite,  au  I  du  mois 

l'Epip,  les  lignes  .suivantes   :  «  En  ce  jour,  nous  célébrons  la 

le  de  la  translation  des  corps  des  deux  saints  Abouqir  (.\bba 

r)  et  Jean.  Lorsqu'ils  subirent  le  martyre,  le  G  Méchir,  les 

lidéles  transportèrent  leurs  corps  et  les  placèrent  dans  l'église 

le  Saint-.Marc  l'évangéliste  qui  est  au  sud  d'.Vlexandrie.  Ils  y 

listèrent  déposés  jusqu'au  temps  de  saint  Cyrille.  Un  ange 

I    du  Seigneur  apparut  alors  au  patriarche  d'Alexandrie  et  il  lui 

'■rdonna  d'aller  ;i  l'éirlise  de  Saint-Marc,  d'emporter  les  corps 

■  les  deux  saints  .Vbouqir  et  .lean.  Il  partit  avec  une  troupe  de 


1)  p.  G.,  XVIII,  col.  4G1-464. 

■J)  Histoire  Lausiaqxte,  p.  -lô.  Voir  aussi  :  P.  G.,  CXLVII,  col.  132. 

16] 


378  REVUE    DE    l'orient    CHRÉTIEN. 

fidèles.  Après  avoir  prié,  on  creusa  remplacement,  et  le  coffre 
qui  contenait  les  corps  apparut;  ils  le  transportèrent  en  grande 
pompe  à  l'autre  église  de  Saint-Marc  qui  est  au  bord  de  la 
mer.  Là  ils  déposèrent  les  corps  ;  ils  y  bâtirent  une  église  et 
instituèrent  en  ce  jour  une  fête  en  leur  honneur.  A  côté  de 
l'église,  il  y  avait  un  temple  d'idoles  où  on  célébrait  une 
grande  fête  et  où  se  réunissaient  beaucoup  d'infidèles.  Lorsque 
ceu.\-ei  virent  la  multitude  des  miracles  que  faisaient  les  corps 
des  deux  saints  Aliouqir  et  Jean,  ils  abandonnèrent  leur 
temple  et  leur  infidélité,  et  ils  se  firent  chrétiens.  Le  sable 
apporté  par,  le  vent  envahit  ensuite  le  temple  et  il  fut  trans- 
formé en  un  monceau  considéxable  (1).  » 

Suivant  cette  notice,  le  Martyrion  fut  donc  abandonné  dans 
la  première  moitié  du  v"  siècle  et  une  église  construite  par 
saint  Cyrille,  sur  les  bords  de  la  mer,  le  remplaça. 

La  piété  qui  avait  porté  les  fidèles  vers  le  premier  sanctuaire 
les  porta  vers  le  second.  A  partir  de  ce  moment,  les  pèlerins 
ne  se  dirigèrent  plus  vers  le  quartier  de  l'Angelion,  ils  se  ren- 
dirent sur  les  bords  de  la  mer.  Cependant,  le  souvenir  du 
Martyrion  ne  s'effaça  jamais  de  la  mémoire  des  chrétiens 
d'Alexandrie;  ils  y  revinrent  souvent  pour  en  vénérer  les 
ruines,  et  sous  l'empereur  Ju.stinien  (527-565),  lors  des  troubles 
suscités  par  les  querelles  religieuses  entre  Gaïanites  et  Théo- 
dosiens,  nous  voyons  ces  derniers  venir  construire  des  églises 
dans  son  voisinage  pour  y  abriter  le  dogme  de  Dioscore. 
«  Lorsque  Paul  de  Tabenne  arriva  à  Alexandrie  (537),  raconte 
le  Synaxaire,  il  ne  fut  pas  accepté  et  il  resta  une  année  sans 
que  personne  reçut  les  sacrements  de  sa  main,  excepté  un 
petit  nombre.  Quand  cette  nouvelle  arriva  à  l'empei'eur  (.Justi- 
nien),  il  ordonna  de  fermer  les  églises  jusqu'à  ce  qu'on  obéît 
au  patriarche  (2).  »  «  Mais  tandis  que  le  trouble  allait  croissant, 
ajoute  Sévère  d'Aschmounein  de  son  côté,  prêtres  et  laïques 
d'entre  les  orthodoxes  se  réunirent  en  assemblée  et  ils  déci- 
dèrent de  bâtir  une  église  où  ils  pourraient  se  réfugier,  afin  de 
ne  pas  ressembler  aux  juifs.  Il  fut  fait  ainsi,  et  avec  l'aide  de 


(1)  Synaxaire  arabe  jacobite,  mois  d'Abib,  p.  1163. 

(2)  Syiiaxaire  arabe  jacobite,  mois  de  Baounah,  p.  1147 


l."l';«iI,ISK    DE    SAINT-MAHC    A    AI.KXANDHIE.  379 

l'ieu,  ou  cuiislruisil  une  église  k  l'ouest  d'Alexandrie,  au  lieu 
appelé  Les  Colonnes  ou  le  Sérapenm  :  cette  église  est  l'Angellun 
aux  cent  cinii  marches.  Un  auliv  groupe  de'  fidèles  bâtit  aussi 
une  autre  église  sous  le  vocalile  de  saint  Cùnie  el  saint  Damien, 
à  l'est  de  rAmpliitliéàtre,  un  peu  à  l'ouest  des  Colonnes  (1).  » 

L'église  de  l'Angelion  fut  dtdiée  à  saint  Marc,  d'après  le 
passage  du  Synaxaire  que  nous  avons  cité.  La  nn^nioire  de 
l'Apùtre  de  l'Egypte  le  réclamait;  ceux  qui  prétendaient  con- 
.tinuer  seuls  son  œuvre  se  devaient  aussi  de  le  faire.  Ainsi 
avec  la  construction  du  sanctuaire  érigé  en  l'honneur  des 
saints  Côme  et  Damien,  les  médecins  martyrs  de  Gyr  dans  la 
Syrie  septentrionale,  le  parti  Théodosien  fut  dés  lurs  en 
mesure  d'ollrir  à  la  piété  des  fidèles  d'Ale.xandrie  ce  qu'ils 
n'avaient  trouvé  jusque-là  que  dans  l'église  de  Saint-Cyrille 
ilu  bord  delà  mer.  Celle-ci  était  aux  mains  des  Clialcédoniens, 
I  ils  y  avaient  déposé,  avec  les  restes  de  saint  Marc,  ceux  du 

ni'rable  Cyr  et  de  .Jean  son  compagnon,  dont  les  guérisons 
..iiracideuses  défrayaient  l'Orient  tout  entier,  ainsi  que  nous 
1  .ipi'rend  une  composition  attribuée  à  Sophrone  de  Jérusalem. 

Le  récit  du  vénérable  patriarche  où  sont  exposés  les  actes 
los  deux   .saints  thaumaturges,  se  trouve  loin  cependant  de 

infirmer  en  tuut  point  la  narration  que  nous  lisons  au  qua- 
irième  jour  d'Epip  touchant  le  transfert  de  leurs  reliques.  Elle 
nous  rapporte  une  tradition  toute  dilTéi-ente  sur  ce  sujet.  Suivant 
crtte  composition,  saint  Cyrille  transporta  les  restes  de  ces 
martyrs  hors  de  l'enceinte  d'Ale.xandrie;  il  les  déposa  dans 
une  église  dédiée  aux  évangélistcs,  en  un  lieu  appelé  .Menouti, 
à  proximité  d'une  agglomération  du  nom  de  Canope  (i).  Il 
nous  indique  la  distance  qui  séparait  cette  église  d'.Vlexandric 
I  vimme  du  bourg  qui  l'avoisinait,  mais  l'ignorance  des  mesures 
dont  l'auteur  de  cette  composition  s'est  servi  ne  nous  permet 
pas  de  l'évaluer. 

Nous  ne  connaissons  cette  église  que  par  ce  récit  placé  sous 
le  nom  de  Sophrone.  Le  rédacteur  n'en  parle  lui-même,  d'autre 
part,  que  d'après  certaines  homélies  de  saint  Cyrille  qu'il  avait 


(1)  EvETTS,  Hislory  of  Ihe  Palriarchs,  p.  293. 
(-2)  P.  G.,  LXXXVII,  col.  3,  3600,  311-1,  36S7. 

[8] 


380  REVUE    DE    l'orient    CIIRÉTIEX. 

entre  les  mains  et  qui  ne  nous  sont  pas  parvenues.  Nous  ne 
trouvons  cette  église  des  Évangélistes  citée  dans  aucun  ouvrage 
de  la  littérature  copte;  nous  ne  larencontrons  chez  aucun  histo- 
riographe ou  hagiographe  égyptien  :  le  Synaxaire,  rilistoire 
des  palriarches  de  Sévère  d'Aschmouneiu,  la  Chronique  de  Jean 
de  Mkiou,  le  Chronicon  orientale,  Said  ilm  Batriq  ne  la  men- 
tionnent jamais. 

Une  autre  tradition  rapportée  dans  une  rédaction  éthiopienne 
de  la  vie  des  saints  Ahouqir  et  Jean,  de  provenance  grecque 
par  rintermédiaire  de  l'arabe,  situe  le  lieu  du  transfert  dans 
la  place  d'Aliqir  (Abouqir)  et  le  dépôt  se  fait  dans  une  église 
de  Saint-Marc  bâtie  par  saint  Cyrille  tout  auprès  du  temple 
d'une  divinité  célèbre  en  ce  temps  (1).  Enfin,  chez  Metaphraste, 
les  deux  récits  précédents  se  trouvent  confondus;  les  reliques 
sont  transportées  à  Canope  et  elles  sont  déposées  dans  une 
église  de  Saint-Marc  (2). 

Nous  ne  nous  arrêterons  point  ici  à  déterminer  à  laquelle 
de  ces  localités  ou  à  laquelle  de  ces  églises  revient  l'honneur 
d'avoir  reçu  effectivement  les  restes  des  martyrs.  Il  nous  suffit 
d'enregistrer  l'existence  de  ces  sanctuaires  avec  leurs  emplace- 
ments. Nous  en  avons  noté  quatre  :  celui  des  Évangélistes  à 
Canope;  ceux  de  Saint-.Marc  à  Alexandrie,  à  Canope  et  à 
Abouqir. 

Et  ici,  en  face  des  divers  récits  que  nous  venons  de  citer, 
sans  se  détourner  du  but  poursuivi  en  ce  travail,  sans  rien 
préjuger  de  la  vérité  d'aucun  fait  ni  de  la  réalité  historique 
d'aucun  détail,  on  ne  peut  s'empêcher  de  constater,  à  travers 
les  divergences  qui  les  caractérisent,  un  rapprochement  qu'ils 
nous  suggèrent  eux-mêmes,  pour  le  moins  original.  II  apparaît, 
en  effet,  comme  une  sorte  de  parallélisme  cultuel,  de  concur- 
rence de  dévotion  presque,  entre  les  deux  partis  qui  divisaient 
alors  l'Église  d'Alexandrie. 

Nous  avons  vu  que  sous  Justinien  (527-565),  toutes  les 
églises  avaient  été  enlevées  aux  anticiialcédoniens  dont  Théo- 
dose était  le  chef;  les  Melkites  seuls,  sous  le  patriarche  Paul 


(1)  Manuscnl  d'Abbadie,  17!),  fol.  28. 
C^)  /'.  a.,  col.  IM. 

[9] 


L'Kiil.lSK    DE    SAIXT-MAItr    A    ALEXANnilIE.  381 

Je  Tabennc,  en  avaient  l'usage,  et  à  eux  seuls  il  était  permis 
dlionorcr  saint  Marc  dans  son  ég'lise  et  de  vénérer  les  restes 
des  saints  Abonqir  et  Jean.  De  même,  nous  avons  vu  qu'à  c«tte 
t'|iCKjue,  les  partisans  de  Tliéodose  élevèrent  aussitôt  une  église 
à  saint  Marc  et  en  construisirent  une  autre  dédiée  à  deux  saints 
étrangers  au  paj's  :  .saint  Côme  et  saint  Damien,  de  la  région 
d'Antioche. 

Or,  fait  singulier,  les  deux  saints  vénérés  c^iz  les  Théodcv 
siens  comme  les  deux  vénérés  ciiez  les  Melcites  se  pré^^entent 
à  nous  sous  une  physionomie  et  dans  un  cadre  presque  sem- 
blables. Les  uns  et  les  autres  sont  ornés  de  la  couronne  du 
martyre;  ils  sont  tous  victimes  du  même  persécuteur  :  Dioclc^ 
tien.  Les  uns  et  les  autres  sont  accompagnés  dans  leur  sacri- 
fice d'un  cortège  de  personnages  égal  en  nombre,  ayant  entre 

IX  les  mêmes  liens.  A  côté  des  saints  Abouqir  et  Jean  nous 
voyons  les  trois  vierges  sœurs  Tiiéodora,  Théopista,  Théodoxa 
ei  leur  mère  .Vthanasie;  à  côté  de  saint  Côme  et  saint  Damien, 
nous  avons  leurs  trois  frères  :  Anthime,  Léonce,  Eupripius  et 
leur  mère  Théodote.  Après  leur  mort,  les  uns  et  les  autres 
ac  coniplissent  des  prodiges  de  même  nature  et  ils  sont  égale- 
ment proclamés  guérisseurs  anargyres.  Leur  pays  d'origine 
liffére,  les  uns  sont  syriens,  les  autres  égyptiens,  mais  leurs 
noms  rorinc  fournissent  encore  matière  à  ra|)procliement.  On 
ne  saurait,  en  ellet.  ne  pas  remarquer  ce  qu'il  y  a  de  voisin 
entre  les  deux  saints  vénérés  particulièrement  à  Cyr  et  le  com- 
pagnon de  saint  .lean,  le  vénérable  Cyr.  Abba  Cvt,  que  le 
langage  populaire  a  transformé  en  Abouqir. 

Cependant,  même  si  ces  lencontres  que  nous  signalons  ici 

uvaient  faire  songer  à  certains  procédés  d'appropriation  ou 
a  adaptation,  comme  on  en  rencontre  parfois  dans  l'histoire, 
tant  elles  sont  étranges,  elles  ne  sauraient  infirmer  la  coexis- 
tence des  églises  où  il  est  dit  que  les  restes  des  martyrs  furent 
transportés,  et  les  divergences  entre  les  diflérents  récits  qui 
nous  les  font  connaître  ne  créent  tout  au  plus  qu'une  alterna- 
tive pour  le  choix  de  l'une  d'elles,  lors  du  transfert  des  reliques 
de  nos  saints.  Nous  pouvons  retenir  comme  certaine  et  fondée 
leur  existence  dès  le  V  siècle,  sous  le  pontificat  de  saint  Cyrille. 

La  nouvelle  église  construite  par  le   neveu  du  patriaiche 

[10] 


382  RKVl'F.    IiK    [."iiRIENT    CHRKTIKN. 

Théophile  en  l'honneur  de  saint  Marc,  était  sur  le  lionl  de  la 
mer,  dit  le  Sj'naxaire  que  nous  avons  cité.  Effectivement, 
d'après  une  anecdote  que  l'aconte  Jean  de  Nikiou,  dans  sa  chro- 
nique, nous  voyons  que  cette  église  se  trouvait  à  proximité  du 
port  de  la  ville,  et  cette  proximité  servit  un  jour  les  desseins 
de  l'empereur  Tibère  II  Constantin,  l'ancien  capitaine  des 
gardes  de  Justin  II.  Comme  il  avait  entendu  parler  défavora- 
blement d'un  officier  de  l'armée  d'Egypte  nommé  Aristomaque, 
il  eut  des  soupçons  sur  sa  fidélité  et  il  dépêcha  un  envoyé  du 
nom  d'Andi'é  pour  qu'il  le  lui  amenât.  André,  doutant  de  son 
succès  en  face  de  la  puissance  d'Aristomaque,  résolut  de 
s'emparer  de  cet  officier  par  surprise.  Il  se  concerta  pour  cela 
avec  le  patriarche  chaleédonien,  Jean  II  probablement,  et 
d'accord  avec  lui  Aristomaque  fut  invité  aux  cérémonies  des 
fêtes  de  saint  îMarc  à  Alexandrie.  «  Le  patriarche  et  André, 
écrit  Jean  de  Nikiou,  heureux  de  le  voir  arriver,  firent  tenir 
prêt  un  vaisseau  léger,  non  loin  de  l'église  de  Saint-Marc.  On 
célébra  la  messe,  le  30  Mijazja,  et  après  la  cérémonie,  lorsque 
André  sortit  de  l'église  accompagné  d'Aristomaque,  Il  se  dirigea 
du  côté  du  rivage  où  là,  sur  un  signe,  les  hommes  de  sa  suite 
s'emparèrent  de  l'officier  suspect,  le  jetèrent  dans  le  vaisseau 
et  on  le  conduisit  aussitôt  vers  la  résidence  de  l'empereur  (I).  » 
Le  voisinage  de  la  mer  avait  assuré  le  succès  de  cette  entre- 
prise. C'est  bien  de  l'église  construite  par  saint  Cyrille  qu'il 
s'agit  ici;  depuis  Justinien  les  Melkitesla  possédaient. 

Cet  événement  eut  lieu  vers  580.  Quarante  ans  plus  tard 
c'était  la  razzia  des  Perses  en  Egypte  qui  dura  environ  dix  ans. 
Leur  passage  fut  marqué  par  un  grand  massacre  d'hommes, 
par  la  destruction  de  nombreux  monastères;  toutefois  à  Alexan- 
drie, ils  se  montrèi'ent  plus  bâtisseurs  que  destructeurs  :  ils  y 
élevèrent  un  palais  qui  conserva  leur  nom  dans  la  suite,  et 
l'église  de  Saint-Marc  fut  respectée. 

Vingt  ans  après  la  retraite  des  armées  de  Khosroes,  l'ava- 
lanche musulmane  s'abattait  à  son  tour  sur  l'Egypte;  ce  fut 

(1)  H.  ZoTENBEKfi,  Chronique  de  Jean,  cvéque  de  Nikiou,  Notices  et  extraits  des 
manusci'its  de  la  IJibliotlièquc  Nationale,  t.  XXIV,  p.  .j2J.  Voir  aussi  Aniélineau, 
La  Géoijraphic  de  l'Éyyple,  p.  37,  où  se  trouve  une  de  ces  confusions  dont  l'auteur 
est  coutumier . 

[Il] 


l'église    de    SAIXT-M.Vnr    A    ALEXANDRIK.  3.S3 

alors  la  désolation,  la  ruine,  tout  fui  mis  à  feu  et  à  sang.  \mr 
bcD  el  As  vint  à  cette  époque  dans  !a  terre  «l'Egypte,  lison-î- 
nous  dans  lin  i  xtrait  ilcclimnique  inséré  par  le  Synaxaire  aralio 
jaoobiteauS  du  mois  de  Tobi,  les  arabes  y  restèrent  trois  ans. 
Kn  l'an  3G0  des  Martyrs,  Amr  marcha  sur  Alexandrie,  il  détrui- 
sit su  forteri'sse,  brûla  beaucoup  d'éelises,  entre  autres  celle 
de  Saint-.Man-sur  le  bord  de  la  mer  connue  aujuurd'lmi,  ajoute 
le  chroniqueur,  sous  le  nom  d'église  de  la  partie  basse  (1).  » 

Cétait  sous  le  pontilicat  du  jacobite  Benjamin.  Ce  patriarche 
avait  dû  se  tonir  caché  sous  le  rég-ne  éphémère  dos  l'ci'ses,  mais 
soit  par  le  prestige  de  ses  vertus  ou  celui  de  ses  services,  peu 
après  l'arrivée  des  musulmans  dans  le  pays,  il  entra  en  rapport 
avec  eux  et  fut  assez  heureux  pour  recouvrer  la  plupart  des 
églises;  son  habileté  obtint  même  d'Amrou  une  forte  souime 
d'argent  pour  la  restauration  de  l'église  de  Saint-Marc  (-2).  Le 
temps  lui  manqua  pnur  réaliser  cette  construction  :  aucun  docu- 
ment ne  le  cite  comme  lé  restaurateur  de  cette  église.  Il  lui 
importait  dailleurs,  par-dessus  tout,  à  cette  heure,  d'organiser 
-  u  troupeau,  d'en  assurer  l'existence,  de  profiter  de  la  con- 
■  |uète  des  envahisseurs  sur  les  Grecs,  qui  était  aussi  la  sienne, 
il  d'assurer  les  conséquences  de  cotte  victoire. 

Agathon  qui  fut  son  successeur,  fut  aussi  le  continuateur  de 
son  œuvre.  C'était  alors  do  la  part  des  .Jacobites  comme  des 
Melkites,  une  surenchère  de  protestations  de  loyalisme  vis-à-vis 
<\es  conquérants  pour  en  obtenir  des  faveurs.  Ce  n'était  point 
petite  tâche  pour  arriver  au  succès.  Agathon,  héritier  de  l'esprit 
de  Benjamin,  parvint  pour  sa  part  à  récupérer  plusieurs  églises; 
il  put  même  en  bâtir  une  nouvelle  au  couvent  do  Saint-.Macaire, 
d'après  l'auteur  de  Ihistoire  des  patriarches  (3),  et  daprès 
l'extrait  du  Subh  el  Acha  déjà  cité,  il  en  aurait  construit  aussi 
une  autre  dédiée  à  .saint  Marc. 

Qalqachendi  ne  désigne  pas  le  lieu  de  cette  église  de  Saint- 
Marc.  A  la  rigueur,  on  peut  y  voir  celle  du  couvent  de  Saint- 
,  Macaire.  Cependant,  après  l'exposé  historique  que  nous  venons 

i)  Synaxaire  arabe  jacobite,  mois  de  Toubeh,  p.  528. 

[i)  Syna.raire  arabe  jacobite,  mois  de  Toubeh,  p.  ô28;  Evetts,  llislory  of  Ihe 
I    Patriarchs,  p.  ijl. 

d)  Evetts.  History,  etc.,  p.  iW. 

[12] 


381  REVUE    DE    l'orient    CHRÉTIEX. 

de  faire,  en  considérant  la  notice  biograpliique  de  Jean  de 
Sanianoud  son  successeur  et  la  part  faite  à  celui-ci  chez  tous 
les  historiens  et  ha.c^iographes  dans  la  construction  d'une  église 
de  Saint-Marc  à  Alexandrie,  on  ne  peut  s'empêcher  de  songer  à 
cette  dernière  ville.  Il  y  a  ici  plus  qu'une  présomption;  tout 
milite  en  faveur  de  l'église  de  Saint-Marc  du  bord  de  la  mer  à 
Alexandrie. 

L'auteur  du  Subii  el  Acha  s'est  mépris  sur  le  nom  du  cons- 
tructeur de  Saint-Marc  ou  l'un  de  ses  copistes  l'a  trahi.  Son 
renseignement  n'est  confirmé  par  aucun  document.  Qalqachendi 
écrivait  vers  la  fin  du  xiv"  siècle  ou  le  début  du  xv%  il  est  eu 
contradiction  avec  tous  les  historiens  qui  l'ont  précédé. 

Nous  lisons  dans  Sévère  d'Aschmounein,  (jui  a  été  l'inspi- 
rateur de  tous  ceux  qui  ont  écrit  sur  l'histoire  des  Patriarches, 
les  détails  suivants  :  «  Les  magistrats,  les  lettrés  et  tout  le 
peuple  orthodoxe  aidèrent  le  patriarclie  Jean  à  rebâtir  l'église 
du  glorieux  Marc  l'évangéliste  ;  le  travail  de  décoration  fut 
achevé  en  trois  ans  (1).  »  L'auteur  du  Chronicon  orientale 
rapporte  les  mêmes  laits  dans  les  mêmes  termes  (2).  Girgis  ibn 
el  Amid,  de  son  coté,  loin  d'attribuer  cette  œuvre  au  patriarche 
Agathon  écrit  dans  sa  Chronique  d'après  la  traduction  d'Erpen- 
nius  :  «  Anne  .j8  (Hégire)  obiit  Agathus  patriarcha  alexan- 
driaus  alexandrinorum  Jacobitarum,  in  cuius  locum  successit 
patriarcha  aiexandrinus  loannes  qui  octo  sedit  annos;  obiit 
primo  die  mensis  Keihac.  Atque  hic  patriarcha,  illc  est  qui 
aedificavit  Alexaudriae,  trium  anuorum  spatio  templum  Marci 
evangelistae,  quod  vocatum  fuit  Kamsijaet  destructum  terapore 
régis  Abubekri  filii  lobi  (3).  »  La  poésie  éthiopienne  a  consacré 
ce  fait;  les  dalitaras  l'ont  célébré  dans  le  salam  suivant  : 

•i  Salut  à  Jean  patriarche  par  sa  charge  et  rectitude  de  foi, 

qui  au  temps  de  son  administration  bâtit  une  église  à  saint  Marc; 

le  jour  où  il  quitta  ce  monde 

il  associa  son  repos  avec  celui  de  saint  Marc  (4). 


(1)  EvETTs,  History,  etc.  p.  272. 

(2)  P.  G.,  XCIl,  col.  130. 

(3)  Hisloria  saracenica,  p.  59. 

(4)  Ce  salam  rapporte  par  Ludolf  se  trouve  dans  le  traité  des  Patriarches  dct 
P.  du  Sollicr,  p.  7G . 

[13] 


l'éolise  de  sai.nt-mahc  a  alexaxduie.  385 

r.'esl  l'avis  île  Gutscliniiil  (1),  c'est  ;i  Jean  dr  Sanianiiud 
I  le  doit  revenir  l'iiomieur  d'avoir  reconstruit  i'c^'lise  de  Saint- 
.Marc.  Pour  commémorer  ce  fait,  c'est  le  lieu  que  clioisirent 
les  fidèles  d'Alexandrie  pour  y  déposer  ses  restes  à  la  place  de 
l'antique  caveau  du  Martyrion;  c'est  là  aussi  que  fut  inliumé 
son  successeur  le  patriarche  Isaac  qui  avait  ajouté  à  l'nrnemen- 
tation  de  ce  sanetuaiie. 

Cette  église  subsista  pendant  un  peu  plus  de  trois  siècles. 
Sous  le  pape  saint  Nicolas,  au  milieu  du  ix'  siècle,  le  moine 
pèlerin  fran(;ais  Bernard  vint  la  visiter  avec  deux  compa- 
gnons (i);  des  Vénitiens  de  passage  par  Alexandrie  en  avaient 
auparavant  emporté  les  reliques.  P]lle  fut  détruite  dans  un 
incendie  sous  le  règne  de  Dja'far  Abu'l  Fadl  Moqtadir  Billali, 
l'an  :W0  de  l'Hégire  (912-913  A.  D.).  El  ."Makim  nous  raconte 
ainsi  le  dernier  épisode  de  sou  histoire  :  «  Narrant  christia- 
norum  historiae,  durante  chalifatu  Muctadari,  templum  eorum 
Kamsija  dictum.  delubrum  nempe  illud  quod  Cleopatra  aedi- 
ficaverat  Alexandriae  conllagrasse,  die  lunae,  qui  tertius 
erat  Sjewali,  anno  Hegirae  trecentesimo  (3).  »  Ce  sont  les 
termes  même  de  Said  ilm  Batriq  (  l). 

Le  patriarche  Jean,  successeur  d'Agatlion,  fut  donc  le  cons- 
iructeur  de  la  seconde  église  de  .Saint-Marc  dont  nous  nous 
-uinmes  occupé  ici.  Nous  n'avons  jamais  désigné  cette  église 
que  sous  le  nom  d'église  du  bord  de  la  mer,  selon  l'expres- 
sion du  Synaxaire  au  1  Epip.  .Mais  l'histoire  nous  a  encore 
conservé  son  nom  populaire,  celui  qu'elle  tenait,  semble-t-il, 
(lu  quartier  où  elle  était  située.  Nous  avons  déjà  rencontré  ce 
nom  dans  nos  citations,  Girgis  ibn  el  'Amid  nous  l'a  transmis. 
Dans  le  récit  de  sa  constructinn,  il  la  nomme  «  l'église  de 
Saint-Marc  l'évangéliste  surnommée  Kamsija  »  ;  lorsqu'il  raconte 
Son  incendie,  sous  le  calife  el  Moqtadii',  il  la  désigm'  encore 
sous  le  même  vocable  «  l'église  de^  chrétiens  appelée  Kamsija  ». 
Le  .Syanaxaire,  au  8  Tobi,  l'appelle  «  l'église  de  la  partie  basse  ». 


(1)  V'erzeichniss  dt'r  Patriarchen  von  Alexandrkn,  p.  500. 
(•2)  T.  ToBLER,  Descripliones  Tcrrae  Sanclae,  p.  88. 
(3)  Hisloria  saraccnica,  p. 316. 

(1)  Conlextio  Gemmarum  tive  Eulychii  palriarchae  alcxandrini  Anmil'x,  Unci-- 
Ijréte  E.  Pocockio,  Oxoniae,  KB."),  i.  Il,  p.  303. 

(Il] 

DIUEVT    CHRÉTIEN.  25 


38(3  REVUE    DE    l'orient    CHRÉTIEN. 

Ce  mot  que  le  traducteur  de  Girgis  a  rendu  littéralement, 
sans  nous  en  donner  la  signification,  nous  rappelle  par  sa  dési- 
nence la  formation  de  certains  locatifs  fort  communs  en  Egypte. 

Nous  avons  ainsi  :  Qaisarieh  de  jLJ;  Baharieh  de^-s-f;  Char- 

qieh  de  (Ji  »^,  etc.  Le  nom  de  Kamsija  que  nous  avons  ici  est 

le  mot  aralie  i.;«-.J.  Il  dérive  du  verhe  ^j-^  comme  l'analogue 

Matarieh  de^~=.  Ce  verbe  signifie  :  être  plongé  dans  l'eau,  être 
submergé.  C'est  ce  qui  convient  à  une  terre  basse  facilement 
accessible  aux  eaux  de  la  mer  ou  d'un  fleuve.  Les  abords  de  la 
nouvelle  église  de  Saint-Marc  construite  sur  le  rivage  étaient, 
en  effet,  facilement  inondés  dès  lors  des  coups  de  mer  comme 
en  connaît  la  Méditerranée,  et  c'est  ce  qui  lui  valut  son  nom. 
Sous  saint  Athanase,  au  dire  de  Jean  de  Nikiou,  la  mer  faillit 
envahir  les  quartiers  voisins  de  l'Heptastadion  (1). 

On  le  voit,  après  cela,  des  bons  oflices  de  l'archiprètre  ou 
prêtre  doyen  décelé  sous  les  apparences  d'un  higoumène,  rien 
ne  subsiste  plus  ;  son  nom  de  4»9"ft  :  disparait.  Sa  collaboration 
à  l'œuvre  de  Jean  doit  être  biffée  de  l'histoire  comme  doit  être 
rayé  de  la  lexicographie  éthiopienne  le  nom  du  titre  honori- 
fique qui  lui  était  particulier,  et  ces  suppressions,  en  rétablis- 
sant la  vérité  historique,  permettent  aussi  désormais  une 
traduction  plus  régulière  et  plus  compréhensible  du  texte  qui 
avait  paru  contenir  ce  titre  et  ces  services. 

(1)  Chronique  de  Jean,  évi'qiic  de  Xihiov,  p.  445. 

M.  Chaîne. 


[L5| 


CATALOCtUE  des  manuscrits  GEORGIENS 

DL  LA  lîIBLIÛTIIÈQUE  PATRIARCALE  GRECQUE 
A  JÉRUSALEM 


N°  44  {Suile.) 
a.  (FoL  L'i7v°-15S^'".)  (En  rouge)  3;>9pîOT^g3.SQ  d:>dbay-dcnh- 

gà6.  Énurnératiom  les  patriarches  selon  les  évangiles  de  Matthieu 
et  Luc.  Inc.  Ç8ofr).->u  ^•">ç^^3Çï^o  tooîc)gç:ri856  <);{.)  3V]'^c;'"---  ^'^ 
Sainte  Vierge  de  laquelle  naquit  le  Seigneur...  Quelques  notes 
aux  marges  :  au  fol.  158 v,  deux  longs  mémoriaux  en  mkhe- 
Iruli  irrégulier. 

;,.>63.M'ô(^gÔ6a  j^f5cnbg3.'><ni  (I.'xt)  cntjb  3cibybcn.'»  .lcr)CQtDOg(^a>.'i 
loOifotn  6ior)gbi3œ5.  Sermon  du  saint  père  Hippolyte  :  com- 
mentaire sur  les  bénédictions  de  Moïse  aux  douze  tribus,  cn^o 
•>  ("hapitre  i.  Inc.  [Gg^^i]  foob.'»  8o[b]  ob^jobo  ycî3jc^or>.'»  O-^œ  œjb 
■„-3(0(T>V)-),î.>m.^  r)g<T).>  f>oc).")Pîar>  on^boo.^. ..  Du  bienheureux  Isaac 
loutes  lf?s  bénédictions  à  ses  fils... 

8.  (Fol.    I72V-186V".)  m^^agîmo  Ç3oçoob.>  353ob.^  ^^oi^o- 

"■■,o  Ràœjb^-jGo  (l).\^;]f9(r>bn.j...  Sermon  dusaint  père  Hippolyte  : 
-ur  les  bénédictions  de  Jacob  quand  il  bénitles  douze  tribus.  or>.>3o 
ô  chapitre  ii.  Inc.  sgPScnbgsicDi  35m  oD^b  c^^joîÔoboDi...  A  pro- 
pos dos  bénédictions  de  Jacob... 

9.  (Fol.  ISôV-lGSr".)  iT>^3ge™o  ÇOofj)ob.>   ^Soîçnoô^bo  33  : 
fçi3o<nob  œjb  tpi  gcî{ç^.H^ob.>  m^h.   Encore  un    sermon   du 

(l)  Satb.  G^bdQ^S"  patriarches. 

[91] 


388  REVUE    DE    l'orient   CHRÉTIEN. 

saint  père  Ilippolyte  :  sur  David  el  Goliatii.  œ^ao-g  cliapitre  m. 
Inc.  t>ô5.>l')3.^5o  6g55c5Sob.~>  Gob  (;p;>3ocnob.s...  Les  pensées  du 
bienheureu.x  David... 

10.  (Fol.  193v"-207r°.)  OT^gSgç^o  Çao^cobi  658ol)5  ^5(^^o- 
Ôgbo  :  ^-jôba  jgo5co5  œ^h.  Sermon  du  saint  père  Hippolyte  : 
sur  le  cantique  des  cantiques,  mb^o  ro  chapitre  iv.  Inc.  boôâdGg 
5^g6fo5  bp3ÇT'oî3(Ti5...  Salomon  avait  la  sagesse... 

11.  (Fol.  •207r°-226r''.)  5occ!çj'o5gbo  içokibroçnob^  J5i]o^.)  0D5I). 
0D^|?)9çmo  \iog6œ5  g.'>5  Ç8oQ).">co6  ^jroob^^gl)  m^b  fp5  56(5oJTOob(^gb 
oD^b.  D'Hippolyte,  sur  la  fin  des  temps  :  un  sermon  de  l'Écri- 
ture sainte,  sur  le  Christ  et  l'Antéchrist.  00^30  g  chapitre  y. 
Inc.  ô-^afeg^  "^'ô^  S>i9ôjOQgÔge^b5  8555b  agQGogfogÔ.sb.i...  .le 
t'ai  parlé  de  cette  sagesse  bien  fondée... 

12.  (Fol.  226r°-235r".)  cr)^g8gç^o  Ç8o(j3ob5  8,^8ob5  5ooçn;>o- 
5gbo  :  b56Ç8g'6K!gôob5  005b.  Sermon  du  saint  père  Hippolyte. 
Sur  la  foi.  00530  3  chapitre  vi.  Inc.  ggfoÇ^Sb  3oco.')rog.)  B^cogcm 
3oçogco...  Nous  croyons  comme  nous  reçûmes  le  baptême... 

13.  (Fol.  235r»-245v".)  OTJg8^ç^o  Ç8o^ob5  (ob  6g55coob.^ 
958ob5  53co.ç;no5gbo  acoisàfo-gSob^cîScîbob^a.  l>5bg  55000^^- 
8ob5a.  Sermon  du  saint  et  bienheureux  père  Hippolyte  l'arche- 
vêque. La  forme  de  la  promesse.  a).->3o 'b  chapitre  vu.  Inc.  dbm- 
coiçm  .5cob  bo(*)yg5o  gbg  forc!8gçnb5  30(||)y^...  Droit  est  ce  mot  que 
je  dis...  (def.  — )  8oî3oroob  ç^b  .sço.'>bcogcn-'ob  r)gô.>Q  Oob  (nbBb  : 
TOiOgco^  jf"^"^ÔD  ?  I'  vient  et  accomplit  la  volonté  avec  lui  (?) 
parce  que  le  Christ... 

Sur  les  n°'  7-13  voir  l'avant-propos,  p.  353  (9)  et  notes  8  et  9  : 
les  n°^7,  8, 9  ont  été  publiés  en  traduction  par  G.  N.  Bonwetsch  ; 
len"  lOpar  N.  Marr  et  puis  par  Bonwetsch  ;  le  n"12  a  été  traduit 
par  Bonwetsch  (apocryphe):  le  n"  13  est  d'Aphraate. 

N°  45 

XIII>'  siècle.  Reliure  ancienne  en  cuir  brun  épais  sans  ornementa- 
tion, fortement  abîmée  par  des  vers.  Parchemin  épais  et  blanc  :  quelques 
feuilles  jaunies.  227  folios  {sic  pace  Tsagareli).  Cahiers  de  8  feuilles, 
commençant  avec"^  (lisez  3)  (fol.  1  r")  à  j:";;^  (lisez  36)  (fol.  224  r").  Dimen- 
sions de  la  page  :  300  X  220™";  de  l'écriture  :  222  X  150°"";  sur  une 

[92] 


CATALOGUE    DES   MANUSCRITS    «EORCIE.XS.  389 

colonne.  2S  lignes  à  la  page.  Écriture  ;  iiuskliuri  grand,  coulant,  incliné, 
arrondi.  Encre  d'un  brun  très  foncé,  presque  noir.  Ponctuations  :  «  . 
.)/c'moriV(Mj- .•  (Fol.  lOÎV.j  J.  .jibU  •^)  <A!C?;)'''^   ô^'^'^î-^fOS-^Si;"*   ^i-'"^  d^^O 

;ia.Tî<?îô^o  G^if^i^'aS^tQ  «*  i>3«a3-^!ïî  i^^oôa^f^a»  Cflôi^ôgôocD  ae^kaGa^a- 

.iaf't^'^S"*  •^<^>l>'  En  ce  jour  (27  janv.)  la  reine  Tamara,  dont  la  mémoire 
et  la  béatitude  sont  éternelles,  passa  de  ce  royaume  à  la  vie  et  au  royaume 
éternels.  Maintes  fois  on  trouve  ce  vœu  pour  la  reine  Tamara  :  oOicn 
\?"~in.')  Ogcibaônoii  3cQo^bg6a  ('X~<'i  l>3C;o   œiOifo  CPatnei'JJSî;"k>>' 

t'nntieut  :  Le  synaxaire  géorgien  dans  la  version  de  Georges 
l'athonite. 

Inc.  ( —  def.)  16  septembre  :  17  septembre  fol.  1  r.  des. 
•2 1  août  (def.  — ). 

(TsAiiARELi,  op.  cil.,  n°  28.) 

N»  46 

.Xllh-.WI"  siècle.  Sans  reliure,  dans  un  porte-feuille  de  toile  pourpre, 
l'ari-liemin  léger  et  hianc,  dont  le  dos  a  souffert  de  l'humidité.  Quelques 
feuilles  sont  jaunies.  Environ  100  feuillets,  .sans  numération  et  tous  séparés. 
On  en  rencontre  quelques-uns  qui  portent  des  signatures  de  cahier,  e.  g., 
s^-fi  (lisez  38),  3ô  (lisez  42),  etc.  30  lignes  à  la  page.  Dimensions  de  la 
paire  :  280  X  102°"»;  de  l'écriture  :  220  X  130""";  sur  une  colonne.  Ecri- 
ture :  nuskuri  incliné,  arrondi  et  pas  très  régulier.  Encre  noire.  Ponctua- 
tions •  :  •  Sans  mémoriaux. 

Contient  :  Une  partie  dun  Il-:vTr,/,;jTif'.:v  et  aussi,  semble- 
t-il.  quelques  parties  d'un  Ménaion  aimlg-é  pour  les  fêtes;  toutes 
les  feuilles  sont  écrites  par  la  même  main,  mais  elles  ne  sont 
pas  en  ordre. 

N    47 

.Wll'  siècle.  Reliure  ancienne  de  cuir  brun  avec  vestiges  de  ferme- 
tures et  de  clous  de  bronze,  ornée  de  dessins  linéaires.  Papier  de  lin 
blanc,  d'origine  orientale,  à  cotés.  178  folios.  Cahiers  de  8  feuilles  :  le 
premier  porte  la  signature  ^lo  .lisez  24).  et  je  n'ai  pas  retrouvé  les  autres. 
Dimensions  de  la  page  :  29ÎI  X  "20 1™"»;  de  l'écriture  :  236  X  146"";  sur 
une  colonne.  34  lignes  à  la  page.  Écriture  :  nuskuri  petit,  gothique,  mais 
un  j)eu  arrondi.  Encre  d'un  brun  noirâtre  :  initiales  eu  rouge  vermillon. 
Ponctuations  :  ■  •  Quelques  mémoriau.K. 

Confient  .Une  l'lxpx/.'>.r-:/.r,. 

Le  manuscrit  est  def.  —  ;t  la  fin. 


390  REVUE    DE    l'orient    CHRÉTIEN. 

N"  48 

XI"^  siècle.  Écrit  à  Jérusalem.  Reliure  ancienne  forte  en  cuir  brun  avec 
vestiges  de  fermetures.  Parchemin  de  bonne  qualité,  de  teinte  ivoire,  un  peu 
jauni.  249  folios.  Caihiers  de  8  feuilles  :  de  .■>  (lisez  1)  (dont  il  ne  reste  que 
2  feuilles)  à  rrn"^  (lisez  .33)  (fol.  243r<>).  Dimensions  de  la  page  :  282  X 
198™";  de  récriture  :  225  X  140"™;  sur  une  colonne.  'JG  lignes  à  là  page. 
Écriture  :  nuskhuri  petit,  très  beau,  du  type  athonite.  En-têtes  en  asom- 
t'avruli  rouge  vermillon.  Encre  brune.  Ponctuations  .l.  :  ■  ;  (le  point  en 
bas  rouge).  Pas  de  mémoriaux. 

Contient  :  Un  Paraklitiké. 

Le  manuscrit  a  été  écrit  pour  Prokhoré  :  à  la  fin  le  colophon 
b^TâgçTiocDà...  5,v(|^ocf3l)6ol)5  5^~ob5Qœ5.. .  Og  3ç:;;'-'>1j.>^5(),^6  ococatcifoy 

if)CQ5()  o).")  3g3J9gf)  ccîPScr>53.~>^  bobgôgjolii»  OT^b.fo"  o~c^  '^CQi^^O" 
fogsTib-S  .s8ol)l)5  63^60  33  ^SbGo  ^(ombço  aggaoîliOgl).  «>.■>  Og  ^b-^y^s 
io5  cqfoÇogBiCD  3g3J3gB  çoi  i^^abb^B  ^-:>  a^ôC^a^"^^^  ^^^smobib:» 
b^ÇncagSg^m^f^  b^^Cj'obi  figOob^  rp5  bgçioobi  acQdgig.i(oo:>5  (jj:» 
93c>îÔgÇjnor(5  00.^...  (déf.  — ). 

Prokhoré  dit  qu'il  a  divisé  ce  livre  en  deux,  parce  que  le 
Paraklitikon  et  le  'OY.zir,y:ç  étaient  ensemble,  et  qu'il  l'a  déposé 
dans  l'église  de  la  Sainte  Croix. 

(TSAGARELI,   op.  Cit.,  n"  89.) 

N°  49 

Milieu  du  XI"  siècle.  Écrit  à  Jérusalem  par  Syméon  l'Agiorite  (b3U;)('3Ci 
9œ6Ç6()ogge;'o).  Reliure  moderne.  Parchemin  d'excellente  qualité,  très 
mince.  279  folios,  dont  un  est  perdu  au  commencement.  Les  cahiers 
sont  de  8  feuilles  et  vont  de  i,  (lise/.  1)  jusqu'au  g^ur»  (lisez  39)  (fol.  275 r»). 
Dimensions  des  pages  :  270  X  201"";  de  l'écriture  :  182x  132"";  sur  deux 
colonnes  avec  un  espace  de  20""  entre  elles.  22  lignes  à  la  page.  Écri- 
ture :  la  main  principale  est  sans  aucun  doute  la  même  que  celle  du 
codex  des  prophètes  n-  7  +  11  :  les  fol.  1-3  et  6-9  sont  d'une  main  du 
type  athonite.  Ponctuations  •  :  :  - 

Contient  :  Les  quatre  évangiles  avec  les  canons  eusébiens 
et  en-têtes.  P'ol.  Ir"  inc.  Matthieu  (1).  ( —  def.).  Le  texte  com- 
mence à  peu  près  avec  5li  (lisez  .51  :  Mt.  7,  3),  mais  les  premières 

(1)  Ici  commence  l'iucipit  de  ïsagareli. 

m] 


CATALOr.LE    DES    MANTSCRITS   fiÉOROIENS.  301 

fouilles  sont  abîmées  par  riiumiditt-  et  brouillées;  avec  f^l.  lOr" 
sqq.  Matth.  o^(lisezSl:  10..j)  le  texte  est  en  ordre.  Des.  Wattli. 
fol.  67 V".  -2.  Toi.  H7v"  inc.  en-têtes  de  Marc;  des.  ()9r"  :  entre 
loi.  oy  et  7u  deux  (?)  feuilles  perdues  :  loi.  7(ti-"  inc.  texte  du  .Man- 
{oQ  (lisez  18  :  1.10)  «^.s  ;)3().>jcn.N  ^5r).sl>lit1oy^).N  :  ibDon  ilc^- 
ÔU>^  (1)  dbh  afomo    ô.^6jacDfooî3G3Ôgîn>o    J30«?"aôf«oi    a.>b.^.^ 

ji^^çj-Go  (2)  îçàoyjôGi  ft<i  aôy«4^-*  f^YQ^^f^  Dsod<^o  (^)  ôof'y^a^ 

(1.->t;->5"G  ô-'*f''f''^c)y'-'C*  '^.v'u^-^---  (Fol.  llSv")  (les.  Marc.  '.i.  (Fol. 
1 19r')  Inc.  en-tètes  de  Luc  fol.  121  r,  des.  fol.  121  v°.  Inc.  texte 
de  Luc.  ( — def.)...  39C!;'ol):)  9ob.  l>à3;39033Çï^oD.^Ql).^  :  ço.^  3;yîfo- 
\îjr>yj:>  iJ^J.iPSo;»  otoç^b  fo^o  030.  îçb  9o3o  U).^^^.^  95b  "Rjuji  : 
5c5^g5  (-1)  iK^b  .•>f)jjgçnrî^356  :  Gg  g^SoGoG  Ij-^^ofooi.  (o.>(1;)<ng 
Hjjobiij^b  ^yo^'wjjô.'vGo  DgGBo  «o.^  QCTÇfO.^G  3gGf).)G  gçj'ob.^ôjjy)... 
(Fol.  21  Ir")  Fin  de  Luc;  ici  le  mémoire  du  scribe  :  c^c^GS.^  (ô) 
5^5301  b^BggpîG  ilcn5-Ç6oQ>gç^ob.'>  cn^b  ÇaotyàGcî  i).>t1.")Gcci. . .  1.  (Fol. 
•J12r)  «n-tètc-s  de  Jean  des.  fol.  213\  ".  Fol.  21  lr°.  inc.  texte 
de  Jean,  avec  un  ornement  de  t)pe  byzantin  très  bien  exécuté. 
Fol.  276\^'  des.  texte  de  Jean.  Un  long  coloplion  du  scribe  suit 
(fol.  277r''-280v''),  dont  la  Un  est  perdue.  L'extrait  cité  par 
'rsag;u-eli  est  reproduit  d'un  façon  très  défectueuse;  il  se  trouve 
sur  le  fol.  279  V".  Les  folios  279/280  sont  transposés.  Je  donne  le 
texte  ici  en  corrigeant  les  erreurs  de  Tsagareii  :  3oco3jc:;>.Hi) 
il.iifob.»  lîgyGobi  jgGj(^ob  iD^b  yi.>  ilScjôjçnJioo^  Ii;^qGid.>  b^OjciGob 
io5  c).>foo5i)ob.  içj  (kiôoGobb  ^>5  t)*9o.">Qbbi-  Ç3.>  «]0o(D5  figOoi.'» 
ilo^jg^ob  <^ù  bç^Mib  iÔgbùjtoob.  lîo}ôoBob5  <j>5  b.>3(>>ob.')  ço.s 
ijjiÔgcoobi.  çpi  bgçj^og^ocnà  d-^oçncni>  fig8cD5  gocjcogobj  gf^o- 
3ccic;>ob5  Î95  ç^o3o(5(5ob5  ôàboçnobi  (Ç5300)ob5  ^^5  ilgocoob^  ftJoOo- 
(5<oob.N... 

(TSAOAKELI,  op.  cil.,  U"  7.) 


(1)  Ts.   ac^îoliSoA. 

(2)  Ts.  O^T-î^Bo. 

(3)  Ts,  33301;:). 

(4)  Ici  commence  l'incipit  de  Tsagareii. 

(5)  Ts.  E^jPîeaà. 


195] 


392  REVUE  DE  l'orient  chrétien. 

N"  50 

XlV'^-X\'h'  (■.')  siècle.  Écrit  par  Jean  à  la  skité  de  Selani  (Sehani?)  (fol. 
67r").  Reliure  moderne.  Papier  oriental  jaune,  très  grossier.  Le  manus- 
crit a  souffert  beaucoup  de  Thumidité,  et  les  pages  se  collent.  258  folios. 
Cuhiers  de  8  feuilles,  commençant  avec  m  (lisez  9).  Dimensions  de  la 
page  :  268 X  n^^m ;  de  l'écriture  :  204  X  MS""";  sur  une  colonne.  27  lignes 
à  la  page.  Écriture  :  nuskhuri  très  grossier,  de  grandeur  moyenne,  un 
peu  incliné.  Ponctuations  :  ■  Quelques  mémoriaux. 

Contient  :  Sentences  des  Pères  et  Vies  des  saints. 

1.  (Fol.  li-'-OTr".)  Acéphalon  :  un  paterikon  divisé  en  cha- 
pitres sans  en-têtes  :  le  premier  chapitre  conservé  est  «5  (lisez 

103)  (fol.  2r°).  Inc.  5ra.^9gfD  Oô^oQa  oy3Ggœ  dSiBo).  Pig85(T!.  Mais 
soyez  fermes,  mes  frères...  Des.  avec  chapitre  bçj'  (lisez  230) 
(fol.  67  r"). 

2.  (Fol.  (îTr^-HOr".)  œœ^gb^    o3çiiol>5   3^    ^^mœgcj^iço   çq^ 

1>gM;]f>î6  (1gbg;:)5ol>.to  :  2  Ijuilletselon  les  Géorgiens  et  I"  septem- 
bre selon  les  Grecs  :  Vie  de  saint  S\inéon  le  Stylite.  Inc.  (3o3b- 
?0"  cr)j33^îR^ÇR^ô"3<''"^-^3---"^^  vousécriset  je  vous  demande... 

3.  (Fol.  1 10r°-I63r°.)  8  juillet.  Passion  de  saint  Procope. 
Inc.  fpcgo^i  doSi>  o:!rQgb  030  çogoî3ç:^o(^o56g...  Sous  le  règne  de 
Dioclétien... 

Delehaye,  B.II.  g.,  1577. 

4.  (Fol.  I63r"-IG7r''.)  23  décembre.  Passion  des  dix  martyrs 
de  Crète.  Inc.  fQ.>  bbg.>Q  3<S33  l>tg^^'^  «.^b^Og...    Alloi;   aèv 

Delehaye,  B.II.  G.,  1197. 

5.  (Fol.  I67r°-I92r".)  Vie  de  saint  Siméon  Salos  (b^ç^'-gg^'o 
^.jwob^gb  cn5b)  par  Léontius  de  Néapolis.  Inc.  Sglg^gb  9iœ^5 
coc'îUgç^Go...  Oî  To  ^iSo.ix.a'Xi/.ov.. . 

.  Deleii.we,  B.II.  g.,  1677. 

6.  (Fol.  192v°-257v".)  Vie  de  saint  Jean  Chrysostome  (par 
Georgius  Alexandrinus).  Inc.  aoî3gîmor>.'>  acobMCQÔgç^ico^  Jggç^-'ob^ 
3^i^çç;'ob5orij  m^ggb...  nàvTe;  ol  -a'Xaiot  îcTopioypiooi... 

Deleii.we.  B.II.  G..  873. 
(Fol.  G7v'')  (main  du  texte)  :  ço.->o^gro.>  Ç  3m.No6o:ib.->  Dgl.sGb 

(96] 


i-ATALOGLE    DES   MANUSCRITS   GKORr.lKNS.  393 

(.'n;lC!''.^r)b)    (lilôb^    (sic)   ^ôç^    Ô'52;\')C?"^'''   *"''^'   .Nl0.N3;)r).>    ^~]a).-)ùrti'i 

n^i^rf-'irx)...  ^jjç^nm.')  M  (Tjy)  Qî03oçiiob.'i  opî^Gbocn.^. . .  Ce  fut  écrit 
dans  le  désert  (monastère  =  î?i:«;)  de  âehani  (Selani?)  quand 
(îabriol  de  Tillis  était  liigoumène.  lequel  a  construit  le  «  désert» 
de  Selani...  par  moi  le  grand  pécheur  lované. 

N-  54 

XII"  siècle.  Reliure  moderne.  Papior  oriental  côtoie,  de  teinte  Ijrunà- 
trc;  fortement  perforé  par  les  vers.  389  folios.  Cahiers  de  8  feuilles,  de 
.>)  lisez  I)  h  <1(T)  t  lisez  4'.t).  Dimensions  de  la  page  :  260  X  175™™;  de  récri- 
ture :  187  X  123™";  sur  une  colonne.  22  lignes  à  la  page.  Écriture  : 
nuskhuri  carré  et  un  peu  incliné,  assez  grand.  Encre  brune  :  En-têtes 
en  rouiro  vermillon.  Ponctuations  :  u  • 

Mémoriaux  :  (Fol.  SSOr»)  d'Épiphane  (g5o^66a)  qui  a  relié  le  livre. 
Sur  les  feuillesdc  .carde  au  commencement  ffol.  1  r"), mémoire  en  mkhcdruli 
grossier:  (fol.  1  V),  mémoire  de  Joseb  (au  inonde  lunay)  Kliuntusdze  (ocjbjjo 
.icîgoKj^obia  (oJoîGùQ  b^e^^b  (]ob.>)  (fol.  2  r°.)  Mémoire  de  Mikoloz  .\ba- 
sidze  (fio^o^iîjcjTi  5à.i3ody);  (fol.  2v°),  mémoire  du  «  prince  »  Domenti 
(ô.S(5cir.ofl-:5ocn,,  yic'5(1,')r>(5o)  ;  (fol.  Ir'  du  teste),  le  diacre  Esaia  (GCîtQSoc^ob 
■«jCjBobi  gb;)oùb,'>). 

Contient  .•uivPaterikoQ  divisé  en  chapitres,  mais  sans  numé- 

I  ration.  bÇ.^3cn.>6o  :  9^(l6o;]co5o  :  içîaoçciicn.^  :  ço.'»  :  Bg(5.~>foa>.>  3.^05- 

I  ooinobo  bco3ç;"ob.'>  mjb  b.^(DRpî;]ô.^cn.^nb;i...  Les  belles  doctrines 

de.s  saints  et  îles  bienheureu.x  pères  sur  le  haut  degré  des  ver- 

I  tus...  Inc.  Ijocnb.'»  3oB8g  9.'>3.'>b.N   .^H^co/ib  çoi  Ifo^g-^  gocni^Sgfp 

•1  ^i)\i...h<yi  fp.t  so3;^(o(T)b.'»  b.'ionGrQ  33^0^...  Quelqu'un  demanda 

au  père  Antoine  et  dit  :  que  ....et  me  faut-il  faiie  pour  plaire  à 

Dieu?  Des.  te.xte  ^def.— )  (fol.  38Sv°). 

(Ts.\GARELi,  0}).  cit.,  n°  111). 

N"  52 

F  XIV'-XV"  siècle.  Reliure  moderne.  Papier  oriental,  mou  et  blanchâtre. 
':  135  folios.  Cahiers  de  8  feuilles,  dont  les  trois  premiers  sont  perdus; 
.  le  texte  commence  fol.  1  r°  avec  yj  ;lisez  A)  et  va  jusqu'à  oG  (lisez  IS)  (des. 
I  fol.  r28v°).  Le  caliier  oœ  (lisez  10)  est  perdu,  fol.  129?"  inc.  3  (lisez  20i. 

[Dimensions  de  la  page  :  277  X  186™™  ;  de  récriture  :  224  X  145™™  ;  sur 
une  seule  colonne.  27  lignes  à  la  page.  Écriture  :  nuskhuri  assez  grand  et 

[97] 


394  REVUE    DE    l'orient    CHRÉTIEN. 

arrondi,  grossier  et  mal  formé,  sans  régularité.  Encre  brune  tirant  sur  !e 
noir.  En-tétes  en  rouge  vermillon.  Ponctuations  :u  •  Sans  mémoriaux. 

Confient  :  Un  Ménaion  pour  le  mois  de  décembre,  incomplet  au 
commencement  et  à  la  lîn.  (B'ol.  Ir".)  Inc.leGdécemlire  (— dcf.); 
les  cinq  premières  lignes  sont  lisibles  en  partie  seulement  :  ocj» 
t)Ç[5]9obi.  cnb  l)TOÇ86Ôoa)'  çoofol)  ^8605^60  lJoç^3iço  l3gol).^  çaôb-'i 
3^l.6ç^iol>.^  B5ol)5  ;^  [..Jf^ÔfpgoD-  OçoforpgrmGo  ;•  (Fol.  13.5 V"")  dcs. 
24  décembre  (def. — ). 

Ce  manuscrit  est  de  la  même  main  que  le  n"  125. 

N°  53 

X1II"-XVI°  siècle.  Reliure  moderne.  Papier  oriental  grossier,  de  teinte 
brunâtre.  300  folios.  Cahiers  de  8  feuilles,  dont  les  premiers  sont  perdus- 
Dimensions  de  la  page  :  248  X  162™™;  de  l'écriture  :  188  X  111"";  sur 
une  colonne.  25  lignes  à  la  page.  Écriture  :  nuskhuri  petit,  carré  et  I 
vertical.  Encre  noire,  avec  les  en-têtes  en  rouge  vermillon.  Ponctua- 
tions :  —  •  Sans  mémoriaux. 

Contient  :  Ménaion  avec  des  parties  du  T'j-iy.bv  (?)  pour  les 
mois  de  novembre-février  èy,"À27aîv.  (Fol.  Ir".)  Inc.  îool>.i 
âoâiroor)    3Çgl3;)rogÔocD    ôgraÇGo    ÇoÇQ^gô^o^l)   £ocdo3...    60  ^toGo 

'"a^'î??aôob.->Q...  Des.  texte  (fol.  300v")  (def.—).  I 

N»  54 

X1I"^-XV'=  siècles.  Reliure  moderne.  Papier  oriental  de  teinte  brunâtre; 
les  feuilles  vers  la  fin  ont  souffert  de  l'humidité.  351  folios,  brouillés 
çà  et  là  et  qui  n'ont  pas  été  reliés  dans  l'ordre  convenable.  Cahiers  de 
8  feuilles,  commençant  avec  ou>  (lisez  14);  on  les  trouve  signés  par  des 
lettres  arméniennes,  qui  vont  jusqu'à  /un  (lisez  42)  :  beaucoup  de  signa- 
tures géorgiennes  ont  péri.  Dimensions  de  la  page  :  266  X  183""";  de 
l'écriture  :  190  X  130"";  sur  une  colonne.  33  lignes  à  la  page.  Ecriture  : 
nuskhuri  i  gothique  »,  petit  et  clair,  d'une  seule  main  du  commencement 
jusqu'à  la  fin.  Encre  brune  de  teinte  noirâtre.  Ea-tète  en  rouge  vermillon. 
Ponctuations  :-  •  =  Très  peu  de  mémoriaux. 

Contient,  :  1)  Ménaion  général  y.a6'r,,a£paç  du  V"'  octobre  au  '. 
31  janvier,  mais  il  y  avait  sans  doute  aussi,  au  commencement, 

[98] 


CATALOGUE    DES    MAXCSCRITS  <iÉORC.IE\S.  IlO."» 

iiois  de  septembre  penlu  aujourd'hui.  2;  Ménaion  pour  les 
Di'is  de  février-août  è/.>.î-'i:ifiv  pour  les  grandes  fô  tes,  et  pour 
es  saints  les  plus  importants. 

N"  55 

XIll'-XIV""  siècle.  Reliure  moderne.  Parchemin  grisAtre  d'épaisseur 
moyenne.  182  folios.  Cahiers  de  8  feuilles,  dont  les  sept  premiers  sont 
porilus.  Le  manuscrit  commence  maintenant  avec  (5  (lisez  8)  ifol.  1  r")  et 
s'ttend  jusqu'à  la  fin  de  çp  (lisez  30)  (fol.  182v°).  Dimensions  de  la  page  : 
276  X  198""»;  de  l'écriture  :  196  >:  140"";  sur  une  colonne.  24  lignes 
à  la  paçe.  Ecriture  :  nuskhuri  incliné  et  un  peu  angulaire  lie  ^rrandeur 
nii'yeiiiie.  Encre  brune;  kephalaïa  en  rouge  vermillon.  Ponctuation  :-  . 
Ouflques  mémoriaux,  comme  sur  le  fol.  17:îv»  à  la  marge  supérieure. 

l'ontient  :  Une  partie  du  \\v)-r,/.iz-.xf'.z't  ('^^(^o^^fio)  inc.  texte 
(—  def.j  loi.  1  r"  :  des.  texte  (def.  — j  (loi.  iH-Zs"). 
(TsAGAUELi.  op.  cit.,  o"  68.) 

N-  56 

.XIP-.XIII'  siècle.  Reliure  moderne.  Papier  oriental  de  teinte  rosàtre. 
25<i  folios.  Cahiers  de  8  feuilles,  de  o  (lisez  1)  jusqu'au  jn>ë  (lisez  38). 
Dimensions  de  la  pape  :  »'Sj  X  SOI™";  de  l'écriture  :  182  X  132">"'';  sur 
une  colonnne.  28  lignes  à  la  page.  Ecriture  :  nuskhuri  un  peu  angulaire, 
incliné,  et  de  ^Tandeur  moyenne.  Ponctuation  ;  •  Quelques  mémoriaux  : 
sur  la  dernière  feuille  de  sarde  une  notice  mentionnant  que  le  codex 
a  été  relié  de  nouveau  par  lakob  Sadkervéli  (oà.jfiô  l>^t.05yc53gsml>i). 

('oiUient:  Lu  Tpuisiiv  ^3;>cob3j5o)  complet. 
TsAfiARELi,  op.  cit.,  n"  63?) 

N    57 

.\\'''-XVI"=  siècle.  Sans  reliure  :  conservé  dans  un  porte-feuille  de  toile 
pourpre.  Les  feuilles  sont  pour  la  plupart  détachées,  et  ne  sont  point 
numérotées.  Il  y  a  200  folios  environ,  qui  n'appartiennent  point  toutes 
'au  même  manuscrit.  Les  cahiers  sont  brouillés  et  les  signatures  n'exis- 
tent plus.  Dimensions  de  la  page  (du  manuscrit  le  plus  important)  ;  240 
X  165""";  (le  l'écriture  :  208  X  120'""';  sur  une  colonne.  20  lignes  à  la 
page.  Écriture  ;  nuskhuri  d'un  type  gothique,  un  peu  irrégulier.  Encre 
.noire.  Sans  mémoriaux. 

Contient  :  Frayer  book  (livre  de  prières). 

L99j 


396  REVUE    DE    l'orient    CHRÉTIEN. 

Le  manuscrit  est  en  grand  désordre.  La  plupart  des  feuilles, 
sans  doute,  appartiennent  à  un  livre  de  prières,  mais  il  s'y 
trouve  aussi  quelques  parties  d'un  ménaion  pour  les  grandes 
fêtes,  écrites  par  la  même  main.  En  dehors  de  celles-ci,  il  s'y 
trouve  encore  des  fragments  d'autres  manuscrits,  comme  par 
exemple  d'un  psautier  et  d'un  7:£vcr,-/.îc;Tipiiv  ('lî^ôo^Bo). 

N°  58 

Un  porte-feuille  de  toile  pourpre  contenant  environ  60  feuilles  sépa- 
rées. Elles  proviennent  toutes  de  manuscrits  liturgiques  et  sont  toutes- 
écrites  sur  papier.  Il  ne  serait  pas  très  dilBcile  de  les  identifier  et  de  les 
classer  définitivement. 

N    59 

XIIo-XIlP  siècle.  Reliure  ancienne  en  cuir  brun  sur  planches  de  bois, 
ornée  de  dessins  linéaires  et  de  rosaces  avec  des  vestiges  de  fermetures. 
Papier  oriental  de  bonne  qualité  de  teinte  jaunâtre  ou  brune.  Environ 
287  folios  non  numérotés.  Cahiers  do  8  feuilles,  de  ^(lisez  1)  jusqu'à  < 
(lisez  36).  Signatures  au  commencement  dans  le  coin  intérieur  de  la 
marge  supérieure  et  à  la  fin  dans  le  coin  intérieur  de  la  marge  inférieure. 
On  rencontre  aussi  des  signatures  avec  lettres  grecques.  Dimensions 
de  la  page  :  295  X  222™™;  de  l'écriture  :  230  X  160™™;  sur  une  colonne. 
26  lignes  à  la  page.  Ecriture  :  nuskuri  clair,  arrondi,  de  grandeur 
moyenne.  Encre  brune.  Ponctuations  :  •  •  :  '  Quelques  mémoriaux;  parmi 
ceux-ci  :  1)  sur  la  première  feuille  de  garde  recto,  une  notice  disant  que 
le  manuscrit  a  été  relié  par  Makharoébeli,  du  monastère  de  Sainte-Croix 
(96biop5gÔ2ji36)  ;  2)  à  la  fin  (fol.  288 r^),  directement  après  le  desinit  du 
texte,  mémoire  d'Arsène  d'Alaverd  (.«obgCo  ^e^^ogcôcggc^o)  en  nuskhuri 
du  type  demi-cursif. 

Contient  :  Lectionnaire  de  l'Ancien  Testament  pour  toute 
l'année  et  du  Nouveau  Testament  pour  les  cycles  du  carême 
et  de  Pâques.  Le  codex  est  complet. 

N°  60 

X\"II=  siècle.  OEuvre  du  scribe  Manovel  Macueyreli  (0^r)fcî3gc^  il'>p3- 
ârage^o  (fol.  276r°).  Reliure  ancienne  de  cuir  brun  sans  aucune  orne- 
mentation et  fortement  abîmée.  Papier  blanc  d'origine  orientale, 
côtelé  et  sans  filigrane.  398  folios,  abimés  çà  et  là  par  l'eau.  Cahiers  de' 
8  feuilles,  commençant  avee  r(lisei!  1)  et  s'étendant  jusqu'à  di,  (lisez  41). 

[100] 


f.VTALOfiLE    DES    .MAXLSCRITS    GÉORGIENS.  307 

Diinonsions  de  la  pa^'e  :  300  X  20?""";  de  l'écriture  :  22S  X  124"""  (mais 
v;iriée  souvent);  sur  une  colonne.  34  lignes  à  la  page.  Kcriture  :  nuskhuri 
gothique  clairet  assez  petit  :  en-tétes  en  rouge  vermillon.  Ponctuations  :  •  . 
l'ii  certain  nombre  de  mémoriaux. 

l'onlient  :  Le  .synaxairede  Georges  l'athonite  complet  :  fol. 
I  r"-275v")  le  syna.xaire  pour  toute  l'annOe;  (fol.  •276r°-30Sv°) 
Ks  ï:xT.s7-:r,'/.ip:x  pour  les  grandes  fêtes,  etc.,  comme  dans 
le  n"  25. 

(Ts.xG.vRELi,  op.  rit.,  n"'30.) 

N   61 

Mil  -W  siècle.  Vestiges  d'une  jreliure  ancienne  en  cuir  l)run,  sans 
mcntation,  dont  la  première  planche  (au  reclo)  est  perdue.  Papier 
:ital,  dur.  de  teinte  brunâtre,  très  abimé  et  troué  par  les  vers, 
blios,  qui  ne  sont  pas  toujours  numérotés.  Cahiers  de  8  feuilles,  mais 

•  s  les  signatures  ont  disparu  par  les  ravages  des  vers.  Dimensions 
>  i  page  ^approsimatives   seulement  à  cause  des  vers)  :  295  X  200™™; 
écriture  :  212  X  140™™:  sur  une  colonne.  31  lignes  à  la  page.  Ecri 
;  nuskuri  incliné  et  aplati.  Encre  brune  allant  jusqu'au  noir.  Ponc- 
ions :•  •  : 

i/'-V/ioriaiw  :  Fol.  365ro,  à  la  marge  inférieure,  un  note  mentionnant 
le  manuscrit  a  été  relié  de  nouveau  par  Qcaf!i3ocj>o  l>.iô.>  acci'.çog^o 
lÔoo.iF)  le  péclieur  Saba,  dans  le  monde  Hessarion.  Sur  le  coté  inté- 
"  de   la  couverture  un  dessin  en  couleurs,  assez  bien  exécuté,  d'un 

:istre  marin  avec  une  tète  et  un  collier  de  chien. 

Contient  :  Un  Triodion  (35fob,>-.Gn|. 

N    62 

.Wll"  siècle.  Reliure  moderne.  Papier  oriental,  autrefois  blanc,  mais 
ujourd'hui  fortement  taché.  174  folios,  numérotés  on  ordre  inverse  et 
le  haut  en  bas  (tète-bèchei.  Cahiers  de  8  feuilles.  Dimensions  de  la  page  : 
ê74  X  180™™:  de  l'écriture  :  230  X  160™™:  sur  une  colonne.  31  lignes  à 
la  page  pour  la  plupart,  mais  il  y  a  des  variations.  Écriture  :  le  manus- 
crit est  l'œuvre  de  plusieurs  mains,  qui  pourtant  se  ressemblent  d'a.ssez 
près  :  toutes  écrivent  un  nuskhuri  angulaire  et  gothique,  assez  petit  et  se 
approchant  du  tj-pe  de  la  main  ecclésiastique  du  XVI II"  siècle.  Ponctua, 
tiens  •  :  Les  mémoriaux  apparemment  font  défaut. 

Contient  :  .Ménaion  7.xfi\^ipx;  pour  le  mois  de  juillet  et  dis- 
cours pour  les  grandes  fêtes  de  juillet  et  d'août. 

[101] 


398  REVUE    DE    l'orient    CHRÉTIEN. 

1.  (Fol.  174r''-113.)  Ménaion  pour  le  mois  de  juillet. 

2.  (Fol.  11-2-107.)  Saint  Jean  Chrysostome.  Mémoire  (3;ibli3.-,o) 
sur  les  chefs  des  apôtres  Pierre  et  Paul.  Inc.  Qoh:-,  «â^.^  jâBob.-)... 
Du  ciel  et  de  la  terre. . . 

3.  (Fol.  107-103.)  Saint  .lean  Chrysostome.  Lection  (l>.~>jo- 
cnhbso)  sur  les  douze  apôtres.  Inc.  ;x,OTOOî36oon.i  qj^  3^6603- 
(oocn^.. .  Par  un  droit  et  beau. . . 

4.  (Fol.  103-92.)  8  juillet.  Passion  de  saint  Procope.  Inc.  d^an 
^b'dcD^  dohb  oîçogb...  Dans  ce  temps,  quand... 

5.  (Fol.  91-66.)  Saint  Basile  de  Césarée.  Lection  (1>53ocdÏi;>3o) 
sur  la  mort  de  la  Sainte  Vierge.  Inc.  l>5Qfog8çnri(TjQ  5e>Sl)  cooc^g- 
ogej'o...  C'est  un  mystère  glorieux... 

6.  (Fol.  66-47.)  6  août.  Saint  Jean  Damascène.  Lection 
(et)  sermon  (hà^ocnljàao  m^gOgç^o)  sur  la  Transfiguration. 
Inc.  3:>65f(>ol)  3çoc>gl)l>i>bÇgç:^gÔ<Togcn...  Nous  célébrions  tou- 
jours... ) 

7.  (Fol.  47-1.)  8  novembre.  Saint  Germain,  patriarche  de 
Constantinople  :  sur  le  miracle  de  l'archange  Michel.  Inc.  yjogj 
^^eooàB  îoà  9co^35ç:;i...  (def. — ).  Grands  et  nombreux  sont... 

N°  63 

Datant  de  1167.  Écrit  en  Palestine  par  le  scribe  Onop're  (tQ6o:!igr5;]). 
Reliure  ancienne  en  cuir  brun  ornée  de  dessins  linéaires  gravés  symboliques 
et  conventionels.  Parchemin  mince  de  teinte  crème  :  les  bords  sont  usés 
par  l'àpe.  161  folios,  dont  les  quatre  premiers  sont  d'une  autre  main  du 
type  sinaïte.  Cahiers  de  8  feuilles,  de  i,  (lisez  1)  jusqu'à  ^  (lisez  20).  Dimen- 
sions de  la  page  :  282  X  190'"'";  de  l'écriture  :  218  X  ISS-"™;  sur  une 
colonne.  31  lignes  à  la  page.  Écriture  :  les  quatre  premières  pages  .sont 
d'une  main  sinaïte  :  le  reste  dans  un  nuskhuri  petit  et  régulier.  Encre 
noire.  Ponctuations  •  >. 

Mémoriaux  :  Fol.  161  r°  :  Colophon  du  scribe  (main  du  texte);  je  corrige 
les  erreurs  de  Ts.  li.^j'bgjmoOT.b...  criofoli  3o^9g5  9g  y~çg  groorabo  pjGcqgPSg 
9c3jgô.iro  p— OT5(I)  .bS^OT  5.bô).b3S530(5cî6or)i  fog.ioi.i  3g  ^Bbm.'t  bffgq^cn.')  cqôS 

çoô5.bfo-  3oto3aîmo  (2)  m^(D  1130000.^  ôas^oo^^  (3)  a>^3Pa"a  55'^  9af?"a 
(1)  pa. 

(2)  5ocoggc«(i. 

(3)  Antc  rigOooi.v 

[102] 


CATALOGUE   DES    MANUSCRITS   r.ÉORlilENS.  30î> 

b  sr,.^^Tajma,o  n~aaw>  (l)  3,5~aU  Soq^  .^^(^ooibOolw  i)ir>9?a!r?"'>^  (2)  rp.s 
«■|.>r)-('5ti  QnfiG'T'x'ô-Mib  ibjjT'oh.')  (pj)jr;ol>.>  ,v)si?<W'>  '•  t?~6  \5^^P)a>tlf),•)l<  : 

<""'>  "GS^C^Bab  (4)  3oô^E^0ji  ji6  dgOjj'obà  b^iJpownub.')  (5)  «JogR. 
yi.jiùc'jb  (6)  ;1~al'.'>  (7)  "~c^  '1ô.><>6a  «-^  0,-l6;);V)sr"'''  "af^'"-  ^P  MSl«"a" 
u. ■11)...  cîîïiab  <tiùoii>g<56  ^"jOoo^cî  (fi%  :  «iioboôùOoDû^f) Pac^tT'-^  ^6*^%)  W  '• 

ti;i  ~)Jri3ff;joo)i  b.>o}36g^;>3(Hn^.  brijnjpî  j^sc^cngasr;;^.'»  bçicîÔ  (9)  j^gifSgaotD- 
5>f>  (10)  fiwc'i,-)"  o6<4)<i35(M'irio  oj ;  à  la  fin  :  •v)ai!>'\5>>G35  3<>f><la  '1p<'"<"">  : 
.•>~ox>  J-«'ô(^)T>i>  i);)olf>ii.>  Çi),-,5bo  ài\.i\i  :  <o~6  Oan''S''V)'^  -  2^~63"*  8""^*" 
ili.b  jnjb...  Plus  bas,  en  encre  grisâtre,  nusldmri  angulaire  du  XVI"  siècle 
(pas  cité  testuellement  chez  Tsa^areli).  jjby  .1jô;>,jC;>oôn6o  cn^iojtni  ^"tCt 
ï'>','a>"'C"<>  «•> •>  :  «'1~0C    û~i>  Ô~14>  ilMo^bG.»  ,i~sr>  JuviOB^bù  -j...  00^^06  : 

'"l~L>  oî~G  :  Fol.  161  v  :  inscription  en  grec  en  trois  lignes  de  <l>ùL-:7:ou. 

,'.  aj:\T.!is:7<«b.i. 

;.   iiyiÔjbùC^oab. 

Il   oG^iiE^Ggb. 

•1   b-iOpotô^f-Job.^. 

vo)  af'o^"^- 

(8)  \,;](1Q. 

(9)  buMit». 

Contient  :  Une  llap3/.'KT,-:v/.r,. 
(TsAOARELf,  op.  cit.,  n"  St>.) 

N'  64 

XV'-XVI*  siècle.  Œuvre  du  scribe  ïadeoz  (oio^jacriTi  fol.  182  v»\  Reliure 

moderne.   Papier  oriental,  rugueux  et  de    teinte  brunâtre.    IS5   folios. 

Cahiers  de  8  feuilles,  commençant  avec  ù  (lisez  1),  dont  les  six  premières 

feuilles  sont  perdues,  jusqu'à  ,j-:j  (.liseï  20).   Dimensions  de    la  page   : 

'  ''' •*  X  laS"""";  de  l'écriture  :  201  X  138""»;  sur  une  colonne.  2-1  lignes 

page.  Écriture  :  nuskuri  arrondi  et  de  grandeur  moyenne.  Encre 

■■  avec  les  en-ti'tes  en  rouge  vermillon.  Ponctuations  •  :  • 

^lèmorimix   :  .K  la  fin    (fol.    ISôv»),   Colophon,   du   scribe.    ...  aeiôîr" 


400  REVIE    DE    l'orient    CHRÉTIEN. 

Connenf  :  Ménaion  y.aO'  ■r,'^.ipy.z  pour  le  mois  de  novembre  : 
fol.  Ir",  2  novembre  et  ensuite  jusqu'à  la  fm  du  mois. 

(TSAGARELI,  Op.  cH.,  n"  48.) 

N"  65 

XIII'-XV''  siècle.  Forte  reliure  ancienne  en  cuir  brun  foncé  sans 
ornementation.  Parchemin  assez  fin,  de  teinte  grise  allant  au  jaunâtre. 
344  folios.  Cahiers  de  8  feuilles,  sauf  le  dernier,  qui  n'en  a  que  quatre, 
commençant  avec  ^  (lisez  1)  et  ensuite  jusqu'à  Oo  (lisez  42).  Dimensions 
de  la  page  :  271  X  ISS""™;  de  l'écriture  :  200  X  148"°";  sur  une  colonne. 
28  lignes  à  la  page.  Écriture  :  nuskhuri  incliné  de  grandeur  moyenne. 
Encre  brun  foncé,  presque  noire  :  lettres  initiales  et  en-têtes  en  rouge 
vermillon.  Sur  le  fol.  lr°  un  ornement  enluminé  d'un  travail  grossier. 
Ponctuations  ■   :  •  ;  Sans  mémoriaux. 

Contient  :  Un  Y\.a.ça.%\Ti-a-à\  complet. 
(Peut-être  Tsagareli,  op.  cit.,  n"  69.) 

N»  66 

X111'-X1V«  .siècle  et  XVl'-'-XVll'-'  siècle.  Le  réparateur  (XVIh'  .siècle) 
du  manuscrit  s'appelait  loseb  Khuntusdze  (fol.  240v°).  Reliure  moderne. 
L'ouvrage  est  écrit  sur  papier  oriental  par  deux  mains,  l'une  plus 
ancienne,  l'autre  plus  récente,  et  de  plus  a  été  réparé  avec  des  feuilles 
de  papier  blanc  et  grossier.  240  folios.  Les  cahiers  semblent  être  de 
de  8  feuilles,  mais  il  ne  s'y  rencontre  pas  de  signatures.  Dimensions 
de  la  page  :  254  X  177""";  de  l'écriture  :  102  X  110™"',  de  la  main  prin- 
cipale; sur  ime  colonne.  23  lignes  à  la  page.  Écriture  :  nuskhuri  arrondi 
de  grandeur  moyenne  (m.  1  et  2)  :  nuskhuri  gothique  (m.  3).  Encre  : 
1)  brune,  2)  brun  pâle,  3)  noire.  Quelques  mémoriaux,  entre  autres 
(fol.  4v"),  un  de  Jean  le  neveu  de  l'higoumène  Mete  \sic)  (oow.'>6iJ  <'lyu:i;)l> 
Ço668dt5wob  dOob-(pg!ïj;o). 

Contient  :  Un  lectionnaire  de  l'Ancien  Testament  avec 
quelques  extraits  du  Nouveau  Testament  pour  toute  l'année, 
commençant  avec  le  mois  de  septembre. 

Le  manuscrit  a  souffert  beaucoup  de  Thumidité,  et  la  plu- 
part des  feuilles  sont  complètement  illisibles. 

(Tsagareli,  op.  cit.,  n°  2.) 


[104] 


CATALOOL'K    DES    MANLSriilTS    r.KitlHilF.NS.  101 

N°  67 

XII»  siècle.  Écrit  par  Nicoloz  Kataracidzc.  Reliure  moderne.  l'archemin 
grisâtre  assez,  épais.  2j'J  folios.  Cahier.s  de  8  feuilles,  de  ."(lisez  3)  (fol. 
1  r")  à  5^3  (lisez  :î6)  :  il  n'y  avait  que  6  feuilles  dans  ce  dernier  cahier, 
dont  la  derniire  manque  aujourd'hui.  Dimensions  de  la  page  :  262  X 
187""»;  de  l'écriture  :  188  X  134""";  sur  une  colonne.  30  lignes  à  la  page. 
Kcriture  :  nuskliuri  arrondi,  incliné,  ondulé.  Ponctuations  :  •  Quelques 
mémoriaux. 

Contient  :  un  Triodion  ( —  def.). 

(Fol.  259r°.)  Colophon   du  scribe  (fol.    259  r°-v°)    :    brtgç^ 

oJilBjl)  3b  bPigcï'gÔocn  Ç~  60  ybg   9.^c51j3.^6o  ^c;;'oco.^  6o3CQc;>cî'b 

3;>5.M'5.-.'po(3ob.')uor>^...  Fol.  259v".)  Une  autre  main  :  b.^bjjîmoœ.^.,. 

ilg  bgc^om.^  b-^Çyiçjicîôgcîlio  8oÇ.)u  gjoocobo  '^~mb  ç^.^  ^.i^ocib.^r)- 

OM,    98~iT>j    3^i>f5oe;^OT.i    clOoîÔobàQ    j~o   gjofob   flyoi  (l("îg;)ô.iyi 

Ç~OT5   53ôco   0.)ô}b3bcn;>    ^oç^bi    bogçj^^bijgb.^   0~^  9g9f^ôPî9.^ft) 

ÔygGcîÔoco   g59c'îben3ob^  bg;>p);)'b9açna)i)  3^6.  gbg  yç^cD^  399^)- 

3Cî9ocno  9a9(p30î9.^çç>  9oîg3cobcojb  9ô3o5fngc^r)o  yci^œi  ^~3'^6j)a>.'> 

^onSGo   «)5  ôi5b5Qçça<5;^6o.   oî^cogô^Go  9oîGobôaTOa)^  t^;»    ajo«?a- 

bo5œ56o.  âS~çn  5CO  b6<T05  Q)5coficci9oç;>5  j)f6oDo  ÇogBobà  <3gP'69e:'o  : 

o6~9b  3g35OTi  3~;>  3rn5b^-^C^956  .jG.'ibgG  gbg  oinBo  Çog56o  gfoœo 

gb;!  rp.N  gfnmo  b5Ço6.^b({».>to9g5yg6çjnoîa  b3.>PSbb;>  ô->6^-^  ^'^''S'g^- 

9ob  ô^b   cogî5i^3gçob.)   boàcobbi  ,^.>6bi  g^oîP'Jg^    :  9,^5gûOOT.^  fo.^ 

95(5gôoOT5  9çno3  Ç^gb^b  gbg    bjfOiQgb^bÇ^gçncrjQ   IpifoojQCCi   9g 

b~yorQob.s.    {ocîbg  .^joàfo    9^ca6çp.).    .^'p   9ca3^^bg6g   95b3g  9cî65- 

b^gôib.^  3.^5j5or)obb:>.   co~çnob5ub.>  5~c;'  y<T<3"C;?   "y<^-    ^Ç   506.^ 

o>j  ^.iS^^mb   3".^  go6.^  ô^^gcn  bgG^b.^   3~5  àbg  cog  :^b^'bi>  3g 

3~,~>    oysf'gf'    3obg5    9ogacnb53r)j(r)    fj)i    o9b.>bj^cogôryj(T)..    Les 

feuilles  avec  la  notice  des  évèques  Vlasi  et  Barnaba,  que  Tsaga- 

reii  cite,  sont  perdues  aujourd'hui. 

(Ts.vGARELi,  op.  cit.,  Vi"  77.) 

N'  68 

Xll'-Xlll'^  siècle.  Écrit  au  moiwstére  de  Kappat'a  (iJCbùtôbo  3ù33;»CDùb) 
par  le  modzghuari  Cyriaque  et  son  élève  Markoz  (acjdoxoo  ,i;)bo  fo.i 
flf'îÇ->V3a  ''"^-^  aoc530îlj  fol.  SSSr"!.  Reliure  moderne.  Papier  oriental  mou 
dune  teinte  jaunâtre.  283  folios.  Cahiers  de  8  feuilles,  deï  (lisez  1)  à  j^jj 

OKIENT    CORÉTIEN.  'JG 


402  REVUE    DE    l'orient    CHRÉTFEN. 

(lisez  34)  (fol.  SSOr").  Les  signatures  ont  disparu  pour  la  plupart;  elles  se 
trouvaient,  au  commencement,  au  centre  de  la  marge  supérieure  et,  à  la 
fin,  au  coin  intérieur  de  la  marge  inférieure.  Elles  sont  remplacées, 
.soit  par  des  lettres  grecques,  soit  par  des  caractères  arméniens.  Dimen- 
sions de  la  page  :  240  X  198""";  de  l'écriture  :  183  X  130™"";  sur  une 
colonne.  25  lignes  à  la  page.  Ecriture  :  nuskliuri  petit  et  clair,  d'un  type 
presque  cursif.  Ponctuations  :  •  •  Quelques  mémoriaux,  e.  g.,  (fol.  Ir") 
celui  du  moine  diacre  Jona  {a('iB6T>(o.6()  a>"-\3f5&o  ocîfo). 

Contient  :  Un  Ménaion  pour  les  mois  de  septembre  et 
d'octolire.  Le  manuscrit  a  des  lacunes,  le  commencement 
manque  et  le  colophon  des  scribes  (fol-  283 r°)  n'est  point  de  la 
même  main  que  celle  du  texte. 

(TsAGAHEn,  op.  cit.,  H"  57.) 

N"  69 

XII1«-X1V''  siècle.  Reliure  moderne.  Papier  oriental  grossier,  de  teinte 
brunâtre.  128  folios.  Cahiers  de  8  feuilles,  mais  les  signatures,  pour  la 
plupart,  ont  disparu.  Dimensions  de  la  page  :  271  X200™";  de  l'écriture  : 
210  X  168™™;  sur  une  colonne.  20  lignes  <à  la  page.  Écriture  :  nusthuri 
grand  et  arrondi,  ce  qui  est  typique  pour  les  psautiers  après  le 
XIII=  siècle.  Encre  brune.  L'incipit  de  chaque  vers  porte  une  initiale 
en  noir  et  en  rouge  alternativement .  Ponctuations  :  -  •  Très  peu  de 
mémoriaux. 

Contient  :  1)  Un  Psautier.  Les  premières  feuilles  du  Yure 
ont  souffert  beaucoup  de  l'humidité  et  des  vers.  Inc.  ca.  Ps.  51  : 
le  premier  qui  est  complet  est  le  psaume  55?  (fol.  2v'')  et  les 
autres  viennent  ensuite  jusqu'à  la  fin  des  douze  chants  (fol. 
96 V").  2)  Prières  et  chants  en  l'honneur  de  la  Bienheureuse 
Vierge  Marie  (fol.  97r''-124v°).  3)  Texte  des  chants  (^^sç^-'eîô.^a) 
de  Jona  et  d'Habbacuc  par  une  autre  main  et  faisant  partie 
d'un  autre  livre  (fol.  125r''-128v"). 

(TSAGARELl,   Op.   Cit.,  Ti"  5   (?).) 

N"  70 

Xlll^-XlV^  siècle.  La  deuxième  partie  a  été  écrite  par  un  Jean  inconnu 
joj)l>  fol.  138v°).  Reliure  moderne.  Le  manuscrit  renferme  deux  parties 
distinctes  :  1)  Papier  oriental  mou.  2)  Papier  oriental  très  raide  et  un  peu 

[1001 


CATALOGUE   DES    MANUSCRITS  OEOnCIENS.  403 

!uisant,  23  +  115  =  138  folios.  Cahiers  de  8  feuilles  :   I)  ^ôi  (lise/.  29); 

i  (~j  (lisez  10)  —  30.)  (lisez  31;.  Dimensions  de  la  page  :  1)  230  X 
KVS"";  2)  '.56  X  172'"";  de  l'écriture  :  1)  175  X  110""";  chacune  à  une 
L-olonne.  Lignes  à  la  pape  :  1)  25:  2)  30.  Ecriture  :  1)  niiskhuri  arrondi  et 
incliné;  2)  angulaire  :  Encre  1)  brune;  2)  noirâtre.  Ponctuations  1)  :-  • 

joint  grand  avec  un  intervalle);  2  ^  -  Pas  de  mémoriaux. 

Contient  :  1)  (Fol.  lr°-22v°.)  Partie  d'un  nsvTr.xsïTâpty». 
•2^  (Fol.  23 r").  Ménaion  pour  les  mois  d'octobre  et  novembre 

(— dof.— V 

(TSAGARELI,  Op.  Cit.,  n°  58?) 

N"  71 

Xl'-XII''  siècle.  Reliure  moderne  en  cuir  jaune  :  au  dos  MHN.MON 
SEniKMBPIOV  KAl  OKTO.MBPIOV.  Parchemin  blanc  de  qualité  moyenne, 
un  peu  jauni.  216  folios,  dont  quelques-uns  sont  tachés.  Cahiers  de 
8  feuilles  de  ^  (lisez  1)  (les  deux  premières  feuilles  manquent)  à  5^0 
(lisez  32;  (fol.  214r<>  :  2  feuilles  seulement),  signées  aussi  avec  lettres 
arméniennes.  Dimensions  de  la  page  :  272  X  175"°™;  de  l'écriture  : 
198  X  112""»;  sur  une  colonne.  31  lignes  à  la  page.  Écriture  :  nuskhun 
petit,  semblable  à  la  main  athonite,  mais  moins  incliné.  Encre  noire. 
Ponctuations  '■  ■  Sans  mémoriaux. 

Contient  :  Ménaion  pour  les  jours  des  saints  importants 
ÈxXefaîf.v,  du  I"  septembre  ( — def.)  au  4  mars,  saint  Gérasime 
(jyfoiboag)  fol.  216v''(def.— ). 

(Ts.AGARELi,  op.  cit.,  n"  38.) 

N»  72 

XI'-Xll"^  siècle.  Reliure  moderne  de  cuir  jaune  :  sur  ledos  ASKHTIKON. 
Parchemin  épais  et  blanc.  233  folios.  Cahiers  de  S  feuilles,  de  y"  (lisez  5) 
( —  def.)  à  iid  (lisez  40),  mais  avec  des  lacunes.  Dimensions  de  la  page  : 
260  X  186""°:  de  l'écriture  :  215  X  120°"";  sur  une  colonne.  -25  lignes  à 
la  page.  Ecriture  :  nuskhuri  assez  grand,  un  pou  angulaire  et  incliné. 
Ponctuations  :  ■  —  •    Sans  mémoriaux. 

Contient  :  La  deuxième  niuitié  du  commentaire  do  saint 
.lean  Cbrysostome  sur  l'évangile  de  saint  Jean.  Le  texte  iuc. 
(fol.  Ir")  avec  chapitre  64  (otJÏo  o^ — def.)  (fol.  1 7 r°)  chapi- 
tre 65  (^).Des.  texte  (fol.  230v'')  avecchapitre  90  (0130  3  def.—). 

[107] 


404  REVUE    DE    l'orient    CHRÉTIEN. 

Le  manuscrit  est  défectif  au  commencement  et  à  la  fin. 
(TsAGARELi,  op.  cU.,  n"  121.) 

N°  73 

Xh-XII«  siècle.  Ecrit  par  le  scribe  Gelasi.  Reliure  ancienne  de  cuii 
brun  sans  ornementation,  en  mauvais  état.  Parchemin  épais  de  teinta 
crème,  parfois  fortement  jauni.  195  folios.  Cahiers  de  8  feuilles,  de~ 
(lisez  1)  à  33  (lisez  26)  (fol.  102r").  Dimensions  de  la  page  :261  X  220"""; 
de  récriture  :  198  X  153"™;  sur  une  colonne.  26  lignes  à  la  page.  Écri- 
ture :  nuskhuri  angulaire,  plutôt  du  type  sinaïtique  que  de  l'athonite. 
Encre  brune  :  en  têtes  en  rouge  vermillon.  Ponctuation  :  -  :  - 

Mémoriaux  :  Beaucoup  d'exclamations  du  scribe  Gelasi  (fol.  Ir"  et 
pass.).  (Fûl.  191 V")  mémoire  de  Zosime  Kumurdoéli  ('bo:!bofl;)  ôS'^a"" 
<i)(.jygno)  ;  de  bgô^ob  (Sérgis)  en  mkhedruli;  plus  bas  celle  de  l'évéque 
Timotliée,  comme  le  donne  Tsagareli. 

Contient  :  Les  œuvres  de  saint  Macaire  l'Ég-yptien  dans  la 
version  de  saint  Euthyme  l'athonite. 

1.  (Fol.  1  r"-16r°.)aÔol)(^oîÇ3^g6o^8orpol)5çp5  Bg55çr,ol>5  856ol)6 
a^j-^fool^Go.  Lettres  du  saint  et  béni  père  Macaire.  Inc.  Oa^rocQ- 
o^a  co^r'DO'^  cniB.s  Pig8  ilogfo  93051160:!  Bg3Boî...  Paix  à  vous  par 
moi,  mes  fils... 

2.  (Fol.  16r"-27v".)  gôobôoîçjig  00.^30  0  :  Lettre.  Chapitre  11. 
Inc.  99:ifii(o.Ô:>a  œ^ggGop^  33oçt>6cî  fig96o}  bggjiogâSBcr!.. .  Paix  à 
vous,  mes  fils  spirituels... 

3.  (Fol.  27v°-52v".)l)^53ci.'^6o  ^ao^ob.^  cq^  5gôicool>5  Bi-aobi 

figgBol)5  8535eool)o.œ.'>3o  5.  Doctrines  de  notre  saint  et  bien- 
heureux père  Macaire.  Chapitre  i.  Inc.  ac53gc:'a)5  ag<36  0^8°^- 
ap3yg566 g^agromo  BggBo  a.sw5çpob...  Le  roi  de  tous,  notre  Dieu 
aimant  toujours  l'humanité... 

'  4.  (Fol.  SSv'-ôSv".)  aobo  3g  mb^o  6.  Du  même.  Chapitre  11. 
ïnc.  TOo:!ag2riBo  obagBgogB  bo(5yg5OT.')  gij^ç^obàooi...  Ceux  qui 
entendaient  les  mots  du  Seigneur... 

5.  (Fol.  G8v"-78v°.)  aobo  3g  01:530  5.  Du  môme.  Chapitre  111. 
Inc.  bgçr>o  jàgob.sa  g(^BgÔob5  œ^b...  L'àme  de  l'homme  à  cause 
de  la  désobéissance... 

6.  (Fol.  78v''-88v".)  aobo  3g  01.^30  ag  ço.  Du  même.  Chapitre  iv. 
Inc.  jPîob^g.sBgm.s  bw.c^gçpo  bbg.'^Q  .sfob...  Le  monde  des  chré- 
tiens est  un  autre... 

[108] 


CATALOr.LE    DES   .MANUSCRITS   GÉORGIENS.  405 

7.  \Fol.  89v"-99r".)  Oobo  ;ij  m.\i»  j.  Du  même.  Chapitre  v. 
Inc.  ô)f'î0^çjiiT>.'>  ir);)ô.');jK  rt.-xKo.-)  QV)fvo;]ô5o. ..  Ceu.\  QUI  veulent 
que  la  vie... 

S.  (Fol.  99r-108r°.)  Oobo  33  00530  3.  Du  même.  Chapitre  vi. 
Inc.  r)j5,Koi).)C>  ^o6.^ubi(t.Moa;)y(5ggçj^0.')r)...  Le  béni  prophète... 

9.  i^Fol.  105r"-l  1 1 1'.)  ilobo  3>)  01530  'b.  Du  même.  Chapitre  vu. 
Inc.  bôS^cj!  JpSob5j].^f>;if)o  rtoîOgç^Go  90^^33^^??  ^cooiG...  Les 
parfaits  chrétiens  qui  sont  venus... 

10.  (Fol.  111  r -II  lv".)8obo  33  0)^306.  Du  même.  Chapitre  VIII. 
lac.  30(j).')rJQ.>  ^i.>3i>  (Jujo^^pSo  b(T((j53çjibo  3oD.>...  Comme  un 
hrimme  riche  au  monde... 

1 1.  Fol.  11  IV-inv".)  3obo  33  a>53oâ>.  Du  même.  Chapitre  IX. 
Inc.  333.'>ç^b  306  83  3cîçoPi3j5îQ  Sg^^co^...  Quelqu'un  entra 
pour  s"agenouilIer... 

12.  (Fol.  inv-l^  Ir".)  9obo  33  or).'>3o  ô.  Du  même.  Chapitre  x. 
Inc.  bo(5tjg.>Q  050  b;>bg(g333çjiob5...  Le  mot  du  royaume... 

13.  (Fol.  121r"-I3'2v".)  9obo  3300530  05.  Du  même.  Chapitrcxi. 
lue.  j5Q(TiÔfoo3o  0363050  3065000556  3335foCP-'> ■  •  -  ^u  que  la 
nature  humaine  est  tombée... 

II.  (Fol.  132v"-138v".)  aobo  33  30005603^)  5liforf)oçnr.o  .^jg6fi)5 
bcogçj^b5  [sic.)  83co03OO5  8500  ^30005^0050.  îq5  5co5  00500  ogo  Yi^fyo 
b5^Û3co5Q  00530  83  oô  :  Du  même  :  Que  l'homme  parfait  était 
une  ombre  des  bontés  futures,  non  la  véritable  image  des 
faits...  Chapitre  XII.  Inc.  fporp3Ô5o ogo 3cîb3bo  60^835^15^36555... 
La  gloire  de  Moïse  qu'il  avait... 

15.  (Fol.  138v°-l  llr".)  Sobo  33  00530  Ôg  (Ms.  ôô).  Du  même. 
Chapitre  xiii.  Inc.  3530  53385coo(53Ôob5  9cîyg5(o6  ççi5  {o9coOTob5 
9(nyg5co6,..  L'homme  qui  aime  la  vérité  et  Dieu... 

16.  (Fol.  141r"-112v".)  9obo  33  00530  ôçp.  Du  même.  Chapi- 
tre XIV.  Inc.  bjs^bo  ogo  5)9cotr)ob  90^1)35(0360...  Les  âmes  qui 
aiment  Dieu... 

17.  (Fol.  142v°-115r°.)  8obo  33  00530  03.  Du  même.  Chapi- 
tre XV.  Inc.  {joî335:;'o  33  bo5r'35no  33s:;^oboob5...  Chaque  aspect 
de  l'église... 

[109] 


406  REVUE    DE   l'orient    CHRÉTIEN. 

18.  (Fol.  145r''-148v".)  8ol>o  33  0)^30  o7i.  Du  même.  Chapi- 
tre XVI.  Inc.  ^oOToçTi  5toI)  95cob35Q  clç55(}5wgÔ^a  çq^  gglic^gÔia.. 
Bon  est  le  jeûne,  l'attention  et  la  vie  dans  d"autres  pays... 

19.  (Fol.  14Sv°-153v°.)  aobo  3-)  ay>>so  0%.  Du  même.  Chapi- 
tre XVII.  Inc.  QgQbç;^io  050 '15gQobi)a  îçdwcDOîgûobà  OoS^toot...  Le 
feu  d'en  haut  envers  la  divinité... 

20.  (Fol.  153v*'-162r°.)  Oobo  3g  m^so  oê.  Du  même.  Chapi- 
tre xviii.  Inc.  C05Q  Og  slro^g^OT...  Que  dirons-nous?... 

21.  (Fol.  162r°-127r°.)  8ol)o  3g  OT530  oot.  Du  même.  Chapi- 
tre XIX.  Inc.  'j(Qà<rr^o  (13360  ogbg  jpjobôg  c;ioîg35b5  ;)bÇ.i30^C^^--- 
Notre-Seigneur  Jésus-Christ  montrait  dans  la  prière... 

22.  (Fol.  167r''-172r".)  flobo  3g  0)^30  3.  Du  même.  Chapi- 
tre XX.  Inc.  cocuOç^bù  IGgÔ53b  biOTÈPî  ycQojifp  çoâracnob^... 
Celui  qui  veut  plaire  ù  Dieu... 

23.  (Fol.  172r°-175v".)  âobo  3g  o>53o  3^.  Du  même.  Chapi- 
tre XXI.  Inc.  CTeî8gçmb;>  o&gôcîb  âc^bcnsàû  jçOcocoob.)...  Qui  vou- 
dra approcher  de  Dieu... 

24.  (Fol.  175v''-177r".)  3obo  3g  01530  jô.  Du  même.  Cliapi- 
tre  XXII.  Inc.  3:g98.ifoo56o  ogo  6crjyg5PSg5o  j^ScoOTobiBo...  Les 
vrais  amants  de  Dieu... 

25.  (Fol.  177r"-179v°.)  Bobo  3g  01530  3^.  Du  même.  Chapi- 
tre XXIII.  Inc.  Gg(«).^ôio    Soîgojgç^o    o53rmg  bgrocîQOT  ilci^djogiôio 

050...  Le  béni  apôtre  Paul,  l'architecte... 

26.  (Fol.  179v°-181v'*  (def.  — .)  aobo  3g  ^n.v^o  3g  {sic).  Du 
même.  Chapitre  xxv.  Inc.  ycî3gc;'ai5  oGgèc^b  o).\jb5  oi^bb.s  ilogg- 
85a  Jg385roo(;^gÔooi  ^^çgc^ob^...  Tous  voudront  se  donner  en 
vérité  au  Seigneur...  Entre  fol.  181-182  une  feuille  perdue  : 
i.  e.,  l'incipit  du  chapitre  xxvi  fait  défaut... 

27.  (Fol.  I85r»-188v«.)  8obo  3g  ^530  3"%.  Du  même.  Chapi- 
tre xxvii.  Inc.  55cr>ljrorîôçQ5  fî^g^  8585Q  gbiai...  Le  père  Isaïe 
nous  racontait...  Des.  fol.  188 v° (rouge)  ■^j.v  f,o.\)bcogç^-'ai.'>  ggoi,- 
9gb  015(058.^60^00,  Ici  se  termine  la  traduction  d'Euthyme. 

28.  (Fol.  188v"-IS9r».)  558eîQb5rogo.->Q  'f;8ou>ob5  8.i35f5obo  ; 
œbfocîôic!   b.^35fo3gç»o   005   ôco\îyo635çTig    :   Révélation  de  saint 

[110] 


I  ATALOOLE    DES    MANUSCHITS    (iÉOHGlKNS.  IU7 

Macaire  :  conte  profitable  et  brillant.  Inc.  ^^^mljrtcïôfti.^  ^ili)^' 

•'l'îÇ^^O  'p«^oy)nb:>  0.~)c1ob.^  il^^.^rto  içj';)jbiGc)fo;)r5^()b^>u.  Uq    élève 

du  saint  père  Macaire  d'Alexandrie  nous  racontait...  (Des.  après 
12  lignes.! 

29.  (Fol.  lS!)r"-191r".)  bibÇ.)gçj^o  fpoQ3yôgc;><)  ÇOoywjb^  \y.> 
i^)^;>Ççno  bicldc;[>ob5  g<3c!^333C!!'obi  cDggçgiCîfoy  0a>.>3JCo-0t'îÇ.'>0i)b.')  ; 
.i)."»cogil.-)r)oç[no  i1;);)ob.^  lî^^Gob.»  gocQrtgo  8cn5Ç0nf!>;)ç^ob.^  :  .Miracle 
de  .saint  Théodore,  traduit  pur  Georges  TAthonite.  ;)^>",|(n  j^^r)Q 

*'"W(')^''H''^  ^-jioobf^Gb  i1(Tl|.J;-).)(ô;)b,i  ;),{b;)ùo.'>b.  ^^.^ilo  n);)  ilfî^.x'iob.lU. . . 

L"e  cette  façon  la  pieuse  Eusebia  acquit  le  corps  du  martyr 
Tliéodore...  (Fol.  191 V)  sans  écriture  :  main  du  scribe,  gcocoo 
"'■\"^6(K>0  'Jii")"60^'*  li'loxiCi'c^  u><>y'<'î  :  plus  bas  ménioire  de 
>t'rgis  (fui.  192  r").  Inc.  encore  le  tt'.\te  précédent.  il.>o)  ^j.>f) 
,Vù)ciG.  i6g  boyaoçnobi  556  ocnof);/)...  Des.  fol.  195 V"  :  à  la  fin, 
mémoire  de  Sérapion  :  plus  bas,  celui  de  l'évêque  Timothée, 
comme  le  donne  Tsagareli  (au  lieu  de  3063,  lire  003'''^^)- 
(Ts.viARELi,  0/).  cit.,  n"  IIG.) 

N»  74 

XlIIe-XVl»  siècle.  Copie  d'un  orit^inal  provenant  du  mona-stère  de  Kal- 
lippos  (,v>Cj<>'"'ojl))  par  Mikcl  Martsuala  i\-\s"  ibfôQj^!r>.>  .  Reliure  moderne. 
Papier  oriental  de  teinte  ivoire,  fortement  troué  par  les  vers  et  réparé 
dans  la  suite  par  une  autre  main.  219  (312-93)  folios  :  lenumération 
'  commence  avec  fol.  93.  Dimensions  de  la  page  :  260  X  200"'";  de  récri- 
ture :  182  X  130""°:  sur  une  colonne.  22  lignes  à  la  page.  Ecriture  : 
nuskliuri  grand,  incliné,  arrondi  :  encre  brune.  Ponctuations  :  .  Quelques 
mémoriaux  :  (fol.  189v")  1)  main  du  texte.  ....'ijcj"  g;.)  .-"l,.)  .iïï>  'Ik-v,  [ig>) 
*"^^'aôj)C;t"''>  (*"^)  •  ^)  pl"*  ^^^  (main  de  celui  qui  répare  l'ouvrage). 
•  •  ■  Ô'S"^3^"'^"'  fl^"^''>  if!'*  it" '^  fJiOobi  ô.>(o6^ô.>ab    cn^l)...  .Main  du  texte 

,  iSC|^o3oibl>  i>.lfV}.>  .«liibo  ffîyfp.>Q  pojGo... 

Contient  :  Les  œuvres  de  saint  Basile,  de  saint  Gréguire  de 
\    Nysse  et  de  saint  Jean  Chrysostome,  les  mêmes  que  dans  le 

n'  M,  mais  dans  un  état  tns  fragmentaire. 
^        1.    Fol.  9:Jr''-98r".)  a.  Saint  Ba.sile  le  Grand  sur  IHexaheme- 
ron.  Homélie  3.  Inc.  — def.  •Icrjôgc^'  ^"b  030  lî.)i1(QbÇ(a3o^^ob.% 
aob... 

Fol.  9Sr"-10Sv".)  6.  Homélie  1.  Inc.  focîOaer'Go  Oj  ^icr.)j<pj- 
556G0... 

[111] 


408  REVUE    DE    l'orient    CHRÉTIEN. 

(Fol.   10Sv°-123v".)  c.   Homélie  5.    Inc.    ro.^  oo^a-^  3Q^c;'35G 
.^îocM.'iQaB;]5  ^ggy.^65a.i6... 
(Fol.  123v°-145r°.)  d.  Homélie  G.  Inc.   rocnBgçmo  IÔ:>1j3o^yb 

(Fol.  II.5r°-1.57v''.)e.  Homélie  7.  Inc.  g'^^acisyço^ciàçr-cr):^  jgd... 

(Fol.  1.56v''-I74v°.)/".  Homélie  8.  Inc.  ô^OoioçoaG  ^gay.^G^cl.'^R 
l).^9356aaC"o... 

(Fol.  I71v"-18Sv°.)  g.  Homélie  9.  Inc.  36  g58oî5oB6fp.-> 
OT^gar.... 

2.  (Fol.  190v''-244v'\)  Titre  endommagé:  Grégoire  de  Nysse  : 
sur  la  création  de  l'homme,  etc.  Inc.  yoîagç^o  ciflfornob  âbifeg- 
coaôol).s  l)Ç53ÇTi5Q  bgç^oo.'s  h'Q-^biyi^  oi:^l)  5fol)  g.')6l)5g3Ôaç:;;'5çQ. .. 

Après  fol.  244 r°  une  lacune. 

3.  (Fol.  245r''-270r".)  (Saint  Jean  Chrysostome)  omoîbcciao- 
çmoL.^a  OTiaoccîg);  op.'i  .■506.  ^i.1.^.Q  Pia'^'''  '5çj;'8.')6... 

(Fol.  270r°-304.)  Homélie  5.  Inc.  oocosaç^o  ggi  yc^aaç^i^  ja^'"*"" 

Après  cette  homélie,  il  y  en  a  d'autres  fragmentaires,  sans 
doute  les  mêmes  qu'au  n"  44,  mais  le  manuscrit  est  tellement 
abîmé  qu'il  est  très  difficile  d'en  établir  le  nombre  et  ce  qui 
en  a  été  conservé.  Des.  (def. — )  fol.  312v". 

Ce  manuscrit  a  le  même  contenu  que  le  n"  44  et  a  été  copié 
sans  doute  sur  le  même  original  que  celui-ci. 

(TsAGARELi,  op.  cit.,  n°  125.) 

N°  75 

Datant  de  1066  {^^hh  hî^.  Écrit  au  monastère  d'Ezra  par  le  prêtre 
Grégoire  (,-J|P)05ca!î:  Ijgealio).  Reliure  moderne.  Parchemin  mince  de  teinte 
jaunâtre.  123  folios  {pace  Tsagareli).  Cahiers  de  4  feuilles  de  ^  (lisez  1)  à 
3'^  (lisez  27).  Dimensions  de  la  page  :  251  X  164"»™;  de  l'écriture  :  174 
X  95""»:  sur  une  colonne.  26  lignes  à  la  page.  Ecriture  :  nuskhuri  petit 
et  régulier.  Ponctuations  ■  :  :- 

Mémoriaux  :  Sur  fol.  1  r»  partiellement  effacé  :  la  sœur  de  Nikolozi  a 

posé  ce  livre  au  Saint-Sépulcre  (XII1=  siècle). 

(Fol.  123r°).  Colophon  du  scribe.  (jioQ  ma  {sic)  OoTijjTili.s  ^iR'^aii  ôîlcoE^  • 
miihii  [...]  wK'ioli.S  OaÇg^Gooi.^  b?)g553  "Jd^i  ;][t>0  •J^l'-'^Ofl  H'^ô^'"^  •"  ^'^3  •" 
(IcîB^li^atob.S  kiB.yôraygJolii  aOobi  (sic)  glÎTO.tobb.)  ,-j;)'Â"nai^  ôC^tôob.b  (sic) 
ft"ôS^  ligQgt.iaOT  gàbiçg  ÔgôSoL-s  ligODbo  :-  Gloire  à  Dieu  la  cause  de  tout 

[ll--il 


t  ATALOGLE   DES  MANUSCRITS   GÉOUOIEXS.  109 

bien,  [...]  avec  Taiile  de  qui  ce  ménaion  à  été  achevé  dans  le  K'ronikon 
•2sij,  au  monastère  du  l)ienlieureux  père  E/.ra  par  la  main  du  misérable 
(  Iripol  le  prêtre,  à  prix  de  mon  pain. 

Contii'iit  :  Un  Ménaion    (pas  un  synaxaire,  comme  le  dit 
Tsagareli)  /.aO"  r,'^ipxi  pour  le  mois  d'octobre  complet. 
(TsAOARELi,  op.  cit.,  n"  27.) 

N"  76 

.WI"  siècle.  Kcrit  en  l'an  '.M  du  régime  des  Turcs  (1517  X  32  =1540?). 
lA-rit  au  Saint-Sépulcre  par  rarchiprètre  du  Saint-Sépulcre  Jean  Var- 
■  l/.ieli  (o6a  3oô5do;]gno).  Reliure 'moderne.  Parchemin  épais  et  jaunâtre. 
-13  folios.  Cahiers  de  8  feuilles,  mais  toutes  les  signatures  .sauf  3  (lisez  2) 
fol.  lôV)  ont  été  découpées.  Dimensions  de  la  page  :  258  X  192™"';  de 
:  ■■criture  :  190  X  127""°  :  sur  une  colonne.  22  lignes  à  la  page.  Écriture  : 
iniskhuri  grossier.  Encre  noire  de  mauvaise  qualité  qui  déteint.  Beaucoup 
ili'  mémoriaux,  dont  un  de  Besarion  ifol.  23'lr"  à  la  marge  inférieure). 

Contient  :  Les  œuvres  apostoliques  disposées  par  leçons 
'ur  toute  l'année  selon  le  rite  grec  (version  de  Georges  l'Atho- 
itei;  les  lei.-ons  sont  arrangées  selon  Tordre  du  texte  :  .\ctes, 
i. pitres  catholiques,  Paul  pour  les  cycles  du  Carême  et  de 
l'.iques,  avec  courtes  données  liturgiques  incluses  :  le  texte  des. 
t'il.  Jllr"  :  fol.  -Mlv'-Slîr"  suit  un  long  colophon  de  la  mrme 
main,  dont  nous  donnons  ici  les  parties  les  plus  importantes. 

(lf1ô~ôci  Ç".)  .">0,^b  ycj'~m-~)  bj^jçji'cn.')  g~68G~(T)ÇT)ÔçT>bi  g).^  ÇoG.'jBdço. 
cob.^  (•242)  5-3c>ab;)  l>cre3C:?îÇ  «>^  ..  C^Ô^as^^ttl  bg^mobà  B-6ob.^ 
||^  8(3~îotoco5  îp.')  dSàOD.^  çp.^  yor)."»  onicn.N  figclOT:»...  çp.'ioÇQfo.^  Ç~g 
\>~.~>  b5ç5çj>5;5b.%  'p;]crb.^  :  çpô  :  otQf^^cnb  ^cifi-^ônh^ihb .  oiçp^h  ^CTo- 
(^gfJo  8"~m  lJoî6rp;]b  b.^Ç^foor>3Çji.>tj>  3<Tif03.:)cn.i  tî~f>or>.^  m^b.  .^(5q.^ 
30b  3jbcn3,>^p  gôasgôîpgb  cn^Gogfo  îîJOf,nob.>  Jofoobà  rçà  bbyg;- 
îmob.).  c>,^  ifoQ.»  fi~('K)(^bcn3iC)3(5;)3aôîpj)b  :  35cooç;;'j)  a(5ôa3Coob6 
g.^OT>(ogi;)ç^ob.')  <TtJô)g63~ç[nob.^  rp.'>  So—Çob.)  B~ob6  .>^.)  d~ô  c)cîOîob.~> 
R—Gobi  ip^b. 

.\u  foi.  212v"-243v°,  beaucoup  de  mémoires  par  des  mains 
tliCférentes. 

(T.sA(iARELi,  op.  cit.,  n"  15.) 

[113] 


410  REVUE    DE    l'orient    CHRÉTIEN. 

N»  77 

XI^-XII'^  siècle.  Probablement  écrit  au  monastère  d'Ezra,  comme  le 
n"  75,  auquel  il  ressemble  beaucoup.  Reliure  moderne  en  cuir  vert  olive, 
avec  dessins  en  or  :  au  dos  IBIIPIKOS  SYNAZAPIÏTIIS.  Parchemin  épais, 
très  jauni,  et  usé  aux  marges.  270  folios.  Cahiers  de  8  feuilles,  sans 
signatures  visibles.  Dimensions  de  la  page  :  280  X  189'"":  de  l'écriture  : 
241  X  130™";  sur  une  colonne.  Écriture  :  nuskhuri  petit.  Encre  noire 
avec  les  en-têtes  en  vermillon.  Ponctuations  :  ■  :  ■  Quelques  mémoriaux. 

Contient  :  Le  syna.\aii'e  poui'  toute  l'année  dans  la  \ersion 
de  Georges  l'Athonite. 

Le  manuscrit  commence  avec  une  relation  (gÇa3°^'^)i  qu'on 
ne  trouve  pas  dans  le.s  autres  manuscrits  de  l'ouvrage,  et  dont 
le  titre  est  abimé,  sur  fol.  1  r".  (Fol.  Iv".)  Préface  de  Georges 
en  asomt'avruli  rouge.  Plus  bas  le  texte  commence  :  b;)jfpg8- 
Ôgrol);>  T:  sjfog^Bo^gçmoÇ.^ftiob^a. . .  1"  septembre.  La  couronne 
de  l'année...  Après  le  fol.  269  il  manque  une  feuille.  Dos.  fol. 
271 V"  (21  août)  avec  saint  Georges  de  Lemnos  (ç^-'OLlGgçr.,)). 

N"  78 

-XIII''  siècle.  Reliure  moderne.  Papier  oriental  mou,  de  teinte  crème. 
218  folios  dont  les  20  dernières  ont  été  rongées  au  milieu  par  les  souris; 
toutes  les  marges  sont  trouées  par  les  vers.  Cahiers  de  8  feuilles,  com- 
mençant avec  ô  (lisez  2);  les  signatures  vont  jusqu'à  ;^o  (lisez  22),  ensuite 
elles  n'existent  plus.  Dimensions  de  la  page  :  247  X  195"™;  de  l'écriture  : 
178  X  132"™;  sur:  une  colonne.  25  lignes  à  la  page.  Écriture  :  nu.skhuri 
moyen,  arrondi,  mais  serré.  Encre  brune  :  initiales  et  en-têtes  en  rouge 
vermillon.  Ponctuations  •  :  Sans  mémoriaux. 

Contient  .-Un  Ménaion  y.7Ji'-q<^.épxq  du  mois  de  décembre.  Nous 
avons  le  texte  complet  du  3  au  27  décembre  (en  tout  cas  jusqu'à 
saint  Etienne  :  à  partir  de  cette  date,  les  pages  ont  tellement 
souffert,  qu'on  ne  peut  pas  en  établir  le  contenu). 

Le  manuscrit  est  défectif  au  commencement  et  à  la  lin. 

(TSAGARELI,  op.   Cit.,   n"  56.) 

N"  79 

XV1I«  siècle  {•>].  Reliure  moderne.  Papier  oriental  de  mauvaise  qualité 
et  de  teinte  brunâtre.  259  folios.  Cahiers  de  S  feuilles,  sans  signatures 

[114] 


CATALOGUE   DBS    MANUSCRITS   GÉOnOIENS.  111 

visibles.  Dimensions  de  la  page  :  248  X  167""";  de  i'ûcriture  :  198  X 
I  10'""" ;  sur  une  colonne;  de  'ii\  à  33  liâmes  à  la  page.  Kcriture  :  nuskiiuri 
irrossier.  Eucre  brune,  qui  a  perforé  le  papier.  Ponctuations  ■ 

Contient  :  Un  Triodion. 

N   80 

.\II«-X1II''  siècle.  Reliure  inodeme.  Parchemin  frrossier  de  teinte  jau- 
nâtre. 21!-!  folios.  Cahiers  de  8  feuilles,  sans  signatures  visibles.  Dimen- 
sions de  la  pa^Lje  :  250  X  171°"":  de  l'écriture  :  200  >:;  KîO'"'":  sur  une 
colonne.  20  à  la  pape.  Écrilure  :  nuskiiuri  petit  et  clair.   Ponctuations  •  : 

Memoriauj-  :  Un  grantl  nombre,  dont  la  plupart  sont  tris  courts. 

Contient  :  Li-  Synaxairc  de  Georges  l'Athonite.  Inc.  i — def.) 
fol.  Ir"  avec  le  13  septemlire.  dont  il  ne  reste  que  quelques 
lignes;  des.  22  août,  fol.  218v"  (def.  — ). 

(Tsa<;arki,i,  op.  cit.,  ?) 

N"  81 

.W'-.KVI"  siècle.  Reliure  moderne.  Papier  oriental  de  mauvaise  qualité. 

:i02^1t)0  -|-  202)  folios.  Caliiers  de  8  feuilles  sans  signatures  visibles.  Le 

i!i;inuscrit  se  compose  de  deux  parties  séparées,  dont  i"une  a  été  reliée 

!'■  haut  en   bas.  Dimensions  de  la  page  1  :  245  X  165°"";  de  la  page  2  : 

:;u  X  158""°  ;  de  l'écriture  :  page  1  :  190  X  120""",  page  2  :  176  X  100""», 

liiacune  sur  une  colçnne.  Lignes  à  la  page  1,  32:  à  la  page  2,  25.  Écri- 

>''e  :  nuskhuri  petit,  angulaire,  incliné  :  les  deux  parties  sont  de  mains 

férentes,  mais  assez  semblables,  et  de  la  même  époque.  Encre  brune. 

ijuclques  inscriptions. 

Contient  :  1  (fol.  Ir'-102v°.)  Ménaion  7.xf)'r,j.ip3;  pour  le 
mois  de  juillet,  du  1'' (.saints  Côme  et  Daiuieni  au  27°  (Pante- 
léeimon)  (def.  — ):  -  (f-^l-  103r-:501  V.)  Tpuoî-.îv  (def.  — ). 

(TsAiiARELi,  op.  cit.,  n"  GO.) 

N=  82 

.\1'-.\II-  siècle.  Reliure  moderne.  Parchemin  épais  de  teinte  crème. 
151  folios.  Cahier  de  8  feuilles,  sans  signatures  visibles.  Dimensions  de  la 
page  ;  249  x  174°'";  de  l'écriture  :  175  X  118™™;  sur  deux  colonnes 
avec  un  espace  de  18°"™  entre  elles.  25  lignes  à  la  page.  Écriture  : 
nuskhuri  petit,  angulaire  et  presque  vertical.  Ponctuations  :  •  :  •  Sans 
mémoriaux. 

t>151 


-112  REVUE    DE    l'orient    CHRÉTIEN'. 

Le  manuscrit  s'appelle  Tpuôîuv  (fol.  Ir"),  mais  c'est  plutôt  un 
lectionnaire  des  o.'u\tcs  apostoliques  pour  les  cycles  du  Carême 
et  de  Pâques.  11  est  défectif  au  commencement  et  à  la  fin. 

N"  83 

XII^-XIII"  siècle.  Reliure  ancienne  en  cuir  brun  foncé,  ornée  de 
dessins  scéométriques  orientaux.  281  folios.  Parchemin  épais  et  blanc. 
Cahiers  de  8  feuilles,  de  ^ti  (lisez  27)  à  Rô  (lisez  52).  Dimensions  de  la 
page  :  262  X  198™™;  de  l'écriture  :  202  X  135™™;  sur  une  colonne. 
28  lignes  à  la  page.  Écriture  :  nuskhuri  angulaire  et  incliné.  Encre  brune. 
Ponctuations  •  :  :  -  Sans  mémoriaux. 

Contient  :  Ménaion  pour  les  grandes  fêtes  è-z.XiYaîrjv  Inc. 
avec  le  22  avril  ( —  def.),  fol.  .^r"  saint  Georges,  et  va  jusqu'au 
mois  d'août  (dcf. — ). 

(TsAGARELi,  op.  Cit.,  ïï" 61  ;  il  dit  que  c'est  un  nEvr^z-oîtàpiov), 

N"  84 

XlVo-XVI"  siècle.  Reliure  moderne.  Parchemin  de  mauvaise  qualité 
de  teinte  jaunâtre.  180  folios,  numérotés  au  crayon.  Cahiers  de  S  feuilles. 
Dimensions  de  la  page  :  242  X  198™"i:  de  l'écriture  :  200  X  I38mm;  sur 
une  colonne.  31  lignes  à  la  page.  Ecriture  :  nuskhuri  assez  petit.  Encre 
brune.  Ponctuations  :  •  •  Sans  mémoriaux. 

Contient  :  Chants  en  l'honneur  de  la  sainte  Vierge  {-xpi- 
v.Kr,ciç)  et  de  quelques  grands  saints. 

Les  trois  premières  feuilles  sont  très  déchirées.  Le  manus- 
crit est  défectif  au  commencement  et  à  la  fin. 

N"  85 

XIV'î-XV"  siècle.  Reliure  moderne.  Papier  oriental  dur,  de  teinte  rou- 
geàtre.  308  folios,  fortement  abîmés  par  les  vers.  Cahiers  de  8  feuilles  : 
signatures  détruites  par  les  vers.  Dimensions  de  la  page  :  235 X  170™™; 
de  l'écriture  :  175  X  120™™;  sur  une  colonne.  32  lignes  à  la  page.  Ecri- 
ture :  nuskhuri  petit  et  irrégulier.  Encre  brune.  Ponctuations  :  -  ■  San  s 
mémoriaux. 

Contient  :  Le  Triodion  (85Pjlj3à6o). 
Le  manuscrit  est  défectif  à  la  fin. 

[116] 


CATALOGUE   DES   MANUSCRITS   GÉORGIENS.  113 

N  •  86 

XIII"  siècle  Écrit  au  monastère  de  Sainte-Croix.  Reliure  moderne. 
Papier  oriental  mou  de  teinte  rouge;\tre.  171  folios,  dont  les  bords  ont 
souffert  des  vers.  Cahiers  de  8  feuilles  sans  signatures  visibles.  Dimen- 
sions de  la  page  :  242  X  150°"°;  de  lécriture  :  221  X  ISO""";  sur  une 
colonne.  36  lignes  fi  la  page.  Écriture  :  nuskhuri  petit  et  carré.  Encre 
il'un  brun  noirâtre.  Ponctuations  '  :  -  Sans  mémoriau.x. 

Contient  :  Un  \\xpx/.'/,r,-::/.ï'i  (ooàbQC)gÔgc;>5o  icjyjjncjOob.^Go). 

N»  87 

XVl'-XVII"'  siècle,  Écrit  au  monastère  de  Sainte-Croix,  à  Jérusalem, 
par  le  moine  Jacob  (o^ôobo  fol.  18<5v»).  Reliure  ancienne  en  cuir  noir  sans 
aucune  ornementation.  Papier  blanc.  180  folios.  Cahiers  de  8  feuilles,  de 
relisez  1)  à  3g  (lisez  25).  Dimensions  de  la  page  :  271  X  180°"™;  de  l'écri- 
ture :  004  X  ISS"";  sur  une  colonne.  30  lignes  à  la  page.  Écriture  :  nus- 
khuri droit  et  carré  :  lettres  initiales  en  rouge  vermillon.  Ponctua- 
tions :•  :  • 

Mi^iiinriaux  :  Sur  les  deux  feuilles  de  irardc.  au  commencement  du 
manu.scrit:  sur  le  verso  de  la  première  : 

a)  Mémoire  de  oôgô;)^obdg  fioîcjj6yi>930Ei^<>  ôqqIj^  en  beau  mkhedruli. 
Snr  le  recto  de  la  deuxième. 

a)  2  mémoires  en  grec. 

/i)  CpliiN  ba.si  mémoire  de  Théodore  'mgeîajcqfoa). 

Contient  :  Le  riîVTTîxcjTâp'.îv  ^'b.i(5o36o). 
(Ts.uiAUELi,  op.  cit.,  n°71.) 

N°  88 

Les  quatre  Évangiles  imprimés  dans  l'édition  du  roi  Vakhtang  à  Tiflis 
(a.  1709). 

N"  89 

Xllh-XV"  siècle.  Reliure  moderne.  Parchemin  blanc  de  qualité  moyenne. 
15  folios.  Cahiers  de  8  feuilles  :  signatures  ^^  (lisez  21)  et  ^ô  (lisez  22). 
Dimensions  de  la  page  ;  200  X  lOa"""";  de  l'écriture  :  182  X  US™™;  sur 
une  colonne.  31  lignes  à  la  page.  Écriture  :  nuskhuri  gothique,  petit  et 
incliné  :  en-tètes  et  lettres  initiales  en  rouge  vermillon.  Ponctuations  • 
Pas  de  mémoriaux. 


[117] 


\ 


a 


414  REVUE   DE    L'ORIEXT    CHRÉTIEN'. 

Contient  :  Une  partie  d'un  Ménaion  y.:tO''oy.spaç  pour  le  mois 
de  juin.  Inc.  texte  (fol.  Ir")  avec  le  l'"''  juin  (saint  Justin)  et  va 
ensuite  au  5  juin  (saint  Dorothée  de  Tyre). 

N°  90 

XF-XII"  siècle.  Reliure  moderne.  Parchemin  de  qualité  moyenne,  un 
peu  grisâtre.  52  folios.  Cahiers  de  8  feuilles  :  on  trouve  des  signatures  de 
ô"(lisez  10)  et  oT  (lisez  11),  mais  point  d'autres.  Dimensions  de  la  page  : 
254  X205""=;  de  l'écriture  :  186  X  154™™;  sur  une  colonne.  33  lignes  à 
la  page.  Écriture  :  nuskhuri  petit,  serré,  clair,  incliné.  Encre  noire.  Ponc- 
tuation •  :  :•  Pas  de  mémoriaux. 

Contient  :  Un  fragment  d'un  Ménaion  ■^a6'Y;IJL£paç  pour  les 
mois  d'avril  et  de  mai.  Inc.  texte  (— -def.)  21  avril  :  (fol.  Iv°) 
22  avril,  saint  Théodore  le  Sicéote  (cog  1)0^0015981101150)  et  ensuite 
jusqu'au  12  mai  (fol.  52r°),  saint  Épiphane  de  Chypre  (def. — ). 

N"  91 

XllP-Xn^"  siècle.  Reliure  ancienne,  de  cuir  brun  clair,  ornée  de  des- 
sins linéaires  et  de  rosaces.  Papier  oriental,  dur  et  de  teinte  brunâtre. 
350  folios;  les  marges  sont  fortement  endommagées  par  les  vers.  Cahiers  de 
8  feuilles  :  on  rencontre  deux  séries  de  signatures,  dont  la  deuxième  se 
trouve  au  côté  extérieur  de  la  marge  inférieure  :  fol  4v<>  1)?  2)  ^  (lisez  5) 
jusqu'au  fol.  344 r»  1)  arg  (lisez  44)  2)  6'b  (lisez57).  Dimensions  delà  page  : 
260  X  175™":  de  l'écriture  :  200  X  127™™;  sur  une  colonne.  30  lignes  à 
la  page.  Écriture  :  nuskhuri  fortement  incliné  de  grandeur  moyenne. 
Encre  noire.  Ponctuations  ;-  :  ■  —  Très  peu  de  mémoriaux. 

Le  manuscrit  contient  un  Ménaion  général  pour  les  mois  de 
septembre  (15)  à  janvier  (31);  def.  au  commencement  et  à  la  fin. 
Les  feuilles  sont  brouillées. 

(T.SAGARELI,  op.  cit.,   n°  59.) 

N°  92 

X'V'-'-XVI'^  siècle.  Reliure  moderne.  Papier  oriental,  blanc  et  lisse.  178  folios, 
fortement  troués  par  les  vers.  Cahiers  de  8  feuilles,  de  .i  (lisez  1)  à  ^g 
(lisez  25).  Dimensions  de  la  page  :  245  X  155™™;  de  l'écriture  :  175  X 
100™™:  sur  une  colonne.  25  lignes  à  la  page.  Écriture  :  nuskhuri  incliné. 
Encre  noire  ;  lettres  capitales,  etc.  en  rouge  vermillon.  Ponctuations  :-  " 
Sans  mémoriaux. 

{118] 


CATALOOCE    DES    MAXUSCIUTS    UÉORGIEXS.  415 

Coiitienl  :  l'n  Ménaion  y.3tf)'r,!J.î,:x;  jiour  le  mois  d'octobre 
(  1-31).  Le  manuscrit  est  de  la  même  main  que  le  n"  97. 

N"  93 

XIII'-.W'  siècle.  Keliure  ancienne  en  cuir  d'un  noir  brunâtre  avec 
ornementations  géométriques  et  vestiges  de  fennetures.  Parchemin  épais 
d'un  jaune  grisâtre.  212  folios.  Cahiers  de  8  feuilles;  complet  du  com- 
mencement jusqu'à  ^-'l)  (liseï  27)  (déf.),  mai.':  on  ne  rencontre  point  de 
signatures  jusqu'à  ■:{  (lisez  0)  (fol.  40r'').  Dimensions  de  la  page  ;  257  X 
198""';  de  l'écriture  :  182  X  1"26""";  sur  deux  colonnes  avec  un  espace 
d'environ  Id"""'  entre  elles.  27  lignes  à  la  paje.  Écriture  :  nuskhuri  de 
grandeur  moyenne,  arrondi.  Encre  d'un  noir  grisàti-e.  Ponctuations  ;•  . 
Quelques  mémoriau.x  dont  deux  de  Bessarion  (fol.  2r°  à  la  marge  exté- 
rieure et  inférieure  et  fol.  lôGv"  à  la  marge  inférieure). 

C<ni(ieiit  :  Les  quatre  évangiles  avec  la  lettre  d'Eusèbe  à 
Carpianus. 

1.  Lettre  d'Eusèbe  (fol.  lr»-2r»),  en-tétes  deMt.  (fol.  2v°-4r'>). 

2.  Texte  de  Mattiiieu  (fol.  4v''-58v''),  en-tètes  de  Me.  (fol. 
ôOr-'-v"). 

3.  Texte  de  Marc  (fol.  ôOr-Glv"),  en-têtes  de  Luc  (fol.  95r"- 
961-). 

4.  Texte  de  Luc  (fol.  97r''-Iij5v''),  en-têtes  de  Jean  (fol. 
loGr°-v»). 

5.  Texte  de  Jean  (fol.  157r"-193v"),  def.  —  à  la  fin  («^  = 
193=  19,10). 

6.  Index  lectionum  (fol.  194r'--212r"j  (def.—). 
(T.SAG.\itELi,  op.  cit.,  n"  1(1.) 

W  94 

XII'"  siècle.  Reliure  moderne.  Parchemin  raide,  épais,  blanc.  8  feuilles. 
Cahier  ^  ilisez  3).  Dimensions  de  la  page  :  259  X  lôS"»™;  de  l'écriture: 
182  X  l'29""°;  sur  deux  colonnes,  avec  un  espace  de  lO""»  entre  elles. 
26  lignes  à  la  p;ige.  Écriture  :  nuskhori  petit  et  droit.  Ponctuations  :  • 

Contient  :  Leçons  de  Tapitre  pour  le  Carême.  J'artic  du 
manuscrit  n°  82. 


[1191 


416  REVUE    DE    l'orient    CHRÉTIEN. 

N"  95 

XVI"-'  siècle.  Reliure  ancienne  en  cuir  brun  sans  ornementation  sur 
planches  de  bois.  Papier  oriental,  grossier  et  mou.  371  folios.  Cahiers  de 
8  feuilles  :  la  dernière  .signature  conservée  est  8%  (lisez  47).  Inc.  avec  le 
cahier  ô  (lisez  2):  le  manuscrit  a  été  réparé  çà  et  là  par  une  main  moins 
ancienne.  Dimensions  de  la  page  :  245  X  167""":  de  l'écriture  :  172  >< 
102""":  sur  une  colonne.  22  lignes  à  la  page.  Ecriture  :  nuskhuri  grossier 
et  grand,  du  type  gotliique.  Encre  brun  noirâtre.  Ponctuations  :  ■ 
Quelques  mémoriaux,  parmi  lesquels  (à  la  fin)  celui  du  moine  Esaïa 
(05T>6  al>^o6). 

Contient  :  Les  œuvres  apostoliques,  arrangées  par  leçons 
pour  toute  l'année,  entremêlées  avec  quelques  prières  de 
leuchologion. 

(TSAGARELI,    op.    cit.,  ï\"  19?) 

N°  96 

XI""  siècle.  Reliure  ancienne  en  cuir  brun  noirâtre  avec  dessins  orientaux. 
Parchemin  blanc  de  bonne  qualité.  199  folios  (pace  Tsagareli).  Cahiers  de 
8  feuilles,  commençant  avec  350  (lisez  24)  (fol.  Iv")  jusqu'à  ;io  (lisez  50) 
(sic)  (fol.  193 V).  Dimensions  de  la  page  :  242  X  190"":  de  l'écriture  ; 
200  X  125™'°;  sur  une  colonne.  25  lignes  à  la  page.  Écriture  :  nuskhuri 
incliné  de  type  palestinien.  Ponctuations  :  •  . 

Mémoriaux  :  Au  commencement  et  à  la  fin,  sur  le  verso  des  feuilles  de 
gard,e,  longues  dissertations  du  moine  Besarion  Kiotisvili  (oal>.i6oo36  ^003- 
(ijoSQOi^jo),  qui  relia  le  manuscrit  de  nouveau  en  l'an  1816. 

Contient  :  Ui^e  partie  du  Klimax  de  Jean  le  Sinaïte.  Inc.  texte 
avec  la  fin  du  chapitre  51  (fol.  Ir"). 

(Fol.  12r°.)  Ciiapitre  52.  g-^fJ^oOTlSsoL^  ro5  sgç^ob  ,^9<)l> 
yoîogolii  OTjb  :  du  scrutin  et  de  la  compréhension. 

(Tsagareli,  op  .cit.,  n"  117.) 

jjo  97 

XII'-XIV"  siècle.  Reliure  moderne.  Papier  oriental.  178  folios,  numéro- 
tés au  crayon.  Cahiers  de  8  feuilles  sans  signatures  visibles.  Dimensions 
de  la  page  :  238  X  164""^;  de  l'écriture  :  176  X  98"™;  sur  une  colonne. 
25  lignes  à  la  page.  Ecriture  :  nuskhuri  incliné.  Encre  brune;  initiales  et 
en-têtes  en  rouge  vermillon.  Ponctuations  :-  Sans  mémoriaux. 

Ll-20] 


rATALOULE   DKS   MANUSCRITS   r.KORGIKNS.  117 

Contient  :  Un  Ménaion/.aO'  i,\j.ipx.^  pour  le  mois  d'avril  (fol. 
1  r  -1 77  VI.  A  la  fin,  leçon  (b^^omTià.jo)  de  saint  Jean  Chrysostome 
pour  les  matines  du  jour  de  Pilques.  Inc.  fôoiiljjî^rx)  V^rôm  jcoo- 
1>(^);)U  il('}f^j;-).M'^;)r>o  yi.')  i)o}to\î;)-5ri-)r)o. . .  ( Fol.  1 77 r"- 178 V". i  Lé 
manuscrit  est  de  la  même  main  que  \o  n"  '.tj. 

(TsAfiARKLi,  op.  cit.,  n"  44. 1 

N-  98 

XI'-XII'-  siècle.  Reliure  moderne.  Parchemin  épais  de  teinte  jaune  gri- 
ti-e.  216  folios  'la  pagination  n'est  pas  exacte  .  Cahiers  de  S  feuilles, 
uùmmcnrant  avec  TT.  lisez  4i  à  jmô (lisez 32)  (fol.  215r'':  il  ne  reste  de  celui- 
ci  que  2  feuilles).  Dimensions  de  la  page  :  225  X  155"*"':  de  l'écriture  : 
184  X  110""":  sur  une  colonne.  25  lignes  à  la  page.  Écriture  :  nuskhuri 
droit  et  carré.  Ponctuations  :-  •  Quelques  mémoriaux  à  la  fin  (fol.  ntiru-v»). 

Contient  :  Vn  .Méiiaioii  y.aO'  r,\j.ipx;  pour  le  mois  de  juin.  Le 
texte  inc.  fol.  Ir")  avec  le  Z  juin  i — def.  :  (fol.  Iv"  :!  juin, 
saint  Dorothée  de  Tyre.  Des.  texte  30  juin  (fol.  17  lr"i.  Ensuite, 
colopliondu  traducteur  Georges?)  fol.  17  lr"-17."ii"i  :  fil.  17.'')V", 
index  |1').^r)y>--)3o). 

(TSAGARKLI,    op.  cit.,   U"    11.) 

N°  99  ^     ' 

XIII'-XIV'-  siècle.  Le  manuscrit  a  été  apporté  de  Saint-Saba.  Ueliure 
ancienne  en  cuir  brun  ornée  de  dessins  linéaires  d'entrelacs  iplaited 
work).  Papier  oriental  dur  de  teinte  crème.  233  folios.  Cahiers  de  8  feuilles 
de.>  (lisez  1;  à  -fi  (lisez  22).  Dimensions  de  la  page  :  248  X  192""»;  de 
l'écriture  :  171  X  155™"':  sur  une  colonne.  21  lignes  à  la  page.  Écrimre  : 
nuskhuri  arrondi.  Encre  brune,  très  foncée,  presque  noire.  Ponctuations  • 
Très  peu  de  mémoriaux. 

Contient  :  Un  lei.tionnaire  de  l'Ancien  Testament,  commen- 
çant avec  le  1"  septembre. 

N    100 

Xlf-Xlll"  siècle..  Reliure  ancienne  de  cuir  brun  sans  aucune  orne- 
mentation sur  les  planches  de  bois.  Parchemin  raide  et  jaunâtre. 
221  folios.  Cahiers  de  8  feuilles,  deï  (lisez  1)  à  ^ôi  (lisez  29).  Dimensions 
de  la  page  :  240  X  18ô""":  de  l'écriture  :  178  X  122°">";  sur  une  colonne. 

1121] 

ORIENT   CURÉTIEN.  27 


41S  REVUE    DE    l'orient    CHRÉTIEN. 

29  lignes  à  la  page.  Ecriture  :  nuskhuri  de  graiideur  moyenne,  un  peu 
incliné  et  carré.  Ponctuations  :  ■  Quelques  mémoriaux  au  commencement 
et  à  la  fin  du  livre  :  partout  de.s  notices  liturgiques  aux  marges. 

Contient  :  Un  Jlénaion  (pas  un  synaxaire,  comme  le  dit 
T.sagareli)  pour  les  mois  de  février  et  de  mars  (1"  février- 
31  mars)  :  à  la  dernière  feuille,  des  leçons  pour  le  9  et  le  25  mars. 

(Tsagareli,  op  cit.,  n"  26.) 

W  101 

XlII-XV''  siècle.  Reliure  moderne.  Parchemin  épais  de  teinte  gris  jau- 
nâtre. 25  folios.  Cahiers  de  8  feuilles,  j^  (lisez  23)  (fol.  Ir"),  jTî  (lisez  22) 
(fol.  Sr"),  _-(7)  (lisez  24)  (fol.  17r"),  ^^  (lisez  25)  (une  seule  feuille  qui  est 
déchirée).  Les  deux  premiers  portent  aussi  des  signatures  arméniennes. 
Dimensions  de  la  page  :  240  X  17(V"m;  de  l'écriture  :  17()  X  126"»"';  sur 
ime  colonne.  30  lignes  à  la  page.  Écriture  :  nuskhuri  petit  et  régulier, 
arrondi,  un  peu  incliné.  Encre  brune.  Ponctuations  :-  ■  Sans  mémoriaux. 

Contient  :  Un  fragment  d'un  Tpr.coînv. 

N°  102 

Xll'-.\]\'=  siècle.  Ecrit  par  Jean,  du  couvent  de  Sainte-Croix  (n";)  ï<  ^b'î- 
ri;|o:.i,ii,ni,)^  ::=  ^g.M'ool)  g.iCgspol^-iotD^  (fol.  234r°).  Keliure  ancienne  en 
cuir  brun  noisette,  ornée  d'un  dessin  en  losange.  Parchemin  fort,  blanc, 
mais  un  peu  jauni.  234  folios.  Cahiers  de  8  feuilles,  de  ,>  (lisez  1)  à  j^ù 
(  lisez  32).  Dimensions  de  la  page  :  256  X  200  ■"'"  ;  del'écriture  :  177  X  128™"=  ; 
sur  deux  colonnes,  avec  un  espace  de  15"'™  entre  elles.  23  lignes  à  la  page. 
Écriture  :  nuskhuri  arrondi.  En-tètes  d'une  facture  malhabile  en  couleurs 
avec  figures  d'animaux  :  miniatures  des  évangélistes  Mattliieu,  Marc  et  Jean 
d'un  travail  grossier.  Ponctuations  ;  ■  Quelques  mémoriaux  ;  deux  sur  la 
feuille  de  garde  au  commencement,  ainsi  qu'à  la  fin  du  manuscrit  (fol. 
2r",  4v'')  :  un,  daté  de  l'an  1547,  en  cursive  grossière  (fol.  92ro).  Colo- 
phon  du  scribe  (fol.  234r'')  {Qioparâ.s  Ç.a  gbg  liftPSoa  âas^fo'-^  "0  'i^S'^S^;!- 
Srn()b.ta(D.^...  rg6op;)co;>  bt)é5ô.Q  gbg  (3.)b  ,'j.i  f2U>;)b  i").')s;ivj.)  :  l>>'5.>fobyoioo> 
,"i.>(')c:!>^()n).'i  roob.S  b\H'5(0ob.S  ôôîd^Caooœi  :• 

Contient  :  Les  quatre  évangiles  avec  la  préface  d'Eusèbe. 

Préface  d'Eusùbe  (fol.  lr"-2r")  :  en-têtes  de  Mt.  (fol.  2v"-4r"). 
Te.xte  de  Mt.  (loi.  5r"-()6v'')  :  en-tétes  de  Me.  (fol.  67r"-v"). 
Texte  de  Me.  .^-boT,  (lisez  I,  l-.\v29)  (lui.  G8i'"-103v")(6  feuille.s 

[1221 


CATALOOLE   DES   MAXUSCniTS   GÉORGIENS.  119 

perdues».  Texie  de  Luc  do  ^  (lisez  ii,  Sa  la  fin  (fol.  l(Hr"-U'.5v"). 
Te.Me  de  Jean  (fol.  lf>7r"--Jir)r").  Index  lectniiium  (loi.  iltlr"- 
•JSlr.i. 

(TSAGARELI,  op.   cU.,  W  S.) 

N    103 

\11«-XIV«  siècle.  Écrit  par  Maxime  de  Tao  (ai^boO;)  rt.)f'j;iE"i«)  (fol.  19  V). 
Reliure  moderne  en  cuir  jaune  :  sur  le  dos  EVArPEAION.  Parclieinin 
blanc  d'épaisseur  moyenne.  199  folios.  Cahiers  de  IS  feuilles,  conimea- 
i-ant  avec  ïï  (Usez  8)  (fol.  If);  se  terminant  avec  çp^it  (lisez  34)  (inc. 
fol.  19:^.r»\  nimcnsion-s  de  la  page  :  232  X  165"'"';  de  l'écriture  :  172  X 
liomni;  sur  deu-x  colonnes,  avec  un  espace  de  11  à  12""»' entre  elles. 
21  lignes  à  la  page.  Ecriture  :  nuskhuri  incliné  de  grandeur  moyenne. 
Miniatures,  d'une  main  assez  exercée,  de  Marc  et  de  Luc  assis,  et  de  Jean 
se  tenant  debout  avec  Prochoros.  (Fol.  57)  (marge  extérieure)  dessin  d'un 
.saint  ou  du  Christ  se  tenant  debout  (en  face  de  .Me.  to^g  =  xui,  14- 
Ifji.  Lettres  enluminées  d'entrelacs,  colorées  en  teintes  pâles,  comme  dans 
l'évangile  d'I'rbnisi  (Tif.  Tserk.  Mus.  28).  Ponctuations  :  ■ 

Mémoriaux  :  Le  scribe  répète  son  nom  à  quelques  reprises  (fol.  19  v,  etc.  ). 

Contient  :  Les  quatre  Évangiles. 

1.  Inc.  (— def.)  avec  Mt.  Ûœ  =  24.30  :  des.  Mt.  (fol.  19  V). 

2.  (Fol.  20r<'-V.)  En-têtes  de  Me.  Te.xte  de  Mo.  inc.  foli  22f'' 
des.  fol.  67 r"  :  fol.  L»8r"  sans  écriture,  68 v"  miniature  de  saint 
Luc;  après  celle-ci  une  page  a  été  découpée  dans  le  manuscrit. 

:j.  Inc.  texte  de  Le.  69r''  ^.v  i056c'îu  ft>.>  '"•^ç^Cî^gS"...  des.  Le. 
fol.  1:îSv"  avec  la  fin  de  la  section  (^Oô  =  2L.Û0.  Fol.  130v° 
miniature  de  .lean.  Fol.  1  lu  sans  écriture.  .^pW--'  ie  fol.  1 10 
une  feuille  coupée  :  in<'.  texte  de  .Jean  avec  section  i»  =  1.10 
(fol.  lllr");  des.  fol.  103v". 

\.  Fol.  l!»lr'  —  I99v"  (def.—).  Index  lectionum  |T)66rpj^^o). 

(Ts.iGARELI,  O/J.   c!7.,n''9.) 

N    104 

XVI"-.\I<'  siècle.  Reliure  moderne  en  cuir  jaune.  Le  manuscrit  .se  com- 
pose de  deux  parties  dont  l'une  (  =  foL  l-.")6,  58-59y  est  sur  papier  oriental  et 
l'autre! fol. r)7.60-231)  estsurparcheminblancdcbonnequalité.231  (59  +  172) 
folios.  Cahiers  de  8  feuilles  :  a)  de  T  (lisez  1)  à  €^(lisez  7);  b)  de  o  (lisez  10) 

[123] 


420  REVUE    DE    I/ORIENT    CHRÉTIEN. 

(fol.  GOr")  à  gnô  (lisez  32).  Dimensions  de  la  page  :  a)  et  6)  235  X  ll)2>"""; 
de  l'écriture  :  '()  182x122""",  b)  182  X  US™"":  sur  une  colonne  dans 
chaque  partie,  a)  20  lignes  à  la  page,  b)  23  lignes  à  la  page.  Ecriture  : 
«)  nuskliuri  grossier  du  XVI"  siècle,  incliné  et  assez  grand:  encre  noire; 
)  nuskliuri  clair  et  petit,  semblable  au  type  athonite;  encre  d'un  noir  bru- 
nâtre. Un  ou  deux  mémoriaux,  parmi  lesquels  ceux  du  premier  relieur, 
Makliarebeli  (('l.ib^ifogogcrio)  etdu deuxième,  Ant'imozi  Khuntu.sdze,  àla  fin. 

Contient  :  Un  Ménaion  y.zO'  r,[j.ipx;  pour  le  mois  de  mai. 

Le  manuscrit  est  complet  :  la  partie  a)  complète  exacte- 
ment b).  Fol.  231V»  colophon  du  scribe  de  b),  qui  ne  renferme 
cependant  ni  son  nom,  ni  l'endroit  où  le  manuscrit  a  été  écrit. 

(TSAGARELI,  op.  Cit.,    U"  139.) 

N"  405 

XI1'-X1V«  siècle.  Reliure  ancienne  en  cuir  brun  sans  ornementation, 
tendu  sur  planches  de  bois  couvertes  de  toile  de  lin  bleue  avec  vestiges 
de  fermetures.  Parchemin  blanc,  un  peu  jauni.  1G2  folios.  Cahiers  de 
8  feuilles,  de  ,>  (lisez  1)  à  ,5.^  (lisez  21).  Dimensions  de  la  page  :  258  X 
188""";  de  l'écriture  :  192  X  138™"';  sur  une  colonne.  25  lignes  à  la  page. 
Ponctuations  •  :  :  •  Quelques  inscriptions.  Écriture  :  nuskhuri  coulant  et 
eiidulé  de  grandeur  moyenne. 

'  Contient  :  Un  Tpuôàcv  traduit  du  grec  (fol.  Iv"),  c'est-à- 
dire  dans  la  version  de  Georges  l'Athonite.  Le  manuscrit  est 
défectifà  la  fin. 

N°  106 

Xlll^-XIN^  siècle.  Ecrit  par  le  pécheur  l']tienne  le  diacre  (0gi':5ocT»o 
^Ôys'JQ  COô^o)  (fol-  QSr".)  Reliure  moderne  de  toile  arabe  molle,  de  teinte 
grise.  Papier  oriental,  perforé  par  les  vers.  221  folios  :  il  en  manque  un 
certain  nombre  au  commencement.  Cahiers  de  8  feuilles  :  les  signatures 
ont  été  découpées.  Dimensions  de  la  page  :  270  X  l??""™  ;  de  l'écriture  : 
233  X  139""";  sur  deux  colonnes,  avec  un  espace  de  17"""  entre  elles. 
27  lignes  à  la  page.  Ecriture  :  nuskhuri  arrondi  et  clair.  Encre  brune  : 
en-têtes  en  rouge  carmin  et  en  rouge  vermillon.  Ponctuations  :•:''. 
Quelques  mémoriaux,  mais  la  plupart  ont  été  découpés  :  sur  la  planche 
de  la  reliure,  à  la  fin,  une  note  en  grec  disant  que  le  manuscrit  fut  apporté 
de  Saint-Saba  en  1888  (par  conséquent  ce  manuscrit  ne  peut  pas  figurer 
dans  le  catalogue  de  Tsagareli). 

[124] 


CATALOGUE    DES    MANlSCaiTS   r.KOROlEXS.  1-1 

Contient  :  Un  askétikon  d'Epluem  Syriis'. 
i.  (Fol.   lr"-lr".)  Acéphaloii.  lue.  fortement  abinio  :  col.  2. 
tcQçnpî  oig  (nc^0c;[>ocr>5  biViooD.')  j^g(o  .•»(5b  ilcrjj^j^ôju  bo^iloy)ob.>a... 

2.  (Fol.  3r"-10v°.i  botnBoyoobi  vn-^h  J^ô;-)^^ob.^  Iloil.'xoin  âcnHi- 
T)(nf>ob.">  3o(ô;{;)ç;p(>  <C<T>53o>-  :  tn.^^Go  y>  ÇoG.^Dj^b.^.-j.^çno.  Sur 
la  vertu  à  un  jeune  moine  (en)  quatre  chapitres.  Chapitre  i  ; 
introduction.  Inc.  qq^ç^o  Qb(nPS;]ôob.>cn5b...  Le  Seigneur  pour 
la  vie... 

3.  'Fol.  16v"-2.")V".  b.^tT)r)('î;)ôob.')  cn^b  :  ^oG.-)boQy^-).)Q  0153G0 
oo). Sur lavertu  :  Préfaceien)  lOchapitres.  Inc.  b.^Jococ:}^)  3336. .. 
Déjà  nécessaire... 

11  n'y  a  que  1(>  chapitres;  et  probablement  une  lacune  après 
le  fol.  2.JV". 

1.  (Fol.  27v°-19v".)  Çor).>b(5y-^5Q  bo(^y5b5  5clob  ;{oof)ofoOgç9 
g^^fodàgn^  oD^ab.^  i);)rib.>.  Introduction  au  texte  «  Soyez  en  garde  », 
Inc.  cn^n.vltçgô  3^f5Scn...  Nous  voulons... 

12  chapitres  et  peut-être  une  lacune  après  le  fol.  37. 

7).    Fol.    i'J  V"-.j3  V".)  30cr).>foi);j(j^  ùcôj  j^^jico  .^(ôb  boQOçno  roù  g5G- 

Qbfocïâ^a.  5(^;>0j)y)  (^ofooçno  çni.)  1,^(13^0...  Qu'il  ne  faut  pas  rire 
et  se  moquer,  mais  pleurer  et  regretter...  Inc.  ç^^b:>ôô()  Oc^G^'boî- 
60b;)...  Le  commencement  pour  un  moine... 

6.  (Fol.  53v"-71  V".;  Uobo  ^j  moG.^-'bw.ibaou  b^çpo;)foob.-)  gbcQ- 

(oj^ôob.io  GQ<Ti(50(|)Qb  6ofl5roor)  OcîG^'bciGob^.  cny^n  jg.  Du  même  ; 
Entretien  sur  la  vie  spirituelle  avec  le  moine  Néophyte. 
93  chapitres.  Inc.  3.»^^  SgGo  b5PS'j)3;3Gc<î;)ô.^a...  .le  louai  ta  foi... 

7.  iFol.  71  V"-S2r".i  0;)(oor>ç;;>ob5  gbcîtojàob^  cn'^h  :  cr);>36()  5o), 
A  propos  de  la  vie  droite.  89  chapitres.  Inc.  O.-ifomcrob.^  Qbcnfog- 
ôob.>  015b  mj  gbjcoob...  Si  tu  veu.x  la  vie  droite... 

8.  (Fol.  82r°-87v".)  Oobo  33  joopjbobà  o^foga  Gjiô.^fS^ô  ^Go. 
Du  même  :  les  bénédictions  du  digne  Ephrem.  Inc.  Gj^^fo  i>(oh 
co(Q<)jc"o  ycQ3c^6g)  or)63obQ<3ùç:['  oJUG.)...  Béni  est  celui  qui  s'est 
tout  à  fait  libéré... 

9.  (Fol.87v°-93v''.)  bbg^sGo  G3(;).i(^3ûj6o.  Autres  bénédictions. 
Inc.  G;^(5oro  jcob  toaîOgç^O.)G  Ocîodgçnr»^...  Béni  soit  celui  qui 
force... 

[1251 


•122  REVUE    DE    l'orient    CHRÉTIEN'. 

10.  (Fol.  GGV-lQOr".)  aol)5o3g  boôcj3;>5o  b\ii>3ç^ob5Go  (Icqfi.s- 
T)o:ifi(T),>  iloO^fom  :  or).s;îB()  Oyj.  bÇ53çc"5Q  5.  Du  môme  :  Convorsa- 
tions  didactiques  avec  des  moines.  11  chapitres.  N"  1  inc.  ^'0^)^- 
oi>a  9;)r)^5  ciO^fooDcci...  Gloire  à  toi,  ô  Dieu... 

11.  (Fol.  190r°-191v".)  b\î.>3ç:^.->a  gscî^oîôob  9o95PSod.  Sermon 
à  Eulogius. 

12.  (Fol.  191v"-203r".)  ilojÇy^crgôob  (lo().')Wo-)  ikaB.ybfnfi()b.s 
8g(^y;:^(3c^ob.s"  çp^gÔ330'^  C'-'^  bc'3Ç5C".'>çp  ^•~>fo3.')çji.  (Sermon)  de 
compassion  ;ï  un  moine  qui  disait  :  <<  .le  pars  et  je  retournerai 
dans  le  monde.  » 

13.  (Fol.  203r"-201v".)  b\i.i3ç^5Q  I53  Pi^(3ç:;->gôob5  m^h.  Sermon 
sur  les  mauvaises  haljitudes.^ 

11.  (Fol.  204r"-201r".)  sbBcjcnçgoçT^^Ôob^  m^b.  Sur  la  division. 

15.  (Fol.  206r°-221  V"'.)  (def. — )  Oobo  3;)  .->bGr).^3o  rng  socnbv^ 
306  âcrjogcqbboflçp^Ôçng.  Du  même.  100  chapitres  :  comment  on 
atteint  l'humilité. 

N°  107 

De  l'an  1300.  Écrit  par  le  scribe  Antoni  Eztvalisdzé  (?).  Reliure 
ancienne  en  cuir  noir  sur  planclies  de  bois  fortement  trouées  par  les  vers. 
Papier  oriental,  lisse,  fortement  taché  par  l'eau.  397  folios.  Cahiers  de 
8  feuilles,  de  ;>  (lisez  1)  (les  4  premières  feuilles  sont  perdues)  à  Ooô  (lisez  52). 
Signatures  au  commmencement  des  cahiers  au  milieu  de  la  marge 
supérieure;  à  la  fin,  au  coin  extérieur  de  la  marge  inférieure.  Dimen- 
sions de  la  page  :  250  X  144'""';  de  l'écriture  :  2(i2  X  128""";  sur  une 
colonne.  30  lignes  à  la  page.  Ecriture  :  nuskhuri  petit  et  incliné.  Encre 
brune.  Ponctuations  :  -  ■  Quelques  mémoriaux  à  la  fin  du  manuscrit 
(fol.  396vû-397r"). 

Coudent  :  Ménaion  y.aO-/;[j.épaç  pour  les  mois  de  juillet  et 
d'août  (def.— )• 

Colophon  du  scribe  (fol.  396 v°.)  c^roo  gbg  m'^ê  (1)  oscpobo  çp^i 
•"•g^b^cibo  :  bôS;^-3<5-)  o^.)065  ^gç^'ocni  gl'j^j^^scnobdob.")  55(^c'îGoboco.'i. 
Plus  bas,  par  une  autre  main  :  îpioipgco;)  ft).-)  g^sGbPi^-^çTiçy.s  od;^^ 
)5b5Ôà()ooi;',.bf)  Çgcs^'cn.^  i>3"'î~CPÇo  btj(5   :    fo.->  jfoœ~îmfp  b3  (2)  : 


<o 


il)  .sic. 

(2)  ChinVc  l'cfait. 


,  im 


CATALOfiCE    DES    MAM'SCUITS   GÉOROIENS.  ISS 

•|~^l>.^  :  o},^  :  Ces  deux  mois  de  juillet  ei  d  aoùl  furent  aclicvés 
par  Antoui  Eztvlisdzé  :  les  mois  furent  écrits  et  achevés  dans 
l'an  (!<■  la  t  ivatiun  selon  les  Grecs  G90S;  des  Géor.iriens  «iSOO  (  I  )  : 
Kronikon  5-2n  (=  13(,H.>). 
(TsA<jARELi,  op.  cil.,  n°6;î.) 

N»  108 

XIII'-XVI«  siècle.  Écrit  (fol.  127\"')par  un  vieillard  inconnu {.";;)<~);i.>ri... 
nom  illisible).  Reliure  ancienne  en  cuir  brun  sans  ornementation,  avec 
vestiges  de  fermetures.  Papier  oriental,  mou.  de  teinte  rosàtre,  fortement 
troué  par  les  vers.  127  folios.  Cahiers  de  S  feuilles,  de  .>  (lisez  li  ii  ,i--^ 
lisez  16).  Dimensions  de  la  page  :  24K  x  149""';  de  l'écriture  :  180 
^s  121""°;  sur  une  colonne.  27  lignes  à  la  page.  Hcriture  :  nuskliuri 
incliné  et  régulier.  Encre  brune.  Ponctuations  :  •  Un  ou  deux  mémoriaux. 

Contient: 

1.  (Fol.  1  r"  lOôv".)  Vie  de  la  sainte  Vierge  par  saint  Ma.\ime 
le  confesseur.  Inc.  obilo6;](P  ;)l>;)  ,'-|f'î;i;]eHl-'>r>  «njibfc^iôil.jr)... 
Entendez  ceci,  toutes  les  nations... 

2.  (Foi.  l(K.ir"-127v".)  Chants  en  Thonneur  des  fêtes  de  la 
sainte  Vierge. 

A  la  fin  du  manuscrit,  colophon  elïact'  du  scrilie. 
(Ts.uiAKELi,  op.  cit.,  n"  llu.i 

N^  109 

X11'-XIV«  siècle.  Reliure  moderne.  Papier  oriental  de  teinte  grisâtre, 
rtement  troué  par  les  vers.  Presque  toutes  les  feuilles  sont  restaurées 
Il  pai-tiellement  réparées.  243  folios.  Cahiers  de  8  feuilles,  de  .>  (lisez  li 
li'S  4  premières  feuilles  par  une  main  du  XVIIl'^  siècle)  jusqu'à  jm^  (lisez 
3*'i  ;   cjuelcjues-uns  manquent.  Dimensions  de   la  page  :  230   X  lâS""": 
de  l'écriture  :  180  >   105™'°;  sur  une  colonne.  2.'5  lignes  a  la  page.  Écri- 
ture :  nuskhuri  de  grandeur  moyenne,  carré  et  presque  droit.  Ponctua- 
tions :  '  •  :  Sans  mémoriaux. 

Cnidient  :  Un  lectionnaire  des  œuvres  apostoliques,  arrangé 
en  srrie  annuaire  à  la  iireiiiiie. 

Le  manuscrit  esldelV-ctifà  la  fin;  il  est  de  la  même  main  que 
le  n"  ICK». 

(Peut-<''tre  Tsa'.aiujli,  up.  'il.,  n"  18.) 


(1)  Chiffre  refait. 


[1"^] 


121  REVUE    DE    l'orient    CHliKTIEN. 

N°  110 

XII-XIII'^  siècle.  Reliure  moderne.  Parchemin  jaune  i;risàtre,  assez 
épais.  117  folios.  Cahiers  de  8  feuilles,  mais  toutes  les  signatures  ont  été' 
découpées.  Dimensions  de  la  page  :  229  X  108""";  de  l'écriture  :  188  >; 
107 mm.  5;ur  u[;,g  colonne.  28  lignes  à  la  page.  Ecriture  :  nuskhuri  petit  et 
un  peu  incliné.  Les  lettres  sont  souvent  jointes  les  unes  aux  autres. 
Encre  d'im  noir  brunâtre.  Ponctuations  ■  :  ■  Presque  sans  mémoriaux. 

Confient  :  jMéiiaion  pour  le  mois  de  .septembre  (1-21).  (Fol. 
•2v"-117v".)  tlef.  à  la  fin. 

Les  noms  de  tous  les  auteurs  des  chants  sont  marqués  efi 
marge,  et  sont  classés  dans  un  inde.x  ('lw6fp3jo)  en  avant  du 
texte  (fol.  lv"-2v"). 

(T.s.a.i;areij,  op.  cit.,  n"  12.) 

N»  111 

XllI^-Xn'^'  siècle.  Reliure  moderne.  Papier  oriental,  assez  dur,  de  teinte 
brunâtre.  154  folios,  restaurés  dans  quel(|ues  endroits  par  une  main 
moins  ancienne.  Cahiers  de  8  feuilles,  de  o  (lisez  I)  jusqu'à  001  (lisez  19). 
En  dehors  des  signatures  géorgiennes  on  trouve  aussi  des  signatures 
arméniennes.  Dimensions  de  la  page  ;  238  ><  15ô""";  de  l'écriture  :  205 
X  130™";  sur  une  colonne.  32  lignes  à  la  page.  Ecriture  :  nuskluiri 
soigné,  petit,  un  peu  incliné.  Encre  brune. 

Ménioriau.v  :  (Fol.  154  v°)  (pas  de  la  main  du  texte,  mais  d'une  autre 
plus  récente,  du  X'^^I"  siècle)...  l'Iy  (3;]tÔan  ;)dpî(oiiri  m;)  u>,v^^>;);:;  'hi^ci^Go 
;)!);)  ^o  JtotPQCîUi)...  Moi,  le  vieillard  enseignant  Tevdoré,  dépose  ce  saint 
pentecostarion  au  (Saint)-Sépulcre. 

Contient  :  Un  IlEvr^xcaTâptov  ('b,)(|^o36o). 
Le  vieillard  enseignant  T(evdor)é  n'est  pas  le  scribe,   mais 
c'est  lui  qui  a  déposé  le  livre  au  Saint-Sépulcre. 

(Ts.\(URELi,  oj).  cit.,  n"  70.) 

N"  112 

XV'-XV"  siècle.  Reliure  moderne.  Parchemin  épais,  raide,  blanc,  assez 
sali.  234  folios.  Cahiers  de  8  feuilles,  de  "(lisez  1)  ;  (fol.  1  r")  jusqu'à 301 
(lisez  29)  (fol.  234^).  Dimensions  de  la  page  :  225  ><  lOO"""  ;  de  l'écri- 
ture ;  170  X  110™™;  sur  une  colonne.  22  lignes  à  la  page.  Ecriture  : 
nuskhuri  assez  grossier.  Encre  noire  et  de  mauvaise  qualité.  Ponctua- 
tions •  :  -  Deux  mémoriaux  au  commencement. 

[128] 


CATALOOLE   IlES    MANUSCRITS   OÉORGIEXS.  125 

Contient  :  Chants  pour  le  cycle  de  PAques  (ou  pentecosta- 
riori?)  Le  manuscrit  est  complet. 
(Peut-être  Tsaoareli,  oj).  cit.,  n"  09.) 

N   113 

.K1II"^-XIV«  siècle.  Reliure  moderne.  Papier  orientui,  mou,  de  teinte 
rougcàtre.  20S  folios.  Cahiers  de  8  feuilles  de  -  (lisez  3)  (dont  le  première 
feuille  est  perdue)  jusqu'à  ^^  (lisez  30)  (fol.  208  v").  Dimensions  de  la  page  : 
232  X  155""";  de  l'écriture  :  168  X  104™"';  sur  une  colonne.  20  lignes  à  la 
page.  Kcriture  :  nuskliuri  clair,  incliné,  arrondi.  Encre  brune.  Ponctua- 
tions :■  •  Très  peu  de  mémoriaux  :  je  n'ai  pu  retrouver  les  mots  que 
Tsagareli  cite  delà  fin.  Quelques  mémoriaux  à  la  fin. 

Contient  :  Un  te.xte  abrégé  des  livres  I-I\^  des  Rois. 
Le  manuscrit  est  défectif  au  commencement  et  à  la  fin. 
i'T5;A(;AHf:(.i,  op.  cit.,  n"  3.1 

N"  114 

-W"'  XVI' siècle.  Écrit  au  monastère  de  Sainte-Croix  par  ...  (nom  illisible 
fol.  25v°).  Reliure  moderne.  Papier  oriental,  mou.  125  folios.  Cahiers  de 
8  feuilles  sans  signatures.  Dimensions  de  la  page  :  232  X  148'"'";  de 
l'écriture  :  180  X  110'»'°;  sur  une  colonne.  24  lignes  à  la  page.  Ecriture  : 
nuskhuri  assez  clair,  ferme,  incliné,  arrondi.  Encre  brun  foncé.  Ponctua- 
tions :-  :  •  Quelques  inscriptions  (entre  autres  de  n.);-);)  et  o;);)r).)  (i{'îE^.>y.)- 
."t-y)jmo)  sur  les  feuilles  de  garde,  au  commencement  et  à  la  fin. 

Contient:  Un  Kontakarinn  avec  i.ir.h.'.x  puur  toute  Tannée. 
(Ts.\GARELi,  op.  cit.,  n"  lUO.) 

N    115 

De  l'an  1755.  Écrit  ù  Tiflispar  le  prêtre  Nikolozi  (  acikassvili  (Hn^c^boîTio 
t'ioR(>,-y)l.<J':5oc^(i  fol.  4S6).  Reliure  moderne.  Papier  lisse,  côtelé,  d'origine 
européenne.  486  pages.  Les  cahiers  ne  sont  pas  numérotés.  Dimensions 
de  la  page  :  206  X  UO"""";  de  l'écriture  :  loti  X  112""";  sur  une  colonne. 
La  page  a  tout  autour  une  marge  de  10°""  de  largeur,  dans  laquelle  les 
vers  sont  numérotés.  27  lignes  à  la  page.  Écriture  :  nuskhuri  petit,  incliné, 
dutj-pe  du  XVIll'' siècle.  Ponctuation  '  entre  les  versets. 

Mémoriaux  :  Page  486,  colophon  du  scribe  :  Opjtpgsîijo  fi6fîo3ib33oKj>i> 

So^dgnc'j'bo  ^b  gîlj.  ôgoejolj  OTOTgfibi  ogg^obb. 

■    [129] 


426  REVUE    DE    l'orient    CHRÉTIEN. 

Contient  :  Les  oîuvros  apostoliques  : 

1°  Actes  des  Apôtres  (pp.  1-lOU).  2°  Épitres  de  Paul  :  a.  Inc. 
Romains  (p.  102):  b.  Des.  Hébreux  (p.  332).  3°  Épîtres  catho- 
liques (pp.  331-383).  1"  Index  lectionum  (pp.  389-486j. 

(TSAGARELl,  op.  CU.,  U"  2U.) 

N"  116 

XIII<'-XIV=  siècle.  Reliure  ancienne  en  cuir  brun  repousse,  avec  ves- 
tiges de  fermetures.  Papier  oriental,  de  teinte  rougeàtre,  assez  dur  et 
fortement  troué  par  les  vers.  255  folios.  Cahiers  de  8  feuilles,  de  .)  (lisez  1 1 
à  36  (lisez  28)  :  les  signatures  sont  perdues  après  ,{^  (lisez  26)  (fol.  •JIOv"). 
Dimensions  de  la  page  :  237  X  157™"";  de  l'écriture  :  170  X  lOO'»™;  sur 
une  colonne.  25  lignes  à  la  page.  Écriture  :  nuskhuri  clair  et  incliné. 
Encre  brune.  Ponctuations  :  ■  :  •  Quelques  mémoriaux  au  commence- 
ment'et  à  la  fin. 

Contient  :  Un  lectionnaire  apostolique  pour  Tannée  avec  les 
offices  du  Carême  selon  le  rite  grec  (version  de  Georges  l'Atho- 
nite).  Le  manuscrit  est  complet. 

N"  117 

XlVe-XVI"'  siècle.  Reliure  ancienne  en  cuir  brun,  fortement  abîmée 
par  les  vers.  Papier  oriental,  assez  dur,  de  teinte  rosàtre.  lâO  folios.  Caliiers 
de  8  feuilles,  de  7  (lisez  1)  à  gng  (lisez  33).  Dimensions  de  la  page  :  244  X 
150mm.  £ie  récriture  :  162  X  100™™:  sur  une  colonne.  21  lignes  à  la  page. 
Ecriture  :  nuskhuri  clair  et  incliné.  Ponctuations  :-  • 

Mémoriaux  :  Au  commencement  sur  la  feuille  de  garde  ...iOoUi  po^eot.') 
<)g03.:)Ti().y:5l).i  ('loifl\')CJ7  i')f'35,')T)fî6b  ;JiD^l>ab.  Le  reste  du  mémorial  que 
Tsagareli  donne  se  trouve  à  la  fin  du  manuscrit  (fol.  IGOr")  en  mkhedruli. 
On  en  rencontre  quelques  autres  en  parcourant  le  texte. 

Contient  :  Un  Ménaion  y.aO'  ■r,\j.ipxq  pour  le  mois  de  décembre 
(1-31). 
Le  manuscrit  est  complet. 
(Tsagareli,  op.  cit.,  n"  50.) 

N°  118 

XIT^-XV"  siècle.  Reliure  ancienne  en  cuir  brun,  fortement  abîmée,  sur 
planches  de  bois.  Papier  oriental  de  teinte  rosàtre,  sérieusement  troué 

[130]  • 


fATAI.Or.UK    DES   MAXISCRITS   GKOHOIENS.  1J7 

par  les  vers.  200  folios.  Cahiers  do  H  feuilles  de  .>  dise/.  I  (1rs  deux  pre- 
mières feuilles  manquent)  k;JÎ  (lisez  28)  :  on  ne  trouve  pas  de  signatures 
près  j  (lisez  VO).  Dimensions  de  la  paffe  :  243  X  178""";  de  l't^criture  : 
l/i'i  X  ISâ™"":  sur  une  colonne.  22  liiines  à  la  page.  Écriture  :  nuskhuri 
grand,  arrondi,  un  peu  incliné.  Ponctuations  :-  ■ 

Contient  :  Leçons  de  l'Ancien  Testament,  tirOes  pour  la 
plupart  des  prophètes,  mais  aussi  du  Pentateuque  et  parfois 
aussi  des  œuvres  apostoliques,  pour  les  grandes  l'êtes  et  coni- 
miMUcirations  des  saints  les  plus  importants.  Les  textes  com- 
mencent avec  le  1"'  septembreet  vont  jusqu'à  Pùques. 

Le  manuscrit  est  défoctif  à  la  fin. 

N>  119 

XIII'-XIV"  siècle.  Reliure  ancienne  sur  planches  de  bois  abîmées  par 
les  vers  avec  vestiges  de  cuir  brun.  Papier  oriental,  assez  dur,  de  teinte 
jauiiAtre.  .■}24  folios.  Caliiers  de  y  feuilles  de  o  {lisez  1)  à  <^(=,  (lisez  38). 
[Dimensions  de  la  page  :  238  X  100'"'";  de  l'écriture  :  173  X  98™"';  sur 
lUne  colonne.  25  lignes  à  la  page.  Écriture  :  nuskhuri  petit,  clair,  incliné. 
Encre  brune.  Ponctuations  •  >  Un  certain  nombre  de  mémoriaux  au 
commencement  et  à  la  fin. 

,  Contient  :  Un  'Ov.-zr{-/zz.  Le  manuscrit  semble  être  rflative- 
ment  complet.  La  main  fondamentale  cesse  avec  le  fol.  oOT  v  : 
à  partir  des  fol.  oOT-'.iil  vient  une  autre  main  plus  grossière  : 
lescrilieenest  Siméon  (boOgc-îG.fol.  321v"i.  Au  dos  de  la  planche 
du  devant  de  la  reliure  est  insérée  une  feuille  île  parchemin 
portant  un  te.xte  armi-nien  en  deu.x  colonnes  (erkatagir  du  X- 
AP  siècle).  La  plus  grande  partie  du  texte  est  caciié  par  la 
reliure. 
(T.s.\GARELi,  0}i.  cit.,  n"0:i.) 

N"  120 

.\IV'-X\'-'  siècle.  Reliure  ancienne  en  cuir  brun  de  noix  sur  planches  de 
bois,  ornée  de  dessins  géométri(|ues  et  de  rosaces.  Papier  oriental  de 
teinte  rougeàtre,  assez  dur.  239  folios.  Cahiers  de  8  feuilles,  de  "(lisez  1) 
ji  ^jTi  (lisez  27  .  Dimensions  de  la  page  :  241  X  ISl""":  de  l'écriture  : 
103  X  UO™™  ;  sur  une  colonne.  2S  lignes  à  la  page.  Écriture  :  nuskhuri 
a.ssez  petit.  Les  fol.  1-59  ont  été  remplacés  par  une  main  angulaire  du 
XVII' siècle  sur  papier  blanc.  Ponctuations  :.  :  •  In  ou  deux  mémoriaux  : 

[131] 


428  REVUE    DE    l'orient    CHRÉTIEN'. 

Sur  fol.  239r°   une    note   mentionnant  que  le  père  Jacob  et  Épiphane 
(5ii1.>  (>.\-,oîôb  pgù  gSoQjB;]!))  l'ont  relié  de  nouveau  :  jto^b  nyoî  bô  n).i  (>6  ' 
=  a.  1584. 


Contient  :  Vies  et  passions  des  saiiits. 

1.  (Fol.  lr"-52v°.)  Passion  et  œuvres  de  saint  .Silvestre. 
Inc.  aabj^ôooîl)  SiOçgoç^gclàB...  Eusèbe  tsù'  Y\o.[j.mKoj...  ' 

Delehave,  B.H.G.,  1678.     : 

2.  (Fol.  5-2v°-63v".)  20  septembre.  Passion  de  saint  Eusl ra- 
tios (.s;e),  ses  fils  et  sa  femme.  Inc.  ôco^oùGgb  IwcjOcn.^  T)jy).>... 
Trajan  sur  les  Romains... 

Delehaye,  B.H.B.,  612. 

3.  (Fol.  61r°-67v°.)  ^59;)Ô5q  (pi>  (Ic^^iç^i^c^ô^Q  ÇOoroob^  roi 
c>ocobol).>  fs:)g35o3l)o  ^wocQo.^gogçj-'ob.^a.  Passion  et  œuvres  du 
saint  et  digne  Denys  l'aréopagite.  Inc.  gjoDbfocîÔg).')  cn^^obi 
cr)5bob5  cn^b...  11  nous  racontait  de  soi-même... 

4.  (Fol.  67v°-74v°.)  Sur  le  miracle  à  Chalkopraté.  Inc.  bcîçi;.(>î 
B^qG  dil^Bo;  g5^<1b...  Mais  il  nous  faut,  ô  frères... 

5.  (Fol.  74v°-84r''.)  Vie  de  sainte  Marie  d'Egypte.  Inc.  b.)o- 
^g8çT>(TiQr)5  Sggob^ooi...  Les  secrets  du  roi...  (Endommagé  à  la 
fin). 

6.  (Fol.  81v"-93v°.)  S  juillet.  La  Passion  du  saint  martyr 
Procope.  Inc.  85OT353coi3o5icciÇQgbcjogc'îj(™g(5o553...  Au  temps, 
quand  Dioclétien... 

7.  (Fol.  94r°-101v°.)  Vie  et  œuvres  de  notre  saint  pèreMacaiie 
de  Rome.  Inc.  sgsgçpfogÔoco  PiggB  y<i''^o5g;^5o...  napaxaVjOjiev 
•fly.£iî  oi  Taireivol... 

Delehaye,  B.H.G.,  1004.    ; 

8.  (Fol.  101  v'-llQr".)  Vie  de  Jean  le  compassionné  par  Leon- 
tius  de  Néapolis.  Inc.  dObGcQ  <():>  O^floGc^...  Frères  et  pères... 

9.  (Fol.  II9r"-133v°.)  Viede  saint  Nicolas  de  Myre.  Inc.  Qbo 
SgÔiGo  <^i,  6cQ^5co5joîÔ56o...  Les  vies  et  les  œuvres... 

10.  (Foi.  I33v°-1 14v''.)  31  décembre.  Vie  et  œuvres  de  sainte 
Mélanie  de  Rome.  Inc.  oyoî  riigçDbcoi  3c>îwob...  Il  y  avait  parmi 
les  femip.es... 

11.  (Fol.   114v°-I75r°.)  Vie  et  relation    de   saint   Clément 

[132] 


CATALOr.L'E    DES    MAXCSCIIITS   OKORGIENS.  1-20 

jC'\lOjr)(5(îT»  ),  le  pape  de  Rome.  Inc.  .)îr",)<';)r)ô(QT)  oi^cjôb  m.^T,.^.. . 
[Clément  avec  Jacob... 

IJ.  Fol.  IT.ji-^-lSOr".)  1"  janvier.  Viedt- saint  Basile  leUrand 
)ar  Aiiipliilocliius  d'Iconium.  Inc.  biyg^wjjç^iGci  ^ow  iljij-jg&.jôe' 
ij^cî...    AyaTmiTOt,  o-jy. -flv  à'rTeiito;... 

Delkhavi;.  //.//.  ^■.,  ,'17. 

V.i.  (Fol.  189v°-195r".)  Vie  de  saint  Onyplirius  (cirK.îujw;)). 
Inc.  QV)iiîco-")à.in  l),>i.oi)focn(^n  î<>^  l).')r);>(^c'oyç^i()...  La  vie  (li\'ine  et 
lénie... 

14.  (Fol.  195r"-20I  r".)Vie  de  Marc  l'ermite.  Inc.  g^wbfocjô^p.') 
Fir.  \îOocpôQ  db'ô^a  fi^gCo  bgrti^ocar)...  Notre  saint  père  Séi'apion 
nous  racontait...  (.Vvec  cette  vie  commence  une  autre  main.) 

l.">.  (Foi.  •Juir'-203\'°.)  Passion  du  très  iuualile  saint  Théo- 
dore. Inc.  acnipSQ.^  OIjj)  (•^.^GùGùœçnaôb...  Comme  le  soleil  illu- 
mine... 

IG.  (Fol.  2<>:3v''--21Gr".)  2'Jjuin.  Saints  Pierre  et  Paul.  Inr.  fp.> 
oyc'î  ô3ùj.5i)b  ().ii)pî3oy>.->  o;>,îç:-->;).. .  Quand  Paul  sortait... 

17.  (Fol.  •21Gi'°-219v°.)  Passion  des  saints  Cyriaque  et  Juliette. 
In<'.  bùyg5f6gçr.obi  (3i)ob.^  çpà  9cîy35bob.>...  Du  bien-aimé  frère 
et  compagnon... 

18.  (Fol.  22(.)r°-2:.58V)  (def.— )  Passion  de  saint  Clément 
(jC^pOobo)  d'Ancyre.  Inc.  'paci^b^  oîrî.^b  oîco9;)caQ  fp.>  i1g.^rn^b.'>... 
Dans  la  deux  cent-cinquantième  année... 

(Ts.viAUEi.i,  op.  cit.,  n"  lus. 

(.1  suii'/-e.) 

Uukrt  P.  Blakk. 


MÉLANGES 


I 

LES  SLAVES  SUJETS  DE  DARIUS. 

Darius,  dans  l'inscription  de  son  tombeau,  à  Naksli-i  Rous- 
tam,  cite  le  nom  d'un  peuple  qu'il  prétendit  soumettre  à  ses 
lois,  les  Skudra,  lequel  n'a  jamais  été  expliqué  par  les  inter- 
prèles des  inscriplions  cunéiibrmes  (1). 

Skudra  représente  une  forme  *Skudla,  le  perse,  en  fait,  n© 
possédant  pas  17,  qu'il  rend  par  r  (2),  comme  dans  Bàbiru(sh), 
transcrivant  Batiilu.  'Skudla,  avec  la  mélatiièse  de  ses  élé- ' 
"ments  autour  de  Vr,  dont  j'ai  cité  de  très  nombreux  exemples, 
dans  des  travaux  antérieurs,  représente  un  mot  *Slduda,  et, 
avec  l'équivalence  d  =  t,  une  forme  \Skluta,  laquelle  est  le 
grec  Iy.i/.:T:r,  au  pluriel  i^y.iAc-it,  qu'Hérodote  donne  comme 
synonyme  du  nom  des  ïy.JOa'.,  des  Scythes  (3). 

(1) ...  Yaunà  Sakâ  lyai[y  pà]  radaraya  Skudra  i'auivi  lakaharâ...  ■•  (Voici  les 
contrées  que  j'ai  tenues  sous  mon  sceptre  :;  les  Grecs,  les  Saka,  ceux  d'au  delà 
de  la  mer,  les  Skudra,  les  Grecs  qui  portent  des  chenilles  sur  le  sommet  de  leur 
casque.  ■■  Il  est  ici  question  dos  Grecs  d'Ionie  et  des  iles,  comme  on  le  voit  par 
l'in-seription  de  Persépolis,  où  il  est  parlé  des  Ioniens,  de  ceu.\  qui  vivent  sur  le 
continent,  et  de  ceux  qui  vivent  dans  la  mer;  les  Saka  d'au  delà  de  la  mer  sont 
les  Germaniques,  mélangés  d'éléments  slaves  et  turks,  qui  vivaient  en  Thrace. 
Les  Grecs  au  casque  empanarho  sont  les  Macédoniens  (voir  les  Peintures  des 
iiKinuxcrils  orienlau.r  de  la  Blhliollièque  nationale,  V.)[.\-l'.)ii),  page  118). 

(2)  Au  contraire  du  pâli  gravé  par  les  ordres  du  Priyadarçin  Devànàmiiriya. 
qui  dit  Iddjii  -  roi  »  pour  nidjà. 

(3)  lOiJLTiac'.  6;  eivai  oOvofJiot  ïxo/.oto'j; S/.OOï;  os  "KX).?iv;:  oivofiaTav,  iv,  6.   Ilérn- 

dote,  et  les  autres  historiens  ou  géographes  grecs,  ont  largement  confondu  les 
clans  turks  et  les  tribus  slaves,  ou  aryennes,  sous  le  même  nom  de  Ix-JOai;  il 
en  lut  d(;  même  des  Penses,  pance  que  dit  Hérodote,  lesquels  renseignaient  les 
Grecs;  étymologiquement,  ethnologiquement,  les  Sakassont  des  Altaïques;  les 
Scythes,  des  Indo-Européens;  leurs  tribiis  s'enchevêtraient,  s'enclavaient,  au 
Noi'd  de  la  Caspienne,  jusqu'en  Asie  Centrale,  d'où  la  confusion  chez  les  Hel- 
lènes et  les  sujets  du  Hoi  des  Rois. 

111 


MÉLANliKS.  l:il 

Lï'tyraologie  de  "Sklii-la-ct  de  ï/.:"/.:-:;-;  resteniit  un  mys- 
tère, si  l'on  ne  songeait  à  en  rapproclier  le  latin  sclavus  = 
' s/:{nr-n-s,  dérivt'  dune  forme  pré-slave  'slur-a  «  gloire  ». 
dont  les  dérives  se  trouvent  nombreux  dans  le  slavon  d'église 
et  en  russe  :  stai^a,  d'où  slav-it  <  glorifier  »,  dans  les  noms 
propres  \rati-slava  :=  Breslau,  avec  son  doublet  Vladi-slav 
«  qui  a  une  gloire  puissante»,  Rosti-slav  «  qui  possède  une 
une  gloire  auguste  ».  dans  le  nom  des  Sclav-in-i,  dans  Jor- 
naiidès,  vers  SôO,  dans  celui  des  Saklab  =  "Sklav,  identique  au 
latin  's/^ior[-o-s\  que  les  auteurs  musulmans  donnent  aux 
Slaves,  à  la  lin  du  i\"  siècle,  au  commencement  du  \''.  dans  le 
nom  du  pays  de  Sclavonia,  dont  nous  avons  fait  Esclavonie. 

C'est  un  fait  certain  que,  par  suite  dune  idiosyncrasie  de  la 
langue  pré-sla\e.  les  sujets  de  Darius,  comme  les  Latins  de 
1  antiquité,  comme  les  .\rabes  du  moyen  Age.  ont  entendu  le 
groupe  si-  prononcé  s(A)/-  (1);  il  en  faut  conclure  que  'skiuta, 


(l)  Par  suite  d'un  phénomène  analogue,  mais  invei'se,  il  arrive  qu'une  con- 
sonne, sous  une  influence  mystérieuse  et  inexplicable,  développe  devant  elle, 
comme  pour  Pappuyer  dans  la  prononciation,  une  sifflante  sans  laquelle  elle 
ne  pourrait<Hre  articulée;  c'est  ainsi  que  •  frani^ais  -,  en  letton,  se  dit  (S)prenck, 
que  (S)priinzi/,  en  lithuanien,  désigne  les  Français;  c'est  de  même  que  l'alle- 
mand schloss  est  le  bas-laiin  clodiim,  que  xchlu.fs  est  une  forme  apparentée  à 
rlnwto  (le  (/  s'assibilant  comme  dans  l'indo-européen  vTd  -  •  savoir  -,  sanskrit 
'  a,  laiin  vid-ere,  grec  oî5-a  =  wolô-a,  gotlii'ine  uit-an,  ail.  wiss-en,  la  dentale 
-othique  se  ti-ouvant  cristallisée  dans  le  nom  propre  Wiede-raann),  dans  le 
gormanii|ue  '  tutri-dur-o  ■  qui  conduit  une  armée  •.  devenu  '  liéri-zoi)-o,  puis 
herizo'j.  la  denuile  s'otani  conservée  daas  le  nom  propre  Hartog,  qui  est  une 
forme  ilemeurée  au  stade  du  pi'é-gothique.  lie  même,  l'alleniand  schwer  se 
mttache  indubilaMemeiii  à  la  racine  indo-européenne  6/»a»- -;  l'anglais  spring 
au  latin  />rimHs;  dans  ces  mots  .illemands.  le  groupe  si:h-  représente  une  forme 
primitive  's/;-,  comme  dans  schute  de  S'ola,  n-hrift  de  suriben'  :  c'est  de  même  que 
l'allemand  isrh\lang  ■  dragon  •  est  la  transcription  du  chinois  ton;/,  qui, 
lui-même,  transcrit  le  mot  hindou  n<i//a  •  serpent  -,  avec  l'équivalence  on  =  li, 
laquelle  est  un  fait  de  plionéii<|ue  générale,  le  nom  du  maréchal  Canrobert 
a>-aiit  été  transformé  en  iû'iroubi  dans  le  sabir  algio-ien;  les  (It^rmaniques  ont 
emprunté  le  mot  long  aux  Célestes  alors  qu'ils  se  trouvaient  en  .\sie  Centrale,  sur 
les  marches  de  la  Chine.  On  sait  qu'en  grec,  un  mot  ne  peut  commencer  par 
un  r,  que  cet  r-  doit  s'appuyer  sur  une  a.spiration.  laquelle  est  marquée  dans 
la  graphie  par  un  esprit  rude,  eelte  aspiration  étant  à  l'origine  une  sifllante; 
c'est  par  une  semblable  prostliése  que  s'expliquent  les  mots  <7|uxpô;  et  ^(uxpo; 
à  ciMé  de  |i.!xpi>;.  CiiJpôu  à  côl«-  de  alp8«,  le  notii  de  Samarkand  en  face  de  sa 
forme  hellénique  Masaxanô»,  l'alternance  allemande  schmiegen  =:  bicgen,  l'alle- 
manil  tchwach  â  coté  de  l'anglais  weak. 


432  REVUE    DE    l'orient    CHRÉTIEN. 

dont  l'existence  est  prouvée  par  la  transcription  'Z/Slz-.:-:. 
représente  un  mol  ' slu-ta,  qui  était  celui  que  les  Slaves  du 
\i*  siècle  a\ant  noire  ère  donnaient  à  leurs  tribus  errantes  au 
Nord  du  Poiit-Euxin:  s/u-ta-  est  le  participe  passif  d'un  verbe 
slave  's/a-,  d'où  le  russe  *7ot'-a  «  gloire  »,  indo-européen  ' hiii-, 
'klëw-  «  entendre  »,  au  participe  passif,  "klu-to-s  »  celui  dont  on 
entend  le  nom,  célèbre  »  ;  sanskrit  f /■»-,  <ru-ta-s;  zend  sru-, 
srt(-((j;  grec  -/.au-t;-?,  à  cùté  de  de  •/.aés;  =  -/."/.îw-o-ç,  identique 
au  sanskrit  çrav-a-s,  zend  si-av-aiih;  latin  [in-\chi-(u-s;  pré- 
germanique  ' /ilu-,  ' hlu-ta-z:  baut-allemand  hlui[-liari\-  «  qui 
possède  une  armée  célèlire,  Clotaire  (1)  ». 

Cette  même  forme  se  retrou\e  dans  le  nom  des  VoLkizv.^  qui 
est  l'aspect  ancien  du  nom  des  Kt'K-.ii  {i);  elle  explique  le  nom 
des  YiXKzu  Galli.  IV/ar/;;  et  KsX-i;  sont  les  doublets  d'une 
forme  ' kl-to-s,  participe  passif  du  verbe  ' l,i(u)-,  identique  à 
la  forme  grecque,  à  cette  différence  près,  que  la  dispari- 
tion de  la  voyelle  dans  le  verbe  '  kl{u)-  a  vocalisé  1'/  de  cette 
racine  (3). 

Quant  à  Viu.oz,  il  y  faut  voir  ce  même  participe  */./-/o-.s, 
*gl-to-s,  avec  le  changement  du  t.  en  /,  ou  l'assimilation  du 
groupe  -i(-en-ll-,  et  la  résonnance  de  1'/  voyelle  de  'gl-en-al-, 
dans  ' (jal-to-s  =  gal-lo-s,  tous  ces  noms  de  peuple  ayant  le 
sens  de  «  célèbre,  illustre  (4)  ». 


(1)  L'alternance  de  /.  indo-oiiropéen,  grec,  latin,  et  de  r  indo-iranien,  est  un 
fait  connu  :  ind.  europ.  '  lak-,  '  li'wk-  «  briller  »,  Xsux-d-;,  luk-s  =  lux,  'lu{k)- 
men  —  'luk-mn  =  lumen,  avec  la  chute  du  k,  identique,  avec  le  suffixe  -  '  mn 
i-mën,  -mon),  au  nom  luc-mon  ■■  le  brillant  »,  qui  désignait  le  roi  des  Étrusques; 
sanskrit  et  zend  rue-. 

(2)  Pausauias  i,  3,  6;  page  5  de  l'édition  Didot. 

(3)  Vl  voyelle,  dans  raXâta'.,  est  rendu  par  -ola-,  par  -el-  dans  Ke.lz6;:  ces  équi- 
v.iienees  rappellent  relies  du  perse  aparsuin.  du  zend  pcresiimi,  en  face  du  sans- 
krit prchiimi,  d'une  faron  générale,  la  résolution  de  l'-r-  voyelle  dans  les  dialectes 
prakrits,  le  prakrit  indien  étant  le  prakrit  du  sanskrit  classique,  le  perse  des 
Achéuiénides,  le  prakrit  du  védique. 

(4)  L'alternance  l  —  l  est  un  fait  de  phonétique  générale,  linipia  =  longue; 
elle  est  parallèle  à  l'altei'nance  d  =  l,  qui  est  courante  en  afghan,  c'est-à-dire 
dans  la  partie  orientale  de  l'Iran  ;  elle  constitue  l'une  des  particularités  essen- 
tielles de  l'iranien  de  l'Est.  Elle  seule  donne  l'explication  de  certains  mots 
persans  dont  l'étymologie  est  impossible,  si  on  ne  l'admet,  et  que  j'e.\poserai 
autre  part;  -rt-  perse,  dans  certaines  conditions,  devient  -sh-  dans  la  langue 
de  l'Avcsta,  -lil-  en  moyen-persan;  sanskrit  ria,  peree  aria  »  excellent  »,  gi-ec 

[3] 


MKLAXOES.  1:5:! 

'  Slii-t(i,  enti'uiiu  par  les  KVm'sos  's/,Ii(-/(i,  puis  's/;iitlit  = 
' sktdra,  d'où  Skudra,  auiaii  du,  par  rapplifati"n  dos  lois  pho- 
nétiques qui  régissaient  l'idiome  des  Aciiéménides,  devenir 
'skutfira  (1),  par  l'aspiralinn  de  la  dentale  devant  V-r-;  la  pro- 
nonciation de  cotte  lormo  était  presque  impossible,  par  suite 
de  la  concomitance  dans  ses  éléments  de  la  sit'llante  s-  à  l'ini- 
tiale, de  la  spirante  -tfi-  à  la  médiale,  qui  en  faisait  quelque 
chose  comme  'skiisra.  presque  'skussa,  avec  l'assimilation 
prakritique  ilu  -///-  spirant  et  de  1'  -r-  consécutif  c.'i;  en  fait. 


ift\7i,  zend  nrela  ei  ashn,  nioyen-pei'san  alil-,  dans  ahl['av],  zend  asha-ivan]; 
indo-iMiropéen  ' pr-tn  -  pont  -.  zend /'prWi'  et/iM/ni,  pelilvi />iiAi.-  un  ptit'nonièni' 
analogue  se  produit  du  lait  de  la  rem-ontre  d'un  </  et  d'un  r:  sanskrit  imra- 
tlé<:a  •  le  monde  de  l'au-delà  -,  peree  '  paradaisn,  pehlvi  '  pahli:,  persan  pdlii 
iJL),  d'où  l'arabe  l'iHi:,  vJli,  avec  «i  pour  «A,  l'allongenieni  de  la  voyelle  com- 
pensant la  chute  de  l'A,  comme  dans  le  persan  pùl  •  pont  •  du  pehlvi  pfihl; 
le  doublet  fîrdaous  .  ^«.Jti,  comme  je  l'ai  expliqué  autre  part,  provient  d'une 
forme  zende  'paroilniM,  et  non  du  perse  paradahn.  En  l'ait,  l'-r-  du  binôme  -ri. 
par  suite  d'un  phénomène  de  rhotacisme,  est  devenu  la  silTIanle  sA,  puis  s. 
qui  s'i'st  transmutée  en  l'aspiration  A,  comme  le  l'ail  est  rouiani,  tandis  que  le 
second  élément,  /,  s'est  changé  en  /,  probablement  par  l'intermédiair.'  d'un  r, 
car  le  proupe  -W-  évolue  souvent  en  -Ar-  ;  sanskrit  ^filra.  perse  et  z<»nd  Milhra, 
moven-persan  .1/i/r.  persan  .l/ir.-  sanskrit  pulm.  perso  et  zenil  jtnlhra,  moyen 
persan  -pulir.  L'évolution  de  i/-en  -.tA-  s'explique  aisément  :  l'-r-,  devenu  la 
sifflante  sA,  s'est  .is'similé  le  (  consécutif,  sous  la  l'orme  -sAsA-.  que  la  pronon- 
ciation, par  raison  d'économie,  a  réduit  à  un  seul  de  ses  éléments,  comme  on 
en  verra  un  autre  exemple  au  cours  do  cette  note:  celte  assimilution.  comme 
celle  de  '  ^l-lo-s  en  :/al-lo-s,  est  contraire  a  ce  qui  se  proiluil  dans  le  pâli,  où 
les  mots  sanskrits  iishlun,  ashlam-gamana,  arthakarn,  sont  dcvnxusnHha,  iidkii- 
•lamanain.  nllhabarn,  o<}  iiiriri)na  est  devenu  nihhiJiia:  mais  tous  les  prakrils 
ne  sont  point  régis  par  U's  mêmes  normes,  et,  dans  le  moyen-persan,  il  arrive 
souvent  que  la  première  consonne  d'un  groupe  s'assimile  la  seconde,  ce  qui 
est  l'inverse  de  ce  qui  se  passe  dans  le  domaine  indien  :  perse  farnah,  zend 
hviirinnnh  =  gloire  ■•.  persan  farr :  perse  ' parna  ■  aile  ».  persan  ]>iirr  et  par: 
pcrs<>  'puma  -  plein  -.  pei-san  pur. 

lit  Les  principes  essentiels  de  la  phonétique  perse  exifreaient  que  le  premier 

il'ment  d'un   binôme  consonnantique  s'.aspiràl  devant  le  second;  celte  règle 

-1  absolue;  elle  no  supporte  pas  d'exception;  sanskrit  lishalm,  perse  khshothru 

royaume  -:  sanskrit  Irlii/n,  perse  tliritiya  ■  le  troisième  -:  cette  aspiration 

lie  la  première  consonne  d'un  groupe  se  trouve  méiue  appliipiéc  au  nom  d'un 

ichelle  susien  que  Darius  cite  au  nombre  de  ses  ennemis  dans  l'inscription  de 

liéhishtoun.  Âthrina  =  'Àtrina.  que   le   perse   prononçait   déjà  Assina.  avec 

l'assimilation  prakrito  de  -'Ar-  à  -.«s-,  comme  on  le  voit  par  la  transcription  bab\- 

l.'nienne  .•Vsliina.  par  la  graphie  médique  Ashshiiia. 

(2)  Voir  dans  la  noie  précédente,  la  forme  perse  .Mhrina.  entendue  Assina  par 

il] 

ORIE.NT  cnr.ÉTIEN.  38 


■134  REVUE    DE    l'orient   CHRÉTIEN. 

la  sifflante  initiale  de  ' skutra,  venant  de  * skni-la  =  ' slii-ta, 
a  emprché  le  développement  de  la  spirante  dans  la  seconde 
syllabe;  c'est  pour  cette  raison,  et  non  pour  une  autre,  que 
le  nom  de  Bactres  se  trouve  dans  les  inscriptions  perses  sous 
la  l'orme  Bàkhtrish,  au  lieu  de  'Bàklithrisli;  c'est  par  un  plié- 
nomène  identique,  mais  de  sens  contraire,  que  dans  le  perse 
'Tchithrafarnah,  la  présence  de  la  spirante,  dans  la  seconde 
syllabe,  a  dissirailé  les  éléments  de  la  palatale  c  =  t-ch,  en  éli- 
minant son  caractère  d'aspiration,  dans  une  forme  qui  tendait 
vers  *Tissal'arnâ,  venant  de  T[cli]ithrafarnà,  que  les  Hellènes 
ont  transcrit  très  exactement  Twaaos'pvr;;. 

L'impossibilité  du  complexe  -Uir-  dans  '  skiitltra,  par  suite 
de  la  présence  de  la  sifflante  initiale,  jointe  à  rimpossibilité 
ég-alement  dirimante  de  l'existence  de  la  dentale  dure  t  sans 
aspiration  devant  l'y,  ont  changé  le  timbre  de  cette  consonne, 
ou  pluti'it  l'ont  transformé  en  la  dentale  douce  cl,  parce  que 
cette  dernière  ne  possède  pas  de  spirante  dans  la  langue  des 
Achéménides,  dont  les  dentales  sont  t,  th.  et  c/,  sans  dh:  c'est 
ainsi  que  le  t  de  'skufrti.  provenant  de  's{k)lii-ta,  pour  ne 
pas  devenir  (h,  a  évolué  en  cl  {l}. 

*Sliutra,  venant  de  ' s{k)ru-ta,  ne  pouvait  devenir  que 
.Skudra,  la  forme  même  qui  se  lit  dans  l'inscription  du  tom- 
beau de  Darius,  contrairement  aux  principes  de  la  phonétique 
perse,  ou,  par  assimilation prakrite,  *  skuthtita,  qui  devait  abou- 
tir à  * shusifci,  comme  T(ch)ithra  [farnah]  a  abouti  à  Tt(jtja[?£p- 
vï;ç],  suivant  les  constantes  de  la  grammaire  iranienne.  C'est 
cette  forme  ' skutlttlta  qui  a  été  entendue  par  les  Grecs;  mais 
il  n'était  point  possible  pour  les  Hellènes  de  la  rendre  par 
lly.jSOat,  leur  idiome  ne  pouvant  supporter  deux  spirantes  con- 
sécutives (i);  aussi  réduisirent-ils  ce  binôme  spirant  à  son  élé- 

k's  Babj-lonieiis  et  par  les  peuples  qui  parlaient  la  langue  de  la  troisième 
inscription. 

(1)  Je  citerai,  au  cours  d'un  autre  travail,  un  exemiile  tout  aussi  caractéris- 
tique du  même  phénomène,  dans  un  mot  où,  sous  l'influence  d'une  sifflante 
initiale,  un  groupe  -tr-,  pour  ne  pas  devenir  -Ihr-,  a  évolué  en  dr.  Le  groupe 
(/)•  se  trouve  tout  naturellement  conservé  dans  la  transcription  Nabukudracara 
du  babylonien  N'alni-kuduri'i-utsur,  que  la  langue  de  la  troisième  inscri])tion 
rend  par  NapUuturruzir. 

(i)  Une  semblable  réduction  s'était  déjà  produite  dans  le  nom  pi'opre  Citlira- 

(51 


MKLANf.KS.  I^ij 

ment  essentiel,  et  écrivirent-ils  ïy.JOat.  lien  faut  tout  naturel- 
lenient  cunclure  que  ^/S/.z-z'.  est  la  forme  pro-slave  '  s{h}h(-ta, 
entendue  directement  par  les  Grecs  qui  commerçaient  avec  les 
Barbaivsdes  rives  du  Ponl-Euxin,  que  2î!/.jOiien  est  le  doublet, 
entendu  et  transcrit  par  eux  d'après  une  (oi-me  '  skid/il/ia, 
venant  de  'skid/ira,  qui  était  elle-même  la  transcription 
par  les  Perses  du  nom  's{k)/tt-(ii  des  Slaves  de  la  Russie 
mériièionale.  (1) 

E.  Bloc  H  ET. 

(arnah  =  T^clrithlliafaniah,  qu'llf^rodoto  reml  correctement  par  TiTaassfvr,;, 
mais  que  Flutarque  écrit  également  TiaasEpvr,;,  alors  que  la  présem-e  du  groupe 
-<ro-  dans  un  mot  grec  n'a  rien  qui  soit  contraire  aux  idiosyncrasics  de  la 
langue  hellénique.  La  réduction  du  groupe  Ihr,  venant  de  li;  en  II,  puis  /,  est 
conforme  aux  règles  qui  doinineni  le  passage  du  sanskrit  au  prakrit,  et  au 
pâli,  qui  est  un  aspect  du  prakrit  :  sanskrit  gàlra,  kshetra,  puira,  nisMra;  pâli 
gâlla,  tshella,  pulta,  ràtjhn. 

(Il  C'est  également  par  l'intermédiaire  des  Perses  que  les  Grecs  ont  connu 
le  nom  des  iaxipayÀot,  dont  parle  Strabon  (xi,  8,  2),  lesquels  sont  les  mêmes 
que  les  laxaOsaxoi  de  Lucien  (MixpôSioi,  15)  c'est-à-dire  un  clan  des  Sakas. 
ZAKAPAYAOI  est  né  d'une  faute  de  lecture  commise  sur  ZAKAPAYKOI, 
le  K  av.ini  perdu,  dans  l'archétype,  sa  barre  supérieure  de  dioitc.  cl  étant 
devenu  K,  qui  a  été  pris  pour  un  A  (voir  les  premières  colonnes  du  premier 
tablciiu  de  la  Griechische  l'nfaeographie  de  Gardthausen).  La  vériuilile  forme 
de  ce  nom  est  Saka-luk.  dérivé  du  nom  des  Saka,  par  le  suffixe  adjectival 
-luk,  qui  n'ajoute  rien  au  sens  primitif  de  ce  mot:  les  Perses,  ne  possédant  pas 
1'  /,  en  ont  fait  tout  naturellement  Sakaruka,  d'où  proviennent  les  formes  (fui 
se  lisent  dans  le  texte  de  Strabon  et  dans  celui  de  Lucien. 


[6) 


436  HEVL'E    DE    l'orient    CHRÉTIEN. 

II 

UN  CONFLIT  SUR  LA  DATE  DE  PAijUES 
CHEZ  LES  ORIENTAUX 

En  1531  de  l'ère  égyptienne  de  l'Incarnation  1338/3!)  de 
l'ère  dionysienne,  un  conflit  éclata  parmi  les  Orientaux  ;'i 
propos  du  jour  d'incidence  de  la  fête  de  Pâques.  L'auteur 
de  la  Chronique  abrégée  d'Ethiopie  a  jugé  l)on  de  le  consi- 
gner. «  La  trentième  année  du  règne  de  Lebna  Dengel, 
écrit-il,  le  peuple  se  divisa  en  deux  partis  à  propos  de  la  Pâque, 
à  la  suite  de  nomlireuses  excommunications.  Les  uns  disaient 
que  la  Pâque  tombait  le  IS  Miazeja:  mais  ceux  qui  connais- 
saient la  loi  du  Seigneur  et  qui  accomplissaient  ses  prescrip- 
tions avec  le  roi  célébrèrent  la  fête  de  la  Résurrection  le  10  Mia- 
zeja et  la  Pàque  le  11  (1).  »  Dans  un  manuscrit  de  la  Chronique 
d'Ehe  de  Xisibe,  nous  lisons  d'autre  part,  la  note  suivante  : 
«  L'an  1850  des  Grecs,  à  notre  époque,  il  y  eut  divergence  et 
dispute  entre  les  chrétiens  à  propos  du  calcul  de  Pâques  et  du 
jeune.  Les  uns  tirent  la  Pàque  le  6  de  Nisan,  les  autres  le  13. 
Les  partisans  du  6  Nisan  furent  les  Melkites,  les  Géorgiens 
les  Francs  et  les  Coptes.  Les  partisans  du  13  lurent  les  Nes- 
toriens,  les  .Tacobites,Ies  Arméniens,  les  Éthiopiens  c'est-à-dire 
les  Abyssins  et  les  Maronites.  (L'ertains  des  Éthiopiens  célé- 
l)rèreiit  la  Pâque  avec  les  Coptes  par  crainte  des  menaces  du 
patriarche  d'Egypte;  les  autres  suivirent  le  comput  des  parti- 
sans du  13.  Le  feu  du  ciel,  néanmoins,  descendit  chez  les  uns 
et  chez  les  autres  comme  le  virent  les  prêtres  et  les  d'iacres,  les 
religieux  et  les  fidèles  Nestoriens  et  .Jacobites  qui  allèrent  au 
Levant  (-2).  » 

On  le  voit,  des  sources  du  Xil  aux  rives  de  l'Euplirate,  toute 
la  chrétient('  fut  alors  en  émoi.  Et  ce  n'était  pas  là  cependant 
discussion  apparue  tout  d'un  coup,  inconnue  jusqu'alors.  Elle 
s'était  produite  déjà  maintes  fois  au  cours  des  siècles;  celle  de 
1531  E.  E.  était  la  huitième  ainsi  que  nous  le  verrons,  mais 
l'histoire  ne  nous  a  guère  conservé  que  le  souvenir  des  deux 

(1)  K.  Basset,  Éludes  sur  l'histoire  d'Ethiopie,  Paris,  1882,  pp.  lOG-107. 

(2)  C.S.C.O.  scr.  m,  t.  VII.  pars  1,  p.  230  (texte),  p.  llo  (ver.si.ml. 

[11 


MÉLANCRS.  137 

extivmes  ainsi  quo  celui  de  la  i|iiatriènie  et  de  la  sixième. 
•  En  l'an  307  de  IHêtrire,  qui  curamença  le  27  ilul  de  l'an  1317 
des  Grecs,  il  y  eut  un  schisme  entre  les  chrétiens  d'Occident  et 
les  chrétiens  d'Orient  à  cause  ilu  calcul  du  joùnc  et  des  fêtes. 
Les  Occidentaux  décidèrent  de  (ixcr  le  début  du  jeune  le 
17  schebat:  les  Orientaux  le  firent  commencer  le  24  du  même 
mois:  et  cette  année  F'àques  arriva  en  (lumada  II  ».  Ce  lait 
nous  est  rapporté  parKliede  Nisilie.  Les  tenants  du  17  schebat 
fêtèrent  Pâques  cette  année  le  6  avril  ;  ceux  du  2 1  la  célébrèrent 
le  13(1).  «  En  l'an  881  des  (irecs,  raconte  di-  son  côté  Jean  le 
Jacobite,  il  y  eut  dissentiment  et  contestation  parmi  les  chré- 
tiens à  prui>os  du  calcul  de  Pàque  et  du  carême  :  les  uns  célé- 
brèrent Pàque  le  (j  de  Nisaii,  les  autres  le  13  (2).  »  Dans  un 
traité  de  clironoloofie  attriluu'  à  l'égyptien  Abou  Saker  ilin 
Aliou'l  karam  ibn  al  .Muudab,  le  même  fait  y  «-st  noté  pnur 
l'an  913  E.  M.  D.,  caS9  A.  M.  qui  correspond  à  l'an  1180 
E.E.,  ll!)0  07  A.D.  (3). 

Quelle  était  la  laison  de  ce  conflit'.''  Dans  le  traité  de  chrono- 
logie que  nous  venons  de  citer,  elle  se  trouve  ainsi  exposée. 
"  J'ai  cherché  attentivement,  dit  l'auteur,  pourquoi  il  y  avait 
une  dilTérence  chez  les  chrétiens  pour  les  grandes  fêtes  de  la 
Nativité  et  de  la  Résurrection  dans  le  jour  de  leur  célébration. 
I^ur  la  Nativité,  la  différence  entre  les  chrétiens  d'Egypte  et 
les  autres  se  rencontre  une  fois  tous  les  quatre  ans.  Cela  pro- 
vient de  ce  que  les  computistes  difl'èrent  sur  l'époque  du  sup- 
plément qui  est  ajouté  à  l'année  solaire.  Comme  les  Égyptiens 
ajoutent  ce  supplément  avant  les  autres,  il  s'ensuit  que  la  fête 
précède  celle  des  autres.  Pour  la  sainte  Ri-surrection.  il  n'y  a 
de  dilTérence  qu'une  fois  après  quatre-vingt-quinze  ans;  avant 
ce  temps,  il  y  a  concordance.  Durant  ces  quatre-vingt-quinze 
ans  il  y  a  T)  (?)  cycles  lunaires  de  dix-neuf  ans.  La  dilVérence 

(1)  Cf.  C.S.C.O.,  ser.  III,  t.  VII.  p.  IIO.  (version).  U  y  a  ici  une  erreur  mani- 
feste dans  la  notation  du  mois  musulman.  L'an  397  de  l'Hégire  débutant  le 
'.;"  ilui  l:îl7  des  Orecs.  1(»>  A.  f).,  le  mois  de  (jumada  II,  commenra  avec  !•' 
iJ  février  et  s'acheva  le  i2  raai-s.  Or,  Piques  fut  en  avril:  il  faut  Kagab  au 
lieu  de  Gumada  II;  G  avril,  l.j  Kaj^'ab;  13  a\Til,  •£!  Kagab. 

(2)  Cf.  C.S.C.O..  S..M-.  III,  t.  VII  p.  122  itextei,  p.  ôa  (version). 

(3)  Cf.  Caialogus  codicum  orientalium  uusei  Britannici,  Pars  111,  ms. 
add.  16022- 

[21 


438  REVUE  DE  l'oriext  chrétien. 

survient  toutes  les  fois  qu'on  a  épacte  solaire  2,  épacte 
lunaire  29.  Alors  les  Coptes  et  ceux  qui  sont  avec  eux  ajoutent 
un  jour  de  supplément  et  au  lieu  de  29  jours  ils  ont  30  jours, 
d'où  il  vient  que  la  Pàque  juive  tombe  le  10  du  mois  de  Miazeja 
samedi,  et  le  lendemain  11  Miazeja,  les  Coptes  font  Pâques. 
Ceux  qui  pensent  autrement,  qui  conservent  29  jours,  ont  la 
fête  des  juifs  tombant  le  11  qui  est  un  Dimanche,  et  Pâques 
est  alors  le  Dimanche  suivant,  le  18  Miazeja.  Et  de  la  sorte  le 
jour  de  Pâques  devient  pour  eux  la  fête  des  Rameaux,  et  con- 
trairement aux  canons  de  l'Église  ils  font  la  semaine  de  deuil 
durant  la  semaine  de  joie  et  poursuivent  le  jeune.  La  dernière 
année  où  cela  s'est  produit  est  l'an  913  des  Martyrs,  0G89  de 
l'an  du  Monde  (1).  » 

Ce  conllit  périodique  ne  visait  donc  pas  la  coïncidence  entre  la 
Pâque  chrétienne  et  la  Pàque  juive,  comme  certains  paraissent 
l'avoir  pensé  (2).  La  loi  inscrite  au  Fetlia  Nagast  concerne  la 
célébration  de  la  Pâques  chrétienne  le  jour  du  XIV  de  la  lune 
selon  la  pratique  quartodécimane;  ici  nous  n'avons  rien  de 
tel  (3).  Cet  exposé  contient  toutes  les  explications  nécessaires 
pour  comprendre  les  divergences  qui  se  présentaient  chez  les 
Coptes  à  certaines  périodes  du  grand  cycle  lunaire. 

La  différence  de  jour  signalée  comme  se  produisant  tous  les 
quatre  ans  pour  la  fête  de  la  Noël,  provient  de  ce  que  le  jour 
complémentaire  de  la  bissextile  est  ajouté  par  les  Coptes  et  les 
Éthiopiens  en  août  (julien),  soit  six  mois  avant  ceux  qui  suivent 

(1)  La  concordance  des  années  913  E.JI.D.  et  689  A.  JI.  est  exacte  et  Uillmann 
qui  en  doutait  en  1847  dut  en  convenir  dans  la  suite.  Celle  des  années 
908  E.M.D.  et  0689  A.  M.,  dont  il  est  parlé  dans  la  note  de  la  description  du 
manuscrit,  n'a  pas  pour  raison  celle  donnée  par  Dillmann,  mais  nous  n'avons  ici 
qu'une  erreur  de  copiste  :  il  l'aut  lire  6684  A.  M.  :  B  a  été  mis  pour  S. 

(2)  Cf.  I.  GuiDi,   ]'ocabolario  amarico  ilaliano,  Roma,  1901,  col.  877. 

(3)  La  loi  du  Felha  Nagast  est  celle-là  même  consignée  par  Said  ibn  al  Batriq 
dans  ses  Annales  où  il  rapporte  les  actes  du  concile  de  Nicée.  Les  trois  cent 
dix-huit  Pères  s'y  occupèrent  de  la  question  pascale  -  ...  iubentes  Pascha  cliris- 
tianorum  colebrari  die  dominico  Pascha  ludaeorum  sequente  prohibentesque 
vel  una  cum  ludaeis  vel  anle  ipsos  festum  hoc  agere,  verum  curare  ut  seniper 
aPscha  Christianorum  ludaeorum  Pascha  sequeretur  »,  p.  448.  ■■  Inter  eos 
etiam  convenit  Pascha  Christianorum  die  dominico  post  ludaeorum  Pascha 
eelbrandurn  ueque  eodem  c'ie  concurrere  debere  Iiulaeorum  et  Christianorum 
Pascha.  Conlii'marunt,  etc.  »  p.  114.  Cf.  Contextio  Gemuiarum  sive  Eutychii 
patriarchae  alexandrin!  Annales  lohanne  Seldeno  interprète,  Oxoniae,  1659. 

m 


MKLANGKS. 


139 


le  calendrier  julien;  doii  la  cliflerence  d'un  jour  duraui  six 
mois,  depuis  le  30  aoilt  jusqu'au  29  février.  Le  29  Koiak  cor- 
respond alors  au  2<j  décembre. 

Pour  la  dilT'Mvnee  du  jour  de  Pâques,  la  cause  en  est  à  la 
place  du  saillis  liiiiae  dilïéremment  située  dans  les  divers 
calendriers.  Le  cycle  lunaire  de  dix-neuf  ans  comptant 
G9I0  jours  3  1  et  les  19  années  juliennes  n'en  comptant  que 
6939  ;{,  I,  il  était  nécessaire,  vers  la  fin  du  cycle,  d'ajouter  un 
jour  de  plus  à  l'intervalle  constant  des  néoménies  ou  des 
épacles,  afin  de  maintenir  la  concordance.  Il  fallait  ajouter 
12  jours  au  lieu  de  11  jours  qu'on  ajoutait  habituellement 
pour  les  années  du  cycle.  On  appelait  ce  jour  :  «  saKus  lunae  » 
ou  encore  :  «  augmentiim  lunae  ».  Mais  tous  les  Orientaux  ne 
le  plaçaient  point  à  la  même  époque.  Les  Coptes  admettaient 
ce  saillis  lunae  la  \L\°  année  du  cycle  entre  l'intervalle  com- 
pris du  \"  au  30  juillet  (grégorien),  les  autres  le  plaçaient  plus 
tard  à  des  dates  dill'érentes.  De  là  il  arrivait  que  lorsque  les 
Copies  ajoutaient  12  jours,  certains  de  leurs  voisins  n'en  ajou- 
taient que  11  et  l'an  du  cycle  XL\  ayant  épacte  IS,  il  venait 
l'an  suivant  épacte  29  pour  les  uns,  épacte  3()  pour  les  autres. 

Or,  lorsqu'on  avait  avec  cette  divergence  d'épacte  un  jeudi 
comme  jour  de  début  d'année,  il  arrivait  que  le  XIV  de  la  lune 
pascale  tombait  pour  les  Coptes  un  samedi  et  pour  les  autres, 
en  retard  d'un  jour,  le  lendemain,  un  Dimanche.  De  là,  huit 
jours  de  ditïérence  pour  la  célébration  de  la  fête  de  Pâques.  Un 
avait  les  incidences  suivantes  : 


Uril 

Miazcja 

Joui-s  de  1 

.1  lune 

Jours  Ue  la  lune 

Jours  de  scoiaina 

ulien) 

1 

Épacte 
V 

30 

Épacte  29 
IV 

Jeudi 

3 
1 

XII 
XIII 

XI 
XII 

Jeudi 
Vendredi 

5 

10 

XI V  d'à' 

[ue 

juive) 

XIII 

Samedi 

0 

11 

XI  (l'àques) 

XIV  (Pùque  juive' 

Diinanclic 

7 

1-' 

XV 

Lundi 

8 

13 

XVI 

Mardi 

9 

11 

XVII 

Mercredi 

10 

15 

.Wlll 

Jeudi 

11 

it; 

XIX 

Vendri'di 

12 

17 

XX 

Samedi 

31 

18 

-XXl  (l'àques) 

liimani  lie 

[4] 


■140  REVUE    DE    l'orient    CHRÉTIEN. 

L'auteur  égyptien  est  inexact  toutefois  lorsqu'il  avance  que 
cette  sorte  de  rencontre  se  reproduit  tous  les  quativ-vingt-quinze 
ans.  On  ne  la  \oit  se  présenter  que  1  fois  au  cours  des  532  ans 
du  grand  cycle  lunaire.  L'ordre  de  ces  années  du  grand  cycle 
est  le  suivant  :  191,  286,  381,  470  selon  le  cycle  de  l'Ère  des 
Martyrs;  115,  210,  305,  400  selon  le  cycle  de  l'Ère  du  Monde. 
Ainsi  nous  la  trouvons  quatre  fois  dans  l'espace  de  285  ans  et 
ce  n'est  qu'après  216  ans  qu'elle  apparaît  de  nouveau.  Depuis 
l'an  8S1  des  Grecs  où  elle  est  signalée  pour  la  première  fois,  le 
comput  la  enregistrée  les  années  665,  760,  1007,  1102,  1197, 
1292,  1539,  1631,  1729  1824.  A.  D.,  mais  le  conllil  auquel  elle 
donnait  lieu  jadis  a  cessé  d'exister. 

M.  Cn.iîNE. 


[51 


BlHUOGRAPIIIi: 


FtYZ.WTiON,  Revui"  Internationale  des  Etudes  byzantines,   tome  I",  1924. 
Paris,  E. Champion;  Liège,  Vaillant-Carmanne,  in-4',  viii-755  pp. 

Cette  nouvelle  revue  semestrielle  des  études  byzantines,  appelée  à 
liéni'trer  mieux  que  no  peuvent  le  faire  les  revues  existantes,  pour  la 
l)lupart  russes  ou  allemandes,  dans  les  milieux  des  pays  latins,  anglo- 
saxons  et  orientaux,  est  le  fruit  d'une  pensée  semée  dés  avant  la  ijruerre  et 
mûrie  aux  Congrès  Internationaux  des  sciences  historiques  de  Bruxelles 
en  I9"J3  et  de  Bukarest  en  1924,  Le  comité  directeur  est  composé  de 
M.M.  Cil.  Dielil,  N.  Lorga,  G.  .Millet  et  Sir  \V.  Ramsay:  le  secrétariat  confié 
[mur  deux  ans  à  MM.  P.  Ciraindor  et  H.  Grégoire.  Une  liste  des  collabora- 
teur de  la  première  heure  est  donnée  dans  lavant-propos  :  on  y  relève 
les  noms  des  spécialistes  les  plus  compétents  des  études  byzantines. 

Cest  donc  une  concentration,  et  de  premier  ordre,  que  la  nouvelle 
revue  a  l'ambition  de  réaliser  :  son  tome  inaugural  montre  qu'elle  y  a  dès 
maintenant  pleinement  réussi.  Réunissant  les  deux  fascicules  de  la 
première  année,  il  se  présente  comme  un  beau  volume  que,  par  une 
délicate  attention,  la  Direction  a  voulu  dédier  au  professeur  Kondakov,  de 
qui  elle  publie  le  portrait  en  frontispice  et  donne  une  notice  biographique, 
à  l'occasion  de  son  quatre-vingtième  anniversaire.  L'illustre  byzantiniste 
ouvre  lui-même  la  série  des  articles  par  une  étude  pénétrante,  abondam- 
ment pourvue  de  planches,  sur  les  costumes  orientaux  à  la  cour  byzan- 
tine dont  il  poursuit  la  figuration  jusque  dans  les  fresques  de  Benozzo 
Gozzoli.  11  est  impossible  de  donner  un  aperçu,  même  sommaire,  des 
articles  qui  suivent  :  histoire,  littérature,  droit  ecclésiastique,  paléogra- 
phie, numismatique,  linguistique,  hagiographie,  démographie,  architec- 
ture, art  surtout  sont  représentés  par  des  études  de  valeur,  signées  des 
noms  les  plus  en  vue  du  byzantinisme. 

Une  vingtaine  de  compte  rendus  critiques,  une  chronique  des  bulletins 
régionaux,  un  bulletin  épigraphique,  des  nouvelles  diverses  et  une  liste 
des  ouvrages  re<;us  par  la  Revue  terminent  ce  beau  volume  et  esquissent 
les  grandes  lignes  d'un  système  d'information  éminemment  pratique, 
auquel  Byzantion  se  propose  de  donner  tous  ses  soins  dans  les  fascicules 
qui  vont  suivre, 

E.  Driotox. 


[1] 


442  REVUE    DE    l'orient    CHRÉTIEN. 

Marcel  Cohen,  professeur  adjoint  à  l'Ecole  des  Langues  Orientales,  direc- 
teur d'études  à  l'Ecole  Pratique  des  Hautes-Études,  Le  système  verbal 
sémitique  et  rcxpression  du  lemjis.  Paris,  Eniest  Leroux,  1924,  in-4", 
.\.\vit-319  pp. 

Le  système  verbal  des  langues  sémitiques  ne  considère  l'action  à 
exprimer  que  du  point  de  vue  de  savoir  si  elle  est  en  voie  d'exécution  ou 
si  elle  est  totalement  accomplie,  abstraction  faite  de  toute  situation  dans 
le  temps  :  ce  sont  les  temps  fondamentaux  du  parfait  et  de  l'imparfait. 
Mais  il  est  évident  que  cette  pure  notation  d'aspect  de  l'action  est  prati- 
quement insuffisante  pour  l'usage  courant  du  langage  :  de  là,  dans  les 
langues  sémitiques,  des  tournures  de  phrases  spécialisées  pour  indiquer 
le  »  temps  situé  »  et  même,  dans  les  plus  modernes  d'entre  elles,  de 
véritables  constructions  verbales  qui  ont  pour  but  d'introduire  cette  notion 
de  temps. 

C'est  une  enquête  sur  cette  adaptation  du  verbe  que  M.  Marcel  Cohen 
poursuit  à  travers  les  langues  sémitiques  :  accadien,  hébreu,  araméen, 
arabe  et  éthiopien.  Armé  d'une  méthode  rigoureuse  et  pénétrante  et  d'une 
érudition  au  courant  des  travaux  les  plus  récents  des  spécialistes,  il 
initie  son  lecteur  à  tous  les  détails  de  cette  enquête  et,  après  avoir  dressé 
un  tableau  synthétique  où  il  groupe  pour  chaque  langue  les  résultats 
obtenus,  il  conclut  que  l'évolution  qui  pousse  les  langues  sémitiques  à 
préciser  par  des  formes  verbales  l'expression  du  «  temps  situé  »,  est  due 
moins  à  l'influence  e.\térieure  de  langues  étrangères  qu'aune  nécessité 
interne  de  passer  du  concret  à  l'abstrait,  du  jugement  global  à  l'analyse. 
Dans  les  langues  sémitiques  disparues  depuis  longtemps  cette  évolution, 
qui  déjà  s'annonce,  n'a  pas  eu  le  temps  d'aboutir;  dans  les  langues  sémi- 
tiques perpétuées  jusqu'à  nos  jours,  elle  a  crée  un  système  verbal  de 
véritables  formes  temporelles. 

Ce  livre,  si  instructif  tant  pour  le  linguiste  que  pour  le  grammairien 
des  langues  sémitiques,  est  d'une  exécution  typographique  très  soignée, 
due  à  l'Imprimerie  Nationale.  Signalons  qu'à  la  page  .\i,  à  la  dernière 
ligne,  le  d  souligné  par  un  trait  semi-lunaire  et  présenté  comme  une 
variété  de  d  en  ancien  égyptien,  doit  être  remplacé  par  un  d  souligné 
nar  un  trait  droit,  tel  que  l'emploient  les  transcriptions  égyptiennes  de  la 
page  '.?5. 

E.  Driuton. 

Dom  Jeannin,  0.  S.  B.,  Mélodies  lilurgiques  syriennes  et  chaldéennes. 
Mélodies  syriennes.  1.  Introduction  musicale.  C)uvrage  honoré  d'une 
subvention  de  Sa  Sainteté  Pie  XI,  du  Gouvernement  français  et  de 
l'œuvre  d'Orient.  Paris,  Leroux  (sans  date),  in-4'',  305  pp. 

Comme  préface  au  recueil  qu'il  prépare  de  neuf  cents  mélodies  syrien- 
nes recueillies  depuis  1896  dans  le  centre  musical,  nourri  de  la  tradition 
la  plus  éclairée,  qu'est  le  Séminaire  Pontifical  de  Charpé  (Mont-Liban), 

[2] 


DIBLlOr.nAPlIIE.  -413 

écrire  une  Introduction  (|ui  soit  pour  le  lecteur  non  initié  une  praiiinKiire 
des  textes  musicaux  qu'il  édite,  tel  est  le  but  que  s'est  proposé  dom  Jean- 
nin.  Mais  sa  science  et  son  érudition  musicales  dépassent  ce  but.  En  fait 
l'auteur,  après  avoir  établi  la  théorie  de  la  musi(iue  syrienne,  en  tire  des 
conclusions  d'ordre  génér:il,  et,  confrontant  avec  les  faits  nouvc.-iux  que 
son  Recueil  apporte  ;'i  la  discussion,  les  opinions  en  cours  sur  les  origines 
du  chant  firégorien  (et  par  son  intermédiaire  de  la  musique  moderne), 
sur  sa  rythmique,  sur  sa  notation  paléographique,  sur  l'hymnodie,  il  les 
soumet  à  cette  pierre  de  touche  et  porte  sur  elles  les  jugements  les  plus 
intéressants. 

C'est  donc  une  importante  contribution  au  travail  général  de  fixation  et 
de  restauration  des  chants  liturgiques  entrepris  par  les  KH.  PP.  liénédic- 
tins  et  déjà  esquissé  pour  l'Orient  par  Uom  Parisot.  L'historien  de  l'Orient 
Chrétien  trouvera  dans  les  documents  rassemblés  et  dans  les  témoignages 
cités  les  éclaircissements  utiles  pour  comprendre  ce  qui  dans  les  textes 
anciens  fait  allusion  à  la  musique.  Il  notera  avec  intérêt,  au  nom  de  la 
patrologie,  ce  qui  a  rapport  à  l'activité  musicale  de  saint  Ephrem  qui 
adapta  des  hymnes  de  sa  rompositioa  à  des  mélodies  mises  en  vogue  par 
l'hérétique  Bardesane. 

Dans  le  paragraphe  sur  la  scansion  métrique  martelée,  l'auteui'  propose 
pour  expliquer  cet  usage,  la  persistance  d'une  ttivs  antique  »  tradition.  Li> 
mot  n'est  pas  trop  fort  puisque  bien  au  delà  des  moines  égyptiens  qu'il  cite 
on  peut  arguer  du  geste  de  ces  chanteurs  égyptiens  qui  dès  l'Ancien 
Empire,  —  sur  la  paroi  nord  du  mastaba  d'.\khout-hotep  au  Louvre,  par 
exemple,  —  scandent  leur  mélopée  de  battements  rythmiques  des  mains. 

E.  DnroTo.N. 

0.  B.\RDEMIE\VER.  Geschiclile    Her  allkirchlichen  Lileralur,  Baiid  IV,  Dax 

fi'mfle  Jahrlninderl   mit  Kinsc/iluss  der  syrischen   Lileralur  des  vierlen 

Jahrliunderls.  Fribourg-en-Brisgau,  1024,  x-fi73  pp. 

Ms'  Otto  Bardenhewei,  qui  s'est  acquis  un  juste  renom  comme  historien 
de  la  littérature  patristique,  décrit  dans  le  quatrième  volume  de  sa  monu- 
mentale histoire  de  l'ani'ienne  littérature  ecclésiastique  le  mouvement 
littéraire  du  v' siècle.  L'étude  des  auteurs  grecs  comporte  317  pages  et 
celle  des  latins  213,  entre  les  deux  103  pages  sont  consacrées  aux  écri- 
vains de  langue  syriaciue,  à  ceux  du  iV^  siècle,  omis  dans  les  volumes 
préécdents,  et  à  ceux  du  v. 

Le  travail  de  M'"'  liardenhewer  ne  fait  pas  double  emploi  avec  l'Histoire 
de  In  littérature  t>yrin(/ue  par  M.  le  Professeur  .\.  Baumstark'.  dont  nous 
avons  rendu  compte  aux  lecteurs  de  la  Bévue  [1}  :  ses  biographies  sont  plus 
développées,  les  personnages  et  les  écrits  sont  soigneusement  replacés 
dans  leur  cadre,  le  mouvement  des  idées  mis  en  évidence.  Par  contre,  il  ne 
s'y  trouve  aucune  indication  relative  aux  manuscrits,  tandis  que  51.  Baum- 

(1)  ï.  XXIII  (19-22-19-23},  p.  iVJ-iil. 

:3] 


444  REVUE  DE  l'orient  chrétien. 

stark  s'est  appliqué  à  en  établir  des  listes  aussi  complètes  que  possible.  Ces 
œuvres  s'adressent  à  des  publics  différents  :  M.  Baumstark  écrivait  pour 
les  orientalistes  ou  les  éditeurs  de  textes,  Ms''  Bardenhewer  a  pour  lecteurs 
habituels  des  théologiens  et  des  historiens. 

Lalittérature  syriaque,  c'est-à-dire  celle'écrite  dans  le  dialecte  araméen 
de  FUsrhoène,  par  opposition  au  palestinien  ou  à  l'araméen  des  Juifs  de 
Palestine  et  de  Babylone,  est  une  littérature  éminemment  religieuse. 
Suivant  qu'ils  appartenaient  aux  empires  romain  ou  sassanide,  les  habi- 
tants de  la  Syrie  et  de  la  Mésopotamie  septentrionales  subissaient  l'influence 
grecque  ou  persane.  Lorsqu'ils  ont  traité  de  matières  profanes,  les  écri- 
vains de  ces  pays  ont  employé  la  langue  de  culture  de  leurs  concitoyens; 
en  matière  religieuse,  au  contraire,  ils  se  sont  servis  de  la  langue  popu- 
laire. Il  était  naturel  que  l'araméen,  langue  maternelle  de  Jésus  et  de  ses 
apôtres,  demeurât,  dans  les  pays  où  se  parlait  l'un  quelconque  de  ses 
dialectes,  langue  d'évangélisation  ;  l'Eglise  d'ailleurs  s'adressait  ;\  tous 
et  non  pas  seulement  à  une  élite,  or  plus  on  s'avançait  vers  l'est,  moins  le 
grec  était  en  usage.  En  outre,  il  devait  être  doux  aux  chrétiens  des  deux 
grands  empires  rivaux,  unis  par  une  communauté  doublement  précieuse 
de  race  et  de  religion,  séparés  uniquement  par  une  frontière  artificielle, 
tracée  au  hasard  des  succès  militaires  et  toujours  sujette  à  rectification, 
de  manifester  leur  fraternité  dans  l'expres.sion  unilingue  de  leur  foi. 
Plus  tard,  lorsque  l'Islam  eût  tout  submergé,  et  bien  que  l'arabe  soit 
devenu  assez  rapidement  après  la  conquête  tout  à  la  fois  langue  de  culture 
et  langue  usuelle,  en  Syrie  et  en  Mésopotamie,  on  verra  le  syriaque 
demeurer  langue  religieuse  pendant  plusieurs  siècles  et  ne  disparaître 
complètement  de  la  liturgie  que  là  oi!i  le  grec  l'avait  autrefois  plus  sérieu- 
sement tenu  en  échec,  chez  les  Melkites  de  Syrie. 

Dans  la  littérature  syriaque  des  iv''  et  v"  siècles.  Ms"'  Bardenhewer 
reconnaît  une  étroite  dépendance  de  la  littérature  grecque;  et  cela  se 
comprend  aisément,  les  églises  transeuphratéennes  ne  se  rattachaient-elles 
pas  toutes  à  Antioche,  centre  éminent  de  culture  hellénique?  Au-dessus 
de  l'école  d'Edesse,  la  cité  patriarcale  n'a  jamais  cessé  jusqu'à  l'Islam 
de  faire  sentir  son  influence.  Il  y  a  cependant  un  cachet  national  très 
marqué  dans  la  littérature  syriaque,  une  fois  qu'on  en  exclut  les  traités 
techniques  d'exégèse  et  de  théologie,  c'est  qu'en  dehors  de  ces  ouvrages 
savants,  on  ne  trouve  guère  dans  cette  période  ancienne  que  des  composi- 
tions poétiques  destinées  à  être  chantées  par  le  peuple,  hors  de  l'église  ou 
pendant  le  service  divin. 

Aphraate  est  le  premier  auteur  important  que  rencontre  Ms'  l'.ardenhewer, 
il  lui  a  Consacré  un  intéressant  exposé  de  14  pages,  proportionné  à  l'impor- 
tance de  son  témoignage  pour  l'histoire  des  doctrines  chrétiennes. 
M^  Bardenhewer  pense  que  la  version  éthiopienne  de  la  5"  démonstration 
a  été  faite  sur  un  exemplaire  arabe,  mais  rien  de  ce  qu'en  rapporte  le 
P.  Parisot  au  tome  I  de  la  Patrologia  Syrinca  (1)  n'invite  à  supposer  im 

(1)  V.  XXXIX  .sq.  M»'  B.  apprécie  hautement  la  traduction  t\\i  I'.  Parisot  et 
l'ensemble  de  son  travail. 

[4] 


DlllLIOGR-il'lIlE.  "•' 

ntemédiaire  entre  le  syriaque  et  réU.iopien.  Si  la  traduction  étt.iopienne 
est  ancieaue.  pourquoi  ne  déroulerait  elle  pas  directement  de  1  orifimal  : 
et  si  elle  date  seulement  des  .xi\-  ou  xv  siocles,  pourquoi  lintermediaire 
ne  serait-il  pas  rarm.nien  plutôt  que  l'arabe.  Le  P.  l'arisot  a  relové  plu- 
sieurs erreurs  communes  aux  deux  versions  et  il  y  eut  alors  entre  les  deux 
éelises  monophysites  d'Arménie  et  d'Kthiopie  des  relations  dont  on  u  a 
peut-être  pas  suffisamment  tenu  compte  dans  les  recherches  d  histoire 

littéraire  orientale  (1).  

Il  ne  sera  peut-éti-e  pas  déplacé  de  signaler  ici.  puisque  l  occasion  s  en 
présente,  la  manière  dont  fut  préparée  Tédition  de  la  traduction  armé- 
nienne dWphraate  sous  ie  titre  de  ^\   Jacln    .\isib>m  sermonrs  par  le 
cardinal  .\ntonelli.  Le  P.  Parisot  a  supposé  que  la  base   de  ledition  était 
le  manuscrit  Vatican  arménira  9.  dont  Assémani  a  parlé  dans  l^  lUOlio- 
theca  Onrntalis,  t.  1,  p.  557,  col.  2;  mais  il  nen   est  rien,  Antonelh  sest 
servi  dune  copie  exécutée  à  Venise  avant  1740  parle    prêtre   arménien 
Haratour  \rakhel  et  conservée  maintenant  à  l.i  Bibliothèque  Vatie:ine  sous 
ù  cote  Borgia  arménien  59.  Bien  plus,  la  traduction  publiée  par  Antonelli 
n-est  guère  sienne  :  llacatour  avait  mis  en  regard  du  teste  qu  il  copiait 
une  traduction  latine.  Antonelli  se  lest  appropriée  par  quelques  correc- 
tions, qui  paraissent  de  pure  forme,   et  c'est   le   manuscrit    même   de 
Hacatour  Arakhel,  qui  est  allé  à  limprimeric.  Non  seulement.  Antonelli 
n'a  pas  soufflé  mot  dans  sa  préface  du  travail  considérable  accompli  par 
le  prêtre  arménien,  mais  lorsqu'il  .ite  son  nom  dans  une  note  au  debu 
de  la  démonstration  5  .  ...  in  versioue.latina.  quam  Cacciaturus  Arachiel 
Presbvter  et  Doctor  Armenus  confecit,  et  qua  ego  in  mea  adornanda  usus 
sum  '     .   il  ne  laisse  pas  soupçonner  le  véritable  usage  qu  il  en  a  fait. 
Les33'page8Con:>acréesàS  Éphrem  ne  seront  pas  moins  appréciées: 
les  rcnsei.^nements  accessibles  y  sont  bien  mis  en  valeur.  On  ne  saurait 
faire  un  reproche  à  M-  Bardenhewer  d'avoir  parlé  surtout  des  testes  qui 
ont  été  traduits,  mais  ou  comprend  mieux  à  le  lire  que  les  testes  orien- 
taux publiés  sans  traductions  ne  sont  guère  plus  utilisés  que  les  inédits. 

,li  Voici  quelques  in.li.-ations  siguificalives  :  Hayton  dans  sa  relation  au  Pape 

surle  passage  d'outre-uier  suggère  que   l'on  devrait   euvoyer  une  lettre  aux 

Nubiens  chrétiens,  en  la  terre  d'Ethiopie,  pour  leur  demander  dattaquer  le 

".ultan  d'Èîvpte  en  liaison  avec  les  opérations  de  l'armée  fi-anque.  «  El  les  dûtes 

lettres.   écVit-il,   pourroienl  estre  envoyées  au   Roi  d'Armenye.  qu.  les  fero.t 

translater  en  leur  biigaise  et  les  envoyerait  par  bons  niessa.ges.   •  Cf.  L  de 

lUc...,L-E.r,rème-Oricn,a,.  Mo,jcnAg.;  Paris,  l,S77,Ewôstal.-wôs,  au  xnr  siècle 

,uait  visite  l-Arménie.  c'est-à-dire  la  Cilicie,  et  Chypre  cf.  U  Cost    hop.M, 

Vote  ver  la  storia  imcraria  ahhnna  dans   nendiconU  delta  Ilmle  Accadem.a 

^TlLei,  cla.se  di  ...V,...  morali.  ecc...  .ser.  V,  vol.   viu.  p.   m.  Le  fameux 

office  de  la  Vierge  intitulé  Orgam.n;  D^ngrl  est  l'œuvre  d  un  Arménien,  nomm,- 

,;eor-e.  nui  le  composa  en  1140  à  la  demande  du  ro.  /.ara-1aq..b,  cf.   d-ul. 

„  -^ijSet  Vd   Cmhmkss,  Aclhiopische  Maricilvjmnen  AZT^^  Abhandhtnycndcr  ,,ln- 

loiophi^ch-hUtorisch.;,    Klnste   der  siichsi^cl Al^>,demie  d,r     \yisse.,scliaflcn, 

t.  XXMII.  fasc.  4,  Leipzig,  1919,.  p.  25. 

'5; 


446  REVUE    DE    l'orient    CHRÉTIEN. 

Il  y  a  pour  S.  Ephrem  un  difficile  problème  d'histoire  littéraire;  quelle 
est  vraiment  sa  part  dans  l'énorme  masse  de  fompositions  poétiques  mises 
sous  son  nom?  M"'  Bardenhewer  ne  pouvait  évidemment  résoudre  ce  pro- 
blème, qui  demanderait  de  nombreuses  recherches  et  l'édition  préalable 
de  maint  manuscrit;  mais  le  problème  est  bien  posé.  Mb"'  Bardenhewer 
invite  à  considérer  comme  authentiques,  à  défaut  d'autres  critères,  les 
pièces  attribuées  à  S.  Ephrem  dans  les  plus  anciens  manuscrits,  ceux  du 
VI""  siècle,  par  exemple.  Mais,  si  l'on  a  pris  l'iiabitude  de  désigner  comme 
éphrémien  tout  poème  compo.sé  dans  le  mètre  èphrémien  de  sept  syllabes, 
cette  habitude  a  pu  se  former  dès  le  vi«  siècle.  L'existence  d'un  morceau 
sous  le  nom  de  S.  Ephrem  dans  un  manuscrit  ancien  donne  peut-être 
ime  présomption  d'authenticité,  mais  pas  davantage.  On  est  frappé  d'autre 
part  que,  pour  les  œuvres  non  poétiques  de  S.Éphrem,  il  n'existe  guère 
que  des  manuscrits  anciens.  Cela  ne  vient-il  pas  de  ce  que  plus  d'un 
texte  était  gênant  pour  les  monophysites?  M^""  Bardenhewer  cite  sur  les 
deux  natures  une  formule  qui  ne  devait  pas  leur  faire  plaisir  (p. 363). 
J'hésiterais  à  voir  l'influence  d'un  rabbin  juif  sur  notre  docteur  dans  le 
fait  qu'il  réduit  à  un  très  petit  nombre  les  prophéties  de  l'Ancien  Tes- 
tament s'appliquant  directement  au  Messie  (p. 358)  ;  ne  faut-il  pas  plutôt 
expliquer  cette  attitude  par  l'influence  de  l'école  antiochienne,  dont  les 
formules  exégétiques,  manifestes  surtout  dans  Théodore  de  Mopsueste, 
réduisaient  au  minimum  les  applications  messianiques. 

Les  trois  derniers  paragraphes  sont  consacrés  aux  légendes  hagiogra- 
phiques, aux  poètes  Cyrillona,  Balai,  Isaac  d'.Vntioche  et  Xarsaï,  enfin 
aux  deux  grands  auteurs  de  la  fin  du  V"  siècle,  Jacques  de  Saroug  et 
Philoxène  de  .Mabboug.  L'auteur  relève  que  bien  peu  de  textes  hagiogra- 
phiques ont  été  édités  de  façon  critique  ;  il  y  aurait  lieu  de  tenir  compte 
dans  ce  travail  des  textes  correspondants  arméniens  ;  bien  que  postérieurs, 
il  semble  qu'ils  donneront  à  cause  de  la  fidélité  des  traducteurs  d'efficaces 
moyens  do  contrôle. 

L'ensemble  de  l'exposé  est  bien  développé  et  se  lit  volontiers.  Les  sections 
que  nous  avons  examinées  sont  dignes  de  la  réputation  de  l'ouvrage. 
L'impression  est  très  soignée,  nous  n'avons  relevé  qu'une  seule  erreur, 
Rabahhan  au  lieu  de  Bahakhan  (p.416). 

Eugène  Tisserant. 
Rome,  6  août  1925. 


16] 


TAIUJ:  DKS  MATIKKKS 

CONTENUES  DANS   CE  VOEIMK 


r'ages. 

I.  —  LES  ÉCLAIRCISSEMENTS  DE  SAINT  ATIIANASE  SUR  LES 
rSAIMES.    fragments    il'iine     traduction     en     oopti-    sahidique,     par 

J.  David '.i 

II.  -  LE  COMMENTAIUE  KK  OIOUOliE  PE  TARSE  SIK  LES  l'SALMES  : 
l'xamen  soniniairé  et  i-lassoiiienl  provisoire  dos  clomeiits  de  la  tradition 
manuscrite,  par  L.  Mariés 58 

III.  —  rATALOGlE  DES  .MA.NISCRITS  GÉORGIENS  DE  LA  lîIHLIO- 
TIlÉgiE     l'ATRIARCALE     GRECQUE     A  .lÉRLSALE.M,    par  Robert 

P.    Blake  |.vui/f) l'JO,  ;i87 

IV.  —  LES  MONGOLS  ET  LA  l'APAlTÉ.  Chapitre  ii  :  Le  Ncstorien  Siméon 
Raban-AUi.  —  .\scelin.  —  André  de  Longjuuieau,  par  P.  Pelliot iib 

V.  —  LA  LÉG.VnoN  EN  (iHIENT  HL"  FRANCISCAIN  DOMINIQUE  D'ARA- 
GON I I2-15-IM7I,  par  E.  Tisserant 33'J 

VI.  —  LES  INSCRIPTIONS  AR.MÉNIENNES  D'ANI,  DE  BAGNAIR  ET  DE 
MARMACIIÉN.  par  K.  J.  Basmadjian  (suite) 35(; 

VII.  —  L'ÉGLISE  DE  SAINT  MAKC  A  ALEXANDRIE,  construite  parle 
patriarche  Jean  de  Samanoud,  par  M.  Chaîne 372 


MELANGES 


I.  —  NOTE  SUR  LES  SVNAXAIRES  ARMÉNIENS,  par  N.  Adonz ni 

IL  —  LES  DATES  DU  l'ATRlARCIIAT  D'LSAAC.  par  E.  Porcher ilil 

III.  —  LES  SLAVES  SUJETS  DE  DARIUS,  par  E.  Blochet 130 

W.  —  Un    oonllit    sur    la     date    de    Pâques    chez    les    Orientaux,   par 

M  Chaîne 138 


448  TABLE    DES    MATIÈRES. 


BIBLIOGRAPHIE 

Pages. 

I.  —  AnoLF  HucKEn,  Die  syrisclie  lacohsanaphora  nacli  iler  Recciision  ilcs 
Jaqûb(h)  von  Edessii  mit  den  grieschischen  Pnrallelte.rl  lierauspegeben  von 
A.  R.  i\ans  LUurtfi.ei/cscli.itHc/tr  QuelU'ii  herausgegpben  vonDi'.  P.  Kuni- 
bert  Jlohlbei-g  unci  Dr.  Adolf  Riicker,  Iloft  A.  Jliinster  in  Wo^tfalen,  192:?, 
111-8°,  xxxii,  88  pages  {E.  Tisscranl] iio 

II.  —  Byz.\xtion,  lù'vue  internalionale  des  Éludes  byzantines,  tome  I",  1924. 
Paris,  E.    Champion;    Liège,    Vaillant    Carmanno,    in-l°,   vmi-7."ù    pp. 

(E.  Drioton) -4 12 

III.  —  DoM  JE.1NNIN,  0.  S.  R.,  Mélodies  liturijifjues  si/riennes  et  c/ial- 
déennes.  Mélodies  syriennes.  I.  Introduction  musicale.  Ouvrage  honoré 
d'une  subvention  de  Sa  Sainteté  Pie  XI,  du  Gouvernement  français  et  de 
l'Œuvre  d'Orient.  Paris,  Leroux  (sans  date),  in-4°,  305  pp.  (E.  Drioton) 44'J 

IV.  —  0.  B.\r>DENiiE\VEH,  Geschichte  der  altkirr/i lichen  Literalur,  Band  IV, 
Das  fi'mfle  lalirhundert  mil  Einschluss  der  xyrischcn  Literalur  der  verten 
lahrimnderls.  Fribourg-en-Brisgau,   IMl,  pp.  x-Gi'.i -ll;j 


Le  Dlrecleur-Gérant  . 
R.  Gr.AFFiN. 


Typngrapliie  liniiiu-liiclot  cl  C".  —  Taris.  —  luao. 

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Revue  De  L'Orient  Chrétien 

Princeton  Theological  Seminary-Speer  Library 


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